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HARVARD
COLLEGE
LIBRARY
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LE
COMTÉ DE CLERMONT
EN BEAUVAISIS
ÉTUDES POUR SERVIR A SON HISTOIRE /
1^ Ckimte DE L.UÇAY,
Membre du Comité des Travaux historiques
Et de la Société des Antiquaires de Picardie.
LE DÉNOMBREMENT DE 1373
PARIS
LlBBAIRÎE HISTORIQUE DE J.-B. DUMOULIN, LiBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ
DES Antiquaires de France
13, Quai des Augustins, 13
1878
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DÉNOMBEEMENT
DE 1373
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{Extrait de la Revue historique-nobiliaire^ 1876-1877).
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LE
COMTÉ DE CLERMONT
EN BEAUVAISIS
ÉTUDES POUE SERVIR A SON HISTOIRE
L.e Ckmite DE L.UÇAY,
Membre du Comité des Travaux historiques
Et de la Société des Antiquaires de Picardie.
PARIS
Librairie historique de J.-B. DUMOULIN, Libraire de la société
DES Antiquaires de Frange
13, Quai des Augustins, 43
1878
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^ r\ 6IFT OF THE
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LE
COMTÉ DE CLERMONT
EN BEAUVAISIS
LE DÊNOMBEEMENT DE 1373
INTRODUCTION HISTORIQUE
I.
Origines probables du comté de Clermont; ses comtes propriétaires.
Les origines du comté de Clermont en Beauvaisis sont incer-
taines. Ce comté ne semble pas en effet avoir, comme d'autres
grands fiefs et notamment comme le comté de Beaumont-sur-
Oise, son voisin, correspondu à une division naturelle ou poli-
tique antérieure. Aucun titre ni document n'a jusqu'à présent
fait connaître l'existence dans la cité des Bellovaques d'un pays
grand ou petit qui put le rappeler soit par le nom, soit par la
circonscription*. La Géographie ecclésiastique du diocèse de
Beauvais, pas plus que la Géographie civile, dont tous les auteurs
du reste constatent à l'époque mérovingienne et carlovingienne
la fréquente et presque entière corrélation*, ne fournit de
> La cité des Belloyaqnes, au dire de M. Guérard (Essai sur le système des divi-
sions territoriales de la Gaule), comprenait les quatre pagi Belvacensis, Camlia-
censis, Rossontensis et Vindiolensis.
i Voyez dans Louvet, Histoire du diocèse de Beauvais, t. I, p. 86-116, le Fouillé
de rarchidiaconé de Clermont et de ses trois doyennés ruraux.
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2 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS.
concordance. Des trois archidiaconés entre lesquels ce diocèse
se trouvait partagé dès le xi* siècle, l'un appelé primitivement
Grand Archidiaconé, puis Archidiaconé de Beauvais, a porté,
il est vrai, aussi le nom d'Archidiaconé de Clermont. Mais on
ne saurait établir d'analogie entre ses limites et celles du
comté ; il suffit à cet égard, sans entrer dans aucun détail, de
citer les deux doyennés ruraux qu'il comprenait avec celui de
aermont savoir : Mouchy-le-Châtel et Beaumont, siège l'un et
l'autre de fiefs très-importants et qui à aucime époque n'ont été
placés dans la mouvance des seigneurs de Clermont. Il en était
également ainsi même du doyenné qui avait pris le nom du
chef-lieu. Sur les 34 paroisses, dont il s'est composé jusqu'en
1789, 14 et parmi elles la grande baronnie de Mello n'ont ja-
mais relevé du comté. Ces observations nous semblent justifier
l'opinion de Dom Grenier, citée par M. de Cayrol dans le mé-
moire qu'il a présenté en 1837 à la société des Antiquaires de
Picardie *.
« Clermont, dit le savant historiographe, n'était dans l'ori-
gine qu'un simple fief non titré mouvant de l'église de Beauvais,
pour lequel celui qui en était le possesseur devait payer quinze
sols de relief. Sa qualité de comté ne remonte qu'à Hugues, et
il fut formé d'un démembrement des anciens comtés de Beauvais
et de Breteuil, de différents domaines de l'abbaye de StrDenis
et de la ch&tellenie de Creil. »
La mouvance de l'Eglise ou Evèché de Beauvais est un fait
incontestable. Elle est énoncée et réservée en termes exprès
dans les lettres de 1269 par lesquelles St Louis constitua à son
fils Robert le comté de Clermont en apanage ; plusieurs actes
des successeurs de Robert témoignent que, malgré le haut degré
de puissance auquel ils étaient parvenus, ils ne cessèrent de
prêter foi et hommage à Tévêque de Beauvais, et sur la fin du
seizième siècle une importante contestation judiciaire s'éleva
même à ce sujet. Toutefois les expressions de l'acte de 1269
ainsi que de l'accord intervenu la même année entre le roi et
Renaud de Naûteuil, lors évêque de Beauvais, ne sont pas telles
qu'on ne puisse élever des doutes sur le point de savoir si le
* Mémoire sur Clermont en Beauvaisis, envoyé à Dom Grenier en 1767, par
M. Lemoine, valet de chambre du roi, accompagné de notes par M. de Cayrol.
Mémoires de la Société, année 1838.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISiS. 3
domaine primitif lui-même, ou seulement une de ses dépen-
dances ultérieures, était soumis à l'obligation de l'hommage *.
JVous tenons, quant à nous, pour la première de ces deux opinions
qui s'appuie de l'autorité de Dom Grenier.
Quel fut ce domaine primitif? Gomment et par quels accrois-
sements successifs le simple fief relevant de l'Eglise de Beau-
vais était-il au quatorzième siècle devenu l'une des seigneu-
ries les plus considérables du royaume, ayant rang de Gomté-
Pairie, et recevant l'hommage direct de 167 vassaux lesquels
à leur tour avaient plus de 1500 fiefs et arrière-fiefs dans leur
mouvance ? Gette question nous semble devoir être ici abordée
et examinée avec quelques détails ; car elle forme à notre avis
le préliminaire indispensable de ce qui sera l'objet principal de
la présente étude : l'analyse, le résumé du curieux Recueil con-
servé aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale sous le titre de
Livre des hommages du comté de Clermont en Beauvoisis^ et qui
n'est autre que la copie du Dénombrement rendu par Louis II
duc de Bourbon à Gharles V, en exécution des Lettres Royales
données à Vincennes le 20 novembre 1371 et prescrivant le re-
censement par chaque bailliage des fiefs et arrière-fiefs mou-
vant de la couronne.
M. Graves * et Bosquillon, auteur d'une histoire manuscrite du
comté de Glermont en Beauvaisis', ne font remonter qu'au neu-
vième siècle ou même au dixième l'origine de Glermont, et le
considèrent comme un des nombreux châteaux forts qui s'éle-
vèrent alors de toutes parts pour protéger le plat pays contre
les irruptions des Normands. Deux arguments nous paraissent
pouvoir être invoqués à lappui de leur opinion *. Si l'on jette
1 (( Quicumqae dictum comitatum tenebit episcopis Belvacensibus, qui pro tem-
u pore fuerint, homagium facere teneatur de iis de quibus ipsis episcopis con-
« sueyerant homagium facere comités Clarimoutis. » Lettres du roi Louis IX don-
nées à Vezelay au mois de mars 1269.
• Précis statistique sur le canton de Clermont ^ 1838, p. 74.
' Bibliothèque nationale, fonds français, n» 25, 220. Cette histoire, ou plutôt ce
projet d'histoire, dû à la plume de M. Bosquillon, président dé l'élection de Cler-
mont, est dédiée au comte de Charolais, tuteur de Louis- Joseph de Bourbon,
prince de Condé et comte de Clermont, ce qui permet d'en fixer la dateyers 1750.
Dom Grenier a reproduit, dans son tome XLV bis, la généalogie de la maison de
Clermont, dressée par Bosquillon.
* Nous ne saurions omettre de signaler ici, an moins en passant, l'opinion
contraire qui voit dans Clermont l'oppidum de» Bellovaque», désigné par César
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4 LE COMTÉ DE CLÏHMONT EN BEAUVAISIS.
les yeux sur la nomenclature dressée par le premier de ces
deux auteurs des voies romaines qui sillonnèrent le pays des Bel-
lovaques, on reconnait qu'aucune ne passait par Glermont même,
et que celle qui s'en trouvait le plus rapprochée, et qui ayant
été pendant le moyen-âge sa seule* communication directe avec
Beauvais en prit vers le treizième siècle le nom de cakeia de Cla-
romonte \ était distante de plusieurs kilomètres, forte présomp-
tion contre l'existence, sur ce point, d'une agglomération gallo-
romaine ou d'un fort militaire de quelque importance. Le se-
cond argument est fourni par l'ancienne topographie ecclésias-
tique de la ville de Glermont. Jusqu'au seizième siècle, presque
toute la basse ville ou faubourg Saint-André fut comprise dans
la paroisse de Breuil le Vert ou Bruslevert {Bruolium) ; de même
celle d'Agnetz ou Anest, {Annetiim) s'étendait fort avant, englo-
bant dans sa circonscription les hameaux et lieux bâtis, connus
sous les noms de La Croix Picard, de Saint-Laurent, des Noyers
et de Béthencourtel. Cet état de choses, quoique modifié alors,
existait encore tellement au dix-huitième siècle*, que Bosquillon,
dans son histoire, compte à la ville trois paroisses, mais ajoute
qu'une seule est située dans son enceinte, et que les deux autres
se trouvent éloignées de près d'une demi-lieue et portent les
noms des villages d'Agnetz et de Breuil-le-Vert.
C'est sur le territoire du second de ces deux villages qu'au
dire de Graves aurait été bâti le château de Glermont, et nous
partageons son avis. En effet, les termes des deux chartes
de la fin du onzième et du milieu du douzième siècle, par les-
quelles Hugues de Glermont et Renaud son fils donnèrent à
l'abbaye de Saint-Germer le prieuré et l'Église de Breuil ', per-
mettent de conclure que les terres de cette paroisse touchaient
alors aux murs de la forteresse. Il est certain d'ailleurs que
Breuil-le-Vert appelé aussi Breuil-le-Gomte {Bruolium Comitis)
dans ses commentaires sous le nom de Bratuspanlium. V. entre autres \ Étude
7iouvelle sur la campagne de Jules César contre les Bellovaques par M. Peigné-
Delacour, Senlis, 1869 ; et dans le tome IX des Mémoires delà Société académique
de l'Oise les Recherches de M. de TEpinois sur Tancien comté et les comtes de
Glermont^ du xi» au xiiio siècle.
• Notice archéologique du département de VOise par Graves, p, 223.
• Il n'a pris fin que de nos jours, en vertu d'une ordonnance royale du mois
de février 1835.
• V. Louvel, Histoire et antiquitez du pays de Bemwaisis^ t. I, p. 652-654.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 5
dans quelques-uns ^s. anciens titres, appartint dès l'origine
aux seigneurs de la maison de Clennont et resta dans, leurs
mains jusqu'au commencement du douzième siècle,, qu'il passa
à la famille des comtes de Saint-Pol, par le mariage de Marguerite
fille de Renaud II avec Hugues II de Candavesne.
Le passage de Dom Grenier, que nous avons cité d'après
M. de Cayrol, fixe au temps de Hugues. la création du comté de
Clermont par l'adjonction de diverses autres seigneuries au do-
maine primitif. Certains textes nous donneraient lieu de croire
que cette création serait même un peu postérieure. Nous
signalerons les doutes que nous pouvons éprouver à ce sujet,
lorsque nous aurons, cherché à indiquer quels furent les prédé-
cesseurs de Hugues ainsi que la famille à laquelle ils apparte-
naient. La tâche ne laisse pas de présenter des difficultés presque
insolubles, à raison tant de la rareté des documents que des diver-
gences qu'offrent les auteurs; aussi nous nous bornerons à ré*
sumer ici ces divergences sans avoir la prétention de les con-
cilier.
Du Cange, dans, son Histoire delà ville cTAmiem (Edition Har-
douin, p. 192)> considère Hugues comme filsputnéde Manassès
comte de Dammartin en Gœlle, lequel aurait été lui-même issu
de Hilduin II, comte de Montdidier *. VArt de vérifier les dates
(t. II, p. 697.) et le père Anselme {Histoire gjinéalogique des
grands offkiersdela Couronne , t^VI,^p. 45»et suites) lui donnent au
contraire pour père Renaud, qui vivait sous le règne de Henri I^',
et par lequel ils comimencent la généalogie des seigneurs
de Clermont
L'historien du Yalois, Carlier, nous reporte près de trois quarts
de siècle en arrière. Suivant lui (t. I, p. 275), Hilduin, Haudouin
ou Gilduin fils aîné et successeur de Guillaume comte de Ponthieu
et de Montreuil, aurait ajouté à l'héritage paternel, qui com-
prenait aussi Nanteuil en Valois, les comtés de Breteuil et de
1 Le fils aîné d'Hilduin II, Hilduin UI, lui suocéda dans le comté de IMontdi-
dier, lequel passa après lui h son fils Hilduin IV, comte d'Arcis, de Ramerupt et
de Breteuil en Beauvaisis. Celui-ci aurait été père d'Ebbes II, comte de Roucy,
d'André, comte d'Arcis et de Ramerupt, et de Waleran, tige des comtes et sei-
gneurs de Breteuil. Du Cange, Ibid,, p. 188-193. Dom Grenier, Mémoire de M. de
Cayrol, p. 16, note, dit également que Hugues descendait de la maison de
Dammartin.
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ft LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISW.
Ciermoni et les aurait transmis à Tun de ses fils Hilduin II que
nous voyons en effet qualifié dans VArt de vérifier les dates
(t. II, p. 754) de seigneur de Rameru, de Breteuil et de Nan-
teuil, appelé de lui Nanteuil le Haudoin '. Hilduin II eut deux
fils, Manassës et Hilduin, lesquels vivaient encore en 1029.
N'y aurait-il pas une certaine présomption d'identité entre ce
dernier Hilduin et Gilduin ou Hilduin que Louvet dans ses An-
ciennes Remarques de la noblesse Beauvaisine (p. 228 et 391) fait
figurer comme comte de Breteuil et de Clermont en Tan mil
vingt? Nous ne nous refuserions pas à l'admettre; mais l'assi-
milation qui nous semblerait bien plus vraisemblable encore se-
rait celle de Gilduin ou Hilduin avec un personnage que Bos-
quiUon considère comme son prédécesseur en la seigneurie de
Clermont, peut-être comme son père, et qui souscrivit en 1023
au palais de Gompiègne sous le nom de Balduin avec plusieurs
seigneurs de Beauvaisis, parmi lesquels Aubert et Guillaume
de Creil {Aubertus Creduliensis et Vuilelmus f rater ejus) la charte
de confraternité et d'association de prières entre l'Eglise de
Beau vais et l'abbaye Saint-Waast d'Arras. Dans cette charte, que
reproduit Louvet (t. II, p. 186-188) Balduin, est surnommé de
Clermont {Balduinus de Claromonte) et le Nobiliaire historique
de Tabbé de Camps * établit positivement que son surnom ne lui
pouvait venir que de la seigneurie de Clermont en Beauvaisis,
mais n'ajoute aucune indication sur sa personnalité. Nul autre
document que celui do 1023 ne fait à notre connaissance men-
tion de Balduin^ et dans cette situation nous serions assez dis-
posé à croire à une altération résultant d'une erreur du copiste,
et par suite à la possibilité que ledit Balduin ait été précisément
Hilduin de Breteuil.
Quoi qu'il en soit du reste de son origine, ce dernier apparaît
comme seigneur de Clermont et de Breteuil dans les documents
des premières années du onzième siècle ' ; il était en même
* Cependant l'auteur de Y Art de vét^ifier les dates croit problématique la con-
quête de Breteuil et de Clermont par Hilduin U*.
* Bibliothèque nationale, collection Ms., t. I, P* 29.
* La preuTe la plus certaine qu'en produit Louvet relativement & Clermont,
nous semble être la donation faite par Gilduin à la mense épiscopale du Mans
d'une rente de 20 livres à prendre sur le domaine de cette seigneiu'ie, en recon-
naissance de ce que Tévéque Avesgaud de Bellesme lui avait concédé les reliques
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 7
temps vicomte ou vidame de Chartres *, charge qu'il exerçait sous
Tautorité souveraine d'Eudes II comte de Blois et de Champagne.
Ce seigneur, l'un des plus puissants de son temps, était celui qui,
par acte d'échange aj^rouvé du roî Robert Fan t015, avait aban-
donné à Tévêque Roger et à ses successeurs le comté de Beau^
vais. Mais il n'avait pas pour cela, croyons-nous, rompu tout
lien féodal avec les vassaux de son ancien domaine héréditaire,
et telle serait, à notre avis, la raison pour laquelle les seigneurs
de Breteuil figuraient encore au douzième siècle parmi les feu*
dataires du comté de Champagne ' ; tel serait aussi le motif qui
en 1037 ^itralna Galeran, fils de Gilduin, à la suite d'Eudes
dans l'expédition que celui-ci dirigea contre le royaume de
Bourgogne et où il trouva la mort. Blessé au funeste combat de
Bar (15^ novembre) Galeran n^échappa aufer des vainqueurs que
par la protection de Richard, abbé de S' Vanne de Verdun, qui
sur le champ de bataille même le revêtit de l'habit religieux.
Transporté à l'abbaye de Saint-Vanne,, guéri par les soins qu'il y
reçut, Gateran renonça au monde et se fit moine. « De tout cela
le comte Gilduin deument averti, dit Louvet [Anciennes Re^
marques y p. 230),. se transporta aussitôt au monastère, où esmeu
de la charité et du bon exemple de S^ Richard et de ses religieux
il prist l'habit et passa le reste de ses jours vivant selon la règle
de Saint-Benoist et la réforme qui y avait été nouvellement éta-
blie. »
Toutefois cette retraite de Gilduin ne put avoir lieu, comme
semble l'indiquer Louvet, immédiatement après la bataille de
Bar; car nous le trouvons agissant comme vicomte de Chartres
jusqu'en 1046 et deux ans après (1048) parmi les assistants de
la cour plénière tenue par Henri I" à Senlis '. 11 eut son fils
de saint Constantin pour Tabbaye de (lotre-Dame, qu'il venait de construire ou
de restaurer auprès de son château de Breteuil. La rente s'acquittait encore à
répoquc où furent écrites les Anciennes Remarques de la noblesse beanvaisine,
c'est-à-dire au milieu du xyip siècle.
^ n Tétait dès 1019 suivant M. E. de^ Lépinois, Histoire de Chartres, t. T, p. 51.
s Feoda Campanie, 2e registre, composé sous Henri le Libéral (1152-1186), collec-
tion de Champagne, t. CXXXVI, p. 317 à la Bibliothèque nationale, Ms ; V. aussi
d'Arbois de Jubainvilie, Histoire des ducs et comtes de Champagne, t. II, docu-
ments. Cet auteur a consacré à Gilduin de Breteuil et à sa généalogie ime longue
note à laquelle nous renvoyons le lecteur, t. II, p. 37-38.
» Cartulaire de Saint-Père, t. I, p. 161, et E. de Lépinois, t. II, p. 612; Martèno
Ampliss. coil.y t. VU, col. 58.
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8 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Evrard I pour successeur dans le comté de Breteuil *, ainsi que
dans le vicomte de Chartres. Louvet ni aucun autre auteur ne
font connaître à qui échut après lui la seigneurie de Clermont*;
mais comme d'autre part rien n'indique que cette seigneurie
soit sortie par la force de ses mains ou de celles de sa famille,
peut-être n'aurait-on pas absolument tort de voir sinon un fils
de Gilduin, oublié par les généalogistes, du moins un de ses
parents dans Renaud qui en apparaît comme possesseur en
1034, et par lequel sans insister davantage sur l'hypothèse que
nous venons de hasarder, nous commençons, avec tArt de véri-
fier les dates et le Père Anselme, la Liste chronologique des
comtes de Clermont de la première race.
I. — Renaud P'. Il est cité dans V Histoire ecclésiastique d'Orderic
Vital ', comme l'un des chefs de l'armée qu'Henri P' conduisit en
1054 en Normandie au secours des barons révoltés contre le duc
Guillaume, et qui fut battue à Mortemer en Bray. Six ans après
cet événement, il aurait, suivant Bosquillon, été pourvu de la
charge de chambrier de France, l'un des grands offices de la
couronne, et, en effet, on trouve dans la liste des chambriers
dressée par du Gange un personnage du nom de Renaud (1060-
1065) mais dont la famille n'est pas spécifiée.
L'Art de vérifier les dates dit que Renaud vivait encore en
1084 et qu'il n'est pas certain que cette année ait été la dernière
de sa vie. Ordéric Vital, Guihert de Nogent et les quelques titres
qui parlent de lui, dénomment Renaud seulement seigneur de
Clermont (Rainaldtis de Claromonte) sans lui donner le titre de
* Le comté de Breteuil étendait alors, suivant Louvet, Anciennes remarques,
p. 454, ses bornes et limites jusques aux portes de Beauvais, qui en est distant
de six lieue», comprenant les quatre châtellenies de Bonneuii, BreteuiU Catkeux,
Francastel, ainsi que celle de Grévecœur qui n'en fut démen>brée qu'au milieu du
xii» siècle, en faveur d'une branche cadette. Du côté d'Amiens la chAtellenie de
Conti était, ou tout au moins ne devait pas tarder à être dans sa mouvance. En
effets on voit par titre de 1142^ Evrard III de Breteuil, céder au chapitre d'Amiens
le quart qu'il possédait en la vicomte de ce nom. Ibid., p. 231, et l'abbé Daire,
Doyenné de Conti,' On trouve dans le tome CLXVII de Dom Grenier, f»» 19ti-2i3)
une généalogie de la maison de Breteuil.
* Louvet se borne à mentionner après Gilduin, comme comte de Clermont en
1020, « Hugues, qui vivait du temps d'Anselme, évéque de Beauvais en l'an mil
cent. »
« Édition Le Prévost, 1855, t. UT, p. 234 et 237.
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IJE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 9
comte, qn'il ne porta pas en effet, croyons-nous. Son alliance
n'est pas connue; il eut pour fils Hugues qui suit \
IL — Hugues, Il fut du vivant de son père surnommé de
Mouchi, Montiacensis {Art de vérifier les dates) d'une seigneurie
qu'il possédait et qui était, croyons-nous, Mouehy Saint-Éloi '.
Bosquillon veut qu'il ait accompagné Guillaume le Bâtard, duc
de Normandie^ à la conquête de l'Angleterre (1066) et qu'ayant
ensuite passé en Italie au secours de Roger, duc de Fouille,
frère de Robert Guiscard, il l'ait aidé à chasser les Sarrasins de
la Sicile. Si l'on adoptait cette opinion, peut-être devrait-on voir
en lui, malgré l'avis contraire de M. le Prévost (t. III, p. 83) cet
Hugues le borgne de Clermont {Hugo monoculus de Claromonte)
qu'Orderic Vital fait figurer en 1083 parmi les principaux con-
seillers de Boémond, prince de Tarente.
Le premier acte, dans lequel Hugues apparaisse comme sei-
gneur de Clermont, est une charte dont Louvet (t. I, p. 652) fixe
la date aux environs de l'an 1100 et par laquelle il fit donation à
l'abbaye de Saint-Germer-de-Flay du prieuré de Breuil-le-Vert.
Les énonciations de cette charte permettent de déterminer avec
quelque certitude quelles étaient les possessions de la maison
de Clermont au début du douzième siècle. Elles comprenaient
en Beauvaisis, les seigneuries de Clermont et de Breuil-le-Vert,
à laquelle il convient sans doute d'ajouter celle de Mouchy-
Saint-Éloi '. La dime de Villers*, comprise dans la donation, en
' Le p. Anselme attribue à Renaud pour fille Marguerite, qu'il fait seconde
femme de Hugues IV du nom, comte de Saint-Pol. n y a là à notre avis une
double erreur du savant généalogiste. Tout d*abord ce ne pourrait être Hugues IV
qui devint comte de Saint-Pol seulement en 1174, mais son arrière-grand-përe
Hugues II (1083-1130), que la fille de Renaud I«r aurait épousé. Hugues II con-
tracta en effet une seconde union avec une Marguerite de Clermont qui avait
pour père, tous les documents Tattestent, Renaud II et non Renaud I<».
* Aujourd'hui canton de Liancourt. Ce ne pouvait être en effet Mouchy-le-
Chatel qui appartenait alors au célèbre Dreux de Mouehy. Les comtes de la pre-
mière race possédèrent du reste jusqu'à la fin à Moucby-Saint-Éloi non-seulement
la mouvance, mais encore des biens accensés. Voir coll. Moreau, t. CXV, f. 71
et 56, deux chartes de Catherine, comtesse de Clermont et 4e Blois, mai et
juin 1211.
* Nous serions disposé à y joindre également les droits de morte-main et de
formariage que le comte de Clermont percevait encore au xiv» siècle, dans vingt
localités (dénombrement de 1373) de compte à demi avec Tabbaye de Saint-Denis,
dont les domaines en Beauvaisis étaient fort étendus et comprenaient des fiefs et
arrière-fiefs, aussi bien que des terres censitaires.
* Aujourd'hui, comme Précy, du canton de Crcil.
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10 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
même temps que des biens à Précy sont une grave présomption
qu'alors aussi déjà la chàtellenie de Creil appartenait à Hugues ;
il est certain du reste qu'il en fut seigneur ; mais nous ne sau-
rions préciser s'il le devint par héritage paternel, comme l'avance
Bosquillon, ou par concession royale, ainsi que l'impliquerait un
acte du temps, dont M. Mathon, dans son Histoire de Creil^ cite
un fragment non daté *.
Toujoiœs aux termes de notre charte, il possédait dans le
Parisis, district de l'Ile de France, le château fort de Luzarches
et comme tel se trouvait feudataire de l'Evêque de Paris *. Ce
château fut entre son gendre Mathieu I, comte de Beaumont-
sur-Oise, et lui, l'occasion d'une guerre à laquelle Suger attribue
l'une des premières interventions de la royauté capétienne en
Beauvaisis '. Mathieu avait reçu comme dot d'Emme de Cler-
mont, sa feihme, la moitié de la seigneurie de Luzarches ; il
s'empara de vive force de l'autre moitié et, sûr de l'alliance de
Bouchard III de Montmorency ainsi que de celle de Dreux de
Mouchy, refusa d'obtempérer aux injonctions de son suzerain
Louis VI, auquel Hugues s'était empressé de recoiu-ir. L'armée
royale entra en campagne ; mais ses débuts ne furent pas heu-
reux ; elle échoua devant Chambly. Nonobstant, Mathieu ne
tarda pas à solliciter la paix qui lui fut accordée à condition de
rétablir les choses sur leur ancien pied.
• Histoire de la ville et du château de Creil, 1861, p. 28. « Ego Hugo Rainaldi
(c filius, régis beneficio Credulii dominos, et ego Valleranus ipsi Hugoni et con-
« sanguinitate et ejusdem castelli participatione coDJuratos. » Quel était ce Valle-
rand, ainsi associé à la possession de la chàtellenie de Creil ? BosquiUon affirme
son identité avec Vallerand ou Galleran de Breteuii, successeur (1076) de son
frère Evrard II, qu*au degré précédent il a déjà présenté comme seigneur par
indivis de Creil avec Renaud, mais sans en apporter de preuves. Creil était
maison royale en 636 ; nous avons vu qn'en 1023 il appartenait à deux frères
Aubert et Guillaume. Ce dernier eut vers 1030 un différend avec Tabbaye de
Saint-Bertin, relativement à un chàteau-fort appelé Humbertusium, bâti sur les
bords du Thérain, et fut, aux plaids royaux de Senlis, condamné à restitution.
Déjà un Guillaume de Creil avait été, suivant Dom Grenier (t. CCXLII), en guerre
avec Hugues Capet pour le fort de Creil. Peut-être de ces divers faits pourrait-on
conclure à une confiscation, dont Hugues de Clermont aurait profité?
* La mouvance de Luzarches (aiyourd'hui chef-lieu de canton, Seine-et-Oise),
est expressément énoncée dans le Cartulaire de Notre-Dame de Paris, t. I, p. 7;
Voir aussi Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, t. FV.
' Vie de Louis le Gros, édition de la Société de THistoire de France. Voir
p. 16-20, l'historique de la guerre entre Hugues de Clermont et Mathieu de
Bcaumout.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 11
Ces événements se passaient en 1 102. L'histoire se tait depuis sur
le compte de Hugues, que Suger qualifiait du reste alors déjà de
vieillard. Il était certainement mort en 1 114/année où Renaud II,
son fils, figui*a comme seigneur de Clermont à la dédicace de la
Collégiale de cette ville. Il avait épousé à une époque, que nous
ne saurions préciser, Marguerite, fille de Hilduin, comte de
Montdidier*, et d'Alix, comtesse de Roucy, dont indépendam-
ment de Renaud il eut plusieurs enfants, savoir : Guy, blessé à
la bataille de Brenneville (1119) ; Raoul, chanoine de Beauvais ;
Ërmentrude, femme de Hugues d'Avranches, comte de Chester
en Angleterre ; Richilde, mariée à Dreux II, seigneur de Mello,
fils d'un autre Dreux premier possesseur de cette grande baron-
nie ; et Emme, dont nous avons parlé plus haut, femme de
Mathieu, quatrième comte de Beaumont-sur-Oise. A cette liste
donnée par le P. Anselme, nous devons ajouter Adélaïs, épouse
de Gislebert d'Angleterre {de AngKâ), qui se dit fille de Hugues de
Clermont et de Marguerite dans la donation par elle faite vers 1 140
au prieuré de SaintrLeu d'Ësserent pour la fondation de son anni-
versaire (Coll. Moreau, t. LIX, fol. 75). Ni Suger, ni les chartes
que nous avons eues sious les yeux, ne donnent à Hugues le titre
de comte ; elles le qualifient seulement seigneur de Clermont.
III. — Renaud II. Il est le premier qui incontestablement, à
notre avis du moins, se soit qualifié de comte de Clermont, qua-
lification qu'il nous semble avoir due à l'union qu'il contracta
avec Alix ou Adélaïde de Vermandois, fille d'Herbert FV et
d'Adèle de Valois. Cette princesse, quand elle épousa Renaud,
était déjà veuve d'Hugues dit le Grand, troisième fils
d'Henri I", roi de France *. Héritière du Vermandois par
son frère , dernier descendant mâle de la race de Char-
lemagne, elle possédait le comté de Valois et celui de Crespy
du côté maternel ; son second mari en prit naturellement les
titres ; plus tard, lorsque ces comtés furent devenus le partage
* Art de vénfier les dates. Cet Hilduin IV devint comte de Roucy à la mort de
son beau-père Ebbes I^r, archevêque de Reims, et fut la tige de la seconde
maison de Roucy.
* Hugues de France périt en Palestine le 18 octobre liOl, laissant de son
mariage contracté vers 1080, sept enfants dont trois fils, Raoul IV, comte de Ver-
mandois et de Valois, Simon, évéque de Noyon, et Henri, tige des sires de
Chaumont en Vexin.
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12 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAI8IS.
des enfants du premier lît, Raoul n'en aurait pas moins conservé,
croyons-nous, le titre de comte, lequel passant ensuite de sa
personne, à laquelle il était ainsi demeuré attaché, aux domaines
patrimoniaux, se serait transmis avec eux à ses successeurs en
la seigneurie de Clermont *.
L'époque du mariage de Renaud et d'Alix de Vermandoîs
n'est pas connue. Il datait de [dusieurs années déjà lorsque à
l'occasion de la dédicacé de la nouvelle église Collégiale de
Saint- Arnoult de Clermont, qui eut lieu le 24 juin 11 14 ou 11 15%
Renaud accorda au Chapitre de ce nom une foire de trois jours à la
saint Jean-Baptiste de chaque année avec les droits de tonlieu,
forage, rouage, travers et justice y attachés. Peu de temps
après en effet, au plus tard en lil8, il mariait la fille unique née
de cette union, Marguerite, à Charles de Danemarckdit le Bon,
cousin et héritier de Baudouin VII, comte de Flandre, et lui
constituait en dot le comté d'Amiens, que Louis le Gros venait
d'enlever à la maison de Boves pour le donner ou plutôt le res-
tituer à l'héritière légitime, sa tante Alix. Celle-ci se dessaisit
vers le même temps du Vermandois en faveur de Raoul fils aîné
issu de son mariageavec Hugues de France '^ etmourut, suivant
Carlier, en 1123.
Après quelques années de veuvage, Renaud contracta une
nouvelle alliance avec Clémence de Bar, fille de Renaud I*',
comte de Bar et de Gisèle de Vaudemont.
^ Voyez à Tappui de Tôpinion que nous émettons ici, l'intitulé de la charte
relative au prieuré de Breuil-le-Vert (Louvet» t. I, p. 653}. Elle commence ainsi :
Renaud comte, seigneur de Clermont {Eguo Rainaldus cornes Clarimontis Dominus),
* Abbé Delettre, Histoire du diocèse de Beauvais, Cette concession, à laquelle
concoururent « les barons et vasseurs du terrouer de tout Clermont » pour ce
qui avait trait à la justice, fut soumise par Renaud, en 1147, à la confirmation de
l'évoque Eudes HL. Voyez Louvet, t I, p. 700. La fondation du Chapitre Saint-
Arnoul est bien antérieure à la dédicace de 1115. Le célèbre Guibert, abbé de
Nogent^sous-Coucy, qui était originaire des environs de Clermont, nous apprend
en effet, Histoire de sa vi>, coll. Guizot, t. IX, p. 366-369, que dans la seconde
moitié du xp siècle les prébendes canoniales étaient à la collation du seigneur du
lieu et qu'il fut pourvu de Tune d'elles.
8 Voir du Cange, Histoire d'Amiens et de ses comtes^ livre IV, et VArt de vérifier
les dates. Plus de vingt ans après la mort d'Alix surgit entre Raoul II de Ver-
mandois et son beau-père Renaud de Clermont, une guerre dont la cause n'est
pas connue, mais dont les conséquences furent telles pour le second, qu'il dut
recourir à la médiation d'Eudes III, évêque de Beauvais et de Suger, qui par-
vinrent à apaiser le différend. Voir D. Grenier, Généalogie de la maison de Cler-
mont y t. XLV bis.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 13*
C'est par leurs libéralités envers les établissements religieux
que nous sont principalement connus les seigneurs des xi* et
xn* siècles ; car le clergé seul alors était en mesure de rédiger
par écrit les actes, et avait des archives pour les conserver. Les
fondations faites par Renaud témoignent à la fois de son opu-
lence et de sa piété. En 1130, de concert avec Mathieu de Beau-
mont, qui possédait par indivis avec lui la seigneurie de Lu-
zarches, il donna à un ermite nommé Ascelin un bois situé à
deux lieues de cette ville pour l'entretien des compagnons de sa
vie érémitique, don qui fut l'origine du monastère d'Hérivaux
(Gailia christiana, t. VII, col. 817). En 1144, il concéda au
prieuré de Saint-Leu d'jcisserent la tierce partie des droits de
travers qu'il percevait au pont de Creil*. En 1147, il confirma
les donations de son père au prieuré de Breuil-le-Vert et en
accrut l'importance (Louvet, t. I, p. 653). Vers le même temps
il accordait aux chanoines réguliers de Saint-Quentin de Beau-
vais qui desservaient le prieuré de Gournay-sur-Aronde,
doyenné de Ressons, l'exemption du droit de travers dans
toute rétendue de ses domaines (Coll. Moreau, t. LXV, p. 15.
V. Ibid., t. LXX, p. 172, la confirmation du comte Raoul).
En 1150, nous trouvons Renaud faisant fortifier son château
de Montataire et réclamant aux religieux de Saint-Leu d'Esse-
rent la fourniture annuelle d'une voiture de planches pour la
réparation du pont jeté près de là sur la rivière du Thérain
[Histoire de Creil, p. 29). En 1156, du consentement et avec le
concours de la comtesse Clémence son épouse *, il amortit en
faveur du prieuré de Villers-Saint-Sépulchre , doyenné de
Mouchy, des biens situés à Angicourt et à Dodunvillers et
légués par un de ses chevaliers nommé Albert, lequel suivant
une pieuse habitude du siècle y avait pris l'habit religieux dans
les derniers jours de sa vie (Coll. Moreau, t. LXVIII, P41).
* Voir, Mathon, Histoire de Creil, p. 72, les chartes confirmatives de Louis VII et
de révéque de Beauvais.
* A une époque non détenninée les deux époux avaient octroyé aux meseaux
ou lépreux de Qermont, deux pains chaque jour ainsi qu'une mesure de vin dont
six faisaient le setier, et par semaine 4 deniers Beauvaisins pour cuisine, le tout
pendant le séjour qu*ils (le comte et la comtesse) feraient au château et en la
chàtellenie de Clermont. Bibliothèque nationale, F. F. 20,082, f» 556, Vidimus de
celte charte.
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-i4 LE COMTÉ DE CLERHONT EN BEAUVAISIS.
L'amortissement de 1156 est le dernier document où nous
voyons figurer Renaud II. Il était depuis longtemps déjà en
procès avec l'abbaye Saint-Lucien pour un droit de gîte qu'il pré-
tendait sur les terres de ladite abbaye à Rozoy et à Cinqueux
(doyenné de Pont) lorsqu'il mourut, et comme l'accord intervenu
à ce sujet entre Raoul son successeur et l'abbé Pierre * est men-
tionné expressément dans la charte conftrmative des possessions
des religieux de Saint-Lucien , donnée en 1 1 57 par Henri de France
evèque de Reauvais, nous devons en conclure que la date do
son décès ne peut varier qu'entre les derniers mois de 1156 et
les premiers de 1157.
Nous avons déjà parlé de la fille née du premier mariage de
Renaud avec Alix de Vermandois, à laquelle il avait fait épouser
Charles le Ron, héritier présomptif de Raudoin YII et son suc-
cesseur en 1119 dans le comté de Flandre. Charles ayant suc-
combé le 2 mars 1127 sous le fer d'un assassin, Marguerite de
Clermont, à laquelle il ne laissait pas d'enfants, ne tarda pas à
se remarier avec Hugues II, Champ d'Avène, comte de Saint-Pol
et en eut deux fils Raoul et Gui, auxquels elle transmit la sei-
gneurie de Hreuil-le-Vert, recueillie par elle dans l'héritage pa-
ternel *. Après la mort d'Hugues de Saint-Pol (1 131) elle convola
à de troisièmes noces avec Raudoin d'Encre.
De Renaud II et de Clémence de Rar, sa seconde femme,
naquirent :
1. Raoul, qui fut comte de Clermont ;
2. Simon, lequel épousa la belle-sœur de son frère, Mahaud
ou Mathilde, fille puînée de Yaleran IV de Rreteuil. Il devint par
son mariage seigneiu* d'Ailly-sur-Noye et de Tartigny en Pi-
cardie et fut la tige des Clermont d'Ailly et Clermont Nesle,
* Le texte de cet accord existe dans le tome LXXI de la coll. Moreau, f» 1\
mais avec une erreur de date.
* Cette seigneurie était encore au xiii« siècle dans la maison de Champ d'Avène.
Louvet, Anciennes remarques, p. 270. Hugues, lorsqu'il épousa Marguerite de
Clermont, était lui-même veuf d'Elisinde et en avait eu un fils, Hugues III, qui
lui succéda dans le comté de Saint-Pol. Le P. Anselme donne pour second mari
à Marguerite, au lieu d'Hugues, Thierry d'Alsace, comte de Flandre en 1128;
mais cette opinion, que partage Morëri, est contredite par du Cange ainsi que par
VAii de vérifier les dates; elle ne nous semble pas admissible.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 1$
seigneurs d*Offémont et de Mello, qui ne s'éteignirent que
dans le courant du seizième siècle ^
3. Hugues, d'abord Primicier de TEglise de Metz, puis abbé
de SaintrGermer (1172-1180)*, de Saint-Lucien (1180-1183), et
enfin de Cluny, où il mourut en 1188 suivant les uns, en 1199
suivant les autres.
4. 5. 6. Gui, Renaud et Gautier, qui moururent jeunes, ou
dont l'histoire du moins n'a pas conservé le souvenir.
7. Marguerite, dame en partie de Luzarches, laquelle épousa
vers 1152 Guy le Bouteiller de Senlis, deuxième du nom, sei-
gneur de Chantilli et mourut en 1 187 peu avant son mari. (André
du Chesne, Histoire manuscrite de la maison des Bouteillers de
Senlis^ S. F, Fr. 16798.) Leur fils. Gui III, fut seigneur en partie
de Luzarches et comme tel rendit foi et honmiage à l'évèque
de Paris {Cartuiaire de Notre-Dame de Paris, 1. 1, p. 7).
8. Mathilde , femme de Rognes de la Toumelle , d'une des
principales maisons du Yermandois, et mère de Robert, lequel
figure en 1218 avec son cousin Guy parmi les héritiers de Thi-
bault de Blois.
* André du Chesne, Histoire de la maison de Dreux, fo 23, dit qu'il ne naquit
pas d'enfants du mariage de Simon et de Mahaud de Breteuil» mais cette opi-
nion est contredite par tous les auteurs, notamment par le P. Anselme (t. VI) et
par Dom Grenier. Suivant ce dernier (tome CCXLII, f» 108 et suiv., Généalogie
des seigneurs d'Ailly-sur-Noye), Simon ne vivait plus en 1194 et laissa pour enfants
entre autres, Raoul, seigneur d'Ailly, qui épousa Gertrude, sœur et héritière de
Jean II, sire de Nesle. Ce fut ce Raoul qui, ainsi que nous le verrons plus loin,
vendit à Philippe-Auguste, moyennant quatre mille livres, les droits que lui
ouvrait sur le comté de Clermont la mort sans enfants de Thibault de Blois (1218).
Les armes de Simon de Clermont étaient de gueules à deux bars d'or adossés, sur
un écu semé de trèfles de même, sans lambeL Contrairement à l'opinion du
P. Anselme, dit Dom Grenier (loco citato), elles différaient de celles du comte
Raoul, son frère. Peut-être Simon les aurait-il adoptées pour rappeler sa descen-
dance de la maison princière de Bar, dont les armoiries, à la couleur del'écusson
près s'en rapprochaient en effet beaucoup. Nous reviendrons sur cette question à
l'article de Raoul. Plus tard, après l'alliance avec les maisons d'Offemont et de
McUo, les Qermont-Nesle écartelèrent aux î et 4 de Mello, dor à deux fasces de
gueules et un orle de merlettes de même; aux 2 et 3 bandé d'or et de gueules de six
pièces,
* Il était en môme temps abbé de Saint-Evremont de Creil et en cette qualité
donna conjointement avec Raoul son frère, en 1175, l'église, les prébendes et les
revenus du canonicat de Saint-Evremont aux religieux de Saint-Leu d'Esserent,
où leurs ancêtres avaient leurs sépultures. Histoire de Creil, p. 29.
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16 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Le Père Anselme et Bosquîllon arrêtent là la liste des enfants
issus du mariage de Renaud II et de Clémence de Bar. Louvet
{Anciennes Remarques de la noblesse Beauvaisine, p. 393 et His-
toire du diocèse de Beauvais, t. II, p. 5), leur attribue une autre
fille, que d'après un titre de Saint-Quentin de Beauvais de Tan-
née 1165* il appelle Comtesse. Sur ce dernier point nous croyons
qu'il pourrait y avoir une légère erreur de l'ancien historien du
Beauvaisis, qui nous semble avoir pris le titre de la donatrice
pour son nom propre. Et en effet une charte de Raoul, comte
de Clermont, sans date déterminée, mais que la collection Moreau
place entre 1177 et 1203*, inscrit au nombre des témoins Al-
béric comte de Danmiartin et Mahaut comtesse de Dammartin,
sœur dudit Raoul, mais cette charte même est une preuve de
pluâ à l'appui de l'existence d'une troisième fille de Renaud II
et de Clémence. Cette Mathilde, comtesse de Dammartin, nous
la retrouverons d'ailleurs en 1218 cédant à Philippe Auguste ses
droits sur le comté de Clermont moyennant une rente annuelle
de cent livres sur la prévoté de Crépy. Maintenant quel était
son mari?La charte l'appelle comte de Dammartin. Il y eut deux
seigneurs de ce nom, dont le second fut le fils et l'héritier du
premier. C'est évidemment d'Albéric II qu'il est ici question;
car rArt de vérifier les dates le marie précisément à une Mahaud
sans indiquer toutefois la famille dont celle-ci était issue, tandis
qu'il appelle Clémence la femme d'Albéric I". Mais ici se
présente une difficulté historique. L'ouvrage que nous venons
de citer, — et le Père Anselme comme André du Chesne et Bos-
quillon, sont du même avis — veut que Clémence, comtesse de
Dammartin et mère d'Albéric II ne soit autre que la veuve de
Renaud II, comte de Clermont. S'il en était ainsi, Albéric II se
trouverait avoir épousé sa sœur utérine, ce qui rendrait notre
• Donation au prieuré de Goumay-sur-Aronde par Raoul, comte de Clermont.
a Consensu fratrum Simonis, Galieri, et sororum Margaritse, Matildis et Comi-
tissa, »
> TomeLXXXI, fo201. Ensaisinement par Raoul, comte de Clermont, de la vente
de la terre de Maisoncelles à l'abbaye de Breteuil « ut igitar hoc in perpetuum
« sine aliqua contradictione teneatur, presenti pagina feci commendari, et sigilli
« mei auctoritate muniri et reliquos testes qui afTuerunt subnotari : Petrus pres-
te byter de Garda, Albericus Domni Martini comes, et Mahaut soror mea Domni
u Martini comitissa, Rainaldus Castellanus Britulii, etc. » Archives de Vabbaye de
Breteuil, lay. 2.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 17
hypothèse impossible. Mais cette hypothèse nous parait s'ap-
puyer sur des documents difficiles à réfuter, la charte de 1165,
celle de Raoul comte de Clermont ainsi que celle de 1218, et
nous croyons au contraire qu'il en est tout difTéremment, malgré
l'autorité des auteurs qui la soutiennent, de l'opinion qui fait
une même personne de Clémence, comtesse de Dammartin, et de
Clémence, épouse ou plutôt veuve de Renaud comte de Cler-
mont en Reauvaisis, et que le second mariage de celle-ci peut et
doit être considéré comme apocryphe *.
* VArt de vérifier les dates, le P. Anselme et Bosquillon se bornent à énoncer
ridentité sans apporter de preuves à Tappni. André Duchesne, qui a avancé le
fait le premier, Histoire de la maison de Bar, fo 23, est plus explicite et en même
temps moins affirmatif. « Il est vrai, dit-il, que Thistorien Albéric ne parle point
du second mariage de Qémence de Bar avec le comte de Dammartin, mais je Tai
recueilli de plusieurs conjectures et raisons fort vraisemblables. Car en premier
lieu quelques titres de Tabbaye de Saint-Denis en France font mention d'une
Clémence, comtesse de Dammartin, veuve en l'année 1153. Secondement par une
charte de Tabbaye d'Andres, Hugues de Qairemont, abbé de Quny, fils de dé-
mence, est dit oncle de Renaut, comte de Boulogne et de Dammartin, fils d* Al-
béric II, ce qui ne pourroit convenir, sinon en accordant qu' Albéric et Hugues
étoient frères utérins. Ou bien il faudroit que Mahaut, mère du comte Renaud,
eût été sœur du mesme Hugues. En quoi il n'y a point d'apparence, vu qu'après
la mort de Catherine, comtesse de Clermont, fille du comte Raoul et d'Alix de
Breteuil, les enfants de cette Mahaut ne participèrent point à la succession
d'icelle, comme firent ceux de Marguerite de Clermont, sœur de Hugues et de
Raoul. En troisième lieu, Rigordus, auteur du siècle, dit sous Tannée 1212 que la
comtesse de Clermont lors vivante, savoir est Catherine, fille de Raoul, étoit cou-
sine de Renaut de Dammartin. Bref Albéric écrit qu'en la même année Renaut
sortant du royaume se retira par devers le comte de Bar, Thibaut I^', lequel il
qualifie aussi son cousin. D'où il s'ensuit que Clémence, comtesse de Dammartin,
son aïeule, doit avoir été de la maison de Bar et la même que Clémence de Bar,
conjointe avec Renaut, comte de Clairmont en Beauvaisis. i»
Les documents, que nous avons donnés plus haut, permettent de répondre
pour ainsi dire article par article à l'argumentation d'André du Chesne. Et tout
d'abord si des titres de Saint-Denis font mention d'une Clémence, comtesse de
Dammartin, veuve en l'année 1153, il ne peut y avoir identité entre elle et Clé-
mence de Bar, comtesse de Clermont, puisque celle-ci figure trois années après,
en 1156, avec Renaud II son premier mari, dans une charte d'amortissement en
faveur du prieuré de Villers-Saint-Sépulchre. Cette seule preuve nous semble
péremptoire. Mais nous pouvons ajouter que la parenté de Hugues de Clermont
et de Renaut, comte de Dammartin, énoncée dans la charte de l'abbaye d'Andres,
comme celle de ce même Renaut et de Catherine de Clermont, ou bien encore de
Thibaut de Bar, s'expliquent tout aussi bien dans le cas où, ainsi que nous le
pensons, Mahaut, sœur d'Hugues, a été femme d'Albéric II, que dans celui où
Clémence de Bar aurait épousé en secondes noces AlEéric I«r. Notre hypothèse du
reste n'est pas demeurée inaperçue pour André du Chesne ; il l'indique expressé-
ment, mais ce qui l'a empêché de l'adopter c'est, dit-il, qu'à la mort de Catherine,
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18 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
rv. — Raoul. Voici le plus célèbre sans contredit comme le
plus puissant des comtes de Clermontdela première race. Châ-
telain de Creil en 1152 {Histoire de Creil, p. 29), il succéda à
son père Renaud II dans les premiers mois de 1157 au plus tard.
Des lettres de Louis YII datées de Senlis Tan de Tincamation
1162 (Collection Moreau t. LXXI, p. 172, et D. Grenier, t. CCIX
p. 166), nous le représentent comme possédant alors, conjoin-
tement avec le chapitre de Saint-Pierre de Beauvais, la seigneu-
rie de Litz, localité du doyenné de Mouchy située sur la rivière
de Brèche, aux abords de la voie romaine de Beauvais à Saint-
Martin-Longueau, et commettant à l'égard du chapitre de tels
empiétements, que le monarque avait été obligé d'intervenir.
Par ses ordres, la forteresse de Litz fut détruite de fond
en comble et Raoul, auquel les lettres donnent le surnom de
Roux [Ru/us)j prit par serment rengagement de ne pas la
reconstruire en même temps que de ne plus molester ni le
village ni ses appartenances. Est-ce en dédommagement de
cet acte de soumission que le comte de Clermont reçut peu
après la charge de connétable ? Nous ne saurions le dire ; toujours
est-il qu'il s'en trouvait investi en 1164 et qu'il continua à
l'exercer jusqu'à sa mort, c'est-à-dire près de trente ans (1164-
1191). Le connétable faisait alors déjà partie des grands officiers
de la couronne ; toutefois il n'était encore que le chef des écuries
royales [Cames stabuli). La prééminence de ses fonctions date
en réalité de la suppression du grand sénéchal, c'est-à-dire
précisément de l'année 1191.
Les libéralités de Raoul envers les établissements religieux
ue furent pas moindres que celles de son père. Nous ne rappelle-
rons dans ce résumé que les plus importantes, ainsi que ses
principaux actes *. En 1162, il avait fait don à l'abbaye d'Ours-
comtesBe de Clennont, ou pour être plus exact de Thibaut son fils, les héritiers
de Mahaut n*auraient pas, comme ceux de Marguerite, autre sœur d'Hugues et de
Raoul, participé à sa succession. Or, la charte de Philippe-Auguste concédant à
Mahaut, comtesse de Dammartin, une rente de 100 livres sur la prévôté de Crépy,
Tient tout à fait à rencontre de cette assertion. Le moine de Trois Fontaines, Al-
béric, écrivain contemporain, était donc dans le vrai en ne parlant pas du second
mariage de Clémence de Bar.
* Nous sommes obligé de passer sous silence , notamment, toute une série de
chartes, qui ont cependant leur intérêt^ celles portant confirmation par le comte
des donations faites par ses vassaux aux divers couvents et monastères et amor-
tissement au profit desdits établissements.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 19
camp de toute la couture ou culture de la Vallière, quil possé-
dait par droit d'héritage sur le territoire de Gournay-sur*
Aronde à charge de cinq muids de blé ou d'avoine suivant la
récolte, et l'abbaye lui avait alloué, de son côté, par forme de
bénéfice la somme de 60 livres, moyennant laquelle il s'engagea à
sauvegarder ses possessions contre toute attaque. (Collection
Moreau, t. LXXI etCartulaired'Ourscamp, p. 158.) En 1163 du
consentement de ses frères Gauthier et Simon et de ses sœurs
Marguerite, Mathilde et Comtesse, il donna à l'église Notre-Dame
de Goumay toutes les terres labourables qu'il possédait sur cette
paroisse (Louvet, Anciennes Remarques, p. 393) ; mais s'il s'était
ainsi dessaisi des domaines utiles de l'héritage paternel,
Raoul n'en conservait pas moins à Goumay dos droits considé-
rables et venait même de les accroître. Un échange intervenu
entre lui etAlbéricde Hangest, un accommodement conclu avec
J'abbé de Saint-Quentin et le prieur de Gournay l'avaient mis
en possession du bourg situé en dehors des murs de la ville
proprement àiie [extra muras de Gomaco), ainsi que du terri-
toire qui en dépendait, et pour y attirer la population il avait
accordé à quiconque fixerait sa résidence (hospiiaffium) en ce lieu
exemption de toute taxe et charge, moyennant une redevance
annuelle de quatre muids d'avoine et quatre chapons. La charte
par lui octroyée (Collection Moreau, t. LXXIV, p. 81, a. 1165)
stipulait en outre, relativement aux droits dejustice(/ori5 facta)
lesquels formaient une des principales branches du revenu seî*-
gneurial, que toute accusation d'un crime ou délit autre que
ceux de sang répandu, de rapt, de meurtre ou de trahison,
n'obligerait celui qui ne pourrait justifier de son innocence qu'au
paiement d'une amende de cinq sous de monnaie Beauvaisine.
La charte de 1162, relative à Gournay, est celle qui la pre-
mière fasse mention de l'épouse de Raoul. Elle se nommait Alix
ou Aëlis et était fille aînée de Valeran IV, seigneur de Breteuil *.
* Voici d*aprè8 Dom Grenier, tome CLXVII, f<»» 191 et suiv., la liste des seigneurs
de Qreteuili lesquels, vers la fin du zi^ siècle échangèrent, on ne sait pourquoi,
leur titre de comte contre celui de simples châtelains. Evrard I<>', fils et héritier
de Gilduin, fut père d'Evrard II qui, ayant renoncé au monde vers 1073 ou 1076,
pour se faire moine, partagea ses domaines entre ses deux frères. Hugues, Tun
d'eux, eut la vicomte de Chartret- et devint le chef des fameux seigneurs du
Puiset, Tautre, Galcran ou Valleran II, conserva pour sa part la terre patrimo-
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20 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS.
Les premières années de Funion du comte et de la comtesse
de Clermont paraissent avoir été stériles, et c'est en 1168 seule-
ment que leur naquit un fils. La date de cet heureux événement
nous est fournie par la donation de Tannate des prébendes de
l'église Saint-Arnoul de Clermont et de Saint-Evremond de
Creil que Raoul fit à son occasion aux chevaliers du Temple
(Archives nationales, S. 5932, n** 9). Ce fut sans doute le même
sentiment qui lui inspira Tannée suivante le désistement au pro-
fit de l'évèque de Paris des droits qu'il prétendait comme sei-
gneur suzerain de Luzarches sur une prébende de Notre-Dame,
qu'avait possédée Pierre de Mouchy. {Cartulaire de Notre-Dame
de Paris y t. I, p. 39.)
En 1171, Raoul fit un échange avec le prieuré de Saint-Chris-
tophe-en-Halatte et exempta les denrées appartenant à cette
maison religieuse du paiement des droits de travers à Creil (fftV
toiredeCreilj p- 30). La même année, de concert avec sa femme,
il accorda à titre d'aumône à l'Hô tel-Dieu de Reauvais le droit de
prendre le mort bois dans le bois d'Escud, paroisse de Maulers
doyenné de Montagne (Collection Moreau, t. LXXVII). C'est à
cette époque qu'ils apparaissent pour la première fois comme
seigneurs de la chàtellenie de Rreteuil ^
niale de Breteuil et la transmit à Galeran III, dont le fils Evrard III périt glorieu-
sement à la seconde croisade» laissant d'une fille ou d'une petite fille de Thomas
de Marie, comte d'Amiens, deux enfants, Valleran IV et Hugues qui forma la
maison de Crévecœur en Beauvaisis. Cf. André du Chesne, Histoire de la maison
de Dreux, f» 23 ; Louvet, Anciennes Remarques de la noblesse beauvaisine, et d'Ar-
bois de Jubainville, Histoire des ducs et comtes de Champagne, t. II, p. 37. Val-
leran rv se maria deux fois. Sa première femme Uoldeburge, dont ni Dom Gre-
nier ni LouTct ne donnent le nom de famille, mais qui nous semble avoir appar-
tenu, au moins par sa mère, à l'ancienne maison de Bulles (Cf. Lettres de fonda*
tion de l'abbaye de Froidmont, Louvet, t. I, p. 576^ et coll. Moreau, t. LXVIII et
LXX, chartes d'Holdeburge, dame de Breteuil, en faveur de la maison de Saint-
Lasare de Beauvais et l'église de Wariville), le rendit père d'Aelis et deMathilde,
femme, ainsi que nous l'avons dit déjà précédemment, de Simon de Clermont.
En secondes noces Valleran épousa Alix de Dreux-Braine et en eut une fille,
Anicie, que nous retrouverons en 1218 parmi les héritiers de Thibaut de Blois.
' En 1 165 le comte et la comtesse de Clermont avaient assisté à la dédicace
solennelle, faite par Tévéque de Beauvais, de l'église paroissiale de Breteuil, que
venait de construire l'abbé Laurent, pour l'usage des habitants du nouveau bourg
qui s'était formé autour de l'abbaye, et en souvenir de cette cérémonie le comte
avait transféré au monastère la possession des fours banaux de la ville. GalHa
christiana, t. IX, col. 801 ; Histoire de Breteuil, Bibliothèque nationale, Fr.
12020. La succession de Galeran IV comprenait en outre de Breteuil, la chÂtel-
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LÇ COMTÉ DE GLERMONT EN BEÂUVAISIS. 21
En 1174, sur la demande et Finterventioii de Barthélémy,
évêque de Beauvais, le comte de Clermont renonça à un différend
qu'il avait avec l'abbaye de Lannoy ou ftriostel, au sujet de
certains fiefs appartenant à Guillaume de Belsart et à Giraud de
Conti et sis dans le doy winé de Montagne ; et en échange de
services religieux tant pour ses prédécesseurs que pour lui-même
il accorda aux moines de ce couvent asile sur ses terres et pro-
tection en cas de guerre. (Collection Moreau, t. LXXIX, f^ 31.)
Le chroniqueur de Hainaut, Gislebert de Mpns, cite le conné-
table Raoul parmi ceux qui accompagnèrent le comte Baudoin V
dit le Courageux dans son expédition contre Jacques d'Avesnes *
(H75). On trouve dans Louvet (t I, p. 647 et s.) sous la même
année, un accord important intervenu entre M et l'abbé de
Cluny relativement au prieuré de Saint-Leu d'Esserent. Ce
prieuré se trouvait depuis longtemps déjà en butte aux vio-
lences des chevaliers qui habitaient le même bourg, et ne
pouvait obtenir des paysans de ses domaines l'acquittement
régulier de leurs redevances. Il réclama du comte de Clermont
un protectorat que celui-ci s'empressa de lui accorder, moyen-
nant le dreît de construire à Esserent un manoir avec murs et
fossés, mais sans tour, la moitié de la justice du lieu, et un cens
annuel de deux muids d'avoine par chaque feu. En échange de
ces concessions, pour lesquelles lui et ses héritiers durent prêter
foi ot hommage aux abbés de Cluny, il s'engagea à assurer au
monastère le tranquille exercice de ses droits et en outre à trans-
férer à Esserent le marché qui se tenait à Creil et à abandon-
ner aux religieux la moitié du produit de ce marché, ainsi que du
péage du pont en pierre qui pourrait être construit en cet
endroit sur l'Oîsev (Lettres de février 1175).
C'est vers I77&que, d'après V Art de vérifier les dates j recom-
mencèrent entre* Raoul et le chapitre de Saint-Pierre de Beau-
vais des démêlés qui, une seconde fois assoupis, devaient se rani-
mer encore quelques années plus tard et n'avaient pas pris fin au
lenie d'Ailly-sur-Noye (aujourd'hui ch^^Ueu de canton de la Somme) et Tartigny,
qui échurent à Mathildc, femme de Simon de Clermont, et la chàtellenie de
Catheu, qui semble avoir été le partage d^Amicie. Cependant Catherine, fille de
Raoul et d'Aelis, possédait à Catheu des droits de roage dont elle fit don en 1201
aux nonnains de Wariville (coll. Moreau, t. Cil).
* Edition du marquis du Chastelar, 1784, in-4o, p. 92.
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22 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
moment de sa mort. Ce chapitre possédait parmi ses nombreux
domaines un vaste massif boisé désigné sous le nom de forêt de
Noirvaux, et situé vôrs la source de la petite rivière de Bresche,
non loin de la chaussée romaine de BeauvaisàVendeuil, Il vou-
lut en faire opérer le défrichement. Le comte lui en dénia la
faculté et expulsa violemment les ouvriers qui s*étaient mis à
l'œuvre.
Les chanoines recoururent aux armes spirituelles et ful-
minèrent contre leur adversaire une excommunication. Celui-ci
après avoir résisté quelque temps entra en négociation et fina-
lement se désista de son opposition. Il fit même plus ; le cha-
pitre ayant abandonné aux Bernardins de Ghaalis la forêt de
Noirvaux à change de la défricher et sous réserve du droit de
champart^ il sui\4t cet exemple pour tout ce qui pouvait lui appar-
tenir dans ladite forêt (a. H80 et H82, -^ Collection Moreau,
t. LXXXIV, LXXXVI et XCI.)
Cependant leroî Louis YII était mort (1180), laissant la cou-
ronne au jeune priiice issu de son mariage avec Adèle de
Champagne et qui est connu dans l'histoire sans le nom de Phi-
lippe-Auguste. Deux factions partageaient alors la cour de
France :. celle de la reine mère appuyée de la puissante maison de
Champagne, et celle du comte de Flandre, Philippe d'Alsace, par-
rain du nouveau monarque et désigné par Louis au lit de mort
comme so.n tuteur. Le comte de Clermont appartenait à la pre-
mière et y exerçait même, au dire d'un annaliste contemporain
(Gisld)ertdeMoiis, p. 105), conjointementaveclesirede Coucy,
h. principale influence. Philippe d'Alsace l'emporta d'abord et fit
épouser à son pupille sa nièce Isabelle de Hainaut, mais évincé en-^
suite il se retira dans ses États pour y préparer une guerre dont
les prétextes ne manquaient pas du reste de part ni d'autre. Eu
effet, tandis que le roi réclamait la restitution de quelques do-
maines du Vermandois que Louis VII avait concédés en jouis-^
sance au comte de Flandre, et contestait l'hommage des terrea
de l'évêché d*Amiens, Philippe d'Alsace élevait de son côté,
comme comte de Vermandois et de Valois du chef de sa femme
Elisabeth, sœur et héritière en 1167 de Raoul V dit le Lépreux^
des prétentions de suzeraineté à l'égard du château-fort de Pier-
refonds, de la baronnie de Coucy, et en Beauvaisis de plusieurs
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 23
fiefs, notamment de la châtellenie de Breteuil *. C'était le moyen
le plus efficace et le plus direct de tirer vengeance de deux
d'entre ceux qui l'avaient supplanté dans la faveur royale. Les
hostilités éclatèrent simultanément avec une extrême violence
en Berry, en Bourgogne et sur les frontières de Picardie ;
elles furent toutefois promptement arrêtées par une trêve que la
médiation du roi d'Angleterre convertit en paix définitive (H83
ou 1184). Un article spécial du traité af^ra^chit Raoul de la vas-
salité du comte de Flandre et le plaça désormais dans la mou-
vance de la couronne'.
Les campagnes de Clermont, de Creil, celles de Breteuil et
cette dernière ville elle-même peut-être ' avaient eu particulière-
ment à souffrir de la guerre» Les irruptions du sénéchal Hélin,
gouverneur de Crépy,. avaient laissé peu de métairies debout ; la
plupart des terres étaient demeurées en friches. Raoul s'appli-
qua à réparer ces désastres. Le Cartulaire d'Ourscamp nous four-
nit un acte delui^ en date de Tannée 1182, par lequel pour dé-
dommager l'abbaye des pertes qu'elle a pu éprouver de son fait,
au temps de la guerre entre le roi de France et le comte de
Flandre, il autorise les religieux à défricher dans leur forêt dite
de Saint- Vandrille, sur la jparoisse de Bailleul-le-Soc, doyenné
de Pont, autant de terrain qu'il est nécessaire pour 15
muids de semence. C'est une pensée analogue qui nous semble
avoir déterminé la convention intervenue l'année suivante entre
le comte de Clermont et Guillaume, abbé de Saint-Denis, aux
termes de laquelle le premier obtint la faculté d'édifier un vil-
lage nouveau sur les domaines do l'abbaye aux territoires de
* Suivant Gislebert de Mons, p. 63, Breteuil, Bulles, Milly, etc., auraient
rélevé du comté de Vermandois. Mais en ce qui concerne le preûaier de ces faits,
son assertion parait contredite par le 1^' registre des Feodla Campanije, Bibliothèque
nation., coll. de Champagne, t. GXXXI, p. 30ar308, qui inscrit Breteuil parmi les
mouvances du comté de Champagne, à moins que, fait qui n'était pas anormal
alors, cette châtellenie ne fût tenue par deux hommages. Sur cette guerre, voir
Gislebert de Mons, p. 105-109 ; Guillaume Le^ Breton, Vie de Philippe- Auguste y
p. 197, et d'Oudegherst, Annales de Flandre, 1. 1, p. 459463.
« « Liber omnino a comité Flandria et ex toto in manu régis Francorum. »
Chronique de Nicolas Trivet, Spicilége, t. III, p. 386, et Roger de Hoveden, AnnaL
Anglorum ad ann. 1185. La même stipulation fut étendue au sire de Cou&y, et
l'évéque d'Amiens fut déclaré tenir cette ville en flef du roi.
* D'après Carlier, les ville et château de Breteuil auraient été occupés par les
Flamands. VArt de vérifier les dates dit même que le château aurait été réduit eu
cendres par le comte de Haiuaut, allié de Philippe d'Alsace.
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24 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Liancourt et de Verderonne, doyenné de Pont, sous condition
que la justice, les droits; redevances et émoluments de toutes
sortes tant des hôtes que du village appartiendraient par moitié
aux deux contractants. Les moines se réservaient toutefois
exclusivement les dîmes ainsi que le champart. Les habitants de
la nouvelle agglomération devaient jouir des mêmes libertés et
indemnités {liberam ad consuetudines) que ceux de la Villeneuve
du roi située sur la rivière d'Aronde. Ils étaient tenus de suivre
le comte dans toutes ses guerres, expéditions et chevauchées,
les tournois exceptés. En échange de ces avantages qui lui étaient
conférés en accroissement de fief (m augmentum feodistd)RsiOvl
déclare renoncer àla perception d'une taille qu'il s*était appropriée
indûment et par violence sur les hôtes de SaintrDenîs à Liancourt
et à Verderonne. Un article spécial de la charte de H 83* constate
les droits qu'en vertu de titres antérieurs le comte et l'abbé per-
cevaient en commun sur certains hôtes. Il s'agît là, croyons-
nous, des droits de morte-main et de formariage, dont nous
avons déjà parlé, et que nous trouverons rappelés dans le
dénombrement de 1373.
Nous ne saurions dire si la charte, que nous venons d'analy-
ser sommairement, fut ou non suivie d'exécution. Le Précis sta-
tistique deM. Graves ne nous fournit à ce sujet aucune indication,
et Félibien, dans son Histoire de l'abbaye de Saint-Deîiis , en la
mentionnant (p. 205) se tait également également sur le nom du
village nouveau dont elle avait pour objet la création. Si les
essais de colonisation de Raoul aux environs de Liancourt ne
paraissent pas avoir été couronnés de succès, il en fut différem-
ment d'une entreprise semblable à laquelle il se livra peu d'an-
nées après dans la forêt de Hez. Cette forêt, que certains titres
au xii'' siècle dénomment de Haitz, Hais et Hors, et qui d'après
Itouvet s'appela aussi de Hermès, forme encore aujourd'hui un
1 Cette ckarte figure au tome LXXXVII de la coHection Moreau, et au tome W,
fo 784 du Cartulaire blanc de Saint-Denis (Arch. nat.). Non-seulement par ses dis-
positions principales, mais encore par sa contexture, elle reproduit presque inté-
gralement un accord conclu en 1152 entre l'abbé Eudes de Deuil et Mathieu III,
comte de Beaumont, Recherches historiques sur les comtes de Beaumont^ preuves
p. 10-12, relativement au village de Saint-Martin-du-Tertre. Toutefois, et c'est ïk
une marque des progrès de Tesprit public, le second des deux documents stipule
en faveur des habitants de l'agglomération projetée des franchises sur lesquelles
se taisait le premier.
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LE COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVAISIS. 25
massif important, bien que son étendue primitive ait été nota-
blement réduite par les défrichements auxquels les villages cir-
eonvoisins ont dû leur origine. On ne peut préciser l'époque à
laquelle elle devint en son enti^ le domaine des comtes de Cler-
mont. Sans nul doute une partie leur en appartenait déjà, lorsqu'ils
élevèrent à son extrémité occidentale le château fort dont ils
devaient tirer leur nom patronjnoaique, et de même la possession
par eux de la forteresse de Litz semble impliquer celle d'une
certaine superficie boisée environnante. Mais il n'en est pas
moins constant que les maisons deBuUesetdeBreteuily avaient
également des droits, et comme Raoul est le premier seigneur
de Clermont qui nous apparaisse dans les chartes disposant du
sol forestier de Hez ou de ses produits, il semble assez
rationnel de conclure que ce fut son mariage avec Aêlis de Bre-
teui) qui le rendit propriétaire de Tensemble, par la réunion
entre ses mains à ce qui lui était échu par héritage paternel de
ce qui avait appartenu aux deux maisons dont nous venons de
parler. Quoi qu'il en soit, la forêt demeurait encore inhabitée, au
dire de Louvet, et était pour la majeure partie comprise dans
la circonscription de la paroisse de Courlieu, aujourd'hui Rue-
Saint-Pierre, lorsqu'en 1186 ou 1187 Raoul se résolut à y faire
une tentative d'établissement, lequel parait avoir eu un double
but : accroître les produits du domaine seigneurial, couvrir par
un ouvrage avancé les approches de la ville de Clermont du côté
de Beauvais. Le bourg nouveau, bâti peut-être autour d'un ren^
dez-vous de chasse déjà existant qui devait être en même temps
un manoir fortifié, fut doté d'une charte de franchises, analogue
à celle de Gournay-sur-Aronde. Tout hôte venant y fixer sa de-
meure fut déclaré exempt de taille, moyennant un cens annuel
de deux muids d'avoine, deux chapons et six deniers de mon-
naie Beauvaisine par masure, et eut droit au mort bois dans ta
forêt tant pour son chauffage que pour son usage *. L^appel
publié par le comte de Clermont attira à la Neufville * une
affluence telle d^habitants, que les localités environnantes s'en
« Collection Mo.rea», t. XC, Mes. FFr 4663, a» LXiv et Mss. 20,082, p.
* La nouvelle agglomération retint la dénomination de la Neufville, en y joi-
gnant d^abord le nom de le Comte puis de Hez, pour la distinguer de la Neuville-
le-Roi sur TAronde, à laquelle se rapporte, croyons-nous, la charte de commune
accordée en 1200 par Philippe-Auguste, Ordonn., XF, p. 278, et que M. Graves
attribue mal à propos, suivant nous, à la première.
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26 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
trouvèrent comme dépeuplées au grand détriment des seigneurs.
Ceux-ci, voyant leurs domaines abandonnés, se pourvurent au-
près du comte et en obtinrent qu'il ne recevrait aucuns de leurs
tenanciers sur ses terres qu'ils n'eussent justifié s'être libérés à
leur égard conformément au droit féodal *.
Raoul avait jeté en même temps à la Neuville les fondations
d'une Eglise qui ne fut primitivement qu'un vicariat dépendant
de la paroisse de Gourlieu, mais à laquelle des bulles Pontifi-
cales de 1249, 1250 et 1269 transférèrent le titre curial, en main-
tenant ce bénéfice à la collation du chapitre de Gerberoy.
Si l'ensemble de la forêt de Hez faisait partie du domaine du
comté, il y existai tcependant plusieurs enclaves sur lesquels divers
particuliers laïques ou ecclésiastiques avaient des droits, ou tout
au moins élevaient des prétentions. Tel était entre autres le bois
de Saint-Pierre que le chapitre de Beauvais revendiquait comme
dépendant de la seigneurie de Litz. Raoul l'avait nonobstant dé-
friché et en avait concédé le sol, assure M. Graves, à ses hôtes
de la Neufville pour y élever leurs demeures. De là un troisième
différend qui attira sur lui une sentence d'excommunication,
d'abord du cardinal légat archevêque de Reims, puis du Saint-
Siège même {A ri de vérifier les dates et Collection Moreau , t. XCXI) .
Au lit de mort devant Saint-Jean-d'Acre (6 juillet 1191), le comte
de Clermont prescrivit à ses héritiers de réparer le dommage
par lui causé aux chanoines. La croix, qu'il avait prise trois ans
auparavant à Tentrevue de Gisors, avait dès lors vraisemblable-
ment suspendu la procédure prescrite contre lui par le bref pon-
tifical d'excommunication, qui est daté de Vérone le 28 mai de
l'année 1186 ou 1187.
Du reste ce démêlé purement temporel et local n'avait nulle-
ment fait obstacle aux bonnes relations de Raoul avec le reste du
clergé. Précisément en l'année 1187, il contracta avec l'abbaye
de Saint-Lucien pour les villages de Rozoy et de Beaupuits,
doyennés de Pont et de Ressons^ une association analogue à
celle conclue douze ans auparavant avec le prieuré de Saint-Leu
d'Esserent. La charte y relative (Collection Moreau, t. XCIX, Ms.
Fr. 4663, n^ IV et Fr. 20,082 f* 5S8) fait mentionde deux autres
associations : l'une avec l'abbaye de Saint-Denis, dont nous avons
• Beaumauoir, Les Coutumes du Beauvoisis, c. xxxii, édition Beugnot, t. I,
I>. 471-472.
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LE COMTÉ D£ CLERMONT EN BEÂUVAISIS. 27
déjà parlé, Tautre avec celle de Corbie. Nous n'avons pu retrou-
ver Tacte qui concerne cette dernière ; mais elle nous paraîtrait
s'être appliquée à la seigneurie de Thury-sous-Clermont, pour
laquelle l'abbé de Corbie payait encore au xiv® siècle au comté
une redevance de soixante anguilles par chaque année. (Dénom-
brement de 1373.)
Nous avons à signaler dans le même ordre d'idées la charte,
que cite Louvet, par laquelle Lambert abbé de Saint-Germermit
en 1190 le village et la seigneurie de Rieux, doyenné de Pont,
sous la protection du comte de Clermont, moyennant un cens
annuel de deux muids d'avoine sur chaque hôte. Enfin peut-
être est-ce aussi du temps de Raoul que date l'institution de
TAvouerie de Halloy, mentionnée au Dénombrement de 1373.
Cette seigneurie de Halloy, qui fut longtemps comprise dans La
circonscription de Grandvilliers, diocèse d'Amiens, appartenait
pour partie à l'abbaye de Lannoy.
Cependant Jérusalem venait de tomber au' pouvoir du sultan
Saladin, et, se faisant l'interprète du sentiment et du deuil uni-
versels, le souverain Pontife conviait les peuples et les rois à une
nouvelle croisade. Philippe-Auguste et Henri H d'Angleterre
prirent ensemble la croix à l'entrevue de Gisors (janvier 1187).
Parmi ceux qui s'engagèrent à marcher avec eux à la déli-
vrance des lieux-saints, Gislebert de Mons cite (p. 69) au pre-
mier rang le connétable de Clermont, L'expédition ainsi décidée
ne devait être^entreprise que bien des mois après, en 1190 seu-
lement. Dans l'intervalle Raoul n'eut garde de manquer à la
pieuse pratique, par laquelle la plupart des barons et des cheva-
liers cherchaient à appeler la protection divine sur leur lointain
voyage. Il fit aux pauvres et aux monastères de ses domaines de
larges aumônes. Ce fut alors qu'il donna à l'abbaye de Froidmont
la partie de la forêt de Hez qui était du côté du marais, ainsi que
le bois de la Houssière paroisse de Bailleul-sur-Thérain (Collec-
tion Mereau, t. XCII); au prieuré de Wariville une charretée de
bois chaque jour dans la forêt de Hez , des terres et *des vignes
à Sacy-le-grand, un muids de froment sur la grange deMaison-
celles (Collection Moreau, t. XCH et Mss. Fr. 4663, lxxv) ; à l'ab-
baye de Saint-Fuscien, au diocèse d'Amiens, la dîme des an-
guilles de Paillard et de la Falloise, au doyenné de Moreuil
même diocèse. (Collection Moreau, ibid.) En même temps, il
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28 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVAISIS.
confirmait et étendait la donation par lui faite en 1 177 sous cer-
taines réserves à Tàbbaye de Breteuil de la terre dte Maisoncelles
Tuillerie, doyenné de Breteuil, et renonçait aux droits que cette
abbaye lui avait antérieurement cwicédés sur le village de Mou-
tiers, doyenné de Ressons (Collection Moreau, t. LXXXI). Il resti-
tuait également au chapitre d^Amiens la quatrième partie de la
dime de Rumaisnil, au doyenné de Conti, qu'ils détenait injuste-
ment. {Gallia Cfirùtiatia, t. IX, 80^.)
A une époque quenous ne saurions préciser, Raoul avait&it don
à la maison des lépreux ou méseaux de Clermont de la dime du
pain nécessaire à sa dépense « quant longuement sa courtaura été
dedans la seigneurte de Clermont » {Charte confirmative de saint
Louis, a. 1251, Mss Fr. 20,082, P 556). En 1190, û accorda à
la mal'adrerie> qu'il venait de fonder à Cr^l, h même libéralité
pendant tout le temps de sa résidence dans Tétendue de la chà-
tellenie, fit consacrer par Tévèque de Beauvafs une- chapelle
qu'il avait construite en l'honneur de Saitit-Michel dans l'enclos
de la maladrerie, et affecta^ cette chapelle un chapelain et un
clerc pour ta desservir {Histoire de Creif, p. 34 et Mss. Fr. 4663
XIII).
Le comte Raoul de Clermont fut du nombre^ des guerriers
que la peste emporta sous les murs de Saint-Jean-d'Acre. Avant
d'expirer, il avait exprimé ses dernières volontés que des lettres
de Philippe-Auguste de juillet 1191 transmirent en Europe (Lou-
vet, 1. 1, p. 702). Il enjoignait à ses héritiers de réparer tous les
torts qu'il avait pu causer à autrui, notamment au chapitre de
Beauvais, pour ce qui concernait le bois de Litz, et instituait
dans la collégiale de Saint-Arnouït de Clermont une chapelle
dotée de revenus suffisants pour le^ service divin.
D'Aëlis de Breteuil, qui lui survécut au moins jusqu'en 1195*,
il avait eu quatre enfants : Raoul et Adèle morts avant lui ;
Catherine qui porta le comté de Clermontdans la maison de Cham-
pagne ; et Mathilde ou Mahaut laquelle se maria avec un sei-
gneur de Vierzon en Berry, Guillaume, suivant la Thaumassière
* Elle confirma en effet la dite année H95 une donation faite par Guillaume
d'Orviler à l'abbaye de Chaalis (coll. Moreau, t. XCVI). Elle fut enterrée dans
Téglise du prieuré de filles de WariviUe, qui avait été de sa part Tobjet de nom-
breuses libéralités. Voir coll. Moreau, t. XGIV et XCVIII ; V. aussi IbUl,, les dona-
tions faites ou confirmées par Aelis à Tabbaye de Froidmont.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 29
{Histoire de Berry^ t II, jk 497), Hervé II, d'après le P. Anselme,
et ne laissa pas de postérité ^
Bans bon nombre des actes que nous avons cités, Raoul s'in-
titulait comte par la grâce de Dieu, et cette qualification, signe
de rindépendance qu'il prétendait pour le gouvernement de ses
États patrimoniaux, lui est même conservée dans un Vidimus
de Louis IX de l'an 1255 •.
Avec lui prit fin la première race des comtes propriétaires de
Clermont en Beauvaisis, celle qui avait créé le comté et en
avait reçu son nom patronymique. Mais si la branche aînée de
cette illustre maison tomba alors en quenouille, une branche
cadette, issue de Simon, frère de Raoul, devait se perpétuer
non sans éclat jusqu'au xvi® siècle. Nous en avons déjà parlé au
degré de Renaud II, et il ne nous reste plus, avant de passer au para-
graphe de Catherine et do Louis de Blois, qu'une question à exa-
miner ou plutôt à indiquer, celle des armoiries que portèrent
les comtes de Clermont. Le P. Anselme et les autres généalo-
gistes les blasonnent ainsi : de gueulesy à deux bars (for adossés
sur un écu semé de trèfles de même. Ces armes ont été assuré-
ment celles de la branche des seigneurs d'Ailly et de Nesles
mais l'ont-elles été également de la branche aînée? Bien que
dans la salle des croisades à Versailles, l'écu de gueules du
connétable soit chargé de deux bars, la question nous parait
à tout le moins douteuse devant une énonciation de Dom Gre-
nier que nous avons déjà reproduite au degré de Renaud II. Dé-
crivant les armes de Simon de Clermont, telles que nous venons
de les indiquer, le savant historiographe de Picardie ajoute : « Ses
armes sont différentes, quoi qu'en dise le P. Anselme (t. VI, p. 46)
de celles du comte Raoul son frère •. » Cette opinion trouve sa
confirmation dans le fait aujourd'hui généralement constaté ^ qu'à
* Elle vivait encore en 1200, année où elle est mentionnée par son beau-frère
Louis de Blois dans une charte portant donation à Tabbaye de Froidmont du bois
de Cormeilles. Ck)ll. Moreau, t. GC, f« 40.
« Ms8. F 20,082, to 556 ; V. coll. Moreau, t. LXXI, fo« 71 et 159 (a 1161) ; 74, fo 10;
79, fo 31 (a 1174) ; 81, ^ 198 (vers 1190) et 90, f» 129 (a 1188). La charte de dona-
tion à Wariville de Tannée 1190 (Àrch. nat.^ P 1362, cote 1078) inscrit parmi les
témoins, le sénéchal, le maréchal et le camérier du comte.
' Tome CCLXII, fo 108, Généalogie des seigneurs efAilly-sur-Noye, article Simon
de CSermont.
^ Voyez un article très-remarque publié par M. A. de Barthélémy en 1872 dans
la Revue de la Société des Antiquaires de VOuest, sous le titre : Essai sur Vorigine
des armoiries féodales.
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30 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
l'origine les armoiries féodales étaient réelles , c'est-à-dire
tenaient au fief non à la personne de son possesseur, et que ce ne
fut qu'à partir du xiii® siècle que, devenues personnelles, ellefe se
conservèrent héréditairement dans les familles, quelques chan-
gements ultérieurs qu'aient subis leurs possessions territoriales.
Maintenant quel fut le blason du comté de Clermont? L'inven-
taire général, dressé par M. Douet d'Arcq, des sceaux conservés
aux Archives Nationales permet sinon de le déterminer, du
moins de le conjecturer avec quelque certitude.
Les sceaux du connétable ne sont pas dans un état de con-
servation suffisant pour que l'on distingue les emblèmes tracés
sur le bouclier*. Mais il en est différemment pour sa fille Cathe-
rine et pour le fils de celle-ci Thibault de Blois, qui possédèrent
Buccessivement après lui le comté de Clermont. On a de la pre-
mière deux contre-sceaux : l'un appendu à une donation aux
Templiers, de l'an 1211 et qui est décrit ainsi par l'Inventaire
général (n** 957) : écu parti à dextre iïune bande accompagné de
tneriettes ou cotices (de Blois), à senestre de cinq gerbes en
croix \ — l'autre, qui accompagnait une charte d'octobre 1198
confirmative de la donation faite à l'Hôtel-Dieu de Beauvais de
la terre de Francastel, et sur lequel D. Grenier a reconnu trois
pièces qui paraissaient être des gerbes posées deleii (Collection
Moreau, t. XCIX, f" 26.). Quant à Thibault, six gerbes en orle
figurent sur le contre-sceau de l'acte de novembre 1213 par le-
quel il se porta caution envers Philippe-Auguste pour Blanche
comtesse de Champagne. Si des indications qui précèdent on
rapproche le fait que les cinq gerbes en croix se retrouvent sur
un contre-sceau de Raoul de Clermont, seigneur d'Ailly, fils
de Simon, de l'année 1203 (Inventaire général, n** 1849), c'est-à-
dire à une époque où sa proximité de lignage semblait lui donner
encore des droits au comté, droits qui s'ouvrirent en efl'et un
peu plus tard, on pourrait, croyons-nous, être amené à considé-
rer ces emblèmes comme ayant formé les armoiries primitives
du comté de Clermont *.
i Cependant nous devons dire que M. Douet d'Arcq a cru entrevoir à la rigueur
un lion sur le sceau de Raoul appendu à la charte de société avec Tabbé de
Saint-Denis de Tan 1183.
• Telle est l'opinion de M. de Barthélémy, qui fait remarquer (p. 2!) que les
gerbes disparurent des sceaux des comtes de Blois, dès que ceux-ci ne furent
plus possesseurs du comté de Clermont.
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LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVAISIS. 31
V. — Cathewne de Clermont ET Louis de Blois *. Fille aînée
de Raoul, comte de Clermont etd'Aëlis de Breteuil, Catherine
épousa du vivant de son père, vers 1190, croyons-nous*, Louis
fils de Thibault dit le Bon, comte de Blois et de Chartres, et de sa
seconde femme Alix de France.
La mort simultanée de Thibault et de Raoul, sous les murs de
Saint-Jean-d'Acre, rendit dès 1191 les nouveaux époux proprié-
taires des comtés de Blois et de Chartres ainsi que de celui de
Clermont. Toutefoi«, en ce qui concerne ce dernier, le premier
acte de leur administration que nous ayons trouvé ne remonte
qu'à 1195, ce qui pourrait faire penser que la comtesse Aëlis en
aurait conservé l'usufruit '.
Le 12 juin de ladite année 119S, le comte et la comtesse don-
nèrent à foi et hommage à Ansold de Ronquerolles, divers biens
sis à Monthatère près Creil, et entre autres le champart, le vinage
et le vin des Pressoirs. (Collection Moreau, t. XCVI, f* 115.)
Cette même année Catherine, suivant Louvet (t. II, p. 80), fon-
da à Maulers une chapelle qu'elle dota de 12 livres tournois de
rente.
En 1196, elle accorda comme dame de Breteuil son consen-
tement à la cession faite, à charge de cens, par l'abbé du
Bec aux religieux de Chaalis de tout ce que son monastère pos-
sédait, tant en terres qu'en bois, sur le territoire de Sainte-Eusoye
ainsi que dans l'étendue de la chàtellenie, et promit de garantir
les nouveaux possesseurs contre tous troubles et évictions. (Col-
lection Moreau, t. XCVII,f 149.)
L'année 1197 est particulièrement mémorable dans l'histoire
du comté de Clermont. C'est alors, en efifet, que les villes
de Clermont et de Creil, jusque-là exclusivement soumises à
* Les armes de la maison de Champagne, dont celle de Blois formait une
branche» étaient : D'azur à une bande d'argent, accompagnée de deux doubles
coiices poiencées et contrepotencées d'or de treize pièces,
* CaUierine est nommée dans les chartes de son père pour la première fois en
1178. Elle figure avec son époux en 1190, dans la confirmation par Raoul de Cler>-
mont du don à Tabbaye de Breteuil de la terre de Maisoncelles Tuilerie (coll.
Moreau, t. LXXXI). Louis de Blois ayant Tingt-sept ans seulement en lrl99, au dire
de Capefigue, Histoire de Philippe- Auguste , t. II, p. 206, le mariage ne peut guère
avoir été antérieur à 1190.
> Nous n'indiquerons bien entendu ici des actes de Louis de Blois que ceux
relatifs au comte de Clermont, laissant dans Tombre tout ce qui a trait à ses
domaines patrimoniaux.
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32 LE COMTÉ DE CLEBMONT EN BEAUVAISIS.
rautorité et à la juridiction des officiers seigneuriaux, obtinrent
le droit de s'administrer elles-mêmes, ainsi que la substitution
d'une redevance fixe et déterminée aux tailles et prestations arbi-
traires dont leurs habitants étaient antérieurement tenus. Les
actes, qui consacrèrent ce changement considérable dans Tétat
des personnes, nous paraissent appartenir sans conteste à la
catégorie des chartes d'affranchissement ou de coutumes, c'est-à-
dire établies par le commun accord du seigneur et des bour-
geois, sans association ni conjuration de ces derniers. Les deux
chartes sont calquées sur le mémo modèle ; nous analyserons
celle de Clermont \ en indiquant ensuite les quelques variantes
relatives à Creil.
Le comte Louis de Blois, déclare dans le préambule qu'en
l'honneur de Dieu et dans l'intérêt du pays {ad patriœ uliHta-
tem) il a pour le salut de son âme et de celles de ses prédéces-
seurs octroyé, du consentement de safenmie Catherine et de sa
belle-sœur Mahaud, aux habitants et manants de Clermont
{homines Claromonte manentes) les concessions suivantes, sauf le
droit des églises et des chevaliers :
Tout habitant de Clermont précédemment soumis à la taille
en sera, lui et ses héritiers, dorénavant affranchi, ainsi que de
toute oblation, emprunt et prêt forcé {oblatione, impruntato et
rogâ coactâ), même des corvées hors de la ville, à condition d'ac-
quitter une redevance annuelle de cinq sous de monnaie Beau-
vaisine* par chaque masure, c'est-à-dire tenement édifié d'une
maison qu'il habitera ou possédera. Le cens ci-dessus fixé devra
être acquitté le jour de la fête de Saint-Remy (!•' octobre),
sous peine d'être porté au double en cas de non paiement à
l'échéance, l'ensemble des bourgeois en étant solidairement
responsable.
Les bourgeois auront la faculté d'élire chaque année huit
d'entre eux pour administrer les affaires de la ville ; ces admi-
nistrateurs à chaque renouvellement feront serment d'observer
de bonne foi les coutumes de la ville ; ils statueront sur les
^ Il existe plusieurs copies en français de la charte de Clermont, Mss. Fr. 4,663,
f» 115, 20,082, fo 553 ; D. Grenier, t. LXXXIX, fo 57, et deux vidimus en latin.
Arch. nat., carton J 167 et P 1362, cote 1102.
• Ces cinq sous semblent pouvoir sans trop grande erreur être estimés repré-
senter yingt à vingt-cinq francs de nos jours, en tenant compte de la valeur et
du pouvoir respectifs de l'argent au \ii<^ siècle et au x\x^.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 33
demandes en décharge formées pv les pauvres qui se préten-
draient surchargés.
Tous les habitants de Glermont , qui étaient jusqu'alors de
condition serve, demeureront à l'avenir, eux , leurs héritiers et
tenures francs et quittes de toutes servitude. Si quelqu'un
veut abandonner la ville, il en aura toute liberté à moins qu'il
n'ait commis quelque forfait pour lequel il devra alors, avant son
départ, donner satisfaction suivant les usages et coutumes de
la ville. Quiconque voudra venir habiter Glermont le pourra en
se confoimant auxdites coutumes.
Les forfaitures ou amendes des délits ruraux appartiendront
comme antérieurement au comte. Nul ne sera arrêté, ou s'il est
arrêté, ne sera retenu, s'il peut fournir caution de comparaître
en justice, à moins qu'il ne soit accusé de meurtre, guet-apens,
trésor recelé, incendie, homicide, rapt, vol avec effraction. La
garde des prisonniers est abandonn4e aux bourgeois. Ds ne
pourront retenir captif un étranger devant la taille au comte,
sans l'assentiment de ce dernier. Ils devront, toutes les fois
qu'ils seront convoqués, suivre, conune c'était antérieurement
lusage, leur seigneur ou son représentant en tout ost (exerci-
tum) et chevauchée {expeditionem).
Le comte et la comtesse auront trois mois de crédit pour
solder les denrées alimentaires qu'ils achèteront à Glermont, et
dont ils continueront à fixer le prix.
Chaque fois que le prévôt de Glermont, les sergents, le capi-
taine de la ville, seront changés, ils s'engageront, par serment,
à observer les coutumes sus-énoncées fermement et de bonne
foi.
La charte de Greil *, avons-nous dit, présente identiquement
les mêmes dispositions que celle de Glermont. Les seules diffé-
rences que nous ayons à signaler sont que le cens annuel de
cinq sous se devait acquitter en monnaie parisis, au lieu de
monnaie Beauvaisine, c'est-à-dire inférieure d'un treizième,
et que le nombre des administrateurs électifs ou pairs se trou-
vait fixé à six.
La munificence, dont le comte et la comtesse de Glermont
^ La charte de Creil se trouve au fo 95 du Mss. Fr. 4663 avec la date du 23 fé-
vrier 1197 ; V. au88i Arch. nat., P 1362 «, cote 1067.
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34 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
avaient faît preuve en faveur <Jes établissements religieux dès leur
prise de possession, ne se démentit pas dans Tannée H97. Ils
confirmèrent au prieuré de Wariville les libéralités faites par leurs
prédécesseurs et y ajoutèrent, le 5 octobre, vingt livres beauvai-
sines à toucher annuellement sur les revenus du domaine de
Clermont et dix autres sur le travers de Francastel pour l'habil-
lement des religieuses. En même temps « compatissant à la
pauvreté de la maison de Froidmont et désirant réunir le cou-
vent dispersé, » ils concédèrent & l'abbé et & ses religieux la
faculté de vendre publiquement les bois qu'ils possédaient sous
la garde et tutelle des seigneurs de Breteuil. (Coll. Moreau,
t. XCVIIL)
En 1198, le comte accorda aux bons-hommes de l'abbaye de
Ressons-en-Thelles dix muids de vin de rente perpétuelle, à
prendre à Clermont au temps des vendanges, et ime charge ou
sommier de bois mort (jjiaque jour dans la forêt de Hez (Coll.
Moreau, t. XCIX). La comtesse Catherine confirma ce don de son
époux, ainsi que celui par lequel il transférait à l'Hôtel-Dieu de
Beauvais toutes les terres labourables qu'il possédait & Fran-
castel, avec le champart dudit lieu, à charge d'entretenir un
chapelain, qui prierait Dieu chaque jour pour le salut de l'âme
des donateurs, et de celles de leurs parents (ibid.).
Le cartulaire d'Ourscamp nous fournit une charte des mêmes,
de Tannée 1199, amortissant au profit du monastère de ce nom,
plusieurs dîmes aux territoires d'Erreuses et de BaiUeul-le-Soc,
ainsi qu'au bois de Saint-Denis, situé entre Yalsemer et Cres-
sonsart S
Ce fut au printemps de cette même année, que dans un tour-
nois, crié entre Bray-sur-Somme et Encre, les prédications de
Foulques, curé de NeuiUy, décidèrent les premières adhésions
à la quatrième Croisade.
Le comte de Blois était présent , et s'empressa de prendre la
croix avec Thibault, comte de Champagne, son cousin, Bau-
douin, comte de Flandre, Hugues, comte de Saint-Pol, Etienne,
comte du Perche, Simon de Montfort, Gautier 4© Brienne et
1 Ce Cfiu*talaire contient plusieurs autres chartes, tant de Louis de Blois que de
Catherine, portant confirmation de libéralités faites par divers particuliers. Nous
les passons ici sous silence, et il en est de même en ce qui concerne les abbayes
de Froidmont, de Saint-Martin-au-Bois et de Chaalis.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 35
GeoÉfroy de Villehardouin, qui devait être rhistorien de cette
nouvelle expédition d'outre-mer. Les préparatifs n'en furent
pas moins longs que ceux de la précédente, et Louis de Blois, à
l'exemple de son beau-père, ne ménagea pas, avant de partir,
aux établissements religieux de ses domaines les libéralités, ni
les fondations. L'abbaye de Froidmont reçut de lui le bois de
Cormeilles, sur le territoire de la paroisse de ce nom, doyenné
de Conty, avec faculté de le défricher et d'y construire une
grange (an 1200, coll. Moreau, t. CI) ; la maison des meseaux de
Mouchy, un sommier de bois dans la forêt de Hez (an 1200, Mss.
Fr. 4663, f 114); le prieuré de Wariville, le roage du lin et du
chanvre à Breteuil, Gatheu, la Faloise et Paillart, ainsi que le
chauffage pour trois de ses granges, savoir : celle de Courli,
dans la forêt de Hez, celle de Puiz, dans la forêt d'Escud, et celle
de Paillart, dans la forêt d'Haillecourt, près Esquennoy (an 1201 ,
coll. Moreau, t. Cil et Mss. Fr. 4663, n' 71) ; le prieuré de Saint-
Nicolas de Belle-Fontaine, dépendant du précédent, et sis sur le
territoire de Paillart, au doyenné de Moreuil , le bois mort dans
le bois d'Avesnes, ainsi que renonciation au champart dû sur
ses terres (an 1202, coll. Moreau , t. CIII) ; enfin l'abbaye de
Chaalis, la confirmation de tous les dons faits par le comte Raoul
ainsi que par Evrard et Galeran de Breteuil (ibid.).
Le 8 mai 1202, le comte de Blois signait une charte portant
donation et remise à l'abbaye de Saint-Denis d'une corvée de
charroi à laquelle étaient assujettis les tenanciers de cette abbaye
sur le territoire de Verderonne. Ce dut être le dernier de ses
actes avant de quitter la France, car les Croisés s'étaient donné
rendez-vous à Venise pour la Saint-Jean-Baptiste de ladite
année. On sait par quel concours de circonstances l'expédition,
détournée de son but primitif, aboutit à la prise de Constanti-
nople et à la fondation de l'empire latin d'Orient. Dans le par-
tage que se firent les vainqueurs, Louis de Blois, qui, au
témoignage des chroniqueurs contemporains, s'était signalé en
toutes les rencontres, se vit attribuer la province de Bithynie,
avec Nicée pour capitale ; mais il n'en jouit pas longtemps. Ayant
engagé témérairement la bataille d'Andrinople contre les Va-
laques et les Comans, il y perdit la vie le 15 avril 1205 ^
1 Chronique d'Ernoul et de Bernard le Trésorier, édition de la Société de This-
toire de France, p. 382-384.
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36 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Demeurée en France, Catherine avait été chargée de pour-
voir à. Tadministration des aomaines héréditaires des maisons
de Clermont et de Blois. « Domini comitis Jherosolimam pro-
fecti vices in ejus absencià supplens », dit-elle, dans une
charte de Tannée 1202 , eonfirmative d'une cession faite à
l'abbaye d'Ourscamp. (Cart. p. 4 et 162.)
En 1203, au mois d'août, elle était à. Mantes, où, avec plu-
sieurs grands feudataires de la Couronne, elle prit rengagement
de seconder le roi Philippe-Auguste dans sa résistance à la mé-
diation que la Cour de Rome voulait lui imposer en faveur de
Jean sans Terre (Arch. nat.. Trésor des chartes, J. 628).
En novembre 1206, elle notifiait à ses officiers qu'elle pre-
nait sous sa protection l'abbaye de Beaupré, ainsi que tous les
biens que ladite abbaye possédait dans l'étendue de ses seigneu-
ries. (Coll. Moreau,CIX). Ce fut à la même époque que, suivant
un ancien obituaire de l'église cathédrale de Beauvais, elle fit
don à cette église des reliques de saint Pierre et de saint André,
et de quelques autres saints, part du butin attribuée à. Louis de
Blois, lors de la prise de Constantinople et que celui-ci lui avait
envoyée. (Louvet, t. II, p. 323.)
La mort de son époux sur le champ de bataille d'Andrinople
ne dut modifier en rien la situation de Catherine. Des trois en-
fants issus de leur union , Thibault , Raoul et Jeanne ^ , le
premier seul survivait, et son jeune âge lui rendait longtemps
encore iiécessaire la tutelle maternelle.
Nous avons parlé en son temps de la création du bourg de la
Neufville-en-Hez par Raoul de Clermont; le comte y avait en
même temps jeté les fondations d'un château. Son gendre et sa
fille poursuivirent les travaux commencés et firent du château
une forteresse. C'est ainsi que Catherine qualifie sa résidence
seigneuriale de la Neufville dans la charte du mois de février
1208, énonciative des revenus qu'elle a assignés à la nouvelle
chapelle construite par elle dans l'enceinte de ladite forteresse
« en Thonneur de la benoîte vierge » dont elle porte le nom.
(Mss. Fr. 4663 et D. Grenier, t. CXVI.)
L'année suivante (1209), elle fit une fondation analogue dans
son château de Creil et y établit un chapelain, avec mission de
^ Jeanne est citée pour la première fois dans une charte de 1198, et Raoul dans
uue charte de 1201.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 37
prier pour le repos des âmes de son pfere et de sa mère, ainsi
quedesonmari. (Mss. fr. 4663, n'xf, D. Grenier, CCXLII, f 130.)
Ce fut ce même désir d'assurer la célébration de l'anniver-
saire de ses parents et du sien propre, qui la détermina, en
1211, à faire donation aux Templiers de son domaine ou ville
d'Esquennoy, près Breteuil, avec la justice et toutes ses dépen-
dances. Le service devait être célébré annuellement dans Téglise
du Temple à Paris, et une pitance de 20 s. parisis être distribuée
à ceux qui y assisteraient. (Arch. nat., S 5, 215, supp. n* 8.)
Ladite année 1211 vit se terminer une contestation judi-
ciaire qu'avait fait naître entre l'abbé de Saint-Lucien et la
comtesse de Clermont la propriété d'un bois situé sur le terri-
toire de Saint-Félix et dépendant de la forêt de Hez. L'affaire
avait pris des proportions assez considérables pour être défé-
rée par les moines au Saint-Siège, qui délégua le doyen et
deux chanoines de l'Église de Paris pour l'examiner. Leur sen
tence adjugea la propriété du bois à l'abbaye, réservant seule-
ment à la comtesse le droîl de garde et de chasse. Il paraîtrait,
toutefois, qu'un transaction intervint sur cette sentence, car des
lettres de Philippe- Auguste, également de 1211, réglant le mode
d'exploitation du bois de St.-Lucien, portent que les parties se
partageront par moitié le produit de la coupe annuelle de ce bois,
lequel ne pourra jamais être défriché sans leur assentiment mu-
tuel. (Coll. Moreau, t. CXV et CXYI, D. Grenier, 175, f 64 et 75.)
Ce différend venait à peine d'être apaisé quand en surgit un
autre, beaucoup plus grave à raison de son objet et surtout des
conséquences qu'il devait entraîner. Le siège épiscopal de Beau-
vais était alors occupé par Philippe de Dreux, qu'un ancien
auteur, Loisel, nous représente comme plus porté « à faire le
comte et l'homme de guerre que le dévot et religieux éVfeque. »
De retoiff à la fin de 1210 de la croisade contre les Albigeois,
le prélat avait conçu le projet de transformer en château fort la
maison de plaisance que ses prédécesseurs possédaient à Bresles,
village situé à peu près à égale distance de Beauvais et de Cler-
mont, sur la lisière occidentale de la forêt de Hez. La mise à exé-
cution de ce projet inspira à Catherine de vives inquiétudes. Elle
craignit que la nouvelle forteresse ne devînt pour ses domaines
un dangereux voisinage, et réclama l'assistance de son cousin
Renaud de Dammartin, comte de Boulogne. Celui-ci, qui dans sa
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38 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
jeunesse avait été Tun des seigneurs les plus dévoués de Phi-
lippe-Auguste, nourrissait depuis quelques années déjà des
sentiments d^hostilité contre le monarque, auquel il reprochait,
non tout à fait sans raison, ses tentatives incessamment diri-
gées contre Tindépendance des feudataires de la couronne. Il
saisit avec empressement l'occasion qui lui était offerte de
frapper, dans la personne de l'évêque de Beauvais, un parent du
v*oi en même temps qu*un défenseur de sa politique. Réunissant
les vassaux de la comtesse de Glermont, il attaqua Bresles et en
ruina les fortifications. Les représailles ne se firent pas at-
tendre; à la tète de la commune de Beauvais et de renforts
amenés par ses neveux, fils du comte de Dreux, Philippe in-
vestit à son tour le manoir de la Neuville, le prit et le rasa
jusqu'à fleur de terre. Ces faits se passaient en Tannée 1212 S
et Louvet les considère comme le prélude, le point de départ
de la lutte qui s'engagea alors entre Philippe-Auguste et
une coalition formée du roi d'Angleterre, du comte de Flandre,
de celui de Boulogne et de l'empereur Othon, lutte qui devait
deux ans après se terminer dans les champs de Bouvines
(27 juillet 1214) par une affirmation éclatante de la prépondé-
rance désormais acquise à la monarchie capétienne.
Catherine de Clermont ne fut pas témoin de ces événements.
Suivant Bosquillon, elle mourut au début de la guerre à laquelle
sa querelle avec l'évêque de Beauvais avait donné naissance, et
en effet la dernière charte que nous ayons trouvée d'elle et par
laquelle elle accordait aux religieux de Chaalis libre passage
pour les troupeaux de leurs fermes de Troussures et de Ro-
tangy^ doyennés de Breteuil et de Montagne, lorsqu'ils vien-
draient aux pâtures communes du pays, est en date du
24 avril 1212. (Coll. Moreau, t. CXVI.)
Thibaut de Blois^ Fils unique de Catherine de Clermont, il
succéda à sa mère en 1212 dans le comté de Clermont et dans
la chàtellenie de Breteuil, comme il avait succédé, en 1205, à
Louis son père dans les comtés de Blois et de Chartres.
Nous ne saurions déterminer l'époque de sa naissance, elle
doit être antérieure à 1200, bien que la première charte où son
nom figure soit celle de ladite année, portant donation du bois
> Guillaume Le Breton, édition Gai20t, t. Il, p. 252, et Louvet^ t. II, p. 341-342.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEACVAISIS. 39
de Cormeîlles à Tabbaye de Froidmont. En tous cas, son exis-
tence fut courte et ne fournit aucun événement mémorable.
Dom Grenier cite (t. XLV bis^ f 7) des lettres de lui données à
Saint-Germain-en-Laye au mois de septembre 1212, par les-
quelles il se reconnaît débiteur de 4,000 1. envers Blanche, com-
tesse de Champagne, à cause du droit de rachat ou de mutation
des fiefs tenus d'elle, et donne pour sa caution le roi de France,
les barons et sujets de ses terres. Par un acte du mois d'août
précédent il s'était engagé au même titre à payer une somme de
7,000 I. au roi et lui avait rendu hommage. (Martëne, I, 1109.)
Le 19 juillet 1213 le nouveau comte confirma à l'abbé et au
couvent de Chaalis l'amortissement de tout ce qu'ils possédaient
à Erreuses et dans l'étendue de la châtellenie de Breteuil. La
charte (coll. Moreau, t. CXVII) fait mention de l'acquiescement
de la comtesse Mahaut son épouse. Cette Mahaut était fille do
Robert III, comte d'Alençon, et de Jeanne de la Guierche {Art
de vérifier les dates). La date et les circonstances de son mariage
ne nous sont pas connues.
En juillet 1215, les archives de Froidmont enregistrent la
donation faite par Thibaut à. ce monastère de toutes les terres
adjacentes à la grange abbatiale de Cormeilles le long de la
chaussée ou voie romaine de Beauvais à Amiens, sous réserve
d'une redevance de dix muids, moitié froment, moitié avoine,
redevance dont il fit remise entière aux moines en avril 1218.
(Coll. Moreau, t. CXIX et CXXIII.) Deux autres chartes du
même comte sont relatives à Froidmont, l'une de mars 1217,
l'autre de 1218, et ont pour même objet la confirmation des
libéralités de ses parents et prédécesseurs. (Coll. Moreau,
t. CXXIII et CXXV et Louvet, édition de 1614, p. 569.) Ces
divers documents, comme la charte de 1213, font mention du
concours et de l'acquiescement de la comtesse de Clermont.
Mais le nom de la donatrice a changé. Ce n'est plus le sceau de
Mahaut d'Alençon qui figure au pied de l'acte, c'est celui de
Clémence des Roches, fille de Guillaume, sénéchal d'Anjou et de
Marguerite de Sablé, qu'un second mariage a unie à Thibaut ;
ni l'une ni l'autre, du reste, de ces deux femmes ne devaient lui
donner d'enfants. Atteint, suivant les uns, de la lèpre, suivant
les autres, de la peste, le fils de Louis et de Catherine, le riche
possesseur des comtés de Blois, de Chartres et de Clermont, était
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40 LB COMTÉ DE CLERMONT EN DEÂUVAISIS.
condamné à une fin prématurée, et il y louchait déjà lorsqu'il
signa à la Ferté- Vineuil , en Beauce, sa dernière charte en
faveur de Froidmont. L'Art de vérifier ks dates dit, en effet, qu'il
mourut Tan 1218 avant Pâques, et Pâques tomba, cette année
là, le IS avril.
C'est de la même résidence de Vineuil et du même mois d'a-
vril que sont datées trois autres chartes, véritables dispositions
testamentaires de Thibaut. Deux d'entre elles confirmaient au
prieuré de Wariville les dons faits par ses parents, accordaient
aux religieuses trois muids de froment à prendre annuellement
sur le grenier seigneurial de Breteuil, et réglementaient leurs
droits d'usage dans la forêt de Hez. (Coll. Moreau, t. CXXIII
et Ms. Fr. 4663, n* lxxu). La troisième dotait l'église Saint-
Evremont de Creil de 40 1. parisis de rente à prendre à la
Saint-Remy sur les cens de Creil, dont 20 devaient être distri-
buées le jour de l'anniversaire du comte, et les 20 autres le
jour de l'anniversaire de sa mère aux chanoines et clercs de
ladite église qui assisteraient au service. (Ms. fr. 4663, n° ix.)
Thibaut, nous l'avons déjà dit, n'avait pas eu d'enfants; il ne
laissait ni frères ni sœurs. Les domaines composant sa succession
se devaient donc partager, selon leur provenance, entre les col-
latéraux des lignes paternelle et maternelle. Ses deux tantes,
sœurs de Louis de Blois, prirent: l'une Marguerite, mariée
alors en troisièmes noces à Gautier II d'Avesnes, le comté de
Blois, l'autre Elisabeth, femme de Sulpice d'Amboise, celui do
Chartres.
Du côté maternel, les héritiers se subdivisaient en deux
branches, Clermont et Breteuil. Catherine, en effet, on s'en
souvient, avait réuni sur sa tête les biens des deux maisons. Or,
suivant les coutumes féodales, chaque maison avait droit au
retour des fiefs provenant originairement d'elle. L'application
de cette règle fit écheoir la châtellenie de Breteuil à Amicie,
sœur consanguine d*Aëlis femme. du connétable Raoul et,
par conséquent, grande tante de Thibaut. Cette troisième fille
de Galeran de Breteuil avait épousé, en premières noces, Bau-
douin du Donjon. Devenue veuve, elle s'était remariée, au
plus tard en 1213, avec Jean Briart, chevalier. Les deux époux
figurent comme seigneurs de Breteuil dans une charte de la fin
de Tannée 1218, portant ensaisinement d'une vente de quatre
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LE COIirrÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 41
muids de blé faite à la léproserie de Beauvais par Raoul de
Noyers \
Dans le comté de Clermont, Thibaut avait quatre héritiers.
Trois étaient cousins germains de sa mère : Raoul de Clermont,
seigneur d'Ailly, fils de Simon de Clermont et de Mathilde de
Breteuil, Guy le Bouteiller de Senlis et Robert de la Toumelle,
qui avaient l'un et l'autre pour mère une Clermont, sœur de
Simon. La qualité de fils du frère puiné du connétable donnait
à Raoul un avantage marqué sur ses deux cohéritiers du même
degré, qui descendaient seulement par les femmes de Renaud II,
l'auteur commun, bien que la législation féodale reconnût alors
à ceux-ci des droits qu'ils n'auraient pu invoquer dans le cou-
rant du siècle précédent. Cependant les antiques privilèges de
la masculinité subsistaient encore et c'est à leur application
qu'il convient, suivant nous, d'attribuer le fait que l'ensemble
de l'héritage de la maison de Clermont n'ait pas été dévolu à
Mahaut, comtesse de Dammartin ', dernière survivante des filles
de Renaud II et par conséquent grande tante de Thibaut et sa
plus proche parente.
La multiplicité des prétendants à la possession du comté de
Clermont parut à. Philippe-Auguste l'occasion favorable d'une
application nouvelle du système d'annexion, que depuis son
avènement il ne cessait de poursuivre par la voie des acquisi-
tions aussi bien que par celle des conquêtes à main armée. Il
traita séparément avec chacun des cohéritiers. Raoul de Cler-
* Collection Moreau, t. CXXV, fo 23. Jean Briart mourut vers i220 (charte
d'Amicie fondant l'anniversaire du dit Briart dans Tabbaye de Froidmont (coll.
Moreau, p. 128), et sa veuve contracta peu après une troisième union avec Gautier
de Risnel, auquel elle devait encore survivre. Elle mourut en 1226 laissant de son
second mariage, suivant Dom Grenier, deux filles qui lui succédèrent dans les
cbâtellenies de Breteuil et de Catbeu.
*Nous avons déjà parlé de cette Mahaut de Clermont et cherché à établir que
c'était elle qui avait épousé Albéric II, comte de Dammartin. Leur Ûls aîné était
le célèbre Renaud de Dammartin, comte de Boulogne, qui expiait alors dans les
fers l'initiative de la coalition féodale de 1214. Assurément sa rébellion ne dut
pas être sans nuire aux droits que sa mère avait à faire valoir sur l'héritage de
Clermont, et peut-être trouverait-on là jusqu'à un certain points en se rappelant
qu'Ide de Boulogne, femme de Renaud, était petite-fille d'Etienne, roi d'Angle-
terre, l'explication de cette assertion de Chopin, Traité du domaine^ livre III,
titre IV, répétée par du Puy, des Droits du roi, p. 782, que « le comté par le
moyen et alliance des femmes escbeut en la maison d'Angleterre, et par la rébel-
lion des Anglais fut acquis et confisqué au roi. »
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42 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
mont d'Ailly lui céda moyennant quatre mille livres parîsis
« quiconque chose qu'il avoit de droit en le conté de Cler-
mont et es appartenanches d'ichelle tant en fief quant do-
maine^ ». A Robert de la Tournelle, le roi donna ce qu'il avait
à Bonneuil', sauf le droit de monte ou montage des grains et
celui-ci en échange « de bonne foy jura sur les sainz sacrez que
ne par lui ne par autre en le conté de Glermont de l'eschaeto
messire Thibaut, conte de Blois et de Glermont, aucune chose
desores ne avant réclameroit ne travailleroit en aucune manière
monsieur le Roy ou ses hoirs. » (Mss. Fr. 4663, f* 112. Catalogue
des actes de Philippe-Auguste, n* 1834). Sous la même condition
Guy, fils de Guy le Bouteiller, reçut en fief et hommage-lige ce
qui était du domaine de la couronne à Rully et à. Chamicy,
doyenné de Pont. (Mss. Fr. 4663, f^ 113. Cart. de Philippe-
Auguste, f* 76). Enfin la renonciation de la comtesse de Dam-
martin lui valut une rente de cent livres parisis sur la Prévôté
A Nous n'avons pas Tacte de cession de Raoul à Philippe- Auguste, mais seule-
ment Facte confirmatif fait par lui en novembre 1229 à la demande de Louis VIII
et moyennant un supplément de prix qui ne laissait pas d'être considérable,
puisque Graves nous apprend, Précis du canton de Breteuil, p. 48, que Simon de
Beaussault et Clémence Briart, sa femme, racbetèrent en 1226, 3,000 livres pour
leur terre de Breteuil, mouvante du roi.
Mss. Fr. 4,663, fo 112. — « Je Raouls de Glermont fais chose congnute à tous
tant présens comme avenir, que je ay quictié a tousjours quiconque chose je
avoie de droit en la conté de Glermont et es appartenanches dichelle, tant en fief
quant demaine, a men très chier seignieur Philippe conte de Boulongne et de
Glermont et a ses hoirs de se char et a men très chier seignieur Loys par la
grâce de Dieu sage roy de France et à ses hoirs à tousjours, se li conte aura tres-
passé sans hoir de se char ; et en seur que tout je ai juré seur les sains sacrez
garder à tousjours cheste donation, et que seur che des ore en avant ne trayray
en plait ne en autre manière de travcilx par moy ne par autre le conte devant
dit, ne aucun de se partie ne Monsieur le Roy n& sez hoirs, se le dite conté ara
venu à Monsieur le roy ou à sez hoirs, en ychelle manière que il est dit devant ;
en seur que tout cheste quictacion garder inviolablement, jurèrent ensement
Jehans et Simons mes fieus ; pour cheste quictacion adechertez donna a moy de
bone mémoire Philippes jadiz roy des Frans sages iiii<^ libr. parisiz; enseurque-
tout Monsieur li roys Loys pour cheste quictacion quicta à moy le rachat de l'es-
chaete de lamission de le dame d& Bretuel de le terre de Bretuel et dez aparté-
nanchez dichelle tant fiez comme demainez dou fief de monsieur le roy mouvans,
quant a monsieur le roy apartient se je ara vescu aprez le amission devant dite ;
que che tiengne fort à tousjours, je ay confermé cheste présente page de men
scel. Fait à Ghaumont, en lan de nostre Seignieur mil II» XXIII au mois de
novembre. »
* Bonneuil en Valois^ canton de Grépy, suivant M. L. Delisle ; Bonneuil le Plessis,
canton de Grévecœur, suivant Graves, Précis du canton de Breteuil^ p. 41.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 43
de Crespy, dont avec rassentiment de Philippe-Auguste, elle fit
presque immédiatement don aux religieuses du Parc-aux-Dames *.
Quel était l'objet de la cession ainsi faite au roi par les héri-
tiers de Thibaut, ou en d'autres termes de quoi se composait le
comté de Clermont ? Nous allons essayer de le déterminer sans
pouvoir cependant le faire d'une manière exacte ni complète, car
les documents nous manquent pour cette époque '.
Le comté de Clermont, comme les autres grands fiefs, compre-
nait deux sortes de biens territoriaux : les domaines dont le
comte possédait la seigneurie immédiate avec tous les droits do
justice, redevances et cens y attachés, les fiefs dont il n'avait
que la suzeraineté.
Dans la première catégorie nous rangerons :
Clermont, dont chaque masure devait aux termes de la charte
de 1197, un cens annuel de cinq sous. Le seigneur y percevait
en outre les droits de halage et tonlieux sur les denrées et mar-
chandises (boucherie, pain, sel, animaux, laine, pelleterie, toiles,
firiperie *) ainsi qu'un péage ou travers qui s'étendait jusqu'au
village d'Angy et aux villages environnants.
La Neuville le Comte ou en Hez. Les habitants de ce bourg
n'étaient assujettis par la charte de Raoul (1187) qu'au paye-
ment annuel de deux mines d'avoine, deux chapons et six de-
niers Beauvaisins.
Sur le territoire de la Neuville, comme sur celui de Cler-
mont, existaient quelques petits fiefs ou tenures nobles appar-
tenant à d'autres qu'au comte.
La forêt de Hez.
Celle de la Houssière, sur le territoire de Bailleul sur Thérain.
Creil, dont la charte d'affranchissement stipulait en faveur de
ses bourgeois les mêmes droits et redevances que celle de Cler-
mont.
Le travers de Creil.
La forêt de la Pommeraye.
* Mai 1218. Archives nationales, K 185, no 73 ; Catalogue des actes de Philippe-
Auguste, no» 1825 et 1826; coll. Moreau, t. CXXIV, fo 202.
* Le premier dénombrement complet du comté de Clermont, est celui de 1373,
dont nous avons l'intention de présenter à nos lecteurs le résumé dans la suite
de ce travail.
* Dénombrement de 1373.
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44 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS.
Le marché transporté de Creîl à Saînt-Leu d'Esserent^ con-
formément à la convention qui était intervenue en il75 entre
le comte Raoul et Tabbé de Gluny et qui attribuait aux moines
la moitié des produits.
L'avouerie de Saint-Leu d'Esserent qui consistait, aux termes
de la même convention, dans la possession d'un manoir, la
moitié de la justice du lieu, et une redevance de deux mines
d'avoine par feu^
Le bourg de Gournay-sur-Aron(te, que le comte Raoul avait
acquis par échange de la maison de Hangest et de Tabbaye de
Saint-Quentin de Beauvais, et aux habitants duquel il avait
concédé en 1165 l'exemption de toutes charges et impositions
au prix d'une redevance annuelle de quatre mines d'avoine et
de quatre chapons.
Des biens à Sacy-le-Grand et des cens à Mouchy-Saint-Éloi *.
Des droits de morte-main et de formariage perçus de compte
à demi avec l'abbé de Saint-Denis en divers lieux.
Les avoueries de Rozoy, de Beaupuits, de Rieux et de HaUoi ;
Rozoy et Beaupuits appartenaient à l'abbaye de Saint-Lucien,
Rieux et Halloi à celle de Saint-Germer.
Une redevance de soixante anguilles par an sur le domaine de
Thury-sous-Clermont due par l'abbaye de Corbie.
Le dénombrement de 1373 mentionne comme faisant encore
partie du comté de Clermont divers droits et redevances : entre
autres les travers de Nointel, de Baillenval, de Liancourt, de
Breuil, de Longuyane (ou Saînt-Martin-Longueau), les Pré-
vôtés de Breuil et de Giencourt, les tailles d'Agnets, de Cannette-
court et de Boisicourt, l'avouerie de Marceilles, mais nous ne
saurions dire si leur possession n'était pas le résultat d'acquisi-
tions postérieures.
L'administration des domaines, le recouvrement des cens et
taxes étaient confiés à des officiers seigneuriaux appelés Prévôts
et qui se trouvaient en même temps investis de fonctions judi-
1 Le marché fut rétabli à Creil par lettres patentes de novembre 1374.
* Accensement par Catherine, comtesse de Clermont, à Nivelon de Senlis, son
cousin, de vignes et d'une pièce de terre qu'elle avait à Mouchy-Saint-Éloi (coll.
Moreau, t. CXV, f« 56). Pour Sacy-le-Grand et les droits de champart et de
vinage, etc., qu'y possédaient les comtes. Voir Dom Grenier, t. XCVII, fo 38 ;
Mss. Fr. 4,663, n» 75 ; et de Lépiuois, Rediet'ches historiques, charte de Catherine
de 1209 en faveur de Saiut-Leu d'Esserent.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
45
cîaires. Il y avait un Prévôt à Clennont, un autre à Creil. Du
premier relevaient, entre autres, les mairies * d'Agnetz et de
Cannettecourt ; du second, celles de Montataire etdeCinqueux ;
Les comtes de Glermont jouissaient de la plupart des droits
régaliens ; il semblerait même qu'ils aient eu la prérogative de
battre monnaie. Nous ne connaissons pas, il est vrai, de pièces
frappées à leur effigie, mais nous verrons, en janvier 1320,
Philippe le Long acheter à Louis de Bourbon, moyennant quinze
mille livres de bons petits tournois, les droits que celui-ci avait
à cet égard comme comte de Clennont et sire de Bourbon.
Le Cartulaire de Philippe-Auguste nous a conservé la liste
des fiefs ou plutôt des feudataires relevant du comté de Gler-
mont en 1218. (Dom Grenier, t. LFV). Il y en avait 68 pour le
comté proprement dit, savoir :
Johannes de Conty.
Abbas de Hanges.
Rob. de Turnell.
Guido de Pratis.
Simon de Argenlieu.
Théob. de Gressonssart.
Florentins de Novavilla.
Guill. de Gressonssart.
Mag* W. Baillot.
Ansoldus Ronquerol.
Guido de Therotte.
Petrus de Monasteriis.
Petrus de Lys.
Simon de Dargies.
Hugo Gandavenne.
Gomes Sancti-Pauli.
Rad. Gandavenne.
Joh. Gandavenne.
Rem. Perone.
Simon Monachus.
Joh. Legleantier.
Joh. de Stratis.
Rem. de Gurcy.
Joh. Darion.
Girardus de Betz.
Prior de Longua Aqua.
Joh. de Remin.
Joh. de Villiers.
Joh. de Gurcy.
Math, de Feucheroliis.
Evrardus de Gharron.
Amoldus de Soisy.
Teob. de Giencuriâ.
Rem. de Britolio.
Joh. de Nointel.
Simon de Meoreno.
Aeliz de Buzencuria.
Ansoldus de Dargies.
Maria Gholette.
Joh. dePlesseïo.
Rogo de Premereio.
Odoard. de Gastaneo.
* La mairie au moyen âge constituait un office souvent héréditaire, dont le
titulaire était à la fois tenancier féodal, intendant et officier de justice chargé de
fuire les ajournements.
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46
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Thomas de Canis.
Gilo de Longua Aqua.
Fulco Drouin.
Galf. de Luat.
Emelina de Bulencourt.
Joh. de Luat.
Âmicia Boviler.
Joh. de Novavilla.
Ansoldus de Goongniëre.
Joh. de Goocurt.
Simon de Chivereis.
Rad. de Goongniëre.
Gilo d'Erquinvilliers.
Odo li Ardans.
Arnulfus de Quesnels.
Ansehnus Servions.
Rad. de Novavilla.
Odo de Stratis.
Joh. de Goesdun.
Rogo de Franscières.
Rog. d'Aivregny.
Joh. de Laumes.
Simon d'Espineiises.
Simon de Mainbeville.
Manasseus de Gornaïo.
Renaldus de Mesnilio.
La châtellenie de Creil comptait 21 fiefs dans sa mouvance.
Voici la nomenclature de leurs possesseurs d'après le même do-
cumenty ou plutôt d'après la copie que nous en fournit le
tome LFV de Dom Grenier :
Johannes de Cramoisy.
Amalricus de Vilers.
Petrus de Monte.
Radulphus Dannel.
Hugo de Curtoloco.
Odo de Summevilla.
Odo Mongnevillaris.
Theobaldus li Poz.
Renaldus Abbas.
Renaldus de Montatëre.
Helisent Cramoisy.
Guillemus de Pratis.
Odo de Chauferi.
Odo de Vallibus.
Bartholomeusde Silvanectis.
Bartholomeus de Soissiaco.
Petrus Choisel.
Philippus de Fayel.
Uxor Theobaldi Marescalli.
Odo RonqueroUes.
Johannes de Noermont.
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LE COMTÉ DB CLBRMONT £N BBAUVAISIS. 47
IL
Comtes apanagistes de la première race : Philippe Burepel; Mahaud
de Dammartin et Alphonse de Portugal; Jeanne et Gatccher de
Châtillon.
Réuni au domaine de la Couronne dans les conditions que
nous venons de dire *, le comté de Clermont en Beauvaisis
devait presque immédiatement en être détaché pour constituer
pendant plus de trois siècles Tapanage des puînés de la maison
de France. L'auteur de VArt de vérifier les Dates veut même que
dès Tannée 1218, c'est-à-dire précisément celle où l'acquisition
eut lieu, Philippe-Auguste l'ait transféré au fils issu de son
union avec Agnès de Méranie, Philippe, surnommé Hurepel ou
le héricé [hirsutus). Mais cette opinion nous paraît contredite
par des documents certains, desquels résulterait que le comté
serait au contraire demeuré aux mains et en la possession du
roi jusqu'à sa mort. Ce sont d'abord quatre chartes de Philippe-
Auguste. Par l'une de 1218, il fait don aux meseaux ou lépreux
de Creil de la dîme de son pain pendant tout le temps de son
séjour dans ledit château ou dans la chàtellenie (Ms. Fr. 4663,
n" x) ; par l'autre de 1220, il accorde aux religieux de Saint-
Denis le droit de défricher les bois qui leur appartenaient entre
Estrées et Cressonsart, et de tirer parti du sol au mieux de leurs
intérêts, sous la réserve toutefois qu'il n'y serait pas élevé de
forteresse et qu'aucune atteinte ne serait portée aux droits, re-
1 Cette réunion donna lieu, au point de vue du droit féodal et de son applica-
tion, à un incident qui mérite d'être relaté, car il fournit une preuve, à joindre
à tant d'autres, des tendances de Philippe-Auguste à mettre en toute circonstance
la royauté hors de page, voire même à son détriment actuel. Après la mort de
Thibaut, le comte de Beaumont qui relevait, pour la moitié de la ch&tellenie de
Luzarches, du comte de Clermont (lequel était lui-même vassal de ce chef de
Tévêque de Paris), se présenta au roi afii> de lui faire hommage à raison de son
acquisition nouvelle. Mais Philippe- Auguste lui dit qu'il ne voulait pas recevoir
cet hommage parce qu'il ne voulait pas être l'homme de l'évoque de Paris, et,
rompant ou plutôt raccourcissant la chaîne féodale, l'engagea à s'adresser direc-
tement au prélat. (Cartulaireiie Notre-Dame de Paris, tome I, p. 183.)
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48 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
devances et mortes-mains qu'il avait l'habitude de prélever dans
les villages d'Estrées, de Moyvillers et de Bailleul. (Collection
Moreau, t. CXXVIII.) La troisième, également en date de 1220,
concède à Tabbaye de Froidmont en toute propriété trois cent
cinquante arpents de bois et vingt-cinq arpents de friches dans
la forêt de Hez, autour du mont de Hermès, en échange des
droits d'usage que ladite abbaye tenait des comtes de Clermont.
(Ms. Fr. 4,663, n»' lx et lxiii ' et Louvet, éd. de 1614, p. S70.)
La dernière charte sans date, mais que M. L. Delisle, qui Ta
reproduite dans l'appendice de son catalogue p. 522, croit des
environs de 1220, est relative à la haute justice de Liancourt
que contestait le Chapitre de Beauvais.
Ainsi à. tout le moins jusqu'en 1220 Philippe-Auguste fit acte
de propriété et d'administration dans le comté de Clermont.
Des lettres de Philippe Hurepel nous permettent de conclure
qu'il en fut de même jusqu'à l'avènement de Louis VIII (14 juil-
let 1223). Ces lettres conservées aux archives nationales (J. 238,
n" 47) sont datées de Melun au mois de février 1223 (1224).
Philippe y déclare que son cher frère et seigneur Louis roi, en
considération de la donation que leur père Philippe lui a précé-
demment faite du comté de Mortain, de Domfront-en-Passais et
de la terre de Cotentin, estimés produire 8,000 livres parisis
de revenu ', lui a confirmé en pleine propriété pour lui et ses
héritiers à naître de l'épouse qui lui est fiancée * le comté de
Mortain et Domfront avec toutes leurs appartenances et dépen-
dances ; qu'en échange de la terre de Cotentin il lui a donné le
jcomié de Clermont et un quartier de Dammartin avec leurs
fiefs, domaines, bois et tenures en dépendant tels que le roi
1 L*acte qui se trouve également aux Archives nationales (P 1364 * c. 1334) fait
mention parmi ses signataires de Jean, abbé d'Ourscamp, parce que Froidmont
dépendait de ce monastère. L'abbé de Froidmont reconnut en outre qu'il ne pou-
vait vendre le bois qu'il avait dans la forêt de Hez avant que la vente du roi fût
finie. (Ms. Fr. 4663, n* LXI.)
* Par l'article 8 de son testament de l'année 1222, Philippe-Auguste avait légué
à son fils Philippe dix mille livres parisis de revenu. {Guillaume Le Breton.
Édition Guizot, tome II, p. 347.) Nous serions disposé à croire que l'acte de
février 1223 eut pour principal objet de régler ce qui était relatif à ce legs.
* Heredibus meis de uxore meà despomata. Ces expressions répétées jusqu'à six
fois dans la charte sembleraient indiquer que le mariage de Philippe et de
Mahaud de Dammartin n'était pas alors encore consommé.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 49
Philippe les avait légitimement achetés des héritiers directs ' ;
et qu'il lui a donné, en outre, le comté d'Aumale, la terre de
Calais, celle d'Alisy et celle de Lislebonne*, le tout devant être
tenu à hommage lige de la couronne aux us et coutumes soit
de Normandie, soit de France, avec la haute justice qu'on ap-
pelle plaid de Tépée {pladtum ensis)* De son côté, Philippe a
renoncé à la rente annuelle de 3,000 livres parisis qui lui était
payée sur le trésor; il consent, au cas où il mourrait sans hoirs,
que les biens qui viennent de lui être ainsi assignés fassent re-
tour au roi ou à ses successeurs.
Tous les feudistes ont considéré et signalé la clause insérée
dans les lettres de 1223 ' et qui stipulait le retour à la couronne
à défaut d'hoirs, terme général comprenant alors aussi bien les
filles que les fils, comme la première dérogation à l'ancien droit
qui reconnaissait aux enfants puînés de France la pleine et in-
commutable propriété des terres qui leur avaient été consti-
tuées en apanage. Elle inaugura le second état de la législation
sur la matière et son interprétation ne devait pas tarder à sou-
lever une grave contestation judiciaire que nous aurons à
relater.
Dans la charte qui vient d'être analysée, Philippe Hurepel
s'intitule comte de Boulogne. Cet important comté lui provenait
du chef de sa femme et la chronique d'André {Recueil des hisUh-
* C'est sans doute pour assurer l'acquisition de Clermont contre toute revendi-
cation ultérieure, que Louis VIII avait négocié trois mois auparavant (novembre
1223} avec Raoul de Clermont d'Ailly, l'acte confirmatif que nous avons reproduit
plus haut.
> En mai 1226, Louis VIII donna encore à son frère la seigneurie de La Morlaye.
(Ms. latin, 9778, p. 152.) Du reste, Mortain, Aumale, Calais, Lislebonne et peut-être
Domfiront étaient des domaines confisqués après la bataille de Bouvines, sur
Renaud de Dammartin, beau-père de Philippe Hurepel. Il ne s'agissait donc réel-
lement, en ce qui les concernait, que d'une restitution. Le roi s'était réservé la
garde et possession des forteresses de Mortain et de Lislebonne. Mais en décembre
1226, Louis IX rendit à son oncle Philippe ces deux forteresses à charge de foi et
hommage. Du Puy, Droits du Roi, p. 901 et D. Grenier, tome CLXVII, fo 337.
' Elle a été reproduite par Louis VIII dans son testament du mois de juin 1225,
article 5. « Nous voulons et ordonnons que la terre que tient de nous notre très-
cher et fidèle frère Philippe, comte de Boulogne, retourne à notre successeur roi
de France, si le dit comte de Boulogne meurt sans héritiers. » V. Chopin, Domaine
de France, livre XIV, titre XIV. Husson, Du Domaine de la couronne et des apanages
des enfants de France, Lefèvre de la Planche, Traité du Domaine, tome III,
chapitre m.
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50 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
rienSj t. XVIII, p. 578), nous apprend que ce fut en effet en
1223 qu'il alla personnellement eu prendre possession. Il avait
été fiancé dès sa plus tendre enfance à Mahaud, fille ainée
dlde, comtesse de Boulogne et de Mortain, et de son quatrième
mari Renaud, comte de Dammartin \ La part active prise par
celui-ci & la coalition féodale de 1214 n'avait pu que confirmer
davantage Philippe-Auguste dans le désir de replacer ainsi sous
sa dépendance et comme en sa main les nombreux domaines
des maisons de Boulogne et de Danmiartin, en même temps
que la captivité de leur possesseur et la confiscation, que sa
félonie lui avait fait encourir, assuraient la réalisation de ce
désir. Suivant VAri de vérifier les dateSy le mariage aurait eu
lieu en 1216, mais certaines des expressions que nous avons
relevées dans la charte ci-dessus nous sembleraient de nature à
faire penser que la célébration en aurait été postérieure de près
de sept années, ce qui servirait peut-être à expliquer pourquoi
on ne trouve pas antérieurement à. la date de 1223, ni dans les
duroniques ni dans les chartes, les titres de comte de Dam-
martin et de Boulogne attribués à Philippe.
Quoiqu'il en soit, du reste, M. Léopold Delisle a dressé par
ordre chronologique le catalogue des actes de ce prince, de
ladite année jusqu'en 1233 *, et nous emprunterons au travail
du savant auteur les mentions qui concernent le comté de Cler-
mont.
La première de mai 1225 est relative à l'accensement du
bois d'Ageu. Ce bois, situé entre le ruisseau de Longueaue et
rOise, appartenait par indivis au comte de Clermont et à Philippe
de Béthisy. Mais les habitants de Rieux, de Brenouille et du
Mesnil de Pont Sainte-Maxence y prétendaient des droits d'u-
sage. Les deux propriétaires s'entendirent pour leur en con-
céder le sol avec faculté de défrichement, moyennant un cens
annuel de 40 livres parisis et sous réserve de la justice, de la
^ Philippe Hurepel naquit en i200. Par acte du mois d'août de Tannée suivante,
Renaud et Ide s'engagèrent à lui donner en mariage leur fille aînée et héritière
Mahaud. Cette promesse fut renouvelée et les conditions du mariage fixées en
novembre 1209 et mai 1210. Catalogue des actes de Philippe-Auguste, n©» 674, 1178,
1217-1219.
« Recherches sur les comtes de Dammartin au xiii® siècle. Mémoires de la
Société des Antiquaires de France ^ année 1869.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 51
chasse de la grosse bête, ainsi que des lods et ventes et autres
droits dont la perception demeura confiée à un maire. Les con-
cessionnaires furent autorisés à instituer de leur côté un garde
ou sergent. (Coll. Baluze, t. CCCXC, n" 487.)
La môme année ou plutôt au commencement de la suivante
(janvier 1226 n. s.) Philippe fit un accord avec Tabbaye de
Saint-Denis pour des droits de roage et de justice qu'ils possé-
daient par indivis à Moyvillers, Estrées Saint-Denis et Bailleul-
le-Soc (coll. Moreau, t. CXXXVI); il devait quatre ans après, en
août 1230, abandonner à ladite abbaye la mouvance de plusieurs
fiefs nobles sis aux mêmes lieux, ne se réservant que l'hom-
mage lige de la maison forte et de la prévôté de la moyenne
justice à Estrées. {Ibid., t. CXLIIL)
Louis VIII était mort alors et Philippe Hurepel, après avoir
d'abord pris parti pour le jeune roi son neveu dans les troubles
qui signalèrent les débuts de la régence de Blanche de Castille,
n'avait pas tardé à se joindre à la ligue des barons révoltés et
dont, au témoignage de Joinville, il serait même devenu le chef.
Ce fut à cette époque qu'il se retira à Calais qui n'était encore
qu'un simple village du comté de Boulogne, et le fit fortifier \
Pendant ce temps les comtes de Flandre et de Champagne rava-
geaient ses domaines dans le nord de la France. En 1229 ou
1230 au plus tard il fit sa paix avec la régente et rentra en grâce,
n mourut aux environs du 18 janvier 1234 nouveau style,
non sans soupçon de poison. Il avait donné en 1232 le moulin
de Bekerel , sans doute près Warti , à Tabbaye de Froidmont
(Mss. latin 5471, p. 43). On trouve dans la Collection Moreau
deux chartes de Philippe et de Mahaut sa femme l'une (t. CXLV)
de décembre 1231 relative à un accord avec l'abbaye de Chaalis,
l'autre (t. CXLVII) de mai 1233 en faveur de l'abbaye de
Beaupré.
M. Douet d'Arcq a décrit dans son Inventaire géfiéral (t. I,
p. 435), le sceau de Philippe Hurepel. Il portait un écu fleurde-
lisé brisé d'un lambel, s'écartant ainsi, nous apprend le Réper-
toire universel de jurisprudence (v° nom), de l'usage ancien qui
avait fait prendre jusqu'alors aux puînés de la maison de Franco
* Du Pay, Droits du Roi, p. 735. V. coll. Moreau, tome CCCXCVI, l'acte du prêt
d'une somme de 8,000 livres fait par les bourgeois de Calais, en 1228, à Philippe
pour les fortifications de leur ville.
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52 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
non-seulement le nom, mais encore les armes des maisons où
ils avaient contracté alliance \
Suivant VArt de vérifier les dates, Philippe aurait laissé de son
union avec Mahaud de Dammartin deux enfants : Albéric, qui
aurait été comte de Dammartin et serait allé s'établir en Angle-
terre, et Jeanne, mariée à Gaucher de Ghatillon. Mais M. Léopold
Delisle nous semble avoir établi sans réplique que Texistence du
premier n'est rien moins que prouvée et que Jeanne seule sur-
vécut à son père.
Un si riche héritage aux mains d'une femme et d'un enfant
devait éveiUer bien des convoitises. Aussi dès l'hommage reçu
de Mahaud en janvier 1234 (Teulèt II, 259), Louis IX s'em-
pressa-t-il de lui faire prendre l'engagement de livrer à première
réquisition les forteresses de Boulogne et de Calais pour l'espace
de dix années {Ibid, , et Du Puy, p. 755) puis de ne pas se rema-
rier sans son consentement (février 1238, n. s., Teulet, II, 284).
Elle signait en même temps la même promesse en ce qui con-
cernait sa fille, et donnait pour pleige ou caution Hugues de
Ghatillon comte de Saint-Fol et de Blois {Ibid.y 281 et Dupuy,
p. 321). Ge fut avec le neveu de cet Hugues de Ghatillon fils de
Guy de Ghatillon comte de Saint-Fol et d'Agnès de Donzy *,
que Mahaud fiança sa fille Jeanne au mois de décembre de l'an-
née suivante 1236. L'âge trop peu avancé des futurs époux fit
retarder la célébration du mariage jusqu'en 1241 , d'après le
P. Anselme '.
« « Ce qui enhardit Philippe à ce faire, dit Loiseau, Des Ordres^ ch. vu, n*» 26,
ce fat qu^alors la maison de France commençait d'entrer en plus grande autorité,
comme Du Tillet a remarqué, à cause que le roi Philippe son père avait conquis
et réuni plusieurs duchés et comtés, à la faveur des voyages de la Terre-Sainte et
autres plusieurs bonnes occasions dont il s'était bien su prévaloir. »
' Guy de Ghatillon, frère de Hugues, était devenu comte de Saint-Pol en mai
1223 par cession temporaire de sa mère Elisabeth de Gamp-d'Avesnes, dernière
représentante de la branche afnée de cette illustre famille. {Catalogue des actes de
Philippe- Auguste, n® 2215.) 11 mourut en 1226 au siège d* Avignon; sa femme, Agnès
de Donzy, héritière des comtés de Nevers, Auxerre et Tonnerre, Tavait précédé
d'une année dans la tombe. Elisabeth, rentrée en possession du comté de Saint-
Pôl, le donna à son autre fils Hugues.
* Us étaient mariés en novembre 1242, puisqu'à cette date ils confirmèrent le
testament de la comtesse Mahaud. (L. Delisle, Recherches sur les comtes de Dam-
martin, p. 32.) En mars 1245 (1246, n. s.). Gaucher de Ghatillon délaissa au roi,
pour le rachat du relief que Jeanne, sa femme, devait à raison de son mariage,
la terre de Rémi, près Gompiègne, quMl possédait du chef de sa grand'mère Elisa-
beth de Gamp-d'Avesnes. (Gartulaire de Philippe-Auguste, fo 195, reproduit par
M. Bordier dans sa notice sur Philippe de Beaumanoir.)
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LE COMTÉ I>E GLERMONT EN BEAUVAISIS. 53
Par le contrat de décembre 1236, il avait été octroyé à la
comtesse Mahaud, dit Louvet {Anciennes remarques y p. 400),
qu'elle tiendrait toute sa vie les comtés de Clermont et d'Au-
male avec les seigneuries d'Alisy et de Lislebonne laissant
seulement à sa fille celle de Domfront *, quelques autres terres
provonues de son mari Philippe de France, et comme Jeanne
mourut sept ans avant sa mère, il résulte que celle-ci doit être
considérée comme ayant seule porté le titre de comtesse de
Clermont jusqu'à l'époque de la seconde réunion du comté à la
couronne *.
Voici la nomenclature des principaux actes de Mahaud qui
nous sont parvenus , relativement à l'administration de ce
comté, et que nous avons relevés pour la plupart dans le travail
de M. L. Delisle.
En 1234, elle confirme une donation faite à l'abbaye de
Froidmont par Arnaud de Borron ' , et en 1235 la vente d'une
terre sise à Courroi consentie à l'abbaye de Beaupré par Gervais
de MiUy. (Collection Moreau, t. CL, f 122 et t. CLI, f 91.) La
même année 1235, au mois de décembre, elle fonde dans l'hôpi-
tal de Creil une chapelle en Thonneur de sainte Anne et assigne
au chapelain chargé de la desservir une rente de 12 livres
parisis par an sur le travers de Creil (Mss. F. 4663, n* xiv) ; elle
donne à son chambellan une maison sise dans ladite ville. (Teu-
let, n, 304.) En décembre 1238, elle dote la chapelle Saint-
Arnoul de Clermont, d'une rente de blé sur son moulin de
Gouvieux. (Collection Moreau, t. CLV, f 84.) En avril 1239, elle
rachète, moyennant 120 livres parisis, à Jean de Boullancourt,
> En juillet 1246, Gaacher de ChatiUon s'eugagea à rendre au roi, quand il en
serait requis^ son château de Domft'ont. (Registre E de Philippe-Auguste,
f« 42.)
< Le contre-sceau de Mahaud de Dammartin, appendu à une charte de 1239, est
chargé de deux écus, Tun ayant la pointe en Tair semé de fleurs de lis avec un
lambel (armes de Philippe Hurepel), Tautre la pointe en bas fascé de six pièces
avec une bordure (armes de Dammartin). (Douet d'Arcq, I, 435.)
' En août 1244, Mahaud confirma encore de concert avec Alphonse de Portugal,
son second époux, à Tabbaye de Froidmont, la possession d*une masure sise à
Clermont. (Coll. Moreau, tome CLXVI, fo 107.) Une charte de la même collection
nous apprend qu'au mois de décembre précédent elle avait eu un différend avec
ladite abbaye et qu'elle avait pris pour arbitres Tabbé d'Ourscamp, Mathieu de
Trie et Robert de Cressonsacq. (T. CLXll, fo 17.)
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54 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS.
les droits d'usage qu'il possédait dans la forêt de Hez, du chef
de sa femme. (Archives nationales, P. 1369 *, c. 1757.)
Elle se trouvait alors sur le point de contracter un second ma-
riage avec Alphonse, frère du roi de Portugal* et neveu de la reine
Blanche par sa mère Urraque de Castille, et une inscription
commémorative de la dédicace de l'église de Cambronne-lès-
Clermont (Graves, Précis statistique du canton de Aiouj/j p. 48),
constate que ce mariage était célébré en décembre 1239. Les
deux époux conférèrent, au mois de juillet 1244, aux religieux
de l'ordre de la Trinité et des captifs, établis déjà depuis plu-
sieurs années au Bois Saint-Jean, paroisse de Warti, l'ancien
Hôtel-Dieu de Clermont situé dans la basse ville, sur le fief
Saint-André, sous condition d'y exercer à perpétuité l'hospita-
lité, et pour leur en assurer les moyens, leur accordèrent une
foire annuelle le jour de la fête de leur saint patron avec tous
les droits y attachés. (Mss. F. 4663, n*» LXXXV \) Au mois do
septembre suivant, ils dotèrent de 12 livres parisis de rente à
prendre sur leur prévôté de Dammartin le prieuré de Saint-
Thibaut, fondé en 1066 au lieu dit Saint-Remy près du village
de Rue Saint-Pierre, sur les confins de la forêt de Hez, et qu'ils
venaient de faire reconstruire ; ils en attribuèrent en même
temps le patronage à l'abbaye de Saint-Symphorien de Beau-
vais. (Louvet, Histoire du diocèse de Beauvais, t. II, p. 12.)
Cependant les Portugais s'étaient soulevés contre leur roi
Sanche II, frère d'Alphonse, et avaient sollicité celui-ci de venir
se mettre à leur tête (1246). De retour dans sa patrie Alphonse
ne tarda pas à ceindre la couronne et oubliant, suivant l'expres-
sion de Louvet, son mariage contracté en France prit une nou-
velle alliance dans la maison de Castille. L'épouse délaissée se
pourvut auprès du Saint-Siège ; le pape Alexandre IV , après
avoir vainement tenté de rappeler Alphonse au respect de la foi
jurée, le frappa d'excommunication, et ne consentit à l'en rele-
ver qu'après la mort de Mahaud.
1 Le sceau d'Alphonse de Portugal existe aux Archives nationales. Il est équestre
aux armes (mi-parti de châteaux et de fasces semé de fleurs de lis). Contre-
sceau : mi-parti semé de fleurs de lis et d'un fkscé de six pièces avec une bordure.
— Douet d*Aroq, I, 435.
■ V. Lettres conOrmatives de Tévéque de Beauvais , juin 1248. Ck)U. Moreau,
tome CLXIX, fo 29.
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LE COBITÉ DE CLERMONT EN BBAUVAÎSIS. 55
Celle-ci prolongea son existence jusqu'au mois de janvier
1259 nouveau style. De 1247 à 1252 elle semble s'être associée
sa fille Jeanne pour Tadministration du comté de Clermont. Du
moins on trouve la mère et la fille approuvant concurremment
en mai 1247, la concession viagère que la commune de Clermont
avait faite de la jauge de Clermont à Thomas de Boulogne. (Mss.
Fr. 4663, f" 116 et 20,082, f 553); donnant en mai 1249, à
Ëmmeline Camuse et à Pierre son mari, une masure^ sise à La
Neuville-le-Comte, près le monastère de Sainte-Marie, franche
et quitte de tous droits, sauf 2 deniers de cens à la Saint-Remy
(20,082, f 123); affranchissant en décembre 1251, et mettant
hors de fief au même lieu et moyennant le même cens annuel,
une masure avec grange en faveur de Pierre Achard, qui reçut
en outre le droit d'usage pour brûler et bâtir dans la forêt de
Hez. (Archives nationales, P 1362 *, c. 1046.) Au mois de
novembre 1251 elles avaient confirmé des donations faites au
prieuré de Wariville. (Collection Moreau, t. CLXXIII, f 17.)
Jeanne était veuve alors et depuis déjà un an. Son mari
Gaucher de Châtillon s'était croisé en 1246, et deux ans après il
avait accompagné le roi saint Louis dans l'expédition d'É-
gjrpte. « Moût bien se maintint outre mer et moût eust valu se
il eust vescu, » dit de lui Joinville, mais il fut tué après des
prodiges de valeur à la meurtrière journée de la Massoure. Il ne
laissait pas d'enfants et sa femme devait bientôt le suivre dans
la tombe K Le dernier acte d'elle, dont on ait connaissance, est
celui en date du 28 décembre 1251 par lequel, du consentement
de sa mère, elle modifia et accrut le droit de prendre du bois
dans la forêt de Hez, dont jouissait la Maison-Dieu de Saint-
* Il existe deux chartes de Gaucher de Châtillon et de sa femme concernant le
comté de Clermont. Par Tune de mars 1246 (1247)^ ils prient Tabbé de Saint-
Denis de recevoir Thommage de Simon de Villers pour un fief sis à Verderoune.
(Coll. Moreau, tome CLXV. fo 187). L'autre de !247 est relative à l'abbaye de
Royaumont. (Ms.. latin, 9,977, p. 81.) En novembre 1251, Jeanne confirma à
Mathieu de Trie le droit d'usage dans la forêt de Hez pour sa maison du Plessis-
Billebault. Dans cet acte, elle s'intitule « fille et hoir de noble homme Philippe,
de bonne mémoire jadis comte de Boulogne et de Clermont. n (Ms. Fr., 4,663,
fo 114.) Le contre-sceau de Jeanne (Douet d'Arcq. Inventaire n» 1785) appendu à
l'acte de 1245, porte deux écus : l'un ayant la pointe en l'air semé de fleurs de
lis avec un lambel de cinq pendants, l'autre la pointe eu bas chargé de trois pals
de vair avec un chef (armes de Gaucher de Châtillon).
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S6 LE COBfTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Jean-de-Beauvais. (Coll. Moreau, l. CLXXIII, f* 22.) En même
temps elle donnait au prieuré de Saint-Leu d*Esserent, dans
Féglise duquel elle avait choisi sa sépulture, tout ce qu'elle pos-
sédait au village de ce nom (Cartulaire de Saint-Leu, coll. Ba-
luze, t. XLVI, f* 78), et instituait sa mère héritière de la part
qui pouvait lui revenir dans les acquêts de Philippe Hurepel son
père \
La comtesse Mahaut survécut sept ans à sa fille. Le 2 no-
vembre 1255 elle confirmait des chartes de Tabbaye de Chaalis.
(Coll. Moreau. t. CLXXVI, f 233.) En mai 1257 elle approuvait
un accord conclu entre l'abbaye de Froidmont et les habitants
de la Neuville-en-Hez. {Ibid., t. CLXXIX, f 17.) Au mois de
septembre suivant elle donnait en fief et hommage à Jehan
Floiri et à ses hoirs la maison de Cantepie, sise à Clermont.
(Ms. Fr. 4,663, f 94.) Elle mourut le 14 janvier 1259.
A cette époque, si elle possédait encore le comté de Clermont,
ce n'était qu'à titre viager et précaire. La succession de Jeanne
de Boulogne avait, en effet, en ce qui concernait le comté, sou-
levé entre saint Louis, dès son retour en France, et ses frères
Charles, comte d'Anjou, et Alphonse, comte de Poitiers, une
contestation judiciaire que nous résumons ici d'après Choppin
{Du Domaine de la couronne, livre II, ch. xi), et Husson {Des
partages et apanages des Enfants de France, p. 42).
Le roi prétendait que la mort de Jeanne sans hoirs devait
entraîner la réversiop du comté à la couronne, à raison de son
caractère d'apanage. Mais Charles d'Anjou et Alphonse de Poi-
tiers contestaient cette doctrine. Ils soutenaient que la condition,
sous laquelle seule le retour avait été imposé par les lettres de
1223 et le testament de Louis VIII, avait failli, puisque Philippe,
loin d'être décédé sans hoirs, avait laissé une fille qui lui avait
succédé ; qu'il ne s'agissait pas de la succession de Tapanager
qui seul avait été chargé, mais de la succession de l'héritière de
celui-ci, jusqu'à laquelle la charge n'avait pas été étendue,
qu'ainsi le comté de Clermont étant libre dans la succession de
Jeanne, il devait appartenir aux héritiers qu'elle avait laissés
* Balaze, Hvttoire delà maison d'Anvei^gne, II, 101. Par le même testament elle
donna au curé de la Neuville, pour son anniversaire, l'usage du vert bois dans la
forêt de liez. (Louvet, t. I, p. 818.)
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 57
ab intestat du côté et ligne d'où le comté lui était échu; que
saint Louis IX et eux, étant cousins paternels de la défunte et
en égalité de degré, ils devaient y avoir chacun la portion que
la coutume de France leur donnait. Mais il fut jugé par le Par-
lement que, tel que pût être le successeur de Philippe, fils ou
petit-fils décédé sans hoirs, le seul défaut de descendants du
premier apanager faisait advenir la condition insérée dans les
lettres de 1223 et le testament de Louis VIII; et que saint
Louis IX reprenait le comté non comme parent et cousin de la
défunte, mais comme roi successeur à la couronne du testateur.
(Arrêt du mois de septembre 12S8 *.)
Lorsque la comtesse Mahaut mourut, le comté de Clermont
fit donc retour immédiat au domaine royal. Saint Louis, après
en avoir conservé plusieurs années l'administration directe, en
investit par son testament Robert, son quatrième fils, tige de
l'illustre maison de Bourbon, c'est ce que nous verrons dans le
paragraphe suivant.
* Bibliothèque nationale, Ms. F, Dupuy, 327, fo 59, et Martène, Amplissima col-
lectio, I, f» 1345. Un autre arrêt de la Toussaint 1267 adjugea au contraire contre
le roi aux héritiers de Mahaud, savoir Mathieu, comte de Dammartin, Guillaume
Baudoin et Michel de Fiennes, Enguerrand et Renaud de Picquigny, en vertu du
testament de Jeanne de Boulogne, les acquêts de la communauté de Philippe Hure-
pel, panni lesquels figuraient un arpent de vigne à Creil dans le clos du roi, une
maison, un cellier et un jardin édifié d'un colombier au môme lieu, le Bois de
Barthélémy et le Bois de FoucheroUes dans la forêt de Pommeraie, le Bois de
Pinnegay, le Bois de sire Odon de Chauffery, le Bois de sire Pierre de Lys situé
clans la forêt de Hcz, une partie de jardin sis contre les fossés du château à la
Neuville avec une cave dans ledit jardin. {Olirrii t. I, p, 261 .)
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58 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
m.
Savit Louis. — Les comtes apanagistes de la seconde race : Robert;
Louis /*'; Charles IV le Bel, comte de Clermont; Louis i"
rentre en possession du comté; Pierre 7*'.
1. Mis par Tarrêt de septembre 1238 en possession de Tînté-
gralité du comté de Clermont^ saint Louis le réunit au domaine
de la couronne. Clermont, Creil, la Neuville-en-Hez, Gournay-
sur-Aronde prirent de nouveau, comme au temps de Philippe-
Auguste, rang parmi les prévôtés royales *. Plusieurs années du
reste avant cette réunion, lorsque la mort de Jeanne de Bou-
logne sans enfants, ouvrant la succession au profit de ses colla-
téraux, n'eût laissé qu'à titre précaire ses propres aux mains de
Mahaud de Dammartin, on trouve le monarque intervenant déjà
dans l'administration du comté, auquel une tradition locale res-
pectable, que nous ne saurions passer ici sous silence, tendrait
même à le rattacher par les liens de la naissance *. C'est ainsi
qu'en mai 12SS il avait donné au maieur de Clermont* une
charretée de bois à prendre par semaine en la forêt de Hez (Ms.
Fr. 4,663, f 101), et qu'au mois de novembre suivant, conti-
nuant aux meseaux ou lépreux de la même ville les libéralités
des comtes Renaud et Raoul, il leur avait octroyé la dîme do
* Brussel, Usage général des fiefs, cap. xxxiii. De la recette des prévôtés qui
formèrent le domaine des rois de 1202 à 1300.
* L'opinion qui fait naître saint Louis au château de la Neuville-en-Hez, le
25 avril 1214 ou 1215, a donné lieu, dans le courant du xviiio siècle, à une longue
et vive controverse. Soutenue par Montfaucon et par Tabbé Lebœuf, elle s'appuie
des termes formels de lettres patentes de 1468, 1475 et 1601, portant exemption
de taille à ce titre en faveur des habitants de la Neuville. Elle a néanmoins ren-
contré de savants contradicteurs, entre autres un mattre en la matière, M. Natalis
de Wailly. Son mémoire, lu à rAcadémte des Inscriptions et Belles-Lettres et
publié en 1866 dans la Bibliothèque de tÉcole des Charles, résume et élucide la
question. Nous ne pouvons qu'y renvoyer le lecteur.
' Ce maieur n'était pas le chef de l'administration municipale instituée par la
charte de Louis de Blois de l'année 1197, mais l'officier féodal, chargé de l'admi-
nistration et de la police de la seigneurie. Voyez Ms. Fr. 4663, f» 34, l'aveu du
fief Messire Drieu Le Maire, comprenant dans le dénombrement des droits y
attachés « une cartée de bos chascune semaine en la forêt monsieur, ainsi qu'une
espaule de bœuf chascune semaine, puis le jour le saint Ernoul (11 août) dusqucs
à la saint Martin diver, scur les estaus de la boucherie de Clermont. »
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 59
son paîn pendant tout le temps de son séjour dans l'étendue de
la châtellenie {Ibid.y f 98 et Ms. Fr. 20,082, f S36.) En 1259,
il confirma au profit du curé de la Neuville et de ses successeurs
la donation faite par Jeanne de Boulogne de lusage du vert
bois dans la forêt à leur ardoir et à leur édifier (Louvet, t. I,
p. 818, Ms. Fr. 4,663, n** Lxxry), et au chapelain du château les
rentes constituées tant par la comtesse Catherine que par Phi-
lippe-Auguste et Philippe Hurepel, dont il assigna le paiement
sur le revenu de la prévôté de Clermont*. En mai 1261, il ratifia
la concession de l'usage du bois sec dans la forêt de Hez, que la
Maison>Dieu des pauvres de Saint-Jean-de-Beauvais tenait de
la bienfaisance de Jeanne de Boulogne, et y ajouta celui du bois
vert. (Ms. Fr. 4,663, n* Lxvn.) Deux ans après (mars 1263) il
approuvait la donation que Renaud de Warti, chantre deTéglise
Sainte-Marie de Senlis, venait de faire aux Trinitaires de Cler-
mont d'un manoir sis en la Gauchie de Warti, et renonçait, à
leur profit, à une rente de dix muids et demi d'avoine qu'il avait
sur ce manoir. {Ibid., n** xvn.)
Les registres des Olim nous fournissent (t. I, p. 78, 79, 192,
546 et 789) plusieurs arrêts concernant l'administration du
comté de Clermont. Il y en a deux de 1259 ; l'un règle un bor-
nage dans la forêt de Hez avec le prieur de Saint-Thibaut;
l'autre reconnaît aux habitants des Hayes, paroisse do Saint-
Maximin, leurs droits d'usage dans le bois seigneurial dit de
Brocia*. Les demandeurs avaient justifié de plus de quarante
ans de paisible possession. Les habitants de Creil n'ayant pu
produire la même preuve pour la forêt de la Pommeraie furent
déboutés à la Pentecôte 1264 de la faculté d'y faire du bois sec.
Le Parlement de la Chandeleur 1262 (1263) avait été appelé à
juger une contestation entre le bailli de Senlis et les bateliers
de l'Oise relativement au tarif applicable au passage du port de
Creil; il fut décidé que la taxe serait désormais perçue non
* Voir Ms. Fr., 4663, no xiv et 26,082, fo 559, la charte confirmative de Philippe
le Hardi (avril 12T7), donnant en outre audit chapelain de la Neuville deux pièces
de vigne assises au territoire de Thnry, lieu dit Castel-Thieiry.
s Ces droits n'appartenaient pas à titre purement gratuit aux habitants des
Hayes, car en échange ils acquittaient une redevance annuelle de 4 mines
d'avoine, 4 chapons et 2 deniers de cens par masure ; ils étaient en outre teuus
de charrier des pieux et des palis aux vignes du roi à Creil, ainsi que des clayon-
nages pour les fortifications du château.
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60 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
d'après le mode de construction du bateau, maïs d'après sa con-
tenance ; que les bateaux portant huit cuviers (dolia) de vin, ac-
quitteraient deux deniers, et ceux portant neuf tonneaux {tonellos)
et plus, quarante deniers. Ce fut encore à la Chandeleur 1269
(1270) une question d'eaux et forêts qui s'agita et fut résolue
contre les officiers royaux, lesquels, invoquant d'anciennes con-
ventions périmées, prétendaient interdire aux religieux de
Froidmont toute exploitation de bois qu'ils possédaient dans la
forêt de Hez, tant que l'adjudication des coupes domaniales ne
serait pas terminée.
Le comté de Clermont venait alors une fois de plus et pour
près de trois siècles de changer do condition. Au moment de
partir pour la croisade, où il devait trouver la fin et le couron-
nement de sa vie. Saint Louis avait voulu régler les apanages
de ses fils puînés.
Celui du sixième et dernier Robert fut l'objet de lettres
patentes du mois de mars, que nous rapporterons ici en leur
entier * :
« Loys, par la grâce de Dieu, roi des Frans y Nous faisons
chose cognue tant aux présents comme à venir, que nous à
Robert notre fil, et à ses hoirs de son corps , donnons et assi-
gnons ces choses qui dessoua sont dénotées après notre décès,
à tenir et possessier :
« C'est à scavoir notre chastel de Clermont, avec toutes ses
appartenances, la Neuville en Hès, la forest et les apparte-
nances d'icelle, Creelg avec toutes les appartenances, Sachy (le
grand) avec toutes ses appartenances et tout ce que nous avons
à Goumay sur Aronde, et quelcunques autres choses que nous
avons et possessons en la comté de Clermont en seur que tout. . .
et Méri avec les appartenances, fiefs et domaines, et quel-
cunques autres choses que nous avons illenc.
« Et toutes ces choses devant dites y cil Robert et si hoirs
tenront en fié et hommage lige de nous roi des Frans, et de ce
seront tenu rendre service dehuz à yceux; des choses toutes
voyes que li comte de Clermont ont tenu ou devront tenir des
évêques de Beauvais et de l'abbé de Saint-Dcnys, sont tenu tant
* Recueil des anciennes fois françaises ^ t. I, p. 353-354.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 61
ycîeux noire fieux, comme le hoir, faire hommage à Tévesque
et à Tabbé qui auront esté pour le temps. Adecertes cette dona-
tion et assignation nous faisons sans les dons, fiez et aumosnes,
données et ottroîées jusques oi oreslieux et terre devant dit, et
sauves donations et restitutions, si aucunes en avons fait ou
avons ordonnée estre fait à yceux, et sauf adecertes et tout le
droit d'autruy.
« Et si il aura avenu par aventure icelui nostre fil, ou Toir,
ou les hoirs morir sans hoirs de son corps, toutes les choses
devant dites retourneront franchement à nostre hoir ou succes-
seur, que pour le temps aura tenu le royaume. Que ce soit ferme
et estable et permanent à tous jours, nous avons fait garnir ces
lettres par l'impression de notre scel.
« Fait à Paris, Tan du seigneur 1269, au mois de mars. »
Ainsi Tapanage constitué à Robert de France était formé du
comté de Clermont, tel que Philippe-Auguste Tavait acquis des
héritiers de Thibaut de Blois, à Taddition près d'un ou plutôt
de deux domaines. En effet, indépendamment de la seigneurie
deMéry*, dont il est fait mention expresse, la donation com-
prenait certainement partie de la châtellenie de Remy ', qui fut
en 1303 la dot de Blanche, fille de Robert, lorsqu'elle épousa le
comte de Boulogne et d'Auvergne.
Parmi les clauses de l'acte de 1269, il convient de signaler
celle qui reproduisait en termes plus explicites les dispositions
des lettres de 1223 stipulant la réversion de l'apanage à la cou-
ronne à défaut d'hoirs, ainsi que celle qui avait trait à l'hom-
mage dû par le comte de Clermont tant à l'évêché de Beauvais
qu'à l'abbaye de Saint-Denis. Des conventions spéciales étaient
intervenues à cet égard entre le roi, l'évêquè Renaud de Nan-
teuil (Ghoppin, Du domaine de France , livre III, titre III), et
1 Méry, aujourd'hui canton de Maignelay, appartenait, en 1218, au domaine de la
couronne, puisqu'au mois de novembre de ladite année Philippe-Auguste donna
à Pierre Hennequin, de Méry, Tautorisation de construire un moulin à vent dans
l'étendue de son fief. L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste. Méry était
placé sous l'autorité du bailli de Vermandois (bail de 1282).
* Remy, ou du moins l'un de ses fiefs, avait été cédé en 1245, par Gaucher de
Châtillon, à la couronne, pour le droit de rachat qu'il devait à l'occasion de son
mariage avec Jeanne de Boulogne. Un autre fief, sis également à Remy , apparte-
nait à Amaury de Montfort, qui le vendit à Robert ; mais le sire de Clermont-Nesie
en opéra le retrait lignager. Voir à l'article de Louis IT, an 1392.
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62 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
l'abbé Mathieu de Vendosme. (Coll. Moreau, t. CLXXXII,
P 170.) Moyennant la réserve de leurs droits pour le cas où le
comté sortirait des mains du roi ou de celles de ses successeurs,
tous deux avaient consenti à ce qu'il fût affranchi jusque-là de
Tobligation de Thommage; ils avaient en outre fait remise à
la couronne des redevances et arrérages qui pouvaient leur
être dus à raison de tout manquement antérieur à cette obli-
gation.
2. Robert, comte de Clermont ' (1270-1318). C'était seule-
ment à la mort de Louis IX que Robert devait entrer en jouis-
sance de son apanage. On sait que cet événement ne tarda pas
à se réaliser. Le saint roi expira sur les plages d'Afrique le
25 août 1270. Agé seulement de 14 ans, — il était né en jan-
vier 1236, — Robert n'avait pas fait partie de la croisade. Il
semble que son état de minorité ait retardé quelque temps sa
prise de possession; du moins nous trouvons dans les Olim des
arrêts rendus en 1271 et 1272, desquels on pourrait conclure
que les officiers royaux continuaient encore à cette époque à
pourvoir à l'administration du comté. Le premier est relatif au
serment que les habitants de Clermont réclamaient du prévôt
du roi [de prœposito Domini régis ville ejusdem) au moment de
son entrée en charge, conformément aux termes de leur charte
de coutume. Ces termes étaient trop formels pour qu'ils n'ob-
tinssent pas gain de cause (t. I, p. 836). Il en fut différemment
pour l'exemption du service militaire que prétendaient les mêmes
habitants ainsi que ceux de la Neuville-en-Hez, Gournay-sur-
Aronde et Creil, en vertu de leurs privilèges municipaux. Le
Parlement jugea que l'amende imposée aux hommes qui, dû-
ment convoqués, manqueraient de se rendre à l'armée du roi,
n'avait pas le caractère de taille et ne rentrait pas dès lors dans
* Robert, comte de Clermont, comme Philippe Hurepel, son grand-oncle, con-
serva les armes de la maison de France, d'azur semé de fleurs de Us d'or, en les
chargeant d'une bande de gueules. Ses descendants firent de même. Suivant
Louvet, ce fut Louis If, qui à l'exemple du roi Charles V, son beau-frère, réduisit
à trois le nombre des fleurs de lis de son écusson. Le P. Anselme n'attribue ce
changement qu'à son fils Jean lo'. Les armoiries, qui décorent le Ms. 20,082,
donnent presque entièrement raison à l'opinion de ce dernier. Nous disons
presque entièrement, car en trois endroits dudit manuscrit, notamment au f<» 39
(déclaration de la prévôté de Clermont) nous avons trouvé l'écusson d'azur à
trois fleurs de lis d'or à la bande de gueules.
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LB COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 63
la catégorie des franchises concédées par les anciens comtes.
(Ibid.,^, 886 et 887.)
Ce fut en l'année 1272, suivant le P. Anselme, que Robert
contracta mariage avec Béatrix de Bourgogne*, dame de Bour-
bon, de Charolais et de Saint-Just en Champagne, fille unique
de Jean de Bourgogne, seigneur de Charolais et d'Agnès de
Bourbon*. Les noces se célébrèrent en grande pompe à Clermont
en Beauvaisis et pour cela ne fut tenu Parlement à la Pentecôte '.
Leur lignée devait illustrer à jamais le nom de Bourbon et trois .
siècles plus tard s'asseoir sur le trône de France.
La série des actes de Robert, relatifs à l'administration du
comté de Clermont, ne remonte pas au delà de 1280, c'est-à-dire
de l'époque où cette administration était confiée à Philippe de
Beaumanoir, qu'ont immortalisé ses Coutumes de Beauvaisis,
rédigées précisément alors qu'il exerçait les fonctions de bailli
de Clermont* (1279-1282). Ce fut lui qui, de concert avec Jean
< Les armes de Béatrix étaient» d'après le même auteur, aux 1 et 4 bandé d'or et
d'azur, à la bordure engrêlée de gueules, qui est Bourgogne ancien, aux 2 et 3 d*or
au lion de gueules à Torle de dix coquilles d'azur, qui est Bourbon ancien. D'après
La Mure (Histoire des comtes de Forez), elle n'aurait porté que Bourbon
ancien.
* Jean était fils putné d'Hugues IV, duc de Bourgogne, et d'Yolande de Dreux,
sa première femme. U mourut avant son père, dont la succession fut partagée en
1279. Ce partage, opéré sous l'autorité du roi de France, attribua à Béatrix les
cbâteanx du Charolais et divers fiefs, gardes et péages faisant partie des baronnie
et comté de CbÂlon. Agnès de Bourbon, seconde fille d'Archambaud X et d'Yo-
lande de Cbâtillon, sœur de Gaucher, avait eu en partage la sirerie de Bourbon,
tandis que sa sœur aînée, Mahaud, transmettait, les comtés de Nevers, d' Auxerre
et de Tonnerre aux trois filles issues de son union avec Eudes de Bourgogne.
Ayant perdu Jean, son premier mari (1265), Agnès épousa en 1277 Robert, comte
d'Artois, dont elle prétendit avantager les enfants du premier lit au détriment de
Béatrix. Mais une décision du roi (1281) maintint les droits de celle-ci. Voir Art
de vérifier les dates et Huillard-BréhoUes, Titres de la maison de Bourbon. C'est à
cette importante publication, faite sous les auspices de la Direction générale des
Archives, que nous emprunterons désormais la plupart de nos documents.
* Le traité de mariage de Robert de Clermont et de Béatrix de Bourbon, fut
confirmé en juillet 1276 par Philippe III, qui l'année suivante (décembre 1277)
dota son frère d'une rente viagère de 4,000 livres (Huillard-BréhoUes et Ms. Fr.
4663, no xxiii).
* Sur Philippe de Beaumanoir, voyez Les Coutumes de Beauvaisis, édition de
M. le comte Beugnot, introduction, et une très-curieuse notice, publiée par
M. Bordier, dans le tome VII des Mémoires de la Société Académique de VOise,
lequel contient ses comptes comme bailli de Clermont. En juin 1282, Amaury de
Montfort, chanoine de Rouen, inféoda à Philippe de Beaumanoir diverses terres
situées à Remy et ailleurs que celui-ci n'avait tenues jusque-là qu'en censive.
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64 LB COMTÉ DE CL£RMONT EN BEAUVAISIS.
bailli de Maulers, régla les conditions d'un échange important,
intervenu au mois d'août 1281 entre le comte et Fabbaye de
Saint-Lucien de Beauvais. Aux termes de cet échange, le pre-
mier devint propriétaire du manoir et de tout ce que Tabbaye
possédait en terres, droits de justice et autres à Sacy-le-Grand,
ainsi que du bois de Saint-Lucien, attenant à la forêt de Hez;
il avait cédé, de son côté, aux religieux trente-deux livrées de
terre et cent vingt-sept arpents tant de bois que de friés ; il avait
Robert, comte de Glermont, confirma cette inféodation par acte de janvier 1284.
(M s. Fr. 4663, f» 109.) Nous placerons ici la liste des actes de Robert qui ne nous
ont pas paru devoir figurer dans le texte. Tous, à quatre exceptions près, que nous
indiquerons, sont empruntés au Ms. Fr. 4^663. — Juillet 1280, charte relative aux
cartées de bûches, que le chapelain de Creil avait le droit de prendre chaque
> ^/V^ année en la forêt de Pommeraie. --J282i^vrjl^ Jugement rendu par Beaumanoir
'.cUa, ).i7^j^uC gj^ faveur du prieuré de Breuil le Vert contre la corporation des fripiers de Cler-
JijY' J'/iiilffL. ro mont au sujet des droits à percevoir sur les étaus à la foire de Breuil (D. Gre-
' I J_4J[.- ~ j^.^^^ ^ CCLVI, fo 351). — 1282, juin. Actes par lesquels Robert donne à cens :
^^i h\ i'^i Ja *° ^ Guillaume, dit de Biauvcz, une maison sise à Clermont, devant la porte des
~"'' T '^ mbines de Froimont; — 2<» et à Arnaud de la Fourmeterie une autre maison en
} u
la même ville. — 1282, novembre. Bail perpétuel de diverses pièces de terre sises
au territoire de Méry à Pierre le Châtelain (Huillard-Bréholles, n» 718). — 1282.
Acte par lequel Jean, dit MaiUier, reconnaît tenir de Robert, comte de Clermont,
trois pièces de terre a siâes au terroir de Villeneuve-en-Hez entre le senstier qui
va au boz de Fayel et le voy de Ulm Gilbert qui tent à Bury ; » affirmant de plus
que le couvent de Saint-Germer de Flay a droit à la moitié de la récolte. — 1283,
juillet. Acte par lequel Robert accorde à Jean de Escanteilli la permission d'éta-
blir un bac pour Tusage de sa maison sur TQise à Laverchines, moyennant une
redevance annuelle et perpétuelle de XII deniers parisis. — 1283, juillet. Actes
donnant à cens à Amauri de la Fourmeterie, sergeant de Clermont, une place
sise audit Clermont et a une vigne assise de lez le pressouer de Clermont près la
cauchie de Bequerel. » — 1283, août. Actes donnant à cens : !<> à Simon de Cres-
sonsart, une maison sise à Clermont ; 2o à Enguerrand, dit le Barbier, une pièce
de vigne, assise près de la ville de Clermont, au lieu qui est dit Lez Martiaus. —
1283, février. Acte par lequel Robert, comte de Clermont, amortit dix muids de
vin et deux arpents de terre et demi assis en le cauchie de Bequerel, et autorise
rétablissement d'une chapelle en l'église de Clermont. — 1284, juillet. Acte par
lequel Robert donne à cens à Hugues de Gisors, son charpentier, « li mes hay-
meci de la valée, entre le chemin par lequel on va don mont Saint -Vincent à
Torcequeville d'une part et entre Rogy d'autre. » — 1284, février. Acte par lequel
Robert donne à Thibaut de Fouleuzes, chevalier, à cause de loyal service, en foi
et hommage-lige, le bois qu'il possède à Breuil-le-Sec, appelé boy de Gaaingni.
— 1285, mai. Acte donnant à cens à Thomas, dit le Coc de Creil, « une terre qui
est appelée communément Larris dou conte, assise de les le boue du comte de
Dampmartin de lez Creilg, boutant sur le quemin par lequel on va de Creil à
Paris. » — 1286, novembre. Acte donnant à cens à Pierre Choisel « un arpent de
masure au Plessie, assis entre le crois et la ville dou Plessie tenant au chemin
par lequel on va dou Plessie à Creilg. » — 1287. Acte par lequel Robert, comte
de Clermont, permet à Jean, dit Chalemel, « de édifier et faire un moulin eu
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 65
consenti, on outre, que la terre de Fieuz, qui était dans la mou-
vance de Clermont, en fût distraite et désormais rattachée au
ressort de la prévôté royale de Montdidier. (D. Grenier,
t. CCLXII, f 42 et Ms. Fr. 4,663, f 105). Le même désir d'a-
grandir, d'agglomérer son domaine seigneurial de Sacy devait
faire conclure à Robert, en mai 1284, un nouvel échange avec
Mathieu de la Tournelle. (Ms. Fr. 4,663, f 110 et Huillard-
BréhoUes, n" 741.)
Ladite année 1281 le Parlement eut à juger à la Saint-Martin
une contestation entre les préposés du comte et le couvent de
Royaumont relativement au péage de Creil. Les religieux pré-
tendaient une exemption totale de la taxe pour le transport par
eau des marchandises et denrées achetées pour leur usage. Rs
obtinrent de ne payer que le droit afférent aux bateaux vides,
abstraction faite du contenu, à moins que la destination de ce
contenu ne fût commerciale. {Olim, t. II, p, 195.)
Un des moyens les plus fructueusement mis en œuvre par la
royauté pour étendre le cercle de son action fut l'octroi aux
couvents et monastères de lettres de sauvegarde, à l'aide des-
quelles ceux-ci parvenaient à se soustraire plus ou moins com-
plètement aux obligations et à la suzeraineté féodales. En 1283,
les moines d'Ourscamp, alléguant que tous leurs biens avaient
été placés par Philippe- Auguste sous la protection royale *, dé-
nièrent au comte de Clermont tout droit de justice sur leur
grange de Wamaviller, paroisse de Rouvillers, doyenné de
Ressons. Mais un arrêt de la cour du roi du mois de mars
son estanc de Saumont, qui est dit estanc dou Perroy. » — 1290. Acte par lequel
Robert accorde à Geoffroy Aquillon III sous parisis de gage à prendre sur le tra-
yers de Creil. — 1303, novembre. Concession à Tabbaye de Ressons d'une charge
de bois mort par jour, pendant les six mois d'hiver, dans la forêt de Hez. (CoU.
Moreau, t. CCXVII, fo 241.) •— 1309, mars. Don par Robert de cens et héritages
sis à Canesteconrt, à Guillaume de Loisy, son chambellan, et à ses hoirs pour les
bons et loyals services qu'il a faits et fait de jour en jour à I.oys son fils aîné. —
A une époque indéterminée, Robert accorda aux Trinitaires de Clermont le droit
de prendre chaque semaine, depuis le dimanche le plus proche de saint Amoul
(H août), jusqu'au dimanche le plus proche de saint Martin d'hiver, une épaule
de bœuf aux boucheries de la ville. (Graves, Précis statistique, p. 93.)
* 1190, juin. Philippe-Auguste prend sous sa protection les abbayes d'Ourscamp
au diocèse de Noyon, de Froidmont, Beaupré et Lannoy au diocèse de Beau vais,
et de Chaalis au diocèse de Senlis. L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-
Auguste. Ces privilèges furent renouvelés par le même monarque en 1221 et
étendus à toutes les maisons religieuses de l'ordre de Citeaux. Ibidem,
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66 LB COMTi DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
décida que cette grange devait continuer à être considérée
comme placé sous la garde du comte. H en advint de même en
1285, où une déclaration de Mathieu, abbé de Saint-Denis et de
Simon sire de Nesles, lieutenants du roi de France, maintint à
Robert, en vertu de son comté, droit de supériorité, de justice et
de garde sur le prieuré de Cressonsart, nonobstant les préten-
tions contraires du prieur dudit lieu ainsi que du couvent de
Saint-Martin-des-Champs dont il dépendait. (Huillard-BréhoUes,
Ti**726 et 771.) Ces deux précédents favorables ne furent pas
sans contredit, sans déterminer, dans une certaine mesure,
l'entreprise que nombre d'années après les officiers du comte
dirigèrent contre les droits de haute et de basse justice, que
Fabbaye de Saint-Denis possédait sur le territoire de ses deux
granges ou fermes d'Erreuses et des Loges, paroisse deBailleul-
le-Soc, doyenné de Pont, Toutefois Tenquête ayant établi que
les religieux exerçaient ces droits de tout temps, le Parlement
de la Chandeleur 1312 (a. s.) leur en confirma la saisine. {Olim,
t. IV, f^ 228.)
Robert existait alors encore, mais il n'était plus comte de
Clermont que de nom. Dès 1279, dans un tournoi, il avait reçu
de telles contusions que son corps et son esprit s'en ressen-
tirent toute sa vie *. Aussi, lorsqu'il vint à perdre sa femme
(1*' octobre 1310), délaissa-t-il à son fils aine Louis la sirerie de
Bourbon et peu après lui fit-il également abandon de l'adminis-
tration du comté de Clermont *. La cession n'avait pas eu tou-
tefois lieu à titre gratuit. Louis s'était engagé à payer toutes
les dettes contractées par son père et à lui faire une pension
annuelle de 4,000 livres tournois pour les dépenses de son
hôtel. (Huillard-BréhoUes, n** 1387 et 1388.)
^Désormeaux, Histoire de la maison de Bourbon, i 772-1788, 4 vol. in-4«.Voir aussi
Bistoire des comtes de Forez^ ducs de Bourbon, par La Mure et de Chantelauze.
Par lettres da 28 janvier 1306, le pape Clément V releva pour cause de maladie le
comte Robert du vœu qu'il avait fait de passer en Terre-Sainte, à condition
toutefois qu'il payerait 10,000 livres de bonne monnaie à ceux qui y passeraient
à sa place. (Huillard-Bréholles, n«» 1169.)
* 1314, janvier. Louis X, sur Tattestation de Tévêque de Cbftlons, de Louis,
comte d'Évreux, son oncle, d'Enguerrand, sire de Marigny et de Pierre, seigneur
de Chambly, ses chevaliers et chambellans, reçoit en sa foi et hommage, pour le
comté de Clermont, son cousin Louis, comte de Clermont, en faveur duquel
Robert s'en était dessaisi du vivant du roi Philippe IV. (Huillard-Bréholles,
no 1379.)
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 67
Retiré dans la maison des Bonshommes du Bois de Yin-
cennes, qu'il embellit*, Robert y passa les dernières années de
sa vie; il mourut le 7 février 1317 (a. s.) ayant fait son testa-
ment le 6 décembre précédent. Comme il avait déjà transféré
ses biens-fonds à son fils aîné, ce testament n'avait pour objet
que des legs pieux. Il ordonnait la construction d'une chapelle
dans l'église de Clermont, avec un autel, où un prêtre, doté de
16 livrées de rente au parisis sur la prévôté, dirait chaque jour
la messe pour le repos de l'âme du testateiu*. Cent livres tour-
nois étaient affectées à ces travaux, pour lesquels tout le bois
nécessaire devait être pris dans la forêt de Hez. Cent sous par
an à toucher sur la prévôté étaient attribués aux chanoines, vi-
caires et clercs de la même église et dix sous parisis aux frères
Trinitaires pour la célébration d'un anniversaire perpétuel. La
Maison-Dieu de Clermont était dotée d'une rente annuelle de
seize sous. ACreil également les chanoines, vicaires et clercs de
l'église du châtel devaient recevoir une rente de 50 sous pour
un anniversaire, et un chapelain était institué avec les mêmes
obligations et le même traitement qu'à Clermont.
De son union avec Agnès de Bourbon Robert eut six enfants,
savoir :
A. Louis I", dont nous parlerons plus loin;
B. Jean, auquel une décision arbitrale de Philippe le Bel, rati-
fiée le 12 février 1315 (n, s.) par Louis X, attribua pour sa part
d'héritage la baronnie de Charolais, la terre de Saint-Just, en
Champagne, et miUe livrées de terres assises au comté de Cler-
mont sur les seigneuries de Sacy et de Mery, d'après le dénom-
brement de 1373. (Huillard-Bréholles, n"" 1,383.) De Jeanne dame
d'Argies et de Catheux, déjà veuve (1306) d'Hugues de Nesle
comte de Soissons, et qui se remaria à Hugues de Châtillon,
seigneur de Leuze, il laissa deux filles : Béatrix, femme (1327)
de Jean P% comte d'Armagnac, et Jeanne, qui épousa (1351)
Jean I" de la Tour, comte d'Auvergne et de Boulogne 5
^ Janvier 1315 (n. e.). Louis X, considérant que Robert son oncle a^ demeuré
longtemps à la maison des Bonshommes du bois de Vincennes et y a fait de
grandes réparations, accorde à Louis de Clermont et à ses héritiers, à perpétuité,
le droit de demeurer dans ladite maison. Ce môme droit fut simultanément
reconnu à Louis pai' le prieur et le couvent de Grandmont. (Huillard-BréhoUes,
no» 1380 et 1393.)
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68 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
C. Pierre, grand archidiacre de Téglise cathédrale de Paris,
vivant encore en 1330;
D. Blanche, première femme (2Ï5 juin 1303-1312) de Ro-
bert VII, comte d'Auvergne et de Boulogne, auquel elle porta
en dot la chàtellenie de Remy ou Remin en Beauvaisis ;
E. Marie, qui prit Thabit de Saint-Dominique, en 1299, au
monastère de Montargis, fut transférée en 1304 au couvent
nouvellement fondé par Philippe le Bel à Poissy, y fut élue
prieure en 1330, se démit de ces fonctions en 1344 par suite de
cécité, et mourut le 17 mai 1372 à Tàge de 87 ans, après 73 ans
de religion * ;
F. Et Marguerite, première femme (1307-1809) de Jean de
Flandre, comte de Namur. Pour remplir ses dernières volontés,
son frère Louis assigna en 1316 à Fabbaye de Froidmont, à
charge de célébrer chaque jour une messe pour le repos de son
&me, une rente annuelle de 25 livres tournois sur la halle de
Clermont. (Huillard-Bréholles, n^ 1,430.)
Des documents contemporains de Robert permettent de déter-
miner quels étaient de son temps le ressort et l'importance du
comté de Clermont. Ce sont d'abord les Comptes de Beaumojioir,
dont quatre sont augourd'hui conservés à la Bibliothèque natio-
nale {Mélanges de Clérembauiy t. IX) *. Ils constatent que le comté
comprenait alors sept prévôtés : Clermont, Creil, Sacy-le-Grand,
La Neuville-en-Hez, Remy, Goumay et Méry.
C'est ensuite et surtout un très-curieux état inséré dans le
Mss Fr. 4663 (f • 63 et 64) sous le titre de « coppie d'un ancien
roulle ou quel estaient escripts les villes de la conté de Cler-
mont (1303). » Il s'agit, de la répartition sur ces localités, d'une
aide imposée par Philippe le Bel, à tous les habitants taillables
du royaume, pour la guerre de Flandre '. En reproduisant les
cent soixante-cinq noms de cette liste ^, nous avons cherché à
• Sur cette Marie de Clermont, voyez D. Grenier, t. LIV.
* Comptes de la Chandeleur et de TAscension 1280 et 1281. Ils ont été publiés
par M. Bordier dans le tome VII des Mémoires de la Société Académique de
l'Oise^ ~'ï''T) _,«,'■ •'■'.,■• -- ' .7(!i\
s Les villes ou paroisses du cointé de Clermont furent taxées à 3,335 livres 15
sols 3 deniers pour l'entretien de 559 sergents.
^ Elle a été déjà reproduite par M. Bordier dans sa notice sur Beaumanoir et
par M. Cocheris. Catalogue des Manuscrits sur la Picardie.
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LB^ eOMTÊ DE CXERMONT EN BEAUVAISIS.
69
déterminer aussi complètement qu'il nous a été possible, le
doyenné, auquel appartenaient avant 1789, ainsi que le canton,
dont font aujourd'hui partie les localités qu'ils désignent :
Clermont.
Anet (Agnets), Boulencourt, Pay, Bé-
thencourt, RoiMiuerolles, Ramécourt,
hameaux.
Warty (Fit^ames), Berône, hameau.
Bmieulg-le-Sec.
Noiotel.
Villers-les-Castenoy.
Brueulg-le-Vert , Guencourt et Rote-
leu, hameaux.
Ranteny (Rantigny), Uny, hameau.
Sailleville, hameau de LaigaevlUe.
€anet (tecourt?) , hameau de Breuil-
le-Vert.
NuUy (Neûilly.)
Camberonii.e, Vaux etArs, hameaux.
Auvillers, hameau de Neuilly.
Ansat.
Bstoy (Etouy.)
Houdainville.
Toiry (Thury).
€auffi*y et Aussoutraines, hameau.
Hardencourt, hameau de Rozoy.
Senécourt, hameau de Bailleval.
Béthencourt-Saint-Nicolas^ hameau de
Bailleval.
Havrechy, Le Mez et Buisencourt,
hameaux.
Lieuyiller.
GhatiUon^
Fumechon.
RivecQurt.
Saint-Rimolt-Essuilet.
RouviUers.
Bertecourt..
Lamecourt.
Saint - Remy - sut - Bresche , hameau
d^Agnets..
Thieux.
Wavegnies.
Cu^niôres.
Buicourt.
Arsis.
FouUeuses.
Semoy.
Cressonsact.
Hômévillers.
Franciôres.
Arion.
Bliûcourt.
DOYENNÉ.
Clermont.
Id.
Pont.
Id.
Id.
Id.
Clermont.
Id.
M.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Breteuil.
Clermont.
Id.
Id.
Font.
Id.
Id.
là.
Breteuit.
Id.
Id.
Pont.
Mouchy.
Ressens.
Mouchy.
Pont.
Clermont-
Breteuil.
Id.
Pont.
Montagne.
Pont.
Id.
Id.
Ressens.
Id.
Coudun.
Pont.
Id.
CANTON.
Clermont.
Id.
Id.
Id.
Liancourt.
. Id.
Clermont.
Liancourt.
Liancourt.
Clermont.
Mouy.
Id.
Id.
Id.
Clermont.
Mouy.
Id.
Liancourt.
Id.
Id.
Id.
Clermont.
Saint-Just.
Id.
Id.
EstréesS-Denis.
Saint- Just.
Id.
Noailles.
Clermont.
Clermont.
Froissy.
Saint-Just.
Id.
Songeons.
EstréesS-Denis.
Clermont.
Saint-Just.
Id.
Estrées S -Denis
Id.
Clermont.
Id.
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70
LE COBfTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Lesglantier»
Fournival.
Valescotirt.
Mainbeville.
Le Plessis-Saint-Aubin.
Cressy, Rueilg, hameaux ti'Aîrion.
Erquinvillier, hameau de Cuiguiôres.
Boutenangle, hameau de SaîHt-R^ny-
en-rEau.
Nouroy.
Angiviller.
Espiueuses.
Trois-Estos, hameau de Cettioy.
Remecourt.
Louviaucourt,^hameau de BaillevaU
Avregny.
Hermelacourt.
Jaux.
Saintr-Remy-à-rEau,
Bulles.
Le Plessier^sur-Bulles-
Le Mesnil.
Le Quesnel-isuivBulles.
La Nueville.
FresmoQt, hauieau de BaîUôul - sur-
Thératn.
Harmes.
Bailleulg-Bur-Thérin.
Viller8-Saiut-Sépulchre,Hez, hameau.
Fay-Oultre-le-BoS, hameau de Saint-
Félix.
Fay-Saiut-^uentiki.
Mellemout, hameau de Warluis.
Rochjr, Condé, hameau.
Caigni (Grillon.)
Rômérangle.
Cilly, Tillart, hamei^u.
Rieux vers Champuis, hameau du Ha-
mel.
Sachi-le-Grant.
Betencourt«les-Ro%ay, hameau de Bail-
levaL
Remin.
Gournay.
Amplanques^Aussoutraines.
Moienneville.
Môry,
Milly.
Saint-Omer, ViUepois, hameau.
Marceilles.
Auohi, hameau de Villers-sur-Auchy.
Hanaohes.
Martincourt.
Lanleu, hameau de Ville-en-Bray.
Hanvoiles.
Vraencourt.
DOtSNNÂ.
OANtON.
Ressoûd«
Malgnelay.
BreteuiL
Samt-Just.
U.
Id.
Pont.
Clermont.
Id,
Id.
Id,
Id.
Id.
Saint-Just.
Breteûil.
Id.
Id.
Id.
Ressens.
Id.
Pont.
Clermont.
Ressens.
Saint-Just.
Pont.
Clermont.
Id.
Liancourt.
Id.
Clermont.
Coudun.
Estrées S*-Denis
Id.
Compiôgne.
Breteûil.
Saint-Just.
Id.
Clermont,
Id.
Saint-Just,
Id.
Id.
Id.
Froîssy.
Clennont.
Clermont.
Mouchy.
Nivillers.
Id.
Noailleô.
Id.
Nivillers.
Id,
NoaiUes.
Clermont.
Mouy.
Mouchy.
Nivillers,
Id.
NoaiUes.
Id.
Nivillois.
Montagne,
Songeons.
Breteûil.
Clermont.
Mouchy.
NoaiUes.
Montagne.
GrandvilUers,
Pont.
Liancourt.
Id.
Id.
Estrées S -Denis
Coudun.
Ressens.
Ressens.
?
?
Saint-Just.
Ressens.
Id.
Maignelay,
Montagne.
Marseille,
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Songeons,
Bray.
Id.
Montagne.
Id.
Bray.
Id.
Id
Id.
Montagne.
Id.
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LE COMTÉ DR CLERUONT EN BEADVAISIS.
71
Hodaat (en Bray.)
Bray.
Le Coudray.
Glatigny.
Id.
Songeons.
Canny.
Montagne.
Formerie.
Espaux, hameau d*Oméoourt.
Id.
Id.
Ainnecourt, hameau d'Hécourt.
Bray.
Songeons.
0ns en Bray^
Id.
Auvenil.
Villep»-8ur-Barthélemy-les-Sau.
Mouchy.
Id.
Saint-AubiMes-Ons.
Bray.
Le Coudray.
Cuideville (Oandeville) et Cau deRalnne
(Courroy), hameaux de Milly.
Montagne.
MarseUle.
Harchies.
Bray.
Beauvais.
Conty.
Conty (Somme).
Conty.
Contres.
Id.
Id.
Fresnemoutiers.
Id.
Id.
Conteilles.
Id.
Id.
Champuîs.
Grandvilliers.
Grandvilliers.
La Vermère»
Id.
Id.
Le HameL
Montagne.
Id.
Moujssures.
Conty.
Conty.
Id
Lusiers, hameau de Conty.
Id.
Tilloy.
Id.
Id.
Le BosqueL
Id.
Id.
Belleuses.
Id.
Id
Le Sauchoi sur Poix.
Id.
Poix (Somme).
Flory-les-Coucy.
Id.
Conty.
C ourcelles-Rubecourt.
Grandvilliers.
Id.
Sommereux-Marend heuiL
Id.
Grandvilliers.
Creilg.
Clermont.
Creil.
Vaus, hameau de CreiL
Id.
Id.
Montatôre.
Id.
Id.
Saint-Leu.
Id.
Id.
Pressy.
Beaumont.
Id.
Blaincourt.
Id.
Id.
Cramoisy.
Clermont.
Id.
Longueau, hameau de Saint-Martin.
Pont.
Liancourt.
Basincoupt.
Id.
Id.
Chiveriôres.
Id.
Estrées S -Denis
Moigneville, Moignevillette , hameau.
Id.
Liancourt.
Saint-Queu.
Id.
Id.
Rieu.
Id.
Id.
Villers-Saint-Pol.
Clermont.
CreiL
Angicourt.
Poat.
Liancourt.
Eques (Esches.)
Beaumont.
Méru.
Soisi (Choisy.)
Pont.
Clermont.
La Mollaie.
î
î
Laigne ville.
Clermont.
Liancourt.
La Malassise, hameau d'Apremont.
Id.
Creil.
DOYENNE.
CANTON.
Si Ton résume les indications fournies par la liste qui pré-
cède, on trouve que les cent soixante-cinq villages et lieux
habités, placés en 1303 dans le ressort du comté de Clermont,
appartenaient à onze doyennés ecclésiastiques, entre lesquels
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72 LB COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS.
ils se répartissaient de la manière suivante ^ : Clermont, 35 ;
Pont, 39; Breteuil, 16; Mouchy, 15; Montagne, 15; Bray, 9;
Ressens, 9; Coudun, 4; Beaumont, 3; Conty, 11 et Grand-
villiers, 7 , ces deux derniers du diocèse d'Amiens. Il y avait
en outre trois localités, dont nous n'avons pu parvenir à retrou-
ver et indiquer la position. Cette dissémination des mouvances,
ce défaut de groupement nous semblent une démonstration com-
plète de Tassertion émise au début que le comté de Clermont ne
se serait constitué que par des accroissements successifs, et
n'aurait correspondu à aucune division naturelle ou politique
antérieure,
3. Louis I" (1318-1341). Né vers 1279 ou 1280, à Clermont,
Louis fils aîné de Robert lui succéda en 1318. Il se trouvait déj^
alors, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, préposé depuis
plusieurs années à l'administration des domaines paternels. Ce
fut lui, au dire de Pasquier {Rechei^ches de la France, p. 478), qui
« prit le surnom de Bourbon, pour lui et sa postérité, retenant
toutefois à soy les armes de France au baston de gueules, témoi-
gnage asseuré à ses survivans de son extraction royalle , et de
là en avant ce fut une loy en ceste famille que le père portait le
titre de duc de Bourbon, et son fils aisné, celui de comte de
Clairement. »
Louis fit ses premières armes en 1296, dans la campagne de
Flandre, et fut armé chevalier l'année suivante. Il se distingua
au combat de Courtray (1302) ainsi qu'à la bataille de Mons-en-
Puelle (1304), où il menait neuf compagnies d'hommes d'armes
formées de ses vassaux, que le droit féodal l'obligeait de four-
wr au roi. (Désormeaux.)
En 1310, Philippe-rle^Bel lui donna l'office de chambrier de
France, vacant.par le décès du comte de Dreux (1309). C'était
une des quatre grandes charges de la couronne, qui conférait à
son titulaire le privilège de souscrire les chartes des souverains,
< Voici la répartitiou actuelle par canton : Clermont, 34 ; Lioncourt, 21 ; Saint-
Jast, 21 ; Songeons, 10; Creil9 ; Moay, 9 ; Noailles, 7 ; Estrées Saint-DenisJ ; Mar-
seille, 6 ; GrandyiUiers, 6 ; NiTillers, 5 ; Le Coadray, 2 ; Formerie, 2 ; Auneuil, 2 ;
Maignelay, 2 ; Froissy, 2 ; Ôeanvais, 1 ; Méru, 1 ; Compiègne, 1 ; Ressons, 1 ;
Ck)nty 12, et Poix 1. Au total, 22 cantons, dont 2 appartenant au département de la
Somme.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 73
et de prendre part au jugement des pairs. Le chambrier avait la
surintendance des ornements et bijoux royaux ainsi que du
trésor particulier. Sa juridiction s'étendait sur dix-sept corps
de marchands et d'artisans ; il jouissait à Paris de beaucoup de
cens et de rentes, qui lui donnaient droit de justice et de con-
trainte. Son office constituait une sorte de fief à vie, tenu à foi
et hommage, et qui se transmit dans la maison de Bourbon jus-
qu'à l'époque de la défection du connétable *.
Cette même année 1310, Louis de Bourbon épousa au mois
de septembre Marie de Hainaut, fille puînée de Jean II d'Avesnes,
comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande et de Frise, et de
Philippe de Luxembourg. La dot de la future s'élevait à 42,000
livres *•
En 1315, nous trouvons le comte de Clermont, servant à ses
dépens, dans l'expédition de Flandre, expédition qui n'eût du
reste que de pitoyables résultats, et ayant obtenu du nouveau
roi Louis X, pour s'indemniser, la faculté de lever une aide sur
les gens taillables de ses domaines. La répartition de cette aide,
dans le comté de Clermont, fut confiée à messires Pierre de
Chappes et Régnant de Fayel, lesquels comprirent dans leurs
rôles les habitants de la Neuville-en-Hez, pour 60 livres tour-
nois. Ceux-ci s'exécutèrent, mais se pourvurent aussitôt par
devant leur seigneur, arguant des franchises que leur conférait
la charte du comte Raoul, et ils obtinrent à la date du 13 août
1315, des lettres de non préjudice, dont copie figure au f* 129
du Mss, Fr. 20,082.
Le règne de Philippe V est une époque importante dans
l'histoire des finances et des monnaies. A l'organisation des ser-
vices du recouvrement et du contrôle sur des bases plus ration-
nelles correspondit une tentative de suppression, par voie de
* François I«' en disposa alors en faveur de son troisième fils, le duc d'Orléans,
à la mort duquel (1545) la charge fut supprimée et ses attributions réparties entre
les premiers gentilshommes de la Chambre et le grand-mattre de la garde-
robe.
• Jean H d'Avesnes étant mort en 1304, ce furent sa veuve Philippe de Luxem-
bourg et son fils et successeur Guillaume qui figurèrent au contrat et s'engagèrent
au paiement de la dot (22 septembre 1310, Huillard-BréhoUes, n» 1289). Marie de
Hainaut portait : écartelé au 1 et 4 d'or au lion de sable armé et lampassé de
gueules qui est de Flandre, au 2 et 3 d'or au lion de gueules armé et lampassé
d'azur qui est de Hollande.
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74 LB couté de clermont en beauvaisis,
remboursement, du droit de fabrication dont jouissaient encore
un certain nombre de barons et de prélats en France. Louis de
Bourbon figurait parmi ceux-ci à un double titre, comme comte
de Clermont et comme seigneur de Boiu^bon. Le 27 janvier 1320
(1321), il rendit, bailla et délaissa perpétuellement à toujours, à
Philippe et à ses successeurs rois de France, ses coins et ses
monnaies de ses comté de Clermont et baronnie de Bourbou,
s'engageant tant en son nom personnel qu'au nom de ses hoirs
et successeurs, an y plus ouvrer ni tenir coing, ni faire monnaie.
Le prix de la cession avait été fixé à quinze mille livres de bons
petits tournois *.
Les habitants de la ville de Clermont continuaient à jouir des
privilèges et franchises qui leur avaient été octroyés par la charte
de 1197. CependantUsembleraitque certaines des dispositions de
cette charte f oiu^nissaient matière à difficultés, car en mai 1 32S, ils
présentèrent requête à Louis de Bourbon, alors à son chàtel de
Clermont pour en obtenir la confirmation *. Celui-ci, après s'être
fait lire et exposer en français les lettres de son prédécesseur le
comte de Blois, déclara en approuver le contenu sous certaines
réserves, toutefois, stipulées de la volonté et consentement tant
des pairs que des habitants, et qu'il formulait ainsi : « Au temps
a venir toutes les foiz que les quatre cas ou l'im des quatre aven-
dront en nostre temps ou au temps de noz successeurs contes de
Clermont, c'est assavoir se nous ou nostre successeur aUons
^ L'acte de ceesion est en original aux Ardiives nationales, J. 459, no 46. Son
texte est fonnel et comprend aussi bien les monnaies de Clermont que celles de
Bourbon ou plutôt de Souvigny, que Louis possédait en commun avec le prieur
dudit lieu. Nous devons toutefois dire que si les numismates ont conservé et décrit
des types des seconde^ ils n'en possèdent aucun des premières. On pourrait
même ajouter que Louis de Bourbon n'est inscrit que pour sa monnaie de Sou-
Vigny dans la célèbre ordonnance de 1315. Mais l'auteur du Dictionnaire de
Numismatiqtie (encyclopédie Migne) fait observer que cette ordonnance ne com-
prend pas tous les seigneurs qui conservaient encore en France le droit de battre
monnaie.
* Déjà quelques années auparavant, les habitants de Bulles s'étaient également
adressés au comte de Clermont pour qu'il confirm&t, en sa qualité de suzerain,
la charte de commune^ que Guillaume de Mello et Robert de Conti avaient con-
cédée à leurs aïeux en 1181, et que Vitasse de Conti venait (1296) de sanctionner
à nouveau. Le comte obtempéra à leur désir, en décidant toutefois que doréna-
vant la connaissance des cas de viol et d'homicide, qui étaient rachetablesrunpour
67 sols, l'autre pour dix livres,^ serait réservée à sa cour. (Graves, Précis du
canton de Clermont, p. 66.)
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LE COMTÉ DE CLERBfONT EN BEAUVAISIS. 75
outre mer, item se nous ou nostre successeur estions en prison,
dont Diex nous gart, item se nous ou nos successeurs faisions un
de noz filz dievalier, item se nous ou notre successeur marions
une de noz filles ; en chacun de ces quatre cas li homme et li
habitants paieront trois cenz livres parisis, toutes foiz que li
quatre cas avendront, ou li uns des quatre, et est à entendre que
tant pout nous que pour chascun de nos successeurs contes de
Qermont, ils ne paieront que de la chevalerie d'un fils et du
mariage d'une seule fille, laquelle sonmie d'argent li hommes
et li habitantz dt la dite ville paieront à nous ou à noz succes-
seurs quant li cas avendront, et ce aucun des habitantz estait
contraire du paier, nous conte de Clermont et ceux qui de nous
aiuront cause, leur prometons à faire le constraindre de paier
avec les autres, et est assavoir que du temps passé de touz les
quatre cas qui sont avenuz nous les avons quittez et quittons
excepté le cas de nostre chevalerie duquel il paieront trois cenz
livres maintenant, tant seulement, car nostre père, que Diex
absoiUe, nous fist chevalier et en fist demande en son temps. Et
sera l'imposition faite toute les foiz que li cas adviendra par trois
des pers et trois des moiens esleuz par le commun, lesquelles sis
personnes jureront sur sainz évangiles par devant le baillif de
Clermont de faire l'imposition bien loialement à leur povoir;
item comme il soit contenu en la dite charte ci-devant escripte
en ces paroles : mecum vel cum mandata meo in exercitum et
expeditionem ibunt siciU soient quoties subfnoniti fuerunt; nous les
déclairons en ceste manière que lesdiz habitanz chascun selon
son pouvoir vendront avecques nous ou avec nostre mande-
ment en notre ost ou chevauchiée par toute nostre dite conté et
dedenz les ressors d'icelles. » (Archives nationales, J, 167 pièce
1 et P. 1,362, c. 1102.)
Ce n'était pas seulement pour sa chevalerie que Louis de
Bourbon songeait alors à réclamer des habitants de Clermont
l'aide de trois cents livres, c'était aussi pour l'un des autres cas
prévus par la charte, celui d'un voyage outre mer. Il y avait
nombre d'années déjà qu'il nourrissait le projet de ce voyage,
qu'il l'avait annoncé publiquement comme Texécution d'un vœu
fait par son père, et qu'il avait adressé à la France et mèm^ à la
chrétienté tout entière un appel auquel beaucoup s'étaient dé-
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76 LE COMTÉ DE CXERMONT EN BEAUVAISIS.
clarés prêts à répondre \ En 1318, Philippe V, s'associant à
cette pensée de croisade, Tavait nommé capitaine général de
tous les gens d'armes qu'il devait envoyer en terre sainte avant
d'y passer en personne ; il s'était engagé en outre à faire en
sorte de lui procurer le concours du Saint-Siège, lequel l'auto-
risa, en effet, à percevoir pour les préparatifs de l'expédition
25,000 livres sur les revenus de l'archevêché d'Auch vacant
depuis plusieurs années. Parvenu au trône, Charles FV renou-
vela (avril 1322) les promesses et les concessions faites par Phi-
lippe au comte de Clermont. Celui-ci entre temps, toujours
dans le même but, avait acheté d'Eudes, duc de Bourgogne, pour
le prix de 40,000 livres tournois, tous les droits et actions qui
pouvaient lui appartenir du chef de son frère Louis, prince de
Morée, tant sur la principauté d'Achaie que sur le royaume de
Salonique (14 avril 1321, n. s.)*. Nonobstant, la croisade ne
devait pas avoir lieu, entravée qu'elle fut par diverses circons-
tances et finalement par les débuts de la guerre de cent ans.
Après avoir consommé beaucoup de temps et de peines, Louis
de Bourbon dut y renoncer et se faire relever par le pape
Jean XXII de ses vœux et engagements (4 septembre 1333).
4. Cependant Charles IV avait, ainsi que nous l'avons dit,
succédé sur le trône de son frère Philippe V (janvier 1322).
Ce troisième et dernier fils de Philippe le Bel et de Jeanne de
Navarre était né en 1294 au château de Clermont, et cet heu-
reux événement, nous apprend Graves {Précis statistique, p. 79)
y avait été fêté par de grandes réjouissances, qu'interrompit la
mort subite de Jean de Briènne, comte d'Eu, oncle de la reine,
qui était venu assister à ses couches. Il avait conservé pour le
lieu de sa naissance un sentiment de prédilection et, devenu
roi, voulut le réunir au domaine de la couronne ; il en proposa
donc l'échange à Louis de Bourbon qui accepta. Les actes rela-
tifs à cet échange sont en date du mois de décembre 1327
(Huillard-Bréholles, n^» 1849 et 1850), et furent passés au
> Sar ce projet de croisade de Louis I«' de Bourbon (1316-1333), voyez un inté-
ressant article de M. de Boislisle inséré dans V Annuaire delà Société de l* Histoire
de France, année 1872.
* Huillard-Bréholles, Titres de la maison de Bourbon, n» 1589. En énonçant le
fait, Désormeaux ajoute que « la postérité de Louis renonça sagement à un tilre
que personne ne lui avait contesté. »
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y
LE COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVAISIS. 77
Louvre, près Paris. Lt)uîs céda le comté de Clermont, qu'il
promit de dégager de toutes les charges qui pourraient y avoir
été mises pour cause du douaire de sa femme ou de tout autre
douaire, et reçut en compensation le comté de la Marche, les
châteaux et châtellenies d'Issoudun, de Saint-Pierre-le-Moutier
et de Montferrand, de façon à lui parfaire 1,500 livrées de re-
venu '. En même temps ces terres étaient unies à la baronnie
de Bourbonnais pour être érigées avec elle en duché-pairie.
« Nous espérons, disaient les Lettres patentes, que la postérité
du nouveau duc, marchant sur ses traces, sera dans tous les
temps rappui et Tomement du trône. »
Charles lY n'a laissé comme comte de Clermont que deux
souvenirs. Ce fut à lui que la ville dut, sinon la construction
entière, du moins Tinitiative de la construction de sa première
enceinte fortifiée*. L'autre souvenir est moins favorable et
témoigne de l'esprit d'envahissement qui animait alors l'admi-
nistration royale. A peine l'annexion était-elle consommée, que
le bailli de Senlis requit les habitants de la ville de contribuer à
l'expédition de Flandre soit de leurs personnes, soit en payant
subside. Ceux-ci s'y refusèrent, arguant de leurs anciens privi-
lèges ainsi que de la transaction récemment intervenue avec
Louis de Bourbon, aux termes de laquelle et moyennant l'enga-
gement par eux pris d'acquitter dorénavant une aide de trois
cents livres dans quatre cas, spécifiés en ladite transaction, ils
n'étaient tenus au service militaire que dans le ressort du
comté. Le bailli ayant insisté, ils adressèrent immédiatement
une supplique au « roi et à son noble conseil » qui évoqua l'af-
faire (Archives nationales J. 167, pièce 2). Elle ne devait pas
avoir de suites. En effet, Charles IV étant mort le 31 jan-
vier 1328 (1329), Philippe VI, son successeur, remit presqu'aus-
sitôt Louis de Bourbon en possession du comté de Clermont
que, suivant du Puy, il érigea pour lui en 1331 en pairie*. Il
> Ces 1,500 livrées de terre ne représentaient pas le revenu du comté de Cler-
mont, car un article spécial du contrat portait engagement de bailler à Louis
d'autres terres pour compenser la plus value dudit comté. (Huillard Bréholles,
no 1851.)
« Graves, Précis statistique, p. T7.
> Des Droits du Roi^ p. 781. Le fait de cette érection, dont nous n'avons pas trouvé
les lettres, est également affirmé par ÏÉtat de la France, (Voyez notamment
édition de 1727, t. III, p. 24.)
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78 LE COMTi DE CLERMONT EN DEÂUVAISIS.
reprit Issoudun, Saînt-Pierre-le-Moutîer et Montferrand, mais
laissa au duc le comté de la Marche comme compensation des
2,000 livres de rente à héritage qu'il possédait sur le trésor du
chef de sa femme, en vertu de lettres de Philippe le Long, de
novembre 1317 *.
5. Louis de Bourbon était de nouveau comte de Clermont le
21 juillet 1324, jour où il fit rédiger à Lyon les conventions et
accords arrêtés entre lui et les procureurs de Hugues, roi de
Chypre, au sujet du mariage projeté entre Marie sa fille et Guy
de Lusignan. (Huillard-Bréholles, n* 1,893.) Nous trouvons
dans le même recueil deux autres actes de ladite année 1329,
relatifs à Clermont. Le 6 novembre, le duc de Bourbon assigna
à l'église du Mont-Saint-Michel, en Normandie, 32 livres tour-
nois de rente amortie à prendre sur le travers de Creil, pour la
fondation de trois cierges qui devaient être allumés devant
Tautel Saint-Michel, sur les chandeliers d'argent qu'il avait
donnés à cette église, pendant les trois jours de la fête du saint*.
Le 14 décembre suivant il fit don de cent livres parisis de rente
annuelle à prendre sur les émoluments de la prévôté de Cler-
mont à Jean de Nesle, seigneur d'Offémont, lequel lui en prêta
foi et hommage et s'obligea, en outre, pour lui et ses hoirs sei-
gneurs d'Offémont, à ne jamais transporter ladite rente hors de
sa main. C'était ce qu'on appelait un fief en l'air ou fief volant,
création assez usitée à l'époque par les grands vassaux comme
par les souverains pour augmenter le nombre de leurs hommes
^ C*est ce qui résulte d'une enquête ordonnée vers 1331 par Philippe de -Valois,
concernant deux échanges consentis en faveur du duc de Bourbon par les rois
Philippe V et Charles IV, échanges dont la Chambre des Comptes proposait Tan-
nulation pour cause de lésion. 11 y est dit que rechange relatif à Clermont ayant
été rétracté pour certaines causes, le comté de La Marche avait été néanmoins
laissé au duc pour 2,000 livres de rente à héritage qu'il prétendait sur le Trésor,
mais qu'en réalité il n'avait droit qu'à 1,280 livres. (Huillard-Bréholles, no 1940.)
Une décision du 10 juin 1338, par laquelle Philippe VI fit remise à Louis de Bour-
bon de tout ce qu'il pouvait devoir à l'État depuis le temps passé jusqu'à la date
d« ladite décision, mit fin à la procédure entamée par les gens des comptes.
* En 1330 nouvelle donation pieuse plus importante en faveur de la Char-
treuse établie près Paris. Louis affecte à la fondation d'un autel dans l'église
de ce monastère une rente de 4 livres parisis sur la mairie des Hayes ; il y ajoute
pour l'entretien de trois frères une autre rente de 51 livres parisis à prendre tant
sur ladite mairie des Hayes que sur la censé qu'il a en la ville de Brenouille.
(Huillard-Bréholles, no 1930.) 16 janvier 1382. Lettres confirmatives de Charles VI.
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I
I
l
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 79
En février 1331 (n. s.) Philippe VÎ, à la demande de Louis
de Bourbon, annexa au comté de Clermont la terre de Lardiëres
près Méruy que celui-ci venait d'acheter de Jean, dit Brunet, et
qui avait relevé jusque-là de la châtellenie de Beaumont-sur-
Oise ; il l'autorisa en même temps à donner ladite terre en fief
à Drue de Roye et à en recevoir Thommage^ quoique cet hom-
mage appartint au roi. (Huillard-Bréholles, n* 1,943 et Douet-
d'Arcq, Recherches sur les comtes de Beaitnumt^sitr^Oise.)
La confiscation prononcée par le Parlement contre Robert
d'Artois devait quelques années après valoir au ressort du comté
de Clermont un accroissement nouveau. Philippe VI, en consi-
dération des bons services de son cousin, lui donna à perpétuité
le 25 janvier 1337 deux domaines provenant de cette confisca-
tion, Franconville et Baillet en France*, qui rapportaient 600 à
700 livres parisis de revenu. (Huillard-Bréholles, n"* 2,149.)
Le duc de Bourbon ne survécut pas longtemps à une trêve de
deux ans qu'il venait de ménager à Arras entre Philippe VI et
Edouard d'Angleterre. Il mourut en janvier 1341 (1342) et fut
inhumé, conmie son père, à Paris, dans l'église des Jacobins
de la rue Saint-Jacques. « Le roi perdit en lui, dit Désormeaux,
rhomme le plus sage de son royaume, le seul peut-être dont
l'expérience et l'autorité fussent capables de prévenir ou de
réparer les maux, sous le poids desquels la France manqua de
succomber. »
De Marie de Hainaut, qui mourut en 1354, il avait eu :
I. — Pierre l" qui suit.
n. — Jacques, mort au berceau en 1318.
m. — Un autre Jacques, tige des comtes de la Marche. Son
père avait obtenu de Philippe VI, en octobre 1334, des lettres
fixant à 5,000 livrées parisis de terre ses droits successifs. L'as-
signation prévue par l'acte de 1334 n'ayant pas eu lieu
avant la mort de Louis, une contestation s'éleva entre les deux
frères; elle fut terminée par transaction de 1346, dont le texte
est inséré dans le Ms. Fr. 20,082. Jacques reçut le comté de la
Marche et plusieurs autres terres, auxquelles il joignit de 1351
^ Aujourd'hui département de Seine-et-Oise , cantons de Montmorency et
d'Ecouen.
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80 LE COMTÉ DE CLERMOin' EN BEAUVAISIS.
à 1360, par don du roi Jean, le comté de Ponthieu saisi sur
Edouard III d'Angleterre. Connétable do France, de 1354 à 1356,
qu'il se démit en faveur de Gauthier de Brienne, il mourut le
6 avril 1361, des blessures qu'il avait reçues au combat de Bri-
guais contre les Tard-Venus. Il laissait de son mariage (1335),
avec Jeanne de Chatillon-Saint-Paul, fille et héritière de Hugues
seigneur de Leuse, de Condé et de Carency, entre autres Jean
de Bourbon, comte de la Marche, et comte de Vendôme du chef
de sa femme Catherine de Vendôme ; leur quatrième descendant
Charles de Bourbon, créé duc de Vendôme et pair de France au
mois de février 1514, eut de Françoise d'Alençon Antoine de
Bourbon, roi de Navarre, et Louis de Bourbon, prince de Condé.
rV. — Jeanne femme (février 1318), de Guigne VIII, comte
de Forez. Sa petite-fille, Anne, devait épouser Louis II, duc de
Bourbon.
V. — Marguerite, mariée, 1* en 1320, à Jean II, sire de Sully,
de la maison des anciens comtes de Champagne, 2* à Hutin de
Vermeilles, chevalier et chambellan du roi.
VI. — Béatrix, laquelle épousa par traité de décembre 1334,
au château du Bois de Vincennes, Jean de Luxembourg, roi de
Bohême et de Pologne*. Les conventions matrimoniales, arrê-
tées en présence du roi de France, attribuaient à la future
épouse comme dot 5,000 livrées de terres, dont 1,000 assises
sur le duché du Bourbonnais et les 4 autres sur les ville, chàtel,
baronnie et châtellenie de Creil, que son père lui donna avec
toutes seigneuries, justices haute et basse, hommages, fiefs,
arrière-fiefs et gardes d'églises, sans rien retenir hormis l'hoin-
mage et le ressort pour le comté de Clermont, mais sous réserve
du droit de retour au cas où Béatrix trépasserait sans hoirs du
roi de Bohême. Celui-ci lui avait assigné comme douaire
6,000 livrées de terre sur les châtellenies d'Arlon, de Bouloigne
1 Jean^ comte de Luxembourg de son chef, était devenu roi do Bohême et de
Pologne par sa première femme Isabeau, fille et héritière de Wenceslas, dit le
Saint. 11 en avait eu plusieurs enfants, entre autres Charles IV qui lui succéda
sur le trône de Bohême et fut empereur d'Allemagne. Celui-ci ratifia le 20 no-
vembre 1339 le contrat de mariage de son père, et le 18 décembre 1356 Tattribu-
tion que Jean avait faite le 21 mai 1337 à sa seconde femme d'une rente de
15 marcs par semaine à prendre sur les revenus de sa monnaie de Chrudine
« pour soutenir l'éclat du rang royal. » (Huillard-Bréholles, no» 2159 et 2233.)
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LE COMTÉ D£ GLERMONT EN BEAUVAISIS. 8i
le Châtel, de Marville, de Saînt-Mard, de Damvilliers et à défaut
sur le comté de Luxembourg. Ce comté était assuré aux enfants
mâles à naître du mariage (Ms. Fr. 20,082, f 565-569)*. Cheva-
lier intrépide, non moins que politique habile, Jean de Luxem-
bourg devint aveugle peu de temps après son second mariage,
ce qui ne l'empêcha pas de guerroyer. Il tomba sur le champ de
bataille de Crécy, le 26 août 1346, ayant fait attacher son che-
val à ceux de quatre de ses chevaliers avec lesquels il périt dans
la mêlée. Un fils unique Wenceslas était né de son union avec
Béatrix. Duc de Luxembourg par érection de son frère aîné (13
mars 1354), il s'était marié la même année avec Jeanne de Bra-
bant déjà veuve de Guillaume, comte de Hollande et du Hainaut,
et mourut le 7 décembre 1383, sans postérité. Sa mère avait
épousé en secondes noces Eudes, sire de Grancey, chevalier,
et de concert avec lui, elle céda en 1374 au roi Charles V, la
baronnie de Creil et toutes ses appartenances et dépendances, en
échange de l'usufruit des ville et châtellenic de Bar-sur-Aube,
estimées 12,000 florins d'or". Wenceslas de Luxembourg, reçut
de son côté, pour prix de sa renonciation aux droits que lui con-
férait le contrat de mariage maternel, une somme de 16,000 fr.
d'or. (Archives nationales, J. 160, n" 31, 32 et 33.) Une fois en
possession de Creil, Charles V, considérant que cette ville com-
mandait sur les deux rives de l'Oise et lui assurait les moyens
^ Le 23 janvier 1335 (n. st.) Loais manda à tous les habitants de la chÂtellenie
de Creil de rendre foi et hommage & Béatrix de Bourbon, sa fille, à laquelle il
Tenait de donner ladite chAtellenie à Toccasion de son mariage avec Jean, roi de
Bohème. (HuiUard-Bréholles, n^ 2070.) M. Bordier a inséré dans les pièces justi-
ficatives de sa notice sur Beaumanoir la nomenclature des droits utiles apparte-
nant à la nouvelle reine en vertu de cette donation : i^ L'exploitation de plusieurs
villages voisins habités par des serfs (les Ageux, Saint-Queux^ les Hayes) ; 2» les
prés de Creil ; 3« les péages de Villers Saint-Pol, Nogent, Sailleville, Laigneville,
Mouchy Saint-Éloi ; 4» cens en argent et en grains à Faiel et à Creil ; 5» forêt de
Pommeraie avec garenne pour le gros et le menu gibier ; 6o produits du four
banal de Creil, péages sur terre et sur eau, droits sur la vente du poisson, sur le
scel des actes et du tabellionnage. Pendant qu'elle était propriétaire de Creil,
Béatrix fit donation de marais considérables en dépendant aux habitants de Creil,
de Montataire et de Nogent-les-Vierges & condition que les clergés des trois
paroisses feraient au mois de juin, chaque année, une procession en sa mémoire,
procession dont Tuâage s'est conservé jusqu'à nos jours. Histoire de Creil,
p. 39.
* Ce fut du moins la somme que Charles V paya à Béatrix le 3 mars 1375, en
opérant le retrait à son profit de ladite seigneurie de Bar-sur-Aube. (Archives
nationale, J 100, no 4096.)
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82 UC COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS.
de mettre les pays d'alentour à Tobri des incursions des ennemis,
Tunit irrévocablement au domaine de la couronne, par déclara-
tion du 5 janvier 1374 (a. s.), en même temps que Tétang de
Gouvieux, qu'il venait d'acheter 20,000 francs d'or avec ses
appartenances et une partie de la ville de la Morlaye, au comte
de Dammartin ^ Cette union de Creil au domaine devait persis-
ter jusqu'au xvi* siècle, nonobstant les réclamations formées
par Louis II de Bourbon, après la mort de Wenceslas, et que
nous relaterons en leur lieu. Béatrix de Bourbon conserva toute
sa vie le rang et les honneurs de reine. Elle mourut le 23 dé-
cembre 1385.
VII. — Marie, mariée, 1* en 1330, à Guy, prince de Galilée,
fds de Hugues FV de Lusignan, roi de Chypre, 2* le 9 sep-
tembre 1347, à Robert d'Anjou, prince d'Achaie et de Tarente.
Elle mourut en 1387, instituant pour légataire universel Louis II,
duc de Bourbon, son neveu.
6. Pierre P' (1341-1356). Il naquit en 1311 et fut accordé par
traité du 5 octobre 1322 (Huillard-Bréholles, n' 1656) avec Isa-
belle, fille de Charles, comte de Valois, et de sa troisième
femme Mahaut de Châtillon Saint-Paul*. L'extrême jeunesse
des deux fiancés fit retarder la célébration du mariage jusqu'au
25 janvier 1336. Mais la dot d'Isabelle, fixée à 25,000 livres
tournois, avait été payée depuis longtemps déjà, car nous trou-
vons Louis P' achetant au mois de mars 1327 des deniers et au
profit de sa belle-fille des biens-fonds et une rente de 80 livres
parisis de Jean de Chepoix, chevalier, le tout à la Neuville-Roy,
et au mois de juin suivant une terre à Nogent, près Creil, de
Guillaume, seigneur de Cardonnay. {Ibid., lï"* 1,827, 1,831,
1,838.)
Quant à Pierre, ce fut seulement en mars 1341 que les
* Du Pny, Des Droits du Bot, p. 843. — Cet étang était, avant la grande inonda*
tion de 1658 qai le ruina, Tétang le plus célèbre du Beauvaisis ; il s'étendait
depuis la rivière d'Oise jusqu'à Chantilly. L'étang de Gouvieux avait été érigé en
fief vers 1272, par Jean de Trie, comte de Dammartin en faveur de Simon de
Trie, son frère. (0/tm, tome II, p. 70.)
* La branche des Valois, avant Tavénement au trdne de Philippe VI, fils de
Charles de Valois et de Marguerite d'Anjou sa première femme, portait pour
armes : d'azur semé de fleurs de lis à la bordure de gueules.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 83
4,000 livrées de terre, que luî avait promises son père, furent
assises sur la châtellenie de Gournay, les ventes de la forêt de
Hez, les terres de Baillet et de Franconville, le trésor du roi à
Paris, le travers de Longueaue, les fiefs d'Estrées et de Moin-
villiers, les cens de Bailleul-le-Soc, Clermont, Warty, la Neu-
ville-en-Hez et le fonds des bois de Jurequîn. {Ibid.f n"* 2,278,
2286-87.) Quelques mois après il succédait au duché de Bour-
bonnais ainsi qu'au comté de Clermont.
Beau-frère de Philippe VI, le nouveau duc eut aux événe-
ments politiques et militaires du règne une part considérable.
Le 8 août 1345 il fut placé comme lieutenant du roi, en toutes
les parties de la Langue-d*Oc et de Gascogne, à la tète des
troupes destinées h arrêter l'invasion, dont une armée anglaise
menaçait le midi du royaume. La descente d'Edouard III en
Cotentin, suivie de la dévastation de cette province, de l'Ile de
France, du Beauvaisis, de la Picardie, du Vimeu, du Ponthieu
et du désastre de Crécy, vint interrompre le cours des succès
qu'il remportait de concert avec Jean, duc de Normandie.
n tomba glorieusement sur le champ de bataille de Poitiers
(19 septembre 1356) et fut enterré en l'église des Frères Prê-
cheurs de cette ville.
Beau, bien fait, brave et galant, Pierre avait porté trop loin,
nous apprend l'historien de la maison de Bourbon, le luxe et la
magnificence. Chargé de dettes il fut, sur la fin de sa vie, ex-
communié par le Saint-Siège à la requête de ses créanciers, et
il fallut que son fils Louis II prit l'engagement formel de les
désintéresser, pour obtenir du pape Innocent VI l'absolution
pour Tâme du défunt, en même temps que l'autorisation de
déposer son corps en terre sainte. (Huillard-Bréholles,
n» 2,741.)
Parmi les actes de Pierre I" de Bourbon qui nous ont été
conservés, peu concernent le comté de Clermont- En 1347, il
confirma un accord passé entre le chapitre de la collégiale et
le seigneur d'Angiviller, et qui avait pour but de substituer une
rente de 20 livres parisis au repas ou mangier qu'une fondation,
remontant au xi* siècle, avait institué le jour de la Saint-Arnoul
dans ladite collégiale « mangier pendant lequel se faisait tant
de excès de gloutonnerie et yvrestes que à la fois s'en ensui-
vaient bateures, occizions et moult d'autres périls et mauls, et
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84 LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS.
nulle prîère ne autre bien ne sî faisait pour Tâme de l'ausmo-
nante, et par ainsy ce qui devait estre converti en œuvres de
piété estait jà despièça par ledit mauvais abus converti en
œuvres de vices abhominables à Dieu et à toutes personnes ver-
tueuses. » (Ms. Fr. 4,663, f 116.)
En 1348, il fit don du premier canonicat qui viendrait à vaquer
dans la collégiale de Saint- Arnoul aux religieux du monastère
de Froidmont*. Il octroya en même temps à ce monastère le
droit d'accoler à ses armes celles de Bourbon. {Gallia chrisiiana,
t. X, instrum., n** xlv,)
En décembre 1349, il assigna à son clerc Yvonnet de Crépon,
en considération de son mariage avec Gillette, fille de feu
Jacques de Survilliers, une rente viagère de 20 livres sur la
recette du comté de Clermont, réversible par moitié sur la tête
de ladite Gillette. (Huillard-Bréholles, n° 2,547.)
En janvier 1331 (n. st.), pour remédier à la manière abusive
dont les religieux de THôtel-Dieu de Beauvais exerçaient leur
droit d'usage dans la forêt de Hez, il décida qu'à l'avenir il leur
serait permis de faire porter à leur maison de Fay autant de
charges de bois par jour qu'ils le pourraient, mais seulement
depuis le jour de carême prenant jusqu'à la Saint-Remy d'oc-
tobre. (/ôtrf.,n« 2,587.)
Le 5 novembre de la même année intervint, entre le duc de
Bourbon et le chapitre de Saint-Arnoul, relativement aux répa-
rations de leur église, que chacune des parties prétendait à la
charge exclusive de l'autre, une transaction importante. Le duc
se chargea lui et ses successeurs d'entretenir à ses dépens le
mur de l'église qui tenait lieu de clôture à son château, com-
mençant vers le bout de son ancienne grande salle vers l'occi-
dent jusqu'à l'autre chef de l'église vers l'orient ; de plus, comme
il avait fait plusieurs guérites, bretesches et défenses pour la
sûreté du château vers l'orient sur le chef de l'église, il s'obligea
pareillement de les réparer et soutenir dans toute leur étendue,
tant pour les fondements des murs, les piliers, les tourelles et
les couvertures que les gouttières, s'il en fallait quelques-unes,
1 Cette donation est rappelée dans deux autres de Louis II, du mois de
février 1367 et janvier 1409^ qui la renouvellent en constatant que jusqu'alors
elle n'a pas été suivie d'effet. (D. Grenier, t. LIV, f» 45.)
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVÂISIS. 8S
et quant à la première voûte de l'église vers le chef sur lequel
les bretesches et guérites étaient assises, il fut dit qu'il en
ferait la moitié et les chanoines l'autre, lesquels supporteraient
et acquitteraient toutes les autres réparations de l'église, fonde-
ments, murailles, couvertures, vitres, serrures, voûtes, cloches
et clocher. Afin d'indemniser le chapitre des dépenses actuelles
qu'il serait obligé de faire, le duc lui accordait pour cette fois
seulement la tenture d'un arpent de la haute forêt de Hez ; il
confirmait en outre à perpétuité tous legs, aumônes, oblations
faites et à faire à leur fabrique. (Ms. Fr. 4,663, f* 111 et Dom
Grenier, t. LIV, f 39.)
Du mariage de Pierre I" de Bourbon et dlsabelle de Valois,
qui lui survécut jusqu'au 26 juillet 1383, qu'elle mourut dans le
couvent des Cordelières du faubourg Saint-Marcel, à Paris, où
elle s'était retirée*,, naquirent Louis II, qui fut duc de Bourbon,
et sept filles, savoir :
A. Jeanne, née le 2 février 1337, accordée en juillet 1349,
mariée le 8 avril 1350 à Charles, dauphin de Viennois, fils aîné
du roi Jean II et qui lui succéda en 1354 sur le trône de France
sous le nom de Charles V. Sa dot avait été de 100,000 florins.
Elle mourut en couches le 6 février 1378 (n. st.).
B. Blanche, qui épousa en juillet 1352 Pierre le Cruel, roi de
CastiUe, auquel elle porta 300,000 florins de dot, tant de son
père que du roi. Elle mourut empoisonnée en 1361.
C. Bonne, mariée en août 1355 à Aimé VI, comte de Savoie,
surnommé le Comte vert, et qui fut dotée par le roi de France
d'une rente de 3,000 livres tournois.
* En septembre 1366, Isabelle abandonna à Louis, son fils, les ville et chôtel-
lenie de Souvigny, les château et ville de la Neuville-en-Hez avec 1,000 livres de
rentes, 400 livres de rentes sur les émoluments de la Chancellerie de Moulins,
son hôtel de Maumoulin et sa maison de Notre-Dame des Champs contre l'usu-
fruit des ville et prévoté de Malicome et de la chàtellenie de Chaveroche.
(Huillard-Bréholles , n« 2969.) Froissart a raconté (édition Buchon, livre î,
partie II, ch. cclxxviii, ccicix, ccc et ceci), comment les compagnies anglaises
prirent en 1369 le châtel de Bellcperche en Bourbonnais et la mère du duc de
Bourbon qui était dedans, et comment celui-ci vint mettre aussitôt le siège
devant Belleperche, mais ne put empêcher les comtes de Canterberge et de
Pennebrock d*emmener captives la duchesse et les personnes de sa suite. Isabelle
après trois ans de captivité fut échangée, peut-être délivrée par force d'armes, et
peu après cette mésaventure se retira au couvent du faubourg Saint-Marcel.
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86 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
D. CatKerine, femme de Jean VI, comte d'Harconrl et d'Aumale.
En considération de ce mariage contracté le 14 octobre 13S9,
Louis II donna 12,000 deniers d*or et 2,000 livrées de terre à
asseoir en France comme dot à sa sœur, laquelle renonça, en
échange, atout ce qui poiurait lui appartenir dans la succession
de ses père et mère. (HuiUard-Bréholles, n* 2,788.)
E. Marguerite, mariée en 1368 (contrat du 4 mai) à Arnaud
Amanieu II, sire d'Albret, grand chambellan de France, dont
elle eut Charles I" d'Albret, connétable, tué à Azincourt, cin-
quième aïeul de Jeanne d*Albret. Moyennant une somme de
30,000 livres d'or, une fois payée et une rente de 4,000 livrées
de terre, que lui constituèrent ses beau-frère et sœur le roi et la
reine de France, elle renonça à tous ses droits tant dans la suc-
cession de ses père et mère que de son frère le duc de Bourbon,
si ce dernier venait à mourir sans lignée. (Huillard-Bréholles,
n^ 3,047.)
F. Isabelle, morte sans alliance.
G. Marie, religieuse puis prieure du monastère de Poissy, où
elle mourut le 2 janvier 1402. Elle avait pris le voile à Tàge de
4 ans, en présence du roi Jean et de toute la cour. Par acte de
mars 1381, son frère lui assigna une rente viagère de 300 livres
à prendre annuellement sur les revenus du comté de Clermont
et les aides du diocèse de Beauvais,dontle roi lui avait concédé
une partie. (Huillard-Bréholles, n*" 3,473.) On trouve une notice
sur elle dans le tome LIV (f* 52) de Dom Grenier.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 87
IV.
Louis II de Bourbon dit le Bon, comte de Clermont. Vordonnance
du 20 novembre 4371 et le dénombrement de 1373.
I. Les circonstances, dans lesquelles Louis II succédait à son
père, Pierre I", étaient critiques. Les quatre années qui s'écou-
lèrent entre la défaite de Poitiers et le traité de Brétigny appor-
tèrent au comté de Clermont, comme à tout le pays entre Seine
et Loire, un innombrable contingent de maux. Demeurées sans
emploi par suite de la trêve intervenue entre les deux couronnes
(22 mars 1357), des compagnies de soudoyers anglais, navarrais,
gascons, s'y répandirent et commirent les plus affreux excès,
arrêtant les voyageurs, massacrant sans pitié tous ceux qui
refusaient de leur payer rançon, pillant les paysans jusque dans
leurs demeures. En même temps ceux-ci poussés à bout se sou-
levèrent. Le 21 mai 1358 éclata aux environs de Compiègne et
de Clermont la terrible insurrection connue dans l'Histoire sous
le nom de Jacquerie. Placés sous le commandement d'un des
leurs, Guillaume Cale, originaire de Clermont, suivant Froissart,
de Mello, si l'on en croit le continuateur de Guillaume de Nangis,
les Jacques prirent les armes presque simultanément en Beau-
vaisis, en Brie, dans l'Ile-de-France, ainsi que dans les évêchés
de Laon, de Noyon et de Soissons, et déclarant la guerre aux
nobles, saccagèrent et ruinèrent toutes les demeures seigneu-
riales sur les bords de l'Oise.
Les gentilshommes, de leur côté, réunirent leurs forces et
firent appel au roi de Navarre, alors à son château de Longue-
ville près Dieppe. Celui-ci, allié du prévôt des marchands de
Paris, Etienne Marcel, le soutien actif sinon le promoteur de
la Jacquerie, avait vu sans déplaisir les commencements d'une
révolte qui semblait de nature à servir ses visées ambitieuses,
n ne tarda pas cependant à s'émouvoir d'excès, qui n'avaient
pas épargné ses propres partisans, et répondant aux sollicita-
tions qui lui avaient été adressées, entra en Beauvaisis à la tête
de 1,000 lances. Une première rencontre eut lieu à Mello. Le
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88 LE COMTÉ DE CLËRMONT EN BEAUVAISIS.
combat décisif s'engagea aux environs de Clermont et se ter-
mina par la déroute des Jacques, dont trois mille périrent dans
la mêlée. Guillaume Cale, fait prisonnier avec plusieurs de ses
complices, fut conduit à Clermont et y eut la tête tranchée. Les
bourgeois de cette ville, qui l'avaient peut-être livré au roi de
Navarre, reçurent en récompense du service ainsi rendu des
lettres de sauvegarde *.
La fin de la Jacquerie, qui donna lieu à de sanglantes repré-
sailles, ne rendit pas la paix au Beauvaisis. Une lutte ouverte
ne tarda pas à éclater entre Charles le Mauvais et le Dauphin,
régent du royaume. Les troupes du premier, grossies de merce-
naires anglais, s'emparèrent par surprise de grand nombre de
forteresses environnant Paris. Elles occupèrent entre autres
Creil en juillet 1358, La Neuville-en-Hez et la Hérelle, près
Breteuil, vers la même époque, Pont-Sainte-Maxence en 1359*.
De Creil, où il commandait le cours de l'Oise, le capitaine
navarcais Jean de Fodrynghey rançonnait tous ceux qui allaient
* Siméon Luce, Histoire de la Jaequerie, in-8« , 1859 , chap. iv , p. 170-176.
« Qnant cenlx du plat pais, disent des lettres de septembre 1359^ aujourd'hui
conservées aux Archives nationales (JJ. 90, n« 288), sceurent que le roy de Navarre
estoit venu à Clermont et que le capitaine de Beauvoisis et ses complices estoient
baillés et mis ès-mains du roy de Navarre par ceulx de Clermont et qu'ils estoient'
mis à mort et que la diste ville de Clermont estoit mise en la sauvegarde dudit
roy de Navarre, les genz d'Angicourt firent aler Hue de Sailleville (leur capitaine
au temps des effrois) par devers ycelui roi de Navarre pour avoir une sauvegarde
de lui aussi comme avoient plusieurs autres villes du pais environ afin que ils ne
fussent ars ne gastez. » Voir sur les événements de toute cette période l'édition
de Froissart par M. S. Luce, tome V, ainsi que VHistoire de Bertrand du Guesclin^
1876, in-8o. Il résulte de trois actes^ découverts par le même auteur aux Archives
nationales, que le régent se rendit en mai 1338 à Clermont en Beauvaisis, en vue
sans doute de s'entendre avec le roi de Navarre pour une action commune
contre les Jacques.
« Pariant de l'occupation par les Anglo^Navarrais de Creil, de la Hérelle et de
Mauconseil, autre forteresse sise aux environs de Noyon^ Froissart dit (t. V,
p. 320) : « Si moutepliièrent telement il Navarois que ils prisent le forte ville et
le chastiel de Cray, par quoy il estoient mestre de la rivière de Oise, et le fort
ehastiel de la Harielle, à trois liews de Amiens, et depuis Mauconseil qu'ils rem-
parèrent et fortifièrent telement que il ne doubtoient assaut ne siège. Ces trois
forteresses fisent sans nombre tant de destourbiers au royaume de France que
depuis en cent ans ne fu restoré. Et estoient en ces forterèces bien quinze cents
conbatans, et couroient par tout le pays ensi qu'ils voloient, ne nulz n'alloit au
devant et s'espardirent tantost partout.» — U existait encore en 1375 à la Neuville-
en-Hez de nombreuses traces de l'occupation navarraise. Le Dénombrement parle
de maisons dissipées et détruites pour les fossés et arrière-fossés du chàtel
i« quand les ennemis furent en LVIII en Beauvaisis. »
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 89
de Paris à Compiègne, à Noyon, à Soissons ou à Laon \ Il gagne
cent mille francs à délivrer des sauf-conduits tant pour les
voyageurs que pour les marchandises. Le 18 novembre 1359,
Jean de Grailly, captai de Buch, profita d'un sauf-conduit que
le régent lui avait accordé sur les instances de Charles le
Mauvais, pour enlever par escalade, h l'aide d'échelles de corde
et de grappins d'acier le château de Clermont. Dès lors, les
forteresses de Clermont, de Creil, de la Hérelle, de Mauconseil se
prêtèrent un mutuel appui pour tenir à discrétion le plat pays
de Vexin et de Beauvaisis *. Les campagnes se dépeuplèrent et
^ Le prieuré de Saint-Leu d'Esserent et Tabbaye de Royaumont ne purent se
racheter du feu et du glaive qu'à prix d'argent (Siméon Luce, Histoire de du Gués-
clin,^. 328). Aussitôt le rétablissement de l'autorité royale en Beauvaisis les deux
eouvents s'empressèrent de solliciter pour ce fait des lettres de rémission. On lit
dans celles accordées en juin 1359 aux religieux de Saint-Leu (Archives natio-
nales, J. J. 90, vi9 184) : a Néantmoins les Anglois et Navarrois de la garnison de
Crael, especialement le capitaine dudit lieu, esmen de rechief à présent de cruauté
et de tirannie envers les dits religieux et envers tout le pays d'environ^ ont fait
savoir aux habitans de toutes les vUles voisines et par especial ans diz religieux
et les ont menaciez que, s'il ne se rançonoient^ composoient ou finoient ans diz
ennemis en rachestant de eulx le feu et le glaive, il gasteroient et ardroient
l*E^se et les villes et lieux dessus diz et occiroient les personnes. Pour lesquelles
choses et menaces, les habitants de laditte ville de Saint-Leu et de plusieurs
autres villes voisines se sont fuiz desdites villes et n'y demeure à présent aucuns
pour les très granz rençons que les diz ennemis en vouloient avoir, lesquelles il ne
peussent paier et ceulz que les diz ennemis ont peu trouver ou atteindre qui ne
se sont voulu rançonner il ont tué et mis à mort; et pour ce que les diz religieux
ne scèvent où foyr, ou aler, se n'est en leur ditte église, ils se sont raenconnez
aosdis ennemis. » C'est pour résister aux Anglo-Navarrais de Creil que les habi-
tants de Longueil-Sainte-Marie et des environs de Compiègne s'organisèrent sous
la direction d'un simple paysan qui fut le véritable héros de ces tristes guerres.
Jean de Venette a raconté en quelques pages inspirées les exploits de Guillaume
L'Aloe et de son valet le Grand Ferré (S. Luce, éd. de Froissart, t. V, p. xxxviii,
et Bulielin de la Société de l'Histoire de France, 1875).
* Voici le récit que Froissart donne de cet événement : « Puis chevaucha le
captaus de Beus tant sus une nuit, parmi le bon pays de Vexin et de Biauvoisis,
qu'il vint & Clermont en Biauvoisin une grosse ville nient (non) fremée et bon
chastiet, voires de une grosse tour que il y a et chaingles (enceinte) environ.
Li captaus, ains son département de Normandie, avoit avisé cesto forterèce à
prendre. Si l'en chei si bien que, sus un ajournement, ses gens le prisent,
emblèrent et eschiellèrent sus les viilains dou pays. Et entrèrent li Navarrois par
eschiellement dedens : de quoi, qui le ditte tour voit, on se poet esmervillier com-
ment ce se poet faire, car à la veue dou monde, c'est cose impossible dou prendre.
Tontesfois il achiévèrent leur emprise par eschielles de cordes et grawés d'acier.
Et y entra premièrement en rampant comme uns cas, Bemars de la Salle, qui en
son vivant en eschiella plusieurs. Et tant fisent en ceste empainte que Clermons
demora au captai de Beus, qui le tint un grant temps et plusieurs bons compa-
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90 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
partout les terres restèrent en friche faute de bras pour les
cultiver.
Cet état de choses se prolongea malheureusement. Clermont
ne fut évacué que vers 1363 moyennant une rançon levée sur
le pays environnant. Creil et Mauconseil l'avaient été dès la fin
de 1359 par le même procédé. Le versement à opérer pour la
délivrance de Creil avait été d'abord fixé entre le roi de Navarre
et leshabitants de Paris à 6,000 royaux ; mais Jean de Fodrynghey
exigea une somme plus considérable*. Le 13 mai 1360 une con-
vention, que signèrent le comte de Warwick, maréchal d'Angle-
terre, d'une part, et la ville de Paris, de l'autre, régla les condi-
tions de l'évacuation de quatre autres lieux forts du Beauvaisis,
La Neuville-en-Hez, la Hérelle, Pont-Sainte-Maxence et Lihus
près Crèvecœur. La rançon fut de 24,000 écus d'or, que payèrent
par moitié les Parisiens et les pays où étaient situées lesdites
forteresses '.
A peine sorti de tutelle •, — il était né le 4 août 1337, —
Louis de Bourbon ne se trouvait pas encore en mesure de pour-
voir à la défense et à la libération de ses domaines héréditaires.
Désormeaux nous apprend toutefois qu'il se comporta vaillam-
gnons dedens, qui durement travillièrent et cuvriièrent depuis le bon pays de
Vexin et de Biauvoisis, parmi Taide des aultres forterèches qui se tenoient nava-
roises là environ, Cray, Le Herielle et Mauconseil. Et estoit tous li plas pays a
yaus, ne nulz n'aloit au devant (t. V, p. 134). »
* L'évacuation de Creil est déjà présentée comme un fait accompli dans des
lettres de rémission délivrées en janvier 1360 (Archives nationales, J. J. 90,
no 365).
« S. Luce, Histoire de du Guesclin, p. 492 et 493. Le 18 mars 1363 (n. s.) le Par-
lement ordonna une enquête et le dépôt des compte et assiette à faire pour le len-
demain de la Trinité dans un procès intenté par le sire de Flavy aux habitants de
Senlis, auxquels il réclamait une somme de 200 deniers d*or au mouton pour le
rachat du château de Clermont et d'autres forteresses. (Archives nationales, zi*
17, folio 375).
' Cette tutelle avait été confiée au moins à Torigine à Jacques de Bourbon,
frère de son père, lequel l'avait mise à profit pour se faire envoyer en possession
du comté de la Marche et de la chàtellenie de Montaigu en Combrailles à raison
de Tapanage dont Pierre !•' était tenu envers lui. 1«' décembre 1357. Huillard-
Bréholles, en donnant l'analyse de l'acte du !«' décembre (no 2755), ajoute qu'il fut
plus tard considéré comme surpris par Jacques à son neveu. Le comté de la
Marche n'en resta pas moins aux héritiers du premier, et devait par eux passer
dans la maison d'Armagnac; seulement il fut décidé par lettres royales du
28 décembre 1371, contrairement aux prétentions de Jean, fils de Jacques, que ce
n'était pas au Roi mais au duc de Bourbonnais qu'en revenait l'hommage
(Mss. Fr. 20,082, fo 3).
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LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS. 9i
ment aux côtés de son beau-frère le Dauphin Charles, pendant les
années qui suivirent la défaite de Poitiers et où ce prince eut à
lutter à la fois contre les ravages des grandes compagnies et
contre une nouvelle invasion d'Edouard III, que fit échouer la
patriotique résistance des populations.
Le traité, dont les préliminaires furent signés à Brétigny le
8 mai 1360, imposait entre autres conditions au roi Jean une
rançon de trois millions d'écus d'or ; 20 otages choisis parmi la
haute noblesse et 42 notables devaient se constituer pleiges de
son complet payement. Le jeune duc de Bourbon fut au nombre
des premiers et s'engagea jusqu'à concurrence de 100,000 francs
d'or. Le 31 octobra 1360 il s'embarqua pour l'Angleterre « et
demoura, nous apprend son historien S en cellui hostaige, à ses
propres cousts, frais et despens, pour son souverain seigneur,
l'espace de sept ans complès, montant la despense la somme de
quarante mille francs passés, sans le principal qui montait
cent mille francs d'or ; lesquels cent mille francs ses pays de
Bourbonnais et de Beauvoisin payèrent comptant, avec toute sa
despense ; car en ce temps-là le roi Charles de France ... avoit
tant à faire en son royaume, tant pour les esmotions d'aucunes
ses communes, appelés Jacques et Maillets, comme pour le roi
de Navarre, et d'autres grandes compaignîes, qui lui estoient
contraires, que le roi n'avoit peu aidier au duc, nonobstant qu'il
ot espousée sa sœur aisnée à femme. »
Si Charles V s'était trouvé hors d'état de libérer son beau-
frère vis-à-vis du trésor anglais *, il avait néanmoins cherché à
lui créer des ressources *. C'est ainsi qu'en 1365 il lui avait
octroyé la faculté d'établir un marché le mardi de chaque
^ La Chroniqtœ du bon duc Loys de Bourbon^ par Jehan d'OrreTÎlle , dit Cabaret,
édition de la Société de TUistoire de France^ 1876, p. 5.
' An moment du départ de Louis de Bourbon pour l'Angleterre il avait recouru
à un procédé anssi expéditif qu'arbitraire pour dégager sa situation pécuniaire.
Par lettres données à SaiotOmer le 7 août 1360, il annula et révoqua toutes alié-
nations de biens et concessions d'offices, qui avaient pu être obtenues par
importunité dudit Louis, quand il était en bas Age, et ne maintint que les dons
faits avec sa propre autorisation, par la raison qu'il avait alors l'administration
des biens de son beau-frère (Huillard-Bréholles, n« 2802.)
> Déjà le 26 novembre 1358, des lettres du roi (Archives nationales, J. J. 86,
no 601) avaient fait don au comte de Clermont de toutes les forfaitures échues ou
à échoir dans l'étendue de son comté « attendanz les griefs pertes et dommages
que nostre dit frère a euz à cause de noz guerres et par especial en ycelle conté
de Clermont, de laquelle la greigneur partie est occupée à présent par les diz
ennemis. »
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92 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
semaine à Marseille, doyenné de Montagne, et d'en percevoir
les droits, émoluments et profits de compte à demi avec Tévêque
de Beauvais, qui partageait avec lui la suzeraineté dudit lieu *.
Le 19 mai 1366, pour subvenir à la défense de son comté de
Clermont menacé par l'approche des grandes compagnies, il lui
concéda une part à percevoir sur les aides ordonnées audit
comté et en tout le diocèse de Beauvais, telle qu'il l'avait déjà
accordée du reste aux autres princes de son sang sur les terres
qu'ils tenaient de la couronne*. Cette part fut arbitrée au tiers
et, suivant mandement adressé le 2 septembre 1366 par les
généraux élus sur le fait des Aides au receveur du diocèse de
Beauvais, dut produire mille francs d'or en trois ans (Huillard-
BréhoUes, n*»» 2946, 2962). Même somme de 1,000 1. lui fut
attribuée le 11 avril 1369 sur les Aides levées au comté de Cler-
mont pour la délivrance du roi Jean*. (n)id., 3099.)
1 Dom Grenier a inséré dans le tome LIV de sa collection (fo 41) les tcnncs de
raccord intervenu entre Jean de Dormans, évéque de Beauvais et le duc de
Bourbon, le 6 avril 1365, au sujet du tarif des droits à percevoir sur le marché
de Marseille. Ce tarif présente un certain intérêt, car il est la reproduction
textuelle, suivant enquête faite par les Baillis de Beauvais et de Clermont, de celui
appliqué (Tancienneté, au profit des Évoques, dans la ville de Gerberoy, grand
entrepôt au moyen âge de la Picardie et de la Normandie. Les taxes en étaient
ainsi réglées : « pour marchandises à cheval, 3 mailles ; à col, 1 denier. Autant
pour les mercbiers qui achètent denrées pour gagner soit prou ou petit. Maille
pour tout ce que le merchier vend à tablette ; 2 deniers pour les draps à vendre
pour le vendeur, et 1 denier pour l'acheteur. Item ceux qui vendent cauches
(chausses) ou caperons cousus 1 maille pour le vendeur et autant pour Tacheteur.
Item un mesguichier doit 3 mailles ; un boulangier^ 3 mailles ; un marchand de
solers nuefs 3 mailles. Item les candeliers soit sieu (suif), chh*e, candelles, oint,
oille, fer, achier, 3 mailles. Item cuir à poil, 1 maille. Item poisson de mer,
1 denier ; rien pour le poisson d'eau douce. Item bouchers, 3 mailles. Item qui
vend sel, pour le sel 1 denier. Item lantemiers doivent Tan une lanterne ; serru-
riers, pour l'an, une serrure. Vendeurs de fauchilles, pour Tan, une fauchille.
Item boirier, pour Fan une boire. Item pos de terre, s'acquittent pour un pot la
journée. Item, écuelle ou plateau de même. »
* De même en 1340, les nobles, hauts justiciers et habitants des bonnes villes
de Vermandois et Picardie ayant octroyé à Philippe VI une aide extraordinaire
pour pourvoir aux frais des guerres qu'il avait alors à soutenir, celui-ci avait
abandonné moitié du produit au duc de Bourbon dans l'étendue de son comté
(Archives Ni«», X, P 1362«, n» 1105.) Il existe aux Archives et nous reproduisons
plus loin un État de la valeur des impositions extraordinaires levées vers le milieu
du xive siècle au comté de Clermont.
s Le 26 septembre précédent, les généraux trésoriers sur le fait des Aides, pour
la délivrance du feu roi Jean, avaient mandé aux grenetiers d'Amiens et de Beau-
vais de laisser le duc de Bourbon prendre sans gabelle six charretées de sel à Abbe-
ville et à Noyelle sur la mer pour le ravitaillement de Clermont en Beauvaisis
et de ses autres châteaux. (Huillard-BréhoUes, no 3070.)
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 93
A cette époque et depuis quelque temps déjà Louis de Bour-
bon était revenu en France et avait repris l'administration de
ses domaines patrimoniaux'. Sa captivité n'avait pas du reste
fait obstacle à ce qu'il passât plusieurs fois sur le continent à la
faveur de saufs-conduits. C'est ainsi qu'en 1364 il avait assisté
au sacre de son beau-frère Charles V, et que le 24 février 1366
il put rendre à l'évêque de Beauvais les foi et hommage réservés
par les Lettres de saint Louis.
Le 5 mai 1370, Louis II fut nommé lieutenant général par
le roi avec pleins pouvoirs au pays de Picardie par delà la rivière
de Somme et au pays de Caux par deçà la rivière de Seine. Le
19 août de Tannée suivante 1371, il épousa à Ardes en Auvergne
sa cousine issue de germain Anne *, enfant unique du premier
mariage de Béraud II, Dauphin d'Auvergne, comte de Clermont,
sire de Mercœur, avec Jeanne de Forez, morte le 17 février 1366,
qui était fille elle-même de Guignes VIII et de Jeanne de
Bourbon. Le traité de ce mariage avait été signé dès le 4 juillet
1368 à Montbrison, et la dot de la future épouse avait compris
tout ce qui lui reviendrait dans le comté de Forez, la terre de
Roannais et la châtellenie de Thiers. (Huillard-BréhoUes,
n* 3065.) Ce n'étaient pas les seuls biens qu'Anne dut apporter
à son mari. Ses oncles maternels Louis I" et Jean II étant
décédés sans postérité, le comté de Forez échut à leur mère
Jeanne de Bourbon, laquelle, par acte du 15 février 1382, en fit
donation à sa petite-fille *. Celle-ci hérita en outre de la sei-
1 Suivant d'Orreville {Chronique, p. 6), Louis II, en débarquant en France,
« amena ung grant chevalier d'Angleterre, appelé messire Hue de Carvelay, à
Clermont en Beauvoisin, et là demoura le duc l'espace de deux mois, pour payer
aucuns restes, qu'il devoit encores en Angleterre. » H partit ensuite pour son
duché de Bourbonnais où, arrivé à Moulins, il institua l'ordre célèbre de l'Écu d'or.
(Ibidem, chap. m.) Au xvii« siècle on voyait encore au chÂteau de Clermont en
Beauvaisis, nous apprend le P. Menestrier, l'écu d'or représenté en plusieurs
endroits, sur Vécu une bande de perles où il y avait écrit Allen (tout ou tous).
* Anne écartelait ses armes partie du Forez : de gueules au Dauphin cfor crété
et oreille de gueules, et partie du Dauphiné d'Auvergne : d^or au Dauphin d'azur
crété et oreille d'argent.
* La donation était également faite à Louis II, qui, dès le mois de mai 1370,
avait racheté, moyennant 30,000 1. t. d'or, au duc d'Anjou les droits qu'il pré-
tendait sur ce comté à titre tant de donataire que d'acquéreur de Renaud^ comte
de Forez, son oncle. (Lamure, t. III.) Le 23 août 1400, Louis II ajouta à ses pos-
sessions du Forez la baronnie du Beaujolais et partie de la Bombes par cession
d'Edouard II, dernier héritier mâle de la maison de Beaujeu. Il acquit le surplus
de la Dombcs avec Trévoux, sa capitale, d'Humbert VII, en 1402.
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94 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS.
gneurie ou baroanie de Mercœur du chef du comte Béraud son
père '.
2. La vie du troisième duc de Bourbon a été écrite en 1429 par
Jean d'Orreville, dit Cabaret, sur Tordre de Charles de Cler-
mont^ son petit-fils. Ce n'est ni une véritable chronique, ni une
histoire, nous apprend son dernier éditeur, M. Chazaud, mais
plutôt un essai de panégyrique officiel, une sorte de cyropédie
française du xv* siècle, dont Tauteur se montre aussi peu sou-
cieux que son devancier athénien de tout ce qui n'est pas
absolument personnel à son héros, et aussi empressé que lui à
célébrer dans son prince l'exemple et le modèle de tous les
talents et de toutes les vertus. (Édition de la Société de l'Histoire
de France. Introduction, p. xxj.)
Nous n'avons pas l'intention d'en donner ici même le résumé.
Nous laisserons également de côté les pages intéressantes, que
M. de Chantelauze dans son édition de Lamure a consacrées à
Louis II, premier comte de Forez de la maison de Bourbon.
Nous voici arrivé, en effet, à ce que nous avons annoncé, en
commençant, comme l'objet principal de cette étude, au Dénom-
brement du comté de Clermont en Beauvaisis, rendu en exécu-
tion des Lettres royales données par Charles V à Vincennes , le
20 novembre 1371, c'est-à-dire quelques mois après le mariage
du duc de Bourbon et d'Anne dauphine d'Auvergne. Le lecteur
trouvera bon toutefois qu'avant d'en aborder l'analyse nous rela-
tions encore ici brièvement les actes postérieurs de Louis II
concernant Clermont, d'autant plus que ce prince devait, sur la
fin de sa vie, apporter aux conditions constitutives de son apa-
nage une dérogation profonde, et qui fut l'origine du fatal procès
engagé au xvi® siècle entre Louise de Savoie et le connétable de
Bourbon.
En 1375 *, Charles V était à Clermont et y promulgua une
* De son mariage avec Margaerite de Sancerre Béraad avait eu, entre autres
enfants, Béraud IV, qui lui succéda dans le Dauphine d'Auvergne et le comté de
Clermont, seigneuries que sa fille et héritière Jeanne devait porter à Louis de
Bourbon comte de Montpensier.
* La Cour semble avoir séjourné assez fréquemment à cette époque sur les
bords de l'Oise, sans doute à l'occasion des travaux de construction que Charles V
faisait alors dans sa nouvelle propriété de Creil, dont le château devait si long-
temps abriter la démence de son éls, car Uuillard-BréhoUes mentionne à la date
du 7 novembre 1375 un acte par lequel Jeanne, reine de f rance, déclare que
rhdtel de l'Épée, où elle est logée à Verberie, appartient à son frère le duc de
Bourbon et qu'elle ne veut rien entreprendre sur ses droits.
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LB COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS. 95
ordonnance portant que lorsque le jugement rendu par les vas-
saux du comté, qui h cause de leurs fiefs étaient tenus de rendre
la justice, serait cassé, ils ne pourraient, au lieu de la responsa-
bilité qu'ils encouraient précédemment, être condamnés qu'à
une amende de 60 1. et, qu'au contraire, lorsque le jugement
serait confirmé, les appelants paieraient une amende égale qui
serait partagée entre les juges. ( Ordonnances des Rois de
France, t. VI, p. 142.)
Le 26 février 1377 (n. st.) il abandonna à son beau-frère le
quint denier, que celui-ci devait au Trésor à raison de la vente
que Tristan de Maignelers, chevalier , seigneur dudit lieu , de
Montigny et de Coivrel, venait de lui faire, le 31 janvier précé-
dent, moyennant mille francs d'or, d'une rente annuelle et per-
pétuelle de cent livres tournois hypothéquée sur le châtel de
Maignelay ^ ses appartenances et dépendances tant domaines
que justice et seigneurie, ladite rente érigée, en outre, pour
l'acquéreur en fief relevant directement du roi. (Arch. nat.,
P. 1369', n' 1736). Tristan de Maignelers ou de Maignelay,
grand échanson de France, était alors dans de mauvaises affaires
pécuniaires ; fait prisonnier à Poitiers il avait dû pour le paie-
ment de sa rançon, aliéner ou engager la plupart de ses terres.
A sa mort (1378), le duc de Bourbon, créancier privilégié, parait
être devenu adjudicataire de Maignelay, dont il rendit foi et
hommage au roi le 10 mars 1379 (Huillard-Bréholles, n*" 3414).
Toutefois la prise de possession ne fut pas définitive; car
après de longs incidents judiciaires , cette terre dégagée par
Charles VII en faveur d'Antoinette de Maignelay, cousine et
émule d'Agnès Sorel, lui fut constituée en dot lorsque le mo-
narque la maria en 14S0 à André baron de Villequier, premier
gentilhomme de la Chambre '.
Revenant à Louis II de Bourbon nous le trouvons en 1378
recevant du roi un don nouveau et considérable. La chàtellenie
de Milly, dans la mouvance de Bulles, dont elle constituait l'ar-
rière-fief le plus important, était passée vers le milieu du xrv^
siècle, avec la main de Jeanne , héritière de l'ancienne maison
^ Doyenné de Ressons, aujourd'hui chef-lieu de canton de rarrondissement de
Clermont.
• Voir Graves, Précis statistique du canton de Maignelay, p. 47-48 et P. Anselme,
Histoire généalogique des grands officiers de la couronne.
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96 LE COMTÉ DE CLERJfONT EN BEAUVAISIS.
de ce nom, à N. . . de Picquigny , seigneur de Fluy . Ce seigneur —
parent, peut-être frère de Jean de Picquigny, Tàme damnée du
roi de Navarre qui lui dut sa délivrance de la prison d'Arleux
(novembre 1357), le possesseur de la redoutable forteresse de la
Hérelle d'où il mit si longtemps à contribution tous les pays
d'alentour, — eut deux fils, dont lalné Robert suivit également le
parti de Charles le Mauvais, et s'en montra à tel point l'adhé-
rent et le conseiller dévoué qu'en 1378, lorsqu'éclata entre ce
prince et Charles V une guerre nouvelle, il fut déclaré coupable
de lèse-majesté et condamné à la confiscation de tous ses biens,
n avait, conmie aîné, hérité des deux tiers de la chàtellenie de
Milly. Des lettres patentes du 22 juillet 1378 (Arch. nat., F 1364',
n« 1332 et Ms. fr. 20,082, f* S69) attribuèrent ces deux tiers, dont
le revenu était évalué à huit cents livres de terres parisis, au duc
de Bourbon qui venait précisément alors de diriger avec Dugues-
clin une expédition heureuse contre les troupes navarraises et
les forteresses qu'elles occupaient en Normandie *. Celui-ci con-
serva quelques années seulement entre ses mains le domaine
qui lui était ainsi concédé. Le 10 juillet 1389 il en fit don à
Renaud de Roye, chambellan du roi ; une clause toutefois de
l'acte de donation réservait le droit de retour , en cas d'extinc-
tion de la postérité du donataire, et eUe ne devait pas tarder à
recevoir son application. Le dernier tiers de la chàtellenie était
demeuré à Renaud de Picquigny, second fils de Jeanne de
Milly. n le légua à sa femme Isabelle de Neuville qui le trans-
mit à son fils d'un premier lit Jacques de Bouflers, dont les des-
cendants s'en trouvaient encore possesseurs dans le courant du
xviu* siècle '. Ce fut Renaud de Picquigny qui, de concert avec
Isabelle de Ferrières, veuve du sire de Roye, abolit les droits de
servitude, mortemainet formariage qui pesaient encore sur une
^ Les lettres avaient eu soin de stipuler qu'au cas où, par suite d'un traité ou
pour tout autre cause justifiée par Tintérèt du royaume, Milly viendrait à être
restitué à Robert de Picquigny, aucune indemnité ne serait due à Louis de
Bourbon. Charles VI, le 12 décembre 4380, confirma le don de la terre de Milly à
son oncle, au nom duquel Wiet-Questel, sergent royal au bailliage de Senlis, en
prit possession et saisine le 26 du même mois. (Huillard-Bréholles, n» 3467.)
* Voyez un État des fiefs tenus du comté de Qermont avec la suite des pos-
sesseurs desdits fiefs, depuis 1373 jusqu'en Tan 1500, dressé par M* Jean Dargilliére,
greffier juré du bailliage. Archives de TOise, E 39. Un échange, conclu le 21 sep-
tembre 1699 entre le roi et le duc de Boufflers, mit ce dernier en possession de
la totalité de la chàtellenie de Milly.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 97
partie de la population de Milly, laquelle s'en affranchit moyen-
nant vingt livres de terre par an au parisis. La charte, que Louvet
a reproduite in extenso dans son Histoire de la ville et cité de Beau-
vais (p. 594-599), est datée du 17 novembre 1400 et revêtue de
l'approbation de Louis, duc de Bourbon, tant en son nom per-
sonnel que comme ayant le gouvernement de son fils aîné Jean,
lors comte de Clermont^
Renaud de Roye n'avait pas été le seul à ressentir les effets
de la munificence de Louis IL En février 1377, ce prince avait
donné à messire Hutin Le Baveux, son chambellan, et qui
devait être l'un de ses exécuteurs testamentaires, l'usufruit de
ses terres et châtels de FranconviUe-au-Bois et de Baillet en
France. Au mois de février 1382 (n. st.), en considération de
son mariage, il lui conféra ainsi qu'aux hoirs descendants de
son corps * la pleine propriété desdites terres, à charge de les
tenir en fief, et d'en être son homme. (Huillard-Bréholles,
n® 3494.) Dès lors l'hommage de Franconville et de Baillet fut
porté au comté de Clermont, et c'est pourquoi nous avons cru
devoir placer à la suite de l'analyse du dénombrement de 1373
un État en brief des revenu et valeur des deux seigneuries, que
nous ont fourni les Archives nationales.
Ce fut le 16 septembre 1380 qu'une mort prématurée enleva
la couronne à Charles V pour la faire passer sur la tête de son
fils, à peine âgé de onze ans, et dont le règne devait être une des
plus douloureuses périodes de l'Histoire de France. Le testa-
ment du monarque défunt attribuait aux ducs de Bourbon et de
Bourgogne la garde et la tutelle du jeune roi ; naais ils durent
les partager avec le duc d'Anjou. Devenu majeur, Charles VI
conserva son oncle maternel seul des princes du sang dans
ses conseils, et lorsqu'une cruelle maladie (août 1392) l'eut forcé
à remettre en d'autres mains l'administration de son royaume,
il voulut que celui-ci continuât à y prendre la principale part.
1 Louis avait donné son approbation à double titre^ en qualité de suzerain et
à raison des droits qu'il tenait de Tacte du iO juillet 1389. Un arrêt du 26 mars
1395, cité par Bosquillon, lui avait attribué la connaissance des nobles de la chft-
tellenie» à l'exclusion du seigneur de Milly.
' Cette réserve ne fut pas aussi profitable au domaine du comté que celle insérée
dans la donation relative à Milly. Au xviii* siècle les deux seigneuries apparte-
naient encore à la famille d'O, qui descendait par les femmes du premier dona-
taire.
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98 LB COMTÉ DE CLBRMONT EN BEACYAISI^.
Entre temps le duc de Bourbon avait dirigé outre mer une
expédition que le dernier historien des princes de Condé relate
en ces termes. Louis II de Bourbon , surnommé la fleur des che-
valiers, élève et compagnon de Duguesclin, passait, dit M. le
duc d'Aumale (t. I, p. 10), pour un des plus grands princes de
son temps. Sa renommée était telle que les Génois, voyant leur
commerce ruiné par les Barbaresques, s'adressèrent à lui pour
les délivrer de ces pirates. Dans une expédition brillante , orga-
nisée à ses frais, le duc après avoir débarqué à Carthage, aux
lieux illustrés par la mort de son saint aïeul, battit les rois de
Tunis et de Bougie, leur imposa une paix honteuse et fit mettre
en liberté tous les captifs ; puis, à son retour, il s'empara de
Cagliari et détruisit la flotte arabe (1390).
Lorsqu'il avait été préposé à la garde du roi, le duc de Bour-
bon, « voyant qu'il le fallait remanoir, se pensa, nous apprend
d'Orreville, de mectre ordonnance en ses pays, et que ad ce
convenoitung chevalier saige, qni représentast sa personne au
gouvernement de ses pays. » Il fit choix d'un nivernais le sire
de Norris dont la longue administration fut, en effet, très-profi-
table à son maître, si l'on en juge par les accroissements que
reçurent alors tous ses domaines et notamment celui de Cler-
mont \ dont nous nous occupons seul ici.
Le 4 novembre 1392, Jean P', comte d'Auvergne et de Bou-
logne, vendit au duc de Bourbon la terre et chàtellenie de
* Ce fut le sire de Norris que le duc chargea en 1383 d'aller à Qermont apaiser
un mouTement populaire, qui paraît 8*être relié à ceux qui agitaient alors le nord
de la France. « Et quant le sire de Norris fut à Paris, le duc de Bourbon lui dit
qu'il aToit faite bonne diligence de lui amener ses gens, a mais quant est de vous
qui estes ici, je en sui bien liez, car on m'a tant rapporté en bien de vos œuvres,
qu'il m'en est moult bel. Cependant de présent vous ne pouvez venir avecques
moi. Car j'ai sentu une grande rumonr que il y a à Qermont en Beauvoisin, ou
en celle part convient que vous alliez, et que vous prengniez de mes gens pour
estre bien accompaigné xzv ou trente^ car vous savez que ceulx de Beauvoisin
sont voulentiers coustumiers de faire mal et mouvoir quelque rébellion, et voyez
que ceste ville de Paris se murmure en tout mal, et ont jà les Flamens cbacié leur sei-
gneur le conte, qui est bien taillé de tout perdre, si le roi ne se haste de aller le
secourir. Et sont alliés ceulz de Flandres ensemble ceulx de Paris, qui est com-
mune renoDunée. » Et sur ce s'en alla le sire de Norris par le commandement de
son maistre en Beauvoisin à grant regret de le laisser, qui par son sens apaisa
les gens d'icelle contrée, et tant par justice comme par doulces paroles, les
mit en la bonne grftce et obéissance du duc de Bourbon, leur seigneur. » La
Chronique du bon duc Loys de Bourbon, C. LIV.
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LE COBfTÉ DE CXERMONT EN BEACVAISIS. 99
Remin ou Remy en Beauvaisis. Cette châtellenie , on s'en sou-
vient , avait formé la dot de Blanche , fille aînée de Robert ,
comte de Clermont, lorsqu'elle avait épousé en 1303 Robert VII
dit le Grand, comte d'Auvergne et de Boulogne, et sa posses-
sion, contestée pendant près d'un demi-siëde entre les maisons
de Boiu'bon et d'Auvergne, venait d'être définitivement attri-
buée à la seconde par arrêt du Parlement du 21 mars 1379 *.
Deux ans avant cette acquisition, laquelle comprit également
les fiefs de Sacy-le-Grand qui avaient fait le partage de Jean de
Clermont, baron de Charolais, et qu'il avait transmis à sa fiUe,
femme de Jean, comte d'Auvergne et de Boulogne (Ms. fr.,
25,220) avait eu lieu celle du fief Barbançon à Hermès. Jean de
Ligne en était possesseur du chef de sa femme Eustache de
Barbançon; il le céda en 1390 au duc de Bourbon qui devait en
faire donation au mois de novembre 1402 à l'abbaye de Froid-
mont, pour la fondation d'une messe quotidienne au mattre-
autel et de deux anniversaires par an. (Ms. fr. 25,220 et Dela-
dreue. Notice sur ^abbaye de Froidmont.)
1 Vidimas délivré le 5 juillet 4392. - Archives nationales, P 1463*, n» 1094. On
voit par les considérants de Tarrét du 21 mars que la seigneurie de Rémy se
composait de deux fiefs. L*un était sans doute celui que Gaucher de Chàtillon
avait délaissé au roi en mars 1245. L'autre, beaucoup plus considérable puisquMl
comprenait trois parties de tous les revenus, droits et profits, avait été vendu
par Amaury de Montfort, clerc, à Robert comte de Clermont ; mais Raoul de
Clermont-Nesle, connétable de France, en avait opéré le retrait lignager et sa
fille Alix, épouse de Guillaume de Flandres, Tavait constitué en dot à sa fille
atnée Marie lorsque celle-ci était devenue la seconde femme de Robert VII, comte
d'Auvergne et de Boulogne, dont elle eut Jean !«' qui devint possesseur des deux
comtés en 1361 à la mort de Philippe duc de Bourgogne. V. Huillard-Bréholles,
vfi 1522, la procuration donnée le 29 mars 1319 (n. st.) par Alix dame de Nesles à
Gilles de Laval, chevalier, pour requérir Louis, comte de Clermont, de recevoir
en sa foi et hommage, Robert, comte de Boulogne et Marie de Flandres^ sa
femme^ pour tout le fief que ladite dame tient à Rémy du comté de Clermont, et
qu^elle entend transporter ti sa fille et à son gendre. A la mort de Robert VII,
le fils issu de son mariage avec Blanche de Clermont, Guillaume XII avait assis le
douaire de sa belle-mère , ainsi que Tapanage de son fk^re consanguin, sur
diverses terres et entre autres sur la part de Rémy qui lui appartenait du côté
maternel. Louis !•' de Bourbon avait fait opposition à cette assignation qui lui
semblait compromettre ses droits éventuels de réversion et elle avait été révo-
quée. Mais Jeanne, comtesse de Boulogne et d'Auvergne, fille de Guillaume, et
Philippe de Bourgogne, son époux, Tavaient renouvelée avec l'approbation du Roi,
et Louis II de Bourbon, ayant repris l'instance en 1363, se trouva d'autant plus
débouté par l'arrêt du 21 mars 1379, qu'il fut établi que Jeanne de Clermont,
femme de Jean I«', comte d'Auvergne et de Boulogne, se trouvait la plus proche
héritière collatérale.
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100 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISÏS.
En 1394, le sire de Norris entreprit sur le territoire de Reuil-
sur-Aré, au lieu ditCressy, la construction d'un étang qui ne
devait pas être de moindre étendue que celui de Gouvieux*. (D'Or-
reville, c. lviii.) Cette entreprise ne put toutefois s'accomplir
sans difficultés. Raoul de Flavy y fit opposition et ne se désista
que lorsqu'une sentence arbitrale du 17 juin lui eut attribué un
dédommagement sur la terre de RonqueroUes, qu'à une époque
indéterminée, mais antérieure au dénombrement de 1373, le duc
de Rourbon avait acquise d'un nommé Jean Paix est bonne,
auquel l'avait vendue Rillebault de Trie, seigneur de Fresnes.
(Mss. 20,082, P 79.) Il fallut de même en 1407 (contrat du 10
juillet) acheter de Guillaume de Lieuvillers dit le Resgue et de
Jeanne de Campremy les droits que, comme seigneurs d'Airion,
ils prétendaient sur le nouvel étang de Crécy \
La châtellenie de Rulles appartenait par indivis depuis la fin
du xii° siècle aux maisons de MeUo et de Gonti. Elle était la
seigneurie sans contredit la plus considérable du Glermontois
tant à raison de ses domaines propres que de ses mouvances.
Aussi les comtes n'eurent-ils garde de négliger, dès qu'elle leur
fut offerte, l'occasion d'en devenir propriétaires. Graves nous
SL^^^rend {Précis statistique y p. 66) que de 1340 à 1398 ils l'ac-
quirent par portions détachées. Toutefois l'opération n'était
guère avancée encore en 1373, ainsi qu'en fait foi le dénombre-
ment, où le duc de Rourbon ne figure à l'article de Rulles que
pour un fief de peu d'importance. Du reste, bien que l'ac-
quisition de la totalité soit certaine', nous n'avons trouvé la
mention expresse que d'un seul acte (Dom Grenier , t. CXCVI),
celui du 6 novembre 1398 par lequel David, sire et Rer d'Auxy,
vendit à Louis II le quart de Rulles avec la seigneurie de
Moyenneville pour la somme de 1,100 livres de la monnaie
courante alors à compter un écu d'or à la couronne du roi
* Ms. Fr. 25,220 et Archives nationales, P 1285. Inventaire des titres du duc de
Bourbonnais conservés à Moulins, dressé par Jehan d'Argillière, escuyer esleu
de Clermont pour le roi notre sire et receveur général du comté de Qermont
en Beauvoisis en 1501. — L'étang de Crécy n'existe plus aujourd'hui, il a été
desséché dans le courant du xviu* siècle.
* Dans l'État des fiefs tenus du comté de Clermont, dressé par d'Argillière
en 1500 (Archives de l'Oise, E 39), on trouve à la suite de l'énumération des
divers fiefs formant le domaine de Bulles, qu'ils appartiennent à Ma^ le comte
et sont réunis à sa table.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 101
pour 22 SOUS 6 deniers tournois pièce. Le sire d'Auxy avait agi
dans cette circonstance à un double titre, en son nom personnel
comme héritier de son aïeule Marie d'Encre, dame de Bulles en
partie et de Monceaux, et au nom de sa femme Marguerite de
La Trémoille, dont la mère était de la maison de Mello.
En même temps qu'il assurait la réunion au domaine de Cler-
mont de la châteUenie de Bulles, le vigilant administrateur de
ce domaine, le sire de Norris négociait une autre cession non
moins importante, celle de la châtellenie de la Hérelle qui valait
six cents livres de rente. (D'Orreville, c. lviii.) Du terrible capi-
taine navarrais Jean de Picquigny, qui y trépassa vers 1360
étranglé, suivant Froissart, par son chambellan, elle était échue
à sa fille Marguerite, femme de Hugues de Melun, seigneur
d'Antoing et d'Epinoy. Leur fille et héritière Isabelle se maria
deux fois. Elle épousa d'abord Robert de Namur puis Bertrand,
seigneur de la Bouverie. Ce fut de concert avec ce dernier que
le 5 février 1399 (1400) elle vendit au duc de Bourbon les châ-
teau et seigneurie de la Hérelle, avec toutes leurs appartenances
et dépendances. (Inventaire d'Argillière et Lamure *.)
3. Si le comté de Clermont avait reçu les accroissements con-
sidérables que nous venons de dire, Louis II avait été par contre
obligé de renoncer à Tespoir qu'il avait quelque temps nourri
d'y rattacher la châtellenie de Creil *. Cette châtellenie, dot de
• La Hérelle, dit M. Graves {Précis statistique sur le canton de Breteuily p. 72),
était dans Torigine un domaine royal, dont Philippe-Auguste fît présent en 1199
à Barthélémy de Roye, chambrier de France. Alix de Roye, sa fille atnée, apporta
cette seigneurie en dot en 1214 à Raoul de Nesle, seigneur de Flavy, de la maison
duquel elle passa dans celle de Picquigny par le mariage de Béatrix de Nesle
avec Ferry de Picquigny, seigneur d'Ailly-sur-Somme. La châtellenie de la Hérelle
relevait de Montdidier et était de son ressort jucyciaire. Comme depuis l'acquisi-
tion de 1399 elle ne cessa de suivre la fortune du comté de Clermont, nous avons
cru intéressant d'indiquer ici d'après Dom Grenier (t. CXVIll), l'état de ses mou-
vances au XY II 10 siècle. 18 fiefs en relevaient, savoir : les fîefs de BoulainviUiers,
de Malcroissant, d'Argenlieu, du Hamel, de Nédonchel, de Portemer, de Neuf-
Moulin, de la Salle, Bertaut et deux autres, le tout sur la paroisse de la Hérelle ;
deux fiefs sur la paroisse de Mory-Maucrux ; deux à Bacouel, paroisse de Chepoix ;
le fief de Bruilevert, paroisse de Gannes ; celui de Coquesaille, paroisse de Séré-
villers ; enfin la terre et seigneurie de Guerbigny„ près Montdidier.
* Déjà en 1369, Louis II avait essayé de rentrer en possession de Creil. Huillard-
BréhoUes cite sous le no 3105 de son Recueil un mandement de Gilles, seigneur
de Nédonchel, chevalier, gouverneur de Clermont, aux sergents de ce comté en
date du 6 mai 1369, portant ordre de saisir et mettre sous la main du duc de
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102 LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEÀUVÂISIS.
Béatrix de Bourbon, reine de Bohême, avait été cédée en 1374,
ainsi qu'on Ta vu plus haut, par cette princesse et par Eudes de
Grancey, son second mari, au roi Charles V qui l'avait unie au
domaine de la couronne et placée en même temps dans le res-
sort du bailliage de Senlis^ Béatrix étant morte en 1385 après
son fils unique Wenceslas, le duc de Bourbon prétendit que la
clause de réversion, stipulée par le contrat de mariage de 1334,
se trouvait ouverte et intenta un procès en réintégration, que
Du Puy a résumé en ces termes {Droits du Roi, p. 797) : Le duc
alléguait le décès sans enfants de Béatrix sa tante ; la condition
de retoiu* lui semblait advenue. Le roi disait que lorsque
Charles Y son père acquit cette baronnie, la prohibition d'aliéner
était finie par la mort du roi de Bohême, le duc de Brabant son
fils étant intervenu au contrat de vente. Outre ce il y avait
procès pour Gaillefontaine, Rosay et autres terres que Philippe
le Bel avait données en 1310 à Charles de Valois son frère,
lorsqu'il avait épousé Mahaut de Saint-Fol et que Charles V
avait depuis confirmées en 1359 à Isabelle de Valois, duchesse
de Bourbon, sa belle-mère, mais qui, deux années après, avaient
été retirées à celle-ci, comme formant le douaire de la reine
Blanche*, sur quoi il y eut transaction du 14 novembre 1394, par
laquelle il fut convenu que pour Creil, Gaillefontaine, Rozay, et
autres terres que le duc cédait au roi. Sa Majesté lui baillait Chas-
tel-Chinon, Lourme, Oronce, Bracy, avec tous les droits, hommes
Bourbon» pour défaut d'homme^ les ohastel, viUe, baronnie et appartenances de
Creil et d*en ôter tous les officiers qui n*y auraient pas été établis au nom du duc
par M. d» Grancey. La saisie eut liçu le lendemain, mais elle ne parait pas ayoïr
eu de suites.
* Aussitôt devenu possesseur de la cbâtellenie de Creil, Charles V ne s*était pas
contenté d*en agrandir et embellir la résidence seigneuriale, il s*était également
occupé d'en rétablir les revenus ^i, parait-il, avaient fort dépéri dans les derniers
troubles. Par acte du 27 novembre 1374 (Archives nationales, JJ. 106, f» 113, v«)
il interdit les foires et marchés qui se tenaient depuis quelque temps à Sauqueuses
et à Saintr^Leu d'Esserent au détriment de Creil. « Comme par la prinse des enne^
mis de nostre royaume qui es ans LVIII, LIX, LX darain passés occupèrent nostre
ville de Creel, elle ait esté et soit encores déserte en grante partie et les biens des
bourgoiz et habitanz dicelle perduz, gastez et dissipez tant que leurs héritaiges
ont été deserz et petitement labourez dont ilz souloient vivre en plus grant partie
et par ce furent et ont esté mis à telle povreté que pou de gens ont converse avec
eulx et que toute marchandise est faillie en ladite ville et le marchie qui y estoit
et est au mardi, lequel estoit grant et bon et là où grant quantité du peuple venoit
et affluoit, a esté du tout mis au néant. »
* Du Puy, Les Droits du jRot, p. 873, et Huillard-Bréholles, n» 2783.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 103
et femmes de corps et tout le reste fors la foi et hommage, res-
sort et souveraineté *. Chastel-Chinon seul, outre qu'il confinait
au Bourbonnais, rapportait, nous apprend d'Orreville (c. liv),
cinq à six mille livres de rente, tandis que Creil n'en valait que
trois mille, et que les terres attribuées à Isabelle de Valois pro-
duisaient à peu près pareille somme *. L'échange conclu était
donc loin de se trouver désavantageux pour Louis II ; mais le
comté de Glermont n'en demeurait pas moins démembré, et le
regret de ce démembrement, imparfaitement compensé par l'ac-
quisition de Bulles et de la Hérelle, ne fut pas sans inspirer
dans une certaine mesure la clause insérée dans le contrat de
mariage de Jean de Bourbon, et qui eut pour effet de faire désor-
mais du comté de Glermont l'apanage exclusif des mâles de la
maison de Bourbon.
De son union avec Anne, dauphine d'Auvergne, Louis II
avait eu quatre enfants, deux filles, dont l'une, Catherine^
mourut en bas âge, l'autre, Isabelle, vivait encore en 1438, ainsi
qu'il résulte d'un compromis qui intervint la dite année entre elle
et ses cohéritiers relativement au dauphine d^Auvergne, mais
ne contracta pas d'alliance ', et deux fils. Le plus jeune, Louis,
seigneur de Beaujolais , mourut en 1404 , encore adolescent.
L'aîné Jean était né en mars 1380 et comptait par conséquent
vingt ans à peine lorsqu'il fut fiancé et marié, le 24 juin 1400 *,
* Cette cession était subordonnée à Tissa e d'un procès, lors entamé entre le
Domaine et les héritiers de Jeanne d*Eu, duchesse d'Etampes et comtesse
d'Athènes. Il aboutit en 1395 à une transaction qui assura au duc de Bourbon la
propriété des terres en question. (Du Puy, p. 772-773.)
* Lesdites terres ayant été, ainsi que nous venons de le dipe, retirées le
25 mai 1361 par le roi Jean comme faisant partie du douaire de sa belle-mère
Blanche de Navarre, seconde femme de Philippe de Valois, ce prince avait assigné
en échange à Isabelle de Valois 3,000 tr, de rente ^ prendre sur le péage de
Sain t- Jean-de-Losne .
' Sainte-Marthe prétend qu'Isabelle aurait épousé, par dispense, son oncle
maternel Béraud lU, comte de Glermont, Dauphin d'Auvergne, mais cette opinion
a été réfutée par le P. Anselme.
^ « Et par iceulx jours que l'Empereur grégeois {Manuel Paléologue) estoit à
Paris, fut faict le mariage de Jehan, comte de Glermont, fils au duc de Bourbon,
et de l'excellente et vertueuse princesse dame Marie, fille au duc de Berry,
laquelle avoist esté comtesse de Blois et d'Eu, où fut la feste grande et solennelle,
au palais à Paris, et y estoit le roi François et le grec empereur ensemble la
haulte baronie de France. » Xa Chronique du bon duc Loys de Bourbon^
c. UXXVI.
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i04 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVAISIS.
à Marie de Berry, fille de Jean de France, troisième fils du roi
Jean, duc de Berry, comte de Poitou, d'Étampes, d'Auvergne
et de Boulogne, et de Jeanne d'Armagnac, sa première femme.
Agée de trente ans, la nouvelle épouse avait été déjà mariée
deux fois, d'abord en 1385 à Louis de Ghàtillon, comte de
Dunois S puis en janvier 1392 à Philippe d'Artois, comte d'Eu,
connétable de France, mort en 1397 *. Elle apportait en dot à
Jean le duché d'Auvergne, apanage de son père, et le comté de
Montpensier, acheté par lui en 1384 de Bernard de Yentadour,
héritier de la maison de Beaujeu. Cette dot lui avait été consti-
tuée dans des conditions particulières, qu'il convient d'indiquer
ici.
Par un acte entre vifs du 4 novembre 1386, Jean, duc de
Berry, avait disposé en faveur du roi de France et de la cou-
ronne de tous ses biens et apanages, comprenant les duchés de
Berry et d'Auvergne, les comtés de Poitou et de Montpensier,
pour en jouir à son décès s'il mourait sans laisser d'enfants
mâles et sous la condition de payer alors à chacune de ses deux
filles Bonne ' et Marie une somme de 60,000 livres. Charles VI
avait accepté les mêmes jour et an la donation qui lui était ainsi
faite. Mais, en considération du mariage de Marie de Berry et
de Jean de Bourbon, il consentit par lettres de janvier 1400 que
nonobstant ladite donation, le duché d'Auvergne et le comté de
Montpensier fussent assurés à titre incommutable aux nouveaux
époux, sous la seule réserve du droit de retour, s'ils venaient à
décéder sans postérité masculine. (Du Puy, p. 899.)
La chambre des Comptes n'enregistra la libéralité royale qu'a-
près deux jussions, et cependant cette libéralité avait été loin
d'avoir eu lieu à titre purement gratuit. En effet, d'une part Jean
1 n était fils de Gui II» comte de Blois, qui lui ayant survécu vendit en 1391 le
Blésois et le Dunois à Louis de France^ duc d'Orléans.
* De son mariage avec le comte d'Eu, Marie de Berry avait eu trois enfants :
1« Charles d'Artois, comte d'Eu, connétable de France, mort en 1472, le dernier
de la maison des comtes d'Artois descendant de Louis VIII ; 2» Bonne, femme :
A de Philippe de Bourgogne, comte de Nevers, dont elle eut deux fils, B et de
Philippe le bon duc de Bourgogne, son neveu, qui n'en eut pas d'enfants;
3^ Catherine, première femme de Jean de Bourbon sire de Carenci.
' Bonne, sœur ainée de Marie, épousa successivement Amédée VII, comte de
Savoie (1376), et Bernard VII, connétable d'Armagnac (1394). Jean, duc de Berry,
avait eu en outre trois fils qui tous les trois moururent avant lui.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 105
de Berry avait délaissé à la couronne la possession immédiate
de la vicomte de Cariât, de la ville et seigneurie de Montferrand
ainsi que de la châtellenie d'Ussou, et renoncé à exiger la somme
réservée dans la donation de 1386 en faveur de sa fille (Du Puy,
p. 899 et 971). D'autre part, Louis II, par contemplation de Toc-
troi fait par le roi en accroissement du mariage de son fils avait
stipulé, par lettres du mois de mai 1400 (Archives nationales,
P. 1370, cote 1886), que au casque lui, son fils le duc Jean et les
enfants mâles qui descendraient du dit mariage iraient de vie
à trépas sans hoirs mâles, d'eux procréés par légitime mariage,
ses duché de Bourbonnais et comté de Glermont, ensemble leurs
appartenances et dépendances * viendraient et appartiendraient
au roi Charles et à ses successeurs rois, comme leur propre
héritage et domaine, et seraient unis perpétuellement à la cou-
ronne, avec cette seule réserve que le roi ou ses successeurs
seraient tenus de marier bien et convenablement, selon leur
état, les filles que pourraient laisser le donateur ou ses héri-
tiers. Celui-ci se réservait aussi la disposition de 1,200 livides
parisis de rente pour des fondations charitables.
Dans les considérants de l'acte du mois de mai 1400 ' le duc
de Bourbon déclarait qu'il était principalement mû par le désir
que « Testât de la couronne de France, dont noz prédécesseurs
1 Voici rénamération de ces appartenances et appendances qui a son intérêt,
car elle permet d'apprécier ce dont se composait alors le domaine seigneurial :
« villes, chasteaulx et autres forteresses, bours, villes et villaiges, maisons,
manoirs et habitations^ fours, moulins, rivières, estaings, viviers et autres eaues,
forestz, boys, garennes, aulnolz et pasturaiges, terres, vignes, prés, saulçois,
cens, censives, dixmes, peaiges, travers et coustumez, fiefs, rereûefs, hommes,
hommaiges, vassaulx, vausseillaiges, hommes et femmes de serve condicion,
taillables à volonté, et autrement comment que ce soit, jurisdictions et justices
aultes, moiennes et basses, gardes, patronnaiges, présentations, collation de
béncffices et autres haultèces, noblèces et seigneuries, droiz, rentes, prouffiz,
émoluments et autres choses quelsconques. »
• Parlant de la déclaration de 1400, Pasquier {Recherches de France, 1. VI, c. xi)
s'exprime ainsi : « C'était à bien dire un troc et au lieu du duché d'Auvergne,
ancien domaine de France qui ne pouvait tomber en quenouille ni par consé-
quent es mains de la princesse Marie, faire passer en contre-échange à la cou-
ronne le Bourbonnais et le Forez, auxquels elle n'eût eu aucune part défaillans
les mâles ... Car, quant au comté de Glermont, ajoute-t-il, il n'en fallait aucune
déclaration comme étant apanage de France. » Cette dernière assertion de
l'auteur des Recherches est contredite par Husson dans son Mémoire sur les
apanages des fils de France. î\ établit que jusqu'en 1400 on n'avait jamais douté
dans la maison de Bourbon que les femelles aussi bien que les mâles ne fussent
capables de succéder au comté de Clermont, et les termes de la déclaration de
Louis II lui donnent raison.
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106 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISISU
ducs de Bourbonnais et comtes de Glermont et nous sommes
yssus et descenduz, preigne accroissement en tout bien, et que
nos subgectz esdits duchié de Bourbonnais et comté de Gler-
mont, qui de tout temps ont esté bons, vrays et obéyssans
envers nos dits prédécesseurs et nous, soient et leurs succes-
seurs au temps à venir, paisiblement traitiez et gouvernez, >»
avantages, qu'au cas où la descendance masculine directe de la
maison de Bourbon viendrait à défaillir, ils ne pourraient tenir
d'aucun autre gouvernement mieux que de la couronne de
France c< où la fontaine de toute grftce, miséricorde et débon-
naireté temporelle afflue et habonde. »
Jean, comte de Glermont, et Marie de Berry sa femme, avec
Tautorisation de leur père et beau-père , passèrent au mois de
mai suivant les déclarations nécessaires pour le retour à la cou-
ronne, à défaut de leur descendance masculine, tant des duchés
de Bourbonnais et d'Auvergne que des comtés de Glermont et
de Montpensier. Autant en fit Gharles de Bourbon, comte de
Glermont, leur fils, par lettres données à Moulins le 13 août
1425. (Archives nationales, P. 1370, c. 1886 '.)
Depuis le 24 juin 1400 jusqu'à sa mort, Louis II ne passa plus
d'actes pour le comté de Glermont *, que comme ayant le gou-
vernement de son fils atné Jean, comte de Glermont. G'est ainsi
qu'il se qualifie dans les lettres d'affranchissement des serfs de
Milly du mois de novembre 1400; dans celles du 13 novembre
1 Les divers actes concernant la réversion du Bourbonnais et du comté de
Glermont sont imprimés dans le tome III de Lamure. M. Douet-d'Arcq a publié
les lettres de Louis II dans son choix de Pièces inédites relatives au règne de
Charles VI.
* Les actes antérieurs de Louis II, que nous n^avons pas indiqués dans le cours
de ce travail sont : la concession le 27 janvier 4372 au seigneur de Gicourt et à
ses gens et serviteurs du droit d*usage, de chauffage, de pâturage et de panage
dans la forêt de Uez, à cause de sa maison de Gicourt ; Tamortissement en
faveur de Gilles de Nédonchel, gouverneur du comté, de 30 1. de rente annuelle à
affecter à des fondations pieuses. Janvier 1376 : (Dom Grenier, t. LIV et Ms.
Fr. 20,082, f» 574) Toctroi aux bourgeois et habitants de Nointel, en janvier 1379,
d'une foire annuelle ; (Uuillard-Bréholles, b9 3412) le don d'un fief fait en 1388
à Borgne-Fouquant, son écuyer, et l'accensement d'une terre, le 18 décembre de
la même année, à Jean de Caen (Ms. Fr. 4663). Suivant Graves {Précis statistique,
p. 90), qui cite à ce sujet des lettres de mars 1403 adressées par Louis II aux habi-
tants de Glermont, ce prince aurait dans les premières années du xv« siècle obtenu
la créaUon dans ladite ville d'un grenier à sel, dont les émoluments se perce-
vaient à son profit, mais le grenier de Glermont aurait, comme trente autres
accordés depuis seize ans à divers seigneurs^ été supprimé par l'ordonnance sur
la police générale du royaume du 25 mai 1413.
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LE GOMTi DE CLERMONT EN BBAUVAISIS. 107
1401 portant don à Tabbaye de Froidmont du fief Barbenconsia
à Hermès ; enfin dans celles du 16 janvier 1408 (Dom Grenier,
t. LFV), par laquelle voulant assurer aux religieux de la dite
abbaye la donation, faite par son père Pierre et par lui-même,
d'une des prébendes de la collégiale de Notre-Dame de Cler-
mont, il leur octroie et affecte celle actuellement vacante par le
décès de maître Simon de Saint-Germer.
Profondément affecté de la mort de son plus jeune fils Louis,
qui lui fut enlevé le 12 septembre 1404 à Tàge de seize ans et
demi, le duc de Bourbon avait songé dès lors à se retirer de la
cour et à mettre en même temps ordre à ses affaires, qu'il avait
fort embarrassées en subvenant maintes fois de ses propres
deniers aux dépenses de Thôtel du roi. L'assassinat de son
neveu le duc d'Orléans (23 novembre 1407), le détermina *. Il
s'était prononcé hautement le premier contre le meurtrier, et
Monstrelet le cite avec son fils le comte de Clermont parmi les
grands qui allèrent à la rencontre de la duchesse d'Orléans et
de son fils aîné, lorsqu'ils vinrent réclamer justice du roi.
Il mourut à Montluçon le 19 août 1410, au moment où il réu-
nissait ses troupes pour prendre une part active à la confédéra-
tion que les ducs d'Orléans, de Berry, de Bretagne et de Bar,
les comtes d'Alençon et d'Armagnac avaient formée l'année pré-
cédente contre le duc de Bourgogne * et à laquelle son fils Jean
* Voyez d'OrrcTille, c. Lxxxvi, comment le duc d^Orléans fût occis à Paris, et
comment le dac de Bourbon en ot amère douleur, et c. lxxxviti, comment le
duc de Bourbon print congié du roi, et s'en yint en son pays, où il ordonna ses
fais ; et comment le sire de Norris, par son bon conseil, pourveut aux affaires du
duc.
* Jean Sans Peur était alors maître du roi et de la capitale, et c'est à son
influence que Ton doit imputer les lettres du 43 avril 1410 (Douet-d'Arcq, Choix
dé Pièces inédites, t. I, p. 325), par lesquelles Charles VI enleva au comte de Cler-
mont les capitainerie et garde des ville et chastel de Creil, dont il était pourvu»
pour les transférer au Dauphin Louis, mari de la fille aînée de Jean. Les lettres
royales donnaient toutefois un motif particulier à cette mesure. Charles VI décla<t
rait qu'il y était mû par la considération que son « très-chier et très amé fllz
ainsné par la gr&ce de notre Seigneur croist et augmente moult, tant en sens,
cognoissances, entendement et autres bonnes mœurs et vertus, comme aussi en
corpulence de sa personne, et que chose très-convenable et profitable à sa santé
lui sera doresnavant soy exerciter et chevauchier, à prendre aucune foiz des
solaz et esbatemens à chacier, et autres déduis à lui appartenans, et que les
chastel et ville de Creil entre les autres du domaine de la couronne cy environ
sont asseï en pays et lieoz assez propres et convenables aux choses dessus
dictes. »
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108 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS.
avait adhéré. La duchesse de Bourbon, Anne, dauphine, le
rejoignit dans la tombe le 19 septembre 1416.
4. Nous avons déjà mentionné dans le cours de cette étude,
le Dénombrement des domaines, terres, fiefs, seigneuries et
mouvances du comté de Clermont opéré sous Louis II de
Bourbon, et nous avons même indiqué dans quelles conditions
il avait eu lieu. Il nous faut maintenant y revenir avec quelques
détails. Le 20 novembre 1371, par lettres données au Bois de
Vincennes, le roi Charles V, renouvelant un ordre par lui déjà
formulé, mais qui, il le reconnaît lui-même, était demeuré
inexécuté, avait enjoint à la chambre des Comptes de Paris de
mander tantost et sans délai à tous ses baillis et sénéchaux
qu'ils fissent crier et publier solennellement, par tous les lieux
notables de leur ressort, que tous ceux qui tenaient aucune
chose du roi en fief en baillassent vrais et entiers dénom-
brements. Ces dénombrements, destinés à être enregistrés dans
des livres spéciaux déposés au siège du bailliage ou de la
sénéchaussée, devaient contenir mention du fief ou des fiefs,
du lieu et de la châtellenie où ils se trouvaient situés, ainsi
que des arrière-fiefs qui en étaient mouvants. La déclaration
devait être fournie dedans la feste de Pasques prochainement
venant, faute de quoi les officiers royaux étaient invités et
même tenus à saisir les fiefs non déclarés, et à en lever et
percevoir les revenus *.
Nous ne saurions dire si ces pénalités sévères eurent pour
effet d'assurer Texécution par toute la France de la véritable
statistique ordonnée par les lettres du 20 novembre. Il est à
croire que d'une part la négligence déjà précédemment signalée
chez les officiers royaux, de l'autre et surtout des hostilités sans
cesse renouvelées avec les Anglais apportèrent bien des obs-
tacles à son entier accomplissement. Mais en ce qui concerne
le comté de Clermont, le travail fut mené à bonne fin *, ainsi
« Ordonnances des Rois de France, t. V, p. 432.
> Il ne parait pas s'être restreint an seul comté, nxais avoir compris l'ensemble
des possessions de la maison de Bourbon. Car les Archives nationales possèdent
BOUS la cote P 1362», n» 1043, un Extrait fait en la Chambre des Comptes du Roy
notre sire à Paris d'un papier long, relié sur la façon et volume de ceulz que
l'on fait à Montpellier, ouquel est escript et compris en biens le revenu des pays
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LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVAISIS. 10&
qu'en témoigne le volumineux et intéressant recueil, dont
nous nous occupons, et il avait été entrepris presque immé-
diatement après la promulgation des lettres royales. En effet,
Louvet, qui lui a fait de très-nombreux emprunts pour ses
Anciennes Remarques de la noblesse Beauvaisinej lui donne la date
de 1373 S date qui se trouve confirmée par le procès-verbal
d'arpentage de la forêt de Hez, inséré au f 130 du Mss. Fr.
20,082 , les mesureurs jurés, chargés de l'opération, déclarant
qu'ils l'ont commencée le mardi 7" jour du mois de mars
MCCCLXXIII au commandement de messire (iilles, seigneur
de Nédonchel, chevalier et gouverneur de Clermont.
Ce fut par les soins de Gilles de Nédonchel qui , à sa qua-
lité de gouverneur du comté ', joignait celle de seigneur de
et domaines que Ms^ le duc de Bourbonnais tenait en France enranMCCCLXXVII,
en ce comprins les charges comme fiefs, aumosnes et gaiges d'officiers : c'est
assavoir de Bourbonnais, Fourez, Beaujolais, le comté de Clermont en Beau-
voisin^ la Ghambererie de France, Bailloel et Franconville, etc. Toutefois cet État
pourrait avoir été rédigé non en vue de satisfaire à Fordonnance de 4371, mais
bien pour l'édification de la Chambre des Comptes que Louis II institua à Moulins
par lettres de novembre 1374 (Huillard-BréhoUes, n» 3277). Le 20 décembre 1377
le duc nomma un commissaire chargé de dresser l'état des fiefs et bénéfices
relevant de son duché de Bourbonnais. V. La Chronique du bon duc Loys de
Bourbon, par M. Chazaud, appendice.
1 La date de 1373 est également celle que nous relevons dans les Anecdotes de
la ville, domaine et comté de Clermont en Beauvaisis. Ce Recueil manuscrit, écrit au
commencement du xix« siècle, a pour auteur M. Chrestien de Beauminy; nous en
devons la communication à Tobligeance de M. l'abbé Boufflet, archiprétre de
Qermont, qui vient de restaurer avec autant de goût que de zèle son antique
église paroissiale, et nous en fait espérer la prochaine monographie.
* U en remplissait les fonctions au moins depuis 1369 ; car nous avons vu que
cette année-là il procéda^ au nom du duc de Bourbon, à la saisie de la chàtellenie
de CreU^ et il avait vraisemblablement succédé à Aymé de Laye, chevalier
auquel, suivant titre cité par Huillard-Bréholles (n» 2797), Louis II fit payer, le
3 juin 1360, sur la recette de Clermont, cent royaux d'or pour une fois, outre ses
gages de gouverneur, et quatre-vingts florins pour prix d'un roncin qu'il avait
acheté audit chevalier. Gilles de Nédonchel était encore gouverneur de Clermont
en janvier 1376 (1377), date à laquelle il sollicita et obtint du duc l'amortissement
de 30 livres de rente annuelle assises sur son hôtel sis au bout de la ville tenu
en fief et à défaut sur sa terre de Cressonsacq. De ces 30 livres, 27 livres 10 sous
étaient attribués aux Trinitaires pour la fondation d'une chapelle ou vicairie per-
pétuelle, et 2 livres 10 sous à la collégiale Notre-Dame (Ms. 4663, n» 121). 11
renouvela et accrut ces donations au mois de mars 1384 (Ms. 20^082, fo 574), en
vue de la sépulture qu'il élisait dans ladite collégiale, et mourut le 1*' octobre
de l'année suivante, au témoignage de Dargillière (Archives de l'Oise, E 39).
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iiO L£ COMTi DE CLBRMONT EN BEÀUVAISIS.
rimportante terre de Cressonsac, que fut commencé, pour-
suivi et achevé le dénombrement *. Divers éléments contri-
buèrent à sa rédaction : pour les églises et monastères, un
livre terrier où était consigné le détail de leurs rentes, terres
et possessions , livre plusieurs fois mentionné dans le dé-
nombrement, mais qui malheureusement n'est pas parvenu
jusqu'à nous ; pour les fiefs et arrière -fiefs mouvants de
Glermont, la collection des hommages et aveux, conservés
dans les archives du comté et dont le Ms. n** 4663 contient
une série presque complète se rapportant à Tannée 1350 ou
environ *. Les mêmes archives possédaient également toutes
les indications relatives aux domaines directs du duc, aux
droits seigneuriaux, tant ordinaires qu'extraordinaires, tant
honorifiques qu'utiles qui lui appartenaient comme comte de
Glermont.
M. de Beaumîny, dans le Recueil que nous avons déjà cité,
affirme (p. 94), qu'il fut fait deux exemplaires du dénombre-
ment : l'un pour les Archives de Glermont, où il fut conservé
avec grand soin, l'autre pour la Ghambre des Comptes de Paris,
et que ce dernier ayant été consumé dans l'incendie de la
Chambre, en 1737, Glermont lui donna le sien, et n'en posséda
plus dès lors qu'une copie. Les indications, que nous avons
recueillies , sont de nature à confirmer cette assertion. De l'ex-
pédition, destinée aux administrateurs du domaine royal , nous
ne savons rien, sinon qu'Hermant, qui écrivait son Histoire
ecclésiastique et civile du diocèse de Beauvais, vers la fin du
1 Le travail ne fut pas certainement terminé en 1373, puisque, toujours à
propos de la Neuville, on lit dans le dénombrement de cette chàtellenie que le
four banal en « est baillé à ferme en cest an 1374 à 28 livres p.; » peutrétre se
prolongea-t-il quelques années encore, ce qui justifierait la date de 1378, adoptée
par M. A. de Marsy dans l'intéressante note sur le Terrier du comté de Clermont
en BeauvaisiSt que la Société Académique de TOise a insérée au tome VI de ses
Mémoires.
* Folio 10 et s. : Ghe sont fiefs, arrière-fiefs tenus de Monseigneur le comte de
Clermont et de la Chastelerie. M. de Lépinois a largement mis à contribution
cet état, nous apprend-il, pour ses recherches historiques et critiques sur Tancien
comté et les comtes de Clermont en Beauvaisis du xi« au xiii« siècle. On trouve
aussi dans la collection de Dom Grenier (t. XIII), une liste des fiefs du comté de
Clermont tenus par foy et hommage, avec les lieux où ils sont situés, dressée
pour M. le duc de Bourbon par Guyart de Laly, au mois de février 1352. Cette
liste, qui ne comprend que 114 fiefs, est très-incomplète.
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LE COMTÉ DE CXERMONT EN BEAUVÂISIS. 111
xvu* siècle, dit quelque part avoir été admis à la compulser ' ; elle
n'existe plus aujourd'hui, et il est plus que probable qu'elle a péri,
en effet, avec tant d'autres documents précieux, dans le déplo-
rable incendie de 1737. L'histoire de la minute, ou du moins
du double, conservé d'abord à Glermont, sur lequel a été faite la
copie manuscrite, qui porte actuellement le n** 20,082 du Cata-
logue du Fonds français de la Biblothëque nationale, est plus
complète. M. de Marsy en a retrouvé, dans l'ancien fonds Saint-
Victor (n** 1120, p. 39), une description, que nous nous empres-
sons de lui emprunter ". C'est l'extrait délivré le 19 octobre
1474, par Jehan Louvet, licencié ès-lois , conseiller de Monsei-
gneur le duc de Bourbonnais et d'Auvergne, commis et estably
par icelluy seigneur lieutenant général de M. le gouverneur
de la conté de Clermont, à la requête de Simon d'Erquinvillers,
de la déclaration de certains fiefs au sujet desquels il se trou-
vait en procès avec Dame Jacqueline de Fayel. Le lieutenant gé-
néral du gouverneur de la conté de Clermont, en certifiant cet
extrait, disait qu'il avait été pris par Jehan Dargillière, greffier
juré du bailliage, « sur un ancien livre fait etescript sur parche-
min, couvert de bazenne rouge entre deux aiz, sur chacun costé
duquel sont clouez cinq grOs clous dorez ; ledit livre, vulgaire-
ment nommé et appelé le Terrier de la conté de Clermont, par-
* « n n*y a rien de plus curieux pour la connaissance de la noblesse de Beau-
vaisis, que le grand dénombrement de la seigneurie de Clermont et de celles de
Creil et de Bulles, qui en sont les dépendances, que fit faire Pierre de Bourbon en
Tan 13.., et qui se conserve en la Chambre des Comptes de Paris. Je n'en ai eu
la communication que pendant deux heures chez M. de Vion d'Héronval, mais
je ne m'étonne pas que ces fameux généalogistes en aient tiré tant de lumières
qui sont répandues en plusieurs endroits de leurs écrits, n y avait fait peindre les
écussons de tous ses nobles vassaux et les visages de ceux d'entre eux qui
n'étaient que roturiers. » (Bibliothèque nationale, Ms. ft*., n» 5, t. II, p. 989.)
* M. de Marsy paraît croire que le manuscrit original^ sur lequel a été effectuée
par les soins de François de Gaignières, au XYii« siècle, la copie en question,
était celui déposé aux archives de la Chambre des Comptes. L'extrait que nous
publions d'après lui établirait, à notre avis, que le savant précepteur des fils du
grand Dauphin aurait eu au contraire communication de l'exemplaire gardé à
Clermont, et ce qui en est pour nous la meilleure preuve, c'est qu'assurément le
dénombrement présenté par Louis II à Charles V ne contenait pas les diverses
pièces insérées tant au commencement qu'à la fin du volume, et dont plusieurs,
notamment les vidimus de Jean de Cognerio, sont même de date postérieure à
celle dudit dénombrement. Le manuscrit coté aujourd'hui 20,082 F. Fr., n'a reçu
ce numéro que dans un remaniement récent des catalogues de la Bibliothèque ;
il a été longtemps désigné sous lé n« 1361 du fonda Gaignières.
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112 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
ceque dedans icelluy sont déclairés et contenuz par ordre ,- la
dédaracion de toutes les charges et revenues de ceste dicte
conté ; pareillement la dédaracion des revenues de toutes les
églises, colliéges, abbayes et prieurez, qui sont situez en ladite
comté, et les fiefz et arrières-fiefz qui sont en icelle : et si y sont
peintz, enluminez et armoriez, les chasteaulx, villes et places,
de ladicte comté ; et sur chacun fief et arrière-fief les armes des
seigneurs gentilzhommes et autres non nobles qui les tenoient
et possessoient : c'est assavoir sur chacun fief qui est tenu et
possessé par aucuns chevaliers baneretz sont peintes et mises
en banière , et sur les armes des autres chevaliers non portant
baniëre, y a seulement sur Tecu de leurs armes une baneroUe
d'or en façon de guidon ; sur les fiefs possessez par gens nobles
non chevaliers, sont armoriez leurs armes en escusson; et sur ceulx
qui sont possessez par gens non nobles, y sont paincturées au-
cunes armes à plaisance, mises par différence en ung cueur, en
lieu d'un escu ; et aussi sur les fiefs tenus nuement du chastel
dudit Clermont, possessez par chevaliers et autres gens nobles,
est mis au dessus de l'escusson ung guidon armorié des armes
de mondit seigneur le duc. Ou commencement duquel terrier
est écrit : « Nos Johannes de Cognerio, legis doctOTy consiliarius
Dominl nostri ducis Bourbonii, Comitis Claromontensis et Foren-
sis. » Et ou sixième feuillet en suivant, en la première page, qui
est le principal commencement dud. terrier, est pourtraict et
figuré en armes mondit seigneur le duc sur un cheval housse
de ses armes, et au dessoubz de luy est escript ce qui ensuit : Et
pour ce que trop ennuyeuse et obscure chose seroit aux regardants
en ce livre a trouver les terres et possessions et les hommes de
fief de mondit seigneur le duc et autres choses escriptes et dé-
nommées en icellui livre, si aucune déclaration nestoit faite
comment et par quelle manière ils seront trouvez, il est dé-
clairé cy après par ordre et par nombre en quelz feuillietz et
lieux dud. livre chacun fief et hors fief, et possessions et rentes
et autres choses oudit livre contenues seront trouvées. »
L'identité, que M. de Marsy a constatée entre les dessins du
copiste de Gaignières et ceux de l'extrait dressé deux siècles au-
paravant, permet de juger de la fidélité de la copie sous le titre
d'Hommages du comté de Clermont en BeauvaisiSy que possède la
Bibliothèque nationale et dont les lignes ci-dessus donnent une
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 113
description assez exacte pour que nous n'ayons pas à y revenir.
L'exemplaire des Archives de Clermont est encore mentionné
par le même Jehan Dargilliëre * en tête de l'état qu'il dressa
sur la fin du xv* siècle, des fiefs tenus directement du comté
(Archives de l'Oise, E 39), comme « un grand livre en parchemin,
écrit en lettre bâtarde , fort richement historié et armorié ,
nommé le Terrier. »
Le grand livre de parchemin, « appelé vulgairement le papier
Terrier et Pancarte des fiefs, terres, possessions et revenus du
comté de Clermont, » existait encore en 1601 entre les mains de
M* Simon Vigneron, avocat du roi au bailliage, qui le 14 avril de
la dite année en fit délivrer aux habitants et manants du bourg de
la Neuville-en-Hez un extrait déclaratif de leurs droits, fran-
chises et libertés '. Il avait donc échappé au sac que les troupes
royales firent subir en 1590, l'espace de dix-sept jours entiers,
à la ville et au château de Clermont, et pendant lequel furent
brûlés, déchirés et jetés dans la rue, tous les papiers tant des
greffes du domaine, bailliage, eaux et forêts que des autres per-
sonnes publiques et praticiens '.
Qu'est-il devenu depuis? De prime abord nous aurions été
^ Un autre d'Argillière, également du prénom de Jean, mais qui remplissait les
fonctions d'eslu de Clermont pour le roi et de receveur général de la comté et
se qualifiait d'écnyer, fut commis, en 1500, par Anne de France, duchesse de
Bourbon, pour aller à Moulins, coopérer au premier inventaire des archives de
la maison de Bourbon. Voir Huillard-Bréholles, introduction. Nous avons déjà
cité rinventaire rédigé par ce d'Argillière.
« Petit Cartulaire de la Neuville-en-Hez, aux archives de l'Oise. Le compulsoire de
1601 nous apprend que le livre terrier était alors u couvert de cuire de veau
noire. »
' Certificat des greffiers et notaires de Clermont du lundi trentième jour d'oc-
tobre 1623, passé par devant Jehan de Saint Leu, licencié ès-lois, conseiller du
roi, prévôt en garde et juge royal ordinaire du comté. Les comparants attes-
tèrent unanimement, sous la foi du serment, que toutes les armoires et coffres
qui étaient dans la chambre du trésor des titres du domaine dans le château de
Clermont, avaient été rompus et tous les titres et papiers qui y étaient contenus,
pillés, déchirés et gâtés par les soldats qui en avaient vendu un grand nombre
aux revendeurs de sel et merciers de la ville, lesquels s*en étaient longtemps
servis à mettre leur sel pour le débiter à petites mesures aux particuliers, et
même on avait vu plusieurs feuillets en parchemin des dénombrements des fiefs
et seigneuries relevants dudit comté, employés par les soldats aux fallots pour
faire leurs rondes la nuit (Archives nationales, K, 113, n» 10). Sur l'histoire de
Qermont pendant les troubles de la Ligue, on peut consulter une curieuse bro-
chure publiée en 1853 par M. Féret, au dévouement et à la générosité duquel la
ville de Clermont doit sa bibliothèque et ses archives municipales.
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114 LE COMTÉ DE CLERMONt EN BEAUVAISIS.
disposé à le reconnaître dans le manuscrit aujourd'hui conservé
aux Archives nationales, sous le titre de Cariulaire de Clermont
en Beauvaisisy et qui porte le n* 1093 de- la série KK. Car malgré
son titre différent, ce cartulaire n'est autre que le dénombre-
ment de 1373, mais après examen, il nous a paru difficile d'ad-
mettre que le manuscrit des Archives ait été celui sur lequel Gai-
gnières a fait exécuter sa copie. D'une part, on n'y trouve point
les enluminures et les miniatures des châteaux, villes et monas-
tères dépendants du comté, non plus que le portrait en armes
du duc de Bourbon; de l'autre il comprend uniquement le livre
Terrier et par suite ne commence qu'à la table que le procès-ver-
bal de 1474 déclare être le principal commencement dudit Ter-
rier et figurer à la première page du sixième feuillet. A moins
d'une mutilation récente et assez peu vraisemblable, on serait
donc amené à conclure que les officiers du bailliage de Cler-
mont n'auraient pas envoyé en 1737 à Paris, comme l'a pensé
M. de Beauminy, l'exemplaire original, dont ils étaient déten-
teurs, mais seulement une ancienne copie \
Mais le surplus de l'assertion de M. de Beauminy n'en de-
meure pas moins exact. C'est bien de la Chambre des comptes
que provient en effet, le ms. KK. 1093; son classement dans
une série formée pour la majeure partie des archives de cette
coiu*, en témoigne; — et la mention « rap. le T'juin 1739, »
qui figure inscrite en tête de son premier feuillet, nous semble
établir en outre pertinemment que l'entrée au chartrier du domaine
eut précisément lieu, alors qu'on s'occupait à en reconstituer les
titres, à combler les lacunes qu'avait faites le terrible incendie
dont nous avons parlé *.
1 Une annotation placée surTun des feuillets blancs qui se trouvent en tête du
Ms. KR 1093, dit que son écriture est d'environ 1460 à U80, nouvel argument
contre l'assimilation de ce Ms. à Toriginal, lequel aurait alors été détruit dans la
période révolutionnaire, car il n'existe plus, à notre connaissance du moins, ni à
Clermont, ni aux archives de TOise, ni dans les Dépôts publics de Paris.
' Dans Fétude sur les Droits seigneuriaux du comté de Clermont en Beauvaisis,
d*aprés le dénombrement de 1373, que nous avons publiée en 1869 (Mémoires de
la Société académique de VOise, t. VII), nous avions émis une autre hypothèse et
pensé que le manuscrit, dont nous nous occupons, aurait pu prendre place au
dépôt de la Chambre des Comptes dès le xvi« siècle, c'est-à-dire à Têpoque où
cette Chambre fut constituée séquestre des titres de la branche aînée de la maison
de Bourbon, lors de Tarrét du Parlement du 16 janvier 1523, déclarant le fameux
connétable « crimineux de lèze majesté, rébellion et félonie. » Mais nous ne
connaissions alors ni le compulsoire de 1601, ni le passage de M. de Beauminy
qui nous paraissent de nature & écarter ladite hypothèse.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 115
Quoi qu'il en soit du reste de leur provenance, le manuscrit
des Archives (KK. 1093) et celui de la Bibliothèque nationale
(F.Fr. 20,082) sont en ce qui concerne le livre Teirier, iden-
tiques en tous points, tant pour les divisions que pour le texte.
Leur pagination seule diffère. Le premier ne compte que
381 feuillets de parchemin numérotés ; le second en compte
576 en papier pour la majeure partie, sur lesquels les actes
étrangers au dénombrement en prennent 30, savoir : cinq au
commencement du livre et les vingt-cinq autres à la fin. Tous
deux sont de format in-folio ; tous deux, sans titre intérieur ni
intitulé, ni formule les terminant, commencent et finissent par
un certain nombre de feuillets blancs; ils ne portent aucune
attestation soit d'un fonctionnaire, soit d'un officier public cer-
tifiant leur authenticité, leur conformité avec l'original.
Voici les titres de leurs principales divisions :
Déclaracion des églises qui ont maisons, terres, rentes et
autres possessions en la comté de Clermont (20,082, f H et s. —
KK. 1,093, f 3 et s.)
Déclaracion de la prévosté de Clermont et des autres offices
appartenant à Monseigneur le duc à Clermont, et des autres
marchiez et droiz dudit Monseigneur le duc en ladite ville et la
manière comment on les bailles, et quels droits Monseigneur a
et prent en iceulx marchiez et services, et comment ils se
cuellent et ont este accoustumez en cueillir et lever (20,082
f 39 et s. — KK. 1,093 f 19 et s.).
Dénommément et desclaration de la terre de RonqueroUes
(20,082, f 79 et s. — KK. 1,093, f 53 et s.)
Dénommément a^ desclaracion du chastel de la Nuefville-en-
Hez avecques ses cens, rentes et proufis mis en prévosté (20,082,
f 99 et s. — KK. 1,093, f» 67 et s.).
Desclaracion du nombre des arpenz de boz que le forest de
Hez peut contenir (20,082, f 130 et suiv. — KK. 1,093, f 91
et suiv.).
Desclaracion du chastel de Gournay-sur-Aronde avec ses cens,
rentes et prouffits mis en prévosté (20,082, f* 135 et s. — KK.
1093, f 95 et s.).
Noms des hommes, des femmes et des enfants qui sont de
condicion esquels Monseigneur le comte partist et prcnt la
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116 LK COMTÉ DK CLERMONT EN BEAUVAISIS.
moitié des mortes mains et formariages contre l'abbé de Saint-
Denis et par la main dudit abbé, et les villes dont ils sont
(20,082, f 141 et s. — KK. 1,093, f 98 et suiv.).
Nombre des boz et forest de Jurequin, appartenant à Monsei-
gneur le duc (20,082, f 158. — KK. 1,093, f 103).
Au folio 104 du Ms. KK. 1,093 et au folio 181 du Ms. Fr.
20,082 commence, pour se poursuivre jusqu'à la fin du volume,
la liste de tous les possesseurs de châtellenies , seigneuries,
terres, cens et rentes relevant en fief ou arrière fief du comté de
Clermont. En regard de chaque nom sont blasonnées les armoi-
ries du feudataire.
L'un et l'autre manuscrit contient la table des fiefs et hors
fiefs, décrite dans le procès-verbal de 1474. Celui de la Biblio-
thèque nationale en possède en outre une seconde, donnant par
ordre alphabétique les noms de toutes les familles mentionnées
dans le dénombrement. Cette table, d'écriture moderne, remplit
onze pages, non numérotées, placées à la fin du volume.
Le dénombrement de 1373 nous semble offrir un intérêt par-
ticulier à raison de l'époque à laquelle il a été rédigé. Il pré-
sente en effet le tableau de l'organisation d'un grand fief alors
précisément que la législation des temps féodaux est sur le
point de faire place à un droit, à des us plus modernes *. C'est
donc comme un inventaire fait in extremis et dont certaines
révélations ne laissent pas que d'avoir leur valeur. Nous appre-
nons ainsi que le servage n'avait pas encore disparu du Beau-
vaisis, puisque près de 400 hommes, femmes et enfants, répartis
dans vingt localités, acquittaient au profit du comte de Clermont,
des droits de mortes-mains et de formariages, et les aveux des
feudataires font également mention d'hostises et d'hommes de
corps *. Les signes distinctifs des blasons permettent de cons-
tater que sur dix-sept cents fiefs et arrière-fiefs mouvants du
* Cette législation persistait cependant encore ; nous en avons pour preuve
des lettres du roi Jean du 19 septembre 1351, insérées dans le Ms. 20,082 (fo 573),
et fixant aux nobles des pays de Vermandois et de Beauvaisis le délai qui devait
s'écouler entre le défi et les hostilités dans les guerres qu'ils pourraient avoir les
uns contre les autres. Malgré les efforts réunis de TÉglise et de la royauté, Tusage
barbare des guerres privées ne devait prendre fin en France qu'an siècle suivant.
* Nous avons déjà vu du reste plus baut que la charte d'affranchissement,
octroyée aux serfs de Milly par les seigneurs de cette châtellenie et approuvée par
Louis II, date seulement du mois de novembre 1400.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 11 Y
chàtel de Clermont, cent à peine appartenaient à des roturiers,
et que par suite la fortune territoriale demeurait encore presque
concentrée aux mains de la noblesse. Le nombre des fiefs en la
main du suzerain, par défaut d'homme, se trouvait aussi fort*
peu considérable. Nous pourrions multiplier à cet égard les
remarques; elles se présenteront d'elles-mêmes aux lecteurs
qui parcourront notre trop brève analyse. Nous nous bornerons
à une seule observation dont l'importance n'échappera à aucun
d'eux. C'est du règne de Jean II et de celui de Charles V que
datent les premières tentatives sérieuses pour soumettre les
diverses parties du royaume à des impôts généraux au profit de
la royauté, et ces impôts ou plutôt ces aides, ainsi qu'on les
appelait, n'affectèrent jamais durant les deux règnes, qu'un
caractère temporaire et spécial*, notre dénombrement peut donc
* Afin d'obtenir Tacquiescement des grands feudataires & Timposition ainsi faite
sur lears vassaux et sujets, le roi leur abandonnait généralement une quote-part
du produit de cette imposition. 11 agit de la sorte en 1340 et en 1366 à Tégard du
duc de Bourbon. Les Archives nationales conservent (P 1362*. n». 1104) un état
de la valeur des taxes indirectes dans le comté de Clermont^ qui est sans date,
mais que M. Huillard-Bréholles croit approximativement de 1360. Nous le repro-
duisons ici :
Ensuit la valleur des impositions des villes estans en la conté de Clermont au
diocèse de Beauvais, esquelies Mons'. de Bourbonnois a tout ou le plus grant
partie tenues de lui, et aussui le valleur du vin vendu à détail esdites villes.
Et premier l'imposition de toutes denrées, excepté le imposition du vin vendu
en gros, qui se vallie à part.
Limposition du doienné de Clermont, excepté les villes estans en le chastelerie
de Creil, montent pour an, à iiP^ xuii 1. xu s.
L'imposition du vin vendu en gros exceptées les villes dessusdites monte
pour an, à vi««. lxxyiii 1.
Le viii« du vin vendu à détail monte pour les villes dessusdites à
xn««. XLiii 1. un s.
Somme dudit doienné ii™. viii««. lxiiu L xvi s,
Item l'imposition du doienné de Pont de toutes denrées excepté le vin en gros
et les villes dessusdites monte pour an, à ui^. lzzx^xi 1. m s.
L'imposition du vin en gros, à viii««. xzxiiii 1.
Le VHP. du vin vendu à détail monte à vj^. xii 1. xii s. p.
Somme dudit doienné Xviii'^^ xxxvii 1. xv s. p.
Item l'imposition du doienné de Moncy comme dessus, monte à Lvi 1. x s. p.
L'imposition du vin en gros dudit doienné monte pour an, à xxx 1. p.
Le VHP. dudit doienné monte pour an, à lxxvii 1. p.
Somme dudit doienné vm^. m 1. x s.
Item l'imposition du doienné de Breteuil comme dessus monte à vi». vi 1.
L'imposition du vin en gros monte à vi 1. ini s. p.
Le vni«.-du vin vendu en gros monte k vii". vi 1. p.
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118 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
être considéré comme donnant Tétat complet des charges ordi-
naires qui pesaient antérieurement sur les populations.
Nous avions, pour le résumé que nous nous proposions de faire
du livre des hommages ou cartulaire de Glermont, à choisir entre
le manuscrit des Archives et celui de la Bibliothèque nationale.
Nous nous sommes décidé pour le dernier, non-seulement parce
qu'il est plus complet et possède la seconde table que nous
avons dite, mais aussi et surtout parce qu'il a été l'objet des
études de Dom Grenier. Le savant bénédictin, reconnaissant
toute la valeur du dénombrement de 1373 pour l'histoire de l'an-
cienne Picardie, n'a pas reculé devant la longue et difficile tâche
de décrire les dix-sept cents blasons qu'il contient; son mémoire
est inséré dans le tome LIV de sa collection (f ' 53-96), sous ce
titre : Extrait d'un gros volume à la Bibliothèque du Roi qui est
un registre d'aveux et dénombrements servis au comté de Clermont
en Beauvaisis. Il a singulièrement aidé sur ce point notre travail.
Somme dudit doieoné il». Lxxviii 1. un s. p.
Item rimposition du doienné de Ressons sanz le vin vaut pour an Lxxv 1. un g.
L'imposition du Tin vendu en gros vault pour an xiii 1.
Le VIII*. du vin à détail vault pour an Lxxi 1. p.
Somme dudit doienné, vi^^. xix 1. un s. p.
Item l'imposition du doienné de Coudun vaut pour an xxxviii 1. x s.
L'imposition du vin vendu en gros vaut pour an xx 1. x s.
Le viii«. du vin à détail vaut pour an uii^K xi 1.
Somme dudit doienné vii»x 1. p.
Item les impositions du doienné de Bray vallent pour an xvi 1.
Les impositions du vin en gros vallent pour an néant.
Le vni«. du vin à détail vaut pour an x 1. x s.
Somme dudit doienné xxvi 1. x s. p.
Item les impositions du doienné de la Monteingnie vallent pour an
XLVIII L IIII 8.
L'imposition du vin en gros, néant.
Le vni*. du vin à détail monte pour an, à un» xii 1. vu s.
Somme dudit doienné vn« 1. xin s.'
Item les villes de la cbastelerie de Greil qui sont en plusieurs doiennés vallent
pour lesdis aides che qui ensuit :
Les impositions sans le vin montent pour an, à ini««. xyii 1.
• L'imposition du vin en gros monte à ii««. xxxv 1.
Le VHP. du vin à détail monte à vi«. xui 1. p.
Somme toute des trois parties xn«<. nii", xni 1.
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LE LIVRE DES HOMMAGES
OU
COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVAISIS
(Bibliothèque nationale, Us, F. Fr. 20,082).
DÉCLARACION DES ÉGLISES \
Ci après sensieuent les Églises qui ont maisons^ terres^ rentes et
autres possessions en la conté de Clermont soubz la garde de
M. le Duc de Bourbonnais^ conte de Clermont^ et ou ressort de
lad. conté; desquelles rentes y terres et possessions dycellcs
Églises desclaracion est faite plus à plain ou terrier des
Églises (f • 11 et suivants).
(Noas avons déjà dit que ce terrier était aujourd'hui perdu.)
L'abbé de Clugny par moien de Saînt-Martin-des-Champs
[diocèse de Paris] tient en la conté de Clermont et ou ressort,
soubz la garde dudit Mons. le Duc, ce qui s*enssuit :
Le prioré de Gressonsart' et toutes les deppendances assises
à Gressonsart , et es terrouoirs de la Nueville-le-Roy ' , de
Venette *, de Jaux *, de Hennencourt • et de Liencourt ^.
1 En marge de chaque nom d*abbaye se trouve un petit dessin dans la lettre
ornée qui représente le costume de Tabbé, vu à mi-corps. Les abbayes, dont nous
n'avons pas indiqué le diocèse, appartenaient à celui de Beauvais. M. de Marsy
a publié dans le tome Y! des Mémoires de la Société Académique de l'Oise cette
partie du dénombrement de 1373 jusqu'à la déclaracion du chapitre Notre-Dame.
* Canton de Saint-Just. Don du prieuré de Gressonsart par Pierre, évéque de
Beauvais, à l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs, en 1133.
* Canton de Saint-Just.
^ Canton de Compiègne.
* Canton de Compiègne.
* Armancourt, canton d'Estrées- Saint-Denis.
"^ Liancourt-sous-Clermont, cheMleu de canton.
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120 LE COMTÉ B£ CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Le prioré de Francîères *•
L'abbé de Saînt-Benoît-seur-Loire [diocèse d'Orléans] tient
en lad. conté le prioré de Warty-Saint-Pierre ".
L'abbé de Corbie [diocèse d'Amiens] tient en lad. conté son
manoir de Thory '.
L'abbé de Saint-Waast-d'Arras [diocèse d'Arras] tient en lad.
conté son manoir de Baillenval *.
L'abbé de Saint-Lucian-de-Beauvaîs tient en lad. conté, ses
boiz dessus Saint-Félix ', joignant à la forest de Hez avecque
plusieurs autres rentes.
L'abbé de Vezelay [diocèse d'Autun] tient en lad. conté ce qui
s'enssuit :
Le prioré de Bulles •.
Le prioré de Monstereul-sur-Bresche '.
L'abbé de Saint-Genner-de-Flay tient en lad. conté plusieurs
rentes appendantes au corps de lad. église, avec les priorés qui
s'enssuient :
Le prioré de Villers-Saînt-Sépulcre *.
Le prioré de Saint-Remy-soubz-Clermont * et la maison de
Havrechy *® et plusieurs possessions appendens aud. prioré.
Le prioré de Bruel-le-Vert".
Le prioré de Bruel-le^Sec ".
Le prioré de Fresnemontier *'.
< Canton d^Estrées-Saint-Denls.
s Aujourd*hai Fitz-James, canton de Clermont.
* Thtiry, canton de Mouy.
* Bailleval, canton de Llancourt.
s Canton de Mouy. Transaction de Tan 1211 entre Catherine, comtesse de Cler-
mont, et Fabbaye, relativement au bois de Saint-Félix.
*■ Canton de Clermont. Le prieuré de Bulles avait été donné vers 1081 par
Hugues de Dammartia à Tabbaye de Vézelay, au préjudice de Tabbaye de Saint-'
Lucien.
7 Canton de Froissy.
* Cantc»n de Noailles. Donation en 1060 du prieuré de ViUers par Lancelin de
Beauvais à Tabbaye de Saint-Germer.
* Saint-Remy-r Abbaye, commune d'Agnetz, canton de Clermont.
10 Canton de Clermont.
i> Canton de Clermont. Donation du prieuré de Breuil, en 1100, par Hugues de
Clermont. Confirmation par Renaud, en 1)47.
1* Canton de Clermont. Donation en 1194 par Bernard d'Angivillers.
u Canton de Conty (Somme).
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 121
Le prîoré de Notre-Dame-de-Pois ^
L'abbé de Saînt-Symphorian emprez Beauvais tient en ladite
conté plus" héritages,
Et le prioré de Saint-Thibaut en la forest de Hez *.
L'abbé de Bretuelg ^ tient en lad. conté sa maison de Noyn-
tel *, sa maison d'Autreville ' et ses rentes de Harmes • et de
Hodenc '.
L'abbé de Saint- Vincent-de-Senlis [ diocèse de Senlis] tient
en lad. conté plusieurs rentes et vignes.
L'abbé de Saint-Fussian [diocèse d'Amiens] tient en lad.
conté le prioré de Ranteny *.
L'abbé de Saint-Quentin enprez Beauvais, tient en lad. conté
plusieurs rentes et aumosnes avec les prierez qui s'enssuivent :
Le prioré du Fay-Saint-Quentin •.
Le prioré de Goumay **.
Le prioré de Héméviller **.
Le prioré de Milly ".
Le prioré de Conty ".
L'abbé de Saint -Martîn-au-Boz, ou de Ruricourt, près
Maignelay, tient en lad. conté plusieurs héritages et posses-
sions.
Le prioré de Sarnoy *\
> Canton de Poix (Somme).
* Commune de Rue-Saint-Pierre^ canton de Clermout. Fondation du prieuré de
Saint-Thibaut yers 1066. Don par Alphonse de Portugal et Mahaut de Dammartin
à l'abbaye de Saint-Symphorien de Beauvais, en 1244.
' Breteuil, cheMieu de canton. Cette abbaye de Tordre de Saint-Benoit avait
été fondée ou restaurée vers 1035 par Gilduin de Breteuil.
^ Canton de Liancourt.
• Autreville, commune do Breuil-le-Sec, canton de Clermont.
« Canton de Noailles.
' Hodenc-rÉvéque, canton de Noailles.
* Rantigny, canton de Liancourt.
• Canton de Nivillers. Donation vers 1069 par Guy, évoque de Beauvais, fonda-
teur de Tabbaye de Saint-Quentin.
^^ Goumay-sur-Aronde, canton de Ressons. Donation par l'évoque Guy dans les
mêmes conditions. Exemption du droit de travers concédé à ce prieuré par
Renaud de Clermont (1147) et Raoul, son fils (1160).
*» Canton d'Estrées-Saint-Denis.
** Canton de Marseille. Fondation et donation par Sagalon de Milly, en 1154.
^> Somme. Donation en 1151 par Henri, archidiacre de Beauvais.
i* Canton de Grandvilliers,
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122 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS.
L'abbé de Saint-Just * tient en lad. comté plus" renies et
possessions.
La maison du Pré *.
La maison de Morviller *.
La maison de Ranteny ^.
L'abbé de Vaussery • en Bourgoigne, tient en lad. conté sa
maison de Pieumeles •.
L'abbé de Sery, en Ponthieu [diocèse d'Amiens], tient en lad.
conté plusieurs rentes et possessions.
L'abbé de Ressons [diocèse de Rouen] "', tient en lad. conté
plusieurs rentes et possessions.
L'abbé de Saint-Jehan d'Amiens [diocèse d'Amiens], tient en
lad. conté son manoir d'Autreville * et plusieurs rentes en lad.
ville d'Autreville et au manoir et ville de Nointel •.
L'abbé d'Ourscamp [diocèse de Noyon], tient en lad. conté
plus" rentes et possessions avec les maisons et granges qui s'en
suivent :
La grange de Warnaviller *^.
La grange d'Archonval ".
La grange de la Saulx ".
La grange des Loges ".
La grange de Berthennessart '\
L'abbé de Froidmont" tient en la comté de Clermont, le
^ L*abbaye de Saint-Just-en-Chaussée fat fondée en 1107 par l'évèque Gode-
froy, et restaurée par Tévêque Eudes îïly en 1147.
' Commune de Moyenneville, canton de Saint-Just.
> Commune de Catillon, canton de Saint-Just.
^ Rantigny, canton de Liancourt.
> M. de Marsy a fait justement observer qu*il n^existait pas d*abbaye de ce nom
en Bourgogne» et qu'il devait être ici question de Valsery au diocèse de
Soissons.
® Pieumelles, commune d'Arsy, canton d'Estrées-Saint-Denis.
^ Aujourd'hui canton de NoaiUes.
> Commune de Breuil-le-Sec, canton de Clermont.
' Canton de Liancourt.
io Warnavillers, commune de Rouvillers, canton de Saint-Just.
** Archonval, commune de Goumay-sur-Aronde, canton de Ressons. De cette
grange dépendait la culture de la Vallière donnée en 1162 par le comte Raoul.
1* La Saulx, commune de Bailleul-sur-Thérain, canton de Nivillers.
>> Commune de Bailleul-le-Sec, canton de Clermont.
1^ Commune de Bailleul-le-Sec, canton de Clermont.
^^ L'abbaye cistercienne de Froidmont, fondée en 1134 par les seigneurs do
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L£ COMTÉ DU CLKRMONT UN BUAUVAISIS. 123
corps de son église et les appartenances, avec ce qui s'enssuit :
Premièrement, la maison de la Vieille-Abbaye et les apparte-
nances d ycelle maison \
La maison de Parfondeval *.
La maison de Maurewart *.
La maison de Harmes ^.
La maison de la Verrière *.
La maison de Clermont '.
La maison du Plessier \
L'abbé de Lannoy * tient en lad. conté, une partie de l'église
de l'abbaye de Lannoy.
Item, une partie de la ville de Thieuloy '.
Item, leur maison d'Escorchevaque **.
Item, la ville de Thieuloy ".
Item, la ville de Saint-Mor ".
Item, la ville de Haloy ", et une partie de Mont-Aubert **,
avecques les appartenances.
Balles, fat de la part des comtes de Clermont Tobjet de nombreuses libéralités,
qae nous avons indiquées en leur temps. Nous rappellerons seulement les dons faits
par Raoul, en 1190, d'une partie de la forêt de Hez ainsi que du bois de la
Houssière, à Bailleul-sur-Thérain, et par les comtes Louis et Thibaut de Blois, en
1200 et 1212, de terres et bois sur la paroisse de Cormeilles, canton de Crève-
cœur.
Commune de Ballleul-sur-Therain, canton de Nivillers.
Commune de Warluis, canton de Noailles.
* Mauregard, commune de Reuil-sur-Brèche, canton de Froissy.
^ Canton de Noailles.
* Commune de la Neuville-en-Hez, canton de Clermont.
* 1201. Autorisation donnée par Cathenne, comtesse de Clermont, et Louis de
Blois, son époux, aux religieux de Froidmont, d'acheter une maison dans la ville
de Clermont. Cette maison, sise dans la rue Saint- André, fUt d'abord dite de la
Sirène, puis porta l'enseigne du Grand-Cerf.
' Le Plessier-BiUebault, commune d'Ansacq, canton de Mouy.
* Abbaye de l'ordre de Ctteaux, fondée en 1134, à Briostel, paroisse de Saint-
Maur, puis transférée dans la vallée du Thérinet, sur la terre de Vieux-Moulins,
donnée par le seigneur du Ply. Elle prit alors le nom de Lannoy. Les seigneurs
de Breteuil et de Clermont figurèrent au premier rang de ses bienfaiteurs. En 1174,
le comte Raoul avait accordé aux religieux de Lannoy asile sur ses terres en
temps de guerre et les avait pris sous sa sauvegarde.
* Thieuloy-Saint-Antoine, canton de GrandviÛiers.
^^ Commune de Saint-Maur, canton de Grandvilliers.
1* Thieuloy-la- ville, canton de Poix (Somme).
i* Saint-Maur-en-Chaussée, canton de Grandvilliers.
" Canton de Grandvilliers.
** Commune de Thérines, canton de Songeons.
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i24 LE COMTÉ DE CLERMONT EX BEÂUVAISIS.
L*abbé de Beaupré ^ lient en lad. conté, sa maison du Cau-
roy * avec plus" héritages.
Le manoir de Contres *.
Le manoir de Monstereul *.
La maison de Sarcus *.
L'abbesse de Chelles Sainte-Bautenc [diocèse de Paris] tient
en lad. conté plusieurs rentes et possessions et les maisons qui
s'enssuivent :
La maison de Euny *.
La maison de NuUy ^.
L'abbesse de Notre-Dame-la-Royale • tient en lad. conté plu-
sieurs héritages à Euny • et seur la rivière de Bresche.
L'abbesse de Saint-Pol emprez Beauvais tient en lad. conté
plusieurs héritages, rentes et aumosnes.
L'abbesse de Penthemont *^ tient en lad. conté plusieurs rentes
et aumosnes.
L'abbesse de Saint-Anthoîne emprez Paris tient en lad. conté
plusieurs rentes et aumosnes.
L'abbesse de Monchel tient en lad. conté plusieurs rentes et
aumosnes.
L'abbesse de Moncy-le-Perreux tient en lad. conté plusieurs
rentes et aumosnes.
Le menistre de Clermont" tient en lad. conté l'église de la
Trinité de Clermont et la maison desseur le Boz-Saint-Jehan.
« Abbaye de Tordre de Cîteaux, fondée en 1135 , par Manassès de MiUy,
seigneur de Bulles et d'Achy, sur le territoire de cette dernière seigneurie. Elle
fut d'abord connue sous le nom de Pré-en-Beauvaisis. Par lettres de novembre
1206^ Catherine, comtesse de Clermont, prit les religieux de Beaupré sous sa
protection spéciale.
* Commune de Milly, canton de Marseille.
* Canton de Conty (Somme).
* Commune de Blacourt, canton du Coudray.
» Canton de Grandvilliers.
* Uny-Saint-Georges, commune de Rantigny, canton de Liancourt.
' NeuiUy-sous-Clermont, canton de Mouy.
* Maubuisson, près Pontoise, diocèse de Paris.
* Uny-Saint-Georges.
" Abbaye cistercienne, fondée en 1217, àTextrémité du faiibourg Saint-Jean, à
Beauvais, transférée en 1671, à Paris, rue de Grenelle.
" Nom du supérieur des Trinitaires de Clermont. Établis d'abord au bois Saint-
Jean, paroisse de Warti, aujourd'hui Fitz-James, ils avaient reçu en 1245, d'Al-
phonse de Portugal et de Mabaud de Dammartin, Tancien Hôtel-Dieu de Clermont
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LÉ COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 125
Le chapîstre de Notre-Dame d'Amiens tient en lad. conté
certaine terre à Clermont et à Noyntel.
Le chapistre de Gerberoy tient en lad. conté la terre de 0ns-
en-Bray * et de Saint-Aubin ".
Le chapistre de Saint-Pierre de Beauvaiz *.
L'abbé de Saint-benys *.
L'abbé de Châlis [diocèse de Senlis] tient en lad. conté plu-
sieurs rentes séanz à Saint-Paul emprez Beauvais *, nommées
le Bequet, et certains prez à Reimberviller •.
L'abbé de Mortemer en Lyons [diocèse de Rouen] tient en
lad. conté plusieurs terres et boz joignant à leur grange de
Cannessiez^.
L'abbé de Beaubec [diocèse de Rouen] tient en lad. conté, sa
grange et maison de Colognies • et plusieurs rentes à Noyntel *.
L'abbé du Gart [diocèse d'Amiens] tient en lad. conté la
maison de Meneviller *^ et la maison de la Vaqueresse ".
dans la basse ville, sous condition d*y exercer à perpétuité l'hospitalité. Les
donateurs leur avaient en même temps conféré le droit de tenir une foire
annuelle et d*en percevoir les produits. Des lettres de Robert de Cressonsacq,
évèque de Beauvais, confirmèrent, en 1248, cette libéralité. Les bâtiments de
Tancien couvent des Trinitaires sont actuellement occupés par la sous-préfecture.
L'église, édifiée, ou plutôt réédifiée vers 1392, n'existe plus.
> Canton d*Auneuil. Cette terre d*0ns-en-Bray ne comprenait évidemment
qu'une faible partie de la grande cbÂtellenie de ce nom, dont nous indiquerons
plus loin les seigneurs laïques.
* Saint-Aubin-en-Bray, canton du Coudray.
* La même lacune existe dans les deux manuscrits. Le chapitre cathédral de
Beauvais possédait dans retendue du comté de Clermont, notamment le domaine
de Litz et le bois de Saint-Pierre, attenant à la forêt de Hez, au sujet duquel il
avait eu de longs démêlés avec Raoul. Mais il refusait vraisemblablement de se
considérer comme placé sous la garde du comte de Clermont, vassal de l'église
de Beauvais.
* Même observation que ci-dessus. Le comte de Clermont devait hommage,
aux termes des lettres de 1269, à l'abbé de Saint-Denis comme à Tévêque de
Beauvais. On trouvera plus loin l'indication des localités où le comte et l'abbé
percevaient de compte à demi des droits de mortes-mains et de formariages.
s Canton d'Auneuil.
« Rainvillers, canton d'Auneuil.
'' Cannessières, canton d'Oisemont (Somme).
* Commune de Saint- Amoult, canton de Formerie.
» Canton de Liancourt.
«> Canton de Maignelay.
^1 Commune de Quevauvilliers, canton de MoUiens-Vidame (Somme).
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126 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÀUVÂISIS.
L'abbé de Chercamp [diocèse d'Arras] tient en lad. conté sa
maison du Pont*.
Le grant Prieur de France, à cause de Tospital Saînt-Jehan-
de-Jherusalem, tient en la conté de Clermont ce qui s'enssuit :
La maison de Sommereulx *.
La maison de Nully '.
L'abbesse de Fontevrault [diocèse de Poitiers] tient en lad.
conté les prierez et maisons qui s'enssuivent :
Le prioré de Wariville *.
La maison de Faïel ^^ la grange et appartenances.
La grange de Courlieu *.
La grange d'Argillières '.
Et la grange du Bu^-Maubert *.
Déclaracion des héritages, cens, rentes, possessions et revenus que
tient et possesse en la conté de Clermont k Chapitre de Notre-
Dame de Clermont • tant amorti comme autrement soubz la
garde et protection de monseigtieur le Duc. (f " 21 et s.)
Les revenus étaient répartis entre les chanoines delà manière
suivante :
> Angicourt; canton de Liancourt.
« Canton de Grandvilliers.
' Canton de Mouy. La commanderie de Neuilly-sous-Clermont avoiit, comme
celle de Sommereulx, primitivement appartenu aux Templiers. Le Temple de
Neuilly, incendié par les Anglais, vers 1370, ne fut reconstruit qu'à la fin du siècle
suivant. — Mannicr, Les Commanderies du grand-prieuré de France. Les hospi-
taliers possédaient en outre, par don du comte Raoul de 1168, Tannate des
Prébendes de Saint-Amoul de Clermont et de Saint-Evremond de Creil.
* Ce prieuré, fondé en 1134 par Alix de Bulles sur les bords de la Brèche, au
nord de Litz, aujourd'hui commune du canton de Clermont, fut Tobjet de nom-
breuses libéralités de la part des seigneurs de Breteuil et des comtes de Cler-
mont. Les granges, dont Ténumération suit, en dépendaient.
* Canton d'Estrées-Saint-Denis.
« Aujourd'hui Rue Saint-Pierre, canton de Clermont.
^ Largillière, commune de Fournival, canton de Saint-Just.
* Commune de Nourard-le-Franc, canton de Saint-Just.
> Louvet considère (t. Il, p. 700) Fépoque de la fondation du chapitre de Notre-
Dame de Clermont comme incertaine. Ce chapitre, qui portait aussi le nom de
Saint-Amoul, de la principale relique conservée dans son trésor, existait dès le
milieu du xi« siècle, puisque Guy, évêque de Beauvais, en fondant l'abbaye de
Saint-Quentin (vers 1069} la dota d'une des prébendes de Saint-Amoul, et que
Guibert de Nogent fut quelques années plus tard pourvu par le seigneur de
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LE COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVAISIS. 127
Berlin de Fresnes, chanoine : — revenus à Lierval \ Rosteleu',
le Croquet, le Chasteler de Clermont ', Saint-Remy * ; — colla-
tion de tous les bénéfices vacants au mois de janvier, qui appar-
tiennent à la collation du chapitre.
Messire Pierre Darras, chanoine, — à Cantepie *, le Tieuloy,
la Croix de Giencourt *, Bruelg-le-Sec ', Ars ', Goudanviller-lez-
Mondidier*, Saint-Remy, — collation des bénéfices vacants en
février.
Messire Robert Dorly, chanoine, — au Tieuloy, Giencourt,
le Pancheron **, le Chasteler, Saint-Remy, — collation des béné-
fices vacants au mois de mars.
Clermont d'une antre de ces prébendes. En 1114 ou 1115^ l'église de la collégiale
fut reconstruite et, à l'occasion de sa consécration par révoque Pierre de Dam-
martin, le comte Renaud accorda au chapitre une foire de trois jours à la Saint-
Jean-Baptiste de chaque année avec les droits de tonlieu, forage, roage, travers
et justice y attachés. L'église était alors située, ainsi qu'on le voit par un accord
intervenu en 1351, entre les chanoines et le duc Pierre de Bourbon, contre le
mur d'enceinte du chAtean, adossée à la grande salle ancienne, vers TOccident. Elle
fut presque entièrement détruite, en 1359, par le captai de Buch, et il ne resta
sur pied qu'une chapelle dite de Sainte-Françoise. Démolie à son tour pendant
les troubles de la Ligue, cette chapelle fut remplacée, en 1608, par un nouvel
édifice que la princesse d'Uarcourt devait reconstruire encore en 1715, et qui a
définitivement disparu en 1796. Les prébendes étaient au nombre de douze, y
compris deux demies ; elles étaient à la collation du comte de Clermont, sauf
deux, Tune appartenant à l'abbé de Saint-Quentin, comme nous Tavons indiqué
ci-dessus^ l'autre à l'abbaye de Froidmont, en vertu d'une donation du duc Pierre
de l'année 1348, renouvelée par Louis II, en 1367 et 1408. Une troisième prébende
devait être affectée par l'ordonnance de Blois, en 1579, au précepteur du collège
de Clermont (Louvet, t. I, p. 109 et 869). Il y avait aussi attachés à la collégiale
des chapelains et des vicaires, dont on verra plus loin l'énumération et les fonc-
tions. L'un des chanoines prenait le titre de prévôt. Un arrêt du 19 mars 1425,
cité par Louvet, soumettait l'église Notre-Dame-du-Chatel de Clermont à la visite
du diocésain. Le chapitre payait 200 livres de taxe papale et 128 livres 2 eous
6 deniers de taxe royide (Département fait par l'assemblée du chrgé de France,
en 1580). C'est en tête de cette déclaration et non de celle de la Prévôté, comme
nous l'avons dit plus haut par erreur, que figure l'écusson aux trois fleurs de lis.
Il est accompagné d'une miniature représentant la collégiale.
* Neuilly-sons-Clermont, canton de Mouy.
* Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
* Le Chatellier, à Clermont.
* Agnetz, canton de Clermont.
* Fief de Cantepie, sis à Clermont.
« Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
7 Canton de Clermont.
* Cambronne, canton de Mouy.
* Canton de Maignelay.
«• A Clermont.
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128 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Œude Blandin, chanoine, — Panchoron, le Perrequoy ',
Canetecourt ", Baillefontaine, Olivier ', Clermont, rue de Lan-
uoy, Saint-Remy, — collation des bénéfices vacants au mois
d'avril.
Les bénéfices vacants au mois de mai sont conférés en com-
mun par les seigneurs de TÉglise.
Pauquier de Ver, chanoine, — à Gresillon, Rullon, Pancheron,
les Buhas, Saint-Remy, — collation des bénéfices vacants en
juin.
Jehan de Crevecuer, chanoine, — à Clermont (vigne Saint-
Sépulcre), Baillefontaine, Ars, Saint-Remy — collation des
bénéfices vacants en juillet.
Jehan Vaillant, chanoine, — à Warty-le-Grand *, Clermont
(fontaine du Pied-du-Mont), les Gloriettes*, Giencourt, Mont-
de-Crannes *, Bruel, Buhas, Canetecourt, Rosteleu, — colla-
tion des bénéfices vacants en août.
Messire Symon Thibout, chanoine, — à Clermont (Olivier),
le Postis, soubz le Chastel, Saint-Remy, — collation des béné-
fices vacants en septembre.
Messire Jehan de Bouquenangle, chanoine, — au Tieuloy,
Perrequoy, Bruel-le-Sec, Saint-Remy, — collation des bénéfices
vacants en octobre.
Messire Lorenz de Hédicourt, chanoine, — au Perrequois,
soubz le Chastel, Pancheron, Espineuses '', — collation des
bénéfices vacants en novembre.
Deux demi-prouvendes tenues par messire Pierre Fortet et
messire Robert Gentil, — à Rosteleu, Saint-Remy, — collation
des bénéfices vacants en décembre.
L'abbé de Saint-Quentin, chanoine, — à Arion, « hostises
arses et péries par le fait des guerres; » possède 28 mines de
grain.
Lesdits seigneurs sont haut-justiciers des lieux susdits.
*, • A Clermont.
« Breuil-le-Vert, cunton de Clennont.
* Aujourd'hui Fitz-James, canton de Clermont.
» A Clermont.
« Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
' Canton de Clermont.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 129
CettSy rentes^ vinages et autres dettes deus chacun an à ladite
église de Clermont :
A CLERMONT.
Plusieurs hostises * détruites par la guerre, excepté cinq ;
1** près la porte du bourg; 2° près de la porte de Noyntel; S*" au
dessous de la fontaine de Lannoy ; et deux autres. Plus diverses
rentes, cens et dîmes, aux Gloriettes, la fontaine du pied du
Mont, Pancheron, les Buhas, Perrequois, Cantepie, Grasset; la
garde de la foire Saint-Jean-Baptiste; profits de la justice en la
ville et banlieue de Clermont le jour de la fête, ladite justice
administrée par un Bailli spécial.
Rentes et cens à Warty % Bequerel ' et Giencourt *.
EN LA VILLE DE SENECOURT *.
Hostises détruites par la guerre; il n'en reste plus que cinq;
outre cens, tailles et dîmes; haute justice dans les tenures du
chapitre. -;.
- . AKKlGNBViLL»^.— - .•-^: • -
n n'y a plus que trois hostises; plusieurs cens de peu de va-
leur ; haute justice.
A ARS''.
Six hostises seulement; cens de peu de valeur; haute justice.
A NOINTEL* ET AUTREVILLE*.
Seulement quatre hostises; tailles et cens peu importants;
haute justice.
* On appelait hostise la tenure d'un hôte, généralement composée d'une petite
habitation et de quelques pièces de terre. Les hôtes étaient des espèces de fer-
miers et de locataires qui devaient au propriétaire ou seigneur des rentes et des
services pour le domaine qu'ils exploitaient. Ils ne jouissaient pas au moyen âge
d'une liberté parfaite. Voyez Guérard, Prolégomènes du cartulaire de Saint -Père
de Chartres.
\ « Aujourd'hui Fitz-James, canton de Qermont.
* Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
> Eiilleval, canton de Liancourt
* Canton de Liancourt.
■^ Cambronne, canton de Mouy.
* Canton de Liancourt.
* Breuil-le-Sec, canton de Clermont.
9
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130 le comté de clermont en beauvaisis.
saint-remy-a-l'yaue *.
Trois hostises seulement ; plusieurs terres, dîmes, revenus et
cens. Le chapitre y a un maire fieffé.
ANGIVILLER *.
Baillé au temps passé pour 20 fr. de terre ; seulement trois
hostes; revenus et cens ; la mairie fieffée dépend du chapitre.
REMECOURT '.
Quatre hostes seulement; quelques rentes et dîmes; haute
justice.
ARION*.
Les hostises toutes détruites; cens de peu de valeur; haute
justice.
LE GAUCHIE DE RAMEGOURT ^.
Deux hostes seulement, petits revenus.
Dans les villes suivantes, le chapitre jouit de revenus et de
cens peu importants :
Thory *, — Ansac ^ — Merlemont ', — Fay-outre-le-Bos *, —
Sachy-le-Grand **, — Lierval ", — Canetecourt **, — Vaulz *',
— Ranteny'*, — Merlou ", — Cuignière **, — Erquinvil-
1er *^ — Erquery '% — Nully *% — Merart**^, — Havrechy ", —
Rouviller ", — Auviller ".
S * Canton de Saint-Just.
>, * Canton de Clermont.
* Agnetz, canton de Clermont.
•, ^ Canton de Mouy.
« Warluis, canton de Noailles.
» Saint-Félix, canton de Mouy.
10 Canton de Liancourt.
" Neuilly-80U8-Clermont, canton de Mouy.
1" Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
^ Cambronne, canton de Mouy.
<^ Canton de Liancourt.
** Mello, canton de Creil.
*«, " Canton de Saint-Just.
*• Canton de Clermont.
" Neuilly-sous-Clermont, canton de Mouy.
^ Bury, canton de Mouy.
*i Canton de Clermont.
'* Canton de Saint-Just.
^ Neuilly-sous-Clermont, ctnton de Mouy.
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LB COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS. 131
Hommages sans les maires fiefez desditz seigneurs^ dont mention
est faite ci-dessus.
Gauchier d'Angy tient un fief au terroir de Nully, — avec
charge d'être sergent en la terre du chapitre à Nully, et venir
aux plaids d'iceulx seigneurs.
Philippe d'Auffay, écuyer, tient à cause de sa femme, fille de
feu Florent de NuÙy, un fief à Nully.
Jehan du Prez, tient un fief qui est en débat, au terroir de
Nully; et une maison arse dans la ville de Nully.
Chapelks appartenant à la collation du chapitre.
Mile Fremaut, chapelain de la chapelle du grand hostel.
La suite manque dans le manuscrit 20,082 comme dans le
manuscrit des archives
<c Cest tordonnanche comment et en quelle manière Péglise
Nostre-Dame de Clermont doit être desservie et le divin service fait
et célébré en icelky et ladite église avecques le spirituel et le tem-
porel souffisamment gouvernés par les chanoines^ par les vicaires
et par les chapelains de ladite église, qui pour celle cause sont
bénéficiés et rentes. >
Ce règlement * est curieux et permet de constater que le ser-
vice divin était en effet « célébré continuellement et sans def-
faut » dans la collégiale au xiv* siècle.
n y avait six chapellenies *, à la collation du chapitre et des-
servies chacune par un prêtre particulier, c'étaient :
A 11 est reproduit dans le Ms. K R 1,093, le Ms. Fr. 4,663, et le tome LFV de
Dom Grenier.
< L'une de ces chapellenies avait été fondée par le comte Raoul dans son
testament du mois de juillet 1191, daté de Saint-Jean-d'Acre ; l'autre par Robert
comte de Clermont, également dans son testament du 6 décembre 1317. H y avait
une autre chapelle, désignée par le règlement comme la chapelle « qui jadis fut
Dame Florie, » et que cette dame, bourgeoise de Clermont, avait dotée sur la fin du
xiii» siècle (charte confirmative de Robert, de février 1283). M. de Lépinois dit
qu'elle était dédiée à saint Sébastien. Au xyiip siècle, il n'existait plus dans la
collégiale que cinq chapellenies sous les titres de Saint-Sébastien, Saint-Lucien,
Saint-Jean-1'Évangéliste, Sainte-Marie-Madeleine et du grand autel (Louvet, t. I,
p. 110).
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132 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Le chapelain de Notre-Dame qui avait été institué « très le
commencement de la fondation de ladite église » et qui devait
alternativement avec le chapelain de F autel de la Madelaine^ le-
quel lui était pour ce associé, chanter chaque jour la grand'messe
au maître-autel, solennellement, à diacre et à sous-diacre ;
Le chapelain de l'autel Saint-Jehan, auquel incombait le soin
de « chanter chacun jour la messe matineuse devant Nostre-
Dame environ leure de solailz levant continuelment et sans
faillir; »
Le chapelain de Saint-Lucien^ chargé de toutes les messes des
obbis ;
Le chapelain de l'autel Saint^Nicolas;
Le chapelain de F autel Sainte-Croix ^ auquel il était interdit de
posséder aucun autre bénéfice.
L'abbé de Saint-Quentin de Beauvais se faisait suppléer dans
son canonicat par un vicaire perpétuel, qui était tenu de chan-
ter « toutes les évangilles des grans messes et de toutes autres
messes à note pour toute Tannée. »
Tous les vicaires de l'église se levaient à matines chacun jour
continuellement et chantaient à tour de rôle toutes les épîtres.
L'abbé de Saint-Quentin, toujoiu's à cause de sa chanoinie,
était tenu de venir, en sa propre personne, à l'église Notre-Dame
et faire le service solennellement la veille de la fête de Saiat-
Arnoul à vespres, et le lendemain jour de la fête, chanter la
grand'messe.
Le ministre de la Trinité et son collège devaient venir à l'é-
glise les quatre jours de rouvoisons (rogations), et aller tous
ensemble aux processions chacun jour et aux autres processions
qui étaient ordonnées à faire aux fêtes solempnées et à autres
jours.
Ledit ministre en sa personne et le curé de Saint-Samson de-
vaient et étaient tenus de porter la fierté ou châsse à la proces-
sion le jour de l'Ascension.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 133
PREVOSTÉ DE CLERMONT.
C'est le desclaracion de le Prévosté de Clermont et des autres offices
appartenens à Monseigneur le duc à Clermont et des autres mar-
chiez et droiz dudit Monseigneur le duc en ledite ville^ et la ma-
nière comment on les baille et quels droits Monseigneur a et
prant en iceulx marchiez et services, et comment ils se cuellent
et ont été accoustumez en cueillir et lever (f* 39 et suiv.) *.
La Prévosté de Clermont est ordenerement baillée à trois
ans * et congnoist le prevost de tous cas entre toutes parties ,
quelles que elles soient , excepté les officiers qui mesferaient en
leurs offices , dont il ne congnoist point, excepté les sergens en
cas de présent mesfait ausquels il puet souspendre leurs of-
fices et les emprisonner si le cas le désire.
Item le prévost prant amende de soixante soûls en plusieurs
choses seur non nobles, c'est assavoir se uns homs concèle *
1 Cette partie du dénombrement a déjà été publiée par nous dans les Mémoires
de la Société académique de rOise, t. VII.
* « Ce qui formait les revenus de la prévôté d'une seigneurie, dit Brussel {Usage
des fiefs en France, cap. xzxiii), était ses métairies, fours, moulins, pressoirs,
prés, rivières, étangs, marchés, halles, étaux, sceau, greffes, tabellionnages, et,
comme dans la suite des temps, ces choses, à Texception des vignes et des bois,
avaient été données à ferme au prévôt de la seigneurie, cela fit qu'elles prirent
toutes ensemble, avec l'exercice de la justice et les émoluments qui en prove-
naient, le nom de prévôté. Les prévôtés n'étaient pas toujours baillées à ferme au
plus offrant et dernier enchérisseur; souvent aussi, au moins dans les domaines
de la couronne, elles étaient données en garde à la nomination des gens du pays,
sauf institution du Grand Conseil. Voyez Pasquier, Recherches de France^ livre II,
chap. XXII, les nombreuses variations de la législation à cet égard. Le prévôt^ à
la fois officier de justice et de finances, était placé sous les ordres du baiUi. Pour
parer aux inconvénients qui pouvaient résulter du fait que les prévôts étaient
eux-mêmes les receveurs de leur prévôté, Philippe-Auguste, dans son testament
de Tan 1190^ ordonna aux baillis d'établir dans chaque ville quatre prud'hommes,
sans l'avis desquels, ou du moins de deux d'entre eux, le prévôt ne traiterait
aucune des affaires de cette ville. L'ordonnance de Philippe le-Bel, pour la réfor-
mation du royaume (1302), défendit aux prévôts, qui tiendraient à ferme leurs
prévôtés, de taxer les amendes ni même de les prononcer, voulant qu'elles le
fussent par les sénéchaux, baillis ou échevins, à raison des usages des lieux.
(Brussel, chapitre déjà cité.)
' Conceler : frauder.
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134 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
pour quel cas que se soit les droiz de son seigneur il doit
soixante sous.
Item se uns homs se combat à sanc et à plaie ou à persure de
main garnie (armée), il doit soixante sous*
Item d'un cas de nouvellette \ l'amende est de soixante sous
et les arranunes '.
Item d'un desfault, en cas d'asseurement ', le prevost a
soixante sous.
Item de prison brisée, soixante sous.
Item d'une reclameur de héritage de propriété ou simple sai-
sine *, soixante sous.
Item a le prévost accoustumé de pranre sur toutes amendes
de XX livres et au dessus soixante sous, et par dessous xx
livres, se il ne le demande au procureur, il n'y prant riens et
concelement despands soixante sous, et en plusieurs autres cas
que on ne desclaire pas , ledit prévost prant soixante sous.
Item a le prévost toutes autres amendes de dix sous et de
cinq sous sur toutes personnes, tant pour desfaulx, pour res-
clameurs, pour desobéissances, pour batailles faictes sans sanc,
ou main garnie.
Item le prévost puet congnoistre par toute la conté en ladite
prévosté quant il en a la prevencion '.
Item toutes amendes de la mairie * de Clermont, de Canette-
court et d'Agnes sont au prévost de Clermont.
1 Nouvellette : trouble dans la possession. Voyez la définition de la nouvellette
ou nouvelle dessaisine. Beaumanoir, t. 1, cap. xxxii^ et les Coutumes de Clermont,
réformées en 1539. Rubriche de complainte en cas de saisine et de nouvellette.
* Ârrammes ou errammes, suivant le Coutumier général de procédure ; amende
de défaut suivant le Glossaire du droit français.
* Assurance donnée de ne point poursuivre la vengeance d'un méfait ou de ne
point troubler Tordre. Voyez Beaumanoir^ t. II, c. LX.
* Saisine : mise en possession. (Glossaire.)
* D'après les anciennes coutumes de Clermont, le comte avait la connaissance
de tous les délits excédant soixante sous parisis d'amende, et pour les autres
délits droit de prévention sur tous ses vassaux et par tout le comté, en manière
que là où il prévenait la connaissance de tels délits lui appartenait et il en pre-
nait les amendes. Mais ce droit de prévention (de premier occupant) fut régle-
menté et restreint au profit des bauts justiciers, lors de la réformation desdites
coutumes en 1539. V. Nouveau Coutumier général, t. II, p. 793.
9 La mairie constituait au moyen âge un office souvent héréditaire, dont le
titulaire était à la fois tenancier féodal, intendant préposé au recouvrement
des taxes, cens et autres revenus du seigneur, et officier de justice chargé de
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 135
Item sont et appartiennent audit prévost toutes les amendes
du ban de aoust en temps de moisson.
Le peiment de le prévosté de Clermont se paie par la ma-
nière que s'ensuit :
Le peiment du bailliage de Clermont.
Le peiment des lettres de baillie de Clermont.
Quint denier * est dehu au seigneur quant on vent aucun fief
tenu de lui, de toute la sonmie de la vendue, et puet ledit sei-
gneur pranre cheval de service de son home, s'il lui playsoit,
avant qu'il viengne à dessaisine '.
Rachat de fiefz puet pranre le sires une foys quant il li plaist
de toutes personnes non nobles qui tiennent fief venu de main
noble, la valeur de trois anz si le fief n'a esté racheté '.
La congnoissance des nobles appartient à Monseigneur le
comte seul et pour le tout excepté *.
faire les ajournements, de saisir les malfaiteurs et de leyer les amendes. Gué-
rard, Prolégomènes de Saint-Père de Chartres. Voyez Ms. Fr. 4663, f© 34, le
dénombrement du fief messire Drieu Le Maire tenu du chastel de Clermont.
L'État des fiefs dressé par Dargillière (Archives de TOise, E 39), constate qu'à
la fin du quinzième siècle, les mairies de Clermont et de Canettecourt étaient
depuis longtemps déjà réunies au domaine; celle d*Agnetz fut acquise en 1513
par la duchesse Anne.
^ Sur le droit de quint, V. Beaumanoir, c. xrvii et les Coutumes de 1339^
rubriche de matière féodale. Le droit était perçu non-seulement quand le fief
était vendu, mais encore quand il y avait dans ce fief une mutation éqaipoUente
à vente. Aux termes de Tart. 80 des Coutumes de 1539 « quant aucuns fiefs ou
arrière-fiefs mouvants de Clermont étaient vendus ou transportés, le vendeur
devait et était tenu envers le seigneur, dont les dits fiefs étaient mouvants, pour
droit seigneurial payer le quint denier de la vente et transport. Et outre, au cas
que la vente fut faite francs deniers au vendeur, Tacheteur payait en sus le
requint du quint denier, et le seigneur n'était tenu de saisir l'acheteur que pre-
mier dudit droit il ne fut payé et contenté. » Les héritages roturiers acquittaient,
au lieu de droit de quint, un droit de lods et ventes.
* Qu'il viengne à dessaisine : qu'il cède la possession. Sur l'obligation du cheval
ou roucin de service, V. Glossaire du droit français*
* Dans les premiers siècles du moyen âge, aucun roturier ne pouvait posséder
de fief; mais cette règle, absolue d'iû)ord, se modifia avec le temps^ et Ton peut
^lire, dans les Coutumes de Beauvaisis, le chapitre que Beaumanoir consacre à
indiquer u comment homme de poeste (de condition servile) peut tenir franc fief,
en foi et hommage. » L'acquisition d'un fief par un vilain donnait lieu à la per-
ception d'un droit spécial désigné sous le nom de droit de franc-fief, et qui devint
domanial à partir de Charles V.
^ Le texte des deux manuscrits laisse également une lacune après le mot
excepté. Voyez Beaumanoir, cap. x, De la justice du comte de Clermont, et
Notice, p. cj. Les exceptions étaient vraisemblablement celles des cas royaux, dont
le nombre ne fit que s'accroître, et dont connaissait le bailli de Senlis.
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136 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Ensieut la déclaration des autres marchiez et rentes
de Monseigneur le Duc.
Ce chapitre est relatif aux taxes perçues sur le commerce et
l'industrie. Il comprend de nombreuses subdivisions. Sous le
régime féodal, le seigneur de la terre était considéré en quelque
sorte comme le maître des métiers. Pour avoir le droit d'exercer
un métier ou un négoce sur ses terres, il fallait lui payer une
somme d'argent, ou s'engager à l'acquittement d'une redevance
annuelle. Le Roi ne faisait pas autrement à Paris, ainsi qu'en
témoigne le Livre des Métiers d'Etienne Boileau (Collection des
Documents inédits de l'Histoire de France), et les droits de
halage et de tonlieu, dontl'énumération figure dans la deuxième
partie du livre que nous venons de citer, portent sur les mêmes
objets, ou à peu près, que ceux indiqués dans le dénombrement
de Clermont.
Nous nous bornerons à une analyse, relativement succincte ,
de cette partie dudit dénombrement, renvoyant le lecteur, qui
désirerait en connaître les intéressants détails, à l'étude spéciale
que nous avons publiée en 1869, dans les Mémoires de la Société
académique de F Oise.
Le Halage de Clermont. — Ce droit, qu'acquittait chaque
marchand pour l'étal sur lequel il exposait ses draps, était de
quatre deniers par jour, sauf le jeudi absolut (Jeudi-Saint), à
l'Ascension, à la Saint-Jean-Baptiste (24 juin), à la Saint-Arnoul
(18 juillet), et à la Saint-André (30 novembre), où il s'élevait
jusqu'à douze deniers. Mais, par contre, ces jours-là, le mar-
chand ne payait qu'un seul denier de tonlieu *, tandis que le
reste du temps, il acquittait pareille somme pour chaque pièce
de drap. Autant devait l'acheteur, à moins qu'il ne fût clerc ou
noble. Cette exemption, que Beaumanoir constate également,
1 Le mot de tonlieu, qui vient de la basse latinité {teloneum)j désignait dans
l*origine le droit de douane qu'acquittaient les marchandises transportées par
terre ou par eau. Plus tard, et c'est ainsi qu'il doit être pris dans le présent
dénombrement, il s'entendit d'une taxe perçue dans les foires et marchés sur les
bestiaux, marchandises et denrées. {Prolégomènes du Cartulaire de Saint-Père de ^
Chartres, § 119.)
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 137
en termes exprès {Coutumes de Beauvaisis, cap. xxx), s'étendait
aux tonlieux de la toile, des grains et des animaux, ainsi qu'aux
travers \ mais sous la condition expresse pour l'exempt, de ne
pas faire acte de commerce.
Les faux draps sans lisière pouvaient seuls être vendus hors
de la halle. Le droit de halage était affermé.
Le Tonlieu de la Freperye. — La corporation des fripiers, très-
considérable au moyen âge et dont les marchands, qui criaient
dans les rues la cote et la chape, ou cote et surcote, ne for-
maient qu'une subdivision, vendait des vêtements, des pelle-
teries, du linge, du cuir même. Les seuls articles, pour lesquels
elle figure dans le dénombrement de Clermont, sont les peaux
d'agneaux, les robes fourrées à femme et les surcots, sorte de
pardessus sans manches, soit à homme, soit à femme, fourrés
de gros vair ou de connins (lapins).
L'acheteur et le vendeur étaient passibles chacun d'une taxe.
Cette disposition était commune à tous les tonlieux.
Le Tonlieu de la toile frappait non-seulement les toiles ',
mais la tapysserie ', c'est-à-dire les tissus de laine, destinés à
servir de couverture ou à d'autres usages identiques, et les lits
de plumes, avec certaines modérations de taxe pendant les cinq
jours de fêtes énoncés plus haut au paragraphe du halage.
Le Tonlieu de la Pleterye. — Dans ce paragraphe du tarif
sont inscrites les pannes d'agneaux, de poulanne (fourrure ve-
nant de Pologne : Glossaire de Dticange)^ de callet (peau ou
drap venant de Barbarie, ibidem) y d'esquevinesse (écureuil), les
pièces de gros vair, les peaux de connins (lapins).
Les marchands de souliers de cuir de vaches, de cuir vendu,
soit à étal, soit es maisons, mais dans ce dernier cas seulement,
* A Paris (Livre des Métiers, p. 278), les ecclésiastiques, les gentilshommes et
les bourgeois ne payaient pas non plus de droit de chaude pour les objets des-
tinés à leur usage et les denrées de leur crû.
> L'acheteur d'une seule aune de toile, de même que celui d'une demi-aune de
drap, ne devait pas de droit.
• n y avait à cette époque (Livre des Métiers) ^ indépendamment des tapissiers
de tapis sarrasinois ou de luxe, auxquels une ordonnance de 1302 incorpora les
ouvriers de tapis de haute lisse, les tapissiers de tapis nostrez qui ne pouvaient
fabriquer que des articles d'étoffe grossière et de couleur.
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138 LE COlfTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
si le marchand était forain, de pièces de cuivre et d*airain neuf,
de cire à la livre, acquittaient soit par jour, soit par semaine,
des redevances différentes suivant la profession. La redevance
n'était qu'annuelle et de douze deniers pour les tonneliers.
La RENTE DE LA BoUCHERIE ET LE TONNELIEU. — LcS boUChcrS
avaient vingt et un étaux à Clermont ; onze devaient seulement
4 sous par an ; les taxes des autres variaient entre vingt et cin-
quante-six sous.
Chaque boucher, qui tuait chars à Clermont, payait depuis
Pâques jusqu'à la Saint-Remy (1" octobre), un denier par se-
maine pour trois moutons tués, deux deniers pour quatre jusqu'à
six et ainsi de suite ; de la Saint-Remy à Carème-prenant (mardi-
gras), la rétribution était fixe, d'un denier par semaine. Pour
chaque veau tué on devait un denier. Pour chaque cent de sieu
(suif) le vendeur payait deux deniers et l'acheteur deux deniers.
Pour chacun lard vendu le tonlieu était d'un denier.
« Item est dehu à Monsieur, chacun dimenche de l'an, une
espauUe de chacune animale, bœuf ou vache, tués par les
bouchiers de Clermont ou qui tués seraient pour vendre audit
Clermont. Desquelles espaulles, le maire de Clermont * prant à
cause de sa mairerie, depuis le plus prochain dimanche de la
Sainct-Ernoul jusques au plus prochain dimenche de la Sainct-
Andrieu, chacun dimenche une espaulle, et le ministre de Cler-
mont prent, à cause de leur église Sainct-Andrieu de Clermont,
depuis le prochain dimenche de la Saint-Ernoul jusques au plus
prochain de Noël, chacun dimenche une espaulle.
« Item doibvent les bouchers de chacun pourcel qu'ils tuent
les deux jambes de devant coppées en trois.
« Et dient les bouchers que les trois jours de la foire Sainct-
1 n s'agit ici do tenaocier féodal, dont nous avons indiqué plus haut les attri-
butions. On trouve en effet ce droit nommément exprimé dans le dénombrement
du fief messire Drieu Le Maire tenu du chàtel de Clermont (Ms. 4663, fo 34). Le
maire touchait de tout nouvel mercier, se il vouloit avoir estai nouvellement, uns
wan, de nouvel chavetier deux deniers, de nouvel voirrier un voire. 11 avoit sur
les criages des vins par la porte dou bourc en amont dusques au chastel, pour
chacun cri un denier ; le seing de mesure à blé, à sel, à avoine de Clermont, par
chascune mesure quatre deniers et de mesure à vin, à barilz et à kanc à carier
un denier, excepté les mesures à blé et à avoine que le comte livrait à ses mar-
chands qui tenaient son tonlieu.
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LE COMTÉ DE a.ERHONT EN BEÂUVAISIS. 139
Jehan à Clennont durant, et le jour Sainct-Andrieu, ils ne
doibvent point les dites rentes. »
La BEIfTE DE LA HÉREN6ERIE ET POISSONNERIE ET LE TONNELIEU. —
Le poisson vendu en gros était taxé par soume (charge d'une
bête de somme) à un denier pour le vendeur, un denier pour
l'acheteur. Le millier de harengs payait même tonlieu. Il y avait
en outre im droit quotidien d'estallaige, plus élevé en carême
que pendant le reste de Tannée ou en chamaigey comme on di-
sait alors.
Le poisson d'eau douce ne devait rien, non plus que les
moulles et le coquillage bivalve, connu sous le nom de hannons.
Le TONNELIEU DE LA LAINE. — Tous marchands vendants laine
payaient de vingt sous quatre deniers, et autant l'acheteur.
Le tarif comprenait ensuite les cordonniers, les marchands de
cuirs à poil, avec exemption pour les cuirs vendus par les bou-
chers de Clennont, les merciers, les marchands de ferronnerie,
de blancs taillans (ferblantiers), les maingnans (chaudronniers
ambulants), les serruriers, les marchands de faucilles, de fu-
tailles, de cerceaux, de plateaux et écuelles de bois, les vanniers.
Plusieurs s'acquittaient en nature et devaient, comme à Paris
{Lwre des métiers) y une pièce de leurs œuvres. Les articles fa-
briqués avec du bois de la forêt de Hez jouissaient de l'exemp-
tion de la taxe.
Le Tonnelieu du pain. — Chaque boulanger, qui livrait du pain
aux revendeurs, devait par hotée une poitevine, et le revendeur
une poitevine également. Le pain apporté par les forains était
payé suivant le mode de transport (char, chartée, somme à che-
val et à brouette, hoste, sac porté à col).
Le MiNAiGE de Clermont. — Sous cette rubrique étaient portées
deux taxes distinctes : le minage proprement dit, perçu au pro-
fit du seigneur, qui fournissait la mine ou mesure et appointait
un mesureur chargé de constater la légalité des transactions ;
il n'était rien dû de ce chef pour les grains non mesurés ; —
et le tonlieu des blés et grains acquitté proportionnellement aux
quantités vendues.
Le Tonnelieu des bestes. — L'acheteur et le vendeur devaient
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140 LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS.
chacun : par tête de cheval deux deniers ; de vache ou porc, un
denier; de brebis une obole.
La rente du sel et le change de Clermont ne figuraient dans
le dénombrement que pour mémoire. D'une part, en effet, l'im-
pôt sur le sel, d'abord levé au profit de chaque seigneur \ était
devenu royal depuis 1342, et de l'autre, Louis I" de Bourbon
avait, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, vendu le 27 janvier
1320, à Philippe le Long, pour quinze mille livres de bons
petits tournois, le droit de battre monnaie qui lui appartenait
comme comte de Clermont et sire de Bourbon.
C'est la desclaradon du Travers de Clermont^ appartenant à
Monseigneur le Duc^ et comment on le doit cueillir en ladite ville
et es branches qui en dépendent (f 46 et suiv.).
Le travers était un droit perçu par le seigneur sur les mar-
chandises transportées à travers ses terres d'un lieu à un autre.
Le produit de ces taxes avait primitivement au moins , comme
celui des péages, pour affectation l'entretien des chemins, et
c'était l'objet pour lequel les seigneurs avaient été autorisés à
les établir *.
Telle est sans doute la raison pour laquelle, toutes denrées
quelles qu'elles fussent, menées à brottes (brouettes) ou portées
sur col de homme ou de femme, ne devaient point de travers
à Clermont.
' An commencement du xv» siècle, Louis II obtint de son neveu Charles VI
rétablissement d'un grenier à sel seigneurial à Clermont, mais Tordonnance sur
la police du royaume du 25 mai 1413 le supprima en même temps que les trente-
cinq autres accordés depuis seize ans « par faveur ou importunité » de seigneurs
du lignage royal ou autres, ce qui, avec les exemptions consenties, avait eu pour
résultat, ajoutait Tarticle 127, de « grandement amoindrir et apeticer le prouffit
et émolument de la gabelle. » Dès la fin du même siècle^ Clermont était redevenu
le siège d'un grenier à sel royal, dont des lettres patentes concédèrent la jouis-
sance temporaire au duc et à la duchesse de Bourbon.
• Quelquefois le travers avait pour synonyme la chaude. Il en était ainsi notam-
ment dans la banlieue de Paris. Le Livre des Métiers donne de la chaucié la
définition suivante : « Chaucié est une coustume assise et estaèlie anciennement
seurs chars, seurs chairettes, seurs somiers chargiés asquex li chauciers prendent
leurs chauciès à Tuu plus k l'autre mains. Lesquèles chauciéssont prises et
demandées, si comme il est contenu ci-dessus, par la rèson défaire appareiller
les chauciès, les chemins, les pons et les pasages dedans la banliue de Paris. »
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LE COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVAISIS. 141
Le tarif n'atteignait que les transports par char, par char-
rettes, et à dos de cheval. Voici la nomenclature de ses divers
articles : le vin ; le cuir à poil ; le drap ; la waide (pastel) et la
warance (garance) ; la mercerie, terme qui comprenait alors
tout ce qui tenait à Thabillement et à la parure, quelquefois
Tépicerie, la droguerie et la quincaillerie (Livre des métiers,
p. 192) ; le fer brut et ouvré ; le plomb ; la laine blanche et
noire, avec modération de taxe pour les marchands de Beauvais ;
les fromages ; la volaille ; le sel, le poisson , les harengs ; les
cuirs tannés et le cuir rouge ; les futailles ; le sieu (suif) et
Toint (graisse) ; les graine ; les chevaux, les vaches, les pour-
ceaux, les bêtes à laine blanche et noire, celle-ci plus taxée que
l'autre.
n y avait exemption expresse pour Fozière (oseraie) et le par-
chemin.
Les denrées descendues en la comté de Clermont ne devaient
pas de travers. Celles amenées en la ville et mises « à estai en
halle ou ailleurs » pouvaient être réexportées en franchise sous
la condition de ne pas séjourner plus de huit jours. Les chevaux
et pourceaux, conduits à la foire de Clermont, n'étaient soumis
au droit qu'à la sortie.
« Item est assavoir que le travers de Clermont s'estend jus-
ques en la ville de Angy * et es villes ' de environ, et le liève
on e cuelle en le manière que on le queuil à Clermont, réservé
que les marchans menans marchandises quelles que elles soient,
venant par le grant chemyn de Senlis, passans au long d'Angy,
et allans le droit chemyn de Beauvais, ou travers que ils doi-
vent, monseigneur le duc a le tiers, M. de Moy le tiers, et l'abbé
de Royaulmont le tiers.
« Item quant on maine de ladite ville d'Angy aucunes denrées
à Moy • ou au delà on n'en doit à monseigneur le duc aucun
travers.
« Item, et se on maine de ladite ville d'Angy aucunes denrées
1 Canton de Mony.
« A cette époque le mot ville était synonyme de village. Voir Livre des Métiers,
p. 432, la nomenclature des bourgs et villages de la banlieue de Paris, soumis à
la taille du blé et du vin. Ils sont tous dénommés villes.
* CheMieu de canton de Tarrondissement de Clermont.
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142 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
soit vin ou autre chose à Beauvaiz, le travers en appartient à
monseigneur le duc seul et pour le tout.
« Item pareillement des villes de Merart, de Boisicour *, d'An-
sac •, de Thory ', de Fillierval *, et de Houdainville *, excepté
que ceux de Houdainville dient que quant on charge vins en leur
ville pour mener à Beauvaiz, iceulx vins ne les marchands ne
doivent point de travers
« Item tous les habitants de la conté, qui mainent leurs vins
hors creus en leurs héritages, ne doivent point de travers, et
aussy ne doivent nobles et clercs point de travers se ils ne mai-
nent marchandise. •
« Item tous marchans qui amainent vins par la montagne de
vers Saint-Leu et ils descendent à la cauchie de Ramecourt •,
ils se puent acquitter à celui qui a le boeste pour le traversier
de Clermont. »
Le Travers de Nointel ' se liève et cuelle en la manière que
divise est à dessus ou travers de Clermont. Ce travers n'ap-
partenait pas en entier au duc ; il partageait certains de ses pro-
duits avec le seigneur d'Atichy comme possesseur de fiefs à
Nointel.
Le transport à col ou par brouettes était taxé à un denier pour
le duc et un denier pour M. d'Atichy .
Le payement du travers de Nointel exemptait du payement de
celui de Clermont et réciproquement. Il en était de même pour
Bruelg.
Les Travers de Baillenval *, de Leencourt •, de Bruelg '* se
cuellent et lièvent par la manière que fait le travers de Cler-
mont.
' Mérart et Boisicourt, hameaux de la commune de Bury, canton de Mony.
« Canton de Mouy.
' Canton de Mouy.
* Hameau de Thury.
8 Canton de Mouy.
« Hameau de la commune d'Agnetz, canton de Clermont.
"^ Canton de Lianeourt.
s Canton de Lianeourt.
* CheMieu de canton de rarrondissement de Clennont.
*o Breuil-le-Sec, canton de Clermont.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS. 143
Le Travers de Longuyaue, alias Longeaune (coutume de Sen-
lis, procès-verbal de 1339) actuellement Longueau, commune
de Saint-Martin-Longueau, canton de Liancourt. C'était, sui-
vant M. Graves {Notice archéologique ^ p. 252), le point à partir
duquel rayonnaient, au moyen âge, plusieurs voies dans l'éten-
due de la Picardie. Parmi les pièces annexes du Ms. 20,082
figure (p. 573) le règlement sur la manière dont se percevait ce
travers *. Il débute ainsi : « Ensuit Finstitution et ordonnance
de recevoir le péage et travers de Longueaue, près Pont Sainte-
Maxence et les mètes où s'estend ledit travers qui sont à la
rivière d'Aronde, à la rivière de Bresche, à la fontaine de la
porte dudit Pont Sainte-Maxence, au rû de Roulce et au pont
de Ver, et se doit recevoir et s'estend oultre les rivières de Oise
d'Aronde et de Bresche. »
La Prévosté de Bruelg *, appartient à M. le duc, qui se com-
prant es choses qui s'ensuit (f* 49) :
Ce domaine de minime importance se composait, outre le tra-
vers, de quarante-huit sous de cens à le Saint-Remy, de quel-
ques pièces de terre, de pré, etd'aulnois, ainsi que de champarts
et terrages, redevances en nature prélevées sur les récoltes.
La Prévosté de Giencourt ' n'est portée que pour mémoire
dans le manuscrit 20,082.
Vignes du domaine (P 50). — Elles se composaient d'environ
sept arpents, dont un à Giencourt, accensés à moitié et à tiers
pot.
Ce sont les Vinages * jadis du domaine donnés et aumosnés
* Ce tarif frappait toutes denrées qui séjournaient moins d*an et jour dans
rétendue du territoire sujet ; il n'y avait d'exception que pour celles destinées à
la consommation de l'Université de Paris. Certains de ses articles, qu'on retrouve
du reste dans d'autres tarifs de la même époque, sont curieux. Ainsi le juif était
taxé à quatre deniers et la juive au même taux, sauf les cas où elle était enceinte,
et payait huit deniers ; les ménétriers payaient aussi quatre deniers pour chacun
instrument s'ils ne voulaient « acquitter de leur mestier. »
* Breuil-le-Sec, canton de Clermont.
» Hameau de Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
* Droit féodal que percevaient les seigneurs sur le vin récolté dans leurs
domaines ou transporté êi travers leurs terres. Le muid de Clermont valait 2 hec-
tolitres é5 litres.
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144 LB COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS.
par M. le duc de Loys aïeul de M. le duc qui est à présent et par
ses successeurs :
Au seigneur d'Âufemont de par sa femme 40 muids de vin ;
au seigneur de Secourt, à Guillaume de la Toumelle et à Char-
les de Campremy, 10 muids chacun, à cause de leurs devan-
ciers; à Tabbé de Saint-Denis, don d'aumosno, 3 muids ; à
Tabbé de Bretuel, id., 3 muids ; à l'abbé de Ressons en Thelle,
id. 4 muids * ; au maire de Clermont, 5 muids ; — sous réserve
pour le comte de Clermont, par tous les vinages dessus dits, de
la justice et seigneurie ; des amendes de fouler , entonner sans
congié, de défaut de cens, de roage * emporté, de cens non payé
des ventes, et de tous autres droits de segnorage.
A Tabbé de Seris, en Ponthieu, avaient été donnés et souloit
prendre 7 muids, lesquels il avait arrenté sans consentement du
seigneur.
Les pressouers du comte à Clermont, et où les deux pres-
souers sont tous garnis de leurs cuviers et autres choses appar-
tenantes, et la chambre pour mettre les vins, sont assis entre
le chastel et la porte de Nointel.
Les prés du seigneur à Clermont, entre la cauchié de Rame-
court et la cauchié de Warty, 55 arpents, dont le maire de
Canettecourt doit livrer 48 afeneurs pour en afener une partie,
et le maire de Clermont 47 afeneurs pour afener l'autre.
Le gardin derrière le chastel et les fossés entour et les hayes
qui sont autour et environ nommez le chasteler '.
Le Vivier le Comte, aboutant d'un côté à messire J. de Sesse-
val, et de l'autre au pavement qui va à Creilg.
Rentes en villenâge * de tous les héritages tenus à pur du
seigneur à Clermont et es villes voisines.
Le produit de ces droits était considérable à Clermont notam-
ment, où la charte communale de 1197 avait, on s'en souvient.
' Don du comte Louis de Blois de Tannée 1 198. V. Supra,
* Taxe sur le transport et la Tente en gros des yins.
» Le mot chatelier, dit M. Graves (Notice archéologique, p. 185), indique les vigies
etranchées établies sur les hauteurs pour surveiller les routes.
* « Noz appelons viienage, dit Beaumanoir, cap. xiv, héritage qui est tenu de
seigneur à cens, à rente ou à champart, car de celui qui est tenu en fief on ne
doit rendre nule tele redevance. » Par héritages à pur on doit entendre ceux
mouvant directement et sans intermédiaire du comte. (Glossaire du droit français,)
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 145
imposé, en échange de Taffranchissement de la taille et de toutes
servitudes, aux habitants et manants de la ville, l'acquittement
d'une taxe annuelle de cinq sous de monnaie beauvaisine par
chaque masure possédée dans son enceinte '. Il en résulte que
rénumération fort longue des censitaires fournit par cela mémo
une statistique exacte de Clermont à la fin du xw"* siècle. Elle
permet également de constater les traces encore subsistantes
presque à chaque pas des ravages commis par les Jacques et
surtout par les compagnies anglo-navarraises, en même temps
que les nécessités d'une défense presque quotidienne, néces-
sités qui devaient se prolonger pendant trois quarts de siècle.
Les rentes en villenage n'occupent pas moins de vingt-sept
feuillets du Ms. 20,082. Nous ne saurions donc en présenter
ici que le résumé *.
' Indépendamment de la censé proprement dite de cinq sous la plupart des
maisons payaient un certain nombre de deniers de surcens.
^ En regard de ce résumé et pour son intelligence même nous ne croyons pou-
voir mieux faire que de placer quelques lignes empruntées à la description de
Tancien Clermont par M. Graves {Précis statistique^ p. 98) et par M, de Beauminy
{Anecdotes f p. 3). Au moyen âge la ville était divisée en trois parties. Le château
à l'extrémité nord-est au sommet de la butte, occupait non-seulement l'emplace-
ment où Tordonnance du 21 juin 1826 a établi la maison centrale de détention,
mais aussi Tespace limité par la rue de l'Église et par celle du Châtelier où l'on
voit encore une porte fortifiée. Aux bâtiments du château, vers l'occident, se
trouvait adossée la collégiale Notre-Dame. On sait qu'en 1373 elle venait d'être
presque entièrement détruite par le captai de Buch. La ville proprement dite ou
haute ville, qui porta d'abord le nom de bourg, était bornée par le château au
nord-est, par un mur qui passait à l'ouest dans les jardins au-dessus du chemin
de tour de ville, et à l'est par une clôture parallèle à l'ancienne route de Com '
piègne ; il y avait une porte dite du bourg, située à l'extrémité basse de la place,
et qui la séparait du faubourg ; sur cette porte, démolie en 1758 comme la sui-
vante, figuraient les armes de la ville {de gueules à la tour d'or amaisonnée de
sable, au chef d'azur chargé de cinq fleurs de lis d'or). Une autre porte, dite de
Breuil-le-Vert ou primitivement de la Hart, s'ouvrait au bout de la rue des Lom-
bards, à côté de la Tour de Buha qui renfermait les anciennes prisons démolies
au commencement de ce siècle. Une troisième, qui subsiste encore dans la rue du
Châtelier, près de l'entrée du château, s'appelait porte de Nointel et conduisait à
Pont-Sainte-Maxence et Compiègne par le faubourg du Pont-de-Pierre. Ces trois
portes sont mentionnées dans notre dénombrement. L'enceinte de la haute ville
qui, suivant les uns, date de Philippe- Auguste, suivant d'autres de Charles IV
seulement, comprenait l'église paroissiale, l'hôtel-de-ville, les boucheries, une
place peu considérable, mais successivement agrandie et garnie de deux puits.
L'hôtel-de-ville, l'édifice le plus important après le château, et qui par son archi-
tecture semble une construction du xiv« siècle, n'est pas cependant nommément
désigné dans le dénombrement de 1373, à moins qu'on n'adopte l'opinion de
M. de l'Épinois {Recherches historiques, p. 50) qui s'appuyant sur un compte
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146 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Il y avait d'abord les cens deheus à Clermont chascun an à
M. le duc au jour de la saint Denisy que on appelle anciennement
les cens du Hanap-le-Comte (f° 51).
A commencier en prez le chastel à la poterne en allant aval
la ville à main dextre se trouvaient trente maisons, payant cens,
dont la maison du chapelain de la chapelle matineuse et celle
de M® Thibout, curé de Saint-Samson, quatre courtieulx ou
courtils, et une masure.
A la suite des halles aux draps (f 54) on comptait vingt autres
maisons, dont une possédée en fief par Gille de Nodonchel, et
trois masures.
La porte du Bourg était tenue par Havet d'Estrées à foi et
honmiage de Jean de Bazantin comme seigneur de Ronque-
rolles.
de 1514, actuellement conservé dans les Archives de Clermont, ainsi que sur le
procès-verbal de la révision des coutumes en 1539, croit qu'il fut d*abord connu
sous le nom de halie. On pourrait alors le retrouver dans le bâtiment de la halle
aux draps indiqué au folio 54. De temps immémorial et jusqu'en 1789 l'hôtel-de-
ville fut le siège des diverses juridictions du comté en même temps que de la
mairie. Les fortifications de la haute ville cessèrent d'être entretenues à partir
de 1703 ; les fossés étaient remplis vers 1762 et leur emplacement à dater de 1767
fut concédé peu à peu aux propriétaires limitrophes pour établir des jardins. La
basse ville appelée aussi du couvent des Trinitaires, qui avec Thôtel-Dieu (fondé
à la fin du xv« siècle) en formait le principal établissement, faubourg Saint-André^
aboutissait au carrefour de ce nom et se ramifiait, comme aujourd'hui, en trois
branches. Elle était fermée au sud-est par la porte dite de Creil, au delà de
laquelle était un petit faubourg de même nom, au sud-ouest et du côté de Mouy,
par une porte nommée de Paris ainsi que le faubourg et la rue qui était à la suite
parce que c'était primitivement le chemin de la capitale ; cette porte, construite
au xvi® siècle par Charles de France, duc d'Orléans et comte de Clermont, fut
abattue en 1780. Enfin il y avait dans la rue des Fontaines^ au-dessus de l'abreu-
voir, une troisième porte qui servait d'issue à deux faubourgs ; le premier nommé
de Saint-Laurent, à cause de la chapelle et de la maladrerie de Saint-Laurent
(fondée par Renaud II entre la route de Beauvais et la chaussée de Ramecourt),
et qui conduisait à Beauvais, et le second dit de l'Équipée, se prolongeant jus-
qu'au pont de Fitz-James sur la Bresche. C'était la route de Montdidier, Saint-
Just et Amiens. Presque tout le faubourg Saintr André et ses annexes dépendaient
au spirituel des paroisses de Breuil-le-Vert et d'Agnetz. Suivant M. de l'Épinois
les trois portes du faubourg de Clermont ne figurent dans aucun document topo-
graphique antérieur au xvi« siècle ; elles ne remonteraient donc pas au delà de
cette époque. D'après les calculs faits par M. Bordier {Philippe de Beaumanoir,
1869, lw> partie, pièces justificat. no xxxviii) sur le rôle de l'aide imposée en
1303 par Philippe-le-Bel aux habitants du comté de Clermont, la population de
cette ville aurait été au xiv© siècle de 4,150 âmes, non compris les nobles, les
ecclésiastiques et les indigents. Elle est aujourd'hui en totalité de 5,774.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 147
Plusieurs maisons sont indiquées comme détruites pour l'éta-
blissement des fossés et arrière-fossés.
Puis venaient les cens dûs à la Saint-Remy (f** 56). Ils commen-
çaient au fief de la Bretesche et de là à la place « où souloit être
l'abitacle * » construction alors déjà détruite et dont nous ne
saurions préciser la destination, on comptait vingt-deux mai-
sons, parmi lesquelles rhostelàTÉpée, Thostelau Cisne, Thostel
au Bar, Thostel de la Couronne, plusieurs places vides, et les
tenures do Notre-Dame. Quelques-unes de ces maisons payaient,
outre le cens de la Saint-Bemy, une redevance particulière à la
saint Denys pour les issues qu'elles possédaient par derrière es
fossez. Jehan de Touffreville était inscrit parmi les censitaires
pour « les fossez de sa terre du Val, devant Tabitacle. » Un autre
particulier pour « le conduit de lyaux de la fontaine de Launoy
qui venait es rotouoirs (rouissoirs) de sa maison. »
De l'autre coté de la ville, en venant de Saint-Ladre, au lez
devers les marez en montant amont vers la croix Saint-Andrieu,
(f* 60) il y avait l'hôtel des Croissants, trente-huit maisons,
vingt-deux places.
Dans l'autre rue en venant à l'hostel des Quatre Fils Aimon
(f* 62) il y avait six places et onze maisons, dont trois tenues de
Havet d'Estrées, les deux maisons du Chastelet et celle du
Heaume.
Et d'illenc jusques aux vignes du Tieuloy n'avait nulles mai-
sons jusques à un postiz qui va es dites vignes (f 63).
Quelques maisons enssuivant étaient à l'abbé de Froidmont.
Puis celles jusques au moutier Saint-Andrieu étaient de la
Trinité (f 64).
Ensemble vingt-deux maisons et trente places.
Les halles aux tanneurs et aux chave tiers (f* 63). Les tanneurs
avaient des étaux bien faits et bien couverts qui ne payaient que
quand ils y mettaient leurs denrées. Les chavetiers avaient
vingt-quatre étaux payant chacun six sols de cens « mais à pré-
sent il n'y en a nulz, car ils ont été abbatus, parce qu'ils sont
trop près des fossez. »
Après venaient : quarante-deux maisons et six places, dont
l'une où fut l'hostel à l'Ane-Boy et l'autre appelée Thostel aux
Balances ;
* V, Ducange, vo habitaculum et La Cume Sainte-Palaye. (Glossaire,)
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148 LE COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVÂISIS.
La porte de la Hart (f* 63) et en venant à la Froumenterie ou
grenier aux grains, au côté droit vers Saint-Samson \ vingt-
huit places et dix-neuf maisons, dont la maison à limage, le
cellier du chapitre de Notre-Dame, la maison du curé de Saint-
Samson et le jardin dudit lieu, tenu de Notre-Dame une partie,
une partie des hoirs Florent de NuUy , l'autre de Saint-Ladre ; la
grande maison de TÉcole ; près de Tâtre ou cimetière * de Saint-
Samson la place où Ton enfouissait les gens excommuniés et
autres qui ne pouvaient être enterrés en terre sainte, place qui
avait été jadis donnée à Téglise par Lancel le Bouchier (f 69) ;
Tautre place ensuivant où souloit avoir maison en laquelle
demeura en son temps M® Regnault de Souvegny, auquel M. le
comte Robert la donna à sa vie et après vint en la main de Mon-
seigneur qui la bailla à Guillaume de Souvigny parmi deux
deniers de cens et six de surcens et depuis fut abattue par les
1 II n*y eut pendant plusieurs siècles à Clermont, dit M. Graves (Précis statts-
tique, p. 94), d'autre église que celle de la collégiale. Ce fut seulement vers 1327
qu'on éleva à l'entrée du bourg, près des murs du château, peut-être sur l'em-
placement d'une ancienne chapelle dédiée à Nicolas, un bâtiment pour les
besoins de la paroisse, que l'évéque Jean de Marigny consacra en 1347 sous le
vocable de saint Samson, évoque de Dol. Le service presbytéral fut d'abord fait à
tour de rôle par les chanoines, chacun en ayant la charge une semaine ; puis ils
commirent l'un d'entre eux pour le remplir. C'est ainsi qu'on voit dans notre
dénombrement maître Thibout titulaire d'une des prébendes du chapitre^ porté
en même temps comme curé de Saint-Samson. Une bulle du pape Innocent VllI,
de l'an 1489, autorisa l'union de la cure à l'église et mense de la collégiale ; les
chanoines nommèrent alors un vicaire amovible. Enfin, à la suite de difficultés
qui ne furent aplanies qu'en 1524 (Lettres de ratification du chapitre de Beauvais
du 6 mai), Saint-Samson fut pourvu d'un curé titulaire à la collation du chapitre,
avec réserve en faveur de celui-ci des honneurs de l'église les jours de Saint-
Samson et de Saint-Nicolas, ainsi que d'une redevance annuelle de 20 livres.
L'église fut partiellement incendiée en 1 432 et consacrée à nouveau en 1506 par
Louis de Villiers de l'Isle-Adam, évêque de Beauvais. Dom Grenier en donne la
description suivante (t. GGXVII, p. 205) : a L'église de Saint-Samson a été bâtie
en quatre temps diflérents. Le grand portail et la tour où est l'escalier pour
monter au clocher parait de cinq cents ans. L'aile gauche, où sont les fonts et les
chapelles, parait avoir été ajoutée au grand portail sous Charles VII, à cause des
trois fleurs de lys qui sont à la voûte. Le clocher parait avoir été construit du
temps de Pierre de Bourbon et d'Anne de France, ce qui se reconnaît par leurs
armes mi-parti de France et de Bourbon, placées à l'entrée et au dehors du clo-
cher (la flèche de ce clocher, qui avait cent pieds d'élévation, fut consumée par
un incendie accidentel le 4 août 1785). Le reste de l'église a été bâti en 1540 avec
le portail du sépulcre. C'est un édifice considérable tant par son élévation que
par sa délicatesse. »
« V. Ducange, v» atnum. Le cimetière de Saint-Samson était primitivement sis
autour de l'église. ïl fut transféré en juin 1786 au-dessous du châteller, sur un
emplacement donné par le prince de Gondé.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 149
guerres ; les trois places ensuivant tenues de Notre-Dame et où
la demeure était au chapelain de Saint-Lucien en Téglise du
chately — c'était derrière cette demeure que se trouvaient les
pressouers Monsieur ; — la porte par laquelle on allait à
Nointel.
Toutes les places depuis la place du Loquet jusqu'à la porte
de la Gauchie étaient tenues de Notre-Dame les unes, et les
autres du seigneur de Lierval *.
n y avait en tout, non compris les quelques fiefs que nous
avons indiqués, deux cent cinq maisons, parmi lesquelles les
hôtels ou hôtelleries figuraient en nombre relativement consi-
dérable. Il y avait en outre plus de cent places ou tenures vides.
Places comme maisons étaient, sauf le cas d'amortissement * en
faveur du chapitre Notre-Dame et des Trinitaires, soumises au
cens, et la taxe atteignait en outre les aisements des maisons
sur les murs de la ville, les postiz ou issues sur les fossés, les
étaux mis aux jours de foires devant les portes, des auvents et
appentis, des pressoirs, dans certains cas jusqu'à l'égoût de l'eau
tombant sur les bâtiments domaniaux et aux fosses à fieuz. En
cinq ou six endroits un censitaire se trouve inscrit avec ses par-
sonniers ou associés. Ce mode d'exploitation était si fréquent au
moyen âge qu'il aurait à peine eu besoin d'être mentionné ici
si, fait qui nous semble au contraire assez rare, le chef d'une de
ces associations, messire Paon des Quesnes, n'était pas indiqué
comme chevalier.
Ce sont ks avaines dehues à M. le duc chascun an au lende-
main de Noël (f* 71). Ces redevances en nature comprenaient
/ J Hameau de Neuilly-sous-Clermont, canton de Mouy, dépendant alors en
' ^ partie de Breuil-le-Vert.
/^ f On appelait amortissement la permission donnée par le roi ou le seigneur
f aux gens de main-morte de tenir et posséder un héritage. Cette permission
exemptait le dit héritage, moyennant le paiement d'une indemnité immédiate, de
Tacquittement ultérieur de tous droits et devoirs féodaux et censiers. Les comtes
de Qermont usèrent assez fréquemment du droit d'amortissement. Nous avons
déjà cité les lettres de mars 1384 (Ms. 20,082, fo 574) par lesquelles Louis II
amortit 50 livres parisis d'annuelle rente acquise ou à acquérir par le seigneur
de Nedonchel dans le comté de Clermont, sans fief ni justice, pour la fondation
et entretien de deux chapelles en l'église collégiale Notre-Dame du chàtel de
Clermont. Plusieurs énonciations de l'état des fiefs dressé par Jehan Dargillière
▼ers 1500 (Archives de l'Oise, E. 39) établissent qu'ils continuèrent à agir de
même jusqu è la fin du xvo siècle. C'est précisément l'époque où le droit fut
proclamé par les légistes comme exclusivement régalien.
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150 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
non-seulement des grains, mais encore des chapons. Il y avait
à Glermont, en la rue des Masures, trente-neuf tant maisons que
masures ', courtils et vignes assujettis à leur payement.
Les avaines de Warty *, à commencer au petit pont en allant
au grand pont de Bresche à main senestre (P 72) s'acquittaient
par trente-deux masures, prés ou courtils, six aulnois et trois
maisons.
A la cauchié de Becquerel •, à commencer au pied du mont,
en allant selon la rivière de Bresche au Pont Gaillard, et de celui
pont en allant à dextre jusques au pont Nicaise Pèlerin (f 74) il
y avait quarante-huit masures, six aulnois et une maison impo-
sables.
Enfin dans la rue de la Bouete à commencer aux aulnois de
Hargenlieu * au marais, et du marais en allant à Giencourt * on
comptait dans les mêmes conditions huit masures, une maison
et douze aulnois.
Les cens de la voie des Pâtures, quatre sols.
Les cens de la courbe de Thory • sur plusieurs héritages à
Thory.
Les cens de la maison TAvugle, deux deniers.
Les deux mines d'avoine dues chacun an à Thory.
Le cens du moulin d'Espineuse ^.
Le cens de la maison Jehan de Saint-Leu au Plessier ®.
Le pré de Becquerel.
Les deux muys de mouture à Thory et Merart *.
Il y avait à Becquerel plusieurs pièces de vigne, qui jadis fai-
saient partie du domaine et qui avaient été ensuite baillées à
rente de vin et d'argent, mais aucunes d'entre elles demeuraient
en friez (friche).
* Le mot masure avait plusieurs significations. Généralement il désignait à cette
époque un tenement édifié de bâtiments d'habitation et d'exploitation agricole ;
mais ici étant opposé au mot maison^ peut-être devrait-il être entendu des terres
seulement formant le tenement.
t Warty, aujourd'hui Fitz-James, canton de Clermont.
' Hameau de Fitz- James.
* Hameau d'Avrechy, canton de Clermont.
» Hameau de Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
* Thury-sous-Clermont, canton de Mouy.
'^ Canton de Clermont.
^ Probablement le Plessis-Billebault, commune d'Ansacq, canton de Mouy.
* Merart, ham. de Bury, canton de Mouy.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 131
A la suite des divers droits utiles dont nous venons de donner
le sommaire, le dénombrement place (f 78) les droits seigneu-
riaux ci après, qui terminent la déclaration du domaine propre-
ment dit de Clermont.
La taille ^ de Canectecourt ', rapportant dix- neuf livres
tournois.
La taille d'Agnes ', six livres tournois.
La taille de Boisicourt * quatre livres tournois.
L'avouerie * de Marcellés ', trente-cinq sous.
L'avouerie de Haloi ^, quatre livres tournois.
L'abbé de Corbie doit chacun an à Monseigneur le duc
soixante anguilles à cause de sa maison et héritage qu'il a à
Thory*.
1 La taille^ qui devait être Timpôt territorial le plus considérable de rancienne
monarchie, et même le seul jusqu'au règne de Louis XIV, fut à l'origine, et
n'était encore, à l'époque du dénombrement de 1373, qu'un droit féodal que les
seigneurs percevaient sur leurs serfs, en proportion de leurs biens et de leurs
revenus; quelquefois elle était abonnée, c'est-à-dire que le taux en était fixé
annuellement de gré à gré. Indépendamment de la taille ordinaire, il y avait la
taille extraordinaire due au seigneur dans quatre cas : lorsqu'il prenait la croix
pour aller en Terre-Sainte ; — lorsqu'il était prisonnier de guerre ; — lorsqu'il
mariait sa fille aînée ; — lorsque son fils aîné était armé chevalier. On a vu plus
haut et par quels motifs la ville de Clermont était exempte de la taille ordinaire,
mais non de la taille extraordinaire, depuis les lettres de Louis I»' de Bourbon
de mai 1325.
! Hameau de Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
3 Canton de Clermont.
* Hameau de Bury, canton de Mouy.
5 Le mot avouericy qui était synonyme de garde et tutelle, désignait la charge
ou dignité de certains officiers féodaux, auxquels les évêques et abbés déléguaient
le soin d'administrer les intérêts temporels des églises et monastères, de con-
duire leurs hommes à la guerre, et de rendre la justice en leur nom. Presque tou-
jours à l'avouerie était attaché un fief consistant en une attribution de droits sur
les terres du monastère, comme aussi dans une part des profits de certains juge-
ments. Afin de s'assurer une protection efficace, les évéques et abbés avaient soin
de ne donner en fief l'avouerie des églises et monastères qu'aux seigneurs les plus
puissants de la contrée. Voir Brussel, Usage des fiefs^ livre III, chap. vi,
^ Marseille-le-Petit, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Beau vais. Cette
avouerie avait, croyons-nous, été inféodée, comme la suivante, par l'abbaye de
Lannoy au comte Raoul.
"^ Canton de GrandviUiers.
• Cette redevance, rapprochée des autres droits que le comte percevait à Thury,
semble bien justifier l'assertion antérieurement émise que cette seigneurie avait
été l'objet d'une association entre l'abbaye de Corbie et Raoul de Clermont.
En 1514, d'après le compte de G. Puleu, les soixante anguilles étaient estimées
quarante sous parisis.
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182 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Le scel des lettres de baillie * et doit on au dit scel de toutes
lettres obligatoires qui sont faites de chacune livre une obolle,
puisque les obligations passent douze livres.
Et de toutes autres lectres faictes au dessoulz de douze livres,
de procurations, vidimus (copies de chartes authentiques), apro-
bations, certifications sous ledit et autres telles ou semblables
lectres, de chacune six deniers.
Le forage de Becquerel, quand les hostes de Monseigneur
vendent vin au détail.
Fressengage, droit sur les animaux de la race porcine (Du-
cange, v^ Friscencagium) à Canectecourt, à la Saint-Rémy cinq
sols six deniers obole ; à la Pentecôte autant ; et le lendemain
de Pâques trois sols deux deniers.
* Le bailli était un officier féodal établi par le roi ou le seigneur pour rendre
la justice en son nom, garder et administrer les villes, faire la recette de tous les
droits, tant ordinaires qu'extraordinaires, dans l'étendue d'une certaine circons-
cription territoriale qui prenait le nom de bailliage ou baillie. Sur ces fonction-
naires, qui commandaient aux prévôts et sergents, V. Brussel, ch. xxxv : En quel
temps il a été premièrement institué des baillis en France, et quels sont les plus
anciens bailliages royaux. V. aussi les Coutumes de Beauvaisis^ chap. i^' : De l'Of-
fice des baillis. Beaumanoir, qui entre dans de grands détails sur les droits et
devoirs de cette charge, dont il a été investi^ donne, chap. xxxv, la nomencla-
ture et la formule des lettres que le bailli devait sceller : « Le vente, dit-il, ou li
escanges, ou les detes, ou les convenances (conventions) qui sont fêtes entre per-
sonnes qui n'ont point de scel (les roturiers n'avaient point de sceau, les gen-
tilshommes en avaient un, au contraire, mais qui ne faisait foi que contre
eux-mêmes), ou ils ont seauz, mais il lor plest mix à prenre letre de baillie por
ce qu'ele est plus sure et plus isnelement mise à execussion, doivent venir par
devant le bailli et recorder le marcié et lor convenences, et puis requerre que
lettres lor en soient bailliées selonc le forme que l'on doit fere lettres de baillie. »
Dans un autre passage, il insiste sur l'importance de l'attribution dont il s'agît
« parce que li séax de le baillie est autentiques et creus de ce qui est tesmongnié
par li en letres, li baillis n'est pas sages que soigneusement ne le garde si que
nule lettre n'en soit scelée qu'il mesme n'ait avant veue et qu'il sace s'ele doit
estre scellée ou non... » et il ajoute que pour le scel on prend un sou par livre,
au profit du seigneur. L'article 198 de la Coutume de 1539 porte que aucun autre
que le comte de Clermont n'a, par toute l'étendue de la comté, scel authentique
ni pouvoir de commettre auditeurs ou notaires pour recevoir contrats par foi et
serment, pour quelque cause que ce soit. Ce droit exclusif ne lui appartenait
pas, toutefois, sans contestation de la part des seigneurs de Conty, de Rem y,
Gournay et MoyenneviUe, qui firent toutes réserves dans le procès-verbal de
rédaction de la Coutume. D'après le Ms. 4,663, fol. 1, le Bailli de Clermont comp-
tait en trois termes : à la Toussaint, à la Chandeleur et à l'Ascension.
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hR COMTÉ DE CLERHONT EN BEAUVAISIS. 153
Plet général * à Clennont, \ingt-quatre sous par an.
Plet général à Giencourt, trois sols sept deniers.
Plet général à Canectecourt, quinze sols par an.
Montonnage * à Canectecourt.
Montonnage à Ansac •, trois sols à l'Ascension, autant à la
Saint-Rémy.
L'erbage * de Canectecourt.
L'erbage à Lierval '.
L'erbage à Roteleu '.
L'erbage à la Neuve-Rue \
L'erbage du Pire •.
L'erbage à Giencourt.
' On appelait plet général, an moyen âge, rassise tenue par le seigneur pour
rendre la justice avec le concours de ses vassaux. Ce concours^ obligatoire, était
assuré par des clauses pénales qui se trouvent formulées dans les termes sui-
vants par les articles 199 et 200 de la Coutume de 1539 : « Nul seigneur dudit
comté n*a aucune assize ni ressort, sinon le comte du dit Qermont qui a cous-
tume les faire tenir par son baillif d'un an à autre, et à ledicte assize sont tenuz
comparoir quand ils y sont suffisamment adjoumez tous les vassaux tenant en
plain fief du château du dit Clennont, lesquels doivent, à leurs périls et fortunes,
faire les jugements ès-dictes assizes ensemble en tous autres cas, tant criminel
que civil, dont les procès sont faicts par ledit baillif. » Mais si du temps de Beau-
manoir, ses écrits en témoignent, les assises de chevaliers, tombées en désuétude
déjà dans un grand nombre de provinces, se maintenaient encore en vigueur à
Clermont, il en devait être autrement au xvj« siècle et les feudataires ne consi-
déraient plus ce droit, dont ils avaient été si jaloux, que comme une servitude
onéreuse. Aussi la plupart de ceux qui comparurent à la révision de la Coutume
protestèrent en déclarant que cette règle était dès longtemps inobservée, et que
le roi (dans les mains duquel était alors le comté de Clermont, et qui venait d'y
établir un bailliage royal par lettres du mois de février 1531) devait faire faire
justice à ses dépens par ses officiers, « lesquels ne jugeaient à péril d'amande. »
Ce sont ces amendes qui donnaient vraisemblablement lieu à la perception indi-
quée ci-dessus.
* Montonnage : droit sur les troupeaux de moutons et brebis. (Voir Ducange,
v« Montonnagium,)
* Canton de Mouy.
* On appelait erbage le droit qu'avait le seigneur de prendre un certain nombre
de têtes de bétail dans les troupeaux qui passaient sur ses domaines. Ce droit
fut souvent converti en redevance pécuniaire. Tous les habitants des lieux
ci-dessus indiqués devaient pour chaque vache, veau, cheval, porc, brebis et
agneau, un sol d'erbage le jour de Saint-Jean- Baptiste (Ms. Fr. 4,663, fo 3).
» Lierval, hameau de Neuilly-sous-Clermont, canton de Mouy.
« Hameau de Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
^ Hameau d'Hardivilliers ou d'Oursel-Maison, canton de Froissy.
s Probablement à Clermont dans la rue des Masures, où Tun des courtils est dit
la place du Pire.
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154 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
RONQUEROLLES.
Cest le dénommement et desclaration de la terre de Ronquerolles,
appartenant à monseigneur le duc de Bourbonnais j qui jadis
fut messire Billebault de Trie seigneur de Fresnes, et laquelle
terre le dit messire Billebault vendi à Jehan Paix-est-Bonne \ et
ledit Jehan Paix-est- Bonne la vendi audit monseigneur le duc.
Laquelle terre, tant en manoir y vigneSy terres, campars, vinagesj
bozj prezy yaues, molinsj tailles, cens, refîtes et autres émolu-
ments^ contient et comprend ce qui s^ ensuit (f* 79 et s.) :
Cent quarante-sept mines de terre louées à cens, deux ar-
pents do vignes ;
La moitié du marais sous le gripet d*Estoy ', ainsi que du
marais sous le boz de Ronquerolles.
La moitié des avesnes ou avenages, le tout en partage avec
le sire de Bazantin ;
Le manoir de Ruelg, ou Reuil-sur-Aré • et les prés et aulnois
depuis la cauchie de Crécy jusques à Arion, depuis la mote du
vivier de Crécy jusques au pâtis d'Arion au costé derrière le
boz de Ronquerolles ;
Le pré Bordin et le pré de Ramecourt ;
Toute la rivière d*Araie * depuis Ruelg jusques aux relais de
Crécy ;
Des cens et rentes, considérables par le nombre des censi-
taires, dus chaque année en ladite ville de Ronquerolles, et est
assavoir que la rente vaut les deux pars d'une mine de blé à
^ Nous retrouverons les Trie et les Paix-est-Bonne dans la liste des feudataires.
Ces derniers étaient roturiers. La terre de Ronquerolles n'appartenait pas entiè-
rement au duc de Bourbon ; on verra plus bas qu^il en partageait la seigneurie
avec le sire de Bazentin. Ronquerolles dépend aujourd'hui de la commune
d'Âgnetz.
s Canton de Clermont.
' Paroisse détruite dans les guerres du xiv^ siècle et réunie sur la fin du xyii^
à Airion, canton de Clermont, en même temps que Cressy, dont le duc Louis II
avait transformé le vivier en étang. Voir ci-dessus.
^ Cette rivière, qui vient du canton de Saint-Just, se réunit à* la Bresche, le
principal des cours d'eau du canton, dans les prés Le Comte, à l'est de Ramecourt.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 155
2 deniers pris du malleur, deux cappons et deux deniers de
cens ;
Les rentes ou cens, peu considérables, qu'on clamait Son-
gonz, les rentes de Saint-Evremont ;
Les hostises et hôtes qu'on clamait de Robertville ;
Les cens dûs à Ramécourt et en la cauchie ;
Les hostises, cens et rentes de Ruelg ;
Les cens de Crécy ;
Les champarts de RonqueroUes et de Ruelg ;
La moitié du message de RonqueroUes et est assavoir que
quand li prend hommes de RonqueroUes aront eslu un messier '
pour garder li biens communs de la viUe, le messier venra par-
devant le seigneur de RonqueroUes ou son Ueutenant, et fera
serment que il gardera li bien commun si comme il est uzé et
accoustumé, et que toutes les personnes qu'il prenra, il assera
amende et les mènera en la cour de y celui où li meffaiz sera fez.
La moitié de la taiUe de RonqueroUes valant par an 40 liv.
tournois, et le sire de Razantin l'autre moitié. Cette taiUe était
répartie par les habitants eux-mêmes « les viez pers qui der-
nièrement aront cueUue ladite taille, esliront nouveaux pers
pour la cueUir et lever, » lesquels prêteront serment entre les
mains du seigneur de bien s'acquitter de leurs fonctions.
Toutes les voieries de RonqueroUes et froz de viUe, communs
au duc et au seigneur de Razantin ;
VIII" (160) arpents de boys et warenne, c'est-à-dire droit de
chasse * pour le menu gibier tant dans ces boys que dans ceux
du prieur de St-Remy •.
< Le messier était nommé annuellement pour veiller à la garde des fruits avant
la récolte. Responsable des délits commis dans l'étendue du territoire soumis à
sa surveillance, il fcappait leurs auteurs d'amendes dont le produit appartenait
sous le nom de message au seigneur.
* n y eut au sujet de ce droit de chasse contestation judiciaire entre le duc de
Bourbon et son coseigneur. Un apoinctement de l'an 1375 (Ms. 20,082, fo 571)
décida que le duc^ la duchesse sa femme et l'alné de ses fils pourraient chasser
dans les bois et garennes de RonqueroUes, toutes les fois que le dit M. le duc
ferait chasse en saison en ses forêt et bois de Hez, que le lendemain de la chasse
ordinaire du duc ses gens pourraient venir rachasser sans tendre filets ni autres
engins, que pendant ce temps le sire de Bazentin ni ses gens ne chasseraient,
mais qu'après la chasse ordinaire ils auraient toute liberté de le faire.
* Prieuré fort ancien, dépendant de l'abbaye de Saint-Germer, et situé sur le
territoire de ReuiJ, fait actuellement partie d'Agnetz.
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156 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
C^esl la desclaracion de la terre de LITZ \
Cette terre, on s'en souvient, avait eu anciennement une for-
teresse, que Louis-le-Jeune obligea le comte Raoul à démolir
en 1162 sur les plaintes du Chapitre deBeauvais, seigneur d'une
partie de Litz.
Les possessions du comte de Clermont ne comprenaient plus
en 1373 que vingt et une mines de terre waignables et ahan-
nables (gagnables et labourables) ; trois autres mines de terre ;
quelques prés ; des cens et champarts ; la moitié du tiers du
bois de la crenne de Litz ; la moitié de la pêcherie du moulin et
vingt-sept mines de blé d'aumône.
LA NEUVILLE-EN-HEZ \
Messire Loys duc de Bourbonnais et comte de Clermont tient de
son domaine de sa dite comté de Clermont son chastelde la huef-
ville-en-Hez^ avecque ses cenz^ rentes et proufis mis en prévosté
parla manièi^e qui s'enssiiit (f 99 etsuiv.).
Ce domaine était, nous l'avons indiqué, le plus considérable
du comté après celui de Clermont proprement dit.
Le dénombrement débute par une longue énumération des
censitaires. Les terres relevant de la chatellenie ne devaient
qu'un denier et poitevine de cens ; celles du domaine de la pré-
vôté acquittaient des rentes.
Les propriétaires de certaines maisons étaient exempts, mais
devaient à Noël porter au château des saiettes ou pièces d'étoffe.
Des maisons d)Outant au parc se trouvaient de temps immé-
morial affranchies de toute redevance parce que leurs habitants
étaient tenus à tom* de rôle d'ouvrir et de fermer aux passants
* Canton de Clermont.
* Canton de Clermont. Nous avons déjà relaté, en temps et lieu, comment
Raoul de Clermont créa, en 1187, sur le territoire de Courlieu, aujourd'hui rue
Saint-Pierre, une agglomération nouvelle qui s'appela d'abord La NeuviUe-le-
Comte. Le Ms. 20,082 contient à son fo 127 une copie de la charte du comte
Raoul, que nous reproduisons aux Pièces justificatives.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÀISIS. 1S7
une porte et barrière par devers Clermont, laquelle n'existait
plus alors mais que les anciens se souvenaient encore avoir
vue. Mêmes avantages appartenaient à d'autres maisons situées
à l'extrémité opposée de la ville en vue d'un même service qui,
lorsqu'il avait lieu de nuit, entraînait une rétribution de 4 deniers
aux frais du duc.
n était fait mention d'un « quenil où on hébergeait les
chiens » du duc quant il voulait chasser dans la forêt, mais
qui avait été ars et dissipé par les^ ennemis du royaume.
Plusieurs maisons sont portées également comme dissipées
et détruites pour les fossés et arrière-fossés du chatel ^ « quand
les ennemis furent en LVIII en Beauvaisis. »
n existait sur le territoire de La Neuville, cemme sur celui
de Clermont, plusieurs fiefs particuliers , savoir : le fief de Bre-
tigny, appartenant au duc à cause de ses fiefs de RonqueroUes ;
le fief Jehan de Marie en sa main par défaut d'homme ; le 'fief
de Mahieu du Postis (maison et jardin) avec deux arrière-fiefs
depuis baillés à cens ; le fief de Mitery ; le fief des Courtieux de
Luzarches, tenu comme le précédent du chatel de Clermont et
appartenant à Pierre Paris d'Angeviller à cause de sa femme ,
veuve de feu Jehan de Camp-d'Aveine, écuyer (l'un des derniers
descendants d'Hugues, comte de Saint-Pol, et de Marguerite de
Clermont) ; enfin le fief Symon Dusart relevant de RonqueroUes,
avec four où son possesseur avait droit de cuire sans être ban-
nier au fom* du duc, moyennant une rente de deux mines
d'avoine, deux chapons et six deniers.
Une charte de Mahaut de Dammartin et de Jeanne de Boulo-
gne sa fille, avait donné en mai 1249 à Emmeline Camuse une
masure, sise près le monastère Sainte-Marie , franche et quitte
1 Bâti en 1187 par le comte Raoul, augmenté et fortifié par Louis de Blois et
Catherine de Clermonti sa femme, le château de la Neuville fut, on s'en souvient,
rasé jusqu'à fleur de terre en 1210, par Philippe de Dreux, évoque de Beauvais.
Reconstruit plus tard, il devint une forteresse qui joua un certain rôle pendant
la guerre de Cent ans et les troubles de la Ligue. Il fut assiégé en 1591 par
Henri IV, incendié alors par ses défenseurs, et n'a pas été rétabli depuis. 11 n'en
subsiste plus, dit M. Graves {Précis statistique, p. 125), que la motte au midi du
village contre la forêt ; elle forme un tertre ovale, élevé de sept métrés, long de
cent huit métrés sur quatre-vingts de largeur ; ce tertre recouvre des souterrains.
L'étang qu'on voit un peu plus loin a été creusé pour le service du château, que
Ton alimentait ainsi "au moyen d*une conduite d'eau venant d'une fontaine située
dans la forêt.
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158 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUV^ISIS.
de tous droits, sauf deux deniers de cens à la Saint-Remy. Cette
masure existait encore en 1373 dans les mêmes conditions et
abritait cinq petits ménages (f 123).
L'hôtel du presbytère ne payait ni cens ni rente comme avaient
accoutumé les autres lieux de presbytère, bien que le curé * eût
dans la forêt les mêmes droits d'usage que les autres habitants,
mais tous les vendredis il devait dire les vêpres de Notre-Dame
à l'église et faire à son prône chaque dimanche les prières pour
le comte Raoul, la comtesse Mahaut et leurs enfants (f 124).
FOUR DE LA NEUVILLE (f 125).
« Et est assavoir que les habitans de ladite Neufville sont
baniers au four de M. le duc à ladite ville, excepté ceulx des
fiefs qui paravant sont nommez et desclairiez, lesquels habitans
baniers quant ils vuelent cuire leur pain vont prendre lieu au
four par devers le fournier qui y doit demorer pour avoir jour
et heure pour cuire ce que ledit fournier leur ordene qui pour
cuire et faire ledit office est ôrdené de par M. le duc à son fraist
et pourchas, ou de cellui qui dudit four est fermier, lesquelz
habitans pevent cuire xx pains pour paier un pain pour fournage
seulement, et ne doivent paier autres frez comment qu'il soit
pour cuire, mais que de paier de vingt pains un pain seulement.
Et se il avient que de leur voulante ilz facent aucun don de
paste au fournier, ilz le font par courtoisie et de leur voulante et
riens de droit ne que à ce ilz soient aucunement tenuz. Et
comme au boz pour chauffer le four dessuz dit le chastellain de
ladite Neufville-en-Hez pour et ou nom de Mons' le duc doie
bailler et livrer lieux et places en la forest au fermier dudit four,
pour ce faire, toutesvoyes ledit fermier ou le possesseur dudit
four le doit faire ouvrer et amener à son coust et fraist. »
Le four de la Neuville était affermé en 1374 vingt-huit livres
parisis.
1 L^église» bâtie en même temps que le village, ne fat d'abord qu'un simple
vicariat dépendant de la paroisse de Gourlieu. Mais les comtes obtinrent que le
titre de cure fût transféré à la NeuviUe, ce qui fut sanctionné par des bulles
de 1249, 1250 et 1269 qui confirmèrent d'ailleurs au chapitre de Gerberoy le
patronage de ce bénéfice. (Graves, Précis f p. 124.)
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS. 159
Ci-après seiusuit le desclaration des rantes que doivent lesdiz
habitans paians rante par an à ladite Nuefville.
« Et est assavoir que chascune rante vault 2 mines * d'avaine,
deux cappons et six deniers à paier lesdiz cappons à le S'-Remy,
Tavaine et les deniers au Noël, tous sans amende aucune, les-
quelz cens et rentes se doivent demander aus lieux qui les doi-
vent après les termes escheuz, et se faulte de paiement y a le
prevost ou celluy qui ad ce recevoir est ordené de par M. le duc
puet prandre un des sergenz de ladite prevosté, etprandre gage
aus lieux sur les deffaillans de paier jusques au rez du dehu, et
faire vendre les gages au jour de marchié qui est le mardi à
ladite Nuefville, à racat durant 8 jours depuis la vente faite et
depuis les gages levez le prevost ou le commis à ce doit faire
solempnelment crier que quiconque aura gages levez pour rentes
que à tel jour il soit au vendre, et le vente faite il doit faire
crier que quiconque ne rachatera ses gages dedens tel jour il
seront siens perduz, et dient aucuns anciens que pour cause
desdites rentes paier, il ont veu le huys de lostel ester de un gon
premièrement, et après oster tout hors et porter au four de M. le
duc sans lever gages de lostel.
« Item, et se aucunz des habitans de ladite Nuefville sont
adjournez par devant le prevost de ladite ville, soit contre office
ou contre partie, et il sont mis en deffaut, il paieront pour chas^
cun deffaut 12 deniers et non plus.
« Item pour une arrainne ' 12 deniers et non plus.
c( Item pour une reclameur par vertu de commandement reçeu
ou d'autre lettre obligatoire, 12 deniers et non plus.
« Item pour un lait dit hors jugement poursui de partie con-
gneu ou prouvé, 5 sols d'amende.
« Item pour bateure et mainmise par injure sans sanc et sans
plaie, 5 sols d'amende.
^ La mine d*avoine de La Neuville-en-Hez, comme celle de Glermont, équivalait
à 63 litres, 56 centilitres ; elle était supérieure d'un tiers k la mine de blé.
* Ici arrainne semble signifier une amende de défaut, comme le veut le Glos-
saire du droit français. Conférez avec ce tarif celui de la Prévôté de Clermont ci-
dessus.
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160 LE coirrÉ de clermont en beauvaisis.
« Item pour bateure et mainmise par injure à sanc et à plaie de
main garnie, 60 sols.
« Item se par commission de M. le gouverneur ou baiUy de
Glermonty aucun desdiz habitans est adjourné à Clermont soit
contre office ou contre partie, et il est mis en deffaut, il paiera
pour le deffaut 12 deniers au proffit du prevost de la Nuefville.
« Item pour une arrainne, 12 deniers et non plus.
« Item pour lettre monstrée en repleinte 12 den. et non plus,
tout au proffit dudit prevost de la Nuefville.
« Et ne puéent les sergens du bailliage de Clermont faire
exploict quelconque en ledit prevosté de la Nuefville, se n'est
par commission du gouverneur ou bailly ou de son lieutenant,
et ne doivent les prevos de Clermont et de le Nuefville de riens
cognoistre li un seur Tautre, ne ne doivent riens emprendre du
faict de Tune prevosté seur l'autre, et puet chascun de eux
cognoistre du faict de la prevosté, et se le cas se offre requerre
le remission de se court et juridiction en baillie et ailleurs, se il
eschiet. Et se les habitans de ledit Nuefville font adjourner l'un
l'autre par devant ledit prevost de le Nuefville, le sergent n'en
doit avoir point de salaire. »
hem sensstiiet la déclaration commoit et pour quelles causes les
rentes devant dites et desclairieSj et celles que on paie et doit paier .
se paient y se puéent et doivent paier à ladite Neufville chascun an.
« Premièrement, les habitans paians rentes en ladite ville
puéent avoir tant maisons menables, comme masm-es et cour-
tieux, jusques à 2 mines de terre, en paiant 2 mines d'avaine,
2 cappons, et six deniers qui valent une rente par an, maiz que
le pocesseur tiegne tout en ^a main, sans louer ou bailler à
louage aucune de ses maisons, et se il baille aucune ou aucune
de ses maisons qui ne sont point franches de rentes à louer, le
louagier qui en icelle maison demourra paierra une rente comme
dessus est dit.
« Item et qui ne aura point de maison en ledite ville, et il y a
des courtieux, il peut avoir un courtil et plusieurs jusques
à 2 mines de terre, en paiant 6 deniers à le S*-Remy, et aussi
bien 6 deniers de un petit courtil comme de plusieurs, excepté
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LE COMTÉ DK CLERMONT EN BEAUVAISIS. 161
les lieux plus fraiiz lesquelz sont par avant desclairiez, qui
emportent en eux les libertez tant de cens comme de rente. »
DROITS d'usage DANS LA FORÊT (f 127).
« Tous lesquels habitans de ladite Neufville généralement de
tel temps et si long qu'il n'est mémoire du contraire ont leurs
usages, les droits, libertez et franchisses que cy après sont
déclarées en la forrest de Hez parmy les cens et rentes devant
expressées et nommées \
« Premièrement ils peuvent aller en ladite forrest chacun en
droit soi prendre couper lever et emporter en toute manière
sans couper à la scie tout bois sec soit en estant ou gissant pour
bâtir et faire leurs volontez sans enporter hors de ladite Neuf-
ville. Et pareillement tout bois vert mais que il soit rompu,
brisé et arrachez tout hors sans tenir à racine.
« Item peuvent avoh* verges pour clore pour vuahler maison et
faire clôture, pieulx et espines pour hayes et clôture avec
ramisseaux pour ramer mais pour lesdites verges, pieux, espines
et ramisseaux avoir ils doivent demander congé au châtelain de
la forest ou son lieutenant, qui leur doit donner et ordonner lieu
et place à ce prendre au plus le proffit pour Monseigneur le duc
et moins dommageable pour lesdits habittans mais c'est réservé
et excepté aut dits habittans deux triages et places en ladite
forest, c'est à scavoir les Hautes et Basses ploies la ou ils ne
peuvent couper lever ne emporter bois vert comment qu'il soit.
« Item le jour de feste de Saint-Remy venu et échu lesdits
habitans peuvent aller dans la dite forrest et enporter sacq de
fruits dycelle forrest quelsqu'ils soient, excepté gland et faine
sans ce qu'ils puissent emporter aucune chose hors de ladite
Neufville. »
^ Ces droits et franchises résultaient, ainsi qn'on l'a tu, de la charte du comte
Raoul. Ils deyaient être transformés par Tordonnance de réformation de 1666 en
la propriété de cent arpents de bois, que la commune de la Neuville possède
encore aujourdliui.
11
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162 LK COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
PRIVILÈGE DE NON ARRÊT (f* 128).
« Item et s'il advient que aucun des habitans se transporte es la
ville de Beauvais et soient tenus envers aucunes personnes mais
que ils ne soient obligez par lettres ils doivent être francz d'ar-
rest par la loy de la dite ville, et ce arrest sassis sur eux ils
doivent être requis par Monsieur le duc et se tantost ils ne sont
délivrés tous les habittans de ladite ville de Beauvais passant par
le comté doivent être arrestés prisonniers de Monseigneur le
duc jusques à ce que lesdits habittans arrêtés à Beauvais soient
à plaint délivrés. Et pareillement en ladite ville de Beauvais sont
francz dudit arrest par la loi de ladite ville les habitants de la
ville de Rieux ; japieça savouerent a Monsieur le duc pour ladite
franchisse avoir et sont de la prévosté de ladite Neufville si ne
payent que pour un dessain de vain le prevost, que présent seu-
lement pour une reclameur par vertu des lettres patentes, mais
pour les causes dictes ils doivent audit Monsieur le duc au droit
de sa prévosté de la Neufville chacune hostice que se doit payer
par chacun an au terme de Noël une mine d'avoine prinse et
livré en ladite ville de Rieux sans amende et sont lesdites aven-
ues nommées les avoueries de Rieux ^ »
Ce privilège important et exceptionnel, dont jouissaient les
habitants de la Neuville et de Rieux, est formulé, nous apprend
M. Graves {Précis statistique^ p. 120) pour la première fois dans
une charte confirmative de Louis I" de Bourbon du 14 août 1315 ;
il doit être considéré, suivant cet auteur, comme une sorte
de compensation accordée par le roi aux comtes dç Clermont,
qui souffraient impatiemment la suzeraineté des évoques de
Beauvais.
^ Rieux, doyenné de Pont ou Rieux, doyenné de Grandyilliers. Nous avons
parlé à rarticle de Raoul de Tassociation faite entre ce comte et Tabbé de Saint-
Germer relativement à Rieux (1190).
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS. 163
LA FORÊT DE HEZ ' (P 130).
« Ce est la desclaracion du nombre des arpenz de boz que la
forest de Hezpuet contenir tant de haute forest, comme menu bos
et taiUiz, arpentée et mesurée par Jehan Dangi, mesureur juré ,
et par Florot Dars mesureur, demeurant à Louviaucourt, en la
paroisse de Baillenval, et par leurs aides, commençant le mardi
7*^ jour du mois de mars lan mcgclxxui, fait au commandement
de M" Gilles, seigneur de Nedonchel, chevalier et gouverneur
de Glermont, pour et au nom de très excellent, noble et puis-
sant prince mons' Loys duc de Bourbonnois, comte de Gler-
mont. A ce faire fu présent Hébert de Tm-queteville, escuyer et
chastellain de ladite foresi ', laquelle est arpantée et mesurée
1 a La forêt de Hez en Beauvaisis s'étend entre les rivières de Terrain et de
Bresche, entre Beauvais et Glermont ; elle a deux lieues de long, une lieue de
large. » Expilly, Dictionnaire des Gaules et de la France. Elle est aujourd'hui cir-
conscrite, à Test, par le village d'Agnetz et les hameaux de Gicourt, de Boulain-
court et de Ronquerolles ; au nord par les villages d'Etouy, de Litz, de la Neu-
ville, du territoire duquel elle fait partie, et de Rue Saint-Pierre ; à l'ouest par les
tourbières de Bresles et le hameau de Froidmont ; au sud par les hameaux des
Maillets de Fay-sous-Bois, de Filerval, le village de Thury et le hameau du
Plessis-Billebault. De Lépinois, Recherches historiques. Gette forêt, que certains
Utres du xii« siècle dénomment de Haitz, Hais et Hers, et qui d'après Louvet,
s'appela aussi de Hermès, est considérée par quelques géographes, notamment
par d*Anville, comme ayant été le pays des Hassi, peuplade nommée par Pline à
la suite des Bellovaci. Mais bien qu'on ait trouvé des haches en silex dans la
forêt de Hez comme dans d'autres parties du département, cette opinion semble
à M. Graves {Précis statistique) dénuée de preuves sérieuses. Quant à l'étymologie
du mot Hez, Dom Grenier croit que ce mot pourrait représenter l'ancien nom du
Dieu Mars, tel que les Celtes le prononçaient et auquel les Romains auraient donné
la terminaison Hesus. {IntrodxAction à l'histoire de Picardie ^ p. 168.)
* C'était sons la direction de ce châtelain qu'était alors placée tonte l'adminis-
tration de la forêt. On verra plus loin qu'il avait à la Neuville un hôtel qui
n'existait plus en 1373. Les Comptes de Beaumanoir, édités par M. Bordier, font en
outre mention d'un forestier ou garde à cheval qui touchait deux sous par jour,
cinquante sous par an pour son habillement et avait une maison, ainsi que de
quatre gardes ou sergents rémunérés à raison de six deniers par jour. Les droits
d'usage de toutes sortes concédés aux riverains, dit M. de Lépinois {Recherches
historiques y p. 86), ne tardèrent pas à causer à la forêt de tels dommages que les
comtes durent chercher à y porter remède. La plus ancienne ordonnance rendue
à ce sujet est celle du 4 juin 1384 (Ms. Fr. 4,663, fo 119), que l'auteur, que nous
venons de citer, résume dans les termes suivants : « Attendu, y est-il dit, que la
forétiest toute ravagée et perdue, le comte en remet la gestion à un verdier seul
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164 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
par lesdiz mesureurs et leurs aides au plus justement que il a
peu estre fait, sans faire routes ne haies damageables pour ledit
Mons', dont lez ditz mesureurs sur ce ont fais leurs rapports en
la manière qui cy après s'enssuiet :
Basses Ploies étant près de la Neufville-en-Hez, par devers le
pavement qui va à Beauvais, taillis et menus bois, 65 arpents.
Hautes Ploies et Hautes Courroies tenant au grand chemin
qui va de la Neufville-en-Hez à Clermont, ancienne haute fu-
taie, 247 arpents et demi.
Taillis du grand quemin de Clermont, en allant de la Neuf-
ville-en-Hez à la Croix-le-Comte, 79 arpents 70 v.
Chemin de RonqueroUes et vente des Palis, 80 arpents,
Grippet d'Estoy, haut taillis, 244 arpents.
officier chargé de faire les délivrances aux usagers. Les arbres de futaie seront
dorénavant marqués à deux marteaux, celui du verdier et celui du receveur du
comté ; mais la surveillance des coupes appartiendra exclusivement au verdier.
Un conseil composé du verdier, du bailli de Clermont, du châtelain de la Neu-
ville, du receveur et du procureur du comté, déterminera chaque année les ventes
à faire. Le verdier aura sous ses ordres quatre sergents aux gages annuels de
huit livres chacun : le premier aura la garde des broches d'Auvillers, le second la
garde de TÉpine, vers Saint-Félix, le troisième la garde de dessus les marais de
Brêsles, le quatrième la garde des Ploies et du Grippet d'Etouy. Le verdier prê-
tera serment entre les mains du bailli et lui déposera un cautionnement de deux
cents livres parisis ; il aura ainsi que le receveur, les droits accoutumés sur les
marchands de bois, et en sus son chauffage et son bois d^usage. Cet officier con-
naîtra des menus délits forestiers, mais les forfaidures de chevaux, chars, carettes
et autres de grand valeur seront jugées par un tribunal dont il fera partie avec les
autres hauts fonctionnaires du comté. Il tiendra ses plaids à la Neuville, chaque
dimanche à la porte de l'église, et les condamnés pourront en appeler devant le
bailli de Clermont. Les fonctions du verdier s'exerceront de la même manière
sur les forêts de RonqueroUes, de Jurequin et autres du comté. » Voici, toujours
d'après M. de Lépinois, la liste des usagers de la forêt au xiv« siècle, autres que
les habitants de la Neuville : L'abbaye de Froidmont (chartes de 1190, 1192, 1218,
1220 et 1243); le prieuré de Wariville (chartes de 1180, M97, 1201 et 1218); l'abbaye
de Ressons en Thelles (charte de 1198) ; la maison Dieu Saint- Jean de Beauvais
(chartes confirmatives de 1251 et 1261) ; les meseaux de Mouchy (charte de 1200) ;
l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais (charte de 1281) ; Wamier d'Angicourt (charte
de 1190); Gautier de Bury (charte de 1201); Ansous de RonqueroUes (charte
de 1209); Mathieu de Trie, seigneur du Plessis-Billebault (charte de 1251); le
maieur de Clermont (charte de 1255) ; le seigneur de Gicourt (charte de 1372) ;
BiUebault de BreuU-le-Vert, et GuUlaume de Boulaincourt qui en jouissaient en
1350 déjà à titre ancien. Ces droits devaient être modifiés ultérieurement et
réduits notamment par l'ordonnance de réformation de 1666, qui les transforma
en rentes annueUes sur le domaine de Clermont.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUYAISIS. 165
Joine taillis du grand quemin de Glermont près la Croix-le-
Comte, par devers Boulaincourt, y compris le lieudit la Fon-
laine-aux-Hennites, 223 arpents et 60 v.
Les Arpents menuz boz là où pieça on a pris usage pour
Téglise de Wariville, 24 arpents.
Le Quesnotoye du Buis-Bordel, qui est moyenne forêt or-
donnée pour être haute forêt, tenant aux terres de Boulain-
court, 15 arpents et un quart.
La Haute-Forêt, commençant près du taillis du grand chemin
de Glermont, par devers Boulaincourt, 208 arpents.
Les Estournelles, en avallant par le chemin du Galet droit au
Ponchel, 253 arpents 48 verges.
Le Gloquier, les Urlitz, le Val de la Marlière, tous tenant Tun
emprès Tautre, haulte forest ancienne, avec les haultes forests
près du puys des Loges, et les haultes forests entre le pave-
ment du chemin de Torigny et les taillis Saint-Lucien, environ
eampaigne, près du Pommier Robin-le-Paige, 680 arpents.
Le Buisson-Pestel, haulte forest ancienne, 42 arpents.
La Fontaine-Gauderon dessus le chastel de la Neufville en
allant par devers le lieu que Ton dit Les Payens, droit au Mont-
de-Saint-Thibaud, 273 arpents.
La Haulte- Forest, depuis le fryez de Mirocourt jusqu'au
taillis de la Groix-le-Ghâtelain, et passant tout oultre vers le
chemin de Saint-Félix, 126 arpents.
La Haulte-Forest, par devers la Verrière, 105 arp. 46 v.
Les Joenes revenus des taillis qu'on dit St-Lucien de Gam-
paigne, 61 arpents 20 verges.
Le Joene Quennotoye des taillis tenant au chemin de Saint-
Félix, 57 arpents 35 v.
La Haulte Forest, depuis la Verrière en ameillant la mare
Madame et la haulte forest du quemin de Moncy, en compre-
nant la Groix-Wargnier, et en allant de la mare Madame droit
au boz de Froidmont, 336 arpents 70 v.
Joene taillis et revenus enclavez dans la haulte forest,
22 arpents et demi.
Les boz qui sont en venant, depuis le lieu, que Ton dit le
taillis de St-Lucien en Gampaigne , en descendant jusques au
marais de Brêle et où sont compris les lieux que Ton dit une
partie de Gampaigne, la Groix de Ghasteneuf, Merocourt, Go-
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166 LE COMTÉ DE CLERHONT EN BEAUVAISIS.
queverse elles boz de environ la Croix-de-Mi-Voie, 474 arp.
La Haulte forest qui est au fond de la vallée Bellefille par-
devers le quemin de Moncy, 8 arpents.
Les taillis de la vallée Bellefille, de la mare Madame et les
broches dessus Fay, 117 arpents.
La place du Sauloy dessus Fay, qui est place pour garenne à
connins (lapins), et n'y a point de boz, mais est peuplée d'herbes
comme genèvres.
Le taillis du puys des Loges, les menus boz du lieu dit le
Colombier, et les taillis et menus boz de la Courbe de
Thoiry, 483 arpents.
Les taillis du Buisson-Pestel, du Feu-Armé, la feutaye der-
rière Tostel M" Begnault de Trie au Plessis Billebaut, les
broches d'Auvillé, les vaulx de Boulaincourt, tant ceux qui sont
au dessus des dites broches, comme au dessus du lieu que Ton
dit Morival, 551 arpents.
Au dessus les dites broches d'Auvillé et le lieu dit le Quesne
Cuitart, est une place de terre en friche, enclose de toutes parts
du boz de la foret, laquelle est bien duisant et ordonnée pour
mettre connins.
En la Neuville-en-Hez, le parc au dessous du chastel joignant
d'un costé aux courtieux de la Neufville, de l'autre costé à
la forest, et au lieu que on nomme le Parc, aboutant d'un
bout à la forest et d'autre au chemin et pavement dessous le
chastel, 7 arpents 98 verges.
L'ostel du parc avec les gardins du dit lieu, 3 arpents et demi.
Lieu dit l'Ostel du Chapelain de l'ostel de la Neufville avec
les gardins, tenant à l'ostel ci-dessus, 64 verges.
La Lavanderie, avec les gardins, lequel au temps passé sou-
lait être Tostel du chastelain de la forest, tenant d'un costé près
du pavement et au courtil qui fut Jehan d'Evry et d'autre
au gardin du chastelain, d'un bout à la forest, et d'autre au
parc, 6 arpents.
Le gland et faîne de la forest se vend aucune fois en gros, et
quand on ne le peut bien vendre, on met porcs en empennage
sur chascun son prix.
Connins de garenne en la forest.
L'addition des contenances des divers cantons donne un total
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 167
de 4,838 arpents ou 2,477 hectares environ, à compter l'arpent
de Clermont pour 51 ares. C'est la superficie que l'intendant
de la généralité de Soissons en 1698 et Expilly * au xvin® siècle,
attribuaient à la forêt de Hez. C'est 187 hectares de moins que
ce qu'au dire de Graves {Précis statistique, p. 171), cette forêt
comprend aujourd'hui, mais l'excédant ainsi constaté s'explique
et au delà par le fait des réunions prononcées en 1790 à la suite
de la confiscation des biens des communautés ecclésiastiques.
On peut donc dire qu'en réalité le massif domanial forestier de
Hez demeure encore aujourd'hui tel qu'il était au xiv® siècle.
GOURNAY-SUR-ARONDE \
Messire Loys duc de Bourbonnais et comte de Clermont tient de
son domaine de sa dite conté sofi chastel de Gournay, avec ses
cens, rentes et prou/fits mis en prévosté par la manière qui s* en-
suit (f* 135 et suiv.) :
Nous avons déjà, à l'article de Raoul, parlé de cette seigneu-
rie, dont un échange avec Albéric de Hangest et un accommo-
dement avec l'abbaye de Saint-Quentin lui avaient assuré une
partie considérable. Par une charte de 1165, que nous reprodui-
sons aux pièces justificatives, le comte avait accordé exemption
de toute taxe et charge, moyennant une redevance annuelle de
quatre muids d'avoine et quatre chapons, à ceux qui viendraient
se fixer dans le bourg situé en dehors des murs de la ville pro-
prement dite. C'est par l'énumération de ces redevances que
débute la déclaration. Les censitaires commençaient en la rue
qu'on disait la grande rue, laquelle aboutissait au grand chemin
de Montdidier à Compiègne, et finissaient en la rue du Four.
Y étaient soumises les masures de la dite rue du Four, celles
au bourg de Goumay en commençant à la porte du marchié en
avalant droit au chatel, en finissant à la rue des Quarrières ;
^ La forêt de Hez contient 4,900 arpents de bois. EzpiUy, Dictionnaire des
Gaules et de la France, vo Clermont.
* Canton de Ressons. En tête du dénombrement de Gournay est placée une
miniature, en bon état de conserration, représentant son château.
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168 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
enfin celles de la rue des Quarrières en commençant au long
devers le chatel et finissant devers Neuvy. Plusieurs masures
étaient indiquées comme « wastes desquelles aucun ne se dit
hoir, ne n'y a aucuns possesseurs. »
Certains prés devaient au jour de Noël une rente en foin et
en chapons.
Item en ladite prévosté et ville de Goumay y avait un four
auquel tous les habitants de ladite ville étaient banniers, au
profit duquel four le comte prenait la sixième partie et messire
Etienne de la Grange le surplus, et soloit valoir anciennement
six livres par an et à présent n'était baillé que pour 48 sols.
Item en toutes les rues et masures dessus déclarées avait le
comte toute justice et seigneurie haute, moyenne et basse, seul
et pour le tout, roage, tonelieu et vente, quand ce échiet.
Les petites amendes comme de deffaut et lettres mises à
replainte étaient de 7 sous 6 deniers et les grosses amendes de
60 livres. Le sergent dudit comte avait saisies et bornages.
Champarts : à la Couture de Peremont le comte avait le
quart, Gauvain de Goumay le quart, l'église de Sainte-Mar-
guerite d'Ellincourt (canton de Lassigny) moitié ; au chemin de
Porte, le comte avait un quart, messire Aubert-le-Bon un quart
et ladite église moitié. Au Valsauvechon, au chemin d'Antre-
vaux, le comte touchait un tiers, le seigneur d'Auffemont un
tiers et Gauvain de Gournay un tiers.
Es terrouoirs et lieux dessus dits le sergent de la prévosté
prenait sur chaque champ une gerbe de don.
Item les bois de Perremont audit comte contenaient quarante
arpents, et se coppaient par chacun an six arpents, et soloit-on
vendre l'arpent 6 livres, et à présent n'était plus vendu que
3 livres \
Le comte avoit garenne pour toutes bestes es lesdits bois de
Peremont, et le sergent avoit pour les garder 20 sols par cha-
cun an.
* De même à rarticle des champarts il est déclaré que là où le comte touchait
autrefois deux muids de grain, il n'en recevait plus qu'un.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 169
MORTES-MAINS ET FORMARIAGES.
Ce sont les noms des hommes et des femmes et des enfants qui
sont de condicion esquelz Mgr le comte partist et prant la moitié
des mortes-mains et formariages contre F abbé de Saint-Denis et
par la main dudit abbé et les villes dont ils sont, extrait du
roolle antien en la manière qui s'enssuiet par Robert EmelhiCy
clerc juré du Bailliage de Clermont (f** (41 et s.).
Le mot de morte-main désignait les gens de condition ser-
vile, qui étaient sujets de corps envers leur seigneur. Quand le
main-mortable décédait, le seigneur lui succédait, soit dans ses
meubles, soit dans ses immeubles, suivant la coutume, soit
même quelquefois dans la totalité de ses biens, s'il ne laissait
pas d'enfant.
On appelait formariages les droits et amendes que payait au
seigneur une personne de condition servile lorsqu'elle contrac-
tait mariage, sans son consentement, hors de la seigneurie, ou
lorsqu'elle épousait une personne franche ou dépendant d'un
autre seigneur *.
La main-morte était soit personnelle, soit réelle, c'est-à-dire
portant sur les héritages. Elle affectait le premier de ces deux
caractères en Beauvaisis. C'était quelquefois par la libéralité du
seigneur, mais plus ordinairement à prix d'argent que se réali-
sait raffranchissement. Tantôt il était général, comme nous
^ Sur les mortes-mains et les formariages, Yoyez de Lamière, Glossaire du
droit français. Une lettre de dom Caffianx, placée à la suite des lettres d'affran-
chissement accordées en novembre 1399, par Tabbé de Saint-Vincent de Laon,
moyennant vingt florins d*or, à un homme de corps de la paroisse de Bucy-lès-
Crespy (D. Grenier, 1. 196 fo 186) en donne la définition suivante : Le droit do
formariage consistait en ce que Thomme de corps ne pouvait sans congé de son
seigneur épouser une personne de condition libre et afihranchie, sans quoi tous
ses biens étaient acquis au profit de son dit seigneur. Le droit de morte-main
consistait en ce que Thomme de corps mourant sans enfants de son corps, tous
ses biens meubles et immeubles appartenaient à son seigneur.
En constatant que telle était, d'après les diverses chartes qu'il avait compulsées,
Ja législation pour les hommes de corps de l'abbaye de Saint-Vincent de Laon,
le savant historigraphe de Picardie ajoutait qu'il y avait des coutumes, où les
obligations de ces hommes envers leurs seigneurs se trouvaient uu peu diflTé-
remment réglées.
12
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170 LE COMTÉ DE CLEKMONT EN BEAUVAISIS.
Tavons déjà vu pour les serfs de Milly, tantôt individuel. Ainsi,
dans le paragraphe que nous analysons actuellement, on trouve
à Tarticle de Moienvillers, un Jannot Le Joenne, porté comme
affranchi « parmi trente livres que li abés en avait, » tandis
que sa mère et ses frères et sœur demeuraient dans les liens de
la servitude.
La miniature placée en tête de cette partie du Dénombrement
est caractéristique et mérite d'être décrite. Elle représente,
sur un fond d'or, d'un côté, à gauche, le comte de Clermont
debout revêtu d'une tunique d'azur, semée de fleurs de lis
d'or à la bande de gueules, un faucon sur le poing; de l'autre
côté, à droite, l'abbé de Saint-Denis, aussi debout, avec la crosse
et la mitre en tête; deux religieux l'accompagnent. Au milieu,
plusieurs officiers présentent diverses pièces d'un modeste mo-
bilier : chaire en bois, marmite, cuillère, aiguière, poêle à frire,
pièces d'étoffe, etc. ; c'est la perception du droit de morte-main.
Dans le fond, trois personnages, dont une femme, nous sem-
blent une allusion au formariage.
Nous avons déjà dit comment et dans quelles conditions
s'était formée entre les anciens comtes de Clermont et les abbés
de Saint-Denis, l'association relative à la perception des mortes-
mains et des formariages. 427 individus s'y trouvaient encore
soumis en 1373, et le dénombrement donne la longue nomen-
clature de leurs noms. Nous nous bornerons ici à indiquer le
nombre des redevables pour chacune des vingt localités entre
lesquelles ils étaient répartis :
Estrées-Saint-Denis \ 83; Remin % 103; La Chelle \ 16;
Baugy*, 1; Marigny ', 3; Venette ', 16; Moienviller % 118;
Bailleul^ 4; LongueiP, 18; Canly ^ 11; Faïel ", 3; Fres-
1 Chef-lieu de canton de rarrondissement de Gompiëgne. L*abbaye de Saint-
Denis, qai lui avait donné son nom, y possédait des domaines considérables ; les
dix-neuf autres localités se trouvaient groupées autour d'Estrées, dans un rayon
rapproché.
*, » Canton d'Estrées Saint-Denis.
♦ Canton de Ressons.
> Marigny-sur-MatZ| canton de Ressons.
< Canton de Compiègne.
' Moyvillers, canton d'Estrées-Saint-Denis.
8 BailleuHe-Soc, canton de Clermont.
9, »o^ 11 Canton d'Estrées-Saint-Denis.
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LE COMTÉ DE CLERMÔNT EN BEAUVAISIS. 171
noy S 5; Sachy-le-Petit % 12; Joncquières ', 8; Arsis *, 2;
La Campaigne", 1; Saint - Martin - Longueaue •, H; Basin-
court ', 3 ; Bottiaux ', 7 ; La Croix-Saint-Oyen *, 5.
M. Huillard-BréhoUes, dans les Titres de la maison de Bourbon,
signale sous le n" 3325 A, en lui assignant la date approxima-
tive de 1375, un état des serfs du bailliage de Clermont, extrait
du rôle ancien par Robert Emeline, clerc juré du dit bailliage,
et qui ne peut être qu'une copie de cette partie de notre dénom-
brement. Mais il existe dans le Ms. Fr. 4,663 (f ■ 83-91) une
autre liste datée de 1317 et par conséquent antérieure de plus
de cinquante ans. Cette liste, qui s^applique aux mêmes loca-
lités que celles énumérées ci-dessus, sauf une, La Croix-Saint-
Ouen, comprend 376 main-mortables. La population servile
avait donc relativement progressé depuis le commencement
du xiv"^ siècle. Mais elle devait complètement disparaître dans
le courant du siècle suivant, très vraisemblablement surtout
par les affranchissements tacites que multiplia la guerre de
Cent ans. Le compte des recettes et dépenses du comté, pour
Tannée 1514, aujourd'hui conservé dans les archives de la ville
de Clermont, ne contient en effet aucun article relatif aux
mortes-mains et formariages.
BOIS DE JUREQUIN.
Cest le nombre des boz et forest de Jurequin appartenant à
AP' le duc. (F*> 148.)
Cette forêt *® était située entre les communes de Remy, de
Moyvillers et d'Estrées-Saint-Denis.
Le duc de Bourbon y possédait 419 arpents de bois « esquels
** Grandfresnoy, canton d'Eslrées-Saint-Denis.
* Canton de Liancourt.
« Canton d'Estrées-Saint-Denis.
'', B Arsy et La Campagne son hameau, da canton d'Estrées-Saint-Denis.
•, ^ Canton de Liancourt.
s Localité dont la situation nous est inconnue.
• Canton de Compiègne.
w D'après les Comptes de Beaumanoir^ elle avait un sergent ou garde, qui
touchait huit deniers par jour.
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172 LE COIITÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
nul, fors ledit seigneur, n'avait aucun droit en pâturage, ni en
bois vert ni sec. »
Item tenaient à ladite forêt cent arpents de bois environ qui
étaient à plusieurs personnes : à tous les hommes fiévés du
chatel de Remin, au curé de la ville et au chapelain du chatel,
auquel bois ledit duc avait toute justice et seigneurie, garenne
pour le gros et le menu, et tout droit qu'à ancienne garenne
pouvait et devait appartenir, et au dehors dudit bois « tant
comme on pouvait getter un cor pour les yllecs » et non plus
loin dudit bois.
Item connins de garenne en Jurequin appartenaient au duc.
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FIEFS ET ARRIÈRE-FIEFS
TEHriJS BIJ CHATEKi DE CKiERlEOjyT»
Le titre que nous donnons à cette partie An Dénombrement
de 1373, qui n'en a pas dans le manuscrit 20,082, n'est pas très-
rigoureusement exact. C'est plutôt vassaux et arrière-vassaux
du comté de Glermont que nous eussions dû mettre. En effet,
le nom placé en vedette de chaque déclaration est celui du feu-
dataire, de l'homme de fief, et le fief pour lequel il devait son
service au suzerain n'est que subsidiairement indiqué. La table,
qui commence au folio 6 du manuscrit, répond à la même pen-
sée. Du reste, on se souvient sans doute que les listes du
XIII* siècle, que nous avons empruntées au Cartulaire de Phi-
lippe-Auguste et reproduites plus haut, se bornaient à la pre-
mière partie des deux énonciations, sans fournir aucun rensei-
gnement sur les terres placées dans la mouvance du comté de
Glermont et de la ch&tellenie de Creil.
Le nombre des fiefs inscrits au Dénombrement ne s'élève pas
à moins de seize cent soixante-neuf ^ qui se décomposent ainsi :
cent soixante-onze tenus directement, ou nuement, comme on
disait alors, du ch&tel de Glermont; cinq cent quatre-vingt-
onze relevant des premiers feudataires et ayant à leur tour les
neuf cent-sept autres dans leur propre mouvance.
En tète de chaque fief et arrière-fief sont peintes et blason-
nées les armoiries du possesseur avec les signes distinctifs de
sa qualité. Les armes du chevalier banneret sont mises en
bannière; celles du chevalier ncm portant bannière, ont seule-
* Noos ne répondons- pae- de l'exacUInde mathématique de ee total; à caase
des difficultés que présente pour le calcul Texistence de nombreux fiefs tenus par
indivis de plusieurs seigneurs à la fois. S*il y a une erreur,. nous pouTons cepen-
dant assurer qu'elle est insignifiante. M. de Lépinois, dans ses Recherches histo-
riques, donne des chiffres notablement inférieurs, parce qu'il a adopté la liste
insérée dans le Ms. Fr. 4,6^ (fo»^iO-3S. et 12-75), liste qui ne contient que quatre
cent Tingt-cinq fiefs et arrière-fiefs, et que nous avons tout lieu de considérer
comme incomplète à en juger par Tétat matériel même du manuscrit, où elle
figure suivie d'un certain nombre de feuillets blancs.
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174 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
ment, sur le haut de Técu, une banderoUo d'or en façon de
guidon ; celles des nobles non chevaliers sont placées en écus-
son; enfin, pour les gens non nobles, — au nombre de cent
environ — leurs armes de plaisance figurent dans un cœur, au
lieu d'un écu. En outre, sur les fiefs tenus directement de
Clermont, flotte au-dessus de Técusson un guidon armorié aux
armes du duc de Bourbon.
Notre description serait incomplète si nous n'ajoutions que
vingt-trois déclarations, parmi les plus importantes, se trouvent
précédées ou accompagnées de peintures, dont quelques-unes,
celles de Bulles, de Milly, de Conty, de Remy, par exemple,
sont des miniatures véritables, tandis que les autres se bornent
à la représentation d'un manoir plus ou moins crénelé.
Le Dénombrement des seize cent soixante-neuf fiefs occupe
quatre cents pages du manuscrit 20,082. A moins de dépasser
de beaucoup les limites assignées à notre Étude, nous ne pou-
vions songer à une analyse complète, quelque succincte qu'elle
fût, de tout cet ensemble. Nous avons dû faire un choix, et ,
comme de raison, nous nous sommes tout d'abord arrêté aux
vassaux directs du comté, dont nous donnons le nom, le
blason, d'après la description même de Dom Grenier que nous
avons déjà signalée (coll., t. LIV, fol. 53-96), ainsi que le fief,
toutes les fois que l'importance ou le caractère particulier de ce
fief a paru en rendre un abrégé nécessaire. Nous avons agi de
même en ce qui concerne les noms et les armoiries des vas-
saux des grandes chatellenies subalternes, telles que Remy,
Sacy, Creil, Bulles, Milly, Conty, 0ns en Bray, etc., d'autant
mieux que la plupart d'entre elles ont, à des époques difl'é-
rentes, été plus ou moins longtemps imies au domaine du comté.
Pour le surplus, c'est-à-dire pour les arrière-fiefs, d'une impor-
tance relativement beaucoup moindre du reste, nous avons eu
le regret d'être obligé de nous borner à l'indication de leiu*
nombre et du lieu où chacun était situé. Mais afin de suppléer
on partie à cette lacune, nous avons fait figurer aux pièces
justificatives , une table alphabétique des sept cent soixante-dix
familles, dont les noms sont cités dans le volume, liste insérée
à la fin du manuscrit 20,082, et d'une écriture plus moderne,
ainsi que nous l'avons déjà indiqué. Nous y avons joint un
petit nobiliaire, que nous avons dressé, des chevaliers et écuyers
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 175
possédant seulement arrière-fiefs en 1373 dans le ressort du
comté de Clermontr
Dans l'analyse que nous présentons au lecteur, nous ne pou-
vions, bien entendu, que nous conformer à Tordre suivi par le
rédacteur du Dénombrement. Cet ordre n^st ni alphabétique ni
géographique, et nous serions assez embarrassé de préciser les
raisons qui Font fait adopter. L'importance, tant du feudataire
que du fief, paraît toutefois avoir surtout influé sur la classifi-
cation.
JQ existait, à ce dernier égard, celui de l'importance des fiefs,
des disparités, des inégalités extrêmes. Tandis qiie les châtelains
de Creil, de Conti et de Bulles se trouvaient possesseurs dévastes
domaines, comptaient, l'un quatre-vingt-quatre vassaux dans sa
mouvance, le second cent cinquante-sept, et le troisième deux
cent-quarante, ou plutôt quatre cent quatre-vingt-dix-sept, en y
comprenant Milly, certains fcudataires, principalement dans la
banlieue de Clermont, devaient hommage au même titre qu'eux
au comte pour des infiniment petits. Tels étaient, entre plu-
sieurs autres, Charles de Campremy, écuyer, pour un fief sis à
Roteleu et contenant un pressoir et un four, « qui ne valaient
c< rien, » Tristan de Soisy, écuyer, pour cinq arpents do vigne
au terroir de Clermont, qu'on faisait au tiers-pot, Jehan do
Basincourt, prêtre, pour trois muids de vin de rente à Villei^-
lès-Castenoy, Jehan Le Cordier, pour la moitié d'une masure,
séante à Ons-en-Bray, etc., etc.
A l'époque de notre Dénombrement, qui est contemporain,
nous l'avons déjà fait remarquer, des derniers temps du moyen
âge, la propriété féodale était arrivée à un état de morcelle-
ment, d'émiettement incroyable. Il y avait vingt-et-un fiefs sur
le territoire de la seule paroisse de Bulles, trente-neuf sur celui
de Clermont, et les petites localités en comportaient relative-
ment plus encore. Les seize cent soixante-neuf fiefs qu'il enre-
gistre , ne s'étendaient pas,^ en effet,, sur plus de cent soixante^
cinq localités. Beaucoup de ces fiefs, du reste, étaient possédés
par indivis, ce qui en augmentait swisiblement le nombre, cha-
cun des possesseurs ayant des obligations distinctes et deve-
nant, aux termes de la législation féodale, l'homme, soit du
suzerain, soit du détenteur du domaine principal. L'exemple le
plus remarquable d'un fief indivis dans le comté de Clermont
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176 L£ COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
est donné par la chàiellenie de Bulles^ qui demeura deux siècles
partagée dans ces conditions entre les héritiers des maisons de
Conti et de Mello, et s'y trouvait encore en 1373. A Armancourt,
le sire Le Besgue de Fayel était seigneur de la moitié de la
terre seulement, et Cjf^lart de Beaurepaire, chevalier, tenait de
lui la moitié du neuvième d'une partie de son fief.
On sait que la propriété féodale s'étendait, s'appliquait à toute
espèce de biens , aux offices , aux revenus , aux rentes , non
moins qu'aux biens-fonds. M. Guérard, dan* les Prolégomènes
du Cartulaire de Saint-Père de Chartres, a dressé une longue
liste de ces fiefs incorporels; notre Dénombrement nous on
fournit une presque aussi considérable ^ Nous avons déjà parlé
de la rente de 100 livres parisis sur la Prévôté de Clermont,
constituée par Louis P' de Bourbon, au mois de décembre 1329,
en fief, à Jean de Nesle d'Offemont, dont les ayant-cause en de-
meurèrent saisis jusqu'en 1789. Le sire Estève de la Grange
touchait 6 livres au même titre sur la même prévôté. Begnault
de Trie, chevalier, tenait en arrière-fief de Bulles, une partie
du produit du travers de Bailleul-sur-Therain ; le sire do
Jumelles, chevalier, en arrière-fief de Conti, une partie du
travers dudit lieu; Pierre d'Omont, chevalier, en arrière-fief de
Clermont, 70 sous sur la taille de Longueil. Parmi les nombreux
fiéfs du seigneur d'Attichy, de la maison de Montmorency, s'en
trouvait un composé de 11 livres pdttlis de rente sur la terre
d'Erquery. Les mairies occupent une place importante dans la
nomenclature de 1373. De tenures presque serviles et amo-
vibles qu'elles étaient à l'origine, elles devinrent ensuite de
véritables fiefs héréditaires, et tout en conservant leur double
caractère juridictionnel et territorial, avaient cessé, auxiv* siècle,
de former le domaine exclusif des maires. Plusieurs de ces
maires portaient cependant encore dans leurs armoiries le signe
distinctif de leurs fonctions : un franc-quartier chargé d'une
épée généralement d'argent. Nous pourrions faire encore
bien des citations; nous nous bornerons aux deux suivantes.
Jehan, sire de Basentin, tenait du châtel de Clermont en fief sa
^ Parmi les fiefs quelques-uns sont dits abrégés, c'est-à-dire que les services,
dont ils étaient tenus, avaient été limités et diminués, ce qui altérait dans une
certaine mesure leur caractère de tenures nobles. Voir à ce sujet Beaunianoir,
chap. xxviii.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 177
garenne, pour le gros et le menu en tous ses bois ; Wi tasse de
Mirelessart possédait à Boulaincourt un fief consistant dans le
droit d*usage dans la forêt : c'est assavoir d'y mener paître
douze vaches, d'y mettre en paisson dix pourceaux, et de
prendre pour brûler et bâtir en son manoir de Boulaincourt
tout le bois dont il pouvait avoir besoin.
L'engagement féodal ayant reposé d'une part à l'origine sur
des convenances, des affinités personnelles librement appréciées
par les parties contractantes, il en résultait un enchevêtrement
presque inextricable des mouvances dont le lecteur rencontrera
les traces à chaque page \ La terre formant, d'autre part, la base
delà société et marquant à celui qui la possédait sa place dans la
hiérarchie, le suzerain se trouvait parfois l'homme de son propre
vassal à cause d'un domaine placé dans la dépendance de ce
dernier. Telle était précisément la situation du duc de Bourbon
vis-à-vis du châtelain de Bulles pour un fief séant à Sailleville.
Nonobstant le morcellement extrême dont nous venons de
parler, nous avons constaté, non sans surprise, qu'en 1373
sur les seize cent soixante-neuf fiefs du comté de Clermont,
trente-deux seulement se trouvaient en la main du suzerain
immédiat par défaut d'homme. C'est que la noblesse constituait
encore alors cette gendarmerie dont parle l'auteur des Origines
de la France contemporaine (p. iO) « gendarmerie à demeure
où de père en fils on étak gendarme, où chacun naissait avec
son grade héréditaire, son poste local, sa solde en biens fonds,
avec la certitude de n'être jamais abandonné par son chef, avec
l'obligation de se faire tuer au besoin pour son chef. »
Les nobles du Beauvoisis devaient, dans les années qui sui-
virent le dénombrement de 1373, satisfaire largement à cette
obligation, à ce devoir sacré ; si largement même qu'à la fin du
XV* siècle, la propriété féodale semblait presque transformée et,
obéissant à un mouvement en sens inverse de celui que nous
avons signalé ci-dessus, tendait à une concentration, à laquelle
n'était certainement pas étrangère la disparution presque com-
plète des anciennes familles du pays, décimées par la guerre de
Cent ans. Nous avons trouvé dans l'Etat des fiefs tenus direc-
> Ainsi, pour D*en donner qu'un exemple, le seigneur d*Épineuses tenait
nuement du chàtel de Clermont la moitié de sou manoir de Warti ; il ne tenait
Taulre moitié qu'en arrière-fief par le moyen du seigneur de Caiguelel.
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178 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
iement du comté de Clcrmont, dressé vers 1500 par Jean
Dargillière (Arch. de TOise S E 39), de curieux renseignements
sur cette transformation, et nous les avons consignés en note
dans notre analyse; ils sont désignés par la lettre capitale D.
Afin de compléter, autant qu'il était possible, Tassimilation
entre les lieux désignés au Dénombrement et les localités
actuelles, du moins celles qui subsistent, car beaucoup ont
disparu, nous avons également reproduit la liste des gentils-
hommes possédant fiefs, appelés à la réformation de la coutume
en 1539, ainsi que de ceux qui comparurent, en 1789, à TAs-
semblée des trois Ordres du bailliage de Clermont ; nous y avons
joint les armoiries des premiers *, celles dos seconds sont trop
contemporaines, trop à la portée de tous, pour qu'il nous parût
nécessaire de les insérer dans notre travail.
M. Siméon Luce a consacré le chapitre m de sa belle Histoire
de Bertrand du Guesclin^ à esquisser la vie privée en France,
au xrv® siècle. Il a établi, pièces en mains, que pendant la
première moitié de ce siècle, la population égalait au moins, si
elle ne dépassait point, celle do nos jours, et qu'à cet accroisse-
ment de la population correspondait une aisance générale, dont
notre pays n'a peut-être retrouvé l'équivalent qu'à une époque
assez récente. La peste de 1348, les désastreux débuts de la
guerre de Cent ans ne devaient que trop promptement changer
la face des choses. Le Beauvoisis fut des premiers à s'en ressen-
tir, et presque chacune des déclarations, insérées au Dénombre-
ment de 1373, en contient la mention ^.
* Ces archives contiennent des registres de fois et hommages postérieurs à celui
de Dargillière, que nous avons également consultés. Les emprunts que nous leur
avons faits sont désignés par la lettre capitale H.
' Ces armoiries nous ont été surtout fournies indépendamment des recueils
généraux, par les Anciennes RemarqueSy de Louvet, et le recueil de La Morlièrc.
La liste de 1789 est incomplète ; nous y avons suppléé, pour quelques noms, par
un état des paroisses de TÉlection de Clermont en 1787, conservé aux archives
de rOise.
' « Au bon temps, quand tons les cens se payoient, » lit-on dans le dénombre-
ment de la châtellenie de Bulles, m Les cens sont fort réduits, » déclare entre
autres Tristan de Maignelay, seigneur du Mez, « car toute la greigneur desdites
masures et terres sont vastes et en friez tant par le fait des guerres que par la
mortalité. » Le moulin à eau séant en la ville de Clermont et appartenant à
Charles de Campremy, écuyer « solait valoir 32 muids de grains et à présent ne
vaut par le fait des guerres que 18. n Etc., etc.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 179
REMIN (f 151) \
« Messire Jehan, comtade Bouloigne et d'Auvergne, tient do
M. le comte de Clermont son chastel de Remin, ainsi comme il
se comporte avecques ses appartenances et deppendances. Item
toute la ville de Remin en laquelle a chascun an sur les hostises
tenues de lui 54 livres, 240 chapons et 20 mines d'aveine. Les
campars de la dite ville et terrouoir, qui pueent monter par au
environ 32 muids de grain, 6 muids de terre ahannable,
18 muids de boz, 32 mines de prez, le four là où les habitants
sont banniers, corvées, forages, roages, et en tout garenne,
toute justice et seignorie haute, moyenne et basse *, seul et
1 Remy, canton d'Estrées-Saint-Denis. Cette terre appartenait en 1207 à Gaacher
de ChÀtillon, comte de Saint-Pol, et à sa femme, Elisabeth de Camp-d'Avesnes
(D. Grenier, t. CXVI). Gaucher de Chàtillon, leur peUt-fils, délaissa en mars 1245
au roi pour le rachat du relief que Jeanne de Boulogne, sa femme, devait à rai-
son de son mariage, les domaines et fiefs qu*il possédait à Remy (cartulaire de
Philippe-Auguste, f» 198), et qui furent compris dans Tapanage attribué à Robert
de France par les lettres de mars 1269. Celui-ci constitua la chàtellenie de Remy
en dot à sa fille Blanche en la mariant à Robert III, comte d* Auvergne et de Bou-
logne (25 juin 1303). La donation comprenait, outre les biens provenant de
Gaucher de GhAtiUon, un autre fief plus considérable, sis au même territoire et
acquis par le comte de Clermont d'Amaury de Montfort, chanoine de Rouen.
Mais cette acquisition donna lieu de la part de Raoul de Clermont-Nesle à un
retrait lignager et la possession de Remy fut entre les maisons de Bourbon et
d'Auvergne Tobjet d'une longue contestation judiciaire, dont nous avons donné
plus haut les détails. Reconnu légitime propriétaire de Remy par arrêt du
Parlement du 21 mars 1379, Jean le vendit en novembre 1392 à Louis If, duc de
Bourbon, pour le prix de 4,300 francs d'or, et sous réserve de l'usufruit (Arch.
nat., P 1362 « cote 1091). Suivant Bosquillon (Ms. Fr. 25,220), cette chàtellenie
aurait été engagée au commencement du XYi« siècle par le connétable de Bourbon,
et, en effet, le procès-verbal de la Coutume de Clermont inscrit les hoirs de messire
Brinon {cTazur au chevron cTor au chef endenté de même), en son vivant chevalier,
premier président du Parlement de Rouen, comme seigneurs de Rémy en 1539.
Mais une transaction du 3 août 1553 la réunit de nouveau au domaine du comté de
Clermont, et elle fit partie de l'engagement consenti en 1569 au duc de Brunswick.
* Au moyen âge chaque seigneur exerçait la justice dans l'étendue de son fief,
et de là résultaient une multiplicité, un enchevêtrement de juridiction, qui consti-
tuaient certainement l'un des côtés les plus défectueux des institutions féodales.
Toutefois, en ce qui concerne Clermont, il ne faut pas perdre de vue l'observation
que nous avons déjà faite, à savoir que les anciennes coutumes du pays semblent
avoir réservé au comte, par privilège spécial^ la connaissance par tout le comté
de tous délits excédant 60 sols parisis d'amende, et pour les autres délits droit de
prévention sur ses vassaux. Voyez le procès-verbal de 1539 sur les articles ccii
et cent de la Coutume. Voyez aussi Beaumanoir chap. x. « Des cas des quix li
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180 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYÂISIS.
pour le tout, en toutes les choses dessus dites, et est chargiée
la dite terre et fief tant de aumosnes comme d^autres choses, de
environ 16 muids de blé. »
Cette déclaration est précédée d'une miniature représentant
le château, construit dans le style du xiv® siècle, offrant une
masse de tours, tourelles, toits, pignons crénelés et percés de
nombreuses fenêtres. La porte d'entrée, accompagnée de bar-
bacanes et surmontée de trois tourelles en poivrière, porte
Técusson d'Auvergne : cPor au gonfanon de gueules. D'un côté
flotte la bannière du duc de Bourbon, de l'autre celle du comte
de Boulogne et d'Auvergne.
Du chastel de Remin étaient tenus :
1" Un fief à Remy par Adam Daridel {émargent à la quintes-
feuille de sable en cœur à huit merlettes de même en orle) ;
2' Un fief au même lieu par Pierre de Francières [d'argent à
la bande de sable^ à la bordure de gueules) ;
3** Un fief au même lieu par Godefroy de Francières {d'argent
à la bande de sable au lambel de gueules à trois pendants) ;
4" Le fief de Courdemanche à Remy, par Pierre Guéroult {de
gueules à la fasce crénelée d!or) ; ce fief fut depuis possédé par
l'Église et chapitre Notre-Dame de Senlis. D.
5** Un fief au même lieu, par Jehan Daridel (comme ci-dessus) ;
6" Un fief au même lieu, par Jehan Lecoq {d^or au coq de
sable barbé et crête de gueules) ;
7* Un fief au même lieu, par Oudard Le Blanc {de gueules au
coq d'argent) ;
8* Un fief au même lieu, par Lohier de Villers {d'argent d la
bande d'azur^ à la bordure denchée de gueules) ;
9*" Un fief au même lieu par Pierre Hurtaut {de gueules au
maillet d^ argent);
10* Un fief séant à Gaumont * par les hoirs Jehan de Courrel
{d'azur d une étoile d^or à cinq raies vibrées).
quens de Clermont n'est pas tenu de rendre le cort à ses homes, ançois Ten
demore la connaissance par réson de souveraineté. » Du temps de Beaumanoir,
la justice n'était que haute et basse. La moyenne justice prit naissance dans la
période qui sépare la rédaction des Coutumes de Beauvoisis de celle de notre
Dénombrement.
* Le Meux, canton d'Estrées-Saint-Denis.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 181
SACHY LE GRAND ET MÉRY (f 153)
« Le dit comte de Bouloigne tient dudit chatel de Glermont, à
cause de madame Jehanne de Clennont sa femme, les villes de
Sachy et de Méry et les appartenances en la manière qui s'ens-
suit : premièrement en la ville de Méry la cour où soûlait estre
le lieu et chastel. Item ladite ville en laquelle a plusieurs hos-
* Sacy-le-Grand, canton de Liancouri, et Méry, canton de Maignelay. Les comtes
de Clermont de la première race possédaient des biens à Sacy, lesquels furent
compris dans Tapanage de Robert de France. Ce prince en augmenta l'importance
par un échange conclu en 1281 avec Tabbaye de SaintrLucien-de-BeauTais. Méry,
qui appartenait à la couronne dès 1218 (L. Delisle, Catalogue des actes de Phi-
lippe-Auguste, n» 1855), est également mentionné dans les lettres patentes de
mars 1269. Les deux terres firent partie des domaines attribués par sentence
arbitrale de Philippe le Bel à Jean de Clermont, deuxième fils de Robert, pour sa
part héréditaire (HuiUard-BréhoUes, n» 1383). La fille puînée de Jean et de Jeanne
d'Ârgies^ dame de Catheux, épousa en 1351 Jean !«■', comte de Boulogne et d'Au-
Tergne^ le comparant au dénombrement de 1373. Sacy fut, comme Remy, réuni
de nouveau, sous Louis II, au comté. Gomment s*opéra la réunion ? Nous avions
cru pouvoir indiquer ci-dessus qu'elle avait eu lieu par cession directe du comte
de Boulogne et dans Tacte même de novembre 1392. De nouvelles recherches que
nous avons faites il semblerait résulter que Jean de Boulogne aurait échangé la
terre de Sacy le 12 juin 1392 avec Aubert de Puy-Chalin, chevalier (Arch. nat.,
P 1362>, cote 1093), lequel en mars 1408 aurait vendu ses droits au duc de Bourbon
{Ifnd,, P 1369», cote 1752). Ce dernier avait acquis, en août 1403, pour le prix de
1,500 1. t. d'Antoine de Craon et de son fils, une rente de 100 livres qu'ils avaient
droit de prendre sur la terre de Sacy {Ibid., P 1369*, cote 1743). Comprise dans
rengagement de 1569, la chàtellenie de Sacy-le-Grand fut vendue, le 7 avril 1603,
par le duc de Lorraine, avec les bois et censives des Grands et Petits-Ageux, à
Jacques de Harlay de Champvallon qui la céda le 12 juin suivant à Louis Potier
de Gesvres, dont le fils René Potier, duc de Tresmes, l'aliéna à son tour le !«' fé-
vrier 1662 à Otho Fabrice de Gressenich. Des héritiers Fabrice, Sacy passa à un
sieur Doussault (juillet 1700), puis à J.-J. Coustard, conseiller au Parlement
(avril 1719), qui le revendit en 1749 à Pierre-Charles de Villette, qui obtint en
mars 1763 des lettres patentes portant union à la terre du Plessis-Longueau de
celles de Sarron, de Bazincourt, d'Houdancourt et autres, et érection en marquisat
sous le nom du Plessis- Villette. Le marquis du Plessis- Villette (dfazur à six tours
(Targeni) comparut à l'assemblée du 9 mars 1789 en sa qualité de seigneur enga-
giste. Nous verrons plus loin que d'autres fiefs existaient sur le territoire de
Sacy-le-Grand. Quant à Méry, M. Graves (Précis statistique, p. 56) affirme que
cette seigneurie fut cédée par le comte de Boulogne à la maison de Hangest. Lors
de la réformation de la Coutume une partie en appartenait encore en effet aux
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182 LE COMTÉ DE CJ-ERMONT EN BEAUVAISIS.
lises et masures au terrouoir de ladite ville, et à Courcelles * et
à Wacquemoulin * camparts et terres ahannables, four, avoines,
corvées et émoluments de la justice, lesquelles choses baillées
en prévosté valent 164 livres par an, plus 180 arpents de bois,
et peut valoir l'arpent, quand il échiet à taille de 20 ans,
10 livres. Item en la dite ville trois francs-sergents qui doivent
garder les prisonniers dudit comte, ses festes et autres services
et pour ce ne doivent nulle corvée et ont partie de leurs manoirs
franz de cens sur certaine condicion.
« Item en la ville de Sachy plusieurs masures et hostises,
cens de toute nature, vinages, camparts, à Sachy, Castenois ',
Avregny *, Maimbeville *, le Plessis Saint-Aubin®, le tout valant
par an 115 livres, plus 400 chapons, et 30 muids d'aveine de
cens. Le manoir dudit Sachy avec bois, le droit d'une mairie
qui peut valoir par an 4 mines de grains et 5 sols de cens. Item
toutes les voiries. Item es dites terres et fiefs tant Sachy
comme Méry toute justice et seigneurie haute, moyenne et
basse. »
De Sachy étaient tenus :
1** Un fief à Sachy par Pépin Daridel, {d^argeai à un qtdnte--
feuille en cœur et une bande engrêlée de gueules). Ce fief dit plus
tard de Candoire D. ;
2** Un fief au même lieu par Thibault Du Cange {de gueules à
la balance dP argent) ;
3** Un fief au même lieu par Jehan Levillain (de gueules à
deux batoires d^ argent emmanchées d'azur) ;
4* Un fief au même lieu par Fleurent de Rivellon {de gueules
à la fasce ondée d^argent).
enfants mineurs du sieur de Hangest, Tautre à Louis d'Ongnies {de sinople à la
fasce d'hermines), seigneur de Chaulnes et d'Étouy. Celui-ci était acquéreur
(novembre 1526) d'Oudard do Renty, mentionné dans Tétat de Dargillière comme
seigneur de Méry en 1500. Au xviio et au xviii« siècles Méry fut possédée avec le
titre de marquisat par la famille Dufos (Graves, ibid.).
1 Courcelles-Epayelles, canton de Maignelay.
* Canton de Maignelay.
' Catenoy, canton de Liancourt.
*, » Canton de Clermont.
< Saint- Aubin, canton de Clermont.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 183
CREELG (P 159) \
« Madame Béatrix de Bourbon, royno de Bahaigne, tient de
M. le comte de Clermont son chastel, ville, chastellenie et
1 CheMieu de canton de rarrondissement de Senlis. — Maison royale en 636,
possédé en 944, si Ton en croit le chroniqueur Dudon de Saint-Quentin cité par
dom Grenier (t. CCXLXII, p. 133), par Bernard II, comte de Senlis, disputé à
main armée vers 988 par un seigneur du nom de Guillaume à Hugues Capet,
Creil apparaît au début du xiP siècle, avec le titre de châtellenie, au nombre des
domaines de la maison de Clermont. Comprise dans Tapanage de 1269, cette
châtellenie forma la dot de Béatrix de Bourbon lorsqu'elle épousa par contrat de
décembre 1334, Jean de Luxembourg, roi de Bohême. Nous avons déjà indiqué
sous quelle réserve cette dot avait été constituée & Béatrix, comment en 1374, de
concert avec son second mari Eudes de Grancey et son fils Wenceslas, duc de
Luxembourg, celle-ci céda au roi Charles V la baronnie de Creil, comment le roi
unit irrévocablement son acquisition nouvelle au domaine de la couronne, et
comment Louis II, duc de Bourbon, après une longue contestation judiciaire, fut
obligé par transaction du 14 novembre 1394 d'acquiescer à cette union. En
échange de sa renonciation à la ch&tellenie de Creil, à toute prétention sur les
terres de Gaillefontaine, Rozay, Saint-Saens et autres enclaves dans les chfttelle-
nies de Goumay et de la Ferté-en-Bray, ainsi qu'à une rente de 3,000 livres sur
le péage de Saint-Jean-de-Losne, il reçut les chàtellenies de Château-Chinon,
Lorme, Orouer et Bracy, et en outre une somme de 40,000 francs d'or une fois
payée (Arch. nat., P 1269», cote 1747). Nonobstant l'obligation imposée par
Charles V à ses successeurs de jurer, lors de leur sacre, qu'ils ne désuniraient
jamais Creil du domaine de la couronne, Charles VIII céda au mois de novembre
1483 cette terre à sa sœur Anne et au mari de ladite dame, Pierre de Bourbon-
Beaujen, en échange de la seigneurie de Montignac, au comté de Pézenas (Arch.
nat., P 1364», cote 1268). La cession fut confirmée par lettres de 1493, 1498 et
1500, mais à titre viager seulement et temporaire (ïbid., P 1370S cote 1856,
P 1362*, cote 1088). Elle comprenait l'étang de Gouvieux. La jouissance de la châ-
tellenie de Creil et de l'étang de Gouvieux fut assurée par François I^^ à sa mère,
la duchesse d'Angoulême, à la mort d'Anne de Beaujeu (26 novembre 1522, Blan-
chard, col. 459). Après elle, cette jouissance passa à Marguerite de Valois, sa
fille, reine de Navarre. Cette princesse figure dans le procès-verbal de la réfor-
mation de la Coutume de Senlis, en 1539, comme dame usufructuaire de Creil, et
une déclaration du 12 novembre 1543 lui en maintint l'usufruit {Ibidem, col 565).
A partir de 1569, Creil suivit le sort du comté de Clermont et passa, comme
domaine engagé, à Éric, duc de Brunswick, à son beau-frère, Charles II, duc de
Lorraine et de Bar, en vertu d'une donation du 2 décembre 1575 et sous réserve
d'usufruit en faveur de Dorothée 3e Lorraine, duchesse douairière de Brunswick,
au fils de Charles II, François^ comte de Vaudemont (acte du 9 novembre 1597 et
partage du 22 janvier 1606), à Henri II de Bourbon, prince de Condé (contrat du
12 février 1611), à Anne de Montafié, veuve de Charles de Bourbon, comte de
Soissons (contrats des 8 avril 1615 et 26 août 1616), par indivis d'abord aux filles
de la comtesse de Soissons (1644), Louise, duchesse de Longueville, et Marie,
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184 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
[baronnie] de Creelg, avec les appendances d'ycelle, lesquelles
senssuient* :
La prévosté de Creelg en grosses amendes et petites qui
parellement se cuellent comme celles de la prévosté de Cler-
mont.
La mairie d'Agueu * ;
La mairie de Sainqueux' ;
Le pontenage * de ViUers Saint-Pol ' ;
Le pontenage de Nougent • ;
Le pontenage de Sailleville \ Laigneville % et Moncy Saint-
Heloy»;
La mairie de Monthatère **;
La mairie des Hayes " ;
Les menus cens d'argent et d'avaines ;
Les campars de Creelg ;
Les campars des vignes ;
princesse de Carignan, puis à sa petite -fille Marie^ duchesse de Nemours, et à la
même princesse de Carignan qu'un partage de 1688 en rendit seule propriétaire^
à Marie-Françoise de Brancas, princesse d'Harcourt (contrat du 7 mai 1702) ;
enfin à Henri-Jules de Bourbon» prince de Condé (contrat du 16 février 1704).
Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, comparut le 11 mars 1789 par pro-
cureur à rassemblée des trois ordres du bailliage de Senlis comme seigneur-enga-
giste de Creil et de la mairie royale de Ginqueux.
^ Le Ms. 20,082 ne donne pas les armes de Béatrix de Bourbon, reine de
Bohême, mais nous avons trouvé dans l'Inventaire général de M. Dpuet d*Arcq
la description suivante de son sceau, appendu à un acte du 10 octobre 1363
(no 11,169) : écu parti de Bohême {d'argent au lion de gueules armé et couronné
d*or lampassé d'azur) et de Bourbon (dazur semé de fleurs de lis d'or à la bande
de gueules), suspendu à un arbre. A dextre^ une sirène jouant de la harpe emman-
telée aux armes de Bohême ; à senestre, une autre sirène jouant du violon em-
mantelée aux armes de Bourbon ; au pied de Tarbre un lévrier couché ; sur les
branches une colombe.
* Les Ageux, canton de Liancourt.
> Cinqueux, canton de Liancourt.
^ Le pontenage était une sorte de péage perçu sur les habitants des villages
voisins do Creil, et réglé en grain ou en argent pour chaque cheval de charrue
(Savary, Dictionnaire du commerce, introduction).
B Canton de Creil.
* Nogent-les- Vierges, canton de Creil.
7 Laigneville, canton de Liancourt.
> Canton de Liancourt.
* Canton de Liancourt.
><» Canton de Creil.
fi Saint-Maximin, canton de Creil.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 183
Le cens de Creelg ;
Le cens de Faiel * et les menus cens ;
Le cens du Clos ;
Les cens pour la pierre au poisson ;
Les forages et roages ;
Les fours de Creelg ;
Le travers par terre et par yaue ' ;
Les prez de Creelg , desquels ceulx de Royaumont • fauchent
une partie ;
La forest de Pommeraye * ;
La garenne pour le gros et pour le menu ;
Le scel des lettres de baillis ;
La penne de la prévosté ;
Le tabellionage.
Le manuscrit 20,082 se borne, en ce qui concerne le domaine
seigneurial de Creil, à Ténumération que nous venons de trans-
crire, sans y joindre, comme il le fait pour les autres fiefs,
aucune évaluation, aucun détail. Quelle peut être la raison de
cette différence ? Nous ne serions pas éloigné de la trouver dans
ce fait que si le dénombrement a été commencé en 1373, et
l'indication de Béatrix comme dame de Creil est une preuve
de plus à Tappui de ladite date, il s'est poursuivi les années
suivantes sans que les officiers du roi , acquéreur en 1374,
ainsi que nous venons de l'indiquer, aient dû ou voulu y con-
courir *.
1 Fief de Fayel à Creil, acheté par Philippe-Auguste et réuni au domaine.
* n y avait à Creil deux travers, Tun qui se payait par ceux qui allaient de
Creil à Compiègne, leurs personnes, voitures et marchandises ; et l'autre qui se
percevait au passage du pont (Savary, Dictionnaire du commerce).
» Royaumont^ ancienne et célèbre abbaye , actuellement hameau d'Asnières-
sur-Oise (Seine-et-Oise).
^ Cette forêt comprise entre Creil, Apremont, Chantilly et Saint-Maximin était,
d'après les comptes de Bcaumanoir^ placée au xiu« siècle sous Tadministration
d*un sergent touchant 16 deniers de gages par jour. Le Dictionnaire du commerce
de Savary (édition de 1712) lui attribue une contenance de 1,300 arpents. Le cha-
pelain de Creil avait droit d'usage dans la forêt de Pommeraye en vertu de la
charte de Robert de juiUet 1280. Un arrêt du Parlement de 1264 avait débouté les
habitants de Creil de ce même droit (Olim, t. I;.
* Dans le tome II des Titres de la maison de Bourbon, figure sous le n» 3,566 A
l'analyse d'un document qui parait donner raison à cette hypothèse. En voici la
teneur : 7 juillet 1384. Avis du conseil du roi portant que le duc de Bourbon n'a
13
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186 I*K COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Du reste, rirrégularité que nous signalons, n'est pas la seule
qui nous apparaisse dans la déclaration dont il s'agit. Le con-
trat de mariage de décembre 1334 avait constitué en dot à
Béatrix de Bourbon la ville, chas tel, baronnie et chastellenie de
Greil, avec seigneuries et justices hautes et basses, honunages,
fiefs, arrière-fiefs des sujets, et gardes d'églises, sans rien
retenir hors Thommage et le ressort pour le comte de Cler-
mont. Ces termes semblent fort explicites et nonobstant Ténu-
mération des feudataires relevant de la chatellenie de CreU est
précédée d'une mention constatant que le comte en avait con-
servé ou du moins prétendait en avoir conservé la mouvance.
Chaque déclaration débute ainsi : N... soloit tenir de M. le comte.
Cette formule n'aurait-elle pas eu pour objet de sauvegarder les
droits éventuels de retour, que Louis II devait faire valoir un
peu plus tard et qu'éteignit définitivement la transaction du
14 novembre 1394? Nous en sommes réduit sur ce point à de
simples conjectures ; ce qui est certain toutefois c'est qu'à
partir de 1394, on ne retrouve plus trace dans les registres du
comté d'hommages et d'aveux rendus par les feudataires placés
dans la mouvance de Creil, qui fit dès lors partie du bailliage
de Senlis.
Ensieuent les fiefs et arrière- fief s tenus de M. le comte
de Clermont en la chatellenie de Creil (f* 139) :
1"* Guérart de Romescamp {d^'or à une fasce de sable accompa-
gnée de six merlettes de même, trois en chef trois en pointe) y
châtelain de Pont solait tenir du comte le tiers du bos d'A-
gueu ^ et la mairie, duquel Guérart sont tenus plusieurs fiefs,
savoir :
pas raison de poursuivre la restitution de la terre de Creil qui a été achetée par
le feu roi Charles V à Béatrix de Bourbon, parce que ladite dame était en droit
d*aliéner cette terre comme étant de son propre héritage, et que d'ailleurs son
fils, le duc de Brabant, alors vivant, a consenti à cette vente. Le conseil décide
que « supposé que un des voissins da conte de Clermont ne peust avoir acquis
la seigneurie et possession de ladite terre de Creil s*il n*en fust receuz en foy et
hommaiges touteffois le Roy de raison et usage la puet avoir acquis, car il est
vray seigneur et souverain de touz les fief de ce royaume, n'est tenus à faire
hommage à quelconques autre seigneur des fiez par plusieurs acquis, mais sou
fist qu'il baiUe homme du fief par lui acquis au seigneur féodal sans moyen. »
> Les Ageux, canton de Liancourt.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 187
2 fiefs à Hardencourt * ;
1 fief à Basîncourt * ;
1 fief au Bois terroir d'Agueu ;
1 fief à Longueyeaue ' ;
1 fief à Saînqueux * ;
2" Raoul de Sainiines (de gueules à trois croix de Lorraine
d* argent) solait tenir du comte un fief au terroir de Sachy • dont
sont tenus :
1 fief aux voieries de Nouroy * ;
1 fief aux voieries de Rucourt ' ;
1 fief au bois du Plessier •;
1 fief du tiers du bac de Verneuil • ;
2 fiefs au terroir de Sachy ;
lfiefàViUers^^
1 fief à Moncy Saint-Eloy " ;
1 fief à Creil, Laigneville " et Sainqueux.
3"" Guiart de la Motte {d^ argent à un lion de sable au bâton en
bande de gueules) solait tenir du comte un fief à Beauvoir et à
VillersSaint-Pol";
4* Guillaume Leroux {de sable à trois besans d^or) solait tenir
du comte en fief un cens sur les maisons de Çolart Le Sergent
et de Marie La Lombarde ;
' Ro2oy, canton de Liancourt.
* Bazicourt^ canton de Liancourt.
* Saint-Martin-Longueau, canton de Liancourt.
^ Cinqueux, canton de Liancourt.
> Sacy-le-Grand, canton de Liancourt.
* Noroy, canton de Saint-Just.
^ Longueuil-Sainte-Marie, canton d'Estrées.
* Le Plessier-Pommeraye, canton de Creil.
* Verneuil, canton de Pont-Sainte-Maxence.
*^ Catenoy, canton de Liancourt.
*S ** Canton de Liancourt.
>3 Canton de Greil. Ce n'était pas, suiTant M. de Lépinois (Recherches historiques),
le fief principal. Celui-ci aurait appartenu alors à Jean de Villers qui est inscrit en
effet à ce titre dans la liste de 1350. En 1789, le prince de Condé était seigneur
de Villers, et les fiefs de Mortfontaine et des Marquets, sur le même territoire,
appartenaient aux sieurs Randon de la Tour et Jacobé de Naurois. Les gentils-
hommes de la châtellenie de Creil n'ayant comparu que par procureurs à la réfor-
mation de la coutume de Senlis, en 1539, nous n'avons pu en donner les noms.
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188 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
5* Messire Ansoult Destoy, chevalier (diapré de gueules et
d'argent) solait tenir du comte un fief à Cramoisy ' ;
6"* Monseigneur Jean de Cramoisy, chevalier {dUargent à un
chevron de gueules accompagné de neuf merlettes de mêmey six en
chef et trois en pointe) solait tenir de la chatellenie de Creil la
seigneurie de Cramoisy, de laquelle sont tenus :
7 fiefs à Cramoisy et 4 arrière-fiefs.
7** Philippot de Cramoisy {échiqueté dor et de gueules de trois
traits au chef chargent, à une étoile de sable au côté dextre de
récit) solait tenir du comte à cause de la chatellenie de Creil
un fief à Cramoisy ;
8"* Messire Jean Torchars {de sable à trois anneaux d*or) solait
tenir du comte à cause du chatel de Creil un fief à Pressy * ;
9"* Messire Regnault du Mont (écartelé d'argent et de gueules)
solait tenir un fief consistant en une maison et un lavoir à Creil
duquel sont tenus :
9 fiefs, dont 3 à Villers ;
10* Madame Jeanne de Pressy (parti au 1 d argent au sautoir
de gueules accompagné de quatre merlettes de même à la bordure
engrélée de gueules, au 2 losange de gueules et d'or au chef d'ar^
gent) solait tenir du comte en fief le moulin de Fayel ', avec une
mine de terre en environ et la moitié du bois de Bouconval *, de
laquelle sont tenus 11 fiefs dont Tun au Val Foubert, et un autre
de la moitié de la dime de Rieu ' ;
11* Jean des Prez (de sitwple à la fasce d'argent au bâton en
bande de gueules sur le tout) solait tenir du comte un fief à Creil
et Vaux.
12* Madame Isabeau, femme de sire Jean Requignart (parti
< Canton de Creil. En 1789, André-Claude Patu, baron de Mello.
* Canton de Creil. Précy dépendait en partie du comté de Beaumont. En 1789,
le dac de Montmorency.
* Est-ce Fayel, canton d'Estrées-Saint-Denis, dont le chapitre de Saint-Évremont
avait la dime, ou Fayel, fief sis à Creil, et dont nous avons parlé plus haut ?
* Blaincoort, canton de Creil.
* Canton de Liancourt.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 189
au l (forgent à un quintefeuille de gueules en cœur accompagné
de huit merlettes de même en orle, au 2 échiqueté de sable et d'or),
solait tenir du comte un fief à Chivrières*, de laquelle sont
tenus :
2 fiefs à Jaux * et Chenneviëres * ;
ly Messire Robert Fretel {losange de gueules et d'or au chef
d argent) solait tenir du comte en fief le travers de Pressy et les
voiries dudit Pressy ;
14"* Jean d'Erques {d'azur à trois étoiles dor à la bordure engré*
lée (Targent) solait tenir du comte le manoir et champart
d'Erques *, duquel sont tenus trois fiefs ;
15* Guillaume de la Cousture {échiqueté de gueules et dor)
solait tenir en fief son manoir de la Cousture • ;
16* Messire Jean de Lavrechines, chevalier {dor à trois tour^
teaux de sinople) solait tenir du comte un fief à Creil et aux envi-
rons, comprenant son manoir de la Cousture et 16 arpents de
terre séants aux Muletiaux, le bois de Buissonnoie, la justice
de Saint-Mesmin •, haute et basse, 10 livres sur le péage de
Creil, cens et redevances à La Versine et aux Hayes, duquel
sont tenus :
2 fiefs à Creil et Trossy ;
17** Jean de Channevières {de sable à un sautoir d argent y
chargé dun tourteau de gueules en cœur, ledit sautoir accompagné
de quatre fleurs de lis d'or) solait tenir du comte un fief;
18* Estiene Le Boiteux {de gueules à trois coquilles dor au
' Canton d*Estrées-Saint-Deni8 ; i789, Madame de Gamaches.
* Canton de Compiègne.
* Est-ce Senneyières, autrefois Chenneviëres, hameau de Chévreville, canton de
Nanteuil le Baudouin.
* Ercuis, canton de Neuilly-en-Thelte, appartenait en partie au comté de Cler-
mont et en partie à celui de Beaumont. 1789, de Perthuis.
* Est-ce la Couture, fief sur le territoire de Cramoisy, ou comme le penserait
M. de Lépinois, un hameau aujourd'hui inconnu de la commune de Saint-
Maximin. Cette seconde hypothèse trouverait sa confirmation dans les énoncia-
tions du paragraphe suivant.
* Saint-Maximin, canton de Creil, dont La Versines. les Hayes et Trossy sont
des hameaux. 1789, le prince de Condé.
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190 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÀUVÂISIS.
bâton en bande de gueules) solait tenir du comte en fief une mai-
son à Creil ;
19"* Rogier et Thomas de Pouilleuses, écuyers, frères {diapré
de gueules et d'argent au franc quartier de sable au rocq d! échi-
quier dor) solaient tenir du comte un fief à Monthaterre * ;
20"* Messire Jean d'Estrées [d^ argent à un quinte feuille de
sinople en cœur) solait tenir du comte un fief à Civrières et aux
environs dont :
2 fiefs à Civrières ;
21* Jacques de Gournay {cTargent à la bande de sable chargée
de trois besans d'or, accompagnée de six merlettes de gueules en
orle) solait tenir du comte en fief la dime de Cramoisy, dont
deux fiefs ;
* Canton de Creil. L*abbaye de Jumièges possédait à Montataire, dès le temps de
la reine Bathilde, un domaine dont s'était emparé au commencement du xi« siècle
Aubert de Creil. Un placitum tenu en 1027 par le roi Robert à Senlls (Graves,
Précis statistique, p. 107), enjoignit à l'usurpateur de faire droit aux justes récla-
mations de râbbaye. Celle-ci continua jusqu'en 1789 à nommer au prieuré de
SaintrLéonard. Les comtes de Clermont de la première race avaient des droits
considérables à Montataire. Nous avons signalé plus haut Renaud de Clermont
comme fortifiant, en 1150, son château de Montataire. En 1195, Catherine de Cler-
mont et Louis de Blois, son époux, donnèrent & foi et hommage & Ansold de
Ronquerolles divers biens sis audit lieu et entre autres le champart et le vinage
(coll. Moreau, t. XCVI, P> 115). C'est le fief pour lequel les héritiers de Pouilleuses
sont inscrits au dénombrement de 1373. Quant à la seigneurie principale, le ma-
riage de Mathilde, fille de Renaud^ avec Hugues de la Tournelle, la fit sans doute
passer à la maison de ce nom, car divers actes cités par M. de Lépinois constatent
que plusieurs de ses membres étaient possesseurs de Montataire pendant le
xiii« siècle. L'Inventaire des sceaux de la Picardie^ par M. Demay, inscrit sous le
no 633 celui de Renaud de la Tournelle, chevalier, sire de Montataire {écu portant
cinq toumelles ou tours 2,2 et i) appendu à l'acte de 1256, par lequel il fonda son
anniversaire dans Tabbaye du Paraclet. Puis vinrent Philippe de Hardencourt
(1341), Guy de Hardencourt, chevalier, cité dans le dénombrement de 1373
(d'argent à une bande de sable chargée de trois aiglons éployés d^or), et Mathieu
d'Erquinvilliers, dit le Borgne, Mathieu de Milly (1400), Robert de Milly (1455),
Arnault de Madaillan (1466). Les Madaillan de Lesparre (au i et k tranché d'or et
de gueules, eu 2 et ^ d'azur au lion grimpant d*or) possédèrent Montataire avec le
titre de marquis jusqu'au xviiio siècle (communication due à l'obligeance de
M. le baron de Gondé, propriétaire actuel du château historique de Montataire).
En 1789, la dame veuve de Lorbehaye comparut à l'assemblée du bailliage de
Senlis, comme dame de Montataire ainsi que des fiefs de la mairie et de Gournay
sis audit lieu.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 191
22^* Jean de Channevières (comme dessus n** 17, sauf les quatre
fleurs de lis) solait tenir du comte son manoir et son jardin et
iO arpents de prés séans de là ryaue-d'Oise.
BULLES (r 171) *.
Le chastelaih de Bulles {<f argent à trois lions de scAle, 2 et l à
la bordure denchée de gueules) tient du chastel de Clermont en
fief son chastel d'emprez-la-porte, ville fermée et chàtellenie de
Bulles^ c'est assavoir le chàtel avec le pressoir auquel les vignes
1 Balles, aujourd'hui commune du canton de Clermont, est considérée comme
une des plus anciennes localités du Beauvaisis. Donnée par Tévéque Constantin
et le roi Childebert à Tabbaye de Saint- Lucien, elle fut au ix« siècle dévastée par
les Normands. On trouve la chàtellenie de Bulles possédée en 1030 pigr un Asce-
lin, qui prend la qualité de Casatus, feudataire de Téglise de Beauvais. Son fils
Goscelin, surnommé TEnfant, étant mort vers 1075 eut pour héritière sa tante
Ralde ou Roharde de Bulles, femme de Hugues, comte de Dammartin. Celui-ci
fut le fondateur du prieuré que le concile d'Issoudun confirma en 1081 à Tabbaye
de Vézelay, nonobstant Topposition des propriétaires primitifs, les religieux de
SfûntrLucien. Alix, fille de Hugues, porta la seigneurie de Bulles qui était alors
une des plus considérables du pays et avait même peut-être le titre de comté, à
son mari, Lancelin de Beauvais. Elle figure avec ses enfants dans les chartes de
fondation de Tabbaye de Froidmont et du prieuré de Wariville (Graves, Précis
siaiistiqtte, et abbé Deladreue, Hist. des abbayes de Saint-Lucien et de Froidmont).
Renaud II de Bulles ne laissa de son mariage avec Euphémie de Picquigny que
deux filles, Ermentrude et Philippe, qui prirent alliance Tune dans la maison de
Mello, Tautre dans la maison de Conti. Guillaume de Mello et Robert de Conti
octroyèrent conjointement en 1181 à la ville de Bulles une charte de commune^
que Louis I«' de Bourbon, comte de Clermont confirma en 1319. Nous la repro-
duisons aux pièces justificatives. Les héritiers de Guillaume et de Robert conti-
nuèrent à posséder par indivis la seigneurie de Bulles. 11^ étaient, en 1348,
diaprés une transaction du mois de^ décembre de ladite année (Dom Grenier,
t. CXCVI f*» 233), au nombre de trois : Eustache de Dargies, dame de Barbanchon
et de Bonneuil, Agnès de Conti, dame du lUmel et de Conti, et Marie d'Encre,
dame d'Auxy et de Lnlly. Le dénombrement dfi'13T3 constate encore la réparti-
tion sur trois tètes : la ch&tellenie appartenait à un châtelain dont le nom de
famille n'est pas indiqué» mais que ses armoiries, identiques à celles du seigneur
de Conti et du Hamel, permettent d'autant plus de rattacher à cette maison que
nous verrons son domaine vendu en 1425. au comte de Clermont par Marguerite
du Hamel> châtelaine de Bulles, comme étant « du propre héritage de la dite
venderesse. » Le donjon de Bulles se partageait par moitié entre Jean, sire de
Barbanchon, fils d'Eustache de Dargies, et Louis d'Auxy, fils de Marie d'Encre.
Nous avons dit plus haut, d'après l'autorité de M. Graves et de Bosquillon, que
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192 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
du terroir sont bannières, le 16* du moulin de Houssoy, la moi-
tié du vivier de Bulles, la place de deux moulins, Fun du grand
moulin et l'autre du moulin du vivier, esquels ledit châtelain
prend le quart contre les autres seigneurs, 80 arpents de bois à,
Bulles, 36 à Castelon S 22 au Plessier-Crotoy *, 19 au bois de
TEstrive et 3S6 arpents en usage au bois de Mons. Vignes,
les comtes de Clermont avaient, de 1340 à 1398^ acquis le domaine entier de
Bulles, par portions détachées. De nouvelles recherches nous ont mis à même
de compléter et rectifier cette indication. Le 31 juillet 1396, Jean, seigneur de
Ligne en Hainaut, et Eustache de Barbanchon, sa femme, fille de Jean, mort
en 1375, et d'Yolande de Lens, vendirent au duc de Bourbon pour le prix de
on2;e miUe livres tournois, le château de Bonneuil-le-Plessier avec ses appar-
tenances en la prévôté de Montdidier, le château de Bailleu-sur-Thérain avec les
fiefs en dépendant, à Bulles et Harmes, cent livres de rente perpétuelle qu'ils
avaieAt droit de prendre sur Jean et Gilles de Barbanchon, cousins germains de
ladite damC;, et deux parts par indivis du fief de Bameu mouvant de Tévéque de
Qeauvais. I^e 25 juillet de Tannée suivante 1397, Gilles de Barbanchon, chevalier,
et Jean de Barbanchon, écuyer, frères, cédèrent au duc, pour le prix de deux
mille livres tournois, le tiers qui leur appartenait par indivis dans les terres, sei-
gneuries et revenus de Bonneuil-Ie-Plessier, de la Warde-Mauger, près dudit
Bonneuil, de Bulles en Beauvoisis, de Harmes et Bailleu-sur-Thérain, de Rochy et
Bameu et leurs appartenances (Arch, nat., P 1369*, cote 1751). Ce fut de la vente
|i lui faite par Jean de Ligne que Louis II détacha en novembre 1 i02 les biens
sis au terroir de Harmes, en allant à Mouchy, qu*il assigna à Tabbaye de Froid-
piont eu échange de diverses rentes et pour fondation de plusieurs messes (/6tc/„
P 1362*, cote 1077^. Le 27 février 1398, le duc accrut son nouveau domaine de
Bonneuil en se faisant transporter par I|ue de Montonviller, seigneur du Bosode-
mer, au prix de ci9q cent cinquante livres tournois, tous les héritages que celui-
ci possédait audit terroir (/6irf., P 1369*, cote 1756). Nous avons déjà indiqué la
cession faite le 6 Aovembre 1398 par David, sire et ber d*Auxy, moyennant
onze cent Uvres tpumois, de 1^ terre et seigneurie de MoyenneviUe avec le quart
de la terre de Bulles {Ibid., P 136», cote 1095). Enfip en U25, le 20 août, Margue-
rite du Hamel, dame de Vçrl^in, vendit, au prix de quipze cents Uyx^s tournois,
sa châtellenie de Bulles, sous réserve de Tusuflruit. Elle vivait encore, le 9 avril 1443,
jour o\!i elle confirma l'acte de 1425 et donna au duc l'investiture de son acquisi-
tion qui complétait la réunion de la seigneurie de Bulles au domaine de Clermont,
duquel elle ne devait plus être distraite {Ibid,,V 1369 >, cote 1746). Au moment du
dénombrement de 1373, il existait sur le territoire de Bulles plus de vingt fiefs
indépendamment de ceux appartenant au châtelain et aux sires de Barbanchon
et d'Auxy. Un certain nombre de ces fiefs furent avec la suite des temps réunis
au douzaine ou disparurent, et on n'en trouve que sept inscrits dans le procès-
verbal du bailliage de Clermont, en 1789 : le fief de la tour de Bulles possédé par
le sieur de Broé, ceux de Gannel-Clérie, lieu dit la Prairie du Chaussois et de
Regnault-Duchâtel au sieur Desprès de la Résiére, et ceux de Braquemont, de
Donnemarck, de Coutf^nces et de Verdancher en partie au sieur de Monchy de
Gilocourt.
1 Catillon, canton de Saint-Just.
« Le Plessier-sur-BuUes, canton de Saint-Jusl.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 193
terres, cens du lerrouer des Essars, cens d'Erquinv illier *. La
grosse censé que les maire, pers et jurés de la ville de Bulles *
payent pour leurs héritages de commune à la Saint-Rémy, de
laquelle censé 34 livres, 2 sols, 6 deniers appartiennent au dit
châtelain. La moitié du travers de Bulles, la moitié du tonlieu, la
moitié du travers de Haudivillier ' et de la Fraie *, la moitié du
travers de Bailleu-sur-Thérain *, la moitié du travers de Lavre-
chines ' et de FeuqueroUes ', les cens de Poissonval au-dessus
de Condé-sur-Thérain, lesdites choses chargées par an de rentes
d'aumosnes.
Item saisines, ventes, hommages, forages, roages, amendes
toute justice et seigneurie, haute, moyenne et basse, tant pour le
fait du marché de ladite ville comme en toute la banlieue ', terre
et châtellenie de Bulles, avec tous exploits tant en chemins,
frez et voieries pour sa moitié avec et en toutes les communau-
tés l'usage et pâturage de ladite ville et châtellenie.
La déclaration du châtelain de Bulles est précédée d'une mi-
niature qui le représente rendant hommage au comte de Cler-
mont. Celui-ci revêtu d'azur, debout et entouré de ses officiers.
> Canton de SaintrJust.
* Nous reproduisons aux pièces justificatives la charte concédée en 1181 aux
habitants de Bulles par Guillaume de Mello et Robert de Ck>nti. Nous dirons seu-
lement ici que la grosse censé, due à raison de Taffranchissement octroyé ainsi
que pour les héritages de commune (pro communia et pro libertate)^ s'élevait à la
somme annuelle de 81 livres 18 sous 2 deniers payables le jour de la Saint-Rémy,
sous peine de 5 deniers parisis d'amende pour chaque 20 livres et par jour de
retard. La censé, dont s'agit, était indépendante des cinq sous auxquels se trou-
vait imposée annuellement chaque masure pour toute taille, corvée et exaction.
Les héritages de commune comprenaient « les bois de Mons que on dit les patis
de Bulles, contenant trois cents arpents ou environ, et les marets et rivières de
Balles, contenant deux cents arpents ou environ, joignant d'un côté au larris de
la Blanchetache d'Essoille, d'autre aux larris de Bulles et Hatton, aboutant d'un
bout au moulin de Hatton, et d'autre bout aux aires de faire lin dudit Bulles. »
Déclaration du temporel non amorti appartenant aux maire, pairs, échevins et
communiers jurés de la ville de Bulles baillée par Pépin Pellu a présent maire
dudit lieu au bailly de Senlis en juiUet 1521 (Dom Grenier, t. CXCVl f» 239).
», S », «, ^ Canton de Nivillers.
» Aux termes de la charte de 1181 la Banlieue de Bulles comprenait non seule-
ment le territoire actuel de cette commune , mais encore ceux du Plessier-sur-
Bulles et du Mesnil-sur-Bulles, canton de Saint>Just, qui n'en étaient sans doigte
primitivement que des hameaux, ainsi que Wariville annexé plus tard à Litz. Les
habitants du Mesnil avaient droit d'usage dans les bois de Bulles, et il en était de
même pour ceux de Rémérangles, qui étaient tenanciers du fief de Gannes, sui-
vant transaction du 22 novembre 1452. (Dom Grenier, t. CXCVI, f*» 215.)
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194 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
tient dans ses mains les deux mains du châtelain vêtu d'une
robe de couleur rouge, paraissant fléchir le genou devant son
suzerain et accompagné de deux personnages, dont Tun présente
la clef du château, et l'autre tient la bannière de Bulles (f argent
chargé de trois lions de sable à la bordure denchée de gueules. La
scène se passe devant la porte du château, construit dans le style
moitié oriental, moitié gothique, avec un luxe architectural
remarquable *. Le pont est levé sur le fossé plein d'eau. On voit
au-dessus de la porte flotter deux bannières déployées, celle du
comte et celle du ch&telain.
Les vassaux du châtelain de Bulles relevaient soit de lui
uniquement, soit de lui et de ses co-seigneurs par indivis. En
voici la nomenclature :
1* Un fief à Fumechon • oh sont deux manoirs qui furent à
Beaudoin de Fumechon et Golart, son oncle, tenus du ch&telaiu
de Bulles et de M. de Barbenchon par Charles de Fumechon
{d'argent à deux fasces ou cottices de sable accompagnées de neuf
merlettes de même en orle) duquel sont tenus :
1 fief à Wavegnies ' ;
2 fiefs à Fumechon et Castillon ^ ;
3 fiefs à FouqueroUes ' ;
1 fief à Monstiers * ;
> Ce château n'éUiit pas le seul qui existât à Bulles. Il y en avait un autre non
moins ancien nommé le Donjon, et que les sires de Barbenchon et d'Auzy pos-
sédaient par indivis (vide infra). Voici les indications que Graves nous fournit à
ce sujet (Précis statistique, p. 67) : Les deux châteaux furent bâtis ou reconstruits
après la première invasion des Normands. L'un (celui du châtelain) était situé au
lieu qu'on nomme le Châtelet, sur le coteau au pud-oucst de la ville qu'il domi-
nait entièrement. Cette place très-forte subit toutes les vicissitudes de la guerre
dans les xivo et xv« siècles. Charles VII en prescrivit la démolition par ses lettres
du 10 avril 1432, et cet ordre fut si bien exécuté que la tradition locale peut seule
faire reconnaître la position de la forteresse, dont il ne reste aucun vestige. Le
deuxième château (le donjon) était dans l'enceinte de la ville vers le chemin de
Fournival ; il formait la citadelle de la place. L'emplacement qu'il occupait s'ap-
pelle maintenant la place du Château. Bulles ftit pillé en 1636 par les troupes
Espagnoles, et le château ayant été brûlé ne fut pas rétabli.
* Canton de Saint-Just. Ce fief appartenait encore au xvi« siècle à la famille de
Fumechon. D. 1789, Louis- Adrien de Guillebon.
* Canton de Saint-Just.
^ Canton de Saint-Just.
» Canton de Nivillers.
* Canton de Saint-Just.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 195
1 fief à Vaux *, dit fief de Pauquechon ;
3 fiefs à Bulles ;
2^ Un fief à Monchiaux * tenu du ch.&telain de Bulles et de
Louis d'Aussy, par Wale de Monchiaux {d argent à la fasce frè"
tée dovy surmontée (ïune merle tte de sable au côté dextre)^ dit
Grongnet, duquel sont tenus :
1 fief à Blémont ' ;
2 fiefs à Monchiaux ;
1 fief à Fay-oultre-le-Bois * ;
y Un fief à Buisencourt •, tenu des mêmes , tenu par Colin
Paix est bonne {de gueules à trois merles d'argent) ;
i"" Fief séant à Bulles % tenu du ch&telain par Lorens le
Charon {de gueules à une roue d'argent) ;
S"" Fief à Bulles '', tenu du châtelain et de Louis d'Aussy par
Jean du Cardonnoy, dont :
2 fiefs ;
6* Fief à Rochy ', tenu du châtelain sans part d'àutruy par
Jean de Montoiles (cf or à trois chiens passants de gueules au ventre
<P argent) j duquel est tenu :
1 fief à Rochy, dont 1 arrière-fief ;
7* Fief à Henencourt •, tenu du châtelain et de Louis d'Auxy
par indivis par Mathieu de Gaumont ou Ghaumont, chevalier
* Le Frétoy, canton de Maignelay.
* Bulles. 1539, François Vigneron (d'argent à ia fasce de sable frétée d*or,
accompagnée en chef de trois merlettes de sable) et François d^Àrgillière (d'or à la
fasce de gueules accompagnée de trois trèfles de même).
* Bois à Balles.
^ Saint-Félix^ canton de Mouy.
^ Avrechy, canton de Clermont, 1539. Le Selier (de gueules à la gerbe d'or
accompagné de deux épis de blé du même, au chef cousu d'azur, chargé de trois
étoiles d'argent),
* En 1500 réuni au domaine par défaut d'homme. D.
7 En 1539 le fief Jean de Cardonnoy possédé par d*Argillière.
» Rochy-Gondé, canton de Nivillers, 1539. J. d'ÀTervelle, H. Dorant, C. Villain
et Jeanne de Dam. Le fief de Montoiles acquis en 1567 par Jean Aubert, seigneur
de Condé.
* Enencourt-le-Sec, canton de Chaumont, 1539. RaoUant Danesy (d'argent à un
lion de sable rampant) y 1789. De Bonnières.
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196 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
{coticé (F argent et de gueules de douze pièces à la bande degueu/es)
duquel :
2 fiefs à Monchiaux ;
1 fief à Henencourt ;
2 fiefs à Fayel * et S arrière-fiefs ;
1 fief à Guybrencourt ;
1 fief à Ronchières " et 1 arrière-fief ;
S*' Fief à Condé-sur-Thérain % tenu du châtelain de Bulles et
du sieur de Barbenchon, par Jean de Condé {d'argent à la bande
de gueules accompagnée de cinq merlettes en or le de sable).
duquel :
3 fiefs à Condé ;
1 fief à Cauvegny * ;
! fief à Bailleul » ;
9* Fief à Fariviller *, tenu des mêmes par messire Jean de
Guocourt {d! argent^ semé de treffles de gueules à deux bars adossés
de même au lambel d'azur à trois pendants), chevalier, duquel :
l fief à Sainte-Usoye ' ;
1 fief à Rémérangles * et Bulles avec la mairie de Gannes
conmie arrière-fief;
2 autres à Rémérangles et Bulles ;
2 fiefs à Thieux • et 1 arrière-fief ;
1 fief à Bulles ;
10* Fief à Thieux *®, tenu du châtelain et de Louis d'Aussy
> Fayel-Bocage, Uardivillers en Vexin, canton de Chaumont.
• Enencourt-le-Sec.
• Canton de Nivillers. 4539, Aubert {d*azur à trois trèfles d'or).
^ Canton de Noailles.
» Bailleul-8ur-Thérain, canton de Nivillers.
* Saint-André-de-Farivillers, canton de Froissy. En 1500^ J. Bochart D., 1789, la
Visitation d* Amiens.
^ Canton de Froissy.
^ Canton de Clermont..
* *<^ Canton de Froissy, 1539. Jean de Liévin (d'argent à deux lions léopardés de sable
posés ^un stiT Vautre) et Pierre Parent (de gueules semé de trèfles renversés et
supportés de croissants d'argent au franc-quartier de gueules chargé d'une coquille
d'or accompagnée de deux pals d'argent). Vente en 1700 par le comte d'Estourmel
à Tabbaye de Saint-Lucien, encore possesseur en 1789.
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LE COMTÉ DK CLERMONT EN BEAUVAISIS. 197
par messire Jean, sire de Fontaines {d'argent à trois châteaux de
sable) y chevalier;
11' Fief à Rémérangies *, tenu du châtelain et du sieur de
Barbenchon par Pierre de Milly, sire de Moyinont, chevalier
(tie sable au chef d'argent au lambel à trois pendants de gueules) y
duquel :
1 fief à Vaux « ;
12** Fief à Bulles ', tenu des mêmes par Oudart du Mesnil
{ff argent à la fasce de gueules accompagnées de trois tourteaux de
même), qui tient en outre un fief à Bulles à pur du châtelain ;
13** Fief à Bulles *, tenu des mêmes par messire Hoste Havet
{d'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or et un
lion de sable au côté dextré), chevalier ;
14° Fief au Mesnil et à Gondé, tenu du châtelain et de Louis
d'Aussy par les hoirs de Guyart Morel [d'argent à îhure de san-
glier de sablé) y dont :
3 fiefs au Mesnil-sur-Bulles * et 1 arrière-fief ;
15** Fief à Fournival ®, tenu du châtelain et du sieur de Bar-
^ Canton de Clermont. Les fiefs de Pierre de Milly, comme ceux de BéUiencourt
à Pierre de Rémérangies, et de le Borgne de Cannes (vide infra), furent donnés
en 1484 par M« Jean Régnier, chanoine de Beauvais, aux doyen et chapitre cathé-
dral de Beauvais, qui en furent saisis du consentement du duc de Bourbon à
condition d*en vider leurs mains, quand il lui plairait, après le trépas dudit
Régnier, qui en demeura homme pendant sa vie. Le chapitre acquit aux mêmes
conditions un fief de Pierre Guéroult, sis également à Rémérangies D.
* Le Frétoy, canton de Maignelay.
< Ce fief appartenait en 1500 au chapitre Notre-Dame de Clermont pour fonda-
tion d'une messe quotidienne et à condition d*en bailler homme vivant et mou-
rant D. Cette condition, indépendante de l'amortissement, correspond à notre
taxe actuelle des biens de main-morte.
* En 1500, de Braquemont (de sable au chevron d'argent), D. 1789, de Monchy
de Gilocourt.
^ Canton de Saint- Just. 1539, Gilles du Chemin (de gueules à une bande d'or au
lambel d^azur, alias de gueules à un lion d'hermines). Acheté en 1612 par Charles du
Plessis H., ce fief était uni au xyii» siècle à la seigneurie de Liancourt. D. Grenier.
* Canton de Saint-Just. Le fief Le Helle de Campremy, en 1500, à de HostiUe-
moni. Le fief de Cammelin et deux autres de Berthaut de Hargenlieu (infra n» 22)
aa chapitre de Clermont fournissant homme vivant et mourant D. 1789, duché de
FiU James par incorporation en 1729 et distraction du bailliage de Montdidier.
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198 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
benchon par messire Le Helle de Campremy, chevalier {dor à
la bande de gueules à six merlettes de même en orle) ;
1&' Fief au bois de Cressonsac \ tenu du châtelain et de Louis
d'Auxy par le Borgne, sieur de Nouroy {diapré de gueules et
d* argent à deux fasces de sable) ;
iT Fief à Fournival *, tenu du châtelain par les hoirs de
Robert de Cammelin [de sable à trois besants d'or) ;
18* Fief sur le travers de Lavrechines ', tenu du même par
lesdits hoirs, dont :
1 fief à Lavrechines ;
19* Fief à Rémérangles *, tenu du même par Pierre Guéroult
{d'argent au taureau de sable) ;
20* Fief au Quesnel-sur-Bulles •, tenu du châtelain et de Louis
d'Aussy par Guillaume du Quesnel {dargent au chêne à deux
branches de sinoplé)^ duquel :
9 fiefs au Quesnel et 14 arrière-fiefs au Quesnel et à Bu-
camp • ;
1 fief à Fournival ;
1 fief à Bulles et à Essuile ' ;
1 fief à Ravenel • ;
1 fief à Wavegnies • ;
21* Fief au Quesnel *•, tenu du châtelain et de Louis d'Aussy
par ledit Guillaume du Quesnel, duquel :
1 fief au Quesnel ;
1 fief à Wavegnies et 3 arrière-fiefs ;
1 fief à Bulles ;
1 Canton de Saint-Just.
* Canton de Saint-Jast. Voir la note 6 de la page précédente.
* La Versinet , canton de NivUlers.
^ Canton de Glermont, Toir an no 10.
», w Queenel-Aubry, canton de Froisey. 1539, LouiB de Gouy. 1789, de La Grange.
* Canton de Froissy.
7 Canton de Saint-Just.
* Canton de Saint-Jast.
* Canton de Saint*Ju8t.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISI8. 199
22* Fief tenu de Jean de Gocourt et en arrière-fief du châtelain
de Bulles et du sieur de Barbenchon, par messire Griffon de
Clary {émargent à la fasce (ïazur surmontée dun écu de ffueuks,
chargé cPun lion (f argent au côté dextre);
23* Fief à Foumival, tenu des mêmes par Bertaut de Hargen-
lieu [d^or à cinq châteaux dTazur au lambel de gueules à trois pen-
dants^ lesdits pendants chargés chacun de trois besanls (Pargent);
24"* Fief du moulin de Becquerel ', tenu du ch&telain par les
hoirs de Tartarin de Lesglentier {d'argent à trois tourteaux de
gueules au lambel d'azur) ;
25"" Fief à Bulles, tenu du châtelain, du sire de Barbenchon et
de Louis d'Aussy par les hoirs de Raoul de Ruisseloy ' {d^ argent
à la fasce de sable frétée d'or à sept merlettes de sable en orle) ;
26"* Fief à Bulles,' tenu des mêmes par les mêmes ;
27* Fief à Bulles, tenu des mêmes par les mêmes ;
28* Fief à Caigneux ', tenu du châtelain et de Barbenchon
par Pierre Faucquet [de gueules à une faux d argent au manche
d'or);
29* Fief au bois de la Choque *, tenu du châtelain par la ma-
réchale d'Audeneham ' [au 1 bandé d! argent et de sable de six
pièces à la bordure de gueules y au 2 d'or frété de gueules) ;
30* Fief de 13 livres de rente sur le travers de Bailleul, tenu
du châtelain par messire Regnault de Trie du Plessis, chevalier
{et or à une bande componnée d^ argent et (F azur ^ ladite bande bor-
dée de gueules et une merlette de sable au côté senestre) ;
> Essuile, canton de Saint-Just. Le 21 décembre 1481 les doyen et chapitre de
Beauvais furent saisis dudit fief à condition qu'ils le mettraient hors de leurs
mains toutesfois qn*il plairait à Monseigneur et lui délaisseraient à la bourse
homme vivant et mourant D.
* Les trois fiefs de Raoul de Ruisseloy, relevant pour les cinq parts de Monsei-
gneur le duc et pour la sixième de Henri de Saint-Rimoult, appartenaient en 1500
à Louis Le Couturier I).
* Rochy-Condé, canton de Nivillers.
* Rochy-Cîondé, canton de NiviUers.
> Veuve du maréchal de France Arnoul d'Audeneham, compagnon de Dugues-
clin, mort en 1370.
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200 LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS.
31" Du susdit Guillaume du Quesnel, vassal du châtelain de
Bulles et de Louis d'Auxy, sont tenus :
1 fief à Morviller * ;
3 fiefs à Wavegnies ;
2 fiefs à Ansoviller * ;
Et un arrière-fief abrégé par Tabbé de Breteuil ;
32* Fief à Sailleville ', tenu du châtelain de Bulles par Mon-
seigneur le duc de Bourbonnais ;
33* Fief à Sailleville *, tenu dudit châtelain par Jean, sieur de
Bazentin, chevalier {cPazur semé de /leurs de lis d'argent);
3 fiefs à Sailleville ;
2 fiefs à Moignevillette ' ;
2 fiefs à Angicourt • ;
2 fiefs à la Rue Bernier ^ ;
1 fief à Moigneville ;
34* Fief à Fournival, Gaigneux et Ansac, tenu dudit châtelain
par Monseigneur de Barbenchon, chevalier {d'argent à trois
lions de gueules couronnés S or en pal)^ dont un fief ;
35* Fief en la ville de Bulles *, tenu du châtelain par Henri de
S. Rimoult {de sable au lion d^argent couronné de gueules) ;
36* Fief à Saint-Rimoult • et Bulles, tenu du châtelain du
sire de Barbenchon et de Louis d'Aussy par le même, dont :
7 fiefs à Bulles, Tun nommé Vaux ;
1 CatillOQ, canton de Saint-Just.
» Canton de Breteuil.
' ^ Laigneville, canton de Liancourt. 1539, Christophe Ck>chet et le chapelain de
Warty. 1789, Ordre de Malte.
» Mogneville, canton de Liancourt.
* Canton de Liancourt.
' Laigneville, 1789. Héricart de Thury.
^ Fief donné avant 1300 au prieuré de Wariville par J. d*Argillière, comme
ayant la confiscation d'Olivier le Dain. D. Vide infra*
* Essuile, canton de Saint-Just. Olivier le Dain, barhier et valet de chambre du
roi a acquis de Jean des Croizettes ladite terre et en fit hommage à Monseigneur
le 28 janvier 1477, lequel lui a donné ledit jour les droits de ce dehu. Après en
Tan 1484 ledit barbier a été pendu à Paris par arrêt de la cour et ses biens con-
fisqués à Monseigneur le comte qui a donné ladite confiscation à Jean d*Argillière
écuyer, son secrétaire, en 1485. D. — 1539, Olivier d'Erquinvillier. 1789, de Broé
et le comte de Pradines.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 201
37* Fief de la moitié de la terre de Cressonsart ', tenu par
Gilles de Nédonchel, chevalier {cTazur à la bande d'argent)^ du
château de Glermont, du châtelain de Bulles et de Louis d'Aussy
par indivis, duquel sont tenus :
1 fief à Quarières * et 24 arrière-fiefs, à Hondainville, Cam-
bronne *, Avregny *, la Motte-d'Ancourt ', Brenouille * et la forêt
d'Halate ' ;
1 fief à Boulaincourt * et 1 arrière-fief ;
2 fiefs à Rouviller • et 3 arrière-fiefs ;
1 fief à Cressonsart ;
38* Fief à Bulles, tenu du châtelain de Bulles et du sieiu* de
Barbenchon par Oudard le Serrurier {de gueules à une clef
^argent).
MILLY(f^209)^
Madame Jehanne, dame de Milly et de Pluy [au i de gueules
au irêchoir dor à la bordure de gueules^ au 3 fascé d'argent et
dazur de six pièces à la bordure de gueules qui est de Picquigny^
> Canton de Saint-Jast. Pour Credsonsacq, v. Infra» p.
* Hondainville, canton de Mouy.
' Canton de Mouy.
^ Canton de Clermont.
' Choisy-la -Victoire, canton de Clermont.
* Canton de Liancourt.
1 Canton de Senlis.
* Agnetz, canton de Clermont.
* Canton de Saint-Just.
>^ Canton de Marseille. La châtellenie de Milly appartenait au commencement
du xii« siècle à Manassès de Bulles du chef de sa femme N. de Milly. 11 possédait
en même temps par héritage maternel la seigneurie d*Achy et eut, à l'occasion de
cette terre, avec son oncle Foulques de Dammartin, évêque de Beauvais, de longs
différends qu'il ne termina qu'en consentant à ce qu'elle relevât directement et
uniquement de l'évéché. Mais par contre il avait stipulé, nous apprend l'abbé De-
ladreue (notes sur les Recherches histotnques de M. de Lépinois), que Milly serait
dorénavant placé dans la mouvance de Bulles. Pierre de Milly, neveu de Manassès,
lui succéda, et ses descendants mâles conservèrent la châtellenie jusqu'au milieu
du iw siècle, où le mariage de Jeanne, héritière de Milly, la porta dans la maison
de Picquigny. C'est cette Jeanne qui figure au dénombrement de 1373. Nous
avons déjà relaté plus haut comment son fils atné Robert, ayant suivi en 1378 le
parti de Charles le Mauvais, roi de Navarre, fut dépouille des deux tiers de la
châtellenie de Milly qui lui appartenaient et que des lettres du 22 juillet de ladite
14
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202 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BfiAUVAISIS.
au 2 et i coupé chargent et de sable qui est d&Milly) tient dudit
chatelein de Bulles et de M. de Barbenchon par indivis toute
la chatellenie de Milly, c'est assavoir la motte du chastel ^
Tenclos des murs, les gardins, les viviers, la rivière, le moulin,
terres arables, bois, prés, cens, le travers de Milly et de Saint-
Omer ', les champarts de Milly. Item solait avoir audit Milly
année attribuèrent au duc de Bourbon (Arcb. nat., P 1364*, cote 1332). Celui-ci
en fit don peu après à Renaud de Hoye, son chambellan, et à Isabelle de Ferrières,
femme dudit Renaud , à titre d'abord viager (10 juillet 1389) , puis perpétuel
(6 juillet 1392, Arch. nat., P 1369<, cote 1768 et 1369, cote 1738), sous réserve tou-
tefois du droit de retour en cas d'extinction de leur descendance mâle. Cette
clause s'étant réalisée dés la seconde génération, Milly rentra dans le domaine
du comté. En 1492, le duc Pierre de Bourbon vendit au maréchal des Querdes,
moyennant 25,000 livres tournois^ la terre de Milly ^u comté de Qermont ainsi
que celles de Bonneuil-le-Plessier, la Warde-Mauger et la Hérelle, mouvantes de
Montdidier. Cessionnaire du maréchal des Querdes dès Tannée suivante (24 février
1493), Pierre de Rohan, maréchal de Gié, prit possession seulement en janvier
1499 et rendit hommage au roi des terres mouvantes de la couronne, pour
les remettre le 2 août suivant au duc de Bourbon, contre remboursement des
25,000 livres primitivement versées (Arch. nat., P 1369 », cotes 1783 et suivantes).
La cb&tellenie de Milly, ou pour mieux dire^ les deux tiers de cette chatellenie
furent compris dans rengagement de 1569. L'autre tiers était demeuré à Renaud
de Picquigny, deuxième fils de Jeanne de MUly. Son fils on petit-fils Robert le
légua par testament, avec la seigneurie de Cagny, à sa femme Isabelle de Neuville.
Celle-ci en fit hommage le 21 février 1486 au comté de Clermont. D'un premier
mariage avec Pierre de Boufflers, elle avait eu plusieurs enfants, dont l'afné,
Jacques, lui succéda en tous ses biens. Adrien de Boufflers figura en 1539 au
procès-verbal de réformation de la Coutume. Le 26 février 1699, le maréchal de
Boufflers acquit les deux tiers de la ch&tellenie de Milly du prince de Carignan,
engagiste du comté de Clermont. Des lettres patentes du 1»' février 1700 rati-
fièrent cette acquisition par voie d'échange avec des biens situés à Versailles et à
Marly, et la Prévôté royale qui existait de tout temps à Milly fut réunie au
duché de Boufflers. Le comté de Clermont fit ainsi une double perte ; outre la dimi-
nution de son domaine proprement dit, il eut à regretter l'hommage de toutes
les terres qui relevaient de Milly et en arrière-fief de Bulles. Des Boufflers, la sei-
gneurie de Milly passa en 1757 au comte de Saisseval, et en 1783 au comte de
Crillon qui figure sur la liste des gentilshommes du bailliage de Clermont, en
1789, comme chfttelain de Milly.
^ Le chftteau ou fort de Milly, qui remontait à la période romaine, joua un
certain rôle pendant les guerres du moyen Age et se trouve souvent cité par
les historiens de cette époque. Les Anglais s'en emparèrent en 1197 après avoir
fait prisonnier, dans une embuscade, Philippe de Dreux, évêque de Beauvais.
Edouard III l'occupa en 1346 (Proissart, liv. I, c ux). Il fut détruit en 1442 par
les troupes bourguignonnes après un siège de trois semaines vigoureusement
soutenu par le bâtard de Lahire, qui s'y était cantonné et mettait à contribution
tous les pays d'alentour. Voir à ce sujet Monstrelet. Les derniers vestiges de
cette forteresse n'ont disparu que depuis 1834.
' Canton de Marseille.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 203
100 hostos; item à la Saînl-Remy 60 hommes de corps et doit
chacun 2 deniers et là deniers à la mort *. 80 arpents de bois
où il y a une motte entre Haucourt et Glatigny *. Cens à
Buicourt * et moitié de la seigneurie. Item en la ville de Mar-
seille * 39 masures dont une tenue par un éperon par an et les
autres à cens de chapons. La justice dans le prieuré de Milly *.
Les haies et varennes. Le ban et le tonlieu.
A Troussures •, le manoir, terres, cens et masures, bois de
Maleheuse et de la forêt de Cherolles.
Et par tous les lieux dessus dits toute justice et seigneurie ',
et se reliève cette chatellenie à Tusage de Glermont et y a cinq
sergents fieffés en la manière qui s'enssuit.
Fiefs mouvants de Milly :
1" Fief de la prévôté, tenu par le prévôt de Milly {de gueules
à trois épées disposées en bandé) ;
2* Fief de la mairie, tenu par le maire de Milly {de sable à
répée d! argent posée en bande, au chef ^argent chargé dun tour-
teau de gueules à dextre) ;
3" Fief de la sergenterie, tenu par Hues Cavras {d'argent à
trois feuilles de rose de sinople) ;
< Par charte du 17 novembre 1400, approuvée de Louis, duc de Bourbon, tant
en son nom personnel que comme ayant le gouvernement de son fils aine Jean,
comte de Glermont, Isabelle de Ferrières, veuve du sire de Roye, et Renaud de
Picquigny abolirent ces droits de morte-main et de formariage, moyennant
vingt livres de terre par an au parisis (Louvet, Histoire de Beauvais,]}. 594-599).
*, » Canton de Songeons.
^CheMieu de canton de Tarrondlôsement de BeaUVais. Son territoire était
divisé en plusieurs fiefs, que nous retrouverons plus loin.
* Fondé p&r Sagalon de Milly, en 1154, ce prieuré appartenait à Tabbaye de
Saint-Lucien de Beanvais. Les bfttlments claustraux et Téglise, placés sous le
vocable de Notre-Dame, étaient situés sur la place, près du Thérain. Ils ont été
détruits pendant la Révolution (Graveà, Précis statistique^ p. 55).
• Villers-Saînt-Barthélemy, canton d'Auneuil.
"^ Le 26 mars 1396, Regnault de Roye renonça par devant la cour du Bailli de
Glermont à la connaissance des nobles et au droit de prévention, qu'il prétendait
exercer dans sa seigneurie de Milly, et reconnut que ces droits appartenaient au
duc de Bourbon, comte de Glermont, en vertu de son apanage (Arch. nat.,
P. 1362 «, c. 1037).
L
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204 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS.
4** Fief de sergenterie, tenu par Colart de Milly {de gueules au
franc quartier coupé d'argent et de sabk) ;
5** Fief de sergenterie tenu par Vincent GouUois [dor à la
tête de hosuf de gueules) ;
6"" Fief de la maison de la maladrerie, tenu par Colinet de
Milly^ qui porte comme dessus ;
V Fief à Hanaches *, tenu par messire Regnault de Lauden-
court, chevalier {(Pargent à trois losanges d'azur au lambel de
gueules) ;
3 fiefs à Hanaches.
1 fiefàEspaux*;
8* Fief à Marcelles *, tenu par Pierre du Bos {paie d'or et de
sinople de quatre pièces au bâton en bandes de gueules) ;
9* Fief à Troussures *, tenu par la dame de Saint-Ernoul {au
* Canton de Songeons. Son territoire formait plusieurs fiefs, relevant partie de
Beauvais, partie de Clermont. En 1539, Guillaume Alexandre {d'argent à l'aigle de
gueules ongle et becqueté d'or), seigneur de la Motte, à Hannaches, comparut à
la réformation de la Coutume. Les registres des hommages du comté font
mention, en 1609, d'un hommage rendu par le sieur de Crouy pour son fief
d'Hannaches. En 1789, le comte de Sarcus comparut à la fois à Clermont et à
Beauvais pour la vicomte d'Hannaches, et les sieurs Alexandre et de Caqueray à
Beauvais seulement pour leurs fiefs de la Motte et des Châteaux. L'époque de
rérection d'Hannaches en vicomte n*e8t pas connue, mais ce titre lui est attribué
d'ancienneté par plusieurs contrats, sentences et partages (Ms. Fr., 25,220).
* Omécourt, canton de Formerie.
* Marseille, comme Hannaches, était placé sous la double suzeraineté de
révêque de Beauvais et du comte de Clermont, auxquels des lettres royales du
6 avril 1365, déjà citées, avaient permis d'établir dans ladite ville un marché
le mardi de chaque semaine (Dom Grenier, t. LIV, fo 41). Ce marché, supprimé
pendant les guerres des xv« et xvi« siècle, fut rétabli par lettres de janvier 1595.
Un arrêt du Parlement du 31 mai 1636, en attribua exclusivement le produit au
seigneur contre l'engagiste du comté de Clermont. En 1539, l'un des fiefs, sis
sur son territoire et dit de la Rue du Bois (fief Grognart de Barly, no 27) appar-
tenait à Yespasien de Carvoisin {d'or à une bande de gueules au chef d*azur) et
ses descendants le possédaient encore en 1789 avec la seigneurie d'Achy. Le
domaine principal était en 1539 aux héritiers d'Adrien de Pisseleu, et en 1789
uu marquis de Causans.
* ViUers-Saint-Barthélemy, canton d'Auneuil. Troussures appartenait en 1539
en partie à Charles Richard, en partie par indivis à Jacques de Mouchy, N. Roger
et G. Marcel ; en 1789, à Le Caron de Troussures. Le fief de Mme de Saint-Ernoul
était uni au chapitre de Saint-Barthélémy de Beauvais. H.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVA1SI8. 205
i (Pargent au lion de sable au 2 d'argent à trois losanges de
gueules);
10* Fief à Troussures, tenu par Raoul Paîllouel {de sable à
trois losanges d'argent) ;
11** Fief à Senecourt*, tenu par messire Aubert de Hangest,
chevalier, seigneur de Fresnoy en Vermandois (d*argent à la
croix chargée de cinq coquilles (Tor à une merlette de gueules au
côté dextre) ;
12* Fief à Milly, tenu par Jean Dennequin ou d'Ennequin
[écartelé au i et i d'or au 2 de sable à rétoile d'argent au 3 de
gueules au bâton engrêlé de guetdes), dont :
3 fiefs au Vaut * ;
13* Fief à Cauroy * tenu par messire Cornu de Cauroy, che-
valier {d'or à deux fasces de gueules frétées d argent à la bordure
cTazur) ;
14* Fief à Therines \ tenu par Chevrel de la Mote {d'or à trois
tourteaux de gueules à la bordure d'azur) ;
13' Fief à Milly tenu par Regnault de Milly {coupé d'argent et
de sable au bâton en bande de gueules) ;
16* Fief à Bergicourt • tenu par d'Orival {de sable à trois be^
sants d'argent)^ dont :
1 fief abrégé ;
IT Fief à Troussures, tenu par Simon de Vaumain (corn-
ponné de sable et ffor à la bordure de gueules)^ dont :
1 fief à Troussures ;
IS* Fief à Troussures tenu par Jean de Montoiles, l'aîné {(Por
à trois loups ou chiens passants de gueules au ventre d^ argent) ;
19" Fief à Troussures, tenu par le même ;
* Bailleval, canton de Liancourt.
* Hameau de Milly. 1539, Pierre du Clément {d'argent et de gueules à une bande
de sable),
* Hameau de Milly. 1789, d'Hardivilliers.
* Canton de Songeons. Le fief de la Motte en 1789 à demoiselle d^Anglos d'He-
rouTal dont Taleul, Charles d*Ânglo8, cheyalier, Tavait acquis en janvier 1647 par
échange de François de Carvoisin^ seigneur de Marseille, comme se portant fort
de Jacqueline de Rochechouart» son épouse. H.
* Canton de Poix (Somme).
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206 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
20* Arrière-fief à Bulles , tenu par Jean de Bulles [fascéd^ar*
gent et de sable de huit pièces) y dont :
4 fiefs à la Neuville*;
21* Fief à Marcelles, tenu par Philippe de Farecourt, che-
valier {échiqueté d^or et de gueules au chef d'argent chargé d'une
étoile d'azur à dextre), dont :
4 fiefs à Marcelles ;
22* Fief à Marcelles, tenu par Guerart Guillet {d'argent à
trois étoiles d*azur) ;
23*" Fief à Milly, tenu par Baudouin de Fassequéle [d'argent à
la fasce de gueules accompagné de quatre merlettes de sable) ;
24* Fief à Milly, tenu par Pierre de Milly {coupé ^argent et
de sable à l'anneau de gueules en chef au côté dextre) ;
25* Fief à Milly, tenu par les hoirs du maire de Milly, qui
porte comme dessus ;
26* Fief à Monchy-aux-Couleuvros *, tenu par Guillaume de
Monchy [de gueules à trois besants d'or)^ dont ;
1 fief à Monchy ;
2T Fief à Marcelles et Villepoix *, tenu par Grongnart de
Barly {(f argent à la fasce de gueules chargée de trois besants <For
surmontée d'une fleur de lis issante de sable) ;
28* Fief du manoir de Marcelles, tenu par ladite dame de
Milly, dont :
2 fiefs à Mervaut ;
1 fief à Villepoix :
2 fiefs à Marcelles, et un arrière-fief;
^ La Neaville-sur-le-Vault. Milly. 1539, Hutin de l*E8pina7 (éTargent à tmt touw
de sinopk)^
* Rainvilliers, canton d'Auneuil. 1789, Le Caron de Troussures.
* Saint-Omer, canton de Marseille.
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LB COBfTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 207
29** Fief à Caigny \ tenu par messire Jean de Sains, cheva-
lier, seigneur de Caigny {diapré de gueules et chargent), dont :
12 fiefs à Caigny et 3 arrière-fiefs ;
1 fief à Goyncourt * ;
I fief à Hanvoile ' ;
30** Fîef à Housse^ \ tenu par Jean de Marquais (de gueules
à trois croissants (For), dont :
II fiefs à Houssoy, et 2 arrière-fiefs ;
1 fief à Houdenc * ;
1 fief à Anceil-le-Petit ;
t fief à Lestant;
1 fief àBuUes;
1 fief à Marquau ;
1 fief à Lestoquel ;
31"* Fief à Monchaux *, tenu par Hector d'Aumecourl {paie
(For et de sable de six pièces) ;
* Aujourd'hui Grillon, canton de Songeons. La seigneurie de Cagny était pos-
sédée au xve siècle par Robert de Picquigny qui la légua avec le tiers de la chA-
tellenie de Mîlly à sa femme Isabelle de Neuville. Elle passa alors dans la maison
de Boufflers {d'argent à trois mollettes à six rais de gueules posées 2 et i accompa-
gnées de neuf croisettes recroisettées de même trois en chef, trois en fasce et trois
en pointe). Adrien de Boufflers comparut en 1539 à la réformation de la Coutume.
L'un de ses descendants, François de Boufflers, obtint Térectioa de Cagny en
comté au mois de mars 1640 et en rendit hommage sous ce titre au comté de
Clermont le 1« juillet 1649. Louis XIV Térigea en duché sous le nom de Boufflers
par lettres patentes du 14 septembre 1695, en faveur de Louis-François de Bouf-
flers, maréchal de France, grand bailli de Beauvais. Le duché, devenu pairie en
1708, comprit, outre Cagny, la châtellenie de Milly, les terres de Bonnières, Mar-
seille en partie, Buicourt, Haucourt, Lhéraule en partie, Vrocourt, Troussures,
Moimont, Courroy, FouUoy et la Tour-d'Auneuil. A la mort du dernier duc
de Boufflers (13 septembre 1751), ses créanciers mirent ses biens en vente *
ils furent accpiis par Claude de Saisseval (d'azur à deux^ bars d'argent adossés), en
août 1757, et érigés pour lui en marquisat. Des lettres d'août 1782 démembrèrent
le marquisat de Saisseval, auquel il ne resta plus que Milly, Bonnières, Haucourt
et Boufflers, dont le comte de Crillon, nouvel acquéreur (30 juin 1783}, obtint par
lettres de mai 1784, de commuer le nom en celui de Crillon. Ce comte de Crillon,
grand bailli d'épée du bailliage de Beauvais, est inscrit au nombre des comparants
du bailliage de Clermont en 1789.
* Canton de Beauvais.
' Canton de Songeons.
^ Houssoy, hameau de Milly. En 1597, hommag» au comté du fief de Houssoy
par François du Vaulx. H.
* Hodenc-en-Bray, canton du Coudray.
* Saiut-Omer, canton de Marseille. 1539, Jean de Milly. 17^9, d'HardivUliers.
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208 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAIStS.
32* Fief à Buy court *, tenu par dame Marie de Longue Avesne,
(parti au l fasce d'argent et de guetdes de six pièces, au 2 de
sinopk à técu dor), dont ;
5 fiefs à Espaux, et 4 arrière-fiefs ;
1 fief à Bénecourt *, et 1 arrière-fief;
1 fief à Buyeourt et 2 arrière-fiefs ;
33* Fief à Buyeourt, tenu de Milly et de la demoiselle de
Longue Avesne par Simon Le Vasseur (d'or à ta fasce crénelée
bas et haut de sable);
34* Fief à Candeville ', tenu de Milly par Mathieu de Cande-
ville {dargent à trois losanges de gueules au lambel cPazur)
dont :
6 fiefs à Candeville, dont 1 de la mairie, et 1 arrière-fief;
1 fief à Lonclieu, et 9 arrière-fiefs;
2 fiefs à Blacourt *, et 5 arrière-fiefs ;
2 fiefs à Goyncourt, et 5 arrière-fiefs ;
4 fief à Belloy • et Saint-Omer, et 2 arrière-fiefs ;
3S* Fief à Saînt-Omer *, tenu par Grongnart de Belloy (cTar^
gent à quatre cotices de gueules en bandé), dont :
1 fief à Vrocourt ^ ;
i fief à Saint-Omer ;
36* Fief à Marcelles, tenu par la demoiselle de Lardières
{échiqueté d^or et de sable) j
> Canton ds Songeons. 1S39, CaîgnarU 1610, (je Monceaux. H.. 1189, de Bois.-
th,ierry.
* Hameau de Buicourt.
* Hameau de Milly. 1539, dame Bethicy. En 1603 lu>mmage par P. de UaJl-
lencourt, des fiefs de Candeville, Burry, Cardonette et Harchies. H.
* Canton du Condray.
* Hameau de Saint-Omer, canton de Marseille. 1539, Guy de Belloy. En 1602
hommage de Belloy, Saint-Omer et Villers-sur-Bonniëres pai* N.. de Gouffier, dam^
de Créquy H. En novembre 1646, Belloy fut érigé en baronnie pour JLacques dje
Roddes {cTazur à l'aigle à 2 têtes éployée d'or et surmontée cTun soleil levant du
même). 1789, comte de Bernetz.
* Canton de Marseille. 4539, d'Halluin {d'argent à trois lions de sable couron-
nés d'or). 1602, N. de Gouffier, dame de Créquy, H. 1789, d'Hardivilliers. Le fief
des Mazis, paroisse de Saint-Omer, possédé en 1609 par le sieur de Crouy, H, et
en 1789 par la comtesse de Vauchelles.
f Canton de Songeons.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 209
37"* Fief tenu par Boucher de Castenoy {(P hermines au quinte^
feuille de gueules) ;
38" Fief tenu par Jean de Liencourt [tt argent à la fasce de
sable au bâton en bande de gueules) ;
39* Fief à Moymont *, tenu par messire Pierre de Milly (coupé
d'argent et de sable^ au lambel de gueules), chevalier, seigneur
de Moymont;
40' Fief à Milly, tenu par le même, dont :
^ fief à Milly, et 4 arrière fiefs à Houssoy etLuyères';
1 fief à Beaulieu ', et 8 arrière-fiefs à Vrocourt et Molegnies *;
6 fiefs à Auchy-en-Bray * ; et 2 arrière-fiefs ;
1 fief à Hannaches, et 18 arrière-fiefs à Martincourt • et Han-
voîle';
4 fiefs à Harchies ', et 15 arrière-fiefs ;
1 fief à Glategny ', et 3 arrière-fiefs ;
1 fief à Sarcus *® par le seigneur de Sarcus , chevalier {de
gueules au sautoir d'argent accompagné de quatre merlettes de
même), dont 4 arrière-fiefs;
41" Fief à Marcelles, tenu de Milly, par Andrieu du Crocq (de
gueules à trois crocs d'argent) ;
42" Fief au Cauroy ", tenu par le même, dont :
4 fiefs audit lieu ;
* Hameau de Milly, 1339. De Moyencourt {de gueules à la bande d*argent accom-
pagnée de six croix d'argent recroisettées). Uni au duché de Boufflers.
* La Chapelle-aux-Pots, canton du Coudray.
* Loueuse, canton de Songeons.
* Canton de Gournay, Seine-Inférieure.
* Villers-sur-Auchy, canton de Songeons. 1539, Pierre de Baulgis. 1789, Larchier
de Courcelles.
•, '', • Canton de Songeons. 1539, J. de Monceaux (échiqueté d'or et de gueules),
seigneur d'Hanvoile et de Martincourt. En septembre 1687, François de Monceaux
fit ériger HanvoUes, Martincourt, Glatigny en marquisat sous le nom d'Auxi. Sa
petite-fille, duchesse de Fleury, comparut à l'assemblée de 1789. Martincourt et
Hanroile étaient à la fois dans la mouvance de Clermont et de Beauvais.
* Herchies, canton de Beauvais.
*• Canton de Grandvhliers. 1539, François de Sarcus, évêque du Puy. Sa nièce,
Jeanne de Gourlay, porta la seigneurie de Sarcus dans la maison de Tiercelin de
Brosses qui la posséda jusqu'au xviii» siècle avec le titre de marquisat (d'argent
à deux tierces d'azur en sautoir ^ accompagnées de quatre merlettes de sable). Ce
marquisatappartenait en 1789 au marquis de Grasse.
** Courroy, hameau de Milly. Par lettres du 21 mai 1386, Charles VI donna au
duc de Bourbon la terre du Courroy, sise près de Milly, confisquée sur Andriet
du Crocq, rebelle et partisan du roi de Navarre. (Arch. uat., P 1369*, cote 1771.)
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210 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÀUVAISIS.
43* Fief à Monstereul \ tenu de Milly, pai» messire Gui de
Goy, chevalier (fascécPor et (Pazur de huit pièces au lambel de
gueules) ;
44* Fief à Pisseleu*, tenu par messire Drieu de Pisseleu,
chevalier {cTazur à trois lions d^argent au bâton en bande de
gueules), dont :
1 fief à Pisseleu ;
SfiefsàOudeul»;
45* Fief entre Blacourt * et Pisseleu , tenu par ledit messire
Drieu de Pisseleu ;
46* Fief à Villepoix ', tenu par le seigneur de Quinquempoix,
chevalier {(Tor à cinq châteaux de gueules au lambel d'azur), dont :
7 fiefs à Villepoix ;
2 fiefs à Saint-Omer et Villepoix ;
47® Fief tenant à messire Jean de Picquigny et à messire
Pierre de Milly, tenu en arrière-fief de Bulles, par le seigneur
de Saveuses, chevalier {de gueules billeté d^or à la bande ^or,
dont :
1 fief à Bonniëres • ;
SfiefsàBelloy;
1 fief de la mairie do Belloy ;
48** Fief à Villers-sur-Auchy ' , tenu de Milly par ledit sei-
gneur de Saveuses^ dont :
7 fiefs à Villers :
1 fief à Aumecourt % et 2 arrière-fiefs ;
> Peut-être hameau de Blacourt, canton du Goudray.
* Canton de Marseille. Cette seigneurie était encore en 1603 dans la famille de
Pisseleu, suivant le registre des hommages du conUé. 1789, comt3 de Real.
* Canton de Marseille. 1539, Aux Cousteauz, seigneur de la Trompe d*0r à
Oudeuil. 1789, comte de Real, seigneur d*0udeuiL4e-Chastel, Ribeauville, San-
guine, hameaux d*0udeuil.
^ Canton du Coudray, partie de Glermont, partie du vidamé de Gerberoy.
1539, Jean de Monceaux. 1789, de Couquault, marquis d'Avelon.
> Saint-Omer, canton de Marseille. La seigneurie de Villepoix. appartenait en
1599 au sieur de Carvoisin. 1789, conktesse de Vauchelles.
* Canton de Marseille. Mi-partie de Clermont et de Beauvais.. 1539,. Antoine de
Halluin et dame Alix de Lignières. Uni au duché de BoufÛecs.
'^ Canton de Songeons.
^ Omécourt, canton de Formcrie.
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L£ COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS. 211
49** Fief à Monlereul-sur-Bresche * , tenu par Sauvage de
Brunviller {de sable au Uon d'argent au lambel de gueules) ;
50' Fief à Monstereul-sur-Bresche, tenu par messire Guy de
Goy, chevalier, comme dessus (42), dont :
^ fief à Ponchaux, et 1 arrière-fief;
51' Fief tenu de Milly, par Colinet de Milly {de gueules au
franc quartier coupé d^ argent et de sable à rétoile de sable à dextre) .
BULLES (f^ 251).
BARBENCHON.
Messire Jehan sire de Barbenchon((far^en/à trois lions en pal
de gueules) tient du chàtel de Glermont un fief séant à Bulles *
contenant la moitié du donjon contre Loys d'Aussy, ainsi qu*il
se comporte ; terres, vignes, 456 arpents de bois. Gens com-
muns à la Saint-Jean. Sa part à la grosse censé, que doivent les
maire, pers et échevins de Bulles. Le quart du cens commun de
la Saint-Rémy, le quart au travers de Bulles, à ceux de La
Fraye, de Laversines et de Fouquerolles, le quart du vivier de
Bulles, droits et redevances diverses, dont la voierie d'Ansac •
« que l'on doit aller quérir à Ansac et faire savoir à TÉglise le
jour, et vaut 22 deniers oboles. »
Le châtel de Bailleul sur Thérain *. A Harmes • 36 hostises
1 Canton de Froissy. 1339, Jean de Goy ou de Gouy, seigneur de Monstrenil et
de Ponceaux. Par lettres de juin 1723, les seigneuries de Montreuil, de Ponceaux
et de Campremy furent érigées en niarquisat sous le nom de Ponceaux, en faveur
d' Anne-François de Paris de la Brosse {cTazur à tme fasce en devise d*or accompa-
gnée en chef de trois roses de même et en pointe €t*une tour aiissi d*or), dont les
descendants le possédaient en 1789.
* Voir au dénombrement du ch&telain la note no 1 sur les seigneurs de Bulles
et la réunion de ce domaine au comté de Glermont. Voir aussi les notes relatives
aux divers lieux où se percevaient les droits.
* Canton de Mouy.
^ Canton de Nivillers. Par lettres de Tan 1200, Philippe-Auguste déclara que
Renaud de Mello (trisaïeul par Eustache de Dargies, de Jehan de Barbenchon),
avait promis à Philippe de Dreux, évoque de Beauvais» de lui livrer sa maison-
forte de Bailleul, quand il en serait requis, et donné pour caution de sa pro-
messe Pierre de Milly, Dreux de Grandvilliers, Aubri du Quesnel, Eude d'Angiviller
et Hugues de Gournay (coll. Moreau, t. CI, fo 125). U n'existe plus de vestiges de
la forteresse de Renaud de Mello.
* Canton de Noaillcs.
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212 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
devant en mars une corvée et 7 livres de taille ; item justice et
seigneurie en tous les chemins et voieries excepté le grand che-
min de la Fontaine au bassin du*pont. AFournival^ 19 masures
et demie, droits et redevances diverses, la moitié en tous les
frez et voieries contre Le Helle de Campremy.
Sur le donjon de Bulles, qui figure dans la miniature placée
en tête de la déclaration ci-dessus, flotte une bannière portant
les blasons de Barbenchon et d'Auxi accolés l'un à Tautre.
Fiefs tenus du sire de Barbenchon.
Plusieurs de ces fiefs étaient tenus à la fois du sire de Bar-
benchon et du châtelain de Bulles, Nous renvoyons pour eux au
dénombrement dudit châtelain.
1* Fief du tiers de la sénéchaussée de Bulles, tenu par Jean
Le Blond ' {de gueules à une tête d'homme d argent à la chevelure
blonde);
2** Fief à Rémérangle ' , tenu par Pierre de Rémérangle
[d^ argent à Vécu de gueules à huit merlettes de sable en or le), dont :
1 fief à Rémérangle ;
3** Fief à Harmes\ tenu par Jean Dennequin ou d'Ennequin
[écartelé au l et i (Tor, au 2 de sable à Pétoile d argent, au 3 de
sable au bâton engréléde gueules sur le tout) ;
4** Fief à Condé *, tenu par Regnault de Framicourt [d'ar^
gent à la fasce de sinople au bâton en bande de gueules) dont :
1 fief à Condé ;
S** Fief à Hez •, tenu par Hébert de Turqueteville {d'argent au
* Canton de Saint-Just.
> Le fief du tiers de la sénéchaussée de Bulles fut vendu dans le courant du
xv« siècle, au comte de Clennont. D.
* Canton de Clermont. Ce fief, nommé de Béthancourt, fut vendu en 1478 par
Charles de Rouveroy à mcssire Jean Régnier, chanoine de Beauvais, qui le donna
au chapitre de ladite ville (v. Ch»«. n® 10).
^ Hermès, canton de Noailles. Le fief Hennequin fut retiré féodalement en 1506
par l'abbaye de Froidmont (Deladreue).
* Canton de Nivillers. Ce fief fut, comme les autres fiefs sis sur le même terri-
toire, réuni au xvi» siècle dans les mains de la famille Aubert.
« Villers-Saint-Sépulchre, canton de Noailles. 1539, Pierre de Malingre {(tat^'
gent à 3 ruches de sable). 1789, des Courtils de Merlcmont.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISÎS. 213
sautoir de gueules , accompagné de quatre aiglons de même),
dont :
2iiefsàHez;
6* Fief à Matencourt et Abbecourt \ tenu par messire Henri
de Lihu3, chevalier {coupé (Tazur et dUor au lion issant d hermines
au 1), dont :
1 fief.
7" Fief à Fournîval, tenu dudit de Barbenchon et du châte-
lain de Bulles par Bertaut de Hargenlieu (V. ch** n"* 22) ;
8** Fief à Rémérangie et Bulles *, tenu par messire Jehan
d'Espineuses , chevalier {d hermines à l'écu de gueules chargé
d'une étoile dor à dextre) ;
9* Fief de la mairie, tenu par le maire de Fournival {d'argent
à six merlettes en orle au bâton en bande de gueules) ;
10* Fief à Harmes, tenu par Eustache de Harmes {d*or à la
fasce dHazur chargée de trois besants cPargetit) : — on dit que ce
fief est tenu de Tabbé de Froimont par échange fait avec
Monseigneur • ; — duquel sont tenus :
2 fiefs;
11* Fief à Monchaux \ tenu par les hoirs Aubry du Quesnel
{^argent au chêne à deux têtes de sinople au bâton en bande de
gueules) ;
12* Fief à Bailleul', tenu par madame Agnès de Heilly, dame
* Abbecourt, canton de Noailles, et Matencourt, 83n hameau. Ce fief fut réuni,
au xv« siècle, à la seigneurie de Lépine. 1789, de Gaudechart.
* Ce fief était en 1500 à Pierre Dargillière. D.
> Cette indication parait se référer à l'échange conclu en 1402, entre Louis II,
duc de Bourbon, et Tabbé de Froidmont, ce qui indiquerait que quelques remanie-
ments ont eu lieu à la copie du dénombrement de 1373.
^ Hameau de Bulles.
* Le fief de Heilly, à Bailleul, fut donné en 1451 par dame Agnès de Heilly
à son neyeu bfttard, Pierre de Bailleul. D. Ce fief passa par acquisition, au
xvii« siècle, dans la famille du Mesnil (d'azur à trois cygnes d'argent couronnés
et colletés d'or) qui possédait depuis 1497, sur le même territoire, Tun des fiefs de
Hfathieu d'Ansauvillers, celui de la Mottelette. D. L*autre fief de Mathieu d'Ansau-
▼illers, pour lequel Artus Dagombert comparut en 1539 à la réformation de la
Coutume, était avant 1600 réuni au précédent (Deladreue, Froidmont). En 1789,
René de Gaudechart^ seigneur de Lépine.
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214 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAWAISIS.
de Séchelles [au i d'azur frété (Tor^ au 1 de gueules à la bande
fuselée d^or, qui est d'Heilly), dont :
1 fief à BaiUeul ;
S arrière-fiefs à Harmes ;
13** Fief à Sainl-Rémy à TEau * tenu par le seigneur de Quin-
quempoix, chevalier {dor à cinq châteaux de gueules au lambel
dazur) ;
14** Fief à Bailleul-sur-Thérain *, tenu dudit de Barbenchon
et de Louis d'Aussy par messire Mathieu d'Ansoviller, cheva-
lier (efor à la bande fuselée de gueules au lambel d'azur), dont :
3 fiefs à BaiUeul;
2 fiefs à Harmes, et 4 arriëre-fiefs ;
15** Fief à Harmes •, tenu par indivis de Tabbé de Froimont
et du seigneur de Barbenchon par Pierre Malepoe {dargent à la
main étendue de gueules), duquel :
8 fiefs à Harmes.
16** Fief à Hez, tenu dudit de Barbenchon et de Hébert de
Turqueteville, par Lestonné d'Aunoy {coupé de gueules et dar^
gent à l'étoile d'or au côté dextre du chef) ;
17** Fief à Mancellier *, tenu du même par Jeannot de Mo-
relle {de sable à trois étoiles d'argent) ;
18** Fief à Harmes, tenu dudit do Barbenchon et de Tabbé de
Froimont par Jacques de Francastel {(Tazur à la tour (Tor au
bâton en bande de gueules), duquel :
8 fiefs à Harmes ;
19** Fief à Harmes et Marguerie * tenu du même par ledit
Jacques de Francastel ;
< Canton de Saint-Jast. Une partie de Saini-Rémy relevait directement de Cler-
mont. V. Infra.
* Voir la note 5 la page précédente.
* Les reliefs du fief Pierre de Malepoe, comme ceux d'Eustache de Harmes
(supra n» 10) et de Jacques de Francastel (infra n® 18) étaient dits en 1500 appar-
tenir par échange à Tabbé de Froidmont. D.
^ Vraisemblablement Mancilly, hameau de Villers-Saint-Sépulchre, canton de
Noailles.
» Hameau de Hermès. 1789, Aux Cousteaux, seigneur de Marguerie et Wape-
court, même territoire.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS. 215
20"" Fief à Fumechon, tenu dudiide Barbenchon et du châte-
lain de Bulles par indivis par Charles de Fumechon (V. ch**n* 1),
duquel :
1 fief à Wavegnies ;
2 fiefs à Fumechon ;
3 fiefs à Fouquerolles;
1 fief à Pauquechon, et 1 arrière-fief;
21' Fief à Bulles, tenu du châtelain de Bulles et du seigneur
de Barbenchon, par messire Oste Havet, chevalier (V. ch'*
nM2);
22* Fief à Fournival, tenu des mêmes par Le Helle de Cam-
premy, chevalier ( V. ch*' n' 14) ;
23* Fief à Bulles, tenu du même par Oudart le Serrurier,
(V. ch»*n«39);
24* Fief à Fariviller, tenu des mêmes par messire Jean de
Gocourt, chevalier (V. ch** n" 8), duquel :
1 fief à Sainte-Eusoye ;
2 fiefs à Rémérangle ;
5 fiefs à Thieux, et 1 arrière-fief ;
25* Fief à Sailleville, tenu des mêmes par Jean, seigneur de
Bazentin, chevalier (V. ch'^n* 33), dont :
1 fief à Sailleville, et 3 arrière-fiefs à Moignevillette, et à
Angicourt;
1 fief à LaigneviUe, et 1 arrière-fief;
26* Fief à Sailleville, tenu des mêmes par monseigneur le
duc de Bourbonnais (V. ch*' n** 32) ;
27* Fief à Camoux, tenu par Pierre Fauquet ;
28* Fief à Saint-Rimoult, tenu des mêmes par Henri de
Saini-Rimoult, dont :
1 fief à Bulles, et 2 arrière-fiefs ;
1 fief à Haudivillier ;
1 fief à Houssoy et au Plessier-sur-Bulles.
29* Fief à Bulles, tenu par demoiselle Jeanne de Ruisseloy,
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216 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAÎSIS.
{d! argent à la fasce de sable frété d'or à sept merlettes de sable en
orlé) dont :
1 fief àRémérangle.
30' Fief à Bulles, tenu dudit de Barbenchon et de Louis
d'Aussy par la dame d'Aussy, mère dudit Louis {au 1 échiqiieté
dor et de gueules^ au 2 coupé au 1 dor à la merlette de gueules,
au 2 d'azur à 4 besans d'or, qui est deMelun).
Madame Jehanne dame de Milly, tient dudit de Barbenchon
et du ch&telain de Bulles les ville, chàtel, et chàtellenie de
Milly avec les fiefs et arrière-fiefs que on tient d'elle, lesquels
elle a baillés par dénombrement audit châtelain de Bulles et
audit de Barbenchon, comme il appert et est déclairé audit
dénombrement baillé audit châtelain, avecque toute justice et
seigneurie, haute, moienne et basse.
Suit la liste des arrière-fiefs en tout conforme à celle donnée
ci-dessus.
BULLES (P 295) \
AUXY.
Messire Louis d'Auxy [échiqueté dor et de gueules) tient du
chastel de Clermont son fief séant à Bulles, contenant la moitié
du donjon contre Monseigneur de Barbenchon avec la mote
ainsi que elle siet, avec le quart en la ville et chastellenie de
Bulles et des dépendances d'icelles. Item en rentes d'argent à la
Saint-Jehan de celz, qui tiennent à pur 4 sous. Item à la Saint-
Jehan de cens commun où il partist contre lechastelain et de Bar-
benchon pour son quart 12 livres. Item pour les cens des Gauves
où il prend la moitié. Item le cens des foires du donjon. Item
pour la grosse cens de Bulles que les maire, pers et jurés paient
à la Saint-Remy pour leur commune sa part. Item autre rente
1 Voir sur la seigneurie de Bulles et sa réunion au domaine de Clermont, la
note 1 du dénombrement du châtelain. De même les notes ci-dessus sur les lieux
où se percevaient les droits et cens.
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LE COMTÉ DE CLERMONT KN BEAUVAISIS. 217
d'argent à la Saint-Remy pour le cens des Gauves. Item les cens
communs de Bulles. Item les cens des Essars. Item les cens des
fossez. Item les cens du bois de Houssoy. Item le quart au tra-
vers de Bulles. Item le quart du travers do Ghastelon. Item le
quart en une rue de Haudivilliers. Item le quart au tonnelieu
de Bulles. Item la prévosté des foires de Bulles. Item Tadvouerie
du Plessier Crostoy et de Fournival. Item le quart au vivier de
Bulles. Item les cinq parts du moulin de Houssoy.
Tous les fiefs relevants de Louis d'Aussy étant également
tenus soit du sire de Barbenchon, soit du châtelain, nous n'en
reproduisons pas la liste, qui ferait double, emploi.
CONTI (f« 309) \
Messire Maillars sire de Hamel et de Conti {(t argent à trois
1 Chef-lieu de canton de la Somme. Conti était à l'origine une des vicomtes du
comté d'Amiens et passa vraisemblablement, par le mariage d*Aelis de Breteuil
avec le comte Raoul, dans la mouvance de Clermont. Cette chàtellenie fut,
iusqu'au xiv« siècle, possédée par la famille qui en avait pris son nom patro-
nymique. Agnès, dame du Hamel et de Conti, que nous avons viie ci-dessus^ article
de Bulles, figurer à la transaction de 1348, porta la seigneurie de Conti dans la
m&ison du Hamel par son mariage avec Wauthier IT, si Ton en croit les indications
d'un auteur moderne {Généalogie de la maison du Hamel, par Laine) que confirment
nos recherches. Son petit-fils fut le comparant au dénombrement de 1373.
Isabelle du Hamel, dame de Conti, épousa en 1426 Jean deMailly, dont le f^èreet
héritier Ferry !•', fut baron de Conty. L'arrière petite-fille de Ferry, Madeleine, de-
vint femme, en 1328, de Charles de Roye {de gueules à la bande d*argeni)y comte
de Roucy, vicomte de Breteuil, par héritage des Montmorency-Beaussault. Charles
de Roye comparut en 4539 à la réformation de la Coutume de Clermont. La fille
issue de son mariage avec Madeleine de Mailly, Éléonore, épousa le 22 juin 1551
Louis de Bourbon, premier prince de Condé« La terre de Conti lui fut donnée le
21 juillet 1550 pour le second fils qui naîtrait de son mariage. Cette terre avait
déjà alors le titre de marquisat ; car on voit quelques années après Louis de
Bourbon dénommé marquis de Conty, lors de son entrée solennelle à Amiens,
comme gouverneur, le 20 juillet 1565 (La Morlière, les Antiquités de la ville
d'AmienSy p. 302), et les lettres de juin 1567, portant établissement de quatre
foires annuelles et d'un marché par semaine au bourg de Conty, lui attribuent la
même qualification (Ms. Fr. 25,220). François de Bourbon, deuxième fils de Louis
et d'Éléonore de Roye, obtint le 27 juillet 1598 l'entérinement des foi et hommage
par lui faits au roi en la Chambre des Comptes, de la terre et principauté de
Conti, mouvante du château de Clermont, à lui échue par le décès de sa mère. H.
Il mourut en 1614 sans postérité. En 1628, les registres du comté de Clennont
font mention des foi et hommage rendus par Maximilien de Béthuae, duc de
15
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218 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
lions de sahle en pal à la bordure denchée de gueules) * tient du
châtel de Clermont son châtel et chastellenie de Conti avec la
ville et le loy de ladite ville, son manoir et 120 journaux de bois
et 48 journaux déterres waignables en plusieurs pièces au ter-
roir de Conti et de Lusières *, le four de Conti, Therbaige des
bêtes à laine, le minaige et Testallage, le tonlieu, le message
des deux messiers, dont le seigneur fait un et les maieur et
eschevins Tautre, le forage des vins, deux moulins à waide
(guède ou pastel), les étaux des halles, le travers de Conti baillé à
présent à ferme 90 livres, lequel souloit au temps passé être baillé
parmi 400 et 50 livres. A Belleuse • cens et redevances diverses
comme à Conti. Autre domaine en la ville de Contres et ès-en-
virons, four, prévôté et herbaige de ladite ville, justice et sei-
gneurie haute, moyenne et basse et tout ce qui à seigneur haut
justicier peut appartenir.
Fiefs tenus de là châtellenie de Conti.
i* Fief abrégé à Belleuse * tenu par Colart Poupart {coupé
d'azur et de gueules atix ciseaux d argent) ;
2** Fief abrégé à Belleuse, tenu par Hue d'Arbois {coupé au
1 d'azur à quatre fleurs de lis d!or^ posées en bande au lambel de
gueules j au 2 de gueules) ;
Sully, pour la terre de Conti à lui appartenant au moyen de l'acquisition qu'il en
a faite de 519' Henri de Bourbon, prince de Condé. Les Béthune s'intitulèrent au
xvm« siècle marquis de Conti en Beauvaisis, et Ticomtes de Breteuil en Picardie.
Cette dernière terre leur appartenait encore en 1789, mais le duc d'Havre et de
Croy comparut à l'assemblée du 9 mars du bailliage de Clermont comme marquis
de Conti et comte du Hamel. On sait que, nonobstant l'aliénation de 1628, le titre
de prince de Conti demeura jusqu'à) la Révolution affecté à la brancbe puînée
des Bourbon-Condé.
* V Armoriai de La Morlière blasonne ainsi les armes des anciens Conti :
« d'or au lion de gueules à trois bandes de vair, comme on voit, dit-il, aux
tableaux du Puy en l'église Notre-Dame d'Amiens. » Louvet donne pour variante :
de gueules au lion d*or à la queue fourchue. On trouve dans V Inventaire des sceaux
de Picardie, par M. Demay, la description suivante de celui de Jean, chevalier^
sire de Hamel et de Cooty, en 1393 : a écu portant trois lions couronnés à la
bordure engrelée » (n» 380).
* Canton de Conty.
«, * Canton de Conty. 1539, Jean de Soyecourt (d'argent Mté de gueules). 1789
comte de Casteja.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 219
3* Fief abrégé tenu par ledit Hue et les hoirs Jean Blenart [de
gueules à trois anneaux d'argent) ;
4' Fief abrégé tenu par Perrot de Bequerel {de gueules à une
oie d'argent) ;
5* Fief avec justice et seigneurie à fielleuse, tenu par Simon
de Dargies {d^or à six merlettes en orle de gueules à la cotice en
bande engrêlée d'azur) ;
6* Fief à fielleuse, tenu par Robert fiigan {cTor frété de
sable) ;
7* Fief à Champuis * tenu par madame Marie de Séchelles,
dame d'Ancre {parti au l d'argent à la fasce de gueules surmontée
de trois coquelets de sable crêtes et sabotés de gueules^ au 2 d'azur
frété d'or qui est Séchelles) y de laquelle :
2 fiefs au Hamel •, dont celui de la mairie, et 2 arrière-
fiefs;
7 fiefs à Champuis, dont 3 fiefs abrégés et 2 arrière-fiefs ;
1 fief abrégé à Clusy ;
1 fief abrégé à Petigny ;
2 fiefs à Canny ' ;
8° Fief à Flory *, tenu par Jean de Moustiers {de gueules à la
cloche d'argent au bâton en bande dazur) ;
9* Fief à Grantviller ', tenu par Clément Fournier de Grant-
viller {d^ argent à Parc chargé de trois besants d^or) ;
10** Fief à Fresnemoutiers % tenu par Pierre de Sarcus, {de
^ Cempuis, canton de Grandvilliers. 1539, la seignecnle était partagée entre
Charles de Paillart, Nicolas Clément, Henri Hanlcques et dame Bonne Fournier.
1789, comte de Gboiseul-Gouffier et du Fey pour le fief Ameline, sis paroisse de
Cempuis.
* Le Hamel, canton de Grandvilliers.
> Ganny-sur-Thérain^ canton de Formerie.
* Canton de Conty.
* Grandvilliers, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Beauvais. 1539,
Ranconnet des Coulombiers. La seigneurie principale appartenait à Tabbaye de
Saint-Lucien.
« Frémontier, canton de Conty. 1539, Nicolas Caignet (d'argent à trois aigles de
sable). 1789, Le Boucher du Mcsnil.
I
L
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220 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
gueules au sautoir it argent à rétoile dor au milieu cantofiné de
quatre merlettes et argent) ;
11' Fief à Conty, tenu par Regnault de Tilloy {d'argent d la
fasce de gueules chargée de trois coquilles d'or au bâton en bande
d'azur) ;
12* Fief sur le travers de Conty, tenu par Jean Borboire
d'Amiens [de gueules à un pot d'or), dont :
1 arrière-fief sur ledit travers ;
IS"" Fief à Saint-Elies S tenu par Jean de Saint-Elies (desino-
pie à trois croisettes d'or), à cause de sa femme ;
14* Fief tenu par Jean Coupel {d argent au chevron de gueules
chargé de trois étoiles dor) ;
15* Fief à Jusainneville *, tenu par messire Tristran Quîéret,
chevalier {dargent à trois fleurs de lis coupées de gueules au lam-
bel dazur) ;
16' Fief à Conty, tenu par le même ;
17' Fief à Jusainneville, tenu par le même ;
18* Fief de la Chapelle à Moussure, tenu par le même ;
19* Fief à Moussures ', tenu par le même, dont :
1 fief;
20" Fief du manoir de Bergicourt *, tenu par messire Pierre
de Sarcus, chevalier, seigneur de Fricamp et de Bergicourt {de
gueules au sautoir dargent accompagné de quatre merlettes de
même) y dont :
2 fiefs à Bergicourt ;
21* Fief de la moitié du travers de Champuis, tenu par mes-
sire Baudoin de Lens, seigneur d'Anvin, chevalier {écartelé dor
et de sable) ;
1 Sentelie, canton de Conty.
* SuzennevUle, hameau de Frémontier, canton de Conty.
' Canton de Conty.
* Canton de Poix. 1789, marquis de Vérac.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS. 221
22* Fief à Conty, tenu par messire Witasse sire de Fareviller,
chevalier {(for à la croix (tazur chargée dé trois étoiles d'ar*
gent)j dont :
2 fiefe au Rosquel * ;
1 fief à Tilloy ;
23* Fief à Tilloy *, tenu par messire Oste de Tilloy, chevalier
{(T argent à la fasce de guei^s chargée de trois étoiles d^or), dont :
8 fiefs à Tilloy;
24* Fief de la maison, qui fut Jean Le Grand, tenu par le
même Oste de- Tilloy, dont :
3 fiefs au Bosquel, et i arrière-fief ;
i fief à Tilloy;
25* Fief à Faumechon •, tenu par Catherine de Melun, dame
d'Auxy, {parti au \ coupé d^or à un merlette de gueules à dextre
et (tazur à quatre besants d'or^ au 2 échiqueté d'or et de gueules),
dont :
1 fief à Estoquerel * ;
26' Fief à Wally *, tenu par Colart Mauchevalier {d! argent à
la bande d'azur chargée de trois étoiles d'or au lambel de
gueules)y dont :
i fief à Contres ' ;
1 fief à Terny, et 1 arrière-fief abrégé ;
i fief de la mairie de Wally;
l fief à Bayenbus ;
•
27* Fief à Conty, tenu par Pierre de Betemboz {de sable à
trois besants d!oT à la bordure de mime) ;
28" Fief, par le même;
1 Canton de Ck)nty. 1539, Charles de Baalgis. 1789, le duc de Croy et d*Havré,
seigneur du Bosquel de Viell-Tillay.
« Canton de Conty.
» Canton de Poix. 1789, Louis Kennequin marquis d'Ecquevilly.
^ Ce fief, en la main de la dame de Famechon, faute d'homme> avait cependant
ses armes ainsi blasonnées par Dom Grenier (p. 72) : d'argent à un emanché de
gueules de trois pièces de la pointe au chef.
» Wailly, canton de Conty. 1539, Louis de Halluîn {d'argent à trois lions de
sable couronnés, lampassés et armés d'or).
• Canton de Conty.
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222 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
29® Fief à Velanne *, tenu par Andrieu de Velanne {(targent
à deux bandes de sable à une merletie cTor au haut de la bande
(Fen haut) ;
30** Fief à Velanne, tenu par Gui Quiéret {d^hermines à trois
/leurs de lis coupées de gueules), dont :
1 fief à Grantviller ;
31* Fief tenu par les hoirs Jean Le Sène {d*azur frété d^or
au chef d! argent) ;
32* Fief au Sauchoy % tenu par Enguerrand Gonvieu> sieur
dudit lieu (de gueules à trois poissons d'argent]^ dont ;
4 fiefs à Sauchoy ;
2fiefsàFréauville;
2 fiefs à Contres ;
33** Fief du châtel et manoir de Moussures ', tenu par En-
guerrand de Moussures {cT argent à la croix de sinople chargée
de cinq boucles d'or à l'étoile de gueules au premier canton), dont :
3 fiefs à Moussures dont 1 abrégé ;
2 fiefs à Mesneviller * ;
34" Fief à Luisières ', tenu par Jacques de Remy (cPor à Fécu
de sinople surmonté d'un lion passant de gueules), dont :
3 fiefs à Luisières et à Bergicourt;
35* Fief à Velanne, tenu par Andrieu de Velanne, qui porte
comme dessus (n* 29), duquel :
12 fiefs à Velanne, et 1 arrière-fief ;
36" Fief à Contres *, tenu par Regnauh d'Estrées {fascé ^or
et de sable de six pièces), dont :
1 fief à Caulières ' ;
> Canton de Ck>nty.
* Canton de 1789, de Louvencourt.
* Canton de Conty.
^ Hameau de Quevauvillers, canton de MoUiens-Vidame (Somme).
" Canton de Conty. 1539, Aubert Fauvel. (écartelé aux ietk d'azur à une biche
ailée d*or, atix 2 et ^ de gueules au chef d*or chargé d'un lion léopardé d'azur)^
1789, de Haut de Lassus.
* Canton de Conty. 1539, Jean de Soyeoourt, et Jacques et Gaspard d'Estrées,
seigneurs du Quesnoy, k Contres. 1789, comte de Mareuii.
■^ Canton de Poix,
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 223
37* Fief du Choquel, tenu par messire Nicolas Braque, che-
valier {(Tazur à trois gerbes et or en pal) y dont :
2 fiefs à Caulière ;
1 fief entre Aumale et Breteuil ;
Du susdit Regnault d^Estrées sont tenus :
4 fiefs à Courchelle *, et 5 arrière-fiefs ;
2 Fiefs à Rost • et 2 arrière-fiefs ;
1 fief à Grasseure, et 2 arrière-fiefs ;
2 fiefs à Contres ;
38* Fief du travers de Luchou ', tenu par Robert le Rat {cTar-
gent à trois rats passants de sable en pal) ;
39* Fief à Menneviller, par Robert Cuéret, dit Poulain (cPar-
gent au cœur de gueules) ;
40" Fief à Contres-, tenu par Jean d'Estrées {fascé aPor et de
sable de six pièces a trois anneaiut de gueules en chef), dont :
1 fief de la mairie de Contres ;
41'' Fief à Fresnemoutier, tenu par ledit Jean d'Estrées,
dont :
5 fiefs à Fresnemoustier;
42* Fief derrière le Quesnoy de Conty ten^ par Honoré
Crouset [d^azur à trois creusets d! argent) ;
43* Fief aux Warennes de Conty, tenu par Adam du Wez
{d*azur à deux fasces ondées d^ argent) ;
44" Fief à Flory, tenu par Pierre Le Bailleu de Flory (de
gueuies à lafasce dor accompagné de 3 coquilles d^ argent) ;
48" Fief à Conty, tenu par Thiebault Le Clerc {d'azur à la
fasce d'argent accompagnée de quatre besants dé même trois en
chef^ un en pointe) \
46" Fief à Conty, tenu par Jean le Nonnant {bandé d^argent
^ Canton de Conty.
* Hameau de Frémontier, eanton de Couty.
' Peut-être Luchy, canton de Crèvecœur,
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224 LE COMTÉ D£ CLEHaiONT KN B£AUVAISI&
et d'azur de six pièces à une pyramide renversée de gueiiks en
pal);
iT Fief à Guisencourt *, tenu par Alliaume de Mez {(Pargent
à trois couronnes de gueules), dont :
2 fiefs à Guisencourt;
48* Fief de toutes les terres qui furent à feu Henry de Sorel,
écuyer, tenu par Therel de Sorel (d! argent à F arbre à trois bran-
ches de sinople au taureau de gueules sur le tout} ;
49* Fief au Sauchoy, par le même ;
50* Fief à Conty, par le même ;
5P Fief à Rost, tenu par René de Quevauviller {d^argent à
un cheval de gueules à une étoile de sable en chef) ;
52* Fief à Conty, tenu par Agnès Gucpièrc {d'azur à un
peigne à deux côtés cPargent) ;
53^^ Fief à Moussures, nommé Cauvenne, tenu par Raoul de
Friscamps {de gueules k la bande (^ or chargée dune étoile de sable
en haut^ à huit croisettes d!or en orle) ;
54* Fief à Conty, tenu par messire Claudin de Faiel, che-»-
valier {d'argent au sautoir de gueules accompagné de quatre mer-
lettes de même à la bordure d'azur) ;
55* Fief à Conty, tenu par Vincent Le Fèvre {d'or à trois fers
à cheval de sable) ;
5^* Fief à Sommereux, tenu par messire Hue de Chastillon,
chevalier {de gueules à trois pais de voir au chef d^or chargé cfe
deux lions de g^ieules passant et affrontés), dont ;
7 fiefs à Sommereux ;
IfiefàFlory;
57* Fief tenu parles seigneurs de la Verrière', dont ::
2 fiefs à la Verrière, et un arrière-fief.
> Cauton de Poix. 178»^ de Rjmbert de Chfttillon.
* Canton de Grandvilliers. Sommereux était en outre, ainsi q^^Dn l^a vu ei-des-.
8U9, le chef-lieu d'une commanderie de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jémsalem.
* Canton de Grandvilliers. 1539, Regnanlt de Saint-Blemont (d'or au sautoir de
sable). 1789, de Bussy.
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LB COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVÂISIS. 225
HONS (P 337) \
Madame Blanche de Nesle, femme jadis de feu messire Gui
de Beaumont, chevalier (parti au 1 compormé ^argent et de
gueules au lambel d^ azur y, au 2 de gueules semé de trèfles à deux
^ Ons-en-Bray, canton d*Auneail. Le pays deBruy ne constitua jamais, dit M. Des-
iioy^v% (Topographie ecclésiastique, Ann.uaire de la Société deTUistoire de France,
1862, p. 517), ni un pagus ni un comté. Cette contrée naturelle séparaitla Picardie de
la Normandie et dépendait en partie de chacune de ces deux provinces. Le cours
de TEpte séparait le Bray normand duBray picard. Les seigneurs d*Ont avaient au
moyen âge la garde et défense du pays de Bray, qui était un terrain inculte et
^habité depuis que la forêt de Bray avait été abattue successivement, pendant
les guerres des Bourguignons et des Anglais. Après le défrichement de la forêt,
les habitants des villages circonvoisins qui avaient des droits d'usage s'empa-
rèrent de ce qui était à leur convenance. Les seigneurs locaux firent de même.
En outre, des seigneurs peu éloignés et plus puissants, tels que les comtes de
Clermont et de Chaumont, voulurent aussi tirer parti des circonstances, s'attri*
Jiiuërent ce qu'on nommait les Advoueries du Bray, et donnèrent ces terrains à
cens à divers particuliers (Graves, Précis statistique d*AuneuH, p. 52). Le plus
ancien seigneur d'Ons-en-Bray que mentionnent les cartulaires de Beaupré et de
Saint-Paul, est Jean de Beaumont, chevalier, de la maison de Beaumont-sur-Oise
qui vivait en 1262 (Louvet, Anciennes remarques de la noblesse Beauvaisine) et avait
épousé Isabelle de Garlande (Douet d'Arcq. Recherches historiques p. CXXXII),
fille de Guillaume, auquel Philippe-Auguste fit don en 1203 d'Ons-en-Bray.
(Léopold Delisle. Catalogue n« 788). Leur petit-fils fut Guy de Beaumont men-
tionné au présent Dénombrement. Sa veuve se remaria avec Hector de Chartres,
graûd-matlre enquêteur des eaux et forêts de Normandie et Picardie, lequel, en
1383 s'intitulait sieur d'Ons en Bray en Beauvaisis. Sa petite-fiUe, Isabeau, épousa
Antoine de Lévis, comte de Villars, et par testament de l'an 1438 institua héritier
de tous ses biens l'un de ses fils, également du nom d'Antoine. Celui-ci se voyant
sans enfonts,. vendit le 20 janvier 1464, à Jean, duc de Bourbon, pour le prix de
12,000 écus, ses terres sises dans le comté de Clermout et dans le diocèse de
Bourges et généralement tout ce qui lui appartenait ou pouvait appartenir dans
la succession de sa mère. Le 16 mars 1467 il se dessaisit des terres d'Ons et de
Saint- Aubin-en-Bray au profit du duc. Cette cession donna lieu à diverses diffi-
cnltés et contestations judiciaires. En 1495, les quatre fiefs nobles à 0ns et le fief
à Villers-Saint- Barthélémy, que possédait jadis I^Ime Blanche de Nesle, furent
relevés par Nicolas de HacqueviUe, président aux enquêtes. H. En 1539, Pierre
et Michel de Hacqueville (d'argent au chevron de sable chargé de cinq aiglettes d'or^
accompagné de trois têtes de paon arrachés d*azur) comparurent à la réformation
de la Coutume, comme seigneurs d'Ons-en-Bray et de Villers-Saint-Barthélemy.
9^s-en-Bray demeura en la maison de Hacqueville jusqu'en 1697. Par lettres de
juillet 1702, registrées au Parlement le 18 août 1704, les terres d'Ons, de Villers-
Houdan ou SaintrBarthélemy et de Saint-Aubin, relevant en grande partie du
comté de Clermont, furent érigées en comté en faveur de Léon Pajot (d'argent
au chevron d*azur accompagné de trois têtes d'aigles arrachées), contrôleur général
des postes et relais. 178P, Le Gendre, comte d'Ons-en-Bray.
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226 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
bars adossés de même qui est Clermont-Nesle) , dame de 0ns-
en-Bray, tant en son nom comme ayant le bail de ses filles, tient
du châtel de Clermont son hôtel et lieu de Onz ainsi qu'il suit :
Ladite dame tient dudit châtel au nom que dessus un autre fief
séant à Onz, comprenant la moitié du travers de Onz, le quart
du travers de la montaigne, le pontenage, le forage, le roage, le
gangage des mesm'es de la ville, le marché du mercredi de
chaque semaine, la foire de la Saint-Denis et du mercredi de la
rose (de la Pentecôte), le quart de tous les bois de Bray, du
Tranloy, du Houssoy * et du Foudroy *.
De laquelle dame sont tenus :
1* Fief à Saint-Aubin-en-Bray ' par les hoirs du sieur du
Gargoulay, chevalier [vairé de gueules et d^or de cinq traits);
2' Fief à Onz par demoiselle Jeanne Annuelle {d! argent à la
fasce de sable émanché de gueules en chef et en pointe) y dont :
1 fief à Ponsal ;
4 à Onz.
Ladite dame, tant en son nom comme ayant bail de ses filles,
tient du châtel de Clermont un autre fief à 0ns, contenant terres
labourables, cens, le moulin de Quevreul, le vivier de la voie de
Villers, le quart du travers et des fours, parts aux marchés de
Cornoiller et de Comporte, coutume es bois des Effois, des
Calenges, des larris, des bois de Bray, du Houssoy, du Tranloy
pour couper tel bois que il lui plaist, le pâturage pour tous bes-
tiaux, le quart es communautés et voieries de 0ns. Duquel fief
est tenu un fief à 0ns par Pierre de Saulonnières {losange de
sable et d'or au lambel de gueules).
Ladite dame d'Ons-en-Bray tient encore du châtel de Clermont
la justice et seigneurie d'Ons et ce qui suit qui fut acheté de
Tabbé de Beaubec par Gui de Beaumont^ comprenant le manoir
qui fut messire Louis de Beaumont, terres, bois, prés, qui se
fauquent à corvée, cens, 8 livres 2 deniers 6 sans de taille sur
les masures et habitants de Yillers-Saint-Barthélemy ^ Item la
*, * Hameau d'Ons-en-Bray.
» Canton du Coudray. 1539, Jacques de Fouleuzes.
* Canton d'Auneuil.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 227
cognoissanco de tous les hommes et femmes de ladite ville et
appartenances de Villers-Saint-Barthélemy de toutes actions
personnelles. Item les deux parts du profit de la moyenne jus-
tice, item la moitié en la haute justice et seigneurie.
Elle tient dudit châtel un autre fief à 0ns contenant le vivier
d'Angiet « guargnié des guarques que il doit » qui soloit valoir
100 livres par an et à présent ne vaut que 60 livres, le bois
Desfois, le huitième des bois de Bray, la moitié des fours de
0ns avec toute justice et seigneurie, duquel fief sont tenus :
l"" Fief à 0ns, par Jehan de Pommereux {de gtieules à trois
besants d'or) ;
2* Fief à Hodenc-en-Bray ', par Herpin du Bos {de sinopk au
chef dor chargé de trois merlettes de gueules) ;
S"" Fief à 0ns, par Pierre de Saulonnières ;
4" Fief à 0ns, par Jean de Saulonnières, qui porte comme
dessus, sans lambel ;
5* Fief à 0ns, par Pierre de Saint-Aubin {d'azur à une tête
d argent) ;
& Fief à Houdenc, par Jean de Goulancourt {de sable à
P aigle éployée à une tête dor au bâton en bande de gueules) dont :
3 fiefs à Houdenc ;
7** Fief à Houdenc, par Jean Baudry {dazur à la coquille
d'argent au bâton en bande de gueules) ;
8** Fief à Houdenc, par Estienne du Saulon {d'or à trois
bandes dazur à une fasce de gueules chargée dune étoile dar^
gent);
9"* Fief à 0ns, par Jean de la Mote {d argent à tm oiseau de
sable sur une motte de gueules) ;
10" Fief à Aussoutraines ", contenant le manoir qui fut mes-
sire Jean de Pomponne, par Jean d'Auffay {d'or à huit merlettes
de gueules en orle au bâton en bande dazur) ;
> Canton du Coudray.
* Cauffry, canton de Lidncourt.
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228 LE COMTÉ DE CLERMONT EN fiEAUVAISIS.
11* Fief à Aussoutraines, par messire Berthaut de Fresnoy,
chevalier {cThermines au Uon de gueules) ;
12* Fief à Aussoutraines, par Philippe de Foulleuses {diapré
de gtteuks et d'argent au franc quartier de sable), dont :
2 fiefs à Aussoutraines et 2 arriëre^fiefs, Tun à Ars ;
13° Fief à Cauffery S par Maître Henri Judas {d*or à trois
merlettes de sable), dont :
6 fiefs à Cauffery ;
1 fief à Milly- (NuUy) en-TeUes • ;
1 fief à Laigneville ' ;
HOUDENC-EN-BRAY (f 345) \
Henri de Lesglentier {d'argent à trois tourteaux de gueules au
lambel d'azur) tient du chàtel de Clermont le châtel de Hodenc-
en-Bray, terres, cens, corvées, moulins, avec toute justice et
seigneurie.
Duquel sont tenus :
i* Fief à Hodenc, par demoiselle Jeanne de Jusaincourt {parti
au 1 de gueules à deux fasces d'argent au 2 de Lesglentier) ;
2* Fief à Hodenc, par Harpin du Quesnel {(f argent au chine
à deux têtes de sinople au bâton en bande de gueules).
Ledit Henri de Lesglentier tient un autre fief du châtel de
Clermont, dont :
1° Fief à Hodenc, tenu par Ancel de Lesglentier {ffor à trois
tourteaux de sable au lambel de gueules), dont :
1 fief à Gauves ;
* Canton de Liancourt. 1539, François de Beuque&uix. et Marie de Uédonville,
dame de Cernoy ; uni au xvie à la seigneurie de Liancourt.
* CheMieu de canton de Tarrondissement de Senlis*
* Canton de Liancourt.
* Canton du Coudray. 1539, Jean de Monceaux. Par lettres de janvier 1608, la
châtellenie de Hodenc unie à la seigneurie de Blacourt fut érigée en baronnie
pour Gaspard de Monceaux, chevalier de l'Ordre. 17S9, de Couquault, marquis
d'Aveîon.
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LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEÂUVÂISIS. 229
2"" Fief à Hodenc, tenu par demoiselle Isabelle de Jusaincourt
{parti au i de sable à trois besants d'argetit, au 2 comme Henri de
Lesglentier) ;
3** Fief à Hodenc, tenu par Robert Bontemps {cTazur à la gerbe
d'or);
4* Fief à Hodenc, tenu par Eustache Riquesse {de gueules à
trois vitres d'or) ;
5° Fief tenu par Henri de Milly ou NuUy {de sable au chef
d^ argent chargé de trois étoiles de gueules).
Le sire de Crèvecœur et de Thois {de gueules à trois chevrons
ePor) tient du châtel de Clermont un fief séant à 0ns et ses
appartenances.
Pierre Mignot de Clermont {d^argent à trois fleurs de sinople)
tient du ch&tel de Clermont un fief séant à 0ns, contenant une
masure.
CASTILLON (f 347) ^
Charles d'Aumont {(Tor au chevron de gueules à neuf merlettes
de même) tient du chàtel de Clermont un fief à Castillon, com-
prenant manoir, bois, cens, la moitié de toute la justice et sei-
gneurie, dont :
1" Fief à Castillon et Coiseaux ", tenu par Colart le Brun de
Brunviller {de gueules au lion (Targent au bâton en bande engrêlé
de gueules) ;
2* Fief à Castillon, tenu par Jean de Fumechon {d'argent à
deux fasces de sable à trois merlettes de même en orlé) ;
3* Fief à Castillon, tenu par Guillaume de Campremy (rf*ar-
^ Canton de SaintrJust. 1539, François Parent {de gueules semé de trèfles ren-
versés et supportés de croissants d'argent au francquartier de gueules chargé d'une
coquille d'or, accompagnée de deux pals d'argent), 1789, de Goussencoart.
* Essuile, canton de Saint-Just.
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230 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISÎS.
gent à la bande de gueules chargée d^une broche de fer au haut y
accompagné de six merletles de gueules en orle)j dont :
1 fief à Fumechon * et 1 arrière-fief ;
2 fiefs à Wavegnies ' ;
1 fiefàSaint-Rémy';
1 fief à Poncheaux * ;
LA TAULE (P 350) \
Mahieu de Hangest {d^ argent à la croix de gueules chargée de
cmq coquilles d'or), chevalier, seigneur de Genlis et de la Taule,
tient du châtel de Clermont son fief sis à la Taule consistant en
terres, bois à Bauchemont, rentes et cens à La Taule, Gour-
nay *, Planques ^, Neufvy ', lods et ventes, saisine et dessaisine
à Autrevaux •, forage. La prinse sur poisson et harenc**, la
rivière à Gournay depuis le moulin de la porte jusqu'au moulin
d'Aspremont, vinages, la moitié du marché et tonnelieu do
Gournay. La prinse des bêtes et sur le poisson audit marché.
L'ostelerie de Gournay est au gouvernement dudit chevalier et
l'administration appartient à lui avec les noblesses franchises et
seigneuries, justice haute, moyenne et basse.
Dudit chevalier sont tenus :
1 fief à Wasquemoulin " ;
2 fiefs à Gournay ;
I Canton de SaintrJust.
* Canton de Saint-Just.
* Canton de Saint-Just.
* Montreuil-snr-Brèche, canton de Froissy.
* Canton de Ressons. Ce fief, dit de l'Épinette, appartenait encore en 1539 à la
famille de Hangest. H fat depuis uni au marquisat de Gournay.
' Canton de Ressons.
f Hameau de Neufvy.
* Canton de Ressons.
* Aujourd'hui Saint-Maur, hameau de Goumay.
*o Ce droit se percevait sur les poissonniers qui suivaient Tancien chemin de
Montdidier à Compiègne (Graves, Précis statistique ^ p. 65).
II Canton de Maignelay.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 234
3 fiefs à Méry \ dont 16 arrière-fiefs à Menevillier *, Wandeli-
court •, Ellincourt *, à la chaussée de Wacquemoulin ;
1 fief à Rivecourt *, dont 3 arrière-fiefs ;
2 fiefs de Beauvoisin et entre Méry et Mortemer *, dont 1 ar-
rière-fief ;
2 fiefs à Archonval ' ;
3 fiefs à Neuvy ' ;
2 fiefs à Belloy % dont 7 arrière-fiefs.
GOURNAY-SUR-ARONDE (f- 359) '\
Gauvain de Gouruay {d'argent à la bande de sable à six mer-
léttes en orle de même) tient du châtel de Clermont un fief séant
à Gournay-sur-Aronde, contenant la mote, le manoir, les viviers
entour de la mote. Item la rivière du moulin de la porte jusqu'au
moulin de la carrière, la garenne des Chines qui dure une lieue
au-dessus de la mote et une lieue au-dessous, le tonlieu et travers
de Gournay qui souloit valoir 50 livres, sur lesquels Percevalde
Gournay prenait 10 livres. Bois, cens, champarts avec toute jus-
tice et seigneurie. Duquel sont tenus :
1 fief au Bos-du-Bois ", dont 1 arrière-fief à Montegny " ;
S • Canton de Maignelay.
> Canton de Ribéconrt.
^ Canton de Lassigny.
* Canton d'Estrées-SaintrDenis.
^ •, » Canton de Ressons.
^ Hameau de Gournay.
i<> Canton de Ressons. Par suite d'un échange intervenu entre le comte Raoul
et Âlbéric de Hangest, le domaine de Clermont possédait une partie de la seigneu-
rie de Gournay ; nous en avons donné plus haut le dénombrement. Le surplus du
territoire se trouvait partagé entre trois fiefs dont celui de Gauvain de Gournay
était le plus considérable. Par lettres de Tan 1490, Pierre, duc de Bourbon,
accorda à Philippe de Boulainvilliers, seigneur de Gournay, droit d'usage et db
chauffage pour lui et ses successeurs en la forêt de Remy. 1539, hoirs de messire
Brinon, premier président du Parlement de Rouen, et J. Courtin, correcteur des
comptes (d'azur à trois croissants d'or). Par lettres du 26 avril 1693, la terre de
Gournay fut unie à celles de TEspinettc, de Neufvy, AVacquemoulin et autres, et
érigée en marquisat en faveur de Michel Amelot {if azur à trois cceurs dor, 2 et i
surmontés d'un soleil de même). Le marquisat fut confirmé en 1720 pour le sieur
de Varennes et ultérieurement encore pour l'intendant du commerce, Vincent de
Gournay, dont les descendants le possédaient en 1789.
" Neufvy, canton de Ressons. 1789, comte de Bemetz.
i> Canton de Maignelay.
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232 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
2 fiefs à Wacquemoulin *, par le sire de Sarmoises, chevalier
{de gueules d dix losanges émargent) ;
1 fief au Vaux de Vienne, par Tabbé de Sainl-Marlin-du-Boz ;
1 fief à Baugy *, par R. Poullet bourgeois de Compiègne
[d^ argent à trois coquelets de sable couronnés et sabotés de gueules) ;
3 fiefs à Hémévillers *, par Jean Courtefoy (rf argent à trois
mains de gueules), par Jean do Hémévillers, dit Cordelier {de
gueules semé de besants d'or), et par demoiselle Jeanne de Hémé-
villers, femme de feu Gautier de Cuise {de gueules à dix besants
(F argent à la bordure d'or) dont 8 arrière-fiefs ;
3 fiefs à Méry, par le Quesne {d'azur au chêne à deux branches
de sinople au bâton en bande de gueules) ;
1 fief à Montegny, par la dame de Moreul {parti au 1 d'azur
semé de fletirs de lis dor au lion d'argent, au 2 d'argent à la croix
de gueules chargée de cinq coquilles d'or) dont 1 arrière-fief à
Hémévillers ;
1 fief à la ville d'Arsis *, par Gauvain de Maignelers (de gueules
à la bande d!or au lambel d'azur), dont 4 arrière-fiefs à la Cam-
paigne, à Arsis, à Sachy-le-Grand et à Mouchy-Saint-Éloi * ;
i fief du travers de Gournay, par Perceval de Gournay, oncle
de Gauvain et qui porte comme lui à une étoile d'or au haut de
la bande ;
1 fief tenu par Wale de Montegny {d'argent à la croix de
gueules chargée de trois coquilles (For au lambel d'azur) ;
i fief au val Foubert *, par les hoirs d'Erquery, chevalier {d^or
à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent accompa-
gnée d'un lion de gueules en champ d'argent au l canton et de
quatre alérions (Tazur en champ d'or aux antres cantons à la
bordure de sinople) ;
i fief à Gournay, par Jeanne , fille d'Oudart Baudescot {de
gueules à trois doloires d argent).
< Canton de Maignelay.
* Canton de Ressons.
* Canton d'Estrées-Saint-DeniB.
* Arsy et la Campagne, son hameaa, canton d'Estrées-Saint-Denis. Cette sei-
gneurie entra en 1480 dans la maison de Gouy (d'argent à Vaigle éployée de sable ^
écartelé de gueules à la bande d'or), par alliance avec la famille de Villers (F. Fr.
25,220). Louis de Gouy comparut à la réformation de la Coutume, et ses descen-
dants possédaient encore Arsy en 1789.
» Canton de Liancourt.
« Chevrières, canton d^Estrées-Saint-Denis.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 233
Noël de Ravenel {de gueules à la fasce émargent surmontée de
quatre losanges de même) tient du chàtel de Clermont un fief
séant à Gournay-sur-Aronde.
HÉMÉVILLER (fo 363) \
Cordelier de Héméviller, chevalier {de gueules semé de besants
d'argent) tient du châtel de Clermont un fief séant à Hémé-
viller.
FRANCIÈRES (f^ 364) '.
Le seigneur de Fransières, chevalier {d'argent à la bande de
sablé) tient du châtel de Clermont la seigneurie de Fransiëres ,
avec toute justice et seigneurie. Les hôtes de la ville de Fran-
cières sont banniers du moulin à eau ainsi queceux que Lancelot
de Francières à Remin, duquel sont tenus :
1 fief entre Sachy ' et la Borde * ;
1 fief de la grange du Transloy * ;
1 fief des dîmes de Remyn • ;
4 fiefs à Remyn, dont 2 arrière-fiefs ;
< Canton d'Estrées-Saint-Denis. 1539, Thibault de Cernoy {de gueules semé de
^urs de lis d*or au franc quartier d'argent au sautoir de sable accompagné de
quatre merlettes de même). 1789, de Gaudechart. Il fut créé en 1473 sur la terre
d'Uémévillers un fief abrégé de 36 livres de rente au profit de Philippe de Bou-
lainvilliers (fascé d'argent et de gueules de huit pièces) , D. Â la commune d'Hé-
méyillers est actuellement réuni le vlUage de Montmartin, sur le territoire duquel
existait un fief non déclaré au terrier qui, au xvp siècle, s'appelait fief du Bois,
D, et en 1602 fief des Cannes et Hémart. H.
'Canton d'Estrées-Saint-Denis. 1539, Jean de Francières. Un des fiefs sis à
Rémy appartenait à Beaudechon de Francières qui l'échangea avec le comte de
Clermont pour des biens sis à Estrées et à Moyenneville. Cet échange plaça dans
la mouvance immédiate du domaine les fiefs de Gilles de Crapain, sis audit lieu,
hameau de Breuil-le-Sec, de le Borgne de Nonroy et des hoirs Boitel à Vuarenval,
hameau de Jaux, et de Guiot de Francières, à Jaux. D. Parmi les autres fiefs rele-
vant de Francières, se trouvait le tiers de cette seigneurie tenu par la demoiselle
de Francières, sœur du seigneur dudit lieu.
* Canton de Lianconrt.
* Choisy, canton de Clermont.
» Moyvillers, canton d'Estrées.
* Rémy, canton d'Estrées.
16
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234 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
2 fiefs à Fransières, dont 30 arrière-fiefs, à Francîères, Rémi,
Lîeuvillers *, la Motte d'Aucourt et Blaincourt " ;
2 fiefs à Blaincourt, dont 1 arrière-fief.
1 fief au Fresnel *, dont 8 arrière-fiefs ;
1 fief à la Mote-lez-Blaincourt ;
1 fief au Petit-Blaincourt, dont 2 arrière-fiefs ;
1 fief à la Mote-d'Ancourt * ;
1 fief tenu par le sire de Quiquempoix.
ROUVILLER (f» 374).
Le seigneur de Rouviller, dit Hutin, chevalier {de gueules à
une rosette (Forgent à huit merlettes), tient du chàtel de Glermont
la seigneurie de Rouviller *, dont sont tenus :
3 fiefs à Rouviller, dont 16 arrière-fiefs à RouviUer, Lieuvil-
1er •, et Fresnoy-en-Telle \
BAILLEUL-LE-SOC.
Philippe Boguet {cTargent à la tête de bœuf de sable) tient du
chàtel de Glermont un fief séant à Bailleul-le-Soc * qui fut mes-
sire Gioffroy Troussel, contenant un manoir avec justice et sei-
gneurie.
HERMENGOURT (f» 381).
Madame Jehanne de Raoust, dame de Villers, vicomtesse de
Breteuil {parti au 1 d!or à la croix ^azur, au 2 ^argent à la
> Canton de Saint-Jast.
* Canton de Clennont.
* Hameau de Franciëres.
* Ghoisy, canton de Glermont.
* Canton de Saint-Jnst. 1539, Gny de Belloy. 1789, comtesse de Boisgelin et
Tabbaye d'Ourscamp ponr les fiefs de WamaTiller et Logelles.
* Canton de Saint-Just.
•^ Canton de Neuilly-en-Thelle.
s Canton de Glermont. La seigneurie de Bailleul appartenait à Tabbaye de
Saint-Denis, qui fut maintenue dans les droits de hante, moyenne et basse justice,
par arrêt du Parlement rendu en 1313 contre le comte de Glermont. Le fief de
Philippe Boguet appartenait en 1500 au sieur Gocquin D.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. . 235
bande de sabk chargée de trois besants d!or qui est Villers Sainl-
Pol), tient du châtel de Clermont un fief séant à Hermencourt *
contenant la moitié du manoir, le moulin de la Bruyère * de
présent en wast. Item le manoir qui fut messire Robert de
Moreul. Item chacun an sur chacun hostel d'Hennencourt et de
Jaux •, là où il demeure gens qui passent i'yaue d'Oise au pont
à Jaux, une mine d'avoine due chacun an au jour de la Théo-
phanie (Epiphanie), pour le pont de Jaux, et peut valoir par an
10 muids d'avoine, justice et seigneurie; de laquelle dame sont
tenus :
6 fiefs à Hermencourt, dont 2 arrière-fiefs ;
3 fiefs à Jaux, dont 1 àrrière-fief ;
1 fief à FaveroUes.
LIENCOURT (f 384) \
Ladite dame de Villers, vicomtesse de Breteuil, tient du
châtel de Clermont un fief à Liencourt, contenant une place où
soloit être le manoir, cens, terres, vinages, 20 livres de taille
sur les masures ; 6 corvées d'hommes, champarts de la montagne
de Liencourt, fournages. Item s'il advenait que aucun fissent
* Armancourt, canton d'Estrées-Saint-Denis. Ce fief, qui était sans doute venu
aux Villers par Talliance de Jean de Villers avec Jeanne de Soissons-Moreul, se trou-
vait à la fin du xv© siècle réuni avec celui de Le Bègue de Fayel aux mains d'un
sieur de Perrière D. 1539. Robert Boulart {d'argent à six merleties de sable 2 ,
3 eM). i789, marquise de Gamaches.
* Le Meuz, canton d'Estrées.
» Canton de Compiègne.
^ Chef-lieu de canton de Tarrondissement de Clermont. Des mains de la dame
de Villers et du sire de Bazentin, les deux fiefs de Liancourt passèrent dans le cou-
rant du xve siècle à celles de Jean de Popaincourt , président au Parlement de
Paris, dont la fille épousa Jean du Plessis, seigneur de Douchamp et de la Prugne.
Guillaume du Plessis {d'argent à la croix engrélée de gueules chargée de cinq co-
quilles d*or)^ leur fils, comparut à la réformation de 1539. Des lettres patentes d'août
1673 érigèrent la seigneurie de Liancourt en marquisat en faveur de Roger du
Plessis, duc de la Roeheguyon. Sa petite-fille, Jeanne-Charlotte du Plessis, épousa
François VII, duc de la Rochefoucauld €t leurs descendants possédaient Lian-
court en 1789 avec le titre de duc. Le marquisat de Liancourt comprenait en tout
cm en partie les terres et seigneuries d'Angicourt, Bailleul, Brenouille, Cambronne,
Cauffry, La Bruyère, Mognenille, Monchy-Saint-Eloi , Monceaux , Rantigny ,
Kieux, Rozoy et Verderonne. (Graves, p. 67.)
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236 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
tourbes en la prairie dudit Liencourt, chacun paierait 12 aoues
(oies) à la Saint-Pierre entrant août — Toute justice et sei-
gneurie.
Ce dénombrement est suivi d'une mention que nous retrou-
vons également dans le Ms. des Archives, dans le registre de
Dargilliëre et qui est ainsi conçue : A ce présent fief est depieça
adjoint ce qui est escript être à Liencourt au dénombrement du
fief du sieur de Bazentin à Sailleville. Ainsi la terre de Liencourt
est tenue de W le Duc à deux hommages et se reliève à la nature
de Bulles, c'est-à-dire de toutes mains.
Dudit fief de la vicomtesse de Breteuil était tenu 1 fief à
Liencourt par Guérart de Liencourt, dit Harle {<P argent à deux
fasces de sable).
HERMENCOURT (f^ 385).
Messire Le Bègue de Faiel, chevalier {d'argent au sautoir de
gueules accompagné de quatre merlettes de même à la bordure
(Tazur) tient du châtel de Clermont un fief séant à Hermencourt
contenant la moitié du manoir, etc., contre la dame de Villers,
vicomtesse de Breteuil, duquel sont tenus :
9 fiefs à Hermencourt, dont 3 arrière-fiefs ;
4 fiefs à Jaux ;
1 fief à Faverolles.
ESPINEUSES (f 388) \
Le seigneur d'Espineuses, chevalier {d'hermines à fécu de
gueules) tient du ch&tel de Clermont le châtel d'Espineuses,
avec toute justice et seigneurie, dont sont tenus :
* Canton de Clermont. Dame Marie d'Epineuses, veuve de Regnault de Heilly,
chevalier, fit don de ses deux fiefs d'Epineuses à THÔtei-Dieu et hôpital
Monsieur-Saint- Antoine de Paris, lesquels en furent saisis le 22 juin 1445 et en
baillèrent homme vivant et mourant. D. Sur le territoire d'Ëspineuses se trouvait
le bois de Faviôre érigé en fief par Mahaut, comtesse de Clermont pour Jean de
Villers-Saint-Pol, bailli de son comté (mars 1238). Ce fief appartenait en 1500 à la
famille de Fumechon. D. 1789, Tordre de Malle.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 237
1 fief à Vaux S dont 7 arrière-fiefs à Vaux, Camberonne, la
montagne de Vaux ;
3 fiefs à Espineuses ;
2 fiefs à Bruel-le-Sec', dont 4 arrière-fiefs à Bruel et Autre-
ville ;
1 fief à Liz » ;
2 fiefs à Béthencourt *, dont 6 arrière-fiefs.
Ledit seigneur d'Espineuses tient en un seul hommage la
maison de la Motte * du chàtel de Glermont.
Ledit seigneur d'Epineuses tient du chàtel de Glermont des
fiefs de Ronquerolles un fief à Espineuses.
WARTI (f^ 392) •.
Ledit d'Espineuses tient du chàtel de Glermont la moitié du
^ Cambronne, canton de Mouy.
* Canton de Glermont. Autreville, ham.
* Canton de Glermont.
* Bailleval. Canton de Liancourt.
* Fief, ais prëa Espineuses sor le chemin d^Estrées-Saint-Denis. D.
< Aii^oardliui Fitzjames, canton de Glermont. Warty appartint d'abord à une
famille , qui en prit son nom patronymique et dont un des membres signa la
charte communale de Glermont. En 1373, trois fiefs existaient sur son territoire,
celui du seigneur d'Espineuses, celui de Tristan de Soisy et celui de Philippe de
Maimbeyille. Le fief d'Espineuses, le plus considérable, fut partagé au commence-
ment du rv0 siècle entre Pierre d'Espineuses, éenyer, et Marie sa sœur, épouse de
Jean de Goudun, dit Despert, écuyer. Celle-ci n'en eut que la tierce partie, laquelle,
de concert avec son mari, elle vendit le 16 novembre 1406 au duc de Bourbon,
pour le prix de 300 écus d'or (Archives nationales, P 13631 c., 1171 et 1369' c. 1764).
Environ Tan 1478 les officiers du comté baillèrent à toujours le fief ainsi acquis à
demoiselle Jeanne de Roye parmi 52- sous de rente, sous la réserve que tous les
héritages en dépendant^ assis au delà de la rivière de Bresche, demeureraient
unis au domaine dudit comté. D. Jean de Montmorency, ayant cause médiat de
la demoiselle de Roye> aliéna à son tour le 24 mars 1514 son domaine de Warty
.au profit de Pierre de la Bretonnière (de gueules à la bande lozmigée d'or alias à
5 lozanges d'or mises en bande) qui possédait déjà par acquisition ou par échange
le surplus de- la seigneurie. Pierre 4e la Bretonnière obtint en mai 1537 la réunion
des différents fiefs lui appartenant dans le pays en un seul sous le nom de fief
de la Tour de Warty, et acheta les terres de Fournival (*539) et d'Airion (1547).
Les domaines des la Bretonnière- Warty passèrent successivement par alliance aux
Faudoas puis aux Gruel de la Frette, dont Tun porta sur la fin du dix-septième
siècle le titre de marquis de Warty (P. Anselme, tome IX). En 1704, Jacques Fitz-
james, duc de Berwick (écartelé aui eH de France et d'Angleterre^ au 2 d'Ecosse,
au 3 d'Irande à la bordure componnée d'azur et de gueules de seize pièces, chaque
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238 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
manoir de Warti *, au côté devers la rivière. Item moitié de la
couture, item terres, bois, prés, cens. Item la rivière ainsi
qu'elle se comporte depuis les aulnois de Cressy jusqu'au grand
pont de Warti, dont sont tenus :
2 fiefs à Saint-Aubin •^ par les hoirs de l'évêque de Coutanees
jadis sieur d'Erquery et par Mahieu de Leuvrimont (dC hermines
à la fasce d'azur au bâton en bande de gueules) y dont 3 arrière-
fiefs;
1 fief à Clermont par Colart le Lorrain (cfe gueules aux ciseaux
d'argent) ;
i fief à Fay-sous-Clermont * par PhîHppe d'AuvîUers (<f ar-
getit à trois fleurs de lis de gueules) ;
i firf en la vallée de Fay par Jean Boulle {d'argent à trois
boules de sable);
1 fief à Orson-sous-Clermont * par Gilles d'Epaielles {d^azur à
cinq châteaux d'or) ;
1 fief à Warti par Simon de Blaincourt {d^argent à técu de
gueules à huit merletles de sable en or le) y dont 2 arrière-fiefs ;
4 fiefs à Espineuses par Jean le Grand {paie d argent et de
compon d'o'.ur chargé d'une fleur de lis d'or et chaque componr de gueutee d'un léo-
pard d'or) se rendit acquéreur de la terre de Waily, que des lettres patentes de
mai 1710 érigèrent pour lui en duché pairie sous le nom de Filzjames» avec union
des seigneuries d'Airion et de Fournival. Erquery y fut incorporé en 1711 ; Etouy,
Utz et la Rue Saint-Pierre en 1732 ; les fiefs de Courlieu , Luzarcbes , Nicquet et
Sainte^Barbe, sur le territoire de la Neuville, en 1749. Avant l'érection du duché»
la foi et hommage des terres U composant se portait au comté de Clermont. Elles
formèrent depuis un fief immédiat relevant, directement du roi à cause de sa.
couronne et de la tour du Louvre. Charles,, duo de Fitzjames, comparut le 9 majca
1789 à rassemblée du bailliage de Clermont.
> LJautre moitié du manoir deWarty appartenait également au seigneur d'Espi-
neusee, mais était tenue par lui de messire Guillaume Le Bescot, seigneur de
Caignelet et d'Angivilliers. {Voir infrà,)
*» * Canton de Clermont. La réunion au domaine du fief Despert de Coudun
plaça dans sa mouvance immédiate Vun des fiefs sis à Saint-vAubin sous Erquery,
que les Célestins d'Offemont possédaient en 1500 à la charge d'en fburair homme
vivant et mourant, et qui en 1789 se trouvait en Economat, ainsi qu'im fief à Fay
près Clermont, commune d^Agnets. Ce fut sans doute par la même cause qu'un
fief, sis à Buri et que le dénombrement porte comme arrière-fief de Warti
(V. infrà, p. 354, article de Tristan de Soisy), fut à partir de 1441 inscrit sur le re-
gistre de Dargillière comme relevant nuement de Clermont. Le fief de Jean
Boulle à Fay se composait de trois quartiers de bois aulnois, auxquels le posses*
senr renonçd en 1482 au profit du comté. D.
* 1789. Joly de Sailly.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 239
sable de six pièces au bâton en bande de gueules) y par Michel
Toupet {de gueules à la coquille d'argent) et par Jean des Jardins
[d argent à l'arbre à trois branches de sinople au sautoir de gueules
sur le tout) dont 1 arrière-fief ;
1 fief à Havrechy * par la dame de Sainte-Aregonde {parti au
1 â argent à la bande de sabkj au 2 dar et de sable de six pièces
au bâton en bande de gueules).
POUILLEUSE (f> 394) '.
Philippe de Pouilleuses, écuyer {diapré de gueules et d argent
au franc quartier de sable), tient du châlel de Glermont, à cause
de la terre qui fut le seigneur de Presnes, un fief à Pouilleuse,
dont :
3 fiefs à Pouilleuse et entre Po.uilleuse et Semoy.
RANTENY (P 395) ».
Ledit seigneur tient du châtel de Clermont un fief à Ranteny
comprenant terres, tailles, cens, corvées, toute justice et seigneu-
rie. Et sont dudit fief les voiries de Ranteny, excepté la cauchie
de M. le Duc * ; duquel fief sont tenus :
4 fiefs à Ranteny, dont 1 arrière-fief ;
2 fiefs à Vaux », dont 1 arrière-fief ;
1 fief de la mairie de Ranteny.
1 Canton de Clermont.
* Canton de Clermont. En 1539, Antoine de Ravenel était par héritage maternel
seigneur de Pouilleuse, Ranteny et Sonstraine. En 1789, Pouilleuse appartenait
à Jean-François de Pasquier de Pranclieu et Rantigny avec Soustraine, hameau
de Cauffry, étaient unis au marquisat de Liancourt.
* Canton de Liancourt.
* De droit commun, sous la législation féodale, la justice des chemins de seize,
de trente-deux et de soixante-quatre pieds de largeur appartenait au suzerain ;
mais dans l'étendue du comté de Clermont la coutume l'attribuait au seigneur
riverain. Il y avait cependant exception pour certaines localités, telles que Cler-
mont, Creil, Remy, Sachy-le-Grand. Quelquefois la seigneurie du chemin consti-
tuait un fief particulier sous le nom de voierie. La déclaration de Charles de
Campremy (F. infrà^ p. 245), nous en fournit un exemple. (F. Beaumanoir,
chap. XXV.)
* Cambronne, canton de Mouy.
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240 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS.
BRUEL-LE-VERT (f 397) \
Ledit seigneur tient du châtel de Clermont un fief à Bruel-le-
Vert avec toute justice haute, moyenne et basse. Il doit avoir à
cause de son dit fief depuis le dimanche prochain la Saint-Amoul
jusqu'au dimanche après la Saint-Martin d'hiver sur la bouche-
rie de Clermont, chacun dimanche, une épaule de bœuf et en est
payé par la main des rentiers qui tiennent à ferme la rente de la
boucherie.
AUSSOUTRAINES ',
Ledit seigneur tient du châtel de Clermont un fief à Aussou-
traines, contenant cens, hostises, pressoir ; duquel sont tenus :
1 fief à Aussoutraines ;
1 fief à Sachy, dont 1 arrière-fief à Castenoy *.
NOUROY (f^ 399) *.
Colart, seigneur de Nouroy, dit le Borgne, écuyer {diapré de
gueules et d^ argent à deux fasces de sable), tient du châtel de
< Canton de Clermont. Breuii-le-Vert appartint d^abord , ainsi que nous Tavons
indiqué, aux Candavène par le mariage de Marguerite de Clermont avec
Hugues II, comte de Saint-Pol. En 1373, outre le fief de Philippe de Pouilleuse, il
en existait cinq autres sur son territoire possédés par Charles de Campremy, Guil-
laume et Louis de Souvegny et Jean d*Abbecourt. Tous ces fiefs se trouvaient en
1500 réunis à un seul hommage entre les mains de Pierre d'Argilliére. D. i^icole
d*Argilliére, chanoine de Beauvais, comparut en 1539 à la réformation de la Cou-
tume comme seigneur de Breuil-le-Vert. François Forget (d*azw au cfievnm d'or
accompagné de trois coquilles de même), grand maître des eaux et forêts de Tlle-
de-France, en obtint au mois de février 1674 Térection en vicomte. Les curateurs
à sa succession vacante vendirent le 20 septembre 1719 Breuil-le-Vert au duc de
Bourbon, et son fils le prince de Condé en était encore possesseur en 1789.
* Cauffry, canton de Liancourt.
> Canton de Liancourt.
* Canton de Saint- Just. Acheté par décret par les Célestins de Paris, ce fief fut
par eux cédé à Jean Bochard, avocat au Parlement, D. {d*azur à un croissant d*or
abaissé sous une étoile de même) lequel comparut à la réformation de la Cou-
tume en 1539. Le marquis de MouUay possédait en 1789 la seigneurie de
Noroy à l'exception du fief de Coroy, pour lequel le sieur de Lancry de Pronleroy
est inscrit au procès verbal de rassemblée du 9 mars.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 241
Clermont la seigneurie de Nouroy, contenant le manoir et toute
la ville, forages, bornages, roages, toute justice et seigneurie.
Doit chacune masure de la ville une corvée en mars et une cor-
vée en août. Duquel sont tenus :
2 fiefg à Nouroy ;
2 fiefs à Clermont ;
2 fiefs à Rémécourt * ;
1 fief à Hervaï ;
1 fief à Sernoy ', dont 6 arrière-fiefs ;
i fief à Pouilleuse *, dont 6 arrière-fiefs.
TROIS BSTOZ (P 403) *.
Ëustache de Vilers {(T argent à la bande dazur chargée de trois
fleurs de Us d^or)^ tient du châtel de Clermont, des fiefs de Ron-
querolles, le lieu où sa grange et sate de Trois Estots sied, terres,
cens et moulin de Trois Estez, duquel fief sont tenus >
i fief à Pouilleuse ;
1 fief à Nouroy qui fut à Derthault de Trois Estez.
HAVRECHY (f^ 405) •.
Le sire de Sarmoises, chevalier {de gueules à dix bosanges d'^ar-
gent)y tient du chàtel de Clermont un fief contenant le moulin
de Havrechy, qui souloit valoir i2 muids de blé, duquel est tenu :
i fief à Cuignères *, par demoiselle Jeanne de Cuignères
*> * Cantoa de ClermonU
* Canton de Saint-Just.
^Cemoy, canton de Saint-Just. Ce fief appartenait en 1500 W Jean de Béthan-
court. D. et en 1789 à M. d'HaiUes.
s Canton de Clermont. Ce moulin d'Âyrechy avait été jadis au Temple (Ms.
Fr. 4,663, f» 1). Vétat de Dargillière Tinscrit en 1*500 comme possédé par le comte
de Clermont. Giles de Hangest et les hoirs de Martin de Hangest comparurent à
la réformation de 1539 en qualité de seigneurs d^Avrechy. Cette terre était alors
déjà et demeura depuis unie à celle d'Argenlien^ même paroisse. (F. infra,)
— La réunion du fief du sire de Sarmoises au domaine eut pour résultat de
placer dans sa mouvance immédiate le fief de la demoiselle de Cuignères. D.
Charies de Gomer (d'or à sept merlettes de gueules au lambel de même posé en
fasce), était seigneur de Cuignères en 1539 et M. Perrot en 1789.
* Canton de Saint-Just.
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242 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
{parti au i fa$cé et or et de sable de six pièces au bâton en bande
de gueules, au 2 d'hermines à técu de gueules qui est de Cugniêres),
dont 34 arrière-fiefs, à Cuignères, au-dessus de Nointel *, à
Bruel-le-Sec ', à Lamécourt ', à La Quesnotoye *, des bois de
Saint-Ladre, entre RonqueroUes ' et la chaussée de Rame-
court •.
QUESNEL-LÉS-SAINT-JUST (f 411) \
Messire Tristan du Bos, chevalier {de gueules semé de billettes
d'or au lion de même), tient du châtel de Clermont un fief séant
au Quesnel-lès-Saint-Just , contenant le manoir du Ques-
nel et la chapelle dans laquelle Tabbé de Saint-Just doit faire
dire trois messes la semaine et les gens de la ville dient qu'on
doit tous les jours chanter messe en ladite chapelle, parmi cer-
taines terres et un hôtel sis en ladite ville. Item bois, pressoir,
terres, champarts, four banal, vignes et 32 corvées d'hommes
pour les faire en mars, le moulin de Tapperel, un vivier à sec,
une motte enclose de saulx avec la pêcherie depuis le bout du
vivier jusques au Mez. Duquel sont tenus :
1 fief au Mez ' ;
1 fief à Saint-Remy-en-FEaue ;
i fief au Quesnel, dont 1 arrière-fief.
HARGENLIEU (f» 413) •.
Guillaume, seigneur de Hargenlieu, écuyer {d'or à cinq châ-
teaux d*azur au lambel de gueules à trois pendants chargés chacun
^ Canton de Liancouri.
\ > Canton de Clermont,
* Bois du Queenoy à Cuignères.
*, * Agnetz, canton de Clermont.
^ Saint-Remy, canton de Saint-Just. 1539, Guy du Boys ; uni ensuite à la
seigneurie de Saint-Remy-en-r£aue.
* Avrechy, canton de Clermont.
* Avrechy, canton de Clermont. La seigneurie d'Argeolieu appartenait en 1539
à Gilles de Uangest et aux enfants mineurs de Martin de Hangest. Cette famille,
dont un membre, P. de Hangest, cheyalier, figure déjà au dénombrement de
1373 comme possédant un fief à Breuil-le-Sec à cause de la dame de Hargenlieu,
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS. 243
de trois besants d^ argent), tient du châtel de Clermont la moitié
du manoir de Hargenlieu, dont :
4 fiefs à Leuviller *, l'un de la mairie, dont 12 arrière
fiefs ;
2 fiefs du champart de Lîeuviller, dont 3 arrière-fiefs ;
1 fief à Havrechy ;
1 fief à Valescourt '.
LOUVIAUCOURT (f 415) \
Ledit Guillaume de Hargenlieu tient le manoir de Louviau-
eourt du châtel de Clermont, dont :
3 fiefs à Louviaucourt et 2 arrière-fiefs à Rémécourt * et Yil-
lers-lès-Castenoy '.
Ledit Guillaume tient du chastel de Clermont un fief à Cler-
mont •, dont :
1 fief à Giencourt '.
Jacqueline, veuve de Noël Baillet, poissonnière d'eau douce
à Paris, tient du châtel de Clermont un fief à Louviaucourt.
SA femme, portait suivant le dit dénombrement : échiqueté d'argent et de sable à la
croix de gueules. Martin de Uangest» tué à la bataille de Pavie (1524), ne quali-
fiait vicomte d'Ârgenlieu, et le titre de vicomte était en effet attaché d'ancienneté
sans qu'on paisse en citer les lettres d'érection à ladite seigneurie (Ms. Fr.,
^,220) dont Cuignères» Âvrechy, Le Metz, Biiancourt et Lamécourt faisaient
alors partie. (Graves. Précis statistique.) En 1789, le sieur Cave d'Haudicourt était
seigneur d'Argenlieu.
', * Canton de Saint- Ju st.
* Bailleval, canton de Liancourt. Trois fiefs existaient à Louviaucourt, celui de
Guillaume de Hargenlieu, de la veuve de Noël Baillet et d'Antoine de Maubeuse.
Réunis entre les mains de Mathieu de Campdeville, fils d'Isabeau de Hargenlieu,
ils passèrent par le mariage de leur fille Jeanne dans la maison de Hangest, D.
qui les possédait au moment de la réformation de 1539.
* Canton de Clermont.
* Castenoy, canton de Liancourt.
< Ce fief, dit de Lôpinette, appartenait par indivis en i^ùO au comte et aux hoir»
de Campdeville, D. desquels il passa aux Hangest.
^ Breuil-le-Vert, canton de Clermont.
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244 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
ANSAC (fo 417) *.
Ledit Guillaume de Hargenlieu tient un fief à Ansac du châ-
tel de Clermont et de Money le chastel par indivis, dont :
3 fiefs à Mérat * et Ansac ;
3 fiefs à Ansac.
SAINT-REMY-EN-L'EAUE (f» 419) \
Messire Walles, sire de Quiquempoix^ chevalier {(for à cinq
châteaux de gueules au lambel dfazur) , tient du châtel de Cler-
mont un fief à Saint-Remy-en-FEaue, contenant terres, bois,
la propriété du moulin, dont Jean de Saint-Remy a Tusaire sa
vie durant, toute justice et seigneurie. Duquel sont tenus :
3 fiefs à Boutenangle *, dont 8 arrière-fiefs, l'un de la mairie ;
2 fiefs à Saint-Remy-en-l'Eaue, dont 10 arrière-fiefs, l'un de
la mairie ;
2 fiefs au Mesnil ' ;
1 fief du moulin de Saint-Remy, dont 2 arrière-fiefs ;
1 fief du prévôt de Saint-Just, dont 2 arrière-fiefs à Saint-
Remy et Valescourt •.
* Canton de Mouy. Le fief de Guillaume de Hargenlieu et celui de Philippe
d*Auvillers (K. infra) étaient réunis en 1500 dan» les mains de Laurent Herbelot, D,
dont la fille Claude épousa Pierre Popillon. Leur fils Nftote Popîllon (cTazur à la
fasce d'or accompagnée de trois quintefeuilles (forgent) compco^ut à la réformation
de 1539. Marguerite Guyot des Charmeaux, dame d' Ansac, épousa en 1615 Henri
du Plessis, marquis de Richelieu, f^ère atné du cardinal. Celui-ci recueillit Ansac
dans la succession fraternelle et en rendit fbi et hommage au comté de Clermont
le 12 juin 1623. Il le constitua avec ses autres terres du Beauvaisis en dot à sa
nièce Claire-Clémence de Maillé-Brézé, princesse de Condé. Un arrangement de
famille fit passer Mouy, Ansac, Cambronne et le Plessis Billebault à Armand de
Boorbon-Conti (25 mars 1651), dont Tarrière-petit-fils vendit le 7 octobre 1783 à
Monsieur frère du roi.
* Bury, canton de Mouy.
» Canton de Saint- Just. Une partie de Saint-Remy relevait de Bulles {V. supra).
i539, Guy du Bos. 1789, de Flahaut, marquis de la Billarderie et Chardon du Havet
pour le fief Jean Leclercq.
^ Ham. de Saint-Remy. Un des fiefé de Boutenangle fut plus tard placé dans ia
mouvance directe de Clermont, et ensuite réuni à la seigneurie principale.
' Mesnil-sur-BuUes, canton de SainWust.
^ Canton de Saint-Just.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 245
LE MEZ (P425)V
Monseigneur Tristan de MaignelerS; chevalier [de gtœules à la
bande d'or), tient du châlel de Clermont un fief en la ville du
Mez, contenant entre autres, masures et cens à Havrechy, fort
réduits, « car toute la grcigneur desdites masures sont vastes et
en f ries tant pour le fait des guerres que pour la mortalité », toute
justice et seigneurie, dont sont tenus :
1 fief à BaiUeul-le-Sot • ;
3 fiefs à Maimbeville *, dont 10 arrière-fiefs à Maimbe ville,
Havrechy, la grange de Nourroy *, Clermont ;
4 fiefs au Mez ;
1 fief à Saint-Remy-en-FEaue,
ARION (f» 429) *.
Charles de Campremy, écuyer {d'argent à la bande de gueules
à six merlettes de même en orle au lambeld*azur)j tient du châtel
de Clermont un fief séant à Arion avec la motte, justice et sei-
gneurie.
CLERMONT (P 429).
Ledit Charles tient du châtel de Clermont un fief à Clermont,
qui fut feu Jean de Fontaines, où sont mentionnées deux cha-
pelles fondées l'une par Jean de Lestaque, l'autre par Gilles de
Crapain, contenant un moulin à eau séant en ladite ville, cens
sur des masures, justice en toutes les voieries de ladite ville,
dont sont tenus :
* Avrechy, canton de Clermont.
*, > Canton de Clermont.
^ Canton de Saint-Jast.
* Canton de Clermont. Charles de Passi, héritier de dame Jeanne de Campremy
releva ledit fief en 1480. Ayant été prévenu de mort en Bretagne contre le roi et
monseigneur, par ce est venu ledit fief à monseigneur par confiscation, qui Ta
donné par lettres du 26 avril 1490 à Huges de Broyés dit de Passi son frère. D.
Airion fut uni en 1710 au duché de Fitzjames.
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246 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEATTVAISIS.
1 fief à Ressens * par messire Jean de Mailly, chevalier {d'or
à trois maillets de gueules au lambel cTazur à trois pet^dants char'
gés chacun de quatre billet tes chargent), dont 4 arrîère-fiefs, l'un
sur le travers de Ressons ;
2 fiefs à RrueUe-Vert par Philippe de Foulleuses et messire
Paon du Quesne ;
4 fiefs à Morival * par Florent de Nully {d'or à la croix de
gueules chargée de trois besants d'argent à la croix de gueules au
premier canton) et Jean de Touffreinville {fascé d! argent et de
gueules de douze pièces à la bande de gueules chargée de trois
coquilles d'or).
ROTELEU (P 431) \
Ledit Charles de Campreny tient à Rotelou du châtel de
Clermont un fief contenant un pressoir et four « qui de présent
ne valent rien. »
RONQUEROLLES (f 433) \
Jehan, sire de Rasentin {(Tazur semé de fleurs de lis d'argent)
tient du châtel de Clermont un fief séant à Ronquerolles et plu-
sieurs autres villes des environs, contenant son donjon enclos
de murs et de fossés à eau, avec sa basse-cour et jardin. Item
l'usage en la forêt de Hez pour chauffer en son dit hostel, bois,
cens, rentes à Ronquerolles, Warti *, Cressy % Roulencourt ',
> Chef-lieu de canton de Farrondissement de Ck)mpiègne.
* Grandfresnoy, canton d'Estrées.
* Breuil-le-Vert, canton de Clermont. n existait sur le territoire de Roteleu six autres
fiefs appartenant à Louis de Souvegny, au seigneur de Soiecourt, à Guillaume de
la Tournelle, à Régné de Trie et à Jean d'Ars. L'un de ces fiefs au moins était en
censives au xvi« siècle. H. 1539, Gabriel du Vergier. 1789, le duc de Bourbon.
* Agnetz, canton de Clermont. Nous avons déjà vu que le comte de Clermont
possédait à Ronquerolles un fief acquis par Louis II de Bourbon. 1539, Jean de
Humières (d'argent frété de sable). Vendu à François Ollicr en 1602 par Jacque-
line de Humières, le fief de Ronquerolles fut uni au marquisat de Nointel, qu'ac-
quit en 1787 le duc de Bourbon.
* Canton de Clermont.
^ Airion, canton de Clermont.
^ Agnetz, canton de Clermont.
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LB COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS. 247
Nully * et Béthencourt Saint-Nicolas *. Duquel fief sont
tenus :
4 fiefs à Clermont par messire Gilles de Soiecourt, chevalier
[<P argent frété de gueules au lambel d'azur), parHavot d'Estrées
{(^argent à une rose de sable à huit merlettes de même en orle),
par Mahieu d'Aridel {fascé (f argent et de sable de six pièces à trois
merlettes de gueules au chef) et par Jean de Touffreinville ;
1 fief à Moineville • par le sieur de Pacy, chevalier [de gueules
à trois pals vairés (f argent et d'azur au chef d'or chargé de trois
coquilles de sablé) ;
4 fiefs à Ramecourt * par Tristan de Soisy, Philippe d'Auviller,
Marin de Vendeul [d'argent à la fasce de sinopk accompagnée de
trois coquilles de gueules) et par Oudart le Courdelier {de sable à
trois chandelles d'or en pal au feu de gueules), dont 2 arrière-fiefs ;
1 fief aux Trois Estoz ' par Tristan de Soisy ;
i fief à Sachy ' que soûlaient tenir les hoirs de feu mes-
sire Régnant de Chepoix ;
1 fief à Saint-Rimoult ^ par la dame de Leglantier (parti au 1
^argent à trois tourteaux de gueules au lambel d^azur^ au 2 de
gueules à deux fasces d'argent^ une merlette d'or en chef) ;
1 fief à Buisancourt ' par Guillaume de Hargenlieu ;
1 fief à Estoy * par messire Jean d'Epineuses ;
1 fief à La Neuville-en-Hez *® par Pierre le Mire de la Neuville,
contenant un bien qui fut Guillaume de Courlieu ;
1 fief à Abbecourt " par Philippe d'Abbecourt {d'argent à la
fasce de gueules à six merlettes de même en orle) ;
{ fief entre Lis et la forêt de Hez par Jean Féré {de gueules
au chef d^or chargé de trois fers à cheval de sable) ;
> Canton de Mouy.
* Bailleval, canton de Liancourt.
* Canton de Liancourt.
* Canton de Clermont.
* Cemoy» canton de Saint-Just.
* Canton de Liancourt.
"f Essuile^ canton de Saint-Just. En Tan 1464, le seigneur de Ronquerolles
refusa à messire Le Bar de Rely à relief de ce fief, par lequel refus icelui de
Hely Tint le relever à monseigneur le comte et pour ce dorénavant ce relief est
écrit sur les pleins fiefs de Clermont. D.
* Avrechy, canton de Clermont.
•, ^ Canton de Clermont.
** Canton de Noailles.
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248 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
1 fief tenu par Guillaume de Souvegny {cTazur au sautoir dar-
gent accompagné de quatre merlettes dor) ;
i fief à BrueUe-Vert * par Charles de Campreny ;
i fief au Plessier dessus Saint-Aubin *, par Symon de Blain-
court {(^argent à Fécu de gueules à huit merlettes de sable en orle
à la bordure d^azur), dont 6 arrière-fiefs audit Plessier ;
1 fief à Silly • par Gilles d'Aumaret {etargent^ émanché de
sinopk), dont 3 arrière-fiefs à Silly, à Tillart et h Hodenc * ;
1 fief près de Rieu • par Pierre des Prés {d'argent à la fasce
desinople au bâton en bande de gueules).
SAILLEVILLE (P 439) •.
Ledit sieur de Bazentin tient à Sailleville un fief du chàtel
de Clermont.
[Ce qui est écrit audit dénombrement comme étant de Lien-
court est de présent joint à la ten^e de Liencourt, qui fut la
vicomtesse de Breteuil, et ainsi ladite terre de Liencourt se tient
de Monseigneur en deux hommages. ]
LIS (f 443) '.
Simon du Sart (cT or à fécu de gueules à la bande componnée
d^ argent et de gueules) ^ tient à Liz un fief du châtel de Clermont
> Canton de Clermont.
* Saint-Aubin-8ous-Erquery, canton de Clermont.
> Canton de Noaliles. TiUart, hameau de Silly.
* Hodenc-rEvéque, canton de Noailles.
* Canton de Liancoort.
^ Laigneville, canton de Liancourt. Ce fief appartenait au xv^ siècle à la cha-
pelle Saint- Jean-Baptiste au grand Warty. D. n était dit fief Saint- Jean de Warty
en 1635. H.
'^ Canton de Clermont. On a yu supra que le comte de Clermont y avait un
domaine. Le chapitre de Saint-Pierre de Beauvais en possédait un également, pour
la sécurité duquel il avait obtenu en 1162 de Louis VII la démolition d'une for-
teresse appartenant à Raoul. La charte royale prescrivant cette démolition est
ainsi conçue : u In nomine sancte et individue Trinitatis Amen. Ego Ludovicus
Dei gratià Francorum Rex. Quoniam que fiunt pro pace ecclesiarum sic commu-
niri oportet ne in post modum vemitia malignantium impejorari possint, notum
fncimus universis presentibus et futuris quod Episcopo Belvacensi Bartholomeo
et sancti Pétri Capitulo intervenientibus per voluntatem et imperium nostrum
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 249
contenant manoir, bois, prés, vivier, cens, corvées, rentes, sai-
sines, bornages et roages. Duquel sont tenus :
2 fiefs à Louvres-en-Parisis * et 2 arrière-fiefs ;
i fief à Sainqueux ' et 2 arrière-fiefs ;
1 fief à Nuliy ' ;
1 fief à Camberonne * ;
2 fiefs à la Neuville-en-IIez • ;
1 fief à Espineuses * ;
1 fief à Clermont ;
1 fief à Besquerel ' ;
1 fief à NointeP ;
1 fief à Rosteleu • et Auviller *" ;
1 fief de Drieu Le Maire, de Cannettecourt, et 1 arrière-fief;
1 fief à Ansac " ;
2 fiefs à Monthatère '\
firmitas de Liso funditus destructa est, neque post modum ibidem sedificabitur
firma domus et quod non reedificabitur firmitas, et quod malum non faciet ville
et pertinentiis ejos aCRdavit dominus Ciarimontis Radulfus rufus. Quod ut ita
ratum sit in posterum et ommino inconvulsum Karta et sigillo nostro confirmari
pnecipimus. Actum publiée ante nos Sylvanectis anno ab incarnacione domini
4162. Astantibus in palatio nostro quorum apposita suntnomina et signa. Comitis
Theobaldi Dapiferi nostri. X Guidonis Buticularii. X Mathei Camerarii. Constabu-
lario nullo Datum per manum Hugonis cancellarii. » (Coll. Moreau TLXXI et coll.
Dom Grenier CC1X f» 166). Suivant Dom Grenier les vestiges de la forteresse du
comte Raoul existaient encore dans le courant du xviiie siècle à l'occident de la
maison seigneuriale des Vignacourt. Indépendamment des deux domaines ci-
dessus mentionnés ainsi que du fief de Simon du Sart, il existait sur le territoire
de Litz trois autres fiefs appartenant en 1373 à Tristan de Soisy, Quartier de Ne-
donchel et Guillaume de Souvegny. En 1539, François du Breuil, Jean de Vignacourt
et H. Pulleu, comparurent à la réformation de la Coutume comme seigneurs
de Litz en partie. Le premier détenait alors le fief de Simon Du Sart. Nous ne
savons quels étaient les fiefs qui appartenaient aux deux autres. Jean de Vigna-
court (d'argent à trois fleurs de lis au pied coupé de gueules) s'intitulait en même
temps seigneur du fief de Myre. H possédait aussi la Motte-d'Avregny, terre non-
déclarée au terrier mais dont son père et lui avaient fait hommage au comté en
1468 et 1499. D. Litz fut incorporé en 1732 au duché de Fitzjames.
^ Canton de Luzarches, Seine-et-Oise.
* Canton de Liancourt.
•, ♦ Canton de Mouy.
», • Canton de Clermont.
■^ Fitzjames, canton de Clermont.
s Canton de Liancourt.
» Breuil -le-Vert, canton de Clermont.
*^ Neuilly-sous-Clermont, Canton de Mouy.
*» Canton de Mouy.
" Canton de Creil. 17
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250 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
LA NEUVILLE EN HEZ.
Ledit Simon tient du châtel de Clermont deux autres fiefs
séants à La Neuville-en-Hez *.
Jehan, sieur de Basentin, tient du châtel de Clermont sa ga-
renne pour le gros et pour le menu en tous ses bois ■.
Messire Jehan Marie {de sable à la fasce crénelée dessus et des-
sous d'argent au bâton en bande de gueules), tient du châtel de
Clermont un fief séant à La Neuville '.
Morellet d'Estrées (qui porte comme d'Estrés au bâton en bande
de gueules), tient du châtel de Clermont un fief *.
Colin Le Bègue {de sable à trois pigeons chargent) tient du châ-
tel de Clermont un fief.
WARTl (f 445) *.
Tristan de Soisy, écuyer {H argent à Pécu de gueules, une mer^
lette de sable au côté dextre du grand écu), tient du châtel de
Clermont un fief séant à Warti, contenant son manoir de
Warti, le vivier de Beronne , bois de Beronne et de Bousson-
val, champarts, le moulin de Warti-Saint-Pierre, qui à présent
* Canton de Clermont. L'un de ees ûeîs était possédé en 1500 par N... Dagom-
bert. D. L'autre dit de Courlieu appartenait à la même époque à un sieur
Parent. D. et fut incorporé en 1749 au duché de Fitzjames.
* On a vu supra Tappointement intervenu en 1375 entre le duc de Bourbon et
le sire de Bazentin relativement au droit de chasse. (Ms. Fr. 20,082, f» 571.)
« Ce fief appartenait en 1539 au sieur Faluel.
* La situation et la consistance de ce fief, pas plus que du suivant, ne sont in-
diquées dans le dénombrement. L'état de Dargillière nous apprend que le fief de
Morellet d'Estrées était sis à Estrées-Saint-Denis et appartenait en 1500 à Christophe
de Francières. Par charte d'août 1230, Philippe Hurepel avait abandonné à l'ab-
baye de Saint-Denis la mouvance de divers fiefs à Ëstrées et Bailleul-le-Soc, mais
s'était réservé l'hommage lige de la maison forte et de la prévôté de la moyenne
justice d'Estrées. (Coll. Moreau, t. CXLIII.)
B Âuj. Fitzjames, Beronne, hameau. V. les notes à Tarticle du seigneur d'Espi-
neuses, p. 237.
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LB COMTÉ DE CLEBMONT EN BEAUVAISI8. 251
n'est baillé que pour 52 mines de blé pour la destruction des
guerres, cens à Moigneville S toutejustice et seigneurie. Duquel
sont tenus :
6 fiefs à Warti, dont 3 arrière-fiefs à Buri, à Clermont et au
Moulin de Nointel
i fief à Moigneville ;
i fief à Espineuses * ;
1 fief à Beronne ;
1 fief à Marigny-lès-Compiègne ' ;
1 fief à Monthatère * ;
1 fief au Vigneul de Clermont ;
1 fief en la montagne de Clermont.
(P 448.) Ledit Tristan tient du châtel de Clermont un fief au
terroir de Clermont *, contenant 5 arpents de vigne que on fait
au tiers pot, avec toutejustice, dont :
1 fief.
Ledit Tristan tient du chàtel de Clermont, des fiefs de Bon-
queroUes, un fief à Lis *.
VILLERS-LES-CASTENOY (f 448) \
Messire Jean de Basincourt, prêtre ((Tazur à 3 anneaux d ar-
gent couronnés d'or), tient du châtel de Clermont un fief séant à
Villers-les-Castenoy, contenant 3 muids de vin de rente, etc.,
dont :
3 fiefs à Villers dont trois arrière-fiefs.
< Canton de Liancourt.
« Canton de Clermont.
s Canton de Gompiègne.
* Canton de Creil.
» Ce flef appartenait en 1500 anx La Bretonnière de Warty. D.
* Canton de Clermont. Ce flef était possédé en 1500 par un sienrd'Erqoinvii-
liers, D, dont il avait pris le nom en 1624. H.
f Castenoy, canton de Liancourt. Ce fief dit de Verberie était en 1500 au sieur de
Vaulx. 1539, dame Françoise de Bonrgoigne, dame de Villers.
L
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252 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAÏSI5,
ONS-EN-BRAY \
Jehan Le Cordier {de gueules à un cercle encordé d'or et de
sinople), tient du châtel de Clermont un fief séant à Ons-en-
Bray, contenant la moitié d'une maison.
ESTOY \
Messire Jehan d'Epineuses, chevalier {dhermines à Fécu de
gueules) y seigneur d'Estoy, tient du châtel de Clermont le ma-
noir d'Estoy, terres, prés, moulin, champarts, cens. Item, sou-
loit avoir 80 hostes et 40 corvées. Item au Vigneul de Clermont
au lieu dit Cantepie, 6 arpents de vigne. Justice haute, moyenne
et basse, duquel sont tenus :
1 fief à Condé ' dont un arrière-fief à la chaussée de Rame-
court * ;
1 fief de la Mairie.
ANSAC \
Philippe d'Auviller, écuyer {de gueules à la fasce de sable
chargée <Fune étoile cPor d dextre^ accompagnée de six merlettes
d^or en or le) y tient du châtel de Clermont un fief qui fut Jean
de Bretuel, «éant au terroir d'Ansac.
1 Canton d^Auneuil.
* Canton de Clermont. 1539, Lonis d^Ognies {de sinople à la fasce cThermines),
comte de Chaulnes, en faveur duquel le duc de Bourbon érigea en fief par lettres
patentes de 1492 le domaine des Essarts, depuis appelé Cohen, sis entre Bulles,
Bizancourt et Airion. D. Le quint du fief de Jean d'Epineuses appartenait en 1500
à réglise d'Etouy qui en fournissait homme vivant et mourant. Ilnd, En 1689,
Pierre Rioult, alors seigneur d*Etouy, obtint la réunion à la justice de cette terre
de celles de Litz et de la Rue Saint-Pierre. Toutes trois furent en 1732 incorporées
au duché de Fitzjames.
8 Rochy-Xk)ndé, canton de Nivillers.
* Agnetz, canton de Clermont.
» Canton de Mouy.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 253
CAMBERONNE \
Messîre Henri Judas {d'or à trois merlettes de sablé) y tient du
châtel de Clermont en la paroisse de Camberonne un fief conte-
nant cens et rentes.
BETHENCOURT-SAINT-NICOLAS '.
Lorens de Pierrepont {d'azur au pont d argent^ une étoile en
chef à dextre), tient du châtel de Clermont un fief séant à Be-
thencourt-Saint-Nicolas.
ARS'.
Jehan Faveriau {de gueules à la fasce dor émaiiché d'azur^
accompagnée de trois fers à cheval d^ argent), tient du châtel de
Clermont la terre d'Ars, contenant son manoir, jardin et lieu où
souloit avoir deux pressoirs banaux, four banal, vignes, cens,
corvées, champarts, justice et seigneurie, duquel sont tenus :
3 fiefs à Ars ;
1 fief de la mairie d'Ars.
Ledit Jehan tient du châtel de Clermont un fief séant à Ars, qui
fut le maire d'Haudivillers, et à Yaux-sous-Camberonne, conte-
nant un manoir lieu et pressoir, terres, cens, tailles, corvées,
vinages, justice et seigneurie.
•-Canton de Mooy. 1539, Louis de Piennes (d* azur à la fasce (targent accom-
pagnée de six billettes d*or, trois en chef et trois en pointé). Acquis en 1609 par
Marguerite Guyot des Charmeaux et Bernard Potier de Silly, son premier mari,
ce fief passa au même titre qu'Ansac dans la maison de Conti et se trouvait pos-
sédé en 1789 par Monsieur, frère du roi.
■ Bailleyal, canton de Liancourt. 1539 , Nicole Charles, seigneur du Plessis-
Piquet (écarteîé au i et k d'argent à une fasce de gueules, au 2 et d d'or à cinq
/leurs de lis d'argent mises en sautoir). Au xvin« siècle uni au marquisat de Lian-
court.
* Cambronne, canton de Mouy. Lee deux fiefs de Jean Faveriau se trouvaient
de même ensemble en 1539 aux mains de Wuast de Hédouville {d'or au chef d'azur,
chargé d'un lion léopardé d'argent lampassé de gueules) ; ils furent unis en 1680
au domaine de Liancourt.
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254 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
CRESSONSART (f 4S3) \
Messire Gilles, sire de Nedonchel, Auchel etCressonsart, che-
valier [(ïazur à la bande (T argent), tient son diâtel de Cresson-
sart et son grand manoir tout à pur de M. le duc de Bourbon-
nais, à cause de son châtel de Clermont.
Ledit messire Gilles tient tout le demeurant delà terre, fiefs et
arrière-fiefs par indivis du châtel de Clermont et du seigneur de
Bulles, four, pressoir, soixante-douie hostises, valant six muids
d'avoine chacune, 6 deniers et vingt corvées, vingt autres hos-
tises valant cent-soixante chapons , cinquante muids d^avoine ,
70 sous de menus cens et deux cents corvées, deux cent-quatre-
vingts arpents de bois, moulin, champarts, toute justice et
garenne. Item le fief d'Apremont. Duquel messire Gilles sont
tenus :
1 fief à Carrières * par M"*® Yolande de Varennes, dame de
Moncavrel {parti au \ coupé au 1 d'or au 2 de gueules à trois
roses d argent ; au 2 de gueules j à la croix dCor, qui est de Va-
rennes), dont vingt-sept arrière-fiefs à Camberonne ', entre
Senlis et Creil, que souloit tenir P. de Laverchines, chevalier,
à Hondainville, à Avregny * , à la Motte-d'Aucourt % à Bre-
nouille * ;
1 fief à Boulaincourt ^ par Eustache de Mîrelessart, dont un
arrière-fief ;
2 fiefs à Rouvillers ' par Hutin de Rouvillers {de gueules au
quintefeuille d'argent à neuf merlettes de même en orle) dont trois
arrière-fiefs;
1 fief à Cressonsart.
^ Aigourd'hui Cressonsacq, canton de Saint-Just. 1539, Gilles du Fay (d'argent
semé de fleurs de lis sans nombre de sable), 1789, Dame Marie Cavelier, veuve 'de
Jean Ogier , conseiller d'Etal. BosquiUon (FFr. 25,220), inscrit la terre de Cres-
sonsacq au nombre de celles qui, sans lettres d'érection, portaient d'ancienneté le
titre de vicomte justifié par contrats, sentences et partages.
* Hondainville, canton de Mouy.
« Canton de Mouy.
♦ Canton de Clermont.
» Choisy-la- Victoire, canton de Clermont.
^ Canton de Liancourt.
'^ Agnetz, canton de Clermont.
« Canton de Saint-Just.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 255
GOURNAY (f 466) \
Messire Estèvede la Grange {de gueules au chef d'argent chargé
de trois merlettes de sable) ^ tient du châtel de Clermont un fief
séant à Gournay.
CLERMONT ET BAILLEUL-LE-SOC.
Ledit messire Estève tient du châtel de Clermont un fief com-
prenant 6 livres parisis de rente sur la recette de Clermont et
soixante-douze masures à Bailleul-le-Soc, devant chacune trois
muids d'avoine.
RANTENY V
Messire Paon des Quesnes, chevalier {d'argent à la croix de
gueules frétée d^or^ à Vécu if azur renversé au premier canton),
tient du châtel de Clermont un fief séant à Ranteny , qui fut
Enguerrand de Brunviller, contenant terres et cens.
CASTELLON \
Le Borgne de la Tournelle {d^ argent à trois châteaux de
gueules), tient du châtel de Clermont un fief à Castellon conte-
nant le bois de la Louvière et celui de Croistein à Fumechon.
CLERMONT, CANETTECOURT, BRUEL-LE-VERT (P 469).
Guillaume de Souvegny {d!azur au sautoir d'argent, cantonné
de quatre merlettes cPor), tient du châtel de Clermont la mairie
de Clermont et celle de Canettecourt tout à un hommage.
n tient aussi sa maison et pourpris de Canettecourt *, dont
deux fiefs, Tun desquels fut Drieu-le-Maire.
* Gournay-sur-Aronde, canton de Ressons. Ce fief était en 1500 aux mains de
Louis de Graville ainsi que le suivant, dit fief de La Salle. D.
* Canton de Liancourt. Ce fief était uni en 1500 à celui du sieur de Pouilleuses.
V. supra.
» Canton de Saint-Ju?t. Ce fief appartenait en 1500, à P. de Hattencourt. D.
* Breuil-le-Vert, canton de Clermont. H existait plusieurs fiefs sur le territoire
de Cannettecourt. Ceux appartenant à Guillaume et à Louis de Souvegny, se trou-
vaient , y compris la mairie de Clermont, réunis dès 1500 au domaine. Par
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256 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Le dit Guillame tient du châtel de Clermont en fief la taille
de la mairie de Canettecourt, qui souloit valoir chacun an 19 li-
vres, et n'en vaut que 16.
Le dit Guillaume tient dudit chàtel un fief séant à Bruel-le-
Vert *, dont :
2 arrière-fiefs à Bruel.
Ledit Guillaume tient à Clermont du châtel et du seigneur
de Basentin, par indivis un fief *, qui fut Jean Liégeart, dont :
1 arrière-fief.
Louis de Souvegny^ fils dudit Guillaume, et qui porte comme
son père à une étoile de gueules au milieu du sautoir, tient du
châtel de Clermont un fief séant à Canettecourt et Clermont,
dont : 1 arrière-fief.
Ledit Louis tient dudit châtel un fief à Rosteleu *.
Froissart de Vaux, écuyer (d^argent à técu de gueules à six
coquilles d^azur en orle au bâton en bande de gueules) y tient du
châtel de Clermont un fief séant au dehors de la dite ville *.
ERQUERY ^
Le sieur d*Atechy [d^or à la croix de gueules chargée de cinq
coquilles d^ argent à quatre alérions cTazur aux 2 3^4 cantons, le
1 canton (T argent au lion de sable), tient du châtel de Clermont
un fief sur la terre d'Erquery, de 11 livres parisis do rente.
CLERMONT.
Guyart de Soisy {(T argent à Fécu de gueules) y lient du châtel
de Clermont un fief sis sur Thôtel des Croissants '.
contre des leUres patentes d'octobre 1450, créèrent en faveur de Jean Allart,
fhiîtier du duc, sur le corps nommé le grand hostel de Canettecourt et terres
environnantes un fief sans justice à charge de 40 sols t. de cens. D. Pour les
fiefs de la Taque et du Gollombier. K. infra,
< Fief uni aux autres qui existaient sur le même territoire et appartenant comme
eux en 1500 à Pierre d'Argillièrc. D.
* Ce fief, ainsi que l'arrière-fief de Mathieu d'Aridel qui en relevait, était réuni
en 1500 au domaine. D.
« Breuil-le-Vert.
* Ce fief appartenait en 1500 au sieur de Crëvecœur. D.
* Canton de Clermont. Ce fief fut donné en 1472 aux Célestins d'Offémont qui
le vendirent ultérieurement au sieur de Saint-Saulieu, possesseur du surplus de
la seigneurie. D.
0 Réuni postérieurement à 1468 par acquisition au domaine. D.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 2S7
BRUEL-LE-VERT.
Ledit Louis de Souvegny tient du chàtel de Clermont un fief
séant à Bruel-le-Vert.
(Ce fief est aux héritiers Jean de Warty, par donation de Mon-
seigneur dont il étoit trésorier.)
BERONNE (P 475) \
D"' Agnès de Beronne {diapré de gueules et d'argent au lion
de sable), fille de feu Jean de Beronne, écuyer, tient du châtcl
de Clermont un fief séant à Beronne, dont :
4 fiefs à Beronne.
2 fiefs à Clermont.
1 fi^f à Nully V
CLERMONT.
Margot, fille de feu Simon Le Fourbeur {(fargeiit à trois tour-
teaux à la bordure engrêlée de sable), tient du châtel de Cler-
mont un fief séant à Clermont '.
LA NEUVILLE-EN-HEZ (f 477).
Godefroy des Potis [de gueules à un château d'argent), tient
du châtel de Clermont un fief séant à la Neuville-en-Hez, dont
3 fiefs.
Ledit Godefroy tient dudit châtel un autre fief séant au même
lieu *.
Jean Campdaveine, écuyer [de gueules à trois gerbes d'or),
tient du châtel de Clermont le fief de Lusarche ', séant à la Neu-
ville-en-Hez.
Thibault du Cange {d^ argent à trois roses de sinople), tient du
châtel de Clermont un fief séant à la Neuville-en-Hez.
* Filâmes. 1539, Florent Collesson (d'argent au lion de sable). Uni au mar-
quisat de Nointel, ce fief fut acquis en 1787 par le duc de Bourbon.
s Canton de Mouy.
s Ce fief appartenait en 1500 au sieur Hennequin. D.
^ Ces deux fiefs de Godefroy des Potis étaient en 1500 aux mains d'un sieur
Plcart. D.
5 Ce fief, possédé en 1500 par le sieur Parent, fut incorporé en 1749 au duché de
Fitzjames*
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258 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
HERMES (P 479) ^
Messire Julien des Essars, chevalier {d'azur à une bande eji
arc componée d* argent et de gueules), tient du châtel de Clennont
un fief séant à Hermès et à Clermont, dont 2 fiefs à Hermès.
LA NEUVILLE-EN-HEZ.
Jean Aléaume Taîné {d'or au coq de sable), demeurant en la
maison du Coq à Clermont, tient du châtel un fief à la Neu-
ville-en-Hez ', dont 2 arrière-fiefs.
FROIMONT-LAVILLE (f 480) \
Messire Robert de Sains, chevalier {diapré de gueules et d'ar-
gent à un écu d'azur à deux fasces d^ argent au côté dextre), tient
du châtel de Clermont un fief séant îi Froimont-la-Ville.
ROULAINCOURT *.
Witasse de Mirelessart {de gueules à la bande ^argent accom-
pagnée de deux cotices de même), tient du châtel de Clermont deux
fiefs, dont Tun à Roulaincourt, et l'autre consistant en Fusage
de la forêt : «c'est assavoir d'y mener paître douze vaques et de
mettre en pesson dix pourceaux, de y prendre tout bois sec et
bois caable, quel que il soit, tant pour ardoir en son hostel de
Roulaincourt,. que pour autre chose audit lieu, si mestier y est. »
«COURT \
Gilles d'Espaières {d^azur à cinq châteaux d'or), tient du châ-
tel de Clermont un fief à Gicourt, dont 2 arrière-fiefs.
* Canton de Noailles. Ce fief est indiqué en 1500 comme étant réuni depuis
longtemps déjà au domaine. L^hôtel du Mouton à Clermont en relevait. D.
* Ce fîef dit de Mitry appartenait en 1339 à Nicolas Pulleu, seigneur de Litz en
partie.
» Bailleul, canton de Nivillers. Ce fief fût acquis au xvo siècle par Tabbaye de
Froidmont qui dut en fournir homme vivant et mourant. D..
* Agnetz , canton de Clermont. 1539, François du Breuil. Des lettres patentes
de mars 1484 avaient autorisé Octave du Breuil, père du comparant à la réfor-
mation de la coutume, à relever le fief en usage de Witasse de Mirelessart D.
Union au marquisat de Nointel.
» Agnetz. 1539, François du Breuil, en même temps seigneur de Boulaincourt ;
union au marquisat de Nointel. Certains titres donnent à Gicourt le titre de
baronnie (F. Fr. 25,220).
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LE COMTé DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS. 259
(Folio 481.) Deux fiefs tenus du chàtel de Clennont par Pierre
Le Cuvelier [fascétP argent et de sable à trois crocs de gueules), et
par N... {d'argent au sautoir de gueules y accompagné de quatre
merletles de même).
BOULAINCOURT.
Colart du Tenement (paie â argent et de sable de six pièces à
deux fasces de gueules), tient du châtel de Clermont et des fiefs
de RonqueroUes un fief à Boulaîncourt*.
Le Maire d'Agnet [de gueules à trois bcsants d'argent chargé
d'une épée de gueules en bande), tient dudit châtel de Clennont
un fief au même lieu *.
CLERMONT-ROTELEU.
Le seigneur d'Offemont, chevalier [de gueules semé de trèfles
dor à deux bars adossés de même), doit prendre chacun an à
Clermont, à cause de son hommage, iOO livres parisis hérita-
blement sur la prévôté de Clermont •;
La dame d'Offemont [parti au l dOfftmont au 2 dora
trois maillets de gueules en pal qui est de Mailly), tient de Cler-
mont un fief consistant en onze muids de vin sur les toUoisons
de vin que on nomme les tolloisons de Mailly, et en est homme
de M^ à cause du chàtel de Clermont.
Le sieur de Socourt [d argent frété de gueules), tient du châtel
de Clermont un fief séant à Roteleu *.
Ledit sieur de Socourt tient dudit châtel trois fiefs à Cler-
mont, consistant, Tun en onze muids de vin, Tautre en rente et
' Ce fief dit du Tenement et du Héron en 1374 et 1622 fut plus tard réuni à la
seigneurie principale de Boulaincourt.
* La mairie d'Agnetz, tenue en fief, fut acquise le 4 mai 1513 par la duchesse de
Bourbon pour le prix de KM) livres p. (Archives nationales P 1369 *, G 1759.)
* L. P. de Louis de Bourbon, du 14 décembre 1324, portant création de ce fief
qui fut plus tard appelé fief en Vair et passa avec le suivant, désigné sous le nom
de fief du vinage de Ganettecourt, aux Montmorency, seigneurs de Meilo. Le
18 juillet 1771, Claude Patu, baron de Mello, fit hommage au comté du fief en
Tair ou volant, consistant en 125 livres de rentes sur les émoluments de la pré-
vôté de Clermont et du fief du vinage de Canettecourt, consistant en un petit
domaine et droits de vinage, lesdits fiefb faisant partie de Ja baronnie de Mello à
lui adjugée par arrêt du Parlement du 10 mai 1769. D et H.
* Ce fief appartenait en 1500 au sieur Du Verger. D.
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280 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISI8.
cens sur des maisons, entr'autres : l'hôtel de la Couronne; lo
troisième, en un fief d'une valeur de 1,250 livres tournois, que
des lettres de Louis II permettaient audit sieur de Secourt d'as-
seoir sur telles terres qu'il lui conviendrait dans le ressort de
Clermont *.
Messire Guillaume de la Tournelle, chevalier [dor à cinq
châteaux de gueules) j tient du châtel de Clermont un fief séant à
Clermont.
Ledit Guillaume tient dudit châtel un autre fief séant à Rote-
leu et à Clermont, contenant cinq muids et demi, cinq sep-
tiers et un lot de vin de toUoison à asseoir par les mains du
maire de Clermont *.
LESTAQUE ^
Messire Jacques de Sainseval, chevalier [dargeni semé de
trèfles de gueules à deux bars adossés de même), tient du châtel
de Clermont un fief séant à Lestaque, dont sont tenus :
1 fief à Jaux *.
1 fief à Lieuviller ^
1 fief à Canettecourt, dont un arrière-fief.
CLERMONT.
Guillaume Marée [de gueules à un poisson (f argent) j tient du
châtel de Clermont un fief qui fut Boule d'Agnets *.
Jean Le Pelé [de gueules à une tête d'homme d'argent au bon^
net d'or), tient dudit châtel un fief tenant à une maison qui fut
Pierre de Havrechy et à une maison qui fut feu Enguerrand de
Nedonchel, et un autre fief qu'il acquit de Renaud de Havrechy '.
* Les deux premiers sont indîquéfs par l'Etat de Dorgillière comme personnels
à Gilles de Soiecom*t, le troisième fut sans doute Torigine du fief du Coq qu*une
charte du 14 septembre 1463 institua en faveur de Louis de Soiecourt, dont la
veuve le transmit à sa fille du second lit Anne Pot, femme de Guillaume de Mont-
morency D. Au xviie siècle, le fief du Coq était uni à la seigneurie de Nointel H.
« Ce fief était dit du Châtelet en 1597. H.
s Aujourd'hui Latache à Canettecourt. 133^, Nicolas d'Angoudessent (d*or à la
croix ancrée de gueules),
^ Canton de Compiègne.
> Canton de Saint-Just.
* Ce fief appartenait en 1500 à Jean d'Argîllière. D.
' Ce fief, acquis par Louis de Soiecourt, passa ensuite aux Montmorency. D.
( Voir supra.)
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÀUVÀISIS. 261
Lermite Mauchevalier [dCargent à la bande d^azur chargée de
trois fleurs de lis der au lambel de gueules), tient du châlel de
Clennont un fief sis à Cantepie *.
LESGLENTIER (f 488)V
Jean de Crapain {diapré de gueules et d^argent à la bordure
d'azur) tient du châtel de Glermont un fief séant à Lesglentier,
dont sont tenus :
H fiefs et arrière-fiefs à Lesglentier, Ravenel ', Angivillers *,
Angicourt * et Monchaux *.
ERQUINVILLER (f 490) '.
Ledit Jean tient dudit châtel par deux hommages un fief
contenant les deux parts de la motte et châtel d'Erquinviller,
dont sont tenus :
3 fiefs à Erquinviller, dont 2 arrière-fiefs ;
1 fief à Lieuviller * ;
2 fiefs à la Neuville-le-Roy % dont 9 arrière-fiefs ;
1 fief à BailleuUe-Sot *^
GIENCOURT. — BRUEL-LE-SEC.
Ledit Jean tient du châlel de Glermont un fief à Gi encourt ",
dont l fief.
* Lettres de septembre 1257 par lesquelles Mahaut de Boulogne donne en fief
et hommage à Jehan Floiri et à ses hoirs la maison de Cantepie, sise à Glermont
(F. Fr. 4,663, f» 94), ce fief appartenait en 1500 au sieur Leullier D.
* Canton de Maignelay. 1539, Charles de Moyencourt {de gueules à la bande
eTargent accompagnée de six croix de même recroisettées). 1789, Àmbroise Palissot,
baron de Beauvois. L'état de Dargillière signale l'existence près de Lesglentier
d'un fief dit de Vienne, dont dépendaient plusieurs arriôre-fiefs. Il appartenait
au xiv« siècle à Colart de Vienne, et au xyi<» siècle à Jean de Vignacourt.
', ^ Canton de Saint- Just.
s, * Canton de Liancourt.
'' Canton de Saint- Just. En 1500, ce fief appartenait à Pierre de Ferrières. D.
1789, Chadancourt.
«, » Canton de Saint-Just.
«• Canton de Oermont.
** Hameau de Breuil-le-Sec, canton de Clennont. Ce fief s'appela plus tard fief
des Filleaux. D.
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262 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS.
Il tient dudit châtel un fief à Bruel-le-Sec *, dont 5 fiefs.
n tient encore dudit châtel le fief de la Pierre, dont ^ fief.
CAIGNELET (^ 495) \
Maître Guillaume le Bescot [de gueules à la croix d'or canton-
née au 1 d^un écu diapré comme dessus, aux 2, 3 e/ 4 d^une mer--
lette dor)y dont sont tenus :
2 fiefs à Warty ' ;
2 fiefs à Monstier ^ ;
4 fiefs à Angiviller, dont Tun de la mairie^ desquels sont tenus
H arrière-fiefs;
1 fief àNouroy';
1 fief à Clermont ;
IfiefàNully*;
2 fiefs à Lierval, dont 1 de la mairie.
ANGIVILLER.
Ledit maître Guillaume tient du châtel de Clermont un fief à
Angiviller, dont sont tenus :
1 fief à Angiviller ;
1 fief à Canettecourt.
ERQUINVILLER.
Mahieu d'Erquinviller, dit le Borgne {diapré de gueules et
d^ argent à la bande d^ azur) y tient du châtel de Clermont un fief à
Erquinviller, lequel fief il a par moitié à rencontre de Tautre
appartenant à Jean de Crapain.
(Mêmes arrière-fiefs que ci-dessus.)
> Ce fief fut légué en 1465 an chapitre de Clermont, ainsi qne le suivant, par
la dame de Vaux. D. Le chapitre le vendit en janvier 1659 an marquis de Nointel.
s D'après le dénombrement^ ce fief était situé entre Ravenel et Angivillers,
et suivant Dargilliëre sur le territoire de cette dernière paroisse, dont était sei •
gneur en 1539 Philippe Le ThoiUier dit Guillebon {cfaztir à une bande eTor ^
accompagnée de trois besnnis de même, 2 en chef et 1 en pointe) , 1789 de Flahaut,
marquis de la Billarderie.
* Canton de Clermont.
*, » Canton de Saint- Just.
• Neuilly-sous-Clermont et Lierval son hameau, canton de Mouy.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÀISIS. 263
SACHY-LE-GRAND (f S04) \
Raoul de Fayel (d'argent au sautoir de gueules cantonné de
quatre merlettes de même) lient du châtel de Clermont un fief
séant à Sacy-le-Grand, dont sont tenus :
10 fiefs à Sachy, dont 7 arrière-fiefs ;
1 fief à Estoy \
ERQUERY (f» 507) \
Messire Jean de Saint-Saulieu, chevalier et évoque de Cou-
tances {cPazur à la croix d^or chargée (Fune étoile de gueules can-
tonnée de seize croisettes d'or), tient du châtel de Clermont un fief
séant à Erquery, dont sont tenus :
2 fiefs.
NOINTEL (fo 508) *.
Le sieur d'Atechy (qui porte comme Laval-Montmorency
franc quartier d^ argent au lion de sable) tient du châtel de Cler-
mont un fief séant à Nointel.
Ledit sieur tient dudit châtel 2 fiefs à Nointel, dits de Remin
et d'Erquinvilliers, dont 2 fiefs.
Ledit sieur tient dudit châtel un fief à Nointel qui fut Hideux
de Nointel.
1 Canton de Liancourt. Ce fief appartenait en 1500 au sieur Collesson. D.
* Canton de Clermont.
* Canton de Clermont. 1539^ Jean Leclercq. Uni au duché de Fitzjames en 1711.
* Canton de Liancourt. En 1457, l'héritière des d'Attichy releva h un seul hom-
mage tous les fiefs nobles de Nointel. Le 4 juillet 1497, demoiselle Blanche de
Nesle d'Offemont fit don de la terre de Nointel à Charles de Contay son neveu. D.
1539, Jean de Humières {d'argent frété de sable), 1603, hommage au comté ptir
François OUier des terres et seigneuries de Nointel et Ronquerolles, acquises le
26 juillet 1602 de Jacqueline de Humières, dame de Crevant. Septembre 1634,
érection en marquisat de Nointel avec Ronquerolles, Gicourt, Béronne, Autre-
ville, Agnetz et Boulincourt en faveur d'Edouard Ollier, conseiller d'Etat {d'or au
chevron de gueules chargé en chef d'un croissant d'argent surmonté d'un besant
d'or et accompagné de trois grappes de raisin de sable à la bordure d'azur chargée
de fleurs de lis cfor). Octobre 1697, confirmation pour Louis Béchamel. Sa der-
nière héritière, mariée à un sieur Ribault, vendit en 1787 au duc de Bourbon.
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264 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Ledit sieur tient encore à Nointel dudit châtel un fief, appelé
le fief de Cressonsart, dit de Warty, dont :
17 fiefs et arrière-fiefs.
NULLY \
Lorens de Pierrepont {cTazur à un pont émargent surmonté
(Pune étoile âor à dextré) tient du châtel de Clermont, des fiefs
de RonqueroUes un fief séant à Nully, dont :
1 fief.
MOYENNEVILLE *.
Monseigneur le Duc de Bourbonnais tient du châtel de Cler-
mont un fief séant à Moyenneville qui fut Louis d'Erquery,
dont :
2 fiefs.
NOINTEL (f^ 513).
Pierre de Nointel, dit Hideux {d'argent à la bande de sable
accompagnée de six mcrlettes de même), tient du châtel de Cler-
mont un fief, dont :
1 fief du manoir ;
2 fiefs à Nointel, dont 6 arrière-fiefs ;
2 fiefs dit de Wandivoye ;
1 fief à Nointel tenu par le sire de Cressonsart, dont 8 arrière-
fiefs.
* Neuilly-sous-Clermont, canton de Mouy. Ce fief, dit fief de Coutances, avait
pour possesseur en 4539 Jean du Breuil^ en 1789 le sieur de Mongeron. De Neuilly-
sous-Clermont fait actuellement partie ÂUTillers. La seigneurie de ce nom n'est
pas portée au dénombrement de 1373. En signalant cette omission, Dargillière
ajoute qu'elle fut droicturée le 25 février 1469 par Jean d'Auvillers, qui disait
avoir don testamentaire par feu Jean d'Auvillers, que la môme année elle fut ac-
quise par Simon d'Arquinvilliers. Olivier d'Arquin'villiers comparut à la réforma-
tion de 1539. Le sieur de Soucanye de Landevoisin possédait Auvillers en 1789.
« Canton de Saint-Just. Ce fief, dit fief Tricot, D, demeura toujours uni à la
prévôté de Gournay. L'autre fief, dit de Passy, appartenait en 1539 aux hoirs de
Brinon. F. infra.
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LE COMTÉ DE CXERMONT EN BEAUVAISIS. 265
BRUEL-LE-VERT (f« 519).
Guillaume de Souvegny, receveur de Clennont, tient du châtel
de Clennont un fief à Bruel-le-Vert des acquêts de la dame de
BonviUers *.
MOYENNEVILLE.
Le sieur de Pacy, chevalier [de gueules à trois pals de vair au
chef d^or chargé de trois coquilles de sable) ^ tient du châtel de
Clennont des fiefs de RonqueroUes, un fief séant à Moyenne-
ville*.
BRUEL-LE-VERT.
Jean d'Abbecourt (d! argent à la fasce de gueules accompagnée
de trois merlettes de sable en chef et trois en pointe) tient du châtel
de Clennont un fief séant à Bruel-le-Vert '.
WARNAVILLER *.
Vigier Waroult {de gueules à la croix d'or, chargée d'une étoile
de gueules y accompagnée de quatre merlettes de sablé), tient du
châtel de Clennont un fief à Warnaviller.
S » Uni8 aux autres fiefs de Breuil-le-Vert. {V, supra.)
* Canton de Saint-Just. Ce fief, dit de Passy, appartenait en 1539 aux hoirs de
Brinon.
* Rouviller , canton de SaintrJust. Ce fief appartenait en 1500 à la famille de
Fumechon. 11 fat créé en 1490 sur son territoire un fief de 12 muids de grain de
rente, dont 10 vinrent par acquisition à l'abbaye d'Ourscamp, D.
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266 LE COMTÉ DE CXERMONT EN BEÂUYAISIS.
VILLERS-LES-CASTENOY ET SACY-LE-GRAND (P 519).
Raoul de Longueaue [d'argent au sautoir de sable cantonné
de quatre merlettes de même) y lient du châtel de Clennont un
fief séant à Villers-les-Castenoy \ dont :
3 fiefs à Villers-les-Castenoy.
1 fief à Agnet, dont 2 arrière-fiefs,
Ledit Raoul tient dudit châtel un fief séant à Sacy-le-Grand *,
dont :
l fief de Richard Pillon, tenu par M^ de Socourt, dont M. le
duc a rhommage qu'on doit lui restituer.
1 fief de la Voirie de Cuignières *.
1 fief à Valescourt *.
1 fief à Sacy, dont 2 arrière-fiefs.
D"' Jeanne de Pouilleuse [diapré de gueules et d'argent au
franc-quartier de sable à une étoile (Tor), tient du châtel de Cler-
mont deux fiefs, l'un séant à Villers-les-Castenoy, l'autre à
Sacy-le-6rand ^
Havet d'Estrées, qui porte comme Estrées, au lambel de
gueules, tient du ch&tel de Clennont un fief séant à Villers-les-
Castenoy •.
RANTENI '.
Jean de Paillart [d'argent à la croix de sable frétée d'or, can*
tonnée de quatre merlettes de sable) y tient du chéttel de Qermont
le fief de Domeliers sis à Ranteni, dont :
Ifief.
^ *, *, 0 Le fief du sieur de Longueaue appartenait en 1500 au sire de Roye, de
même que le suivant, D. Us étaient dits en 1642 fiefs de Roye. Les fiefs de la de-
moiselle de Pouilleuse étaient en 1500 à un sieur Boileau, D^ dont ils prirent ulté-
rieurement le nom. Le fief d'Havet d*£strées^ dit fief de Lombus, appartenait en
1500 au sieur de BouUainyilliers, D.
», * Canton de Saint-Just.
7 Canton de Liancourt. Ce fief fut donné postérieurement à 1465 à la chapelle
de Nedonchel. En l'amortissant, le comte de Clennont en retint à lui la justice et
seigneurie, d'où relevait un fief à Rantigny tenu par Paon Des Quesnes et depuis
par la famille de Ravenel, D.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 267
VAUX-SOUS-CAMBERONNE (f 523) \
Jean de Vaux {d'argent à Pécu de gueules à huit coquilles cP a-
zur en orle)y tient du châtel de Clennont deux fiefs à Vaux, dont
2 fiefs.
COLLOMBIER \
Guillaume Le Cercelier {de gueules à un cercle d'argent aux
feuilles de même), tient du chàtel de Clennont un fief séant au
GoUombier.
FILLERVAL \
Messire Geoffroy de Charny, chevalier, {de gueules à trois
écus d'argent j le 1 chargé d^une étoile de sable) tient du châtel de
Clennont son manoir de Fillerval, clos de murs et de fossés à
eau, moulin, vivier, pressoir et cens sur des masures sises tant
à Thori qu'à Fillerval, dont sont tenus :
7 fiefs à Thori, dont 3 arrière-fiefs.
WARTI.
Philippe de Maimbeville {diapré ^argent et de sable au bâton
en bande d^azur)^ tient du châtel de Clermont 2 fiefs à Warti *.
1 Canton de Mouy. Ces deux fiefs appartenaient en 1500 aux d'ÂrgîUière et
Ravenel, D.
• Canettecourt, hameau de BreuU-le-Vert. Ce fief et celui de Raoulin de Fri-
camps, qui existait au même lieu, étaient en 1500 depuis longtemps déjà réunis au
domaine, et leurs héritages baillés à cens, D.
• Thury, canton de Mouy. Les religieux de Corbie possédaient à Thury, ainsi
que nous l'ayons indiqué plus haut, un manoir pour lequel ils payaient soixante
anguilles par an au comte de Clermont. Le fief de Fillerval, acheté en 1388 par
Arnaud de Corbie, chancelier de France, fut vendu vers 1530 par ses descendants
à Claude de Durand (de sable à trois chevrons d'argent à la fasce de même), 1789,
Marquis de Cassini.
^ Cea fiefs furent acquis en U78 par Jean de la Bretonnière Warti, D.
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268 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS.
CLERMONT.
Tristan de Soisy {d^argent à Pécu de gueules^ une merktte de
sable au côté dextre de Fécu)^ tient du châtel de Clermont un fief
à Clermont \ dont :
1 fief à Giencourt.
ROTELEU.
Messire Regnault de Tère {de sable à trois coquilles d'argent
au bâton en bande de gueules à la bordure (t argent), chanoine
de Noyon, tient du châtel de Clennont un fief à Roleleu *.
RANTENI \
Jean Le Jumel [d'argent à trois fasces de sable au bâton en
bande de gueules), tient du chàtel de Clermont un fief séant à
Ranteni, dont 1 fief.
GUEHANGNI-LES-RAILLEVAL (f» 528) *.
Jean du Crotoy {de gueules à un navire âor à la voile
d^ argent), tient du ch&tel de Clennont un fief à Guehangni-les-
BaiUevd.
BOISICOURT •.
Florent de NuUy {cPor à la croix de gueules chargée de cinq
besants d^ argent), tient du châtel de Clermont un fief séant à
Boisicourt, dont :
2 fiefs des Baniers.
1 fief à la Neuville-le-Roi •, dont 11 arrière-fiefs.
* Ce fief parait avoir été réuni à un autre appartenant sur le même territoire
audit sieur de Soisy (Voir supra) et avoir suivi son sort.
* Ce fief appartenait en 1500 au sieur de Bacquencourt, D.
* Ce fief appartenait en 1500 au sieur de Couronne!, D.
^ Ce fief appartenait en 1500 à la famille de MaiUy, D. Ne serait-ce point le bois
de Gaingni que Robert de Clermont donna à foi et honmiage en février 1284 à
Thibault de Pouilleuse, chevalier, sur le territoire de Breuil-le-Sec (F. Fr. 4,663, fo 35).
* Bury, canton de Mouy. Ce fief appartenait en 1500 à on sieur Tisseul, D.
' Canton de Saint-Just.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 269
LARDIÉRES (f 533) \
Messire Emoul de Gaures, sieur d'Escornay, chevalier {dor
au chevron de gueules à un double tréchoir fleuronné de fleurs de
lis coupées d'azur sur le tout) y tient du châtel de Clermont un fief
séant à Lardières^ dont sont tenus :
5 fiefs à Lardiëres.
1 fief à Sandricourt *, dont un arrière-fief à Amblainville.
2 fiefs à Méru ', dont un arrière-fief.
ABBECOURT \
Guy de Traynel, écuyer {vairé d^ argent et cPazur)^ tient du
chàtel de Clermont un fief séant à Abbecourt, dont :
Ifief.
LE PLESSIER-BILLEBAULT (P 835) \
Messire Regnault de Trie, chevalier, [d'or à la bande compon-
née d argent et d^azur, et bordée de gueules^ une merlette de sable
au côté senestre de Pécu) tient du châtel de Clermont un fief au
Plessis-Billebault, en la forêt de Hez.
n tient dudit chàtel un autre fief au même lieu.
1 Canton de Méru. Février 1331, lettres de Philippe VI annexant au comté de
Clermont la terre de Lardières, qui avait jusqu'alors relevé de Beaumont-sur-
Oise et autorisant Louis de Bourbon à la donner à foi et hommage à Dreux de
Roye. Ce fief appartenait en 1500 à Ferry, sieur d'Âumont, D. U était appelé en
1645 fief des Cornets et des Champarts de Lardières. 1789, le comte de Bouchiat,
seigneur des Champarts de Lardiëres.
* Hameau d'Âmblainville, canton de Méru.
* Chef-lieu de canton de Tarrondissement de Beauvais.
* Canton de Noailles. Ce fief appartenait en 1500 à Antoine de la Place, D.
L'état de Dargillière signale également l'existence à Ahbecourt d un fief dit de
Courselle, non indiqué au terrier, qui était possédé au xv« siècle par Philippe de
Fumechon.
* Ansacq, canton de Mouy. Les trois fiefs du Plessis-Billebault se trouvaient en
1500 réunis au domaine, le dernier par confiscation. Au commencement du
xvii» siècle, Henri du Plessis, marquis de Richelieu, se rendit acquéreur du fief
du Plessis-Billebault, dont son frère le cardinal rendit hommage le 12 juin 1623
au comté de Clermont, en même temps que des seigneuries d'Ansac et de Cam-
bronne.
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270 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Philippe de la Tournelle {(^argent à cinq châteaux de gueules
au lambel (tazur), tient du chàtel de Clermont un fief près du
Plessier, contenant sept arpents de bois, dont sont tenus :
4 fiefs à Longueul *.
LIS.
Quartier de Nedonchel [d^azur à la bande d'argent chargée de
trois croissants de gueules^ la bande aussi bordée de gueules),
tient du châtel de Clermont un fief à Lis ', dont un fief à Lis et
Catviller et un arrière-fief.
VAUX-SOUSCAMBRONNE.
Havot de Blaincourt {(Tazur à Pécu de gueules^ accompagné de
huit coquilles de sable en or le), tient du ch&tel de Clermont un fief
séant à Vaux.
BRUEL-LE-SEC.
Le maire de Bruel {parti au 1 de sable au lion issant d! argent
au 2 diapré), tient en fief la mairie de Bruel '.
Ledit maire tient dudit châtel un autre fief au même lieu *.
ROSOY (f* 538) •.
Drieu de Pisseleu, chevalier, {ctazur à trois lions d'argent au
bâton en bande de gueules), tient du chàtel de Clermont un fief
séant à Rosoy.
* Berthecourt, canton de NoaiUes. La réunion du fief de Philippe de la Tour-
nelle au domaine plaça dans sa mouvance Immédiate les fiefs de Longueil qui
appartenaient en 1539 à Pierre Le Maire^ seigneur de Parisis-Fontaine (d'argent à
trois losanges de gueules 2 en chef 1 en pointe) et celui de Philippe du Bus à Cail-
louel, hameau de Hermès, acquis en 1754 par le comte de NoaiUes, dont le fils,
duc de Mouchy, comparut en 1789 à Clermont, comme seigneur du Bus.
* Ce fief s'appelait fief Musas en 1624, H.
> La mairie de Breuil-le-Sec appartenait en 1500 au sieur de BouUainyilliers, D.
Peut-être serait-ce le fief qui en 1596 était dit fief du Gouverneur.
* Ce fief était en 1500 réuni au domaine, D.
> Canton de Liancourt. Ce fief, dit de Pisseleu, appartenait en 1539 à damoiselle
G. Du Bois, qui s'intitulait en même temps dame de Rozoy et de la mairie de
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 271
ROTELEU.
Jean d'Ars {de gueules à trois arcs (tor à la corde â!argent
affrontés) tient du châtel de Clennont un fief séant à Roteleu.
VALESCOURT (P 539) \
Aubert de Ferrières [d'or à la croix de sable chargée de cinq
coquilles d argent au bâton en bande de gueules) tient du châtel
de Clennont un fief séant à Valescourt, dont :
4 fiefs.
MELLENCOURT (f 540) *.
Messire Hue de Chatillon, chevalier {de gueules à trois pals de
vair au chef â! or chargé de deux lions passants affrontés de sable),
tient du châtel d© Cleimont un fief séant à Mellencourt, dont :
3 fiefs et arrière-fiefs.
Sacy-le-Grand. En 1789, la comtesse d'Andlau comparut par procureur à l'assem-
blée du bailliage de Clennont comme dame de Pisseleu et de Yerderonne. Bos-
quillon (Ms. Fr. 25,220), place la seigneurie de Yerderonne dans le ressort du
bailliage de Clermont ainsi que semble également l'indiquer le procès-verbal de
1789, et donne sur elle les renseignements suivants : Possédé pendant près de
quatre cents ans par la maison de Villers-Saint-Pol à laquelle il avait été donné
par Alphonse de Portugal et Mathilde de Boulogne, Yerderonne fut acquis en
1586 et 1587 par Claude de TAubespine {d'azur au sautoir d'or cantonné de quatre
billettes de même) y dont le petit-fils obtint son érection en marquisat par lettres
d'octobre 1650. Louis de l'Aubespine vendit par contrats de février 1736 et
novembre 1738 les différents domaines qui composaient le marquisat de Yerde-
ronne au marquis de Gouy d'Arcy et au comte d'Andlau, lesquels en rendirent
chacun à leur égard la foi et hommage au bailliage de Clermont en 1738 et 039.
* Canton de Saint-Just. 1539, d'Argillière (d'or à la fasce de gueules accompa-
gnée de trois trèfles de même), 1789, comte de Feniolle.
> Aujourd'hui Merlemont, hameau de Warluis, canton de NoaiUes. Ce fief était
également dans la mouvance de la chAtellenie de Mello. 1539, Louis des Courtils
{d'azur au lion d'argent armé et lampassé de gueules portant au col un écusson
de gueules au lion d'argent), 1789, Charles-Louis des Courtils de Merlemont.
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272 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
CANETTECOURT.
Louis de Souvegny de Sains [â!azur au sautoir (Targent can--
tonné de quatre merlettes de même) tient du châtel de Clermont
un fief à Canettecourt *, dont :
1 fief à Clermont.
LIERVAL •.
Philippe d'Auviller {de gueules à trois fleurs de lis coupées d'ar-
gent) tient du châtel de Clermont un fief séant à Lierval.
HONDAINVILLE (f» 541) ».
Messire Griffon de Clary, chevalier {d'argent à la fasce âazur
surmontée dun écu de gueules au lion d'or à dextre), tient du
châtel de Clermont un fief à Hondainville, contenant toute la
ville, son manoir devant le moustier, bois, terres, cens, corvées,
pressoir et moulin *. Duquel sont tenus :
4 fiefs à Hondainville, dont un de la mairie et 5 arrière-fiefs à
Hondainville et Froimont.
COLOMBIER (f 845).
Raoulin de Fricamps {de gueules semé de croisettes d'or à la
bande d'or chargée de trois étoiles de sable) tient du châtel de
Clermont un fief séant à CoUombier *.
> Ce fief appartenait en 1486 à Louis Gayant, D.
s NeuiUy-sous-Ciermont, canton de Mouy. En 1500, ce fief appartenait an sieur
Le Plat, D.
• Canton de Mouy. 1539, Jacques de Vauldray (de gueules émanché d'argent de
deux pièces), seigneur du châtel de Hondainville et de la viUe en partie ; Jean de
Pouls et Jean de Béthancourt (d'argent à la bande de gueules chargée de trois
coquilles d'or), seigneurs d'Hondainville. 1789, Paul Bourgevin de Vialart de Saint-
Morys, seigneur d'Hondainville et de Carrières, hameau d'Hondainville et arrière-
fief de Cressonsacq (V, supra.).
^ Ce moulin était chargé au profit du seigneur de Carrières d'une redevance de
27 mines de hlé, payables au jour de la Madeleine « & telle condition que si on
ne les paye audit jour il peut emporter les fers du moulin et mettre un meunier
de par le dit moulin jusques à temps qu'il soit payé. »
> Ce fief, comme celui de G. Le Cercellier, était en 1500 réuni au domaine et
ses terrés accensées, D.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAtJVAISIS. 273
LA CHAUSSÉE DE RAMÉCOURT *.
Marin de Vendeuil {de gueules à la fasce onglée d'argent) tient
du châtel de Clennont un fief séant à la chaussée de Ramécourt,
dont :
Ifief.
CASTILLON {t 546) V
Henry de Saînt-Rimoult {de sable au lion d'argent) tîent du
châtel de Clennont le quart de la grande censé de Castillon,
dont :
S fiefs entre Castillon et le Quesnel, sur le travers de Castillon
et à Bulles.
BAILLOEL-EN-FRANCE ET FRANCONVILLE ».
Ces deux terres ne figurent pas au Dénombrement de 1373;
elles ne faisaient pas, en effet, originairement partie du comté
de Clermont. Mais depuis le milieu du xiv" siècle, elles y furent
et demeurèrent rattachées *. Nous croyons donc intéressant de
reproduire ici un état en brief de leurs revenus et valeur, dressé
précisément à la même époque, et que nous ont fourni les ar-
chives nationales *.
Nous avons indiqué plus haut comment les domaines de
^ Agnetz, canton de Clermont.
* Canton de Saint-Just. Ce fief appartenait en 1500 à Jean de Gouy, D.
• Aujourd'hui, cantons d'Ecouen et de Montmorency (Seine-et-Oise).
^ Cette mouvance fut contestée, lors de la réformation de la Coutume^ par dame
Loyse de Villiers qui prétendit que ses terres de Baillet et de Franconville étaient
du ressort de la prévôté et vicomte de Paris, et non de celui de Clermont. Mais il
fut passé outre à son opposition, sur les conclusions des gens du roi.
» P 1362 •, no 1043. L'état débute ainsi : « Extrait fait en la Chambre des
Comptes du Roy notre sire à Paris, d'un papier long, relié sur la façon et volume
de ceulx que l'on fait à Montpellier, ouquel est escript et compris en brief les
revenus et valeur des pais et demaine que monseigneur le duc de Bourbonnais
tenoit en France en MCCCLXXVII, en ce comprins les charges comme fiefs, au-
mosnes etgaiges d'officiei*s : c'est assavoir de Bourbonnois, Fourez, Beaujolois, la
conté de Clermont en Beauvoisin, la chambrerie de France, Bailloel et Francon-
ville, etc ouquel sont comprins ces parties en la forme et manière que s'en-
suit. »
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274 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVAISIS,
Franconville-au-Boîs et de Baillet en France, qui rapportaient
600 à 700 livres parisis de revenu, furent confisqués sur Robert
d'Artois, et donnés en janvier 1337 par Philippe VI à Louis!" de
Bourbon, comte de Clermont. En février 1377, le duc Louis II
concéda l'usufruit de ces deux domaines à messire Hutin le
Baveux, son chambellan, et cinq ans après (1382), en considé-
ration du mariage que celui-ci allait contracter, transforma
l'usufruit en pleine propriété, à charge de foi et hommage, et
sous la seule réserve du droit de retour poiu* le cas, qui ne se
réalisa pas, d'extinction de sa descendance. Jeanne Le Baveux,
fille du donataire, porta Franconville et Baillet dans la maison
d'O {(P hermines au chef endenté de gueules) par son mariage avec
Robert, sénéchal du comté d'Eu, sixième aïeul de Jacques d'O,
en faveur duquel elles furent érigées en marquisat par lettres-
patentes de juin 1619. Au xviii® siècle, le duc de Brancas-
Lauraguais en était possesseur du chef de sa mère, Geneviève-
FéUcité d'O.
BAILLOEL-EN-FRANCE.
Primo. Lostel, jardins et deux arpens de terre lx s.
Item. V arpens de haut bois joignant c s.
Item. Au bois aus Moines iiii** et xv arpens par tables par la
main du seigneur et paient par manière qui sensuit :
A sire Jaque de Quoquelet de Paris, pour xl arpens.
A messire Denis de Lerris pour xxvim arpens.
A Genevote et sa fille de Hangest, xxin arpens.
Aux hoirs messire Drieu de Merlo, pour ni»* arpens.
Ledit seignem' y en prent par sa main xxin arpens valent l s.
Item es bois de Trôiaux v® arpens qui se se vendent de lage
de IX ans ii frans, par un»» livres.
Item II arpens et demy de près xl s.
Item les explois des censsives lx s.
Item les explois de la justice • es.
Les champs sont vendus vi muis vi sestiers de grains, le tiers
davaine où les hommes de fiefz prendentle tiere par le seigneur
IX livr. xiî s., vault au seigneur vi livres.
Les cens de la setembrèce xi sectiers ix boisseaulx, trois quar-
tiers de boiscel à mons' de avaine im s.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS. 275
Item ce terme en argent xiiii liv. x s. viii den. ob. poict.
Item à la Saint-Denis, vu livres, dont en oste pour les fiefz
demeure au seigneur vi 1. xi livres.
Item au Noël xvliv. vins, ii den.
Item nn**in sextiers xin boîsceaulx i quartier davaine de quoy
les fiefez prennent par la main du seigneur xvsesti ers ni proven-
diers davaine, pour ledit Jaque et Peluau du Val, et Genevote et
sa fille, xn sextiers demi mine valent xxn liv. xvi s.
Et esdites menues rentes ledit Jaque et sa femme, Mess" J. de
Meussent mi menues rentes (et) demie, i quartier et demi quar-
tier.
Et Genevote et sa fille pour la mairie v menues rentes et
demie.
Et vault la menue rente demi m** de blé, nu s. vi d., n chap-
pons et n s. davaine.
vil** XIX liv. xiiii s.
tiOMMES DE FIEF A BÂILLOEL !
Sire Jaque de Quoquelet.
La dame de Hangest.
Les hoirs de Meussant.
Les hoirs M. J. Day.
Mess" Denis de Lerrie.
Genevote.
La femme Guillaume du Becz.
Alus de France.
Les fiefz x liv.
Charges sur ce :
Aux bailli et recheveur de Bailloel et Franconville xx liv.
Aux sergens de Bailloel viii liv.
A mess" Jehan des Mares \
A mess" Jean Canart i xl sest.
A M" J. Auchier /
.' A M. Oudart de Molins xiii sest. i p.
A M. Wistasse de la Pierre xxnn sest.
Au seigneur de Franconville ix livres.
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276 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Au curé de Saint-Martin ou Tertre, sur les champs de Fran-
conville xix sest. de blé.
Aux religieux de sur ce i sest. de blé.
Somme viii" xix 1. iiii s.
FRANCONVILLE.
Primo le chastel et jardin, tennement ni arpens xl s.
Item LX arpens de bois x l.
Item n arpens et demi de prés xxx s.
Item Lxvii arpens de terre, baillent pour ini muîs xviu l.
Item les champs paient lez charges un sestiers xxmi s.
Item le foiu* souloit valoir lx s.
Item le pressoir. . . souloit c s.
Item lez masniers souloient devoir par an xvu sest. v boise. ,
I quart davaine lx s.
Item xini gelines, ii pains et demi et xxxi d.
Item aux Ottaves de S. Denis, devent c m s. iv d..
ou le curé et marglier de S. Martin ou Tertre prandre , ^^ g
par an V s.
Les cens des Brandons vin d.
La taille de S. Jehan de Golesse, xxii s.
XLV L. xiiii s.
Somme toute Bailloel et Franconville ii'xv 1. viii d.
Reste c xvi l. iiii s.
HOMMES DE FIEFZ DE FRANCONVILLE.
Le seig' d'Atechy.
Adam Lemaire.
Mess" Jaque de Bellay.
Jehan de Berley.
Ledit Jehan.
Baudin de Sercenceurt.
Mess" Jehan de Gaillemiel.
Mess" Guillaume de Sours.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 277
Jehan de Praielez.
Jehan de Vilers.
Robin de Meussent.
Ginot de Doulen.
Mess'* Philippe de Trie.
Mess" Denis de Berois.
Ledit mess'® Denis.
Jehan de Lantoullet.
Jehan de Brussi.
Willaume Brinoel.
Robert le Saunier.
Mess'* Denis de Lorris.
Jehan de Jouy.
Les hoirs mess'* Loi de Corcevile.
Le fief de Courteniente.
Quant les fiefz dessus diz viennent en la main du seigneur le
sire prent le proufit de Taveu.
Lostel de Sores à Saint Clau avoit ii arpens et demi de vignes
et doit par an
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ARMOIRIES
Des Gheyaliers, Écuyers et Gentilshommes possédant seulement
arrière-fiefs dans le Comté de €lermont \
Aridel (Mahieu d'), d^ argent à deux fasces de sable frété (Por au
bâton en bandes de gueules. (Maimbeville.)
Arsy (d'), fascé d argent et d^azur de six pièces au bâton en
bande engrêlé de gueules, (Wavegnies.)
AuTREviLLE (GiUes d'), d* argent à trois anneaux de sable.
(Nointel.)
AvREGNY (Jean d*), d* argent au quinte feuille de gueules à neuf
merlettes de même en or le. (Avregny.)
Bachy (D*^** Jeanne de), fille de feu Adam de Bachy, parti
au 1 de gueules au lion hermine^ au bâton eti bande d'azur,
au 2 d'argent à trois chevrons de gueules, (Lardières.)
Balegny (Bordelet de), de sable au sautoir chargent chargé d!un
anneau d'or à dextre, accompagné de quatre merlettes d'argent.
(La Motte-d*Aucourt.)
Baquencourt (messire Lechien de), chevalier, de gueules
semé de trèfles d'argent à deux bars adossés de même. (La Chaussée
de Becquerel.)
Beauvais (Philippe de), chevalier, d'argent à la croix de sable
chargée de cinq coquilles d'or à la merlette de gueules au dextre
de reçu. (Guybrancourt.)
Beve (messire Jean de), chevalier, prêtre, de sable à trois croi-
settes d!or. (Nointel.)
Biaurepaire (Colart de), chevalier, â!or frété de sable. (Her-
mancourt.)
Bos (Aubert du), chevalier, de gueules au lion d'argent, au
lambel d'azur. (Warnavillers.)
i Cette liste complémentaire aurait pu être notablement accrue si, à deux ou
trois exceptions près, motivées par des différences essentielles, nous n'en avions
exclu les variantes ou brisures, par lesquelles se distinguaient alors les branches
d'une même famille.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 279
BucAMP (de), ^argent à la bande de sable accompagnée de deux
cotices du même, (Bucamp.)
Bus (Philippe du), d!argent à trois châteaux d'azur, au lambel
de gueules. (Plessier-Billebault.)
Cauffery (Drieu de), (F hermines au quinte feuille de gueules ^ à
la bordure engrêlée (Tazur et de gueules, (Catvillers.)
Caumondel (Brune t de), chevalier, gironné de sable et d'or y au
lambel de gueules. (Blaincourt.)
Chantemelle (Taupin de), chevalier, dazur à la bande d'ar-
gent chargée de trois coquilles de gueules à une étoile d! argent au
côté senestre de Pécu. (Ansac.)
Chepoy (Regnaut de), chevalier, d'or à cinq châteaux d'azur.
(Cuignères.)
CouDUN (Guillemin de), de gueules à la fasce d'argent à trois
merlettes de même en chef. (Sarnoy.)
Cramoisy (Regnaut de), chevalier, échiqueté d'or et de gueules
au chef de gueules. (Thory.)
Crévecœur (Dame de), parti au l de gueules à trois chevrons
d'or y au 2 lozangé de gueules et d^ argent. (Wavegnies.)
Equencourt (le sire d'), chevalier, écartelé au 1 et kd argent à
la fasce d'azur surmontée de trois étoiles de gueules^ au 2 et au 3
de gueules semé de fleurs de lis dC argent. (Catvillers.)
Erches (Martel d'), chevalier, de gueules à trois herches cTor.
(Sarnoy.)
Fay (de), chevalier, d'argent semé de fleurs de lys de sable.
(Avregny.)
Flavy (Pierre de), chevalier, d'hermines à la croix de gueules
chargée de trois coquilles dor. (Wandelicourt.)
Fresnoy (Havet du), chevalier, d argent au lion de gueules
au lambel dazur. (Fresnoy-en-Thelle.)
Gaudechart (de), de gueules à la fasce d'argent y chargée dune
molette de sable à dextre. (Marcelles.)
La Grange (la dame de), parti au 1 d argent à trois gon fanons
renversés de gueules, au 2 dor à la fasce dazur au lambel de
gueules à trois pendants. (Bois du Plessier.)
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280 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEÂUVÂISIS.
Grimault (messire Jean), chevalier, de gueules d trois mer^
lattes d'argent à la bordure d^azur, (Nointel.)
Grisy (Pierre de), gironné d'argent et de gueules d la bordure
d'azur. (Grisy).
Hamère (messire Jean), chevalier, d'argent d la croix ancrée
de gueules au bâton en bande d!azur. (Villers-lès-Castenoy.)
Hanvoiles (messire Cherel de), chevalier, de sable d trois losan-
ges (f argent. (Vrocourt et Hodenc.)
Haussez (de), d'hermines d la bande de gueules cantonnée de
trois besants dor. (Buycourt.)
Havet (messire Jean), chevalier, d'argent à la croix de gueules
chargée de cinq coquilles dor au lion de sable au 1" canton.
(Nointel.)
Hez (Ansoult de), chevalier, échiqueté d'or et de gueules de
trois traits^ au chef vairé d'argent et d'azur de deux traits. (Creil.)
HoNDAiNViLLE (Philippe de), (T argent d la fasce d'azur chargée
de trois étoiles (For, le chef chargé d'une fasce endentée de gueules.
(Méry.)
Jumelles (de), chevalier, d'azur d deux fascesd'or. (Travers-de-
Conti.)
Kais (Jean de), chevalier, d'hermines d la bande en arc de
gueules chargée de trois besants d'or. (Nointel.)
LAVREcmNES (Porrus de), chevalier, d argent ddetix chevrons de
gueules d neuf merlettes de même, six en chef et trois en pointe
(fief entre Senlis et Creil), alias d'or à trois chevrons de gueules
au lambeldazur. (Forêt de Halatte.)
LiEuviLLERS (Pierre de), d! argent d trois doloires de gueules^
(Caisnelet.)
Lmus (Duvelin de), chevalier, coupé au 1 d*azur au lion issant
d'hermines, au 2 d'or d cause des hoirs de Basincourt. (Francières.)
Maimbeville (messire Aubert de), de sable d la croix (P argent
au lambel de gueules. (Le Mez.)
Maizières (Philippe de), chevalier, de sinople d la fasce dher-
niines d la bordure de gueules. (Herval).
Mazis (Grognart, sieur de), chevalier, ^argent d quatre coti^
ces de gueules. (Villepoix.)
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LE COBITÉ DE GLERMONT EN BEAUVAISIS. 281
Méru (Pèlerin de), de gueules à une fasce d'argent surmontée
de deux merlettes cTor. (Sandricourt.)
Mesnil (du), chevalier, d'argent au lion de gueules au bâton en
bande de gueules (Fresnel) alias à la cotice en bande engrêlée
d^azur. (Béthencourt.)
MoNCHEL (Hue de), de gueules à l étoile d'or à la bordure d'ar-
gent. (Moigneville.)
MoNTATHÈRE (PieiTe de), de gueules àlafascecPoràtroisbesants
d'argent en chef. (Warti.)
Néry (le sieur de), de sable à trois fleurs de lys d^or à la bor*
dure d^ argent. (Warti.)
Neuville (Jean de la), d!hermines au lion de gueules. (Boi-
sicourt.)
NuLLY (Estandart de), chevalier, parti d'argent et de sable à la
bordure de gueules. (Clennont.)
Plessié (du), écartelé de sinople et d'argent au lambel de
gueules à trois pendants. (Cramoisy.)
Plessié (du), de sinople à técu (Por en cœur, au bâton en bandes
de gueules sur le totU. (Sainte-Eusoye.)
Plessié-Brion (Guy du), chevalier, paie d'argent et d^azur de
six pièces à une fasce de gueules. (Epineuses.)
Pomponne (Guy de), chevalier, d'or au chef d'azur chargé
(lune étoile émargent à dextre. (Hondainville.)
PoucHiN (Guillaume), d'or à trois coquelets de sable crêtes et
sabotés de gueules au lambel de même. (Longueil.)
Renets* (Robert de), chevalier, échiqueté chargent et de sable à
un croissant d'or. (Blaincourt.)
RiEux (Firmin de), d'argent à trois Y de gueules. (Somme-
reux.)
Ru (Gautier du), chevalier, parti au 1 (fazur chargé de trois
coquilles en fasce (Targentj au 2 de sinople. (Méru.)
Saint- Aubin (Jean de), chevalier, d'or à une civière de sable au
bâton en bande de gueules. (Erquery.)
Saint-Ernoult (de), de sable au lion d^ argent à une bande
fuselée de gueules sur le tout. (Amblainville.)
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282 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUYAISIS.
Saint-Pol (Pierre de), de gueules d trois pals de voir au chef
d'or. (Mouricourt.)
Saint-Remt (Thibaut de), cPor à cinq châteaux de gueules au
lambel d'azur à trois pendants chargés chacun de trois billettes
d'argent. (Saint-Remy.) Branche de la famille de Quinquem-
poix.
Santeuil (Pierre de), chevalier, une tête à cent yeux d^or.
(Grisy.)
SoNGONs (Pierre de), chevalier, d'or à la bande fuselée de
gueules. (Méry et Béthencourt.)
Trye (Jean de), ^orà la bande dazur chargée de trois étoiles
d'argent. (Henencourt.)
Valescourt (de), chevalier, ^argent à deux fasces de sinople
au bâton en bande de gueules. (Saint-Remy.)
Valescourt (Guillaume de), de gueules à trois merlettes d'or à
la roue d'argent en cœur. (Avregny.)
Verderonne (Jean de), (Tor d trois tourteaux de sinople. (Sacy-
le-Grand.)
ViGNEMONT (de), chevalier, (Tor d trois tourteaux de sable.
(Milly et Erquinvilliers.)
VuxE (messire Estienne de), chevalier, écartelé cT argent et
de gueules au bâton en bande âazur. (Villers-lès-Castenoy.)
ViLLEPOix (de), de gueules à dix besants d'argent. (ViUepoix.)
ViLLERs (GiUes de), chevalier, (for d la croix de gueules d une
merlette de sable au i" canton. (Hermencourt.)
Warti (demoiselle de), d^ argent d l'écu de gueules une merlette
en chef à dextre. (Avregny.)
Wavegnies (de), d'argent d la fasce de sable accompagnée de
sept merlettes de même en or le. (Wavegnies.)
WiÈvRE (Jean de), chevalier, (Tor d trois merlettes de sable en
or le. (EUincourt.)
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PIEGES JUSTIFICATIVES
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K
1.
Ohaxtes d'afE^ranohlssemaxLt et de oommime.
1. CHARTE DB RAOUI,^ GOBfTB DB OLBBMONT, BN FAVBUB DBS HABITAKTS DU
BOURG DB 60URNAT-8UR-ARONDB. — ANNO 1165.
Ego Radolfùs cornes Glarimontis oniversis tam ftituris qaam presenti-
bus notam esse volo quod qai subum hospitagium acoepit extra muros
de Oornaco in Bargo quod habeo per escambioin quod feci cum Alberico
de Hangest et in terra quam babeo ex communi assensu abbatis et capi-
tali de Sancto Quintino Belvacensi et prioris et canonicorum de Oornaco
quietus erit exsolvendo mihi annuatim quatuor minas avene et quatuor
capones et salvis forisfactis meis hoc modo quod si ille clamorem in
causam creantus fùerit^ nisi de sanguine aut multro aut traditione accu-
satus Aierit, secunda manu se purgabit aut exsolvet legem quinque soli-
dorum de Belvaco. Quod ut ratum et inconcussum permaneat presentem
imginam sigilli mei impressione et testium subnotatione muniri precepi.
Signum Willelmi capellani ; signum Eustachii de Encra ; signum Ray-
naldi Aiguillon; signum Lambertini de Religis; signum Airardi; signum
Johannis de Monte ; signum Pétri Galvini ; signum Philippi ; signum
Davidis ; signum Ebroini ; signum Mathei Prepositi.
(Communiqué par Tabbé Danse, chanoine de Beauvais, à Dom Grenier
d*un mémoire manuscrit de M. de NuUy, chanoine de Beauyais.)
Bibliothèque nationale, Mss. collection Morean» t. LXXIV, f> 81.
2. CHARTB DB RAOUL, OOMTB DB CLERMONT, BN FAVBUR DBS HABITANTS DB
LA NBUFVU.LB| ANNO 1187.
Radulfhs oomes Glarimontis, noyerint Universi présentes pariter et
ftituri quod cum ego novam villam constitui liberam et quietam a talia
donavi et concessi tali redditu censuali. Unusquisque hospitum in pro-
rata villa manentium qui mansuram integram tenuerit reddet singulis
annis duos minas avene, duos capones et sex denarios Belvacensis, salvis
tamen redditibus quos solebant reddere apud Gorleum (Gourlieu) domi-
nis suis. Taies usus et taies consuetudines quas solebant habere apud
Gorleum ut in foragio roagio et aliis consuetudinibus eis concessi.
Donavi eis etiam mortuum nemus ad comburendum in foresta mea de
Hez et ad usagium suum libère et quiète salvis tamen rectis meis foris
factis. Ut autem ratum istud et Ûrmum permaneat assensu Gomitisse et
filiarom mearum signuli mei impressione conûrmari mandavi.
Ms. 20,082, P 127. — Ce manuscrit contient, et nous avons donné plus
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286 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
haut, p. 159 et suivantes, les autres actes relatif/s aux droits et obli^-
tions des habitants de la Neuville-en-Hez. La charte du comte Raoul se
trouve transcrite au f* 56 du t. XC de la collection Moreau, (Bibliothèque
nationale, Manuscrits).
3. OHARTË DE LOUIS) OOMTB DE BL0I8 ET DE CLEBMONT, PORTANT AFFEANOHiSSElfNT
DES HABITANTS DE LA VILLE DB CLERMONT, ANNÉE 1197.
Au non 3e la sainte et indivisée Trinité. Amen.
Je Loy^ comte de Blois et de Clermont, à Tonneur de Dieu et pourût
dou pais, à tous tant présens quant a venir fais chose cougnute que
pour amour de Dieu et pour remède de m'&me et de mes ancesseurs,
loant et otroiant Katerine ma £Ame et Mehaut sa sereur^ sauf le droit
des églises et des chevaliers. Tous les hommes mananz à Olermont
doians à moi taille et les hoirs d'icheus quicte des ores en avant deu
tout en tout de taille et otroi estre quictes, estaublissans que quiconques
ara masure à Clermont v s. de le monnole Biauvoisenne paiera tant seu-
lement chascun an pour chacune masure que il ara fors chelle en laquelle
il manra. U paiera v s. ensement quantes masures seront faites d^ichelle,
pour chascune masure il paiera v s. et se aucune masure ara qu'en telle
manière que elle ara remès wide, je illuec prenray nulle chose deci
adoncques la masure sera rédeAée. Adechertes cheste chencive sera ren-
due à moy ou à mon mandement en le feste saint Rémi. Adechertes se
aucune chose de cheste cencive à rendre en ychelli jour li defEàus, sera
rendus à moy communément des bourgoys lendemain au double. U loira
au bourgois chascun an eslire vm d'icheus au conseilg des quiex et
modéracion li consaus de le ville et modéracion sera, liquel quante fois
seront innové, quante foys jurront eus en bonne foy et droite garder les
coustumes de le ville. Si li poure eus a grève aront été plaintieus au
conseil et modéracion des bons homes sur lesquiex le conseil de la ville
sera dispencé sur les povres. Tous manans à Clermont qui étaient de me
serve condicion et les hoirs d*icheus et tenure de toute carche de servi-
tute nueve quicte dou tout en tout et absous. Adechertes se aucun ara
volu départir frans et quictes, départe se il n'a fet for&it et se il a fet
forfait, il amendera ichelli selonc les coustumes et usages de la ville
anchois que il départe. Quiconques ara volu manoir à Clermont il pourra
illuec manoir en faisant justiche selon les coustumes de la ville. LiforMt
de vuignes, prés, vergiers, blés si comme devant sont mien. Chascuns
porra nantir son plesge si comme il doit. Je nanteray mon plesge si
comme je seulg, se il n'a donné plesge de pleinne amendée. Je ay
créanche en mes viandes et de la contesse acater à Clermont à payer à
III mois. Je ai pris de mes viandes et de la contesse si comme je seul.
Aucuns d'icheus ne sera pris ou sera tenus pris, en les choses d'ichelli.
se il ara peu donner plesge de venir à droit fors pour murdre, prodicion,
trésor trouvé, embrasement, homicide, rapt, iarrechin manifès seur Tao-
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LS COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 287
casé. Nulz manans à Clermont fera à moi corvée hors de la ville. Je
quicte le garde des pris. Avecques moi ou avec mon mandement iront
en ost et mon despeschement si comme ils seulent quantefois ils aront
esté ammonesté. Nulz de dehors doians à moy taille porront retenir
fors de mon assentement. Quantes fois li prévoz de Clermont ou li ser-
gant, li garde de le ville, ou soit chevalier, ou il soit sergans seront
innové, li uns après l'autre, jure soi toutes chez coustumes garder fer-
mement en bonne foy. Je adechertes ai juré de ma propre main à tenir
ichelles fermement et loiaument et de mon quemandement jurèrent :
Gui Camp d'Avène, Robers de la Tournelle, Ansoulz de Ronqueroles,
Huez de Liz, Raoulz de Warti, Simons de Somonsi, Œude de Soisi,
Ansoulz de Cuignères, Gérars de Boutenangle, Jehan de Arion, Roger de
Angiviller, Ansous Prévos, Œudes de Hargenlieu. Témoins sont : Gauf-
frois de Brulone, Jehans des Barres, Jehans de Ronqueroles, Raoulz de
Gien, Jehans de Campremi, Renaus le Mareschal, Lorans Tierris clers,
Andrieus clers, Gauffrois clers. Que che permaint ferme et establi je
commant par lettres et conferme de Tautorité de mon seel. Fait à Creilg
en Tan de la parole incamée mil C.IIII''XVII. Donné par la main Thié-
haut mon cancellier.
Bibliothèque nationale, Mss. FFr. n*» 4,663, f> 115. — Cette charte est
aussi transcrite dans le Ms. Fr. 20,982, f» 553 et dans le tome LXXXIX,
f> 57, de la collection Dom Grenier. Les archives nationales en possèdent
deux vidimus en latin, l'un P 1362*, cote 1102, l'autre carton J. 167, que
nous reproduisons plus loin (n* 5, Lettres confirmatives de Louis I de Bour-
bon).
4. CHARTE DE LOUIS COMTE DE BLOIS ET DE CLERMONT, PORTANT AFFRANCmSSEMSNT
DBS HABITANTS DE LA VILLE DE ORBIL, 23 JANVIER 1 197 (Y. S*.).
Les dispositions de cette charte, qui se trouve insérée au f 95 du
Ms. Fr* 4^663 et qui existe également aux Archives nationales P 1362,
cote 1067, sont, nous Tavons déjà dit, identiques à celles des lettres
octroyées là même année par le comte Louis aux habitants de Clermont
et qui sont ici transcrites sous le n* 3. Nous n'avons que deux différences
à signaler, savoir : que le cens annuel de cinq sous se devait acquitter
en monnaie parisis, au lieu de monnaie Beauvaisine, c'est-à-dire infé-
rieure d'un treizième, et que le nombre des administrateurs électifô ou
pairs n'était fixé qu'à six au lieu de huit.
Voici les noms, nécessairement différents, des seigneurs qui, au com-
mandement du comte, jurèrent la loyale exécution de la charte ainsi que
ceux des témoins : Hues des Prez, Amauris de Yillers, Raoulz de Fon-
ttaines, Renaus de Maimbomail, Eudes de Cauffri. Témoins sont deche :
Gauffrois de Brulon, Jehan des Barres, Ansoulz de RonqueroUes, Jehan,
û*ères d'ichelle, Ansoulz Prévos, Hubers Prévos, Andruis li clers, Thié-
baus li clers, Gauffi*ois li clers.
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288 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS.
5. LBTTBEa DE LOUIS I, GOMTB DE CLERMONT, SEIGNEUR DE BOURBON, PORTANT
CONFIRMATION DBS LETTRES DE LOUIS COMTE DE BLOIS ET DE CLERMONT,
EN FAVEUR DES HABITANTS DE CLERMONT, MAI 1325.
A touz ceus qui ces lettres verront Hugues de Crussi» garde de la pré-
vosté de Paris, salut.
Saichent tuit que nous, Tan de grâce mil trois cenz vint et huit le
vendredi après Noél, veismes unes lettres saines et entières scellées du
séel si comme il apparoit Monseigneur Loys de Clermont contenanz la
fourme qui s'ensuit : à touz ceus qui verront et orront ces présentes
lettres, nous Loys, conte de Clermont, seigneur de Bourbon et chambrier
de France, faisons savoir que nous avons veu, tenu et fait lire par
devant nous et exposé en françois unes lettres scellées contenant la
fourme qui s'ensuit : In nomine sancte et îndividue Trinitatis, amen. Ego
Ludovicus comes Blesensis et Glaromontensis, ad honorem Dei et patrie
utilitatem, omnibus tam fùturis quam presentibus notum fleri volo quod
amore Dei et pro remédie anime meœ et antecessorum meorum laudante
et concedente Katherina, usore mea et Mahauda sorore sua, salvo jure
ecclesiarum et militum, omnes homines Claromonte manentes tailliam
michi debentes et eorum heredes a taillia, ablacione impruntato et roga
coacta de cetero penitus quitte et impunes esse concedo, statuons quod
quicumque apud Claromontem mansuram habebit quinque Belvensis
monete solides singulis annis tantum persolvet, et pro unaquaque man-
sura quam habebit prêter illam in qua manebit similiter quinque solides
persolvet ; si autem mansura divisa Aierib quot mansure ex ea facte
fuerint, pro unaquaque mansura quinque solides persolvet, et si aliqua
mansura décident ita quod vacua remanserit ego nihil ibi capiam donec
mansura rediûcetur. Reddetur autem hec censa michi vel mandate meo in
festo sancti Remigii; si quid autem de censa hac ea die reddendum defe-
cerit^ defectus die crastina in duplo a burgensibus communiter michi
reddetur. Licebit burgensibus singulis annis octo ex ipsis eligere ad quo-
rum consiliuçi et moderamen ville consilium et moderamen erit. Qui quo-
ciens innovabuntur, totiens jurabunt sese bona âde et recta ville
consuetudines conservaturos. Si pauperes se gravâtes esse conquesti fue-
rint ad consilium et moderamen bonorum virorum super quos consilium
ville erit super pauperes dispensabitur. Omnes manentes apud Claromon-
tem qui de mea servili condic^one erant et eorum heredes et teneuras
ab omni jugo servitutis mee quitte penitus et absolvo. Si quis vero a villa
recedere voluerit liber e^ quietus recedet nisi forisfactum fecerit et si
forisfactum fecerit secundum consuetudines ville et usus antequam recédât
illud emendabit. Quicumque ad Claromontem mansurus venerit manere
ibi poterit justiciam faciendo secundum ville consuetudines. Forisfacta
vinearum, pratorum, viridariorum, bladorum sicut ante mea sunt. Qui-
libet plegium suum nantare poterit sicut débet, plegium meum nantabo
sicut soleo nisi plejurie emendande plegium dederit. Creditionemin cibis
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LE COMTÉ BB CLBBMONT EN BEAUVAISIS. 289
meis et oomitîsse apad Claromontem emendis ad ires menses habeo per-
solvendum. Precium ciborum meorum et comitisse sicut soleo, habeo.
Nullas eonim capietur yel captus tenebitur vel ipsius res si plegium
veniendi ad jus dare poterit nisi pro mortro^ prodicione, thesauro
inyento, incendio, homioidio, raptu, ûirto, super accusatum mani-
festis. NuUos Claromonte manens extra villam michi corratam fàciet.
Gustodiam captorum quitte. Mecum vel cum mandate mec in exerci-
tum et expeditionem meam ibunt sicut soient quotiens submoniti
fuerint. Nullum deforis tailliam michi debentem retinere poterunt nisi
de meo assensu. Quotiens prepositus Claromontensis aut servientes aut
custos ville sive sit miles, sive sit serviens, innovabuntur unus post
alterum juret se omnes has consuetudines stabiliter et bona ûde serva-
turum. Ego etiam eas ûdeliter et firmiter tenendas propria manu mea
juram et ex précepte meo juraverunt Guide Campus Avene, Robertus
de Tornella^ Ansoudus de Ronquerolis, Hugo de Lis, Radulphus de
Warti, Symon de Spinosis, Odo de Soisiaco, Ansoudus de Cuigneriis,
Girardus de Botenangle, Johannes Darien, Rogo de Angeyilla, Ansou-
dus Prejwsitus, Odo de Hargenlu; testes sunt Gaufridus de BruUone,
Johannes de Barris, Johannes de Ronquerolis, Radulphus de Gi,
Johannes de Campo Remigii, Reginaldus Marescallus, Conraudus
Andréas clericus, Terriens clericus, Gaufridus clericus. Quod ut ratum
et stabile permaneat, litteris commendo et sigilli mei auctoritate con-
firme. Actum Credulio anno incarnati verbi millessimo centesimo nona-
gesimo septimo. Datum per manum Theobaldi Cancellarii mei. » Les-
queles lettres ainssi veues et entendues nous estanz en nostre dite
conte à Clermont en nostre chastel, à la requeste et supplication des
pers de ladite ville et des autres hommes et habitanz ou dit lieu, pour
Dieu et pitié et pour le remède de nostre Âme et de nez devanciers et de
nos successeurs de certaine science les lettres dessus dictes et toutes les
choses en icelles contenues avons conformé et conformons, réserve à
nous, de la volonté et de Tassentement, consentement et octroi des pers
et des habitanz ou dit lieu, au temps avenir toutes foiz que li quatre cas
ou Tun des quatre avendront en nostre temps et ou temps de nos suc-
cesseurs contes de Clermont c'est assavoir se nous ou nostre successeur
allons outre mer^ item se nous ou nostre successeur contes de Clermont
estions en prison dont Diex nous gart, item se nous ou noz successeurs
faisons un de noz filz chevalier, item se nous ou nostre successeur ma-
rions une de noz flUes ; en chascun de ces quatre cas, trois cenz livres
parîsis toutes fois que 11 quatre cas avendront ou 11 uns des quatre et est
à entendre que tant pour nous que pour chascun de nos successeurs,
contes de Clermont, ils ne paieront que de la chevalerie d*un ûl et du
mariage d*une seule ÛUe pour chascun conte qui sont avenir ou temps
ça en arriére. Laquele somme d*argent 11 homme et li habitanz de la dite
ville paieront à nous ou à noz successeurs quant li cas avendront et se
aucun des habitanz estoit contraire du paier ; nous conte de Clermont,
et cens qui de nous auront cause, leur prometons à faire les constraindre
de poier avec les autres et est assavoir que du temps passé, de touz les
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290 LE GOBITÉ DE CLERMONT EN BEÂUYAISIS.
quatre cas qui sont avenuz nous les avons quittez et quittons, excepté le
cas de nostre cheyalerie duquel il poieront trois cenz livres maintenant,
tant seulement, car nostre pore, que Diex absoille, nous ûst chevalier et
en ûst demande en son temps et sera Timposition £Etite toutes foiz que II
cas aviendra par trois des pers et trois des moiens esleuz par le com-
mun lesqueles sis personnes jureront sur sainz évangiles par devant le
baillif de Glermont de (ère Timposition bien et loialement à leur pouvoir;
item conmie il soit contenu en la dite chartre ci-devant escripte en ces
paroles : mecum vel cum mandate meo in exercitum et expeditionem
ibunt sicut soient, quotiem submoniti fùerint ; nous les déclairons en
ceste manière que les diz habitanz chacun selon son pouvoir vendront
avecques nous ou avec nostre mandement en nostre ost ou chevauchiée
par toute nostre dite conté, et dedenz les ressers d'icelle. Item ceste
confirmation nous avons faite et faisons sauf en touz autres cas nostre
droit et Tautrui. En tesmoing de laquel chose nous avons fet séeller ces
présentes lettres de nostre grant séel. Donné au mois de may, Tan mil
trois cenz vint et cint, et nous ce transcript avons scellé du séel de la
Prévosté de Paris, Tan et le jour dessus diz.
Archives nationales, carton J. 167, pièce 1. Vidimus du 30 dé-
cembre 1328.
6. LETTRES DE LOUIS I, COMTE DE OLEBMONT, SEIGNEUR DE BOURBON, PORTANT
CONFIRMATION DE LA CHARTE DE COMMUNE AOOORDÉE EN 1181 AUX HABITANTS
DE BULLES PAR GUILLAUME DE MELLO ET ROBERT DE CONTI '. — 19 JAN-
VIER 1319 (V. S'.).
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Louis, comte de Cler-
. mont, seigneur de Bourbon et chambrier de France, nous avons veu,
leu et entendu, et devant nous avons fait lire et exposer vulgairement
unes lettres de deux sceaulx ; c'est assavoir du scel de Guillaume de
i L'appUcitioii de la charte de 1181 donna plnsleara fois lien entre les communiera de
Balles et leora seignenre à des contestaUons qui furent portées en la coor du comte de Qer-
mont. On conserve encore dans les archives municipales Toriginal des lettres de décembre 1296
par lesquelles Witasse, chevalier, sire de Gonty, s'engagea par forme de transaction, à ne
plus exercer aucun acte de justice dans les maisons des habitants sans Taccord et l'assistance
des maienr et pairs, k abandonner à la commune le produit du louage des étaux ainsi que
les péages pour raison des diaussées, à charge de leur réparation et entretien, enfin à laisser
k toutes gens la liberté de venir vendre paUis et autres denrées dans la ville. Cette pièce
compte (rente-chiq lignes d'une belle écriture du temps et porte encore les lacs de soie verte
et marron auxquels était appendu un sceau qui n'existe plus. Une autre transaction intervint
en décembre 1848 ; Dora Grenier en a reproduit le texte dans le tome CXCVl de sa collée-
Uon (P> 288 et s.) ; elle était scellée d'une part des sceaux de Witasse de Dargies, dame de
Barbenchon, de Bonneuil et de Bulles en partie, d'Agnès de Conti, dame da Uamel, de Conti
et de Bulles en partie, et de Marie, dame d'Auxy, de Lully et de Balles en partie, et de
Ftotre des grand scel et oontre-scel de la commune. La charte de Balles fut confirmée de
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LB COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS. 291
Merlou et da scel de Robert de Conty, jadis seigneurs de Bulles,
lesqueUes lettres étaient saines et entières, non cancellôes, non vitiôes,
non corrompues en aucune part d*icelles. Desqueles la teneur était
telle:
In nomine sancte et individue Trinitatis. Noyerit Universitas fidelium
tam fbturorum quam presentium quia nos Dû! BuUarum. Ego videlicet
Gnilelmus de Merloto et Ermentnidis uxor mea et Reinaldus âlius meus.
Egoque Robertus de Conteio alius Dominus Bullarum et mei nepotes
Manasserus scilicet et Johannes salva lidelitate nostra et salvis redditi-
bus nostris et salvo jure successorum nostrorum hominibus iliis qui
modo sunt et omnibus qui quam amplius in communiam eorum intra-
verint âdeliter ad bonos usus et bonas consuetudines remotis omnibus
malis consuetudinibus communiam et libertatem secundum formam tra-
ditionîs bominum de Cambleio ^ in perpetuum donamus et conûrmamus.
noateaa par le duc Pierre de Boorbon en octobre i486. On troote dans les Recueili de
Blanchard et de Brillon des lettres patentes de février 1549, août 1560 et décembre 1574,
portant règlement poor les privilèges des habitants de la viUe de BuUes. C'est de la charte de
1181 que date, bien qu'elle n'y soit pas très-explicitement indiquée, la concession des biens
communaux qui, suivant une déclaration faite en 1511 aux commissaire du roi, députés sur
le fait des amortissements et que nous avons déjà dtée, se composaient de 800 arpents de
bois et de 200 arpents de marais. Aux termes de ladite déclaration, ces biens étaient chargés
d'une rente annuelle de 81 livres 18 sols 1 deniers tournois, payables au seigneur de Bulles
le Jour de la Sahit-Remy.* La commune était en outre tenue de faire dire, chanter et célébrer
diaque année, en Yéfj^ paroissiale, trois services solennels, et à chaque service vigiles,
eonmendacef et messe haute priant Dieu pour les âmes des feus seigneurs et dames donateurs
et acquittait pour ce au curé de Bulles la somme de vingt sols pariais. Le produit annuel
était évalué en 1524, déduction fiadte des charges, à 40 livres pariais, et le droit d'amortis-
sement à payer par la commune fut alors fixé par les commissaires à la somme principale
de 260 livres. Moyennant ce payement ils lui garantirent propriété ineommutable ainsi
qu'exemption de tout supplément ultérieur de finance, et en effet un sieur de May, mous-
quetaire du roi, ayant obtenu en juin 1688 un brevet royal lui portant concession des bols et
marais de BuUes comme appartenant au domaine par droit de déshérence ou autrement, une
sentence de la Chambre du Trésor du 8 août 1684 reçut les habitants opposants audit brevet
et leur confirma la possession de leurs communaux. Dom Grenier, t. CXCVI, P 239.
^ Chambly^ au comté de Beaumonl-sur-Oise, aujourd'hui canton de Neuilly-en-Thelle. La
charte de commune de Chambly lui avait été octroyée en 1178 par Mathieu II, comte de
Beaumont ; Philippe Auguste la confirma en 1222. Son texte est imprimé dans le tome XII
des Ordonnances, p. 803, et p. 165 des Recherches historiques de M. Douet d'Arcq.
Quatre autres chartes furent accordées ou confirmées par les comtes de Beaumont, savoir :
celle de Bonvillers en 1180, celle de Chauni en 1186, celle de Beaumont en 1187 (confirmée
par lettres royales de 1222 et 1223) et ceUe de Méru en 1191 ; toutes sont sur le type de la
charte de Chambly. Voici les dates de quelques autres chartes de commune ou de franchises
concédées en Beauvaisis et pays circonvoisins : Beauvais à une époque inconnue, mais au
plus tard au commencement du xi* siècle ; Noyon, 1108 et 1140 ; Crépy-en-Valois, 1117 et
1215; Compiègne, 1158 et 1186; Montigny, 1155; Sentis, 1178 et 1202; Poix, 1178 et
1208 ; ViUeneuve^n-Beauvaisis ou Nenvilleroi, 1177 et 1200 ; Chaumont-en-Vexin, 1182
Ghevrièreset Jonquières, 1182; Angy, 1186; Pontoise, 1188 ; Méry, 1191 ; Waquemoulin, 1196
SalntJu8(-en -Chaussée (xu« s.) ; GrandvQliers, 1212 ; Boran, 1215 ; Asnièret-tnr-Oise, 1228
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292 LB COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVAISIS.
Exceptis tamen illis que extra misîmus que hœc sunt. Munitiones nostras
pro nostra voluntate ûrmabimus. Latronem habebimus. Forifacta nemo-
rum nostrorum sicut erant ante datam communiam subretinuimus. Et si
aliquis mansuram suam in pluribus partibus diviserit : ita qnod inde
diverse memsiones fiant, siye pars altéra sit hereditata, sive aliène yen-
dita, de singulis mansionibns ut de ceteris quinque solides recipiemus.
Omnes vero consuetudines sicut prediximus ad usus ville Chamblei
hominibus nostris cum juramento tradidimus. Sunt inquam taies.
I. In hac communia récipient omnes qui advenerint et qui legitimi
homines fùerint exceptis hospitibus nostris et âliis hospitum. Exceptis
hospitibus filiorum nostrorum et âliis hospitum.
n. Pares vero communie quicumque fùerint singulis annis jurabunt
quod forefàcta non celaverint unde querela vel clamer ad eos venerint.
m. Forefacta nostra talia sunt. Si quis fuderit sanguinem alicuiet inde
querela vel clamer ad m^gorem nostrum vel ad pares venerit per septem
solides et dimidium nobis emendabitur. De parvis autem forefàctis et est
percutere aliquem, Capere per capillos, Vel vituperare, Vel vestem
scindere, si querela vel clamer ad majorem nostrum, vel ad pares
venerit et comprobatum fuerit, per quinque solides nec amplius nobis
emendabitur. Comprobatio talis est. Si habuerit duos homines qui pro-
bare valeant. Si testes non habuerit et forte dixerit home iUe de commu-
nia vidit, rogabunt sub sa<5l*amento communie quod verum super hoc
dicat, et si dixerit verum est tenebitur per quinque solides nec amplius
nobis emandabitur. Et si dixerit nichil est ad nichilum remanebit. lUe
vero contra per sacramentum suum deliberabitur quia sine testibus de
ipso clamer fit.
rv. Bella nostra sunt. De datis vadiis habebimus quindecim solides. De
obsidibus triginta. Devicto belle sexaginta septem et dimidium neo
amplius.
V. Si quis vi violaverit feminam et inde comprobari poterit per indi-
cinm vel per cognitionem quam ille £Etciet, vel eam desponsaverit vel per
sexaginta septem solides et dimidium nec ampliuk nobis emendabit. Et
si non emendaverit pares si saisit! de eo fUerint nobis eum reddent. Et
si forte diffugerit quiquid habuerit capiamus'preter domum que remane-
bit paribus, salvis redditibus nostris. Et si non habuerimus totam
emendationem nostram homines communie non récipient eum antequam
nobis satisfecerit.
VI. Quicumque fecerit traditionem^ vel mulctrum, vel domum combus-
serit et inde potuit comprobari in misericordia nostre erit ipse et
Bretenil, 1M4. LaBrayëre(L. Confinnatiyes, i87i.). H est fiiit mention dans le dénombrement
de 4873 des maieur et éche^ins de Gonti. Cette eommonauté, dont nous ne pouYons indi-
quer la date d'établissement, ayait disparu au siècle suivant. Un aven et dénombremokt
rendu au duc de Bourbon le 15 juillet 1456, la dédare alors « détruite à Toocasion des guerres
et désolation du pays. »
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LE COMTÉ DB CXBRMONT EN BBAUYAISIS. 293
possessio €Qus prêter domum que remanebit paribus, salvis redditibus
nostris.
vn. Si aliquis de fàlsa mensura reprehensus faeritetnonpotoitjurare
quod m^or ei talem tradidisset per septem solidos et dimidium nec am-
plius nobis emendabit et si jurare potuit quod major ei talem tradidisset
I>er sacramentum suum deliberabitur. Omnes vero mensurœ légales taies
erunt quales erant ante datam communiam. Talesque remanebunt.
vm. De animalibus communie Bulle&sis ubicumque fuerint in hospitiis
suis per bannum ville custodientur et si ad fore&cta capta fuerint
dabuntur pro equo sex denarii. Pro yacca sex. Pro asino sex. Pro capra
duo. Pro bidente unus. Pro porco unus. Pro homine capte sex solidi. Ex
quibus ille capiet babebit duodecim denahos, Nos habebimus quinque
solidos. Et omnes denarii de banno pruviniensis monete erunt.
IX. De animalibus que homines communie extra ad villas in terra
nostra mittent ad medietatem, dicent mediatori quod bene custodiat.
Quia si forefecerint non eis repondebunt. Et pro forefacto quod facient
non tenebuntur per nos vel per clientes nostros de forefacto. At custo-
dem capiemus.
X. Banliam vero eis donamus usque ad vallem de Rocq ^ per sanctum
Remoldum • usque ad fontem de Renouveris • et per vallem Dorenis *
usque ad monasterium Noerasti * et inde usque ad Fomival * et huic
usque ad vallem Placiti '', redeundo per Baisi ^ ad predictam vallem de
Rocq, salvo jure militum, et omnia forefacta intra hanc banliam facta
ejusdem legis erunt cujus et foreflstcta Bullarum. Forefacta extra hano
Banliam sunt. Si scienter homini insidietur. Vel invadatur homo. Si san-
guis ibi factus fuerit de armis molutis vel de clava, et comprobari poterit,
Per sexaginta solidos et non amplius emendabitur.
XI. De sanguine facto in castellis nostris. De armis molutis quicunque
comprobari poterit, per sexaginta solidos nec amplius nobis emendabit.
Et si malefactor diffugerit quiquid babuerit capiemus prêter domum que
remanebit paribus. Et si non suffecerit ad habendam totam emendationem
nostram homines conamunie non récipient eum donec nobis satisfecerit.
i Entre Réméranglet et Fay-Saint-Qaentin.
s Saint-Rimtult, canton de Saint-Jost.
< Source aujourdliai tarie au lien dit le Renoy, près Coiieau.
^ Ravin à l'Est du Mesnfl-sar-BaUes.
* OmeUère de Nonrtrd-le-Franc» oii existait alors on établissement reUgieox.
« Canton de Saint-Jost.
"> Antre ravin ao-dessous dn bois dn mont Plaisant.
B La croix de Eaisy sur le chemin de WariviUe à Bulles. — Cette délimitation comprend
les territoires dn Piessier-sur-Bulles et du MesnU-sur-BuUes, ce qui pronye que ces denx yU-
lages étaient, dans Torigine, de simples hameaux de Bulles, ainsi que leurs noms semblent
rindiqner. Elle explique aussi pourquoi les pâtis ou bois indivis entre Bulles et le Mesnil sont
sur le territoire de cette dernière commune. Elle comprend en outre WariviUe, qui dépend
depuis longtemps de Lits. (Graves, Précis statistique, p. 66.)
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294 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÂISIS.
XI(. Qnoonmque modo occidatur homo per decem libras nec amplias
emendabitur.
XIII. Homines communie de debitoribos suis in omnibus locis capient
excepte in die mercati BuUiensis. Et postquam nobis ostensus fùerit
Tel preposito nostro si defuerimus et quindecim dies transierunt quod
debitor non satisfecerit capient in fopo et extra forum.
XIV. Quicumque deprehensus fiierit de censu vel de redditu nostro
quod terminum transierit per quinque solidos nec amplius nobis emenda-
bitur.
XV. Clamores qui ad majorem nostrum dirigentur si de eis rectum
fecerit satis erit. Sin autem per pares emendabitur.
XVI. Homines Bullensis communie in exercitum vel equitatum ad
defensionem terre nostre sine dono ducemus. Et quicumque manebit si
submonitionem non audierit vel legitimum obsonium non habuerit per
quinque solidos nec amplius nobis emendabit. Et si jurare poterit quod
submonitionem non audierit deliberabitur.
XVII. Onmes homines communie pro guerra quam habeamus nec pro
placito quod in terra nostra habeant non dimittent ire ferias sed placi-
tum contramendabunt et postquam redierint infra quindecim dies placi-
tum submonebunt et ad eumdem punctum placiti ad quem prius erant
revertentur.
XVIII. Panes ftimagii ponderabuntur et ad istud pondus in perpetunm
permanebunt.
XIX. Ad capiendam molturam de duabus nainis unum bunchum habe-
bimus.
XX. Bannum vini in castello Bullensis ad vendendum une mense per
annum habebimus per quindecim dies inter Natale et Pascha et per
quindecim dies inter Pascha et Sanctum Remigium. Sed acte diebns ante
faciemus scire paribus.
XXI. Homines communie qui in hanc communiam intraverint per
bannum ibunt ad fumum et ad molendinum nostrum.
XXn. De censu quem pro communia et pro libertate sua nobis debent
per annum reddere si non reddiderent in die Sancti Remigii, de singulis
vigenti quinque libris, quinque solidos de super singulis diebus nobis
reddent.
XXIII. Homines communie qui non erunt de alterius banno si vineas
habuerint inflra Banliam ad pressorium nostrum ibunt usque ad quartam
ollam.
XXrv. Si quis extraneus vel homo vel femîna qui nostri sint de cor-
poribus suis si requisierimus nos vel heredes nostri, homines communie
dimittent eum abire nisi ille nobis satisfecerit. Si quis autem eorum erat
de corpore suo non liber in die qua data fuit communia ut non liber fuit
sic et erit.
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LE COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVAISIS. 295
XXV. Masure hominom communie taies erunt quales erant ante die-
tam communiam et sub tali censu vel redditu remanebunt et masure
quejam amplius dabuntur ad duodecim denarios erunt. Nec poterit cressi
nec minui. Nec prout date fùerint et scindentur.
XXVI. Si ubicumque vicus scindi poterit terram ceperimus pro illa
commutationem alterius terre vel nummorum illi ciyus terra fhit red-
demus et de hortis conmiunie si ceperimus conmiutationem terre vel
nummorum reddemus.
XXVII. De omnibus forefactis divisa forefiacta nostra pares suam justi-
tiam facient secundum suam deliberationem. Et quicumque de commu-
nie obstiterit deliberationi parium pares suam justitiam de corpore suo
et de rébus suis facient. Et domum lacerabunt, salvis redditibus nostris.
Et quicquid de forefactis suis acceperint ad laudem nostram ad villam
flrmandam mittent.
XXVm. Quicumque i^juriam fecerit hominibus communie vel illis
qui hanc communiam intraverint, nos ambo Domini Bullarum et heredes
nostri illis videlicet qui jurati sunt et qui de cetero jurabunt ad rectum
eis auxiliabitur.
XXIX. Hanc communiam et hanc libertatem et bas consuetudines
juravimus ad tenendum Ego Willelmus de Merloto Renaldus que'fllius
meus et Ermentrudis uxor mea, Egoque Robertus de Conteio et nepotes
mei Manasserus et Jobannes. Et quicumque faerint domini Bullarum,
hanc fidelitatem hominibus communie liberam facient.
XXX. De unaquaque masura reddet nobis communia per annum quin-
que solidos de omnibus villis qui jam modo sunt et qui jam amplius in
bemc communiam venerint. Et pro omni tailla et pro omni corvea et pro
omni acreditione et pro omni interrogatione firmiter concessimus et âr-
miter juravimus quod nihil ab eis possumus capere exceptis redditibus
nostris et exceptis forefactis que in bac charta declarentur.
XXXI. Quicumque voluerit destruere hanc libertatem et bas consuetu*
dines homines communie jurati sunt et alii qui hanc communiam intra-
verint jurabunt quod auxiliabitur alter alteri usque ad perdendum cor-
pus et censum nisi eis emendatum fuerit.
XXXn. Hec autem ut rata sint et inconvulsa permaneant auctorîtate
sigilli utriusque nostrum corroboravimus et conârmavimus. Actum est
pablicô Bullis astantibus viris quorum nomina sunt hec : Radalphus de
Cingula. Albericus ^us filius. Balduinus de Busderaim. Renaldus de
Castellione. Ivo de Sailli. Ivo de Henu. Gerardus de Boutenangles. Hugo
de Braicello. Anno incamationis dominici M' C. LXXXI *.
^ La charte de 1181 a été publiée par M. Woillez dans son Archéologie des monuments
religieux de l'ancien Beauvaisis (appendice), d'après l'original appartoiant, dit-il, à
M. Graves. C'est sans donte cet original qu'une copie, anjonrd'hm conservée k Bulles,
signale comme • une charte écrite en quarante-trois lignes de caractères gothiques bien
lisibles sur une teullle de parchemin plies en douze pendant fort longtemps, rongée en quatre
endroits différents, et iveo les sceaux en déficit. »
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296 LB COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVAISIS.
Lesqueles venes et entendues de par le maieor et les pairs de ladite
ville et commune de Bulles, et au nom d'icelle commune, du maieur, des
pairs et des hommes d'icelle, pour eulx et leurs successeurs nous fùst
humblement supplié que nous pour nous ou nos successeurs à tous jours
vousissions et deussions confirmer, acc5rder et octroier de certaine
science de toutes les choses contenues ôs dites lettres et qui sont dessus
nommées, en disant et affirmant que de ces choses contenues ôs lettres
desdits seigneurs de Bulles ils etoient en possession et saisine et avoient
esté du temps de la datte des lettres dessus dites continuement sans
nuls empôchsments et que ces lettres depuis qu'elles furent faites avaient
esté octroiées de plusieurs successeurs de ceulx qui avoient au conmien-
cement accordé et octroie ladite commune et baillé et scellé lesdites
lettres. Par quoy nous ayant délibération eue sur ce avec nostre grant
conseil. Considéré tout ce qu'il faut à considérer de certaine science pour
nous nos hoirs et tous nos successeurs presens et advenir, aux devant
dits maieur, pairs et hommes présents et advenir de la ditte commune
lesdites lettres et toutes les choses contenues en icelles avons confirmé
et confirmons, octroie et octroions, approuvé et approuvons, et com-
mandé et conunandons par ces lettres & tous nos baillifs, prévOts,
sergents, et justiciers et à nos autres subjets qui sont et seront au temps
avenir, que les choses susdittes ils tiennent gardent et accomplissent
entièrement sans venir encontre en tout ou en partie, excepté tant seu-
lement le cas qui parle de femme ravie, duquel la clause esttele : Siquis
viviolaverit, etc., et derechef excepté lecas qui parle de Thomme occire :
Quocumque modo homo occidaiur, etc., lesquels deux cas nous n'enten-
dons et ne voulons que quiconque en ces deux cas meffera soit puni
selonc le droit et selonc la coustume de nostre comté de Clermont et à
toutes ces choses dessus dittes tenir et garder fermement nous avons
obligé et obligeons nous, nos hoirs, nos successeurs et tous nos biens,
sauve notre souveraineté et sauve notre droit et Tautrui. En tesmoing
et en gregneur fermeté de toutes ces choses nous avons ces présentes
fait sceller de nostre grand scel, et les avons baillé aux maieur, pairs,
hommes et à la conmiune de laditte ville. Et fut fait et donné & Paris le
samedy devant la feste de Saint-Vincent le dix-neufviôme jour de jan-
vier Tan mil trois cent et dix-neuf.
Dom Qrenier, t. OXCYI. Extrait d'un manuscrit de Louvet et de sa
main, communiqué par M. Fabbé Danse.
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LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUYAISIS. 297
II.
Lettres de Philippe, comte de Boulogne, toaohaiit les comtés de
Mortain, de Olermont et d'Anmale à lui donnés par le roL
Février 1923 (v. s^.
Ego Philippus comes Bolonie, notum fàcio nniversis présentes litteras
inspectuns, quod Karissimus Dominas et frater meus Ludovicus Franco-
rum rex illustris habita consideratione et respecta ad donationem
quam inclite recordationis Philippas genitor meas qaondam rex Franco-
rum iUastris mihi fecit de comitata Moritolii et Domfront in Passeio, et
de terra Constantini de qaibas dictas genitor meus receperat me in
hominem, que estimata fuerunt ad octo milia librarum parisiensium annui
redditus, donat de premisis mihi et heredibus meis de uxore mea des-
ponsata in perpetuum comitatus Moritolii et Domfront cum uniyersis
eorum pertinenciis tam feodis quam domaniis, tam boscis quamplanis, ad
usas et consuetudines Normannie cum magna jnsticia que vocatur placi-
tum ensis, set retinet sibi et heredibus suis fortericiam Moritolii custo-
diendam ad custum suum ; preterea dictus fi*ater meus mihi et heredibus
meis in perpetuum donat in escambiumterre Constantini et pertinentiarum
suaram comitatum Glarimontis et quarterium Domni-Martini in feodis,
domaniis, boscis et planis, que dictus genitor meus a rectis eorum here-
dibus emptione légitima sibit comparavit. Preterea dictus dominus et
û^ter meus donat mihi et heredibus meis de uxore mea desponsata
comitatum Albe-Malle cum pertinenciis suis, excepte Castello Mortui
maris cum pertinenciis que Renaudus comes Bolonie socer meus excam-
biavit ad Domûx)nt, et excepte Agnel cum pertinenciis suis, et excepta
medietate foreste de Moffliôres sicut et eamdam medietatem tenuit comes
Guiilelmus Pontivi, et terram quam Renaudus comes Bolonie socer meus
habuit in Caleto, et terram de Alisiaco, et terram Insuie bone in feodis,
domaniis, boscis et planis, sicut dictus Renaudus comes Bolonie fuit
tenens et eis, et in predictis istis terris ego et heredes mei de uxore
mea desponsata habebimus magnam justiciam que vocatur placitum
ensis. Hec autem omnia idem ft'ater meus mihi et heredibus meis de
uxore mea desponsata donat, salvis donationibus quas saperdictus domi-
nus et pater meus fecit in terris predictis. Tenebimus autem ego et
heredes mei de uxore mea desponsata terram supradictam de Norman-
nia ad usus et consuetudines Normannie, et terram de Francia ad usus
et consuetudines Francie de ipso domino et fratre meo et heredibus suis in
feodum et hominagium ligium; et ipse retinet sibi et heredibus suis for-
tericiam Insuie bone custodiendam ad custum suum. Ego autem ipsi et
heredibus suis quitavi in perpetuum tria milia librarum parisiensium
quas ipse conferebat mihi annuatim et totam terram Constantini, nec
de cetero ego nec heredes mei petemus abipso nec ab heredibus suis ali-
quid amplius pro parte terre. Sciendum est autem quod si me sine
20
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298 LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEÂUVÀISIS.
herede de uxore mea desponsata mori contingeret, omnia supradicta ad
ipsum Dominum et fratrem meum et heredes suos libère et quiète rever-
terentur. In cujus rei perpetuam memoriam présentes litteras sigilli mei
munimine roboravi. Actum Meleduni, anno domini M' CC* vicesimo ter-
cio, mense Februario.
(Sceau de cire verte sur lacs de soie rouge et verte, bien conservé).
Archives Nationales. J. 238, n' 47. — Brussel, Usage général des fiefs,
1. 1, p. 444.
m.
1258. ABRÊT DU PARLEBfBNT RELATIF A LA SUCCESSION DU COMTÉ DB
CLERMONT.
Judicium factom inter Dominiuii regem et comités Piotavensem et
Andegavensem fratres saos super duabos partibus comitatas Olari-
montis. — Parisius in parlamento nativitatis B. IC Virginis anno
Domini MOOLVIII.
Corne li Guens de Poitiers et iipnens d*Angou demandassent au roi les
deus parties de la contée de Glermont qui leur estoient escheues,
si comme ils disoient de la mort madame Jehanne qui fu âlle au conte
Phelipe leur oncle, et ii rois feist dire pour lui que il ne poent demander
nule partie, ains devoit toute la contée et les appartenances demorer au
roi. Après moult de paroles dites pour lune partie et pour lautre, li
conte devant dit et li rois sur leur paroles sapuierent au jugement et
puis requistrent li conte au roi que il feist voir chartes que il avoit qui
faisoit à Téclaircissement de leur besoigne et que il feist enquerre de leur
droiture. Li rois feist voir les chartes et flst enquerre de totes les choses
qui faisoient à la querele, et puis veues les chartes et lenqueste faite par
le conseil de preudes homes, il délivra et termina cette querele en telle
manière, que licuens de Poitier et licuens d'Anjou navoent nul droit en
la contée de Glermont ne es appartenances, ne ni povent demander nule
partie, ains devoit tote enterignement demorer au roi à tos jours. Si
leur fU dit que portoit fin de querele à tos jours et à ce faire hont li
rois, le conseil, larcevesque de Rains, larcevesque de Roan, levesque de
Trœs, levesque d'Autun, les evesques de Noion et de Taroane, le roi de
Navarre, la contesse de Flandres, le conte de Never, les abez de S. Denis
et de Boneval, le prieur des frères prescheurs de Paris, larcediacre
Simon de Roan, le seigneur de Neele, monseigneur Jehan de Neele, le
conte dEu, le conestable de France, monseigneur Mahiu de Trie, et de
plusieurs autres clers et laïcs qui presens estoent.
Bibliothèque nationale, M ss. F. Dupuy, t. DXXVII, f 59. Cet arrêt
est imprimé dans Martène, AmplissimacoUecUo I. col. 1345.
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LE COBfTÉ DB CLERMONT BN BBÂUYAISIS. 299
IV.
MAI 1400. LBTTRB8 DB LOUIS II, DUO DB BOUBBON STIPULANT LA BEYBRSION
ÉVBNTUBLLB A LA OOUBONNE DU COUTE DB OLBRMONT.
Lettres par lesquelles le feu duc Loys de Bourbon, pôre dudit duc
Jehan voult et octroya, en faveur dndit mariaige et pour contemplation
dudit octroy, fait en accroissement d'icellui par ledit roy Charles, que,
ou cas que luy, son dit ûh le duc Jehan et les enfans masles, qui décen-
droyent dudit mariaige, yroyent de vie à trespas sans hoir ou hoirs
masles, sa duché de Bourbonnoys et conté de Clermont vensissent et
appartinssent audit roi Charles et à ses subcesseurs roys, comme leur
propre héritaige et domaine. — Mai 1400.
Loys, duc de Bourbonnois, conte de Clermont et de Forrestz, per et
chamberier de France, savoir faisons à tous présens et advenir, que,
entre les aflTections et plaisirs qui survenir nous pevent, sommes princi-
pallement meuz à ce que Testât de la couronne de France, dont noz pré-
décesseurs ducs de Bourbonnais et contes de Clermont et nous sommes
yssuz et descenduz, preigne accroissement en tout bien, et desirans aussi
noz subjectz esdits duchié de Bourbonnais et conté de Clermont, qui
de tout temps ont esté bons et vrays envers nosdits prédeccesseurs et
nous, estre, et leurs successeurs ou temps à venir^ paisiblement traictiez
et gouvernez; considérans que, s*il avenoit que nous et noz enffans
masles allassent de vie & trespassement sans hoir ou hoirs masles, des-
cesdans de nous et d*eulx par loyal mariaige, par quoy il convenist que
la droicte ou directe ligne descendant de hoir masle cessast et fallist, que
mieulx en paix et tranquilité pourroient nosdits subjectz vivre et estre
nourriz, maintenuz et gardez soubz la couronne de France, en la fon-
taine de toute grâce, miséricorde et débonnaireté corporelle afflue et
abonde, que en autre gouvernement pourroient ilz devenir, ayant aussi
en mémoire les grans biens, faveurs et admistiez, que madame la royne
Jehanne de Bourbon dernièrement trespassée, de laquelle estions fï*ôre
germain, trouva et eust par longtemps en la compaignie de monseigneur
le roy Charles dernièrement trespassé, auquel elle estoit compaigne et
espouse, et dont Dieu par sa grâce veuille avoir les âmes; et, en surque-
tout, que de nos dits seigneurs et dame est yssus et procréez monsei-
gneur le roy quy à présent règne, par le moien et soustenement duquel,
de sa libéralité, grâce et courtoisie, avons eu et de jour en jour avons
tant de bienffaiz. soustenemens et depors prouffltables et plaisans, que
ne lui pourrions à nul temps déservir, et mesmement de sa libéralité
royal a voulu, consenty et octroyé en fiiveur, accroissement et pour
contemplation du mariaige, traicté et accordé entre nostre très cher et
très amé filz aisné Jehan de Borbon et belle cousine Marie de Berry
contesse de Eu, fille de monseigneur de Berry, et lequel mariaige, au
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300 LB COMTÉ DB CXERMONT EN BBAUVAISIS.
plaisir de Dieu, 86 parfera en face de Sainte Eglise, qae mon dit sei-
gneur de Berry puit et luy loist donner, cedder, délaisser et transporter
plainement et absolument, dôs maintenant ou quant bon lui semblera
ausdits fllz et cousine et leurs hoir ou hoirs masles la duchié d'Auvergne
et la conté de Montpencier avecques leurs appartenances et appen-
dances quelsconques, et que en certains cas dévoient tourner à mon dit
seigneur le roi, soubz les manières et condicions plus amplement expri-
mées en certaines lettres sur ce faictes, ces choses et plusieurs autres
par nous prises en considéracion, de nostre propre mouvement, certaine
science et libéralle volunté, avons ordonné et ordonnons par la teneur
de ces présentes, et nous plaist et voulons que, s'il avenoit nous nostre
dit ûlz et noz autres enfans masles nez et à naistre en loyal mariaige,
aller de vie a trespas sans hoir ou hoirs masles descendans de nous et
d'eulx, ou iceulx hoir ou hoirs masles décedder sans laisser hoir ou
hoirs masles d'eulx procréez par loyal mariaige, par ainsi que la droicte
ou directe ligne d'oir ou hoirs masles de nous et de nosdits enfans
masles cessast et faillist, nos dits duchié de Bourbonnoys et conté de
Clermont ensemble leurs appartenances et appendances, villes, chas-
teaulx et autres forteresses, bourgs, villes et villdges, maisons, manoirs
et habitacions, fours, moulins, revières, estaings, viviers et austres
eaues, fourestz, bois, garennes, aulnoiz et pasturaiges, terres, vignes,
prés, saulçois, cens, censives, dixmes, peaiges, travers et coustumez,
fiefis, riereûeflz, hommes, hommaiges, vassaulx, vaussellaiges, hommes
et femmes de serve condicion, taillables à volunté et autrement, com-
ment que ce soit, jurisdicions et justices aultes, moiennes et basses,
gardes^ patronnaiges, présentations, collations de bénefâces et autres
haultesses, noblesses, seigneuries, droiz, rentes, prouffîz, esmolumens et
autres choses quelxconques, appartenant à nos dits duchié de Bourbon-
nais et conté de Clermont, pour quelque cause et manière que ce soit,
soient et deviennent propre héritaige et dommaine de mondit seigneur,
de ses successeurs roys de la couronne de France, et à mon dit seigneur
et à iceulx ses successeurs roys et à la couronne de France viengnent et
appartiengnent dès lors en avant perpétuellement et & toujours, ouquel
cas, mon dit seigneur et ses dits successeurs roys de France seront et
seroient tenuz marier les ÛUes, qui de nous et de noz dits entans masles»
ou de leurs hoir ou hoirs masles seroient descenduz par loyal mariaige,
se aucune en y avoit, bien et convenablement selon leur estât, sauf aussi
et réservé que de et sur nos dits duchié de Bourbonnois et conté de
Clermont, nous puissons et nous loyse prandre ensemble ou par parties,
jusques à la somme, valeur et estimacion de douze cens livres parisis de
rente, oultre et par dessus Toctroy à nous fait par mon dit seigneur le
roy de Tadmortissement de trois cens livres de rente, soit en fief, justice
ou autrement, toutes et quantes foiz que bon nous semblera et où il
nous plaira, icelles douze cens livres parisis de rente donner, céder,
délaisser et transporter en fondacions de ouvres charitables pour le salut
et remède des âmes de nos dits prédécesseurs, de ma dite dame la
royne, de nous et de notre très chère et très sainte compaigne la
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BBÂUVAISIS. 301
duchesse et de nos enfTans; et lesquelz douze cens livres de rente mon
dit seigneur le roy et ses successeurs roys de France sera et seront
tenuz admortir franchement et quittement, toutes foiz que requis en
seront, et icelles feront et seuffreront estre tenues pour admorties per-
pétuellement et a tousjours à celuy ou ceulx à qui elles seront cédées,
délaissées et transportées; parmy ce aussi que, s'il advenait que, par les
causes dessus exprimées^ nos dits duchié de Bourbonnois et conté de Cler-
mont advlnssent à mon dit seigneur, à ses dits successeurs roys et à la cou-
ronne de France, les exécutans de nous et de nos enfans masles nez et &
naistre et des hoir ou hoirs masles descendans de nous et d'eulxpar loyal
mariaige, pourront et leur loyra prandre et recevoir tous les prouffiz yssues
et revenus quelxconques de nos dits duchié de Bonrbonnois et conté
de Clermont, pour les deux premières années qui escheroient après ledit
cas avenu, pour les tourner et accomplir en Taccomplissement et ou
payement des testamens, aulmosne, laiz et debtes quelxconques de nous,
de nos dits enfants masles néez et à naistre et des hoirs ou hoir masles
descendans de nous et d'eulx par loyal mariaige, conmie dit est, sans
ce que empeschement ou contredit aucun y puisse ni doye estre mis par
mon dit seigneur et par ses dits successeurs roys de France, ne par leurs
gens et officiers ne aucun d'eulx en aucune manière; et jusques & ce que
les choses dessus dites et chacune d'icelles soient entérinées et accom-
plies de point en point, et par la forme et manière que cy dessus est
devisée, ne pourra mon dit seigneur ne ses dits succe.sseurs roys de
France, leurs gens ou officiers, no autres de par eulx, lever ne faire
lever, cueillir, recevoir, demander et exploicter, ne convertir & leur
proufHt aucunement les yssues et revenues de nos dits duchié de Boui^
bonnois et conté de Clermont ne d'aucune d'icelles, ne en joyr en aucune
manière en tout ne en partie. Toutes lesquelles choses et chacune d'elles,
soubz les condicions, reservacions, provisions et es cas et par la manière
que cy dessus est exprimé, nous vouions prandre et sortir effect et estre
fermes et estables à touE^ours, sans rappeller, et pour ce avons fait
mettre notre seel à ces présentes, sauf en autres choses notre droit et
Fautruy en toutes. Donné à Paris, ou mois de may, l'an de grâce, mil
quatre cens. Et sur le reply, par monseigneur le duc, le roy et messei-
gneurs les ducz de Bonrgoigne et d'Orléans présens; et signé Regant.
Archives Nationale?, P. 1370, cote 1886. Cet acte ainsi que les déclara-
tions conflrmatives de Jean comte de Clermont, de Marie de Berry sa
femme, et de Charles de Bourbon, comte de Clermont, leur flls, sont
insérés dans le tome m, de VHistoire des comtes de Forez, ducs de Bourbon,
de Lamure, éditée par M. de Chantelauze. Les lettres de Louis II, ont
été également publiées par M. Douet d'Arcq. Choix de pièces inédites retor
tives au régne de Charles Fi, 1. 1, p. 173 et suivantes.
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302 LÉ COMTÉ DE CLERMONT EN BEÀUVAISIS.
Liste des actes insérés dans le Xs. i^., 20,082.
1* Folios 1 à 4.
Folio 1. Vidimus donné par Jean de Cognerio conseiller du duo de Bour-
bonnais en 1378 (8 septembre), de lettres patentes de Philippe-Auguste,
renfermant des lettres de Louis VII, données à Bourges, l'an 1167, et
concédant & Guigne, comte de Lyon et de Forez, les droits appartenant
au roi sur plusieurs places de cette contrée.
Folio 1. Vidimus donné par Ricard, doyen de réglise de Besançon, chan-
cellier du duc de Bourbonnais, le 16 décembre 1373, de lettres patentes
de Pierre, duc de Bourbonnais, et de Jacques de Bourbon son frère, con-
tenant raccord fait entre ces deux princes, passé à Chartres, le 27 dé-
cembre 1346.
Folio 4. Vidimus donné par le même Ricard, le 23 février 1403, de
lettres patentes du roi Charles V, délivrant à Louis de Clermont, duc de
Bourbonnais, Thommage du comté de la Marce, qui lui est du par
Jacques, comte de la Marce, données à Paris, le 28 décembre 1371.
Folio 4. Vidimus de Jean de Coignerio ci-dessus, du 3 septembre 1378,
de lettres patentes de Philippe, fils du roi de France, depuis Philippe-le-
Long, renfermant Thommage de Jean, comte de Forez pour plusieurs
places de ce comté, données à Lyon, le 16 juin 1316.
2* FoUos 551 & 575.
Folio 551. Lettres de Pierre, duc de Bourbonnais, comte de Cler-
mont, contenant raccord fait entre lui et le chapitre de Notre-Dame du
ch&tel de Clermont, données le 5 novembre 1351.
Folio 553. Lettres de Mehaus, comtesse de Boulogne et de Clermont,
et de Jehanne sa fille, femme de Gautier de Castelon, approuvant la con-
cession viagère ûûte par les bourgeois de Clermont de la Gange de
cette ville à Thomas de Boulogne, données & la Neuvllle-en-Hez^ en mai
1247.
Folio 553. Lettres de Louis, comte de Blois et de Clermont, réglant
les cens et redevances à payer par les habitants de Clermont, pour leur
affranchissement, données à Creil en 1197.
Folio 554. Lettres de Raoul, comte de Clermont, réglant les cens &
payer par les habitans de la Neuville-en-Hez, données en...
Folio 555. Lettres de Albert, abbé de Froidmont, reconnaissant qu*il
ne peut vendre de bois en la forêt de Hez, jusqu'à ce que la vente flEute
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LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS. 303
par le roi Philippe-Auguste dans cette forôt, ait été achevée, juil-
let 1220.
Folio 555. Lettres du roi Louis IX, donnant le comté de Clermont &
son fils Robert, Paris, mars 1269 (v. s.).
Polio 555. Lettres de Robert, comte de Clermont, donnant à bail &
Pierre Choisel un arpent de masure au Plessié, Pont-Saint-Maixence,
novembre 1286.
Folio 556. Lettres du roi Louis IX, faisant don au maieur de Clermont
d*une charretée de bois par semaine dans la forôt de Hez. Paris^
mai 1255.
Folio 556. Lettres du môme, confirmant deux lettres de Raoul, comte
de Clermont faisant plusieurs donations au couvent des Mésiauxde cette
ville. Montdesir, novembre 1255.
Folio 557. Lettres de Philippe III, roi de France, attribuant le droit de
justice de la Grange de Wamaviller, au comte de Clermont, contre les
prétentions de Fabbé d'Ourscamp, Paris, mars 1282.
Folio 557. Lettres de Eudes évoque de Beauvais, contenant la dona-
tion de la foire de Saint-Jean à Clermont tait au chapitre de cette église
par Renaud, comte, Saint-Just 1147.
Folio 558. Lettres de Wautier abbé de Saint-Lucien, contenant un
accord fait entre son monastôre et Raoul comte de Clermont au siget des
hommes de Rosoy et de Beaupuis, 1187.
Folio 559. Lettres du roi Philippe m, confirmant les donations faites
au Chapelain de la NeuviUe-en-Hez, avril 1277.
Folio 559. Lettres de Catherine, comtesse' de Blois et de Clermont,
fondant et dotant la Chapelle de la NeuviUe-en-Hez, février 1208.
Polio 560. Lettres de Louis IX, confirmant les lettres précédentes.
Compiôgne, mars 1258.
Folio 561. Lettres de Philippe III, confirmant un accord fait entre son
fi'ôre Robert, comte de Clermont et l'abbé de Saint-Lucien, touchant le
ressort de Thieux, août 1281.
Folio 562. Yidimus donné par Hugues Aubriot> garde de la prévôté de
Paris, le 26 juin 1372, de lettres de Charles, fils du roi de France^ depuis
Charles Y, contenant la donation de diverses places et seigneuries à
Ysabeau de Yalois sa belle-môre, données au Louvre, le 8 mai 1359.
Folio 565. Yidimus donné par le môme, le 30 mars 1374, de lettres de
Mathias d'Eptemach, abbé de Notre-Dame en Luxembourg du 4 sep-
tembre 1263, renfermant des lettres de Jean, roi de Bohême et comte de
Luxembourg et de Louis duc de Bourbonnais, comte de Clermont^ rela-
tives aux conventions matrimoniales de Tunion projetée entre ledit roi
de Bohême, et Béatrix fille du duc et comte de Clermont. Yincennes,
décembre 1334.
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304 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUYAISIS.
Folio 569. Vidimus donné par Huges Aubriot, prévôt de Paris, en 1378,
de lettres du roi Charles Y, donnant & Louis, duc de Bourbonnais et
comte de Olermont, plusieurs seigneurie confisquées sur Robert de
Piquigny, rebelle. Saint-6ermain-en-Laye, 22 juillet 1378.
Folio 571. Vidimus donné par Audouin Chauveron, prévôt de Paris,
le 10 février 1384, de lettres du roi Charles Y, confirmant Taccord entre
le comte de Clermont et le seigneur de Bazentin, touchant le droit de
chasse dans les bois de RonqueroUes. Paris, 4 août 1375.
Folio 573. Lettres du roi Jean, fixant aux nobles du Vermandois et
du Beauvaisis, le délai qui devra s^écouler entre le défi et les hostilités,
dans les guerres qu'ils auront les uns contre les autres. Paris, 19 sep-
tembre 1351.
Folio 574. Vidimus de lettres données par Louis, duc de Bourbonnois,
comte de Clermont, confirmant la fondation et dotation £ûte par le sei-
gneur de Nédonchel de deux chapelles dans la collégiale du chAtel de
Clermont. Paris, 3 mars 1384.
Folio 575. Institution et ordonnance du péage de Longueaue, prôs
Pont-Saint-Maixence.
i
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TABLES
PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
L
Table des Abbayes et Prieurés possédant des biens
sotts la garde da Comte de Glermont
Beaubec (abbé de)^ 425.
Beaupré (abbé de), 124.
Breteuil (abbé de), 121, 144.
Bruel-le-Sec (prieuré de), 120.
Bruel-le-Vert (prieuré de), 120.
Bulles (prieuré de), 120.
Caiàlis (abbé de), 125.
Chelles (abbesse de), 124.
Chercamp (abbé de), 126.
Qermont (le ministre de), 124, 132,
147.
Conty (prieuré de), 121.
Corbie (abbé de), 120, 151.
augny (abbé de), 119.
Cressonsart (prieuré de), 119.
Faj-Saint-Quentin (prieuré de), 121.
Fonteyrault (abbesse de), 126.
Francières (prieuré de), 120.
Fresnemoutier (prieuré de), 120.
Froidmont (abbé de), 122, 147, 164.
Gart (abbé du), 125.
Gerberoy (cbapitre de), 125.
Goumay (prieuré de), 121.
Héméyiller (prieuré de), 121.
L
Lannoy (abbé de), 123.
Milly (prieuré de), 121.
Moncbel (abbesse de), 124.
Monehy (les meseaux de), 164.
Moncy-le-Perreux (abbesse de), 124.
Monstereul-sur-Bresche (prieuré de),
120.
Mortemer-en-Lyons (abbé de), 125.
Notre-Dame-d'Amiens (chapitre de),
125.
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306
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Notre-Dame-de-Glermont ( chapitre
de), 126.
Notre-Dame-de-Pois (prieuré de),
12t.
Notre-Dame-la-Royale (abbesse de),
124.
Ourscamp (abbê d'), 122.
P
Penthemont (abbesse de), 124.
B
Ranieny (prieuré de), 121.
Ressons (abbé de), 122, 144, 164.
S
Saini-Anthoine-emprez-Paris ( ab-
besse de), 124.
Saint-Benoli-sur-Loire fabbé de),
120.
Saint-Denis (abbé de), 125, 144, 169,
170.
Saint- Fuscien (abbé de), 121.
Saint-Germer-de-Flay ( abbé de ),
120.
Saint-Jean-d'Amiens (abbé de), 122.
SaintnJean-de-Beauvais (la Maison-
Dieu de), 164.
Saint-Just (abbé de), 122.
Saint-Lucien-de-Beauvais (abbé de),
120, 164.
Saint-Martin-au-Bois (abbé de), 121.
Saint-Pierre-de-Beauvais ( chapitre
de), 425.
Saint-Pol-emprez-Beauvais (abbesse
de), 124.
Saint-Quentin (abbé de), 121, 128,
132.
Saint-Remy-soubz-Clermont (prieuré
de), 120.
Saint-Sjrmphorien -emprez -Beauvais
(abbé de), 121.
Saint-Thibaut (prieuré de), 121.
Saint-Vincent-de-Senlis (abbé de),
121.
Saint-Waast-d'Arras (abbé de), 120.
Samoy (prieuré de), 121.
Séry (abbé de), 122, 144.
Vaussery (abbé de), 122.
Vezelay (abbé de), 120.
Villers-Saint-Sépulchre (prieuré de),
120.
W
Wariville (prieuré de), 126, 164.
Warti-Saint-Pierre (prieuré de), 120.
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IL
Table ' des noms eonfenas dans le dénombrement
de 1373.
Les noms suivis (tune indication de pages sont ceux des familles dont
les armoiries sont décrites dans le volume.
Abbecourt, 247, 265.
Âbbeville.
Affilé.
Agnet (le maire d'), 259.
Aguillon.
Alliaume, 258.
Alonne.
Amiens.
Andeyille;
Angivillers, i57.
Angi, i31.
Anguot.
Annuele, 226.
Antoing.
Argies, 219.
Aridel, 180, 182, 247, 278.
Arquinyillier, voir ErquinvUlier.
Ars, 271.
Arsis ou Arsy, 278.
Arbois, 218.
Asnes (F).
Atechy ou Atichy, 256, 263.
Aties.
Aubigny.
Aubourc.
Audenebam, 199.
Aufay, 131, 227.
Aufegnies.
Aufemont, 144, 168, 259.
Ayisse.
Aumarêt, 248.
Aumecourt, 207.
Aumont, 229.
Aunoy, 214.
Avregny, 278.
AnsoyiÛer, 214.
Aussy ou Auxy, 216.
AutreTille, 278.
Auvergne, 179, 180, 181.
AuvUler, 238, 247, 252, 272.
Bachi, 278.
Bacbieu.
Bacouel.
Baigneux.
Baillet, 243.
BaiUeu (Le), 223.
Bailly (Le).
Balaigny, 278.
Banne (Le).
Baquencourt, 278.
Barbençon ou Barbenchon, 200,
211.
Barbier (Le).
Barde.
Barly, 206.
Basentin, 146, 154, 200, 215, 246,
248, 250.
Basincourt, 251.
Batavainne.
Batliane.
Baube. "
Baudescot, 232.
Baudry, 227.
.•y ■>
V
t CeUe Uble, d'une écriture ploB moëenie, ainti que nous Tavons déjà (Ut, se trouTe insé-
rée k la fin du ms. 2«,081. Mo«8 la reprodoisons intégralement.
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308
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVÀISIS.
Beaumont> 225^ 226.
Beaurepaire, 278«
Beauvais^ 278.
Bègue (Le), 250.
Beleau.
Belieaue.
Bellemaison.
Belloy, 208.
Bequerel, 2i9.
Bequet.
Berengier.
Bemart.
Beronne, 257.
Bescot (Le), 262.
Besquote (Le).
Bestochie.
Betemboz, 221.
Betisy.
Be?e, 278.
Biart.
Biaugrant.
Bigan, 219.
Bigant.
Bigaet.
Blacourt.
Blaincourt, 238, 248, 270.
Blanc (Le), 180.
Blandin, 128.
Blangy.
Blenart, 219.
Blont (Le), 212.
Boguet, t34.
Bohême, 183, 184.
Bois (Du), voir Bos (Du)
Boiteux (Le), 189.
Bon (Le)» 168.
Bonniardel.
Bonneyie.
Bonneulg.
BonTiller.
Boniemps, 229.
Boqueillon (Le).
Borboire, 220.
Bos (Du) ou Boz, 204, 227, 242, 278.
Boz-Aubert (Du).
Boz-Geroult (Du).
Bosquel (Du).
Bosquellon (Le).
Bosquet.
Boterel.
Bouchier (Le), 148.
Boyes (Des).
Bougonyal.
Boulaincourt.
BouUart.
Boulen.
BouUe, 238.
Boulle d'Agnes.
Bouloigne, 179, 180, 181.
Boursier (Le).
Bousseyaut.
Boussiaus.
Boutenangle, 128.
Bouyier.
Bouyiller.
Braque, 223.
Bray.
Bresche.
Breteul (abbé de), 200.
Bretuel.
Brueil.
Bruel (le maire de), 270.
Brûlant.
Bniille.
BruUe.
Brun (Le), 229.
Brunyiller, 211.
Bucamps, 279.
BuUes, 191, 206.
Bullet.
Bulsart.
Bundans.
Buquet.
Bures.
Bundans.
Burles, yoir Bulles.
Bus, 279.
Bussoire.
Gailleur.
Galet.
Galetote.
Gamberonne.
Gammelin, 198.
Gamp d'Ayaine, 157, 257.
Gampion.
Gampremy, 144, 198, 215, 229, 245,
246, 248.
Gamus.
Gandelier (Le).
Gandeyille, 208.
i
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LB COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUYAISIS.
309
.*f*'-
Canée.
Canetel.
Canevas.
Gange (Du), i82, 257.
Gaoulle.
Carbonnier.
Cardonnoy, 195.
Caron (Le).
Carpentier (Le). •
Garuel.
Gastegnier (Du).
Castenoy, 209.
Cauflfery, 279.
Caumondel, 279.
Gaumont, 195.
Gauras, 203.
GaureL
Gauroy, 205.
Gercelier (Le), 267.
Ghannevières, 189, 191.
Ghantemelle, 279.
Ghapelle (La).
Gharni, 267.
Gharron (Le), 195.
Ghastel.
Ghastillon, 224, 271.
Ghaumont.
Ghepoy, 247, 279.
Ghiverières.
Civrières.
Glary, 199, 272.
Qerc (Le), 223.
Glennont.
Goivrel.
Golart.
Gompaing.
Gondé, 196.
Gonte (Le).
Gonty, 217.
Goq (Le), 180.
Gordelier (Le), 247.
Gordier (Le), 252.
Gomelle.
Cosete.
Gosté(Du).
Goton.
Goudun, 279.
Goupel, 220.
Gourcelles.
Gourchelles.
Gourdemanche.
Gouriauz.
Gourrel, 180.
Gourt(Le).
Gourtefoy, 232.
Goustances (évéque de), 258.
Gousture (La), 189.
Gramoisy, 188, 279.
Grapain, 261.
Greelg.
Grespel.
Gressy.
Grevecœur, 128, 229, 279.
Grocy.
Groissy.
Groix (La).
Grocq (Du), 209.
Grotoy, 268.
Grouset, 223.
GrueL
Guerderoy,
Gueret, 233.
Guigniëres, 241 .
Guise, 232.
Guvelier (Le), 259.
Dagonél.
Dampierre.
Darion.
Darras, 127.
Dennequin, 205, 212.
Derques, 189.
Derquieux.
Despaières, 258.
Diaveret.
Dive.
Domont, voir Aumoni.
Dompierre.
Dorly, 127.
Doublet.
DouMes.
Drugeron.
DuUy.
Durpain.
Eglise (L').
Empereur (L*).
Ennequin, voir Dennequin.
Equencourt, 279.
Erches, 279.
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310
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Erquery, 232, 238.
Erques^ voir Derques.
Erquinyiller^ 262.
Ery.
Escantelly ou Eschantelly.
Escopart.
Escrivain (L').
Escrivain de Saint-Pierre (L').
Espaielles, 238.
Espaux.
Espineuses, 243, 236, 237,247, 252.
Espinay (L').
Essars (Des), 258.
Estoquerel.
Estoy, 488.
Estrées, 446, 447, 490,222, 223, 247,
250, 266.
Fae (Le),
Farecourt, 206.
Fareyiller ou Fariviller, 224 .
Fassequele, 206.
Favenau, 253.
Faverel.
Favier.
Fauquet, 499, 245.
Fauqueur (Le).
Fay, 279.
Fayel, 224, 236, 263.
Ferrières, 274.
Feré, 247.
Fèvre (Le), 224.
Flamenc (Le).
Flavy, 279.
Florent.
Foisselles.
Foisseux.
Fontaine (La).
Fontaines, 497.
Fores.
Forest.
Forestier (Le).
Forlet, 428.
FouUeuses, 490, 228, 239, 240, 246,
266.
Fouquet.
Four (Du).
Fourbeur (Le), 257.
Foumier (Le), 249.
Foumiyal (le maire de), 243.
Framicourt, 242.
Francastel, 244.
Fransure.
Fransiëres, 480, 233.
Frémaut, 434.
Fresniaux.
Fresne, 427.
Fresnel.
Fresnoy, 228, 279;
Fretel, 489.
Friscamps, 224, 272.
Fumechon, 494, 215, 229.
Gâche (La).
Galet.
Gamelin.
Gantier (Le).
Gardins (Des).
Gargoulay, 226.
Gaucourt.
Gaudechart ou Godechart, 279.
Gaures, 269.
Gay (Le).
Genouville.
Gentil, 428.
Gerberoy.
Glategny.
Glauges.
Gorgedieu.
Gorget.
(roigon.
Goulancourt, 227.
Goulle.
Goullois, 204.
Gourle.
Gouriois.
Goumay, 468, 490, 234, 232.
Gouvieux, 222.
Gouvion.
Goy ou Gouy, 240, 241.
Grand (Le), 238.
Grange (La), 468, 255, 279.
Grebert.
Grenon.
Grimault ou Grimoult, 280.
Grimoude.
Grisy, 280.
Grout.
Guépière, 224.
Gueroude.
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LB COMTÉ BE CXERMONT EN BEAUVAISIS.
311
Gueroult, i80> 198.
Guerry.
Guillaume.
Guillet, 206.
Guisencourt.
Guocourt, 196^ 2io.
Hacheren.
Haloy.
Hamel^ 217.
Hamere^ 280.
Hangest^ 205, 230.
Hanon (Le).
HanyoiÙes, 280.
Haquerel.
Harbonnières.
Harchies.
Hardel.
Hardencourt^ 190.
Hardi.
Hardiviller.
Harel.
HargenUeu, 199, 2i3, 242^243» 244^
247.
Harmes, 213.
Havet, 197, 215, 280.
Haussez, 28C.
Hécourt.
Hédicourt, 128.
Helloy.
Helly ou Heilly, 213.
Hemart.
HemeyiHer, 232, 233.
Hérenc.
Herlay ou Herloy.
Herneyiller.
Hersant.
Hez, 280.
Hoquerel.
Houdainville, 280.
Houdet.
Hurtaut, 180.
Jaingny.
Jaquemart.
Jardins (Des).
Jayigny.
Jaux.
Jehan.
Jeune (Le) au Joenne (Le), 170.
Joenne de Sacy (Le).
Jolis.
Jonquet.
Judas, 228, 253.
Jumel (Le), 268.
Jumelles 280.
Jusaincourt, 228, 229.
Kais, 280.
Laffllé.
Laigny.
Laittre.
Lande.
Landeucourt.
Langle.
Lardières, 208.
Latimier.
Lattre.
La?al.
Laudencourt ou Lodencourt, 204.
Laverchines, 280.
Lens, 220.
Lermite.
Lescot.
Lesglentier, 199, 228, 247.
Lespinay.
Levremont ou Leuvrimont, 238.
Lieuviller, 280.
Liègart.
Liencourt, 209, 236.
Lierval.
Liesse.
Lieuville.
Lige (Le).
Lihus, 213, 280.
Linères.
Linières.
Lonceau.
Lonclieu.
Loncprê.
Longue-Avesne, 208.
Longue- Yeaue, 266.
Lorens.
Lorme.
Lorrain (Le), 238.
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312 LE COMTÉ DB CLERMONT EN BEAUVAISIS. 1
Lostelier.
Melun, 216, 221.
Loys.
MerartouMerat.
Luisiers.
Mery.
LuUy.
Merlencourt
Méru, 281.
X
Mez (Du), 224.
Mez (U) ou Mes (Le).
Machelée.
Mesgret.
Machon (Le).
Meanil (Du), 197, 280.
Maçon (Le).
Mesureur (Le).
Majeur (Le).
Michèle.
Maignelers, 232, 245.
Michèle.
MaiUart.
Mignot, 229.
MaiUy, 246.
Miliersart.
MaimbevUle, 267, 280.
Milly, 197, 201, 203, 204, 205, 206,
Maire (Le).
209,211.
Mairesse (La).
Milon.
Maisières, 280.
Mire (Le), 247.
Malamy.
Mirelessart, 254, 258.
Malmaison.
Mitiry.
Malenoue.
Moiencourt.
Malepart.
Moine (Le).
Malepoe, 214.
Moinet.
Malet.
Moncel (Du) ou Moncbel (Du), 280.
Maletrache.
Monchaux.
Malin.
Monchel (abbé Du).
Malis,
Monchy, 206.
MaUy.
Monchiaux, 195.
Mantel.
Moncy.
Marc d'Argent.
Mons.
MarceUes.
Monstereul.
Marchant.
Mont (Du). 188.
Marche.
Montathére, 281.
Marchié (Du).
Montcayrel, 254.
Marchiôres.
Montegny, 232.
Mare (La).
Montmartin.
Marée, 260.
Montoiles, 195, 205.
Mareschal.
Mony.
Margue.
Moregnies.
Marguerie.
Mord, 197.
Mariayale.
MoreUe, 214.
Marie, 157, 250.
Moremont.
Marquais, 207.
Moreul, 232.
Marqueviller.
Mory.
Martin.
Mote (La), 187, 205, 227.
Martincourt.
Moucy.
Masis ou Masiz, 280.
Moussures, 222.
Maubeuge.
Moustier (Du).
MauchevaUer, 221, 261.
Moustiers (De), 219.
Mavereux.
Mouy.
Mannier (Le).
Mulet.
Manny.
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LE COMTÉ DE CLKRMONT KN BEAUVAISIS.
313
Nans.
Nedonchel, 446, 463, 20«, 254, 270.
NeeUe, 225.
Nery, 284.
Neuville (La), 284.
Nicaise.
Nicolas.
Noél.
Nointel, 264.
Noirmont.
Normant (Le), 223.
Nouroy, 498, 240.
NuUy, 229,246, 268, 284.
Offemont, voir Aufemont,
Orner.
Onglet.
Onz.
Orival, 205.
Orly.
Orme (L').
Osouart.
Oudart.
Ougnon.
Outrele.
Pacy, 247, 265.
Paillart, 266.
Pailloaiz.
Paillouel, 205.
Paix-Est-Bonne, 454, 495.
Paon.
Paquin.
Paris.
Parseval.
Pasque.
Pastissier (Le).
Patrenel.
Pelé (Le), 260.
Pelletier.
Pernes.
Petit.
Picart (Le).
Pierre (La).
Pierrepont, 233, 264.
Pincelot.
Pisseleu, 210, 270.
Pissy.
Place (La).
Pleinval.
Planque (Le).
Plessié ou Plaissié, 281.
Plessis-Brion, 284.
Plousel.
Poiletruye.
Poix ou Poiz.
Polin.
Pommereux, 227.
Pomponne, 284.
Ponchaux.
Pons (Du).
Pont-Molain.
Porte (La).
Postis. 457, 257.
Pouchin, 284.
Poucin.
Poulaillier (Le).
Poulet, 232.
Poupart, 248.
Pré (Du), 434.
Pressy, 188.
Prévost (Le).
Preux (Le).
Prez (Des), 488, 248.
Prouvencel.
Puys (Du).
Quartier (Le).
Quesne (Du), 246.
Quesne (Le), 232.
Quesnel (Du), 498, 243, 228.
Quesnes (Des), 449, 255.
Quevauviller, 224.
Queu (Le) ou Queux.
Quiéret, 220, 222.
Quièse (Le).
Quinquempoix, 240, 244, 244.
Ranteny.
Raoust, 234, 235.
Rat (Le). 223.
Ravenel, 233.
Recule.
Rémérangle, 212.
24
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314
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Remin.
Remy, 222.
Renets, 281.
Requignart, 188.
Reteul.
Reudoc (Le) ou Roudoc.
Ricourt.
Rieux, 281.
Riquesse, 229.
Rivellon, 182.
Riverel.
Rochele.
Rogerel.
Roitel.
Rondel.
Ronqueroles.
Rost.
Roteleu.
Rouget.
Roumescamps, 186.
Rousseau.
Rouverel.
Rouviller, 234, 254.
Roux (Le), 187.
Roy (Le).
Roye.
Ru (Du), 281.
Rucourt.
Ruelle (Le).
Ruisseloy, 199, 215.
S
Sablonnières.
Sac (Le).
Sachy.
Sailleville.
Sains, 207, 258.
Saintines, 187.
Sainte-Aragonde, 239.
Saint- Arnoul.
Saint-Aubin, 227,281.
SaintrElies, 220.
Saint-Ernoul, 204, 281.
Saint-Germer.
Saint-Joirc.
Saint-Just.
Saint-Martin (abbé de), 232.
Saint-Onier.
Saint-Pol, 282.
Saint-Reniy, 244, 282.
Saint-Rymoult, 200, 215, 273.
Saint-Sauflieu, 263, 264.
Saint-Vaast.
Saintuel ou Santuel, 282.
Sainseval, 260.
Saisseval.
Sarcus, 209, 219, 220.
Sarmoises, 232, 241.
Sarrazin.
Sart (Du), 157, 248, 250.
Sauchoy.
Saveuses, 210.
Saulon (Du), 227.
Saulonnières, 226, 227.
Sauvage.
Saux (La).
Sechelles, 219.
Selier (Le).
Sène (Le), 222.
Senicourt.
Senlis.
Sernoy.
Serreville.
Serrurier (Le), 201, 215.
Serve.
Seurville.
Socourt ou Soiecourt, 144, 247, 259,
266.
Soucourt.
Soisy, 247, 250, 251, 256, 268.
Songons, 282.
Sorel, 224.
Soris.
Sormont.
Soubz - Maire - de - Monstereul - sur -
Bresche (Le).
Souf Usant.
Souspirant.
Souvegny, 148, 248, 255, 256, 257,
265, 272.
Tavemier.
Tenement.
Tère ou Thère, 268.
Tertegny.
Tetoulet.
Thibaut.
Thibout, 128, 146.
Thieuloy.
Thounel.
Tieux.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
315
TiUart.
Tilloy, 220, 221.
Tirleu.
Tois.
Tonnelier (Le).
Torchars, 188.
Touflfreinville, U7, 246, 247.
Touppet.
Toures (Des).
Toumelle (La), i44, 255, 260, 270.
Toussains.
Tracy.
Traynel, 269.
Trémoire.
Trenquée.
Trye, 154, 199, 269, 282.
Trieux.
Triquotel.
Tronquoy.
Trouart.
Troussiaux.
Turqueteville, 163, 212.
Vaillant, 128.
Val (Du).
Valescourt, 282.
Varennes, 254.
Vasseur (Le), 208.
Vaumain, 205.
Vaux, 256, 267.
Velanne, 222.
Velouste.
Vendeul ou Vendueil, 247, 273.
Ver (De), 128.
Verderonne ou Vrederonne, 282.
Verrière (La), 224.
Versine (La), 189.
Vesve (Le).
Vienne.
Vienon.
Vièvre ou Wièvre, 282.
Viezfort.
Vignemont, 282.
VUers, 241.
ViUain, 182.
voie, 282.
Villepois, 282.
Villers, 180, 282.
ViUers-Saint-Pol, 235.
Vincent.
Vivien.
Vinouche.
Vouasteblé.
W
Wadivoie.
Wally.
Waroult, 265.
Warty, 282.
Wasteblé.
Wayegnies, 282.
Waut (Du).
Weme (La).
Wez, 223.
Widerue.
WiUerval.
Wyart.
Yvort.
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III.
Table des nems eités dans les notes do Dénombrement
de 1373.
Alexandre, 204.
Allart, 256.
Âmelot, 231.
Andlau(d'), 271.
Ângicourt (d')^ 16i.
AngiYilIer(d'), 211.
Anglos d'Heronval (d'), 205.
Angoudesseut (d'), 260.
Angoulème (duchesse d'), 183.
Argillière (d'), 195, 200, 213, 240,
256,260,267,271.
Arquinvilliers (d'), 264, voir Erquinr
villiers.
Attichy (d'), 263.
Aubert, 195, 196,212.
Aubespine (de 1'), 271 ,
Aumont (d'), 269.
Auvillers (d'j, 264.
Auxcousteaux, 210, 214.
Auxy (d'), 192.
Avenrelle (d'), 195.
Bacquencourt (de), 268.
BaiUeul (de), 213.
Bar de Rely (le), 247.
Barbanclion ou Barbençon (de), 192.
Baulgis(de), 209,221.
Baveux (le), 274.
Beaumont (de), 225.
Béchamel, 26 t.
Belloy (de), 208, 234.
Bernelz (de), 208, 231.
Béthancourt (de), 241, '272.
Bethicy, 208.
Béthune-SuUy (de), 217, 218.
Bochart, 196, 240.
Boileau, 266.
Bois (du), 270.
Boisgelin (de), 234.
Boisthierry (de), 208.
Boitel, 233.
Bonnières (de), 195.
Boucher du Mesnil (le), 219.
Bouchiat (de), 269.
Boufflers (de), 202, 207.
Boulaincourt (de), 164.
Boulainvilliers (de), 231, 233, 266,
270.
Boulart, 235,
Bouqueaulx (de), 228.
Bourbon-Beaujeu (de), 183.
Bourbon-Condé (de), 183, 184, 187,
189, 217, 257, 260.
Bourbon-Conti (de), 244, 253.
Bourgoigne (de), 251.
Boys (du), 242, 244.
Brancas-Lauraguais (de), 274. ^
Braquemont (de), 197.
Breleuil (de), 217.
Bretonnière (de la), 237, 251, 267.
Breuil (du), 249, 258, 264.
Breuil-le-Vert (de), 164.
Brinon, 179, 231, 264, 265.
Broé (de), 192, 200.
Brunswick (de), 183.
Bulles (de), 191, 201.
Bury (d«), 164.
Bussy (de), 224.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
317
Caignart^ 208,
Caignet^ 219.
Campdeville (de), 243.
Campdavène ou Gandavène (de),
240.
Campremy (de), 245.
Caqueray (de), 204.
Carignan (de), 184, 202.
Caron de Troussures (le), 204, 206.
Carvoisin (de), 204, 205, 240.
Cassini (de), 267.
Castéja (de), 218.
Causans (de), 204.
Cave d'Haudicourt, 243.
Célestins d'Offemont (les), 238, 256.
— de Paris, 240.
Cernoy (de), 233.
Chadancourt, 261.
Chardon du Havet, 244.
Chartres (de), 225.
Chatillon-Saint-Pol (de), 179.
Chemin (du), 497.
Choiseul-Gouffier (de), 219.
Clément, 219.
Clément (du), 205.
Clermont (chapitre Notre-Dame de),
497, 262.
Clermont-Nesle (de), 179.
Cochet, 200.
Cocquin, 234.
Collesson, 257, 263.
Contay (de), 263.
Conti (de), 191, 217, 218.
Corbie (de), 267.
Coudun, dit Desperl (de), 237.
Coulombiers (des), 219.
Couquault d'Avelon (de), 210, 228.
Couronnel (de), 268.
Courtils de Merlemont (des), 212,
271.
Coustard, 481.
Couturier (le), 199.
Craon (de), 181.
Crapain (de), 233.
Creil (de), 190.
Crèvecœur (de), 256.
CriUon (de), 202, 207.
Croizettes (des), 200.
Crouy (de), 204, 208.
Croy-Havré (de), 218, 221.
Dagombert, 21 3,* 250.
Dànesy, 195.
Dargies (de), 191.
Desprès de la Résière, 192.
Dammartin (de), 194, 211.
Doussault, 481.
Dreux (l'évèque Philippe de), 202,
244.
Dufos, 182.
Dum (de), 195.
Durand (de), 267.
Durant, 195.
Encre (d'), 494. •
ErquinviUiers (d*), 490, 200, 254.
Espinay (de T), 206.
Espineuses (d'), 236, 237.
Estourmel (d'), 196.
Estrées (d*), 222.
Etouy (église d'), 252.
F
Fabrice de Gressenich, 481.
Faluel, 250.
Faudoas (de), 237.
Fauvel, 222.
Fayel (de), 235.
Fay (du), 254.
Feniolle (de), 271.
Ferrières (de), 261.
Fey (du), 249.
Fitagames (de), 237, 238.
Flahaut de la Billarderie (de), 244,
262.
Fleury (de), 209.
Floiri, 264. '
Fouilleuse (de), 268.
Fouleuzes (de), 226.
Forget, 240.
Fournier, 219.
Francières (de), 233, 250.
Froidmont (abbaye de), 492, 242,
243, 244, 258.
Fumechon (de), 236, 265, 269.
Gamaches (de), 489, 235.
Garlande (de), 225.
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318
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Gaudechart (de), 2i3^ 233.
Gayant, 272.
Gendre-d'Ons-en-Bray (le), 225.
Gicourt (de), 164.
Gomer (de), 241.
Gouffier-Créquy (de), 208.
Gourlay (de), 209.
Gournay (de), 211.
Goussencourt (de), 229.
Gouy (de), 198, 211, 278.
Gouy d'Arcy (de), 232, 271.
Grancey (de), 183.
Grange (de la), 198.
Grandvilliers (de), 211.
Grasse (de), 209.
Graville (de), 255.
Gruel de la Frette (de), 237.
Guillebon (de), 262.
Guyot des Charmeaux, 244, 253.
Hacqueville (de), 225.
Bailles (d'), 241.
Hallencourt (de), 208.
Halluin(de),210, 221.
Hamel (du), 191, 192, 217, 218.
Hangest (de), 182, 230, 231, 241,
242. 243.
Hanicques, 219.
Hardencourt (de), 190.
Hardivilliers (d'), 205, 207, 208.
Hargenlieu (de), 242, 243.
Harlay de Ghampyallon (de), 181.
Harcourt (de Brancas d'), 184.
Hattencourt (de), 255.
Haut de Lassus (de), 222.
Hédouville (de), 228, 253.
HeiUy (de), 213, 236.
Hennequin, 257.
HenDequin d'Ecquevilly, 221.
Herbelot, 244.
Hericarl de Thury, 200.
Hostillemont (de), 197.
Humières (de), 246, 263.
Jacobé de Naurois, 187.
Joly de Sailly, 238.
Jumièges (abbaye de), 190.
Labire, 202.
Lancry de Pronleroy (de), 240.
Larcbier de Gourcelles, 209.
Leclercq, 263.
Leullier, 261.
Lévis (de), 225.
Liévin (de), 196.
Ligne (de), 192.
Lignères (de), 210.
Longueville (de), 183.
Lorbehaye (de), 190.
Lorraine (de), 181, 183.
Louvencourt (de), 222.
Luxembourg (de), 183.
Madaillan de Lesparre (de), 190.
Maillé-Brézé (de), 244.
Mailly (de), 217, 268.
Maire-de-Parisisfontaine (le), 270.
Malingre (de), 212.
Malte (ordre de), voir Saint-Jean de
Jérusalem,
Marcel, 204.
Mareuil (de), 222.
MeUo(de), 191,211.
Mesnil (du), 213.
Milly (de), 190, 201, 203, 207, 211.
Monceaux (de), 208, 209, 210, 228.
Moncby de Gilocourt (de), 192, 197.
Mongeron (de), 264.
Monsieur, frère du Roi, 244, 253.
Montfort (de), 179.
Montmorency (de), 188, 237, 259,
260.
Montonviller (de), 192.
Moucby (de), 204.
Moullay (de), 240.
Moyencourt (de), 209, 261.
N
Navarre (la reine de), 183.
Nedonchel (chapelle de), 266.
Nemours (de), 184.
Nesle d*Offémont (de), 263.
Neuville (de), 202, 207.
Noailles de Mouchy (de), 270.
Nouroy (de), 233.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
319
0 (d'), 274.
Ogier, 254.
Olivier le Daim, 200.
OUier, 246, 263.
Ogoies ou Ongnies (d'), 182, 252.
Ourscamp (abbaye d'), 234, 265.
Paillart (de), 219.
Pajot, 225.
Palissot de Beauvois, 26i .
Parent, 196, 229, 250, 257.
Paris de la Brosse (de), 21 1 .
Pasquier de Franclieu (de), 239.
Passi de Broyés (de), 249.
Palu, 188, 259.
Perthuis (de), 189.
Perret, 241.
Picart, 257.
Picquigny (de), 201 , 202, 203, 207.
Piennes (de), 253.
Pisseleu (de), 204.
Place (de la), 269.
Plat (le), 272.
Plessis (du), 497.
Plessis-Liancourt (du), 235.
Plessis-Picquet (du), 253.
Plessis-Richelieu (du), 244, 269.
Popaincourt (de), 235.
Popillon, 244.
Pot, 260.
Potier de Gesvres et de Tresmes,
181.
Potier de SUly, 252.
Pouls (de), 272.
Pradines (de), 200.
Pulleu, 249, 258.
Puy-Chalin (de), 181.
Querdes (des), 202.
Quesnel (du), 211,
Randon de la Tour, 187.
Ravenel (de), 239, 266, 267.
Real (de), 210.
Régnier, 197, 212.
Reniy (de), 182.
Ribault, 263.
Richard, 204.
Rimbert de ChatiUon (de), 224.
Rioult, 252.
Rochechouart (de), 205.
Rochefoucauld (de la), 235.
Roddes (de), 208.
Roger, 204.
Rohan (de), 202.
Ronqucrolles (de), 164, 190.
Rouveroy (de), 212.
Roye (de), 202, 203, 217, 237, 266,
269.
S
Saint-Antoine-de-Paris (hôpital de),
236.
Saint-Barthèlemy-de-Beau?ais (cha-
pitre de), 204.
Saint-Blémont (de), 224.
Saint-Denis (abbaye de), 234.
Saint-Jean-de-Jérusalem (l'ordre de),
200, 224, 236.
Saint-Lucien (abbaye de), 181, 196,
205, 219.
SaintrMorys (Bourgevin de Vialart de) ,
272.
Saint-Pierre de Beauvais (chapitre),
197, 199, 212, 248.
Saint-Saulieu (de), 256.
Saisseval (de), 202, 207.
Sarcus (de), 204, 209.
Selier (le), 195.
Soissons (de), 183.
Soissons-Moreul (de), 235.
Soucanye de Landevoisin (de), 264.
Soyecourt (de), 218, 260.
Tiercelin de Brosses, 209.
Tisseul, 268.
Toumelle (de la), 190.
Trie (de), 164.
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320
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Varennes (de), 231 .
Vauchelles (de), WS, 210.
Vaudemont (de), 183.
Vauldray (de), 272.
Vaulx (de), 251, 262.
Vauli (du), 207.
Vérac (de), 220.
Verger (du), 259.
Vienne (de), 261.
Vignacourt (de), 249, 261.
Vigneron, 195.
Villain, 195.
Villers (de), 187, 235, 236, 271, 273.
Villette(de), 181.
Vincent de Goumay, 231.
Visitation d'Amiens (la), 196.
W
WariviDe (prieuré de), 200.
Warty (chapelain de), 200, 248.
IV.
Table des noms de lieox et de fiefs cités dans le Dénombrement
de 1373 et dans les Notes.
Abbecourt, 213, 247, 269.
Achy, 201,204.
Agnes, Agnet, 263, 266.
Agnes (mairie d'), 134, 259.
Agnes (taille d'), 15i.
Agueu, Les Ageux, 181, 184.
Amblainville, 269.
Ameline, 219.
Anceil-le-Petit, 207.
Angicourt, 200, 215, 235, 261.
Angiviller, 130, 261, 262.
Angy, 141.
Ansac, 130, 142, 153, 200, 211, 244,
249, 252, 269.
Ansoviller, 200.
Archonval, 122, 231 .
Argenlieu, voir Hargenlieu.
Argillières, 126.
Arion, Airion, 128, 130, 154, 237,
238, 245.
Armancourt, voir Eermencourt.
Ars, 127, 128, 129, 228, 253.
Arsis, 171, 232.
Aspremont, 230, 254.
Auchy-en-Bray, 209.
Aimiecourt, 210.
Aussoutraines, 227, 228, 239, 240.
Autrevaux, 230.
AutrevUle, 121, 122, 129, 237, 263.
AuviUer, 130, 249, 264,
Auxi, 209.
Avrechy, voir Havrechy.
Avregny, 182, 201, 254.
Avregny (La Motte-d'), 249.
Baillefontaine, 128.
Baillenval, 120, 142.
Bailleul-le-Soc ou le Sot, 170, 234,
245. 250, 261 .
Bailleu ouBailleul-sur-Thérain, 192,
193, 196, 199,211,213,214.
^
^
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I^ COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
321
Bailloel ou Baillet-en-France^ 273^
274, 275.
Baniers (Les), 268.
Baraeu, 192.
Basincourt, 171, 181, 187.
Bauchemont, 230.
Baugy, 170, 232.
Bayenbus^ 221.
Beaulieu, 209.
Beauvoir, 187.
Beauvoisin, 231.
Becquerel ou Bequerel, 129, 150,
152, 199, 249.
fielleuse, 218, 219.
Belloy, 208, 210,231.
Bénécourt, 208.
Bequet-à-Saint-Paul (Le), 125.
Bergicourt, 205, 220, 222.
Beronne, 250, 251, 257, 263.
Berthennessart, 122.
Béthancourt, 212.
BélhencourtrSaint-Nicolas, 237, 247,
253.
Bizancourt, 243.
Blacourt, 208, 210, 228.
Blaincourt, 234.
Blémont, 195.
Boileau, 266.
Bois (Le), 233.
Bois-SaintrJean. 124.
Boisicourt, 142, 268.
Boisicourt (taille de), 151.
Bonneuil-le-Plessier, 192, 202.
Bonnières, 207, 210.
Borde (La), 233.
Bos d'Agueu, 186, 187.
Bos-du-Bois, 231.
Bosquel (Le), 221.
Botliaux, 171.
Bouconyal, 188.
Boulïlers, 207, 209, 210.
Boulaincourt, 2C1, 246, 254, 259,
263.
Boussonval, 250.
Boutenangle, 244.
Bracy, 183.
Braquemont, 192.
Bray (pays de), 225, 226.
BrenouiUe, 201, 235, 254.
Bretigûy, 157.
Bruel-le-Sec, 127, 128, 142, 143,
237, 242, 262.
Bniel-le-Sec (mairie de), 270.
Bruel-le-Vert, 240, 246, 248, 256,
257, 265.
Bruyère (La), 235.
Buhas (Les), 128, 129.
Buicourt, 203, 207, 208.
Buisencourt, 195, 247.
BuissoDUoie, 189.
Bulles, 191, 192, 193, 195, 196, 197,
198, 199, 200, 201, 206, 207, 211,
212, 213, 215, 216, 217, 273.
Bury, 208, 238, 251.
Bus (Le), 270.
Bus-Maubert, 126.
Cagny, 202, 207.
Caignelet, 262.
Caigneux, 199, 200.
Caillouel, 270.
Galenges (Les), 226.
Camberonne, 235, 236, 244, 249,
253, 254, 269.
Campaigne (La), 171.
Gampremy, 211.
Candeyille, 208.
Gandoire, 182.
Ganelecourt 128, 130, 152, 153, 255,
256, 260, 262, 272.
Ganelecourt (mairie et maire de),
134, 144.
Canetecourt (taille de), 151, 256.
Ganetecourt (tief Drieu -le-Maire à),
249, 255.
Ganetecourt (fief du Vinage de), 259.
Ganly, 170.
Gannessiez, 125.
Gamoux, 215.
Ganny, 219.
Gantepie, 127, 129, 252, 261.
Gardonnette, 208.
Garrières, voir Quarriéres.
Gastellon ou Gastillon, 192, 194,
217, 229, 255, 273.
Gastenois ou Castenoy, 182, 240.
Galviller, 270.
Gauffery, 228, 235.
Gaulières, 222, 223.
Gaïunont, 180.
Gauroy, 205.
Gauvegny, 196.
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322
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
Cauvenne, 224.
Cempuis, voir Champuis.
Cemoy. voirSamoy.
Champuis, 219, 220.
Chasleler-de-Glermont (Le), 127.
Chastelon, voir Castelon.
Château-Chinon, 183.
Châteaux à Hanaches (Les), 204.
Châtelet (Le), 260.
Chaussée-de-Becquerel (La), 150.
Chaussée-de-Ramécourt (La), 130,
242, 252, 273.
Chelle (La), 170.
Cherolles, 203.
Chivrières, 189, 190.
Choque (La), 199.
Choquel (Le), 223.
Cinqueux, voir Sainqueux.
Clermont, 123, 124, 125, 128, 129,
133, 136, 140, 144, 153, 238, 241,
243, 245, 247, 249, 251, 255, 256,
257, 258, 259, 260, 262, 268, 272.
Clermont (domaine du comté de),
179, 181, 183, 185, 192, 195, 202,
209, 212, 225, 233, 237, 238, 240,
241, 246, 248, 255, 256, 258, 259,
267, 270, 272.
Clermont (maire de), 144, 164.
Clermont (mairie de), 134, 255.
Clermont (prévôté de), 133.
Clusy, 219.
Cohen, 252.
Coiseaux, 229.
Collombier (Le), 267, 272.
Colognies, 125.
Condé, 196, 197, 212, 252.
Conti, 217, 218, 220, 221, 223, 224.
Conti (Le Quesnoy de), 223.
Conti (Les Warennes de), 223,
Coq (Le), 260.
Corroy, 240.
Contres, 124, 218, 221, 222, 223.
Courcelles ou Courselle, 182, 269.
Courchelle, 223.
Courdemanohe, 180.
Courlieu, 126, 156, 158, 250.
Courroy, 207, 209.
Courlieu, 238.
Cousture (La), 189.
Coutances, 192, 264.
Cramoisy, 188, 190.
Crannes, 128.
Crapain, 233.
Crasset, 129.
Crécy, 154, 155, 238, 246.
Creil, 183, 184, 185, 187, 188, 189,
190.
Cressonsacq ou Cressonsart, 198,
201, 254, 264.
Cressy, voir Crécy.
Crillon, 207, voir Cagny.
Croistein, 255.
Croix-de-Gîencourt (La), 127.
Croix-Saint-Oyen (La), 171.
Croquet (Le), 127.
Cuignières, 130, 241, 242, 243, 266.
Despert de Coudun, 238.
Doméliers, 266.
Donnemarck, 192.
E
Ecorchevaque, 123.
Effois (Les), 226.
Ellincourt-Sainte-Marguerite, 168,
231.
Ënencourt, voir Uennenœurt.
Epiuette (L'), 230, 231.
Ercuis, voir Erques.
Erquery, 130, 238, 256, 263.
Erques, 189.
Erquinviller ou Erquinvillier, 130,
193, 251, 261, 262.
Espaux, 204, 208.
Espineuses, 128, 150, 236, 237, 238,
249, 251.
Essarts (Les), 193, 252.
Essuile, i98.
Estoquerel, 221.
Estrées-Saint-Denis, 170, 233, 250.
Estrive (L'), 192.
Etouy ou Estoy, 238, 247, 252, 263.
F
Faïel ou Fayel, 126, 170, 185, 188,
196.
Fariviller, 196, 215.
Faumechon, 221.
Faverolles, 235, 236.
Favière, 236.
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LE COMTÉ DE CXERMONT EN BEAUVAISIS.
323
Fay-oultre-le-Bois, 130, 195.
Fay-sous-Clermont, 238.
Ferté-en-Bray (La), 183.
Feuquerolles, 193, 194, 211, 215.
Filleaux (Les), 261.
Fillerval, 142, 267.
Filzjames, 197, 238, 245, 249, 250,
252, 257, 263, voir Warty.
Flory, 219, 223, 224.
Foudroy (Le), 226.
Fouilleuse, 239, 241 .
Foulloy. 207.
Fournival, 197, 198, 199, 200, 212,
213, 215, 217, 237, 238.
Francières, 233, 234.
Franconville-au-Bois, 273, 274, 275,
276, 277.
Fraye (La), 193,211.
Fréauville, 222.
Fresnel (Le), 234.
Fresnemouliers, 219, 223.
Fresnoy, 170.
Fresnoy-en-Telle, 234.
Froimont, 272.
Froimont-la- Ville, 258.
Fumechon, 194, 215, 230.
Gaillefontaine, 183.
Gannel-Glerie, 192.
Cannes, 193, 233.
Gauves, 216, 217, 228.
Gicourt, 258, 263.
Gicncourt. 127, 128, 129, 143, 153,
243, 268.
Glategny ou Glatigny, 203. 209.
Glorielles (Les), 128, 129.
Goudanviller-les-Mondidier, 127.
Gournay, 190.
Gournay-en-Bray, 183.
Gournay-sur-Aronde, 167, 168, 230,
231,232,233,255.
Gouverneur, 270.
Gou vieux, 183.
Goyncourl, 207, 208.
Grantviller, 219, 221.
Grasseure, 223.
Gresillon, 128.
Guehangni-les-Bailleval, 268.
Guisenconrt, 224.
Guybrencourt, 196.
Halate (forêt d'), 201.
Haloi ou Haloy, 123.
Haloi (avouerie d'), loi.
Hamel (Le), 218, 219.
Hanaches, 204, 209.
Hanvoile, 207, 209.
Harchies, 208, 209.
Hargenlieu, 242, 243.
Harmes, voir Hermès.
Halton, 193.
Haucourt, 203, 207.
HaudiviUier, 193, 215, 217.
Havrechy, 120, 130, 239, 241, 243,
245.
Hayes (Les), 184, 189.
Hémart, 233.
HéméviUers, 232, 233.
Henencourt, 195, 196.
Hennequin, 212.
Hérelle (La), 202.
Hermencourt, 119, 234, 235, 236.
Hermès, 121, 123, 192, 211, 212,
213, 214, 258.
Héron (Le), 259.
Herval, 241, voir Lierval,
Hez, 212, 213, 214.
Hez (forêt de), 161, 163 et suivantes,
246, 247, 258.
Hodenc-l'Evêque, 121.
Hodenc ou Houdenc-en-Bray, 207,
227 228 229 .
HondainviUe, 142, 201, 254, 272.
Houdancourt, 181.
Houssoy, 192, 207, 209, 215, 217.
Houssoy (Le), 226.
Jaux, 119, 189, 233, 235, 236, 260.
Jean Leclercq, 244.
Joncquières, 171.
Jurequin (forêt de), 171.
Jusainneville, 220.
LaigueviUe, 184, 187, 215, 228.
Lamécourt, 242, 243.
Lardières, 269.
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324
LE COMTÉ DE CXERMONT EN BEAUVAISIS.
Lardiêres (Les Ghamparts et Les Cor-
nets de), 269.
Latache, voir Lesiaque.
Lavrechines ou Laversines, 189, i93,
498.
Léglentier, 261.
Lépinette, 243.
Lestaque, 260.
Lestaut, 207.
Lestoquel, 207,
Lhéraule, 207.
Liencourt, 119, 142, 228, 235, 236,
239, 253.
Uenral, 127, 130, 149, 153, 262,
272.
LieuYillerç, 234, 243, 260, 261.
Lis ou Utz, 156, 237, 238, 247, 248,
249,251,252,270.
Logelles, 234.
Loges (Les), 122.
Lombus, 266.
Lonclieu, 208.
Longueil ou Longueul, 170, 270.
Longuyane, 143, 187,
Lorme, 183.
Louviaucourt, 243.
Louvière (La), 255.
Louvres-en-Parisis, 249.
Lucheu, 223.
Lusarches ou Luzarches, 157, 238,
257.
Lusières, 218, 222.
Luyères, 209.
Maimbeville, 182, 245.
Maleheuse, 203.
Mancellier, 214.
Marguerie, 214.
Marigny, 170.
Marigny-lès-Compiègne, 251.
Marquau, 207.
Marquets (Les), 187.
MarseiUe, 203, 204, 206, 207, 208,
209.
Marseille (avouerie de), 151.
Martincourt, 209.
Matencourt, 213.
Maurewart, 123.
Mazis (Les), 208.
Mellencourt, voir Merlemont.
Meneviller, 125,223,231.
Merart, 130, 142, 150, 244.
Merlemont, 130, 271.
Merlou, 130.
Méru, 269.
Mervaut, 206.
Méry, 181, 182,231,232.
Mesneviller, 222.
Mesnil (Le), 197.
Mesnil-sur-Bulles (Le), 193, 244.
Mez (Le), 242, 243, 245.
Milly, 201, 202, 203, 204, 205, 206,
207,209,216.
Mitery, 157.
Moienviller, 170.
Moigneville, 129, 235, «47, 251.
Moignevillette, 200, 215.
Moimont, 207, 209.
Molegnies, 209.
Monceaux, Monchaux ou Monchiaux,
195, 196,207, 213, 235,261.
Monchy-aux-C!ouleuvres, 206.
MoncLy-Saint-Eloi, 184, 187.
Mons, 192, 193.
Monstereul, 124, 210.
Monstiers, 194, 262.
Mon1>-Aubert, 123.
Montegny, 231, 232.
Monthatère, 184, 190, 249, 25i.
Montignac, 183.
Montereul-sur-Br esche, 211.
Montmartin, 233.
Morival, 246.
Mortfontaine, 187.
Morviller, 122, 200.
Motte à Epineuses (La), 237.
Motte à Hanaches (La), 204.
Motte d'Ancourt (La), 201, 234, 254.
Mottelette (La), 213.
Moussures, 220, 222, 224.
Moyenneville, 192, 233, 264, 265.
Mouy, 141, 244.
Muletiaux (Les), 189.
Musas, 270.
Myre, 249.
N
Neufty, 230, 231.
Neuilly, voir NuUy,
Neuville-en-Hez rLa), 156, 158, 159,
160, 162, 247, 249, 250, 257.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
325
NeuviUe-le-Roi (La), 119, 26i, 268.
Neuve-Rue (La), 153.
NeuvUle-sur-le-Vault (La), 206.
Nicquet, 238.
Nogent, 184.
Nointel, 121, 122, 125, 129, 142,
251,258,262, 263, 264.
Nointel (au-dessus de), 242.
Nouroy, 187, 240, 241, 262.
Nouroy (la grange de), 245.
Nully, 124, 126, 130, 247, 249, 257,
262, 264.
NuUy-en-Telles, 228.
Olivier, 128.
Omécourt, voir Aumécourt.
Ons-en-Bray, 125, 225, 226, 227,
229, 252.
Orouer, 183.
Orson-sous-Clermont, 238.
Oudeuil, 210.
Pancheron (Le), 127, 128, 129.
Parfondeval, 123.
Passy, 264, 265.
Pauquechon, 195, 215.
Peremont, 168.
Perrequoy (Le), 128, 129.
Petigny, 219.
Pieumeles, 122.
Pierre (La), 262.
Pire (Le), 153.
Pisseleu, 210, 270, 271.
Planques, 230.
Plessier (Le), 123, 150, 187.
Plessier-BUlebault (Le), 244, 269,
270.
Plessier-Crotoy (Le), 192, 217.
Plessier-sur-BuUes (Le), 193, 215.
Plessis-Longueau ou Villette (Le),
181.
Plessis-Saint-Aubin (Le), 182, 248.
Poissonval, 193.
Pommeraye (forêt de), 185.
Ponceaux ou Ponchaux, 211, 230.
Ponsal, 226.
Pont (Le), 125.
• Postis (Le), 128.
Prairie du Chaussois (La), 192.
Pré (Le), 122.
Pressy, 188, 189.
Quarrières, 201, 254, 272.
Quesnel-Iès-Saint-Just, 242.
Quesnel-sur-BuUes, 198, 273.
Quesnotoye (La), 242.
Quesnoy (Le), 222,
Quevreul, 226.
Ramécourt, 154, 155, 247.
Ranteny ou Rantigny, 122, 130, 235,
239, 255, 266, 268.
Ravenel, 198, 261.
Regnault-Duchatel, 192.
Reimberviller, 125.
Remecourt, 129, 241, 243.
Rémérangles, 193, 196, 197, 198,
212, 213, 215, 216.
Remin ou Rémi, 170, 171, 179, 233,
234.
Ressons, 246.
Reuil-8ur-Aré, 154, 155.
Ribeauville, 210.
Rieux, 162, 188, 233, 248.
Rivecourt, 231.
Rochy, 192, 195.
Ronchières, 196.
Ronquerolles, 154, 155, 246, 263.
Rozoy, 270.
Rost, 223, 224.
Rosteleu ou Roteleu, 127, 128, 153,
246, 249, 256, 259, 260, 268, 271.
Rouviller, 130, 201, 234. 254.
Roye, 266.
Rozay, 183.
Rozoy, 235.
Rucourt, 187.
Rue du Bois (La), 204.
Rue-Bemier (La), 200.
Rue-Saint-Pierre, 252.
Rullon, 128.
B
Sacy ou Sachy-le-Grand, 130, 181,
182, 240, 263, 266.
Sacy (mairie de), 271.
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326
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
SacLy, 187, 247.
Sachy-le-Petit, i71.
Sain queux, 187, 249.
SailleviUe, 184, 200, 215, 248.
Saint-Aubin-en-Bray, 125,225,226.
Saint- Aubin-sous-Erquery, 238.
Sainte-Barbe, 238.
Saint-Elies, 220.
Sainte-Eusoye ou Sainte-Usoye, 196,
215.
Saint-Félix, 120.
Saint-Jean-de-Losne, 183.
Saint-Jean-de-Warty, 248.
Saint-Just, 244.
Saint-Ladre, 242.
Saini-Martin-Longueaue, 171.
Saint-Mesmin, 189.
Saint-Mor, 123.
Saint-Omer, 202, 208, 209.
Saint-Remy, 127, 128, 155.
Saint-Remy-à-l'Eaue, 130, 214, 230,
242, 244, 245.
Sainl-Rimoult, 200, 215, 247.
Saint-Saens, 183.
Salle (La), 255.
Sandricourt, 269.
Sanguine, 210.
Sarcus, 124, 209.
Sarron, 181.
Saulchoy (Le), 222, 224.
Saulx (La), 122.
Senecourt, 129, 205.
Sernoy, 241 .
Silly, 248.
Sommereulx, 126, 224.
Soustraine, voir Aussoxistraine.
Taule (La), 230.
Tenement (Le), 259.
Terny, 221.
Thérines, 205.
Thieuloy, 123, 147.
Thieux, 196, 215.
Thory ou Thury, 120, 130, 142, 150,
151, 267.
Tieuloy (Le), 127, 128.
Tilloy, 221.
Tour-d'Auneuil (La), 207.
Tranloy (Le), 226, 233.
Tricot, 264.
Trois-Estoz, 241, 247.
Trompe d'Or (La), 210.
Trossy, 189.
Troussures, 203, 204, 205, 207.
Uny, 124.
Val-Foubert (Le), 188, 232.
Valescourt, 243, 244, 266, 271.
Valsauvechon, 168.
Vaqueresse (La), 125.
Vault (Le), 205.
Vaulz ou Vaux-sous-Cambronne,
130, 237, 239, 267, 270.
Vaux, 188, 193, 197.
Vaux de Vienne (Le), 232.
Velanne, 222.
Verdancher, 192.
Verderonne, 235, 271.
Verneuil, 187.
Venetle, 119, 170.
Verberie, 251.
Verrière (La). 123, 224.
Vieille abbaye, 123.
Vienne, 261.
Villepoix, 206, 210.
Villers, 187, 188.
Villers-les-Castenoy, 243, 251, 266.
Villers-Houdan ou Saint-Barthélé-
my, 225, 226, 227.
Villers-Saint-Pol, 184, 187.
Villers-sur-Auchy, 210.
Villers-sur-Bonnières, 208.
Vivier d'Angiet (Le), 227.
Vrocourt, 207, 208, 209.
Vuarenyal, 233.
Wacquemoulin, 182, 230, 231, 232.
Wally, 221.
Wandelicourt, 231.
Wandiyoye, 264.
Warde-Mauger (La), 192, 202.
Wariyille, 193.
Wamaviller, 122, 234, 265.
Warly-le-Grand et Saint-Pierre, 128,
129, 237, 238, 250, 251, 262, 264,
267.
Warty (la tour de), 237.
Wavegnies, 194, 198, 200, 215, 230
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TABLE
PAR ORDRE DE MATIÈRES
Introduction historique.
I. Origines probables du Comté de Clennont. — Ses comtes propriétaires. —
Incertitudes et opinions différentes des auteurs sur la famille dont ils sont
issus. — GiLDOiN de Breteuil, comte de Clermont. — Renaud I, seigneur
de Clermont (1054). — Hugues, seigneur de Clermont. — Possessions de
sa maison au début du xii® siècle. — Ses démêlés (1102) avec Mathieu,
comte de Beaumont-sur-Oise, son gendre. — Renaud II, comte de Cler-
mont. — Dédicace de la Collégiale Saint- Arnoul de Clermont (1114). —
Son mariage ; 4<» avec Alix de Vermandois; 2^ avec Clémence de Bar. —
Sa descendance. — Simon de Clermont, tige des Clermont d'Ailly et Cler-
mont-Nesle. — Mahaut de Clermont, comtesse de Dammartin. — Clémence
de Bar n*a pas épousé en secondes noces Albéric 1«', comte de Dammartin*
— Raoul, comte de Clermont (41^7-1191). — Démolition par Louis VII de
la forteresse de Litz (il62), — Raoul est nommé connétable de France. —
11 épouse Aêlis, héritière de la maison de Breteuil. — Charte de Goumay-
sur-Aronde (H 65). — Association avec le Prieuré de Saint-Leu d'Esserent.
— Démêlés avec le Chapitre Saint-Pierre de Beauvais. — Influence de
Raoul à la Cour de France. — Rivalité et guerre avec Philippe d'Alsace,
comte de Flandre (1183). — Associations avec les abbayes de Saint-Denis,
de Saint-Lucien et de Saint-Germer. — Fondation et charte de la Neuville-
en-Hez (1187). — Nouveaux démêlés avec le Chapitre de Beauvais. —
Raoul prend la croix (1187). — Ses libéralités en faveur des établissements
religieux. — Il meurt au siège de Saint-Jean d'Acre (1191). — Quelles
étaient ses armoiries? — Catherine de Clermont et Louis de Blois. —
Chartes d'affranchissement des habitants de Clermont et de Creil (1197). —
Louis de Blois part pour la quatrième croisade et périt à la bataille d'An-
drinople (avril 1205). — Administration de Catherine. — Différends avec
l'abbé de Saint-Lucien et Philippe de Dreux, évêque de Beauvais. — Des-
truction du château de la Neuville-en-Hez (1212). — Thibaut de Blois,
comte de Clermont (1212-1218). — 11 meurt sans postérité. —Ses héritiers
dans le Comté de Clermont et la Châtellenie de Breteuil. — Philippe-Au-
guste se rend acquéreur du Comté de Clermont (1218). — Consistance de
ce Comté, pages 1-46.
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328 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVAISIS.
II. Comtes apanagistes de la première race. — Le Comté de Clermont
demeure uni au domaine royal jusqu'à la mort de Philippe-Auguste. — 11
fait partie de l'apanage constitué par Louis VIII à Philippe Hurepel^
comte de Boulogne^ son frère (1223). — Philippe Hurepel et Mahaut de
Dammartin. — Mort de Philippe (4234). — Mahaut conserve la jouissance
et l'administration du Comté de Cleimont en mariant sa fille Jeanne de
Boulogne (1236) à Gaucher de Châtillon. — Elle épouse en secondes noces
Alphonse de Portugal. — Mort de Gaucher de Châtillon (1248) et de Jeanne
(1251). — Contestation judiciaire entre le roi Louis IX et ses frères
Alphonse, comte de Poitiers et Charles, comte d'Anjou, relativement à la
succession de Jeanne. — Arrêt du Parlement de septembre 1258. — Le
Comté de Clermont fait retour en entier à la couronne à la mort de Mahaud
(janvier 1259), pages 47-57.
III. Saint-Louis, comte de Clermont. — Il donne, par Lettres de mars 1269,
le Comté en apanage à son sixième fils Robert. — Robert, comte de Cler-
mont (1270-1318). — Ses actes en cette qualité, — Son mariage avec
Béatrix de Bourbon. — Leur descendance. — Etat des villes et localités
dépendant du Comté de Clermont en 1303. — Louis l" succède en 1318 au
Comté de Clermont, dont il avait l'administration depuis plusieurs années.
— Il prend le nom de Bourbon. — Il vend en 1320 à Philippe-le-Long son
droit de battre monnaie. — Confirmation et interprétation de la Charte
communale de Clermont (mai 1325). — Cession à Charles IV le Bel du
Comté de Clermont en échange du Comté de la Marche et autres terres
(décembre 1327). — Rétrocession du Comté de Clermont par Philippe VI
de Valois (janvier 1328). — Annexion de la terre de Lardières au comté
(1331). — Don par le Roi des terres de Baillet-en-France et Franconville-
au-Bois(1337). — Mort de Louis I«'. — Enfants qu'il laisse de Marie de
Hainaut. — Jacques de Bourbon, comte de la Marche. — Béatrix de
Bourbon, dame de Creil, femme de Jean de Luxembourg, roi de Bohème.
— Cession par Béatrix de la Châtellenie de Creil à Charles V, qui la réunit
à la Couronne (1374). — Pierre I«', comte de Clermont (1341). — Il est
tué à la bataille de Poitiers (septembre 1356). — Son administration. —
- Convention avec le Chapitre de Clermont relative aux réparations de la
Collégiale. — Postérité issue du mariage de Pierre et d'Isabelle de Valois,
pages 58-86.
IV. Louis II de Bourbon, dit le Bon, comte de Clermont (1357-1410). — La
Jacquerie et ses suites. — - Louis II, otage pour le roi en Angleterre. — Son
mariage avec Anne Dauphine d'Auvergne (1371). — Don par Charles V du
marché de Marseille (1365) et des deux tiers de la Châtellenie de Milly
(1378). — Inféodation de cette Châtellenie. — A&anchissement des serfs
de Milly (1400). — Inféodation de Franconville et de Baillet-en-France. —
Services et exploits de Louis II. — Acquisition des Châtellenies de Remy,
de Sacy-le-Grand, de Bulles, de la Hérelle. — Transaction avec le domaine
royal, relativement à la Châtellenie de Creil. — Mariage de Jean de Bour-
bon et de Marie de Berry. — Louis II cède à son fils le Comté de Clermont,
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i
LE COMTÉ DE CLBRMONT EN BEAUVAISIS. 329
dont il stipule par Lettres de mai 4400 la réyersion à la couronne^ en cas
d'extinction de la descendance masculine de Bourbon. ^ Sa mort (août
i410), pages 87-108.
L'ordonnance du 20 novembre 137i. — Conformément à ladite ordonnance,
Gilles de Nedonchel, gouyemeur du Comté de Clermont^ fait procéder, en
I373> au dénombrement des fiefs, arriéres-fiefs et revenus de ce Comté. --
En combien d'exemplaires le dénombrement de { 373 a-t-il été rédigé, que
sont devenus ces exemplaires? — Le manuscrit 20,082 du F.Fr. de la
Bibliothèque et le manuscrit KK. 1003 des Archives nationales. — Impor-
tance particulière du dénombrement de 1373. — Etat de la valeur des
impositions extraordinaires levées vers le milieu du xiv* siècle au Comté
de Clermont, pages 108^1 18.
Le Liyre des Hommages du Comté de Glermoit en Beauvaisis.
Déclaracîon des Eglises qui ont maisons, terres, rentes et autres possessions
en la Comté de Clermont soubz la garde de M. le duc de Bourbonnais,
comte de Germent, page 149.
Dédaracion des héritages, cens, rentes^ possessions et revenus que tient et
possesse en la Comté de Clermont le Chapitre Notre- Dame-ife-Clermont
soubz la garde et protection de Monseigneur le Duc, page i 26.
Ordonnance comment l'église Notre-Dame de Clermont doit être desservie,
page 131.
Déclaracion de la Prévosté de Clermont, page 433.
Droits et offices, page 133. — Le Halage de Clermont, page 136. — Le
Tonlieu de la Freperye, page 137. — Le Tonlieu de la Toile, page 137. —
Le Tonlieu de la Pleterye, page 137. — La Rente de la Boucherie et le
Tonnelieu, page 138 --La Rente de la Hérengerie et Poissonnerie et le
Tonnelieu, page 139. — Le Tonnelieu de la Laine, page 139. — Le Ton-
nelieu du Pain, page 139. — Le Minaige de Clermont, page 139. — Le
Tonnelieu des Restes^ page 139. ^ La Rente du Sel et le Change de Cler-
mont, page 140. — Le Travers de Clermont, page 140. — Les Travers de
Nointel, de Baillenval, de Liencourt et de Bruel, page 142. » Le Travers
de Longuyane, page 143. — Les Prévostés de Bruelg et de Giencourt,
page 143. — Vignes et Vinages du Domaine, page 143. — Rentes en ville-
nage perçues en la ville de Clermont, page 1 44 et suivantes. — Avaines et
cens, page 149. — Droits seigneuriaux divers appartenant au domaine,
page t51.
Déclaracion de la terre de Ronquerolles, page 154.
22
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330 LE COMTÉ DE CLERBONT EN BBAUYAISIS.
DéclaracioQ de la terre de Litz, page 156. (Voir page 248 la Charte de
Louis Vil de U62.)
Déclaracion de la Gh&tellenie de la NeuTille-en-Hez^ page 156.
Domaine et cens, x>age 156. — Four de la Neuville, page 158. — Rentes dues
par les habitants et dnnts de justice^ page 159. ^ Droits d'usage dans la
forêt, page 161. — Privilège de non-arrêt, page 162.
Déclaracion de la forêt de Hez, page 163.
Déclaracion de la GhâteUenie de Goumaj-snr-Aronde^ page 167.
Mortes-mains et Formariages perçus de moitié avec l'abbé de Saint-Denis,
page 169.
Bois de Jurequin, page 171.
Fiefs et arrière-fiefs tenus du Chàtel de Clermont, page 173.
Bemin, page 179. — Sachy-le-Grand et Méry, page 181. — Creelg^ page 183.
— Bulles, pages 191, 2i i, 216. — Biilly, page 201. — Conti, i^age 217. —
Hons-esrBray^ pages 225, 229, 252. — Hondeno-en-Bray, page 226. — Cas-
tillon, pages 229, 255, 273. — La Taule, page 230. — Goumay-sur-Aronde,
pages 231, 255. — Héméviller, page 233. — Francières, page 233. ^
Rouviller, page 234. — Bailleul-le-Soc, pages 234, 235. — Hermencourt,
pages 234, 236. — Liencourt, page 235. — Espineuses, p. 236. — Warti,
pages 237, 250, 267. * Fouilleuse, page 239. — Ranteny, pages 230, 255,
266, 268. — Bruel-le-Veri, pages 240, 255, 257, 265. — Aussoustraines,
page 240. — Nouroy, page 240. ^ Trois-Estoz, page 241» — Havrechy,
page 241. — Quesnel-les-Saint-Just, page 242. — Hargenlieu, page 242. —
Louviaucourt, page 243. — Ansac, pages 244, 252. — Saint-Remy-en-
l'Eaue, page 244. — Le Mez, page 245. — Arion, page 2145. — Clermont,
pages 245, 255, 256, 257, 259, 260, 268. — Roteleu, pages 246, 259, 268,
271. — RonqueroUes, p. 246. ^ Sailleville, page 248. — Lis, pages 248,
270. — La Neuville-en-Hez, pages 250, 257, 258. — Villers-lés-Castenoy,
pages 25i, 266. — Estoy, page 252. — Gamberonne, page 253. — Bethen-
court-Saint-Nicolas, page 253. — Ars, page 253. — Cressonsart, page 254.
— Canettecourt, pages 255, 272. — Erquery, pages 256, 263. — Bèronne,
page 257. — Hermès, page 258. — Froimont, page 258. ^ Boulaincourt,
pages 258, 259. — Gicourt, page 258. — Lestaque, page 260. — Lesglentier,
page 261.— Erquinviller, pages 261, 262. — Giencourt, page 261. —
Bruel-le-Sec, pages 262, 270. — Caignelet, page 262. — Angiviller,
page 262. •— Sachy-le-Grand, pages 263, 266. — Nointel, pages 263, 264.
— Nully, page 264. — Moyenneville, pages 264, 265. — Wamaviller,
page 265. — Vaux-sous-Cambronne, pages 267, 270. — CoUombier,
pages 367, 272. — Fillerval, page 267. — Guehangni-les-Bailleval, page 268.
— Boisicourt, page 268. — Lardières, page 269. — Abbecourt, page 269.
— Le Plessi^-Billebault, page 269. — Rosoy, page 27^. — Valescourt, !
page 271. — Mellencourt, page 271. — Lierval, page 272. — Hondainville, ^-
page 272. — La Chaussée de Ramécourt, page 273.
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LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEÀUVÂI5IS. 331
Baili/>el en France et Fbanconvillb-au-Bois. Etat en brief de leurs revenu
et valeur dressé en l'an MGGCLXXVII^ page 273.
Armoiries des Chevaliers, Ecuyers et Gentilshommes possédant seulement
arrière-fiefs dans le C!omté de Clermont^ page 278.
Pièces Justificatives.
1. Chartes d'affranchissement et de commune. — i . Charte de Raoul^ comte
de Clermont, en faveur des habitants du bourg de Gournay-sur-Aronde. —
Anno ll65y page 285.
2. Charte de Raoul^ comte de Clermont^ en faveur des habitants de la Neuf-
ville^ anno li87, page 285.
3. Charte de Louis, comte de Blois et de Clermont, portant affranchissement
des habitants de la ville de Clermont, année il 97, page 286.
4. Charte de Louis, comte de Blois et de Clermont, portant affranchissement
des habitants de la ville de Creil, 23 janvier n97 (V. S*), page 287.
5. Lettres de Louis !•', comte de Clermont, seigneur de Bourbon, portant
confirmation des lettres de Louis, comte de Blois et de Clermont, en faveur
des habitants de Clermont, mai 1325, page 288.
6. Lettres de Louis I*', comte de Clermont, seigneur de Bourbon, portant
confirmation de la Charte de Commune accordée en il 81 aux habitants du
Bulles par Guillaume de Mello et Robert de Conti. — 19 janvier 43 19
(V. S*), page 290.
II. Lettres de Philippe, comte de Boulogne, touchant les comtés de Mortain, do
Clermont et d'Aumale à lui donnés par le roi. Février 1223 (V. S^), page 297.
III. 1258. Arrêt du Parlement relatif à la succession du Comté de Clermont,
page 298.
IV. Mai 1400. Lettres de Louis II, duc de Bourbon, stipulant la réversion
éventuelle à la couronne du Comté de Clermont, page 299.
V. Liste des actes insérés dans le Ms. fr., 20,082. — page 302.
Tables Alphabétiques.
I. Table des Abbayes et Prieurés possédant des biens sous la garde du comte
de Clermont, page 305.
II. Table des noms contenus dans le Dénombrement de 1373, page 307.
III. Table des noms cités dans les notes du Dénombrement de 1373, page 316.
IV. Table des noms de lieux et de fiefs cités dans le Dénombrement de 1373
et dans les notes, page 320.
Angers, iMPRniERiE Lacbése et Dolbeau. — 1878.
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LE COMTE DE CLERM0N1
EN BEAUYOISIS
ÉTUDES POUR SERVIR A SON HISTOIRE
COMTES ENGAGISTES
GLERMONT EN 1789
CHAPITRE l
Louise de Savoie, comtesse de Clermont; sa mort. Charles
France, duc d'Orléans, comte de Clermont. Il meurt se
alliance; retour du Comté à la couronne. Compte
1546-1547 . Etat au vrai de la chàtellenie de CreiL Corn
de 1550-1551. Le Comté de Clermx>nt fait partie
douaire de Catherine de Médicis. Projet d'engagement
Clermont et de Creil au duc Eric de Brunswick.
La transaction, intervenue entre François I" et Louise
Savoie sa mère, par-devant les notaires jurés commis
établis en la ville et prévôté de Chauny, le 25 août 1527, av
attribué à cette princesse la presque totalité de la successi
de Suzanne de Bourbon et notamment le comté de Clermc
en Beauvoisis, avec tous les domaines dont d'heureuî
acquisitions avaient successivement accru cet apanage p
mitif de Robert de France. L'attribution n'avait eu toute!
lieu que sous la réserve expresse de réversion à la couroni
déc^s advenant do la nouvelle propriétaire. La Domb
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COMTES ENGAGISTES 17
charge de rachat perpétuel. Enfin, les officiers, serviteurs et
domestiques du duc, que celui-ci enverrait en France pour
le régime, gouvernement et administration de ses nouveaux
domaines, seraient affranchis de toutes tailles et impositions
tant ordinaires qu'extraordinaires et, le cas échéant, du droit
d'aubaine. L'entrée en jouissance était fixée au 5 août précé-
dent.
Choppin mentionne rengagement du 13 août 1569 comme
un type intéressant des contrats de cette nature, et c'est pour-
quoi j'en reproduis le texte en annexe (1).
Le duc d'Alengon s'était engagé à faire ratifier dedans la
huitaine l'acte qu'il venait de signer par lettres-patentes du
roi. Ces lettres, en date à Amboise du 17 août (2), contresi-
gnées Brulart, furent lues, publiées et enregistrées au Parle-
ment le 6 octobre suivant (3). A la même date du 17 août, le
roi s'était engagé vis-à-vis du duc de Brunswick à le laisser
jouir dix ans durant du comté de Clermont, nonobstant la
faculté de rachat.
La ratification de Catherine de Médicis, également sti-
pulée dans l'acte du 13 août, fut donnée par elle le 13 sep-
tembre à Marmoutier (4).
(i) Annexe B. — L'obligation de passer les contrats d'engagement
devant notaire dura jusqu'au règne de Henri IV.
(2) Arch. nal., X»- 8628 f. 203.
(3) Le Parlement avait fait des réserves ; il réclamait la justlGcation
que les sommes portées au contrat étaient entrées es coffres du roi
et avaient tourné à son profit. Un nouvel arrêt du 2 juin 1576 donna
acte au duc de Brunswick de cette justification.
(4) Elle était ainsi conçue :
« Catherine, par ki grâce de Dieu, Reine de France, mère du Roi, à
tous ceux (jui ces présentes lettres verront, salut : Gomme pour sub-
venir aux grandes et urgentes affaires qui sont à présent en ce royaume,
procédant à- raison de la précédente guerre concernant la tuition et
défence de ses États, notre très clier seigneur et fils eut été contraint
lever et emprunter plusieurs grosses sommes de deniers, et à ces fins
aliéner et engager grandes parties du domaine royal, et entre autres
ayt naguère par notre consentement, baillé, délaissé et vendu à faculté
de réméré perpétuel, au seigneur Eric, duc de Brunswick, le comté de
Clermont en Beauvoisis, avec ses membres et cbatellenies qui en dépen-
2
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à
18 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
La Chambre des Comptes, à laquelle dut être soumis
comme au Parlement le contrat d'engagement, se montra
moins accommodante que ce .dernier ; elle formula, le
18 novembre, des réserves. Mais par lettres du 30 décembre,
datées de Villers-Cotterêts, le roi lui enjoignait de passer
outre et de procéder à l'enregistrement pur et simple. Elle
déféra à l'injonction le 6 janvier 1571 par arrêt conçu en ces
termes :
« La Chambre, du très exprès commandement de S. M. Roy
par plusieurs et diverses fois réitéré, faisant droit à iceluy
duc sur les lettres de jussion par lui obtenues, a ordonné et
ordonne qu'il jouyera de l'effet et contenu en icelles suivant
le vouloir et intention de S. M., à la réservation toutefoys
des foys et hommages et serments de fidélité des vassaux
dudit comté, chatellenie de Creil, terres et seigneuries qui
en deppendent, les profflts et émoluments d'iceux réservés
audit duc ; Ensemble des deux arpents de boys de haulte
futaye à luy accordez pour son chauffage (1), en récompense
desquels luy a attribué la somme de 500 livres tournois par
dent, y compris la chatellenie de Creil et les terres de Remy, Gournay
et Moyenneville, et ce pour la somme de 360,000 1. t. selon qu'il est
plus au long contenu et déclaré sur le contrat passé à Paris par notre
très cher amé fils le duc d'Alençon, procureur du roi notre seigneur
et fils et de nous le 13'"'' jour d'août dernier, lequel contrat de vendi-
llon fait par notre très cher fils le duc d'Alençon, nous avons pour
bien agréable et nous avons iceluy ratifié et approuvé, ratifions et
approuvons par les présentes que nous avons à cette fin signé de notre
main et à icelles fait mettre notre scel. »
Nonobstant ce désistement, Catherine de Médicis, mettant à profit la
réserve insérée dans le contrat du 13 août relativement aux biens mar-
mentaux (bois de réserve), se fit attribuer, par lettres royales adressées
le 5 mai 1571 au maître particulier des eaux et forêts de Clermont, vingt
arpents de bois de haute futaye à prendre dans la forêt de la Neuville-
en-Hais, pour la charpente de la couverture du palais et maison qu'elle
faisait bâtir aux Thuilleries lèz la ville de Paris. Arch. nat., X** 8629-
(1) Aux termes du contrat du 13 août le duc de Brunswick et ses
héritiers, tant qu'ils jouiraient du domaine engagé, avaient droit à
2 arpents de bois de haute futaie à prendre en la forêt de Senlis ou de
Compiègne.
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l
COMTES ENGAGISTES
an, pour être distraite de l'évaluation qui sera faite de
terres, avec la somme à quoy se trouveront monter l€
et aumônes, gages d'officiers et autres charges ordi
étant sur les recettes et domaines desdits lieux, qu<
duc mettra pour chacun au es mains du receveur orc
dudit comté pour en faire le payement en l'acquit du I
compter en ladite Chambre. » L'exemption des tail
faveur des serviteurs du duc fut en outre subordonnée
Chambre, à la condition qu'ils ne fissent aucun In
marchandises et ne tinssent aucune ferme.
— Dès l'enregistrement du contrat du 13 août par le
ment, Jehan de Neufville, seigneur de Chantelou, tn
de France, en la charge d'outre-Seine et Yonne, désig
le duc d'Alençon pour procéder à l'évaluation du rêve
domaines engagés, s'était mis à l'œuvre, et le 26 (
bre 1569 il déposait 8 cahiers, desquels résultait que ce i
devait être estimé à 20,916 livres tournois, 13 sols
picte tournois; mais il avait omis d'appeler à concc
son travail l'expert désigné par le duc de Brunswiclc,
Lefèvre de Caumartin, général des finances en la
généralité d*outre-Seine et Yonne. Par requête adres
Roi en son conseil privé, le mandataire du duc releva
gularité commise et, protestant contre cette évaluatl(
dépassait d'un cinquième celle portée au contrat, de
qu'il fût admis à la contester.
Saisie par renvoi du Conseil privé, la Chambre des O
commit deux de ses membres, Paris Hesselin et Jehai
gillière (1), pour ouïr les parties et procéder à la revis
travail des commissaires, plusieurs fois interrompu,
pas encore abouti en 1574, que des lettres du Roi, datées
gnon, prescrivirent à la Chambre de transmettre sans d
Conseil privé les résultats de leurs évaluations sommai
Le total s'élevait à 18,521 livres tournois et ce fut vi
blablement en prenant ce total pour base que le Conse
(1) O dernier, originaire de Clermont, descendait du li<
général du bailliage en 1539.
(2) Voir annexe C, les Incidents de la procédure et l'Evalua
recettes.
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Z{) LE COMTE DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
réduisit à ii,438 livres tournois la rente de 14,000 livres
tournois assignée sur la recette générale des finances de
Paris (1) comme supplément d'engagement.
. Entre temps et conformément au contrat du 13 août, le duc
de Brunswick avait été envoyé en possession du Comté de
Clermont, et c'est sans doute à cette circonstance que fut due
la dé^signation, par l'article 8 de l'Edit de Pacification d'août
1570, donné à Saint-Germain-en-Laye, de la ville de Cler-
mont comme un des lieux d'exercice du culte de la religion
réformée pour le gouvernement de l'Ile-de-France. Les pro-
testants y firent construire, au lieu aujourd'hui encore appelé
Le Prêche, entre la rue Grévin et la rue d'Amiens, un temple
qui passait pour son importance comme le second du
royaume et auquel fut annexé un collège en 1609 (2).
Né le 10 août 1528 (3), Eric de Brunswick avait épousé,
en 1545, Sidonie, fille de Henri le Pieux, duc de Saxe. Cette
princesse étant morte, le 14 janvier 1575, sans lui laisser
d'enfants, il convola quelques mois après en secondes noces
avec Dorothée de Lorraine. Celle-ci, née en 1545, était la fille
posthume de François, duc de Lorraine et de Baf, et de Chris-
tine de Danemark. Le mariage eut lieu le 26 décembre 1575.
Quelques semaines auparavant, le 2 du même mois, en con-
sidération d'une union « qui reliait les anciens liens de
famille entre les maisons de Lorraine et de Brunswick », Eric
avait fait don à sa future épouse et, subsidiairement, en
cas qu'il n'en eût pas de postérité, à son frère Charles, duc
de Lorraine, du droit qu'il avait au Comté de Clermont, terres
et seigneurie de Creil, leurs appartenances et dépendances
(1) Celle rente fui réassignée ultérieurement sur la recette générale
d'Orléans, puis de Bourges.
(2) Le Moine, Mémoire sur Clermont, 1767.
(3) Il était le fils d'autre Eric, duc de Brunswick, GoUingen, et d'Elisa-
beth de Brandebourg. Il succéda à son p^re dans les principautés de
Gotlingen et de Calemberg. Les armes do celle branche de Brunswick
étaient, au xvi« siècle, écarlelées au 1 de Brunswick (de gueules à deux
'éopards d'or l'un sur l'autre), au 2 de Lauenbourg (d'or au lion d'azbr
sur un semis de cœurs de gueules). Arch. nal. Collection des sceaux.
Brunswick actuel blasonne : de gueules au cheval effrayé d'argent.
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COMTES ENGAGISTES 21
ensemble de tout l'usufruit de la somme de 370,000 livres
pour laquelle ces domaines lui avaient été engagés et hypo-
tliéqués.
Passée à Nancy, la donation fut inscrite le 5 avril 1576
au Bailliage de Clermont, le 6 au Bailliage de Montdidier, et
ratifiée par lettres patentes de Henri III, en date du 14
avril 1576, enregistrées au Parlement le 15 et k la Gliambre
des Comptes le 6 juin suivant.
Ce fut le 15 septembre 1576 que, par-devant LoysLeCaron,
écuyer, licencié es lois, conseiller du roi, lieutenant géné-
ral du Bailliage de Clermont en Beauvoisis, pour le roi et
Monseigneur le duc de Brunswick, lés procureurs du très il-
lustre et puissant prince Charles, par la grâce de Dieu, duc
de Lorraine, Bar, (îueldres et Calabre, marquis de Pont-à-
Mousson, comte de Provence, Vaudemont et Blamont, et de
très illustre et très excellente princesse Madame Dorotliée de
Lorraine, ducliesse de Brunswick et de Lunebourg, prirent
possession réelle et actuelle du Comté de Clermont « consis-
tant en chaslel, ville de Clermont, terres et seigneuries qui
en dépendaient, c'est h savoir: le chastel, terre et seigneurie
de La Xeuville-en-Hez, Remy, Gournay, Moienneville, Milly,
Caigny, Sacy-le-Graïul, Bulles, Bailleul-sur-Tliérain, Bon-
neuil, La Warde-Miiugor et La Hérelle, suivant que lesdites
seigneuries s'étendaient , consistaient et comportaient en
villes, châteaux et places, forteresses, droits, fruicls et proffits
quelconques ». (1)
Même prise de possession de la Châtellenie de Creil eut
lieu, le 17 septembre, par-devant le lieutenant du Bailli de
Senlis audit Creil.
L'Edit de décembre 1581, qui institua un présidial à Beau-
vais, avait compris dans son ressort les prévôtés royales de
Milly, Bulles et La Neuville-en-Hez, distraites du Bailliage
(1) Il résulte de lettres patentes du 7 juillet 1582, conservées aux Ar-
chives nationales, Xî^ 8636, f* 513, que les Comtés de Clermont et
Senlis avaient fait avec les duchés de Valois et d'Etampes l'objet d'un
échange entre Marguerite de France, reine de Navarre, et le roi
Henri III. Mais il ne semble pas que ces lettres patentes, qui eussent
exigé le rachat du Comté, aient reçu d'exécution.
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22 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
de Clermont. Les magistrats du Bailliage réclamèrent contre
cette diminution de leur juridiction ; ils furent appuyés par
le duc de Brunswick qui, Intervenant à l'instance introduite
par eux contre les oITiciers du Présidial, fit .débouter ces
derniers de leur prétention par arrêt du mois de juin 1582.
Eric mourut à Paris, sans enfants, le 7 novembre 1584. Sa
veuve et le duc de Lorraine prétendirent entrer aussitôt en
possession, en vertu de la donation du 2 décembre 1575. Mais
révèque de Beauvals, qui était pour lors Nicolas Fumée (l),
s'y opposa et fit saisir le Comté par ses ofïiclers, arguant
des termes de la donation faite par saint Louis, en 1269, à
Robert de Bourbon et des conventions arrêtées entre le
monarque et son prédécesseur Renaud de Nanteull, d'après
lesquelles, lorsque la seigneurie de Clermont sortirait des
mains du roi ou de celles de ses successeurs, le nouveau
possesseur serait tenu de prêter foi et hommage à révèque
de Beauvals. L'affaire fut portée au Parlement et plaidée par
Choppln au nom de l'évêque, par Pasquler au nom du duc
de Lorraine (2). Le procureur général, appuyant les conclu-
sions de ce dernier, soutint qu'il n'y avait pas ouverture de
fief, le contrat de 1569 portant simple engagement et non
aliénation. La cause fut appointée au Conseil et cependant,
par arrêt du 20 janvier 1584, le Parlement ordonna main-
levée de la saisie et décida que lès ayants-cause du duc de
Brunswick jouiraient par provision des domaines engagés.
(i) Il occupa le siège de Beau vais de 1575 à 1595.
|2) Choppin, livre Jll, titre III. La même question se posa au sujet de
l'hommage dû au roi pour les châtellenies de Bonncuil, La Warde-
Mauger et La Hérelle, relevant de Montdidier. Le procureur du roi de
ce bailliage avait procédé à leur saisie. Mais le Parlement annula la
saisie, ainsi qu'en témoigne l'extrait ci-dessous de ses registres.
Arch. nat. V, 546. « Le duc de Lorraine et D. de Lorraine, duchesse
de Brunswick, ont présenté requeste, par laquelle, attendu qu'au
comprentz des arrostz de la cour donnez entre les suppliants, le procu-
reur général et l'évesquo comte de Beauvais prétendant la foy et
hommage luy estre faits par les suppliants, par le décès du feu duc
de Brunswick pour raison du Comté de Clermont en Beauvoisis, audit
defTunt délaissé en engagement, duquel Comté aurait esté ordonné
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COMTES ENGAGISTES 23
— Le Beauvolsls se trouvait à cette époque en proie depuis
de longues années à tous les maux de la guerre civile et reli-
gieuse. Le protestant Froumenteau, dans son célèbre pamphlet:
Le Secret des JinanceSj a dressé, diocèse par diocèse, l'état des
pertes que la France avait subies du fait de cette guerre. De
son bilan tant soit peu fantaisiste etpoussé au noir, mais qui
8'arrête à l'année l'581, j'extrairai les chiffres concernant le
diocèse de Beau vais. Le nombre des personnes occises, exécu-
tées et pnassacrées dans ce diocèse, s'élevait au 30 décembre
1580 à 9,193, savoir : gentilshommes catholiques 121, gentils-
hommes de la religion 93, soldats catholiques 5,200, soldats
de la religion 4,400. Hommes exécutés par justice à l'occa-
sion des troubles 135. Chanoines, curés et prêtres, moines,
jacobins, cordeliers et autres mendiants, les uns occis, les
autres noyés et étranglés 44. Villages, bourgades et maisons
brûlés 182. 11 avait été impossible de dénombrer les hommes
et femmes massacrés non plus que les étrangers (Espagnols,
Anglais, Ecossais, Suisses, Italiens, flamands, retires) occis,
non plus que les femmes et filles violées.
Beauvais et Clermont tenaient pour le parti catholique, et
les deux bailliages envoyèrent en décembre 1576 et en octo-
bre 1588 des députés aux Etats de Blois. Les délégués du
bailliage de Clermont furent en 1576, /)oar/e crer^e, vénérable
M* Gabriel Le Dean , chanoine de Saint-Marcel-lès-Paris ;
par arrcst que les suppliants jouiraient par provision pendant l'ap-
pointé au Conseil y mentionné, et jaçoit que les suppliants se fussent
toujours présentés pour (aire lesdiles foy et hommage, au cas que le
procureur général, qui estoit leur garant, le consentit, d'autant qu'il
maintenoit n'y avoir ouverture de fief, ledit conlract d'aliénation
n'estant qu'un engagement, le substitut dudit procureur général à
Montdidier auroit fait saisir les chastellenies de Bonneuil, La Warde-
Mauger et La Herelle et les fiefs qui en dépendoient, qui faisoient
partie du contract par faute de devoirs non faits et non payés, aveus
et dénombrements baillés, requéroient main-levée leur estre faite de
ladite saisie ; la Cour, du consentement du procureur général, a fait
main-levée aux suppliants desdites choses saisies, et faisant que les
commissaires y eslablis leur rendront compte et reliqua, lesquels ce
faisant en demeureront quittes. »
Registres du Parlement. Tom. 73, fol. 315 verso.
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24 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUV0ISI9
pour la Noblesse, le seigneur de Rumesnil: pour le Tiers-Etat
M' Charles Cuv^lier. Ceux envoyés aux seconds États de
Blois furent, pour le Clergé, M' Pierre de Socq, chanoine de
Clermont et curé d'Auzeilly; pour la Noblesse, Louis d'Ar-
qulnvilliers ; pour le Tiers-Etat, Louis Charondas Le Caron.
Ce dernier eut l'honneur de haranguer le roi, au nom de son
ordre.
Pendant que les villes adhéraient à la Ligue, la noblesse
du pays au contraire, sous l'impulsion du cardinal relaps de
Châtillon, avait pour la majeure partie embrassé la religion
prétendue réformée.
Ce fut surtout pendant le siège de Paris, qui précéda et
suivit l'assassinat de Henri 111, que la guerre se déchaîna en
Beauvoisis. L'Histoire civile et ecclésiastique de la ville et du
diocèse de Beauvais par le chanoine Godefroy Hermant (1)
contient à ce sujet des détails intéressants.
Depuis que Sentis était devenu place frontière à l'égard
de Beauvais, dit-il (2), il se commettait des hostilités à la
campagne de part et d'autre. La guerre civile était alors un
titre pour se permettre toutes sortes de désordres.
Ceux de Sentis s'étant joints à ceux de Compiègne et à
quelques autres mirent le siège devant Pont-Sainte-Maxence
qui se rendit à*composition, vie et bagues sauves. La com-
position fut très mal exécutée. Ressons reçut le même trai-
tement et se rendit avant que le bourg pût être secouru.
(1) Cette histoire manuscrite est conservée à la Bibliolhèqne natio-
nale dans le F F' sous le n* o. Une copie en existe dans les archives
du château de Merlemont. Zélé janséniste, Godefroy Hermant, docteur
en Sorbonne, chanoine de l'église de Beauvais, mourut le 16 juillet 1690
à l'âge de 73 ans. l\ avait été précepleurde l'avocat général de Lamoi-
gnon, dans la bibliothèque duquel le manuscrit fut d'abord conservé.
Sa vie a été écrite par Adrien Baillet son compatriote, originaire de
La Neuville-en-Hez, qu'il avait placé comme bibliothécaire chez ce
magistrat.
(2) T. IV, f 1802. cap. XXII. Voir aussi sur toute cette période
Dupo nt-White, là Ligue à Beauvais; Bernier, Documents inédits de
l'Histoire de France» Journaux de Jehan Mal le t et de Vaultier ;
M. Ferret, Clermont pendant les troubles de la Ligue.
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COMTES ENGAGISTES 25
Clermont, qui tenait aussi pour la ligue, reçut 75 hommes
de la compagnie de cent hommes de Beauvais et se garantit
de l'insulte. Les 25 autres avaient été mis sous le comman-
dement du sieur Falempin, dans le château de Mouy
dont les Beauvaisins venaient de s'emparer sous les
ordres du lieutenant de maire, Nicolas Godin (1); mais le
seigneur de ce bourg, Georges de Vaudrey, s'étant présenté
sous ses murs, Falempin se rendit à la première sommation
sous prétexte qu'il n'avait pas de munitions (juillet 1589) et
sa reddition livra depuis lors tout le plat pays aux incursions
de ce gentilhomme huguenot et grand homme de guerre,
l'un des meilleurs capitaines du Béarnais.
Au mois d'août suivant, Henri IV, qui conduisait le corps de
son prédécesseur en dépôt à Tabbaye de Saint-Corneille de
Compiègne, jusqu'à ce qu'il pût être inhumé à Saint-Denis,
alors aux mains des ligueurs (2), demanda à la garnison de
Clermont de le laisser passer par cette ville. Sur le refus
qu'il essuya, ses troupes Irritées ravagèrent tout le pays
d'alentour et attaquèrent le château, qui fut obligé de se
rendre. Le sieur de La Hargerie y fut laissé comme gouver-
neur. #
(1) Mouy avait été déjà l'objet, en déceaibre 1587, d'une entreprise
de la part du duc d'Aumale qui y avait mis garnison. Les exc^s et
pillages de celte garnison furent tels que Henri III dut envoyer une
troupe de 200 hommes, commandés par le lieutenant de robe courte
Bapin, pour les réprimer. Les ligueurs furent faits prisonniers et tra-
duits devant le Présidial de Sentis ^Journal de Jehan Mallet\ Mouy
fut do nouveau pris et pillé en février 1590, par l'armée du duc de
Mayenne, en môme temps que le bourg et chAteau de Mello.
(2) Août 1589. — Le mardi 8 août, le roi, qui ne pouvait plus tenir
le siège devant Paris, faute d'argent et de munitions, le leva et prit le
prétexte de la conduite du corps du feu roi à Compiègne, où il le laissa
en dépôt en l'abbaye de Saint-Corneille, son armée l'accompagnant
comme pour honorer son convoi. Il prit en passant Creil, sur la rivière
d'Oise, Clermont en Beauvoisis et autres villes, et en repassant en Nor-
mandie prendre l'argent des receptes et y faire vivre son armée, il
s'empara de Mantes, de Gisors et autres places, qui resserrèrent mer-
veilleusement les vivres à nos Parisiens. {Journal de Henri IV, par
Pierre de TEstoile, collection Petitot, l" série, 46, p. 9.)
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26 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Le 1" mars 1590, le duc de Mayenne, joint aux ligueurs de
Beauvais, investit la ville, qui se rendit au sixième coup de
canon, ce qui n'empêcha pas les vainqueurs de livrer ses
habitations au pillage. Mayenne laissa des forces impor-
tantes dans la place, sous le commandement du capitaine
La Grâce. Celui-ci s'y maintint six mois, interceptant toutes
les communications des villes voisines et livrant les campa-
gnes à de constantes dévastations. « Use voulait, dit Vaultier,
emparer de tous les vins du pays. » En septembre 1590,
le roi qui venait de forcer à la retraite le duc de Parme,
accouru au secours de Paris, vint de nouveau mettre le siège
devant Glermont. La Grâce, qui avait un frère dans l'armée
royale, était à demi-gagné. Il voulut toutefois avoir cet
honneur d'être battu du canon, de sorte que brèche fut
faite, assaut donné et prise de force, nonobstant la défense
de plusieurs rebelles, et plusieurs furent tués et son lieu-
tenant fut blessé ; enfin quittant icelle, se retirèrent dans
le château et, après avoir soutenu quelques efforts, se ren-
dirent par composition (1). Le maréchal de Biron avait dans
(1) Journal de Vaultier. Voici le texte de la composition conservée
aux archives de l'Hôtel de ville de Glermont:
« Le capitaine La* Grâtîe promet remettre le château de Glermont
en l'obéissance du Roy, mardi au soir 1" jour d'octobre prochain, si
dans ce temps le prince de Parme et le duc de Mayenne ne viennent pas
avec armée suffisante et bastante pour faire lever le siège. Auquel cas
le capitaine La GrAce baillera quatre otages qu'il plaira au Roy lui
nommer et, suivant qu'il a été demandé au Roy, qu'il lui permit d'en-
voyer Le Treuil vers le duc de Mayenne, et pour ce lui sera baillé passe-
port.
« Durant les six jours ne se fera aucun acte d'hostilité, de part et
d'autre, et ne pourra ledit c^ipitaine La Grâce recevoir aucun secours
particulier.
« Ledit jour expiré, ledit capitaine La Grâce sortira avec tousses gens
de guerre, tant de cheval que de pied, avec armes, chevaux, bagages
et équipages.
« Et pour le regard des habitants, ceux qui voudront demeurer sous
l'obéissance du Roy Jouiront de leurs droits comme ses autres sujets,
et les autres qui ne voudraient demeurer, leur sera baillé passeport
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COMTES ENGAGISTES 27
l'assaut été blessé d'un coup d'arquebuse à l'épaule. Aux
termes de la composition, à la négociation de laqu
du gouverneur n'avait pas été étrangfor, celui-ci s'
rendre le château s'il n'était pas secouru dans le
par l'armée du duc de Parme ou par celle (
Mayenne. Il lui était accordé à lui et à tous ses gc
se retirer avec armes, chevaux, bagages el éqi
Grâce partit, en effet, le 1" octobre pour Reauvai^
déployées. Mais, arrivé à Marisscl, il s'évada av(
vres, laissant ses troupes sans argent ni munilioi
La capitulation garantissait aux habitants qui
demeurer sous l'obéissance du roi la jouissance de
comme à ses autres sujets. Nonobstant, les vain
lèrent la ville et « la ruinèrent de tout pendant
dix-sept jours entiers », déchirant et jetant dans
les papiers et titres tant du domaine que des ofïic
tériels. Le fait est authentiquement constaté f
tificat officiel du 30 octobre 1623, aujourd'hui coi
Archives nationales (1).
Le roi avait confié le commandement de la p
quise au seigneur de Choisy, qui en releva et au
fortifications ; mais, comme il appartenait à la re
pour se retirer où bon leur semblera et leurs biens seron
sition de S. M.
« Ledit La Grâce et tous ses gens seront conduits en tou
qu'à Ponloise.
« Fait au camp devant Clermont, le 26"' jour de septeml
Signé : Henry, La Grack.
et plus bas Ruzé.
(1) K 113, n' 10. Voir annexe D. Le lieutenant général C
Caron, demeuré fidèle à la cause royale, avait été pers(
ligueurs qui avaient pillé sa maison, dispersé sa bibliothéqu
obligé de prendre la fuite. Le 26 mars 1590, pour le déd
toutes ses pertes, Henri IV lui accorda une indemnité de
prendre sur les biens des rebelles de Glermont, et confiri
l'anoblissement conféré a son aïeul. Charondas mourut ei
18 septembre 1613.
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28 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
tendue réformée, il fut remplacé par le seigneur de Harau-
court (1).
Cependant, continue Vaullier (2), le roi qui n'avait pour
lors moyen de soudoyer sa gendarmerie pour le peu de villes
qui tenaient son parti, voyant la grande quantité de vins qui
était en ce pays en cette année (3), ordonna que pour chacun
muid qui entrerait en chacune ville, il serait payé un écu sol,
ce qui fut fait et continué. Après qu'il eut donné ordre en
ladite ville de Clermont, le roi partit d'icelle avec son armée
et fut visiter les villes qui tenaient pour lui tant en ses pays
de Picardie, Normandie et autres.
Sesseval et Brouilly, qui commandaient les ligueurs à Beau-
vais, résolurent de profiter de cet éloignement pour tenter de
reconquérir Clermont. Ralliant les soldats du capitaine La
• Grâce, ils en tentèrent l'escalade, par surprise, dans la nuit
du 20 octobre. Mais chaudement regus par la garnison, ils
(!) Vaullier, et les auteurs après lui, donnent à ce gouverneur le nom
de seigneur d'Harcourt. C'est une méprise. II s'agit ici d'Antoine de
Longueval, seigneur d'Haraucourl, dont le lils était encore en iCi4 bailli
de Clermont. Le Journal du Bourgeois do Senlis parle en plusieurs
passages de ce gouverneur. Il le. cite, en octobre lii91, comme ayant aidé
le seigneur de Beauvoir, qui était commtindanl pour le roi à Bre^^les,
à reprendre ce château, que la garnison de Beauvais lui avait enlevé
par surprise ; en octobre 1592, comme ayant amené ses troupes au
gouverneur de Senlis, Boutleville, en vue d'une entreprise sur Saint-
Denis, enfin, comme tombé avec sa compagnie de cuirassiers dans une
embuscade près de Bray. a Bien lui en prit, ajoute-t-il, qu'il était bien
armé par les talons, et se sauva dans le château de Nanteuil. n
(2l Journal, p. 216.
(3) Tout le coteau méridional de Clermont était, autrefois, planté de
vignes qui produisaient un vin assez renommé dans le pays. La Côte
rôtie de Gf^ncourt et de Clermont, la voirie d'Orge val et les Lardières
de Béthencourt, le clos Merlin sous le Chatellier étaient les crus les plus
renommés. Henri IV, en 1590, lit transporter au château de Bulles
quelques queues du vin d'Orgeval et des Lardières qu'il affectionnait
particulièrement. (Debauve et Roussel, Canton de Clermont, p. 119.)
Ces vignobles ont à peu près complètement disparu aujourd'hui ; de
38 hectares, en 1813, ils étaient tombés à 15, en 1835. La statistique n'a
plus relevé que 8 hectares de vij^nes, en 1878, dans le canton de Clermont.
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COMTES ENGAGISTES 29
durent se retirer, non sans avoir pris et Incendié le faubourg
Saint-Laurent et les bâtiments de la Maladrerie qui existait
dans ce faubourg. Ils s'étaient emparés de l'étendard des
Clermontois, qui portait inscrite cette devise : « Pro Christo
et Henrico » et au revers les armes de la ville : une tour
chargée de cinq /leurs de lys d'or, et le rapportèrent à Beai\-
vals, dans la cathédrale de laquelle cette enseigne devait de-
meurer exposée jusqu'en 1793.
Une nouvelle tentative sur Clermont fut faite par Sesseval,
ou plutôt méditée, à la fin de cette année 1590. 11 partit de
Beauvais avec des échelles dans des chariots pleins de paille
et, s'étant muni de tout ce qui était nécessaire pour surpren-
dre une ville, il était résolu d'exécuter son entreprise sur
Clermont. Mais, ayant trouvé la nuit sur sa route 50 hommes
de la garnison de Bresles, qui en étaient sortis avec des mu-
nitions pour forcer le fort de Maulers, à trois lieues au delà
de Beauvais, il les attaqua vigoureusement, en tua 13 ou 14,
fit 25 prisonniers et eut pour butin toutes leurs munitions et
leurs machines. Mais cet avantage lui fit manquer sa princi-
pale entreprise, et la déroute de ces 50 aventuriers sauva
Clermont (1).
Sesseval s'en dédommagea en s'emparant du château de
La Neuville-en-Hez ; il ne le conserva pas longtemps. Le cé-
lèbre capitaine calviniste La Noue, surnommé Bras-de-fer,
qui commandait à Senlis, ayant réuni toutes les garnisons
des environs de cette ville, partit avec trois pièces de canon,
le 1" janvier 1591, et vint mettre le siège devant la place.
Hors d'état d'être secourue, la garnison se rendit et sortit,
bagages et armes sauves, à l'exception de deux caporaux qui
furent pendus à un arbre derrière l'église, et du procureur
du roi de La Neuville et de sa sœur qui avaient mis le feu
aux galeries du château pour brûler co qui était dedans, afin
que les gens du roi ne s'en aidassent. Le procureur et sa
sœur furent menés en la ville de Clermont et, leur procès
fait, il fut pendu et sa sœur assista à sa mort et fut seule-
ment fustigée (2).
(1) Herraant, t. II, f 18i9. C. XXVU.
(2) Journal de VauUier, p. 220.
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30 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Cet incendie causa la ruine du château qui ne fut jamais
rétabli.
Henri IV, qui avait assisté au siège, alla de là prendre gîte
au château de Bulles. On a relevé deux autres passages de
ce prince à Clermont, le 7 juin 1592 et en décembre de la
même année, à son retour de Gournay-sur-Aronde, où il avait
été détruire un fort que les soldats du duc d'Aumale tentaient
de construire.
11 avait saisi les revenus du Comté, qui, au milieu de
tous ces troubles, avaient du reste dû subir de bien sensibles
réductions, mais le traité qu'il conclut, en 1594, avec le duc de
Lorraine stipula que la duchesse de Brunswick rentrerait
en possession de tous ses biens, sauf les forteresses. Elle ne
conserva que peu d'années cette possession. Par acte passé à
Nancy, le 16 septembre 1599, elle cédait à son frère tous les
droits, raisons,et actions qui pouvaient lui comporter et appar-
tenir, au 1" janvier 1600, au Comté de Clermont et en la
seigneurie de Creil, moyennant une pension de 3,000 écus
d'or soleil, payables de quartier en quartier par le gouverneur
des Salines de Château-Salins et de Salins.
Moins de deux mois après, le 9 novembre, le duc de Lor-
raine (1) faisait donation au troisième fils, issu de son ma-
riage avec Claude de P'rance, fille de Henri II, François,
comte de Vaudemont, d'une rente de 9,000 écus « pour son
(1) Armes : Coupé de huit pièces, 4 en chef cl 4 en pointe, au 1
face d'argent et de gueules de 8 pièces, qui est Hongrie ; au 2, semé de
France au lambel de trois pendants de gueules, qui est Anjou-Sicile ;
au 3 d'argent à la croix polencée d'or cantonné de 4 croisettes de
même, qui est Jérusalem ; au 4 d'or à 4 pals de gueules, qui est Ara-
gon ; au 5 et premier de la pointe semé de France à la bordure de
gueules, qui est Anjou ancien; au 6 d'azur au lion cantonné d'or,
couronné, armé et lampassé de gueules, qui est Gueldres ; au 7 d'or au
lion de sable, armé et lampassé de gueules, qui est Flandre ; au 8 d'azur
semé de croix recroisellées au pied fiché d'or à 2 barbeaux adossés de
même, qui est Bar ; et sur le tout d'or à la bande de gueules, chargé de
3 alérions d'argent, qui est Lorraine. Charles, duc de Lorraine et de Bar,
était petlt-fils de Renée de Bourbon-Montpcnsler, sœur du connétable
de Bourbon. Il mourut en 1608.
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COMTES ENGAGISTES 31
entretennement, attendant son partage » ; il lui transportait
pour tenir lieu de ladite somme la totalité du revenu de Cler-
mont, Creil et dépendances.
Le partage, prévu par le cçntrat du 9 novembre, eut lieu
le 22 janvier 1606 et conféra au comte de Vaudemont la
propriété des domaines de Clermont et Creil, à la charge du
fief à S. M., et lui attribua en outre la rente de 11,438 livres
à prendre ^ur la recette générale d'Orléans, à titre de supplé-
ment d'engagement.
Le domaine de Clermont avait subi un- démembrement; le
7 avril 1603, Charles, duc de Lorraine, se portant fort de son
fils, avait vendu à Jacques de Harlay, seigneur de Champ-
vallon, à charge de rachat perpétuel, et moyennant 9,000 li-
vres, la châtellenie de Sacy-le-Grand, les bois et censives
des grands et petits Ageux. Harlay céda, le 12 juin suivant,
son acquisition au secrétaire d'Etat Potier de Gesvres.
Le 1" août 1607, le comte de Vaudemont passa bail, par
procureur, pour neuf années et moyennant 14,000 livres par
an, du Comté de Clermont et de la châtellenie de Creil et dé-
pendances, au sieur Jean Brugnard.
Il était du reste peu satisfait, ce semble, de sa part dans
l'héritage paternel, si Ton en juge par un document qui figure
au folio 25 du manuscrit II, FF' 3787, de la Bibliothèque
nationale.
Ce document, dont la destination m'échappe, après avoir
rappelé l'engagement de 1569, ses conditions, l'évaluation
faite par la Chambre des Comptes et les possesseurs par les
mains desquels le Comté était passé pour arriver à Monsei-
gneur de Vaudemont, poursuit ainsi :
« Il se trouve grande diminution de prix de ladite évalua-
luation et cette diminution procède principalement de la
dégradation des bois taillis qui sont évalués à la somme de
XX livres l'arpent et n'en peut à présent tirer que C sols ou
VI livres de l'arpent et si au lieu de 4 à 500 arpents qui doi-
vent être en coupe ordinaire, tant en la forêt de Hez, qu'es
buisson du Comté, on n'en peut vendre que les deux tiers au
plus à raison du peu de peuple qui se retrouve en l'étendue
dudit Comté.
«D'ailleurs, le roi, par plusieurs édits et nonobstant l'oppo-
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CLEKMONT EN BEAUVOISIS
V., a vendu ou fait héréditaires plu-
nt dudit Comté qui étaient à la pro-
îpécialement les officiers des eaux et
> gardes des sceaux, des greffiers et
[u'il ne reçoit que peu ou point de
rétang de Gouvieux dépendant de la
cupé par M. le connétaJj)^e, emporte
X) livres.
tellenie de Sacy-le-Grand, dépendant
et les bois, prairies et censives des
a chatellenie de Creil, aliénés depuis
on de la somme de Vie livres par an.
^riorations advenues aux étangs et
des dites terres et seigneuries,
assignée à Madame la duchesse de
te générale d'Orléans, elle est si mal
irtiers d'arriérages demeurent dûs. »
te note, émanée peut-être des agents
t, devait être que le Prince trou-
une aliénation et qu'il fallait cher-
acquéreur se présenta en 1610.
r>s créations d'offices et aux contestations
Trésor et l'engagiste que se réfère le docu-
conservé aux Archives nationales (Q» ^-
t rolle de certains offices de la justice du
iiuvoisis, seigneurie de Creil et chAteilenies
lent à Monseigneur de.Vaudemont, comte
s néanmoins a esté accordé que la finance
loitié entre mondit seigneur ou son admo-
>aulnier et ses associés au party dos parties
conventions arreslécs, ce jourd'huy, entre
t pas daté, mais est certainement postérieur
rlay, Bréval, Prissey. La liste comprend
(*ontrat de 1569 avait attribué à l'engagiste
Us il semblerait que les vassaux eussent
gâtions qui leur incombaient. Car le comte
un arrêt du Conseil qui, à la date du 18 juil-
int général et au procureur du roi au Bail-
ler main-levée des saisies féodales qu'au
ur les mutations n'eussent été payés aux
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COMTES ENGAGISTES 33
CHAPITRE III
Henri de Bourbon-Condé, comte de Clermont. La guerre civile;
siège et prise de Clermont par le piaréchal d'Ancre. Traité
de Loudun. Anne de Montaflé, comtesse deSoissons, devient
comtesse de Clermont. Les Espagnols en Picardie. Rébel-
lion du comte de Soissons. Mo7*t d'Anne de Montaflé; son
héritage. La princesse de Carignan, la duchesse de
Nemours en jouissent par indivis. Partage du 12 mai 1688.
La princesse de Carignan, comtesse de Clermont. Les pro-
testants à Clermont. Synodes de 1627 et 1667. Arrêt du
Parlement d'octobre 1685 ordonnant la destruction du
Temple. La succession de la princesse de Carignan.
Le 26 août 1610, entre Messire Jacques de Harlay, seigneur
de Champvallon (1), au nom et comme procureur de Mon-
seigneur François de Lorraine, comte de Vaudemont, de
Salins et de Clermont en Beauvoisis, et Monseigneur Henri
de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, inter-
vinrent et furent signés des articles et conventions, aux
termes desquels le Prince devint cessionnaire du comté de
Clermont en Reauvoisis, de la cliâtellenie de Creil, leurs
circonstances et dépendances, ensemble de la rente d€
11,438 livres tournois assignées sur la recette générale
d'Orléans sous réserve de la facullé de rachat perpétuel
inscrite au contrat d'engagement de 1569 et à l'exclusion
des domaines aliénés en 1603. Deux autres réserves étaienl
stipulées : l'une de l'état et olïice avec survivance de maître
ancien et alternatif des eaux et forêts du comté, assuré dèî
longtemps par le comte de Vaudemont au sieur llaymbauld,
(1) Il paraît avoir été le mandataire en France de la maison de Lor
raine. C'est lui qui se porta acquéreur en 1603 de la chAtellenie di
Sacy-leGrand pour en faire déclaration au profit de Potier deGesvres
3
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34 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUV0I8IS
à sa femme et à son fils, l'autre dans les mêmes conditions de
l'état et ofïlce de contrôleur du domaine en faveur de Jean
Guérin.
Le prix de vente était fixé à 300,000 livres tournois, dont
partie fut payée comptant, et le surplus en mai 1613; l'entrée
en jouissance stipulée au 1" janvier 1611. Ce fut le 21 mars
que le prince prit possession effective.
Le comte de Vaudemont (1) ratifia le contrat le 29 mai delà
même année. Il était alors à Paris, logea l'hôtel de Lorraine,
rue du Roy-de-Cicille. L'acte fut passé par-devant les
notaires au Chatelet dans l'hôtel du Prince de Condé, sis à
Saint-Germain-des-Prez-lès-Paris, rue Neuf ve-Saint-Rimbert,
paroisse Saint-Sulpice.
Soumise à l'approbation du Roi, la cession du Comté de
Clermont fut confirmée par lettres en date du 13 mars 161i,
« S. M. déclarant qu'elle entendait que le contrat d'engage-
ment de l'année 1569 eût lieu pour et au profit de Monsieur
le Prince, ses successeurs et ayant cause ». Celui-ci prêta foi
et hommage de son acquisition es mains du chancelier le 26
du même mois.
Les lettres royales du 13 mars furent enregistrées au
Parlement sans opposition le 4 juin 1612. La Chambre des
Comptes ne le fit qu'en vertu de lettres de jussion, du très
exprès commandement de S. M., à la réservation toutefois
tant des foy et hommage et serment de fidélité des vassaux
du Comté que de la nomination et provision es offices du
bailly et gouverneur d'iceluy comté et de capitaines des
places fortes. Le nouvel acquéreur (2), qui venait de rentrer
en France d'où la passion sénile d'Henri IV pour sa jeune
(1) François de Lorraine, comte de Vaudemont, mourut en 1632 lais-
sant de Catherine de Salms plusieurs enfants, dont l'aîné fut duc de
Lorraine, sous le nom de Charles III.
(2) Né le 1" septembre 1588 posthume du mariage de Henri de
Bourbon et de Charlotte-Catherine de LaTrémoille, Henri II de Bourbon,
prince de Condé, avait épousé le 3 mars 1609 Charlotte- Marguerite de
Montmorency. Il portait de France au bâton de gueules péri en bande.
11 mourut le 26 décembre 1646.
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COMTES ENGAGISTES
femme Tavait obligé de sortir précipitamment
appelé à jouer dans les troubles qui marquèrent Is
de Marie deMédicis, un rôle considérable, auquel il
associer dans une certaine mesure la ville de C
Il semble s'être intéressé à l'administration de
veau domaine. C'est du moins en sa propre présen
21 mars 1611, par-devant Simon Vigneron, sieur
ceaux, conseiller du roi et de Monseigneur le Prii
tenant général civil et criminel du bailliage e
assisté des advocat, procureur du roi et receveur du
fut procédé aux enchères du bail pour six années
de ferme du comté de Clermont et des châlellenii
dépendaient, ensemble des coupes de bois consistai
vingt-quatre arpents de la forêt de Hez avec treiz
torze arpents de taillis au bols Bourbon. La chât(
Crell y était comprise à l'exclusion des étang et chs
Gouvleux ainsi que des droits, garennes et bols des i
Petits Ageux. Etaient aussi exclus les droits d
bâtardises, épaves, confiscations, forfaitures, les pro^
bénéfices et d'offices, les droits féodaux de relief
requinls. Michel Lange, demeurant à Clermont, e
de Pacy, demeurant à Complègne, furent déclarés
talres au prix de 16,000 livres par an (2).
Le 15 février 1613, les fermiers des parties ca
droits annuels des offices déclarèrent consentir
prince de Condé disposât et jouit des offices de son
Clermont. Il s'agissait, sans doute, des charges de
création, qui avalent fait l'objet des réclamations du
Vaudemont.
— Cependant, à la suite des Etats généraux tenus
octobre 1614, dont 11 avait provoqué la réunion et
(1) Voir rEnlévement innocent ou la retraite clandestin
seigneur le Prince avec Madame la Princesse sa femm
France, 1609-1610, publié d'après le manuscrit de la F
impériale par E. Halphen. Paris, Aubry-1859, in-12.
(2) Ils furent en outre tenus de payer une indemnité de
à Isaac de Camberonne, fermier de Remy, Gournay et Moyei
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^^w^^
36 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
assistèrent et prirent part les députés du Bailliage de Cler-
mont (1), le prince de Condé, mécontent, s'était, avec les
autres princes du sang, éloigné de la cour et retiré dans ses
places et châteaux, qu'il garnissait de troupes. Clermont
reçut pour sa part le régiment du sieur de Moulins, deux
compagnies sous les ordres des sieurs de Thury et d'Harau-
court, 50 chevau-légers carabins avec le seigneur d'Amfre-
ville. Le château était armé de trois petites pièces de campa-
gne. Les fonctions de commissaire des guerres étaient confiées
au sieur Guilmain, celles de sergent-major au sieur Cuve-
lier, Elu. L'état-major comprenait, en outre, le Baron de
Hollande, capitaine de 100 chevau-légers en l'armée du
prince, le sieur de Villelongue, capitaine de 100 hommes de
pied dans le régiment du sieur des Autels, et le sieur de Beau-
vais, gentilhomme à la suite du duc de Mayenne (2).
Le prince fit, à celte époque, un séjour au château de Qer-
mont, ainsi qu'en témoigne le compte rendu de la fête donnée
à Creil à l'occasion d'un concours de tir à l'arquebuse entre
les compagnies de Clermont, Senlis, Mantes, Pontoise, Beau-
vais, Creil, Luzarches et Verberie (3). Creil avait une garni-
son sous le sieur Raimbaut, capitaine du cliâteau, en même
temps que maître des eaux et forêts de Clermont.
Après de longs pourparlers, de vaines tentatives d'accom-
modements, la guerre civile éclata. L'armée des princes
confédérés, massée à Noyon, s'avança, le 8 septembre, vers
Beauvais, en vue de prélever de l'argent dans les caisses des
(1) Clergé : Etienne de Ruptis, docteur en théologie, prieur claustral
en l'église et abbaye de Froidmont, ordre de Çiteaux. Noblesse : Jacques
de Longueval, chevalier, seigneur de Haraucourt, bailli et gouverneur
de Clermont et du Gastelet, conseiller du roi en ses conseils d'Etat et
privé, cornette des chevau-légers de la reine. Tiers Etat : M* Pierre
Le Mercier, conseiller du roi, lieutenant général du Bailliage ; Simon
Vigneron, sieur de Monceaux, conseiller du roi, lieutenant particulier,
civil et criminel audit Bailliage.
(2) Capitulation du 30 octobre 1615.
(3) Mémoire de ce qui s'est passé à Creil, près Clermont en Beau-
voisis, pendant le séjour de M. le prince. 1615, à Paris, de l'imprimerie
d'Antoine du Breuil, A l'Etoile couronnée.
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COMTES ENGAGISTES
receveurs du trésor ; elle comptait prendre d'abord sur
chemin Roye et Montdidier ; mais le maréchal d'Ancre a
si bien garni ces deux villes (1) qu'elle dut aller de Noy<
Clermont sans entrer dans aucune place. Près du pon
Hermès, elle remporta un léger succès sur quatre cents
dats de nouvelles recrues pour le régiment de Picai
qu'elle mit en déroute, leur tuant ou noyant 75 homme
enlevant de nombreux prisonniers ainsi que les arm(
bagages (2) ; mais, trouvant devant elle les troupes roy
qui lui barraient le passage de l'Oise vers Paris et celui (
Seine vers la Normandie, elle rétrograda et se diriges
Champagne.
Ces troupes étaient commandées par le maréchal de E
Dauphin, qui, de Pont-Sainte-Maxence où il était campé
voya, le 2 septembre, les comtes de Bassompierre et de F
lin avec deux coulevrines et deux compagnies de Sui
mettre le siège devant Creil. La vue du canon fit résoud;
capitaine Raimbaut à se rendre, dès qu'il en fut somm
Bassompierre, ayant pris possession de la place, y cant(
une compagnie du régiment de Piémont.
Le prince de Condé, en se retirant, avait laissé d'An
ville pour commander dans Clermont. Ce capitaine ne cei
de molester les habitants de Beauvais, demeurés fidèles au
Les soldats, sous ses ordres, pillaient tout le plat pay
s'avançaient jusqu'aux portes de la ville (3). Le 15 octc
ils enlevèrent au moulin à drap de la Mie-au-Roye plusi
pièces de drap: le maire de Beauvais, Yves Foy, en ayan
prévenu, écrivit pour demander le motif d'un procéc
violent et réclamer la restitution des marchandises, i
il ne put l'obtenir.
Cependant, le maréchal d'Ancre, qui était à Amiens,
il possédait le gouvernement, se résolut de profiter de r<
gnement des princes pour assiéger Clermont. Il en^
(1) Il en était lieutenant général en même temps que de Pén
ayant acheté cette lieutenance du marquis de Créqui.
(2) G. Hermant. t. IV, f 1^6, ch. XVI.
(3) G. Hermant, f 1958, ch. XVII.
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38 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOI8IS
Charles des Champs, dit Morel, seigneur de Cressy,à Beauvais
pour demander le concours des bourgeois pour cette entre-
prise. Il fut délibéré, le 20 octobre, à l'hôtel de ville sur sa
demande et l'on décida qu'on lui donnerait toutes assistances
possibles, tant pour la fidélité que l'on devait au roi que pour
se délivrer des vexations de la garnison qui ruinait tout le
pays. En conséquence, on promettait au maréchal 150 livres
par jour à compter de celui où il sortirait d'Amiens avec du
canon. Le 23 octobre, sur une nouvelle lettre de lui, on leva
40 chevaux qui furent conduits de nuit à Breteull avec plu-
sieurs hommes et quatre canonniers ; on promit de lui four-
nir 7 à 8,000 pains de munition pour chaque jour, sitôt que
son armée serait devant Glermont, de lui envoyer des vivan-
diers et de faire tous les efforts possibles pour lui faire
recouvrer des pionniers « ce qui paraissait fort difficile ».
Le 24 octobre, M. de Nérestan partit du fort de Dom, devant
Corbie, avec 30 maîtres de la compagnie de chevau-légers
du maréchal, 4 compagnies de gens de pied de son régiment,
4 autres compagnies du régiment de Portes, et 20 carabins (1).
La nuit suivante, cette cavalerie avec 8 compagnies du régi-
ment du maréchal arriva à minuit à deux mille pas de Cler-
mont; là on fit faire halte pour attendre le reste des troupes.
Mais voyant que le château, la haute et basse ville étalent
avertis et remplis de feux et de corps de garde, môme qu'ils
avaient envoyé dehors des mousquetaires attaquer les grand*
gardes, M. de Nérestan se décida à prendre l'olTensive. l'ne
troupe de pétardiers, soutenue par les mousquetaires, vint
attacher un pétard à la porte. Ce pétard, jouant, tua un des
pétardiers et fit à la porte un trou par lequel entrèrent quel-
ques oniciers et soldats qui, de barricade en barricade, gagnè-
(\) La prise des ville et château de Clermont, rendus le 98 octo-
bre 4615. A Paris, par Flcury Bourriquct, en l'Islo-du-Palais, Aux Fleurs
royales, avec permission. Cette plaquette, in-18, de huit pages, ainsi
qu'une autre de môme étendue, La prise de Clermont par le maréchal
d*Ai\cre, à Paris, par Jean Bourriquet, au MontSaintHilaire, près le
puits certain, Au Lys fleurissant, M De xv, avec permission, est très
rare. Elles sont toutes deux aux archives du château de Merlemont, où
Iles sont venues, par acquisition, de la Bibliothèque du baron Taylop.
é^-^.-ii,*i^-. DigitizedbyCjOOQlÇ
, f^^-W- «**#'. ■'-A-.
COMTES ENGAGISTES
rent la grande place de la ville, mais non sitôt la p
Tabbaye, car quelques carabins s'y étant retirés 1<
traignirent de s'y barricader, attendant que ladite
fût forcée, ce qui fut fait une heure après — le re
troupes étant arrivées — par le vicomte de Bétlu
et sa compagnie, avec perte de plusieurs tués ou 1
M. de Xérestan, présent à tout, défendit que les sole
trassent dans aucune maison jusqu'à ce que tout fût p
ce qui fut observé. Une autre escalade avait été pr
par M. de Goisy avec cinq hommes de sa compagn
deux et lui furent blessés.
Le jour d'après, le maréchal d'Ancre, avec grand i
de gentilshommes, six compagnies de gens de pied d
ment de M. de Portes et trois canons, partit d'Araiei
deux jours seulement, avec cet attirail, arriva le 27
à Clermont.
Les approches aussitôt conlmencées, par M. de Port
le château, il avança jusqu'au sommet de la montagr
près» du fossé. Deux cents pas de tranchées à dé
avaient été faites la première nuit par le sieur Arnai
nuit suivante, une batterie de trois canons fut dn
portée de pistolet de la muraille. Ceux de la ville et (
teau, se voyant pris assurément, demandèrent à
menter; des otages furent donnés de part et d'autre ei
quelques contestations, la composition intervenue e
maréchal, le gouverneur du château et celui de 1
décida que la place serait rendue le 30 octobre.
Les sieurs de Moulins, de Thury, d'Haraucourt e1
freville eurent droit de sortir avec leurs troupes en
enseignes déployées et tambours battants ; il leur fut j
un délai de six semaines pour rallier, s'ils le voi
l'armée des Princes ; des charrettes et chevaux dure
être fournis pour le transport de leurs bagages. Les
Raimbaud, capitaine de Creil, et Cuvelier furent aut(
rester à Clermont pour y exercer leurs charges de
des eaux et forêts et d'Elu. Le sieur Guilmain, trésc
commissaire des guerres, obtint un passeport pour re
le prince son maître, en même temps que l'engageme
ne pourrait être aucunement recherché pour les le^
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COMTES ENGAGISTES 41
La garnison de Clermont se retira vers Noyon et les
troupes du maréchal d'Ancre se cantonnèrent dans 1;
où, suivant une annotation mise au bas de la coj
traité du 30 octobre dans le tome 54 de D. Grenier
demeurèrent jusqu'à la Pentecôte 1616.
— A cette époque redit de pacification de Loudun (ms
avait, par son article 48, ordonné la restitution au prii
Condé des villes et châteaux de Craon, Creil et Clei
en l'état où ils se trouvaient. Les deux derniers toi
n'appartenaient plus au Prince. L'année précédent
avant les hostilités, il avait par eontrat passé le 8 avri
par-devant Jacques Regny et Pierre Briquet, notaii
Châtelet de Paris, cédé à sa tante, la comtesse de Soi
les bénéfices et charges du contrat d'engagement d(
n'en exceptant que l'étang de Gouvieux, « dont M. de
morency jouissait sans titre et sans approbation »,
que la renie de 11,433 livres assignée sur la recette gé
d'Orléans (l). La cession avait été faite moyennant 240
vres que la comtesse avait payées comptant, moye
lequel payement le vendeur s'était immédiatement deî
démis et dévestu à son profit, du Comté de Clermoi
appartenances et dépendances. Il s'était toutefois rése
avancerait 60 sols pour trois jours et on invita les vivandiers
porter des vivres à ce siège, le chemin leur étant devenu libre
prise du faubourg. Le jeudi 29 on reçut de nouvelles lettres du
chai d'Ancre A qui l'on promit d'envoyer tous les jours les p
munition qu'il demandait et on arrAta de faire travailler promp
aux balles qu'il désirait selon le calibre du moule qu'il avait ei
cet effet. Le seigneur de Nérestan, ayant aussi demandé de la
maréchal qu'on lui cnvoyAt un certain nombre de planches,
conclu qu'on les lui ferait tenir, s'il s'en pouvait trouver de la g
portée sur ses lettres. Dès le lendemain de la prise de la ville, I
maréchal manda à ceux de Beauvais de lui fournir des chevai
emmener l'artillerie et le reste de l'attirail qui avait servi au
cela lui fut accordé aussi bien que la demande qu'il fit de conti
lui apporter du pain de munition.
(1) Cette rente, depuis transférée sur la généralité de Boui
partagea ultérieurement entre les branches de Condé et de ContJ
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Qée 1616, après Tédit de Loudun, qu'il
îullé moyennant une soulte supplémen-
s(l).
esse de Clermont et dame de Crell, Anne
it veuve, depuis le 1" novembre 1612, de
i, comte de Soissons et de Dreux, pair et
ance, et avait joué un rôle considérable
; termina l'édit de Loudun. Elle parait
séjour de Clermont et ce fut elle qui fit
n octobre 1639 des religieuses ursulines,
mmunauté dan^le faubourg de la Basse
itruire sans aucune rétribution les jeunes
ant, la prise de La Capelle (9 juillet 1636)
t) par les Espagnols et leurs incursions
i le commandement de Piccolomini et du
rth, avaient porté la dévastation et la ter-
Lgnes avoisinant Clermont. Breteuil ainsi
l'aient été pris, pillés et incendiés aux
s de 1613 cl 1616 furent ratifiés par lettres
î enregistrées au Parlement le 29 août. Le con-
iregistré le 24 Juin 1626 au bureau des finances
le Louis, comte de Monta fié en Piémont, et de
ne de Bonnétablc et de Lucé, qui épousa en
de Bourbon, prince de Carency. Elle épousa, en
p de Soissons. Elle portait pour armes : écartelé
*. étoile de gueules chargée d'un croissant mon-
' au lion d'azur armé et lampassé de gueules,
on des Espagnols se trouve indiquée par Tin-
rche de l'église de La Uue-Sainl-Pierre :
Le 4 d'août 1636 le
^rince Thomas entra en
la Picardie
Graves, Canton de Clermont
Verbo La Rue-SainlPiern»
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COMTES ENGAGISTES
C'est à cette époque que se rapporte le document si
tiré du tome 89 de la collection D. Grenier (f 399) :
DE PAR LE ROY,
Sa Majesté, voulant pourvoir par tous moyens possi
la seureté et conservation de sa ville de Clermont en
voisis sur les occasions présentes, elle mande et ordon
capitaine Vestu, commandant pour son service en 1
place, d'exhorter les manants et habitans des villages v
et étansaux environs d'icelle de s'j' réfugier, et y étans
pourveoir à leur subsistance, prenant pour cet efïel
les maisons des habitants de la dite ville qui sont ah
suivant l'ordre que Sa Majesté en a donné, du blé, ^
autres choses nécessaires à la vie. Sa dite Majesté ma
et ordonnant, tant aux habitants de la dite ville qu'à cei
dits villages d'obéir au dit Veslu, et aux capitaines no
par la dite ville, en ce qu'ils leur ordonneront pour h
servation d'icelle.
Fait à Chantilly le XXI août 1636,
Lons.
Et plus bas : Routhillie
Les Mémoires de Richelieu font connaître les mesu
salut public qu'il prit, l'activité qu'il déploya en ces coi
tures critiques, le concours qu'il dut au patriotisme des
siens. Dès les derniers jours d'août, une armée de
hommes de pied et 12,000 cavaliers couvrait la capitale
le commandement du duc d'Orléans et du comte deSoij
elle investit Roye puis Corble et s'en empara. Mais ces s
entrepris contre l'avis du Cardinal, permirent aux en^
seurs de se retirer sans encombre. Les deux princes co
talent la ohute dû tout puissant ministre. Se voyant ci
verts, ils quittèrent la cour, Gaston d'Orléans pour Bb
comte de Soissons pour Sedan, qui formait alors une p
pauté indépendante aux mains du duc de Bouillon.
Louis de Bourbon, comte de Soissons (1), était le i
(1) Le Gomt<^ <le Soissons était ontré dans la maison de Boiirb
le mariage (septembre 1487) de Marie de Luxembourg avec Fran
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44 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
fils d*Anne de Monlafié. Né en 1604, il avait succédé à son
père, en 1612, dans les charges de grand maître de France et
de gouverneur de Dauphiné. Chevalier des ordres du roi (1620)
il prit une part active aux guerres qui marquèrent le règne
de Louis XIII, et n'hésita pas à se mêler à toutes les intrigues
de cour dirigées contre Richelieu. De sa retraite de Sedan,
il se trouvait en relations avec la reine-mère et tous les mé-
contents de l'intérieur en même temps qu'il réunissait autour
de lui une foule d'exilés. Le cardinal intima au duc de
Bouillon l'ordre de lui livrer cet artisan de troubles. Le duc
refusa, fit des levées et signa un traité avec la maison d'Au-
triche, qui lui donna un secours de 7,000 hommes. Le comte
de Soissons prit le commandement de ces troupes et infligea
à l'armée royale une sanglante défaite dans le bois de La
Marfée (6 juillet 1641), mais il périt, au soir de sa victoire, la
tête fracassée d'un coup de pistolet (1).
Graves et, d'après lui, MM. Debauve et Roussel affirment
qu'en punition de cette trahison, le Comté de Clermont, qui
était le bien personnel de Louis de Bourbon, fut confisqué et
n'aurait été restitué à ses héritiers que par le traité de paix
du 30 août 1696. Cette assertion est contredite par les docu-
ments conservés aux Archives nationales (2). Anne de
Montafié, qui avait acheté Clermont de ses deniers, vivait
encore et ne mourut que trois années après son fils, le
17 juin 1644. Elle laissait pour héritières une fille, Marie de
Bourbon, qu'elle avait mariée, en 1624, à Thomas-François
de Savoie, prince de Carignan, cinquième fils de Charles-
Bourbon, comte de Vendôme. CtiHrles de Bourbon en prit le titre, bien
que le domaine appartint à son fr^re atné, le prince de Condé, dont le
fils le vendit, en 1670, à son cousin-germain, Louis, de Bourbon, fils de
Charles.
H) Le comte de Soissons n'avait pas ét('' marié. Il laissa un fils na-
turel, Louis-Henry, né en 1640, légitimé en 1643, et connu sous le nom
d'abord de chevalier de Soissons, puis de prince de Neufchâtel.
(2) Godefroy Hcrmant, qui écrivait vers 1677, dit de môme que par
la mort du comte de Soissons, Clermont fut possédé par sa sœur Marie
de Bourbon, veuve du prince de Carignan, et sa nièce la duchesse de
Nemours.
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COMTES ENGAGISTES 45
Emmanuel, premier du nom, duc de Savoie, et une petite-
fille, Marie d'Orléans, née en 1625, du mariage de Louise de
Bourbon, sa fille aînée, avec Henri d'Orléans, duc de Lon-
gueville. Cette princesse épousa, en 1657, Henri de Savoie,
duc de Nemours, qui la laissa veuve le 14 janvier 1659.
La duchesse de Nemours jouit indivisément, pendant près
d'un demi-siècle, avec sa tante, la princesse de Carignan, de
la succession de son aïeule, notamment du Comté de Cler-
mont, pour lequel les deux princesses eurent à payer, con-
jointement, de nombreux suppléments de finances et d'enga-
gements (1) nécessités pour les besoins du Trésor royal.
(1) Archives nationales. Qi 854-855. 20 avril 1644. Quittance du tré-
sorier des parties casuelles, enregistrée au Contrôle général des finances
le 1" Juin. Reçu de M"" les princesses de Carignan et de Longueville,
propriétaires des Greffes anciens du Bailliage de Clermont, La Ncuville-
en-Hez, Bulles, Reray, Gournay, Moienneville et Milly et des Tabellion-
nages desdits Clermont et Creil, la somme de 800 livres tournois à laquelle
elles ont été taxées au Conseil du roi pour jouir de 90 livres de gages
héréditaires pour leur part des six vingt-trois mil livres de gages attri-
bués par édit du mois de janvier 1644 aux greffiers des diverses juri-
dictions, ensemble pour jouir de la confirmation pour l'heureux avène-
ment du Roi à la couronne, avec dispense de prendre aucunes lettres de
ratiffication.
20 avril 1644. Méines reçus délivrés dans la môme forme, de 300 livres
pour 15 livres de gages héréditaires attribués au greffe ancien de la
prévôté de la ville et foraine de Clermont, de 100 livres pour 5 livres de
gages attribués au greffe ancien de la châtellenie de Creil.
15 octobre 1645. Reçu do Mesdames... propriétaires du domaine de
Clermont, la somme de 3i,760 livres 17 sols à la(iuclle elles ont été
taxées au Conseil pour être déchargées, à commencer du premier jour
d'octobre 1644, de la somme de 3,476 livres 17 sols qu'elles étaient
obligées de payer pour chacun an à cause de l'engagement à elles fait
dudit domaine pour lo payement des gages, droits, rentes et toutes
autres charges que ledit domaine avait accouslumé de porter et jouyr
par les dites dames annuellement de ladite somme à quoy montent les
dites charges, tant ainsi que des autres revenus desdits domaines, à la
réserve seulement des fiefs et aumônes qui seront payés par les dites
dames en la manière accoutumée, laquelle somme tiendra lieu d'aug-
mentation de finance et demeurera jointe et unie à celle de l'ancien
engagement, sans pouvoir être dépossédées qu'en les remboursant
comptant à un seul payement de ladite finance et augmentation, con-
formément à la déclaration de S. M. du mois de décembre 1643. (Enre-
gistré au Contrôle général le 31 octobre 1645.)
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46 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
— La succession de la comtesse de Soissons donna lieu à de
longs débats. La liquidation n'en fut réglée définitivement
que par arrêt du Parlement, du 12 mai 1688. Le procès-verbal
de jet des lots, fait par-devant les conseillers Camus de Pont-
15 octobre 1645. Même reçu et dans les mêmes termes, de la somme
de 4,590 livres pour le domaine de Creil.
31 décembre 1656. Quittance du Trésorier général de tous les do-
maines de France à la princesse de Garignan, propriétaire de la moitié
des domaines du Comté de Clermont, La Neuville, Gournay et Moienne-
ville, de la somme de 4,000 livres à laquelle a été taxé au Conseil
du roi le retranchement de demi-année du revenu desdits domaines
pour chacune des années 1653 et 1654, ordonné être payé par ladite
propriétaire par édit du mois de décembre 1652, moyennant lequel
payement elle sera maintenue, gardée et confirmée en la pleine et en-
tière jouissance de tous les revenus et droits dudit domaine, nonobstant
les interruptions, empcschemenls, surcéances et arrêts intervenus de-
puis le 1" Janvier 1648, conformément audit édit.
31 décembre 1656. Mômes reçus dans les mêmes termes, de 3,000 li-
vres pour le domaine de Croil ; de 800 livres pour celui de Bulles : de
500 livres pour celui de Milly ; de 800 livres pour celui de La Hérelle ;
de 1,200 livres pour celui de Bonneuil.
A la date du 31 décembre 1657, six quittances, au duc et à la duchesse
de Nemours, de mêmes sommes pour la propriété de l'autre moitié.
15 avril 1658. Quittance à la princesse de Carignan de la somme de
4,000 livres, pour la moitié de la justice de Clermont, moyennant la-
quelle elle demeurera confirmée dans la jouissance de la moitié de la-
dite justice, nonobstant les déclarations des 15 janvier et 8 mars 1657,
avec le quart en sus et 2 sols pour livre du droit annuel et de résignation.
— Même quittance pour la duchesse cie Nemours.
20 mars 1664. Reçu de M"« Marie de Bourbon, princesse du sang et
de Carignan, propriétaire des Greffes anciens, alternatif et triennal par
moitié des Bailliage et prévôté de Clermont en Be^uvoisis, et garde
scel des sentences dudit lieu. 1,210 livres par forme de supplément et
augmentation de finance pour jouir, en conséquence de la déclaration
du 5 novembre 1661, de tous les droits et émoluments attribués audit
office de greffier et quart en sus d'iceux à eux attribués par édit de
création desdits alternatif et triennaux, comme aussi pour être con-
firmée en la décharge cidevant accordée par S. M. de l'établissement
des greffiers et maîtres clercs quatriennaux. — Même quittance de
175 livres pour moitié du greffe et tabellionnage de Creil.
Une note, qui figure au carton 854 des Archives nationales, chiffre à
60,000 livres l'ensemble des suppléments et augmentations de finances
payés au Trésor par les engagistes du Comté de Clermont.
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COMTES ENGAGISTES 47
carré et Guillaume, les 17 et 18 mai, attribua à la princesse de
Carignan le lot comprenant le Comté de Clermont avec les
châtellenies qui en dépendaient, à l'exclusion de celle de
Bonneuil qui échut à la duchesse de Nemours. Celle-ci en fit
don, quelques années après, à son cousin germain naturel le
chevalier de Soissons (1).
— C'est au cours de cette période que se produisit, dans l'his-
toire de Clermont, un fait considérable, l'expulsion des pro-
testants, qui devait avoir sur l'avenir industriel de cette ville
une fâcheuse influence.
J'ai mentionné l'établissement à Clermont, en vertu de l'ar-
ticle 8 de l'Edit de Pacification d'août 1570, d'un temple pour
l'exercice de la Religion prétendue réformée. Au temple avait
été annexé un collège en 1609, et l'ouverture de ce collège
annoncée aux familles protestantes par une affiche ainsi
conçue : « Il y a un collège établi à Clermont en Beauvoisis, et
trois régents pour enseigner les langues latine et grecque, l'es-
criture, l'arithmétique, la musique, la rhétorique, la dialecti-
que et logique. Si quelqu'un désire d'y envoyer ses enfants,
l'Eglise aura soing de les mettre en pension, et le principal et
aultres personnes auront charge tant de leurs personnes que
de leur instruction. Les pensions seront de 40 écus ou de telle
autre somme que de raison. » (2) Il paraîtrait que le collège
nouveau ne prospéra pas ; du moins, il n'existait plus en 1628,
puisque le synode national, tenu cette année à Charenton,
permit à la province de l'Ile-de-France de prêter les 400 livres
qui lui étaient allouées pour son collège, à celle d'Orléans
pour l'aider à entretenir celui de Châtillon-sur-Loire. Le
même état de choses se maintint ainsi jusqu'en 1631 (3).
(1) Sur cette duchasse de Nemours, voir Saint-Simon, t. VI, p. 36 et
suivantes. Elle donna en mourant (1707) tout ce qu'elle put, dit-il, aux
ûlles de ce bâtard, qui avait épousé, en 1694, la flllc du maréchal de
Luxembourg, et était mort lui-même en 1703. L'une de ces filles se
maria à Charles-Philippe d'Albert, duc de Chevreuse. Leur fils fut sei-
gneur de Bonneuil.
(2) Ephémérides de Ciizaubon, UuUeiin de la Société de l'Histoire du
Protestantisme français, t. III, p. 454 — (3) Ibid., t. IV, p. 332.
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48 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Aux termes de TEdit de Nantes et des règlements rendus
pour son exécution, les protestants avaient droit de se réunir
en synode pour régler les questions de discipline, recevoir
des pasteurs, pourvoir de ministres les églises vacantes et
répartir les fonds levés pour les dépenses du culte. Ces sy-
nodes délibéraient, avec l'autorisation du roi, en présence
d'un commissaire à ce spécialement désigné (1). Deux d'entre
eux se tinrent à Clermont, en avril 1627 et en mai 1667. Ils se
composèrent des députés de l'Ile-de-France, de la Picardie,
de la Champagne et du pays chartrain. Ces députés, pour la
plupart ministres, diacres ou anciens, étaient, en 1667, au
nombre de près de cent, représentant quarante-sept églises.
Celle de Clermont en avait trois : Philippe Tricotel, ministre,
Isaïe du Cormier, sieur de la Haie, et Pierre Le Maistre, an-
ciens ; celle de Senlis, trois également : Maurice de Lam-
bonne, sieur de Montigny, ministre, Etienne de Saint-Just
et BQrtaux, anciens : celle de Compiègne, deux seulement :
Jean de Vaux, ministre, et Jacques de Dompierre, sieur de
Jonquières, ancien.
Rien de curieux à relever dans les deux procès-verbaux,
sauf le fait suivant consigné dans celui de 1627 par le com-
missaire. « Le sieur Maillard, ministre de Clermont, pria la
compagnie de l'assister de son conseil sur diverses pour-
suites qui étaient faites à rencontre de lui par anlmosité de
(1) Ce commissaire dressait procès-verbal des délibth'ations prises et
le transmettait au roi. On trouve à la Bibliothèque nationale, FF', 20964,
le procès-verbal dressé par M* Auguste Galland, conseiller du roi, lieu-
tenant général du Bailliage de l'artillerie et du château du Louvre,
commis et député par lettres de S. M., du 4 mars 1G27, pour assister à
l'assemblée qui devait se tenir à Clermont, prendre garde qu'il ne s'y
tint aucune chose importante à l'autorité du roi et empêcher qu'il ne se
proposât aucune chose autre ce qui concernait la discipline et religion,
avec exprès commandement en ce cas de s'y opposer. Le procès-verbal
du synode de 1667, rédigé par Jacques de Caudel, conseiller du roi en ses
Conseils, commissaire nommé par brevet du roi du 11 mars, est aux
Archives nationales, TT 313. Copie des deux existe à la bibliothèque
de la Société de l'Histoire du Protestantisme français. Manuscrits
Auzière.
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COMTES ENGAGISTES 49
la part des officiers de la ville par lesquels, et bien qu'il ne
possède aucun héritage, il a déjà été par deux fois imposé au
rôle de la taille, puis, après qu'il s'est consommé en beaucoup
de frais et dépenses extraordinaires, il a été rayé parce que
par les articles secrets les ministres en sont exempts. La
compagnie nous pria de voir les officiers, ce que nous fismes
avec peu de satisfaction pour ce regard. Le dit sieur Maillard
se plaignit pareillement de ce qu'un nommé Donnedieu,
sergent de Glermont, s'était par diverses fois durant les
assemblées, transporté avec plusieurs autres, armés de halle-
bardes, dans le temple et commis plusieurs insolences, même
depuis ayant récidivé avait excédé en pleine rue sa femme,
que pour ce les officiers même l'avaient secouru, le scandale
en étant parvenu jusques à eux combien que fut éloigné. Mais
que jusqu'à présent il lui avait été impossible d'avoir justice
ayant été chassé et rejeté par le Procureur du roi lorsqu'il
en voulut faire sa plainte à cause de l'alliance et parenté
d'entre le sergent et lui. Nous représentâmes à la compagnie
que telles plaintes ne devaient être traitées en telles assem-
blées, qu'ils voyent leurs députés et ceux qui doivent
veiller à ce que les édits fussent observés à quoi fut
répliqué par le sieur Maillard que la nécessité qu'il avait
d'implorer l'intercession de la compagnie envers MM. les
députés généraux l'avait obligé à la représentation de son
fait. Et derechef fusmes prié d'en conférer avec les offi-
ciers, ce qui fut à la sortie par nous exécuté. Nous repré-
sentâmes le tout au Lieutenant général, Prévost et Procureur
du roi, lesquels recogneurent qu'à la vérité le dit Mail-
lard avait été tourmenté, mais que la retenue avait empêché
que n'aist satisfaction joint qu'à cause que ce Donnedieu
appartenait à plusieurs des officiers, la preuve n'avait
pu en être entière. Les priasmes qu'à l'advenir le sieur
Maillard pour l'exemple particulièrement fut protégé, vu
même qu'ils lui rendaient témoignage de bonne conduite.
Ce qu'ils nous promirent, et dont nous les remerciâmes. »
Si tels étaient déjà les sentiments et la conduite des ma-
gistrats de Glermont à l'égard des Protestants en l'année 1627,
à une époque de pacification religieuse, que durent-ils
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50 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUV0IS19
devenir lorsque le Gouvernement crut devoir tout mettre en
œuvre pour ramener le royaume à l'unité de la foi?
Au début de l'année 1685, maître Jean Marin, ministre de
la religion, prétendue réformée, en exercice à Clermont,
Jacques de Sacy, diacre, David et Daniel Gorlln, Isaac de la
Neufve-Maison, Charles Dupuis, anciens de la dite religion,
Abraham de la Neufve-Maison, Paul Le Maistre, maître Isaac
Claude, cydevant ministre à Clermont, Jean Dupont, perverti
à ladite religion, et Jeanne Laurent, veuve Couppé, furent, à
la requête du procureur du roi, assignés au criminel, par-de-
vant le lieutenant général du Bailliage. Ils étaient inculpés de
nombreuses infractions aux ordonnances (1), d'avoir reçu et
admis en leur profession Jean Dupont, ouvrier, perverti par
Henry Couppé, marchand mequinier (tisserand), demeurant
à Warty, en omettant malicieusement de consigner sa profes-
sion sur les registres à ce destinés, d'avoir perverti Nicolle
Noielle et Charlotte Hallot, filles catholiques, et d'avoir ma-
rié cette dernière au sieur Le Roux, marchand, demeurant
à Crèvecœur, faisant profession de la religion prétendue ré-
formée, d'avoir souffert que les nommés Montigny et De
Bryes, ministres.de Senlis, etdeBryes Travelin, deBéthisy,
aient exercé le ministère à Clermont en 1678, présidé aux
actes du consistoire de 1673 et 1678, et inscrit sur les registres
30 baptêmes et 6 mariages non signés de ministres, et reçu
pour ministre de la prétendue Eglise réformée le sieur de
Contrebeleuse, en octobre 1673, sans ordre de synode ni col-
loque assemblé par permission du roi; d'avoir appelé dans les
actes du consistoire l'Eglise catholique Eglise romaine seu-
lement et qualifié sa croiance du mot d'erreur, d'avoir conU-
nué, en violation des déclarations royales, à appeler leurs
ministres pasteurs ou ministres de la parole de Dieu et mi-
nistres du Saint Evangile, d'avoir enfin, au mépris de l'ar-
ticle 40 des articles secrets de l'Edit de Nantes et du règlement
pour son exécution, fait des impositions sur les sujets du roi
de la religion et reçu des deniers sans la participation et
(1) Archives nationales, X^ 426. Arrêt du Parlement du 12 octo-
bre 1685. Il semble résulter de certains considérants de l'arrêt, qu'une
première instance avait été introduite en 1683.
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COMTES ENGAGISTES 51.
autorité du premier juge du Bailliage, d'avoir continué de
faire des contributions générales pour tous les consistoires
de la province et d'en avoir reçu les deniers par les ordres
du synode.
Le lieutenant général reconnut fondés les griefs articulés
contre les prévenus et, par sentence du 4 août, déclarant
« ceux de la prétendue religion réformée de la ville et du
Bailliage de Clermont déchus et privés de l'exercice public
de ladite religion en icelui, ordonna qu'il demeureraient inter-
dits à toujours et en conséquence que le temple dudit Cler-
mont serait incessament démoli, et ses matériaux acquis et
confisqués au profit de l'Hôpital général des pauvres enfermés
et l'Hostel-Dieu avec tous les autres biens, meubles et im-
meubles, deniers, rentes mobilières et immobilières et géné-
ralement tous les autres revenue appartenant audit consis-
toire, soit pour l'entretien du ministre, réparations du temple
et subsistances des pauvres de la religion » (1). Le diacre
Jacques de Sacy fut condamné à trois années de bannisse-
ment hors de la ville, banlieue et Comté de Clermont, et
solidairement avec les anciens, Charles Dupuis, David et
Daniel Gorlin et Isaac de la Neufve-Maison, à 3,000 livres
d'amende envers le roi, et 1,000 livres d'amende envers l'Hô-
pital général, es mains des directeurs duquel leur fut enjoint
de remettre tous les titres et registres du consistoire. Charles
de la Neufve-Maison pour avoir souffert la profession de
Dupont, son ouvrier mercenaire, fut taxé à 200 livres d'amende
envers le roi, et 50 livres à l'hôpital. Le ministre, maître Jean
Marin, fut condamné à 100 livres d'amende envers le roi, et
50 livres envers l'hôpital, pour avoir admis aux assemblées
de la religion Marie Dollé, fille bâtarde, et reçut l'ordre de
(1) L'Inventaire des archives de l'hospice de Clermont permet de
constater quels étaient ces biens. En 1678, Paul Commien, bourgeois de
Paris, avait donné 8,000 livres par l'entremise de Salomon Donnelieu,
secrétaire des finances de S. A. R., au ministre et aux anciens du
temple de Clermont. Une rente de 25 livres avait été donnée par la dame
de Fabrice, dame de Cressonsacq. Une autre rente de 22 livres 4 sols
avait été également donnée, en 1654, par Isale de Commien, écuyer.
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52 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
se retirer hors des six lieues de Clermont sous les peines
portées par l'ordonnance. La peine de l'eraprisonnement était
prononcée contre les prévenus jusqu'à parfait payement de
l'amende.
La sentence, du 4 août, fut déférée par voie d'appel au Par-
lement qui l'examina en Chambre des vacations. La Cham-
bre, par arrêt du 12 octobre, confirma l'interdiction de la
religion prétendue réformée dans les ville et faubourgs de
Clermont (1) et l'attribution à l'Hôpital général des biens du
consistoire, prescrivit que le temple fût démoli et abattu dans
le délai d'un mois par les protestants eux-mêmes, et que ce
temps passé, la démolition fût opérée à leurs frais, modéra
les amendes et i^nvoya Abraham de la Neufve-Malson et le
ministre Marin de l'accusation. Les anciens acquiescèrent à
l'arrêt et l'on commençait4a démolition, le 2 novembre, nous
apprend Graves, lorsque les habitants voulurent prendre
leur part de cette œuvre. Magistrats, artisans, femmes, en-
fants, vieillards, s'y employèrent à l'envi : les bâtiments dis-
(1) Ce n'e^t pas du reste dans Clermont seulement qu'avait lieu l'exer-
cicc de la religion prétendue réformée, mais aussi dans les pays d'alen-
tour, ainsi qu'en témoigne le Mémoire suivant dressé, en 1681, par
l'intendant du Soissonnais, de Machault, des lieux de sa généralité, où
l'exercice de la religion prétendue réformée se faisait suivant la faculté
accordée par les articles 7 et 8 de l'Edit de Nantes, aux seigneurs posses-
seurs de tiefs ayant haute justice, a Election de Clermont : Jacques de
Dompierre, seigneur de Jonquières, exerce chez lui pour sa famille et
les habitants du village, lesquels vont, pour la plupart, au temple de
Compiègne. — La dame veuve du sieur de Fabrice, dame de Sacy-le-
Grand. — Guéhan de la Salle, seigneur de Belleuse pour les deux tiers. —
Les demoiselles de la Cour du Bois, quoique professant la religion préten-
due réformée, n'en font pas présentement l'exercice dans leurs terres et,
lorsque ladite dame de Fabrice a fait marier par un ministre, chez elle,
une de ses filles, le procureur du roi a entrepris contre elle un procès
à ce sujet qui est indécis, et de même lorsque le sieur Guéhan de la
Salle a fait faire le prêche avec grande assemblée de plus de 300 per-
sonnes, il a été emprisonné avec son ministre par le lieutenant général
de Clermont, et néanmoins élargi par arrêt au rapport de Mgr de
ChAteauneuf, et l'afTaire évoquée par S. M. en Conseil. » Arch. nat.,TT 284.
Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français.
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COMTES ENGAGI8TES
parurent en moins de huit jours et les matériaux,
à l'hôpital, servirent à la reconstruction de cet édifice. (
de s'expatrier, les protestants emportèrent beauco
richesses et le commerce très considérable de toil
avait fait jusqu'alors la prospérité de Clermont, d
avec eux.
C'est précisément en ce mois d'octobre 1685 que fi
mulguée la déclaration royale portant révocation d(
de Nantes. Elle ne pouvait et ne devait avoir aucun
Clermont, la situation venant d'y être souverainement
par l'arrêt du Parlement.
— Je reviens maintenant aux seigneurs engagistes, qi
sodé qui précède a un peu écartés de mon récit.
Reconnue comtesse de Clermont, la princesse de Cf
mourut quatre ans après, le 4 juin 1692. Elle était
depuis 1656. De son mariage avec Thomas-Franc
Savoie, elle avait eu plusieurs enfants :
1* Emmanuel-Philibert Amédée ;
2* Eugène-Maurice de Savoie, comte de Soissons
en 1673, laissant de son mariage avec la célèbre (
Mancini deux fils, dont l'un Thomas fut comte de Se
et l'autre est connu dans l'histoire sous le nom de
Eugène ;
3" Marie-Jeanne-Baptiste, dite M'" de Soissons ;
4" Louise-Philiberte, dite M'" de Carignan.
A peine investis de la succession maternelle, qi
semblent avoir acceptée que sous bénéfice d'inventa
héritiers de Carignan eurent maille à partir avec le fi
Le 28 octobre 1692, un arrêt du Conseil leur presc
justifier par-devant l'intendant de la généralité de Pî
litres en vertu desquels ils jouissaient de l'engagem
Comté de Clermont. Cet arrêt avait été rendu à la req
contrôleur général des domaines de S. M., lequel pré
qu'il n'avait trouvé à la suite du contrat de 1569 que
(1) Ils eurent à payer aux parties casueUes, en 1694, des sup]
de finances pour la jouissance des greffes et tabelUonages de C
Creil, MiUy, Bulles, La Neuville, La HOroIle et Rcmy.
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54 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
dation d'un payement de 192,000 livres, et demandait aux
engagistes de prouver l'acquittement des 168,000 livres faisant
complément du prix total de 360,000 livres ; il faisait obser-
ver que le Comté rapportait plus de 30,000 livres. Deux
arrêts, des 18 juin et 1" octobre, renouvelèrent l'injonction à
laquelle les intéressés répondirent en arguant que les titres
réclamés étaient encore aux mains des liquidateurs judi-
ciaires. Il est vraisemblable que la production ultérieure des
quittances de 1569, que j'ai mentionnées en leur lieu, mit fin
à la contestation.
Une déclaration, du 1" octobre 1693, avait ordonné la re-
cherche des peines et amendes encourues par les engagistes
pour n'avoir pas réservé dans les coupes le nombre de bali-
veaux prescrit par les ordonnances. Un rôle arrêté en Conseil,
le 17 octobre suivant, réclama de ce chef à la succession
delà princesse de Carignan 38,095 livres et les sols pour livre
pour les bois du Comté de Clermont y compris 492 arpents
de la châtellenie de Bonneuil, et 12,000 livres et les sols pour
livre pour les bois de la Pommeraie, sis en la châtellenie de
Creil. Le comte de Soissons protesta, au nom de ses cohéri-
tiers, et demanda une visite des bois ; elle lui fut accordée
par arrêt du Conseil ; mais il y renonça et se borna à solli-
citer une modération. Le fermier, chargé du recouvrement
de la taxe, consentit la réduction à 33,175 livres, en principal,
et les 2 sols pour livre, tout en faisant observer que le nombre
de baliveaux indûment coupés était très considérable. Le roi,
par grâce et sans tirer à conséquence, modéra la taxe à
28,508 livres 5 sols, en principal, et 4,517 livres 10 sols pour
les sous additionnels, réservant les droits du fermier en ce
qui concernait le bois de Bonneuil et la réclamation à adres-
ser à la duchesse de Nemours.
C'était le comte de Soissons qui était intervenu dans l'ins-
tance. L'auteur de VEssai sur l'Histoire de Clermont dit, en
efîet, que le Comté avait été donné par Louis XIV à ce jeune
prince, à l'exclusion de son oncle, Emmanuel-Philibert
Amédée, qui portait les armes contre la France. Il ajoute que
Louis Thomas ayant peu après suivi cet exemple, le roi pro-
nonça la confiscation de ses biens et réunit Clermont à la
couronne, mais que par le traité de paix conclu avec la
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COMTES ENGAGISTES
Savoie, le 29 août 1696, le prince de Carignan fui
possession (1).
Emmanuel-Philibert-Amédée s'empressa de ra
droits de ses sœurs et neveux sur Clermont, par c(
27 mars 1697, 20 et 26 août 1698 et 27 février 169!
ainsi seul maître du Comté, il lui chercha un ac(
le trouva, en 1702, dans la personne de la prince
court.
Trois ans auparavant, il en avait distrait les deu}
châtellenie de Milly, par contrat passé le 26 févr
Demetz, notaire à Paris, au profit du maréchal de
possesseur de l'autre tiers. Celui-ci patrimonialis
velle acquisition par voie d'échange avec la Couror
corpora au duché que venaient d'instituer en sa 1
lettres patentes du 14 septembre 1695 sur le comté (
Celle aliénation devait apporter une réduction s
domaine seigneurial de Clermont, à raison non
des biens démembrés, donf le revenu était évalué
par les Commissaires de la Cliambre des Comptes i
9 sous, pour les deux tiers revenant au Comté — ;
intrinsèque actuelle de 3 fr. 50 la livre environ et i
relative actuelle de 20 à 25 francs environ — maij
mouvances. Le dénombrement de 1373 inscrivait 51
127 arrière-fiefs comme relevant de la châtellenie
( I ) Le traité du 29 août ne contient aucune stipulation <
sujet de cett^ restitution. L'article XI décide seulement qu'à
prétentions de Madame la duchesse de Nemours envers
royale, S. M. laissera entre ladite A. R. et ladite dame de
discussion des susdites prétentions dans la vole ordinaire d
sans s'en mêler autrement. Cet article s'appliquait-il
de 1688, que la princesse aurait contesté, ou à la successi<
de Savoie, son mari?
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COMTES ENGAGISTE5
CHAPITRE IV
La princesse d'Harcoavt, comtesse de Clermont(1702). Vei
au prince de Condé de la chàiellenie de Creil (1704) et
comté (1719). Confiscation prononcée en 1792 contre Lou
Joseph de Bourbon, prince de Condé. Consistance et reveri
du comté à cette époque. Principales mouvances. Restituti
de 1814. La succession de la maison de Condé. Le o
d'Aumale.
Ce fut le 7 mai 1702 que comparut par-devant Bonnet
Jean Le Semelier, notaires au Châtelet de Paris, le comte
Picon de La Pérouse, premier secrétaire des commam
ments de T. H., T. P. et S. prince Emmanuel-Philibe
Amédée de Savoie, prince de Carignan, fils aîné et hérili
sous bénéfice d'inventaire, de T. H., T. P. et S. princei
Marie de Bourbon, princesse du sang, veuve de T. H., T.
et S. prince Mgr François-Thomas de Savoie, prince
Carignan, généralissime des armées de S. M. en Italie, gra
maître de France, pour vendre au nom de son commettî
à T. H., T. P. et S. princesse Françoise de Brancas et
Bressan, épouse séparée, quant aux biens, de T. H., T. P.
S. prince Alphonse de Lorraine, prince d'Harcourt, résidî
à Paris, au Temple, les Comté de Clermont en Beauvois
Châtellenies de La Neuville-en-Hez, de Remy, Gournay
Moïenneville, de La Hérelle, de Bulles, et Châtellenie de Cr(
leurs appartenances et dépendances, y compris tout et tel dr
qui appartenait audit seigneur prince de Carignan, de nor
nation aux offices desdits comté et châtellenies engagés \
le roi, en 1569, à faculté de rachat perpétuel, ensem]
tout ce qui avait été aliéné par S. M. suivant les nouvei
finances qui en avaient été payées. Etaient seuls exceptés
deux tiers de la châtellenie de Milly, vendus en 1699 au n
réchal de Boufflers, ainsi que la châtellenie de Bonneuil, q
le partage de 1688 avait attribuée à la duchesse de Nemou
Le prix de vente était fixé à 340,000 livres. Le prince
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58
LE COMTE DE CLERMONT EN BEAUV0ISI8
i
Carignan ratifia le contrat le 28 juillet 1702, et le prince d'Har-
court le 24 décembre suivant.
Marie-Françoise de Brancas était la fille aînée de Charles
comte de Brancas (1), chevalier d'honneur de la reine Anne
d'Autriche, si célèbre par les distractions prodigieuses que
La Bruyère a immortalisées dans ses Caractères. Dame du
palais de la reine, elle avait épousé, en février 1667, Alphonse
Henry-Charles de Lorraine, prince d'Harcourt (2). Elle était
séparée de biens d'avec son mari, et le fut aussi de corps, à
en croire Saint-Simon qui consacra plusieurs de ses pages
les plus virulentes (3) à retracer les singularités, les ridicules,
le caractère altier et plat à la fois de cette amie de M"' de Main-
tenon.
Tout autre elle parait avoir été à Clermont, où elle fit sa
première entrée le 30 janvier 1703 et fixa sa principale rési-
dence. Par ses ordres, le donjon, qui avait jusqu'alors servi
surtout au logement de la garnison, fut aménagé en habi-
tation. De larges fenêtres remplacèrent les meurtrières
d'autrefois. Les fossés et la plate-forme inculte, qui servaient
de défense au château, furent convertis en promenade plantée
d'ormes et de tilleuls. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le
Chdtellier, L'église collégiale, bâtie ou plutôt rebâtie par
â
(i) Fils cadet de Georges de Brancas, premier duc de Villars. Brancas
portait d'argent au pal d'azur chargé de trois tours de gueules et accom-
pagné de 4 pattes de lion mouvant des flancs de l'écu.
(2) Il était fils d'Alphonse-Gha ries- Henri de Lorraine qui prit le pre-
mier le titre de prince d'Harcourt. Le comté d'Harcourt était entré
dans la maison de Lorraine par le mariage de son aïeul au 7' degré,
Antoine, comte de Vaudemont et de Guise, avec Marie d'Harcourt, fille
et héritière de Jean VII, comte d'Harcourt et d'Aumale. Armes de la
maison de Lorraine : l'écu parti de trois traits et coupé d'un qui font
huit quartiers où se trouvent renfermées les armes de 4 royaumes :
Hongrie, Naples, Jérusalem, Aragon, et de 4 duchés : Anjou, Gueldres,
Juliers, Bar, sur le tout d'or à la bande de gueules chargée de 3 alé-
rions d'argent posés en bande qui est de Lorraine. La branche d'Har-
court brisait tout l'écusson d'un lambel à 3 pendants de gueules et d'une
bordure de gueules.
(3) Mémoires, t. H, p. 238, et t. IV, p. ^ et suivantes.
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COMTES ENGAGI8TES 5^
Renaud II , comte de Glermont , et qui, adossée au mu
d'enceinte du château, faisait partie du système des fortif
cations, avait été rasée en 1359 par le capitaine de Buch, puj
en 1595 sur l'ordre d'Henri IV, et le Chapitre l'avait remplacé
par un bâtiment sans caractère architectural : la princess
d'Harcourt fît construire à l'extrémité du château, vers 1
couchant , une église plus vaste , que Mgr de Forbir
Janson, évêque de Beauvais, vint solennellement consacre
le 14 novembre 1714 (1). La nouvelle comtesse employait 1
plus grande partie de son temps à des œuvres de bienfaisanci
Par acte du 26 mars 1715, elle dota l'hôpital et hôtel-die
d'une rente perpétuelle de 400 livres pour Tentretien de troi
sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve chargées du servie
des pauvres et des malades. Elle mourut un mois après ass€
subitement, nous apprend Saint-Simon, qui ajoute qu'elle r
fut regrettée de personne, à la cour peut-être, mais no
certes à Glermont, où son souvenir fut longtemps vivant <
honoré. Voici son acte de décès d'après les registres de ]
paroisse de Saint-Samson, aujourd'hui conservés à la mairie
« Le douzième jour d'avril 1715 est décédée en la commi
nion de l'Eglise, T. H., T. P. et T. S. dame S. A. Madair
Françoise de Brancas de Brézans, princesse d'Harcourt <
comtesse de Glermont en Beauvoisis, épouse de T. H., T. I
et T. S* Prince S. A. Mgr Alphonse, Henry, Gharles de Loi
raine, prince d'Harcourt, âgée de 64 ans ou environ, dont ]
corps a esté présenté en cette église le 14 "de ce mois et er
suite conduit en l'église collégiale N. D. fondée au châtea
de cette ville, pour y rester en dépôt jusqu'à ce que le corf
soit conduit à Harcourt, pour ôtre inhumé dans le chœi]
de réglise des Dames Religieuses hospitalières dudit Ha
court, où ladite dame a élu sa sépulture : en présence d
Messire Gharles Le Gras, conseiller du roy et son procurei
au bailliage et autres justices royales de cette ville, de Mes
sire Nicolas Thouret, conseiller du roy, prévost royal de 1
Prévôté foraine dudit Glermont, de Pierre Dufour, chanti
en cette église, et de plusieurs autres. »
{{) OX édifie*» a H^ dMriiit en 1794. Graves, Debauve et Roussel. ^
Qerinont.
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60 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUV0I81S
— La princesse d'Harcourt n'avait pas gardé tout entière
son acquisition de 1702. Elle en avait détaché la châtellenie de
Creil, que, par contrat passé devant Lauger et son confrère
notaires au Ghâtelet de Paris, elle avait vendue à Henry-Jules
de Bourbon, prince de Condé (1), le 16 février 1704, au prix de
140,000 livres.
Ce fut au petit-fils de celui-ci, Louis-Henry de Bourbon,
prince de Condé, connu dans l'histoire sous le nom de Mon-
sieur le Duc, que le fils et héritier bénéficiaire de la prin-
cesse d'Harcourt, Anne-Marie- Joseph de Lorraine, prince de
Guise, comte d'Harcourt (2) vendit également, le 31 dé-
cembre 1719, devant Lorimier et son confrère, notaires au
Châtelet de Paris, le comté de Clermont avec les châtellenies
de La Neuville-en-Hez, Bulles, Remy, Gournay et Moïenne-
ville, LaHérelle etMory-Moncrux, moyennant 760,000 livres.
Des lettres patentes du 19 juin 1724 confirmèrent au profit
du duc de Bourbon les acquisitions de 1704 et 1719. (Voir le
texte de ces lettres annexe F.)
Ce prince (3) unit et incorpora à son nouveau domaine la
vicomte de Breuil-le-Vert, dont il s'était rendu adjudicataire,
le 20 septembre 1719, sur la succession vacante de François
Forget, grand maître des eaux et forêts de l'Ile-de-France (4).
(1) Il était en même temps duc de Bourbonnais, de Châteauroux,
d'Enghien et de Seurre-Beliegardo, premier prince du sang, premier
pair et grand maître de France, gouverneur de Bourgogne et de Bresse.
Fils du grand Condé, il naquit le 29 juillet 1643 et mourut lel"avriH709.
Son fils Louis III le suivit dans la tombe le 4 mars 1710, ayant eu de
Mademoiselle de Nantes, fille naturelle de Louis XIV, de nombreux
enfants, dont l'atné fut Louis-Henry.
(2) Né le 30 avril 1679, il avait épousé, le 2 fulllet 1705, à la grande
fureur de la maison de Lorraine, Marie-Louise-Catherine-Jeannin de
Castille et mourut le 29 décembre 1739 laissant un fils, Louis-Marie-
Léopold, né le l7 décembre 1726, mort le 20 juin 1747, le dernier de sa
branche. Son grand-père, le prince d'Harcourt, était décidé en fé-
vrier 1719 au château de Montjeu, qui appartenait à sa belle-fille.
(3) Il portait de France, au bâton de gueules péri en bordure.
(4) Breuil-le-Vert avait été érigé en vicomte par lettres de février 1672
en faveur de François Forget. La seigneurie lui venait de son grand-
père, conseiller au Parlement, qui l'avait acquise de la famille d'Argi-
lière.
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COMTES ENGAGISTES
Ils*était marié deux fois, d'abord à Marie-Anne de I
Conti, dont il n'eut pas d'enfants, puis à Charlotte d
Rheinfelt qui le rendit père de Louis-Joseph de Bour
jeune princç n'avait pas encore cinq ans, lorsque la ;
son père, en 1740, le laissa sous la rude tutelle de s<
le comte de Charolais.
Le Coïhié de Clermont en Beauvoisis avait dès lor
son autonomie pour prendre rang parmi les nombi
maines (1) des princes possesseurs de Chantilly. Il I
pris dans la confiscation générale, prononcée en \li
fait d'émigration, contre Louis-Joseph de Bourbon-Co
— Quelle était alors sa consistance, quels en étaient ]
nus ? Des documents conservés aux Archives de l'Oi
nissentla réponse (2) : 60,000 livres environ ; sur les (
vres, la majeure partie était fournie par les bois.
Ces bois furent régis, pour la période de 1771-1779
tement par le fpndé de la procuration du prince de
Chardon du Havet, écuyer, conseiller, secrétaire
maison et couronne de France et de ses finances. ]
venu moyen fut de 33,000 livres. Il s'éleva, en 1779, à :
vres suivant le détail ci-dessous :
Forêt de Hez (150 arpents adjugés annuel-
lement) 21.453 ]
Bois Bourbon 1 .395
Châtellenie de Remy (52 arpents en coupes) 6 .544
Châtellenie de La Hérelle (59 arpents). ... 2.930
Bois de Bulles (17 arpents) 1.135
Bois de la Houssière (6 arpents) 598
Bois de Rotheleux 525
(3) Ces domaines s'accrurent encore par l'acquisition, le i;
bre 1787, moyennant 2,4."i0,000 livres, du marquisat de Noin
seigneuries de Béronne et Gicourt qui en dépendaient. Cette a<
avait été faite pour le compte du fils du prince deCondé, Lou
Joseph, duc de Bourbon, qui comparut par procureur à l'Assc
1789, comme seigneur de Nointel.
(4) E 37 et 40.
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62 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Taillis du petit bois du Châtellier et des
Coutures, des murs du jardin du château 120 livres.
Taillis de la Haule-Pommeraie (1) 960 —
A pçirtir de 1780, les bois de Remy et de La Hérelle furent
compris danè la location de ces deux châtellenies. Voici,
d'après le Sommier général des fermages, lot/ers/ rentes du
Comté de Clermont et de la Chdtellenie de Creil, le relevé et
le détail des baux, commençant, pour le Comté, au 24
juin 1779, et pour la châtellenie, au 1" janvier 1780.
DOMAINE UTILE
Droits etredeyances
CLERMONT
LE GROS CENS DE CLEHMONT, 78 L. 4 S.
Les GREFFES DU BAILLIAGE ET DE LA POLICE DE ClERMONT
affermés à titre de bail emphy tbéotique pour quatre-vingt-dix
neuf ans à commencer du 24 juin 1779 (bail 7 décembre 1767),
au sieur Jacques Douay, greffier actuel, moj^ennant une rede-
vance annuelle de 500 livres.
MESURAGE DES GRAINS A CLERMONT
Le sieur Antoine Duvivler et sa femme tiennent à ferme,
pour neuf années, les droits de mesurage des grains, ceux
des pois et fèves et les droits de pesage de chanvres et lins,
moyennant la somme de 1,600 livres de loyer.
(1) Le produit de ces taillis avait été dans les années précédentes et
était d'ordinaire plus élevé; dans cet article figuraient aussi jes taillis
de Cannes appartenant, pour la 5"« partie, au prince de Condé, et les
taillis, bordures et ormes dans les parc et lies du château de Creil.
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COMTES ENGAGISTES
LE DROIT DES CRIS PUBLICS ET DES PUBLICATIONS DE C
Non affermé et régi par Louis Geflroy, tambour
de Clermont.
Le plus haut 52 livres en 1781, le plus bas 10 livre
et 15 livres en 1784. Les autres années variant entre
et 46 livres.
LANGUEYAGE DES PORCS
Jacques Bertrand, marchand chaudronnier, tien
pour neuf années, les droits de langueyage des por
vendent à Clermont et à la foire de La Neuville, m
90 livres.
LES GRENIERS A SEL DE CLERMONT
Les fermiers généraux jouissent, par tacite recond
bail du 27 octobre 1765, des greniers à sel de c
moyennant 900 livres de loyer et un minot de sel.
Un bail du 28 octobre 1782 porta le prix à 1,260 li
LES BOUCHERS DE CLERMONT
La communauté des bouchers de Clermont
somme de 60 livres de rente par an pour le droit c
et de boucheries, suivant les anciens titres, notai
sentence rendue au bailliage de Clermont le 7 fé\
LE DROIT D'AFFORAGE DU COMTÉ DE CLERMOI
ET DES CHATELLENIES EN DÉPENDANTE
Le sieur Jacques Sanielle, le jeune, cabaretier à (
et sa femme, tiennent à ferme pour neuf années
d'aflorage du comté et dépendances, à la réserve d
tellenie de LaHérelle,et des grandes et petites crois
cette ville, moyennant 360 livres.
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64 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOI3IS
LE TRAVERS DE CLERMONT
En régie, en commun avec la ville, dont le sieur Louis-
Nicolas Renard, marchand à Clermont, a été chargé de la
recette par acte sous seings privés du 22 juin 1770, ratifié
par S. A. S. Produit le plus élevé, 1782 à 1783 : 565 livres ;
de 1787 à 1788, 488 livres.
BIENS LOUES
Les prés de Coq-Salle près La Versine, 39 arpents, loués
en détail, y compris trois loués à Rochy-Condé, rapportant
2,400 livres.
Les Prés le Comte à Clermont, 30 arpents, loués en détail,
rapportant 1,237 livres.
L ETANG DE CRESSY, VIVIERLE-GOMTE ET FOURRIERES
DE LA NEUVILLE-EN-HEZ
Charles-Guillaume Duchesne, fermier de l'étang de Cressy
et garde dudit étang, et sa femme, tiennent à ferme pour
neuf années l'étang de Cressy, le Vivier-le-Comte et les
Fourrières de la Neuville-en-Hez, moyennant 1,200 livres,
six plats de poissons et six anguilles.
TERRES DU CHAMP VEZIN ET DU VALADIN
Le sieur Antoine Durieux, conseiller du roy, son procureur
au grenier à sel de Clermont, et sa femme, tiennent à ferme,
pour neuf années, les terres du champ Vezin et du Valadin,
moyennant 380 livres.
LA NEUVILLE-EN-HEZ
LE GROS CENS DE LA NEUVILLE-EN-HEZ
Les habitants de La Neuville-en-Ilez doivent la somme de
70 livres pour le droit d'usage et chauffage dans la forêt, à
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COMTES ENGAGISTES 65
raison de 10 sols par feu et ménage, et 2 sols et 6 deniers
pour le rachat du droit de fournage, suivant la transaction
du 28 février 1752 entre les habitants et le comte de Charolais.
GREFFE DE LA NEUVILKE-EN-HEZ
M. Pierre-Gabriel-Olivier Duraaine, notaire de La Neu-
ville-en-Hez, tenait à ferme, pour neuf années, le greffe de La
Neuville-en-Hez, moyjennant 12 livres par an. — Les offices
de prévôt et de procureur du roi de cette prévôté étant
vacants, les officiers du Bailliage de Clermont ont réuni la
prévôté à leur siège, par sentence du 30 mars 1784, et le greffe
a été supprimé.
DROITS DES PLACES AUX FOIRES DE LA NEUVILLE-EN-HEZ
Jean-Baptiste Mallart, terrassier à Etouy, tient à ferme,
pour neuf années, les droits des places aux foires de La
Neuville-en-Hez, moyennant 14 livres par an.
MOULIN A VENT DE LA NEUVILLE-EN-HEZ
François Dumoulin et sa femme tiennent à ferme, pour
neuf années, le moulin à vent de La Neuville et dépendances,
moyennant 200 livres.
DENIERS d'entrée DES CONCESSIONS
Reçu de Louis Duchesne, charbonnier à La Neuville-en-
Hez, 12 livres pour la concession d'un terrain.
BULLES
LE GROS CENS DE BULLES
Les habitants de Bulles doivent 81 livres 18 sols par an
pour le gros cens de Bulles.
5
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66 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
GREFFE DE BULLES
M. Nicolas Guidoux, notaire royal de Bulles, tient à ferme,
pour neuf années, le greffe de Bulles, moyennant 18 livres.
LES TROIS QUARTS DU MOULIN DE BULLES
François Grigan, meunier de Bulles, y demeurant, et sa
femme, tiennent à ferme, pour neuf années, le moulin à eau
de Bulles et ses dépendances, moyennant 1,600 livres de
loyer, dont 1,200 au prince de Condé.
CHAMPARTS DU PLESSIER-SUR-BULLES
Antoine Lavisse, laboureur au Plessier-sur-Bulles, tient à
ferme, pour neuf années, les champarts du Plessier moyen-
nant 90 livres.
FIEF CATHAREST AU FAY-SAINT-QUENTIN
M. Nicolas Legay, notaire royal de Rémérangles, tient à
ferme, pour neuf années, le fief Catharest au Fay-Saipt-
Quentin, consistant en champarts et censives indivises avec
M. Le Gay, curé de la paroisse de Rémérangles, dans la por-
tion qui appartient à S. A. S., et le droit de censive du fief
du Comté à Haudivillers, moyennant 18 livres par an.
TERRES, PRÉS ET CHAMPARTS DE ROCHY-CONDÉ
Charles Delannoy, laboureur à Condé, et sa femme, tien-
nent à ferme, pour neuf années, les terres, prés et champarts
de Rochy-Condé, et les 12% 13* et 14' pièces de la seconde
ramée des prés de Coq-Salle, moyennant 240 livres.
LE PRE BARBANSON
Etienne Briet, laboureur à Bailleul, tient à ferme, pour
neuf années, une pièce de pré contenant 2 arpents, moyen-
nant 120 livres.
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Comtes engagistes 67
LE TRAVERS DE BAILLEUL
Quentin-Michel Mansar tient à ferme, pou
le droit de travers de Bailleul, moyennant 25
LE TRAVERS DE LONGUEAU
Rieul Damien, laboureur à Longueau, et s
nent à ferme, pour neuf années, le droit de ti
gueau, moyennant 900 livres de loyer et de
Bail du 21 mai 1783 à M. Meusnier, bourj
Sainte-Maxence, des 10 sols pour livre su
travers de Saint-Martin-Longueau, 500 livres
TERRE ET SEIGNEURIE DE BRULLEV
Avec ses dépendances et le moulin, affermée
Le Maire et sa femme, moyennant 9,000 livre
DOMAINE DE REM Y
Les sieurs Pierre-Geolïroy Lécuyer et Ja
tous deux laboureurs de Remy, tiennent à fe
années, les châteaux, terres labourables, pr<
champarts avec trois arpents de bois en coui
de Caubrière, et le greffe de la prévôté royj
2,400 livres, deux dindons et quatre paires
charge de payer le 1" janvier de chaque
Chapelain, de Remy, deux muids de bled n
piègne ^t 8 livres 10 sols d'argent.
LE MOULIN DE BEAUMANOIR ET LES TAILLl
M. Pierre-Antoine Hennon, notaire à Go
ferme pour neuf années, sous la caution de
Hennon, le moulin à eau de Beaumanoir e
de Remy, consistant en cinquante-huit arpei
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68 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
en coupes annuelles à prendre dans la forêt de Remy et
dans les bois d'Hautefoy et Lauzerois, moyennant 6,750 livres
de fermage, six plats de poisson et six anguilles.
PAILLES, FEURES ET HOTTONS DE REMY
M. le Prieur d'Hélincourt, en sa qualité de gros décimateur
du territoire de Remy, doit à S. A. S. Mgr le Prince de Condé
la somme de 120 livres pour le droit de .wide, feures, pailles
et bottons du territoire de Remy, suivant la transaction
passée entre S. A. S. et Dom Alexandre l'Espion Daucban-
court, passée devant M. Roger, notaire à Paris, le 21 novembre
1736.
DOMAINE DE GOURNAY
M. Pierre-Antoine Hennon, notaire à Gournay, tient à
ferme, pour neruf années, sous la caution de M. Pierre- Joseph
Hennon, écuyer, les droits de champart du domaine de
Gournay, avec tous les droits de surcens et censives, et la
coupe des bois de Perinont, consistant en cinq arpents,
moyennant 1,500 livres de loyer.
DOMAINE DE MOYENNEVILLE
Le sieur Louis Beauvais et sa femme tiennent à ferme, pour
neuf années, les terres et prés de Moyenneville, et les droits
de champart et cens, tant en argent qu'en grains, moyen-
nant 2,400 livres.
DOMAINE, BOIS ET MOULIN A VENT DE LA HÉRELLE
M. Pierre-Antoine Hennon, notaire à Gournay, tient à
ferme pour neuf années, sous la caution de Pierre- Joseph
Hennon, seigneur de Gilocourt, les terres, le pressoir et pille
à cidre, le moulin à vent, les droits d'alïorage, les cham-
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COMTES ENGAGISTES
parts et censive, et les bois taillis consistant en trei
neuf arpents ou environ en coupes annuelles, moyenn
4,500 livres et quatre paires de chapons de loyer.
CHAUFFAGE DE BRULLEVERD
Le roi doit à S. A. S. Mgr le prince de Condé, seigneur
BruUeverd, la somme de 150 livres par an, au lieu de vir
cinq cordes de bois, pour droit de chauffage, à raison
6 livres la corde, à cause de la terre de BruUeverd.
LES DAMES RELIGIEUSES DE WARIVILLE
Doivent au comté de Clermont 126 livres 3 sols. 8 déni
pour cens et rentes, savoir : 121 livres 13 sols 8 deniers p(
deux parties de rente, dont une de 62 livres 11 sols 8 déni
pour droit d'indemnité, suivant le contrat constitutif de
dite rente passée devant Rigault et son confrère, notai
à Clermont, le 29 octobre 1684 ; l'autre de 59 livres 2 denii
pour pareil droit d'indemnité, suivant le contrat pai
devant Le Vasseur et Moulle, notaires à Paris, le 2 avril K
— et 4 livres 10 sols de cens par les fermiers de la ferme
l'Argillière. Elles doivent, chaque année au jour de Ne
vingt-deux mines d'avoine qui se paient par les mêmes f(
mlers.
LES PRIEUR, ABBE ET RELIGIEUX DE 8AINT-JUST
Doivent trente mines d'avoine (par an), payées annuel
ment par les sieurs de la Hautoy et Warré, fermiers de M<
vUlers, abandonnées au régisseur général.
LA FABRIQUE DE SAINT-ÉTIENNE DE BEAUVAI8
A cause de la réunion du Chapitre de l'Eglise collégiale
Saint-Vast de Beauvais, doit 40 livres de rente, suivant
titre nouvel passé devant M. Severin et son confrère, notaii
à I^auvais, le 14 septembre 1774.
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70 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
RENTES DES DROITS DE TABELLIONAGE ET NOTAIRES
Les notaires du bailliage et comté de Clermont, pour la
réunion des droits de tabellionage à leurs offices, doivent la
somme de 270 livres, en conséquence de TEdit de février 1761,
fixée par A. C. du 8 mars 1763.
Les deux notaires de La Neuville-en-Hez ont été fixés à la
somme de 50 livres.
Les deux notaires de Liancourt ont été fixés à la somme
de 52 livres 10 sols.
Les deux notaires de la châtellenie de Bulles, dont l'un
résidant au Quesnel, ont été fixés à la somme de 73 livres
10 sols.
Les deux notaires de Remy ont été fixés à la somme de
53 livres 5 sols.
Les deux notaires de Conty ont été fixés à la somme de
42 livres.
Le notaire de Rémérangles a été fixé à la somme de 24 livres.
Le notaire de Wavignies a été fixé à la somme de 15 livres.
Le notaire de Marseille a été fixé à la somme de 16 livres.
Le notaire de Castillon a été fixé à la somme de 28 livres
10 sols.
Le notaire de Lieuvillers a été fixé à la somme de 26 livres
10 sols.
Le notaire d'Avrechy a été fixé à la somme de 31 livres
10 sols.
Le notaire de Sacy-le-Grand a été fixé à la somme de
32 livres.
Le notaire d'Arsy a été fixé à la somme de 22 livres.
Le notaire de Nointel a été fixé à la ^omme de 28 livres
10 sols.
Le notaire de Gournay a été fixé à la somme de 41 livres
15 sols.
Le notaire de Moyenneville a été fixé à la somme de
30 livres.
Le notaire d'Houdenc-en-Bray a été fixé à la somme de
26 livres.
Le notaire de Bailleul-le-Soc a été fixé à la somme de
33 livres.
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COMTES ENGAGISTES 71
Le notaire de Troussures a été fixé à la somme de 24 livres.
Le notaire de La Neuville-Roy a été fixé à la somme de
24 livres.
CHATELLENIE DE CREIL
CHATEAU DE CREIL
Les moulins de Creil et les prés à Montaterre, consistant
en soixante arpents, quarante percliées, ont été donnés à
bail au sieur Laurent-Jacques Carron, meunier, et à sa
femme, moyennant 2,700 livres. Plus à la charge d'acquitter
par chacun en 22 muids et demi de bled, moitié froment et
moitié mouture, savoir : aux chanoines de Creil 10 muids,
au chapelain de Saint-Nicolas 4 muids, et au chapelain de
Saint-Eustache de Laversines 8 muids.
Bail résilié en 1780 et passé moyennant 2,500 livres à
J.-L.-F. Marchand pour le moulin à deux roues bannal de
Creil, cinq arpents de pré audit lieu et les prés de Monta-
terre.
LE POTAGER DU CHATEAU DE CREIL
Le sieur Nicolas-François-Henry Madou, aubergiste, et sa
femme, ont pris à titre de cens le potager de la seigneurie de
Creil, contenant cinq quartiers, moyennant 65 livres et
quatre septiers, quatre boisseaux de bled froment, mesure de
Senlis.
JARDIN ET OZIERS DU CHATEAU DE CREIL
Le sieur Jean-Baptiste Obry, garde de S. A. S., et sa femme,
tiennent à ferme, pour neuf années, les jardins et oziers dé-
pendant du château de Creil, le droit de 5 sols par courbe de
chevaux, la tonsure des bois dans l'Ile du château, la petite
lie de Canneville, et un petit jardin, moyennant 90 livres.
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72 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
M. Pierre Juery, conseiller du roi et son procureur en la
chàtellenie de Creil, et demoiselle Sedemay, sa femme, doi-
vent chacun an 50 livres de cens et rente perpétuelle, suivant
l'acte de concession passé devant M. Bro, notaire à Paris, le
9 février 1782.
TERRAIN DE L ANCIEN AUDITOIRE DE CREIL
Le sieur Jacques-Henry de Selincourt, receveur des ga-
belles à Creil, et son épouse, ont pris, à titre de cens et de
surcens seigneurial, le terrain sur lequel était construit l'au-
ditoire de Creil, et le jardin en dépendant, moyennant
5 sols et 2 septiers d'avoine, mesure de Senlis, de surcens.
MAISON A CREIL
Le sieur Louis Benoise dit La Rivière, entrepreneur de bâ-
timents à Creil, a pris, à titre de cens, une maison au-dessous
du nouveau pont, qui servait anciennement de boucherie,
moyennant 2 septiers d'avoine.
LE GREFFE DE CREIL
Le sieur Jean-Baptiste Roguin, huissier à Creil, et sa femme,
tiennent à ferme, pour neuf années, le greffe de la chàtellenie
royale de Creil, moyennant 100 livres.
CENSIVES DE CREIL
Le sieur Antoine-FYançois-César Bernico, notaire k Creil,
tient à bail, pour neuf années, les droits de censlve de Creil,
moyennant 120 livres.
LE DROIT DE TRAVERS DE CREIL
Le sieur Jean-Baptiste Watté, aubergiste à Creil, et sa
femme, tiennent à bail, pour neuf années, les droits de tra-
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COMTES ENGAGISTES
vers par terre et par eau, les droits de langueyage d(
de places aux foires et marchés, moyennant 450 livr
PRES DE CHATILLON, TERRES DE CREIL ET DE CANN
Le sieur François-Louis-Etienne de Belleville,
épouse, ont pris à bail, pour neuf années, les terres
ci-dessus, moyennant 320 livres.
NOGENT-LES- VIERGES
DROITS DE PONTENAGE
Le sieur Louis-Joseph Lefort, négociant à Noi
Vierges, et sa femme, tiennent à ferme, pour Iroii
neuf années, le droit de pontenage de Xogent-les-
moyennant 360 livres.
LES DIXMES DE CRA.MOISY
Le sieur Pierre Desmazures, laboureur, tient à b
neuf années, les droits de dixmes de Cramoisy, poi
en appartient à S. A. S., et un arpent de terre, me
550 livres.
MONSIEUR FRÈRE DU. ROY
Doit, à cause de la propriété du domaine de G
240 livres 7 sols 6 deniers de rente foncière au dor
Creil.
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74 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
MOUVANCES
Le contrat d'engagement de 1569 avait attribué à Tenga-
giste du Comté de Clermont tous les hommages, vassaux et
vasselages avec les quints, requints, lods et ventes, profits de
fiefs y appartenant. Une usurpation du Bureau des finances
de Soissons vint, en 1674, enlever aux officiers du Bailliage
la réception des fois et hommages, aveux et dénombrements ;
mais un arrêt du Conseil, de janvier 1725, les rétablit dans
l'exercice de leurs droits. Je n'entreprendrai pas Ici de dresser
la nomenclature des mouvances, que j'ai déjà donnée en dé-
tail (1). Je rappellerai seulement, d'après le manuscrit de Bos-
qulUon, les terres titrées qui relevaient du Comté. C'étaient :
— D'abord le duché de Fitz- James, ancienne seigneurie
de Warty, acquise en 1704, de la maison de Gruel de la Frette,
par le maréchal de Berwlck. Des lettres patentes, de mal 1710,
l'avalent érigée en duché-palrle sous le nom de Fllz-James
avec union des seigneuries d'Alrlon et de Fournlval. Er-
query y fut Incorporé en 1711 : Etouy, Lltz et La Rue-Salnt-
Pierre en 1732 ; les fiefs de Courlleu, Luzarche, Nlquet et
Sainte-Barbe, sur le territoire de La Neuville, en 1749 (2).
Jacques-Charles, duc de Fltz-James, pair de France, maré-
chal de camp, comparut, en 1789, à l'assemblée du Bailliage
de Clermont. Il était arrlère-petlt-fils du maréchal.
— Puis l'ancien duché de Boujfiers, dont le nom et la situa-
tion avalent changé deux fols depuis que des lettres patentes,
du 14 septembre 1695, avalent érigé en duché, au profit du
maréchal de Boufflers, son comté de Calgny avec union de
Bonnlères, Bulcourt, Haucourt, Lhéraule, Vrocourt, Trous-
sures, et ultérieurement de Molmont, Courroy, Foullloy, La
[ï] Le Dénombrement de f573. La Réformation de la Coutume,
(2) Avant l'érection, la foi et hommage de ces terres se portait au
Comté; elles relevèrent nuemenl depuis de la Tour du U>uvre.
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COMTES ENGAGI8TE8 75
Tour-d'Auneuil, ainsi que de la châtellenie de Milly, dont
il possédait un tiers à titre héréditaire et acheta les deux
autres tiers, le 26 février 1699, au prince de Carignan. Vendu
sur la succession vacante du troisième duc de Boufflers, le du-
ché fut acquis, au mois d'août 1757, par le comte de Saisseval,
seigneur de Feuquières. Son fils obtint, en Juillet 1766, l'érec-
tion du ci-devant duché en marquisat de Saisseval. Des lettres
patentes, d'août 1782, autorisèrent le démembrement de cette
grande seigneurie qui, réduite à Caigny, Milly, Bonnières et
Haucourt, fut achetée, le 30 juin 1783, par le comte de Grillon,
brigadier des armées du roi. Des lettres patentes changèrent,
sur sa demande, le nom de Caigny en celui de Grillon, que le
bourg porte encore aujourd'hui. Le comte de Grillon figura
à l'Assemblée du Bailliage de Glermont comme seigneur
châtelain de Milly, mais seulement par procureur. Il prési-
dait alors, en effet, l'assemblée du Bailliage de Beauvais en
qualité de grand Bailli d'épée.
— Le marquisat de Conti, dont la date d'érection est inconnue
et qui, après avoir appartenu aux princes de Condé, lesquels
en retinrent le titre de prince de Gonti malgré l'aliénation
faite, en 1628, aux Béthune-Sully, était possédé, en 1789, par
le duc de Groy et d'Havre.
— Le marquisat de Franconvllle-aux-Bo/s et de Baillet-en-
France, érigé, par lettres de juin 1619, pour Jacques d'O. Ses
possesseurs, en 1789, étaient les enfants mineurs de Louis de
Brancas, duc de Lauraguais, et d'Adelaïde-Geneviève-Féli-
cité d'O.
— Le marquisat de Verderonne, érigé, en octobre 1650, en
faveur de Glaude de Laubespine, vendu, en 1759, au comte
d'Andlau, mestre-de-camp de cavalerie. Il appartenait en 1789
à sa veuve Marie-Henriette de Polastron, qui comparut par
procureur à l'assemblée du 9 mars 1789.
— Le marquisat de Nointel, qui avait été l'objet de deux
érections, en 1634 et en 1697, avec union de Ronquerolles, Gi-
court, Béronne, Autreville, Agnetz, Boulincourt et Breuil-le-
Sec, et venait d'être acquis par le duc de Bourbon (décem-
bre 1787).
— Le marquisat de Liancouri, érigé, en août 1673, en faveur
de Roger du Plessis, duc de La Rocheguyon, avec union
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n
76 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
pt, Bailleval, Brenouille, Cauffry, La Bruyère, Lal-
lonneville, Monchy-Sainl-Eloi, Monceaux, Ranti-
K, Rozoy et Cambronne. Sa petite-fille le porta à
II, duc de La Rochefoucauld, et leurs enfants furent
i de Liancourt. Le marquisat appartenait, en 1789,
irle de La Rochefoucauld, veuve du duc d'Estlssac.
XTquisaLideGournat/sur'Aronde, érigé, en avril 1693
livement confirmé en 1720 et 1760. Il comprenait
étendue Antheuil, Margny-sur-Matz, Neufvy, Ma-
otte.
narquisat de Ponceaux, qui, avec Montreuil-sur-
: Campremy, fut institué, par lettres de juin 1723, en
Paris de.La Brosse, président en la Chambre des
lont les descendants le possédaient encore en 1789.
irquisat du Plessis-Villette, formé, en mars 1763, du
ngueau, de Sarcus, de Bazincourt, d'Houdancourt»
de la châtellenie de Sacy-le-Grand. Pierre-Charles
e, son propriétaire, comparut à l'assemblée du
J9.
itte assemblée comparut également le marquis de
mme seigneur de Sarcus, possédé pendant plusieurs
r la famille de Tiercelin de Brosses, avec titre de
mté d*On8-en-Braf/, érigé par lettres de juillet 1702,
n de Villers-Saint-Barthélemy et Saint-Aubin. Dé-
jnné, en 1789, contre son possesseur,
comté de Breuil-le-Veri, achetée en 1719 par le duc
m sur la succession de François Forget, en faveur
le avait été érigée par lettres de février 1674.
comté û'Hannaches, sans origine certaine, pour la-
comte de Sarcus comparut à l'assemblée du 9
iiomié de Cressonsacq, également sans lettres d*érec-
le Guvelier, veuve du conseiller d'Etat Ogier, ci-de-
assadeur en Danemark, comparut par procureur,
ime de Cressonsacq, à l'assemblée du 9 mars,
î de vicomte était encore attribué, sans origine
la seigneurie d'Arcy, possédée en 1789 par le mar-
ouy, et à la seigneurie d'Argenlieu, qui compre-
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COMTES ENGAGISTES
naît Avrechy, Cuignières, Le Metz, Bizaucourt et Lamecoui
En 1789, défaut fut donné contre le sieur Gavé d'Haudicou:
seigneur d'Argenlleu.
— Trois baronnies étaient dans la mouvance du Comté
Clermont, une sans lettres, celle de Gicourt unie au marqi
Bat de Nointel; celle d'Houdenc-en-Bray, érigée en ja
vier 1608 avec Blicourt, et pour laquelle le sieur de Go
quault, marquis d'Avelon, comparut, par procureur,
l'assemblée du 9 mars : celle de Belloy, qui datait de novei
bre 1646, dont le comte de Bernetz était seigneur en 1789.
A la Restauration, le prince de Condé, en conformité de
loi du 5 décembre 1814 (art. 2), fut remis en possession de ce
de ses biens qui n'avaient pas été vendus et faisaient partie
domaine de l'Etat : c'étaient, au Comté de Clermont, les tail
de la forêt de Hez, les bois de Ronquerolles et des Côtes. C
taillis et bois passèrent, par sa mort (13 mai 1818), à son 1
Louis-Henri- Joseph, né le 23 avril 1756, de son maria
avec Charlotte-Godefride de Rohan-Soubise. Les biens r(
titués, en 1814, l'avaient été avec leur caractère primitif
domaine engagé. Le prince voulut en acquérir la proprli
et fit, à cet effet, les 'soumissions prescrites par les artic
12 et 14 de la loi du 14 ventôse an vu. Un procès-verh
ouvert le 17 décembre 1827 et clos le 10 octobre 1828, fixi
1,806,583 francs la somme qu'il' avait à payer de ce cb
savoir : 410,920 fr. 25 pour les fonds et taillis (1) et 1, 395,662 fr.
pour la valeur de la futaie, et un arrêté préfectoral du 26 :
vembre 1828 le déclara et reconnut, en conséquence du pa
ment de cette somme, propriétaire incommutable (2). L';
née suivante, aux termes d'une transaction passée devi
M* Lefèvre, notaire, le 27 mars, il céda à la ville de Clerm
l'hôtel de ville, les vieilles prisons sises rue de la Masquei
|i) Ces fonds et taillis avaient été évalués à 1,613,681 livres, dont,
termes de l'article 14 de la loi de ventôse, l'engagiste devait paye
quart pour acquérir la propriété incommutable.
(2) Archives de l'Oise. Série K.
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78 ^ LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
et le Ghâtellier, moyennant une rente annuelle de 300 francs,
au capital de 6,000 francs (1).
Institué légataire universel de la maison de Condé, par
un testament du 30 août 1829, Henri d'Orléans, duc d'Aumale,
a vendu, en 1886, les taillis de la forêt de Hez et remplace-
ment de l'ancien couvent de La Garde (2). Le 31 décembre de
la même année il a fait donatioaà la commune de La Neuville-
en-Hez de l'emplacement de l'ancien château, sur le tertre
duquel, se référant à la tradition locale qui fait naître le roi
saint Louis en ce lieu, il avait érigé, en 1879, une statue en
bronze de son illustre aïeul, qui, l'on s'en souvient, constitua
à la Maison de Bourbon le Comté de Glermont en Beauvoisis
comme premier apanage.
(1) Le donjon avait été vendu natlonalement. Racheté, en 1805, par
l'administration départementale au prix de 17,000 livres, il est devenu,
depuis 1826, le siège d'une maison centrale de correction pour les
femmes. La ville, qui avait joui de temps immémorial des Immeubles et
promenades énumérés dans la transaction du 27 mars, en avait d'abord
prétendu la propriété exclusive. Dès 1824, elle avait fait abandon au
département des anciennes prisons, qui furent vendues, le 18 juillet 1829,
par le sous-préfet en vertu d'une ordonnance du 5 novembre 1828.
(2) Les bols des Côtes et de Ronquerolles avaient été aliénés en 1849.
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COMTES ENGAGISTES
CHAPITRE V
Clermont en 1789. Description de la ville. Organisation rel
(lieuse. Le chapitre Notre-Dame. L'église Saint-Samsoi
Les Trinitaires. Les Ursulihes. U Hôtel- Dieu. Enseignemei
primaire gratuit. Le Collège. Maîtrise des eaux et forêt
Grenier à sel. Élection. Bailliage. Le subdélégué de Vlniet
dant de Soissons. L'assemblée d'élection de 1787, Les éla
lions aux États Généraux de 1789.
Après avoir donné la liste des seigneurs qui possédèren
comme engagisles, le Comté de Clermont, de 1569 à 1789, (
cherché à fixer pendant cette période les détails de son hi
loire, il convient d'indiquer quelle était, au moment c
la Révolution, l'organisation du Comté au quadruple poii
de vue religieux, judiciaire, financier et administratif. Ce
ce que je vais essayer de faire. Mais auparavant, je crois d(
voir emprunter aux monographies de Graves et de MM. D(
bauve et Roussel, ainsi qu'à l'ouvrage manuscrit de M. c
Beauminy (1), la description de la ville de Clermont (2). El
se composait de trois parties distinctes : le château, la vil
haute, la basse ville.
Le château, à l'extrémité N.-E. et à la cime de la montagni
(1) Mort le 29 mars 1847. M. Ghrestien de Beauminy a laissé c
curieuses anecdotes de la ville, domaine et comté de Clermont. Ell(
sont demeurées manuscrites.
(2) Cette ville est située sur une élévation entre Beauvais, Senll
Gompiègne et Montdidier, sur la route de Paris à Amiens, à 14 lieui
de distance de ces deux villes. Aimanach historique de la ville
diocèse de Sentis, contenant aussi la nomenclature des personnes (
place des villes de Compiègne, Pontoise, Clermont, Beaumont-sur-Ois
et des principaux lieux du ressort du Présidial de ladite ville de Senli
Année 1787. — Scnlis. Des Rocques, seul imprimeur-lib. de la vil
et du diocèse. — Se vend à Clermont chez M. Durand, organiste.
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80 LE COMTK DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
occupait non seulement remplacement de la prison actuelle,
mais aussi l'espace limité par la rue de l'Église et par celle
du Châtellier, où l'on voit encore une porte fortifiée. Il avait
la forme d'une tour carrée.
« L'édifice le plus remarquable de Clermont pour son ancien-
neté et pour sa construction extraordinaire, écrivait Cambry,
en 1803 (1), est le château ; il est rare de voir en France une
vue plus étendue que celle dont on jouit à son sommet, sur
quelque point de l'horizon qu'elle se promène. On aperçoit
au S.-E. les bois de Senlis et plus loin, lorsque l'atmosphère
est dégagée de toutes vapeurs, on distingue jusqu'à la com-
mune de Dammartin. Vers le Midi, l'on peut apercevoir le
château de Gliamplâtreux, les environs de Luzarches, de
Beaumont, et même de Méru en se tournant vers le S.-O.
Au couchant, la vue se promène sur la jolie forêt de La
Neuville-en-Hez ; on distingue dans le lointain la cathédrale
de Beauvais. Au N.-O., l'œil s'arrête sur le parc et les vastes
ruines du château de Fitz-James. On assure que de la plate-
forme du château on peut apercevoir trente paroisses et leurs
environs, quinze montagnes, dix-huit bois, parcs ou forêts et
des milliers de collines, chargées d'arbres fruitiers. »
La ville proprement dite, ou haute ville, qui comprenait
dans son étendue l'église Saint-Samson, l'hôtel de ville, et
devant ce dernier édifice une place garnie dç deux puits, et
agrandie au commencement du xixl siècle par la démolition
des boucheries qui l'encombraient, était bornée par le châ-
teau au N.-E., par un mur qui passait à l'Ouest dans les jar-
dins au-dessus du chemin du tour-de-ville et qui venait
s'appuyer à l'Hôtel de ville, et à l'Est par un§ clôture parallèle
à l'ancienne route de Compiègne. Il y avait une porte sur
(1) Description du département ds l*Oise, t. I, p. 281. « En se ren-
dant de Paris à Clermont, cette dernière ville n'offre rien de frappant
aux yeux des voyageurs ; mais son entrée par la route de Beauvais a
quelque chose d'imposant. I^cs prisons, le château, quelques clochers,
ia disposition de ses larges faubourgs sur une ligne qui court du nord
au midi, lui donnent l'aspect d'une des grandes cités de la France, o
Ibidem, p. 279.
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CLEHMONl F.X 1789
la courtine de l'Est à rextrémité basse de la pi
lée porte du Bourg; une autre porte, dite de
Vert, était ouverte au bout de la rue des Lombardï
la tour de Buha qui renfermait les prisons ; une
dont il a été déjà parlé et qu'on nommait porte (
était dans la rue du Cliâtellier et conduisait à P<
Maxence et à Gompiègne par le faubourg du Pont
ainsi appelé du pont sur lequel on traversait la
Brèche.
La basse ville tenait à la haute ; elle descenda
rue de Mouy jusqu'au couvent des Ursulines, occi
d'hui par le collège, devant lequel était la porte
construite, vers 1544, sur l'ordre de Charles de F
d'Orléans, comte de ClermonI, dont les armes
au-dessus de celte pçrte ; l'entrée au Sud-Est é(
par la porte de Creil, et une troisième porte, dil
taines, existait dans la rue de ce nom, au-dessus i
voir.
La basse ville était appelée le faubourg ou plus
ment le faubourg Saint-André, à cause du cou
nom dont la maison conventuelle est devenue
Préfecture ; elle avait cependant encore de véri
bourgs en deliors de ses portes : l'un dit de Saint
cause de la chapelle de l'ancienne Léproserie,
l'Equipée, s'étendant jusqu'à la Brèche et conduis?
didier d'une part, à Saint-JusL et à Amiens de l'ai
Les murs d'enceinte à mâchicoulis étaient coni
distance en distance par des tours carrées ; les po
flanquées de tours rondes. Un fossé rempli d'eau
un boulevard extérieur, complétait les défenses c
Il était alimenté par un vaste réservoir creusé su
actuel du Chàtellier et qui recevait l'eau élevée p;
duils de la Brèche dans le château.
Clermont avait été déclassé comme place forte, (
fortifications cessèrent dès lors d'être entretenues
étaient remplis vers 1762, et, à partir de 1767, furen
concédés aux propriétaires limitrophes, pour <
jardins. La porte des prisons ou de Breuil-le-Verl
la ville furent démolies en 1758, la porte de Paris
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--f^7S75:T^,^'
82 l.li COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Le nombre des maisons, à Glermont, était en 1791 de 480,
et la population de la ville s'élevait à 2,051 habitants. « Gler-
mont, écrivait Cambry en 1803, n'est entretenu que par
l'argent qu'y laissent la multitude de routiers, de voyageurs
qui le traversent ou s'y reposent, et par quelques particuliers
qui s'y sont retirés pour achever paisiblement leurs jours.
On n'y connaît aucun genre d'industrie ; il ne sert pas môme
d'entrepôt aux fabriques de Bulles, de Mouy, de Tricot qui
l'environnent. » Cependant le marclié aux grains de Glermont
était le siège d'un commerce considérable. Ge marché exis-
tait d'ancienneté. Le traité de Police de Delamarre (livre V,
titre xcv, ch. IX), dit à ce sujet : « 11 se tient toutes les se-
maines un marché de blé à Glermont, où il se fait un grand
commerce; non seulement ceux du pays y apportent les
grains qu'ils ont à vendre, mais il en vient encore une plus
grande quantité du Santerre qui n'en est pas éloigné. Des
blastiers, qui s'y trouvent toujours en assez grand nombre,
achètent la plus grande partie des blés ; les uns les condui-
sent, à somme ou en charrette, à Gonesse ou jusqu'à l^aris, et
c'est ce qu'on nomme à la halle blé picard ; d'autres les
mènent au marché de Beaumont, où les boulangers de Paris
les achètent et les font convertir en farine par les moulins
qui sont sur la rivière d'Oise. » Le marché de Glermont s'est
perpétué jusqu'à nos jours et continue à se tenir le samedi,
mais la création des voies ferrées et la modification des
usages du commerce en ont singulièrement diminué l'im-
portance (1).
— Au spirituel, le Gomté de Glermont appartenait tout entier
(1) La ville de Glermont possédait, en outre, trois foires qui subsis-
tent encore : celle de la Chandeleur, celle de Saint-Laurent, autrefois
célèbre par le commerce considérables des poteries qu'y apportaient
les fabricants de Limoges, celle de Saint-André, pour les chevaux,
bestiaux, toiles, poteries et plants d'arbres. Il y avait aussi jusqu'à ces
derniers temps, dans la saison des fruits rouges, un marché très consi-
dérable ; le débit qu'on en faisait était prodigieux et s'élevait dans les
années abondantes à plus de 80,000 francs. On y apportait des fruits de
toute la Picardie... De Beauminy. Anecdotes manuscrites.
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CLERMOXT KN 1789 83
au diocèse de Beauvais et formait l'un de ses archidiaconés.
Cet archidiaconé, appelé aussi Archidlaconé majeur (1), se
subdivisait en trois doyennés : Beaumonl-sur-Oise, Mouchy
et Clermont. Le doyenné^ de Clermont comprenait quatre
collégiales (2), trente-quatre cures, un vicariat, trente-quatre
chapelles, neuf prieurés (3), trois couvents (4), deux comman-
deries (5), onze établissements liospitaliers (6).
Au xiv siècle, tous les Inonastères, toutes les églises, qui
avaient maisons, terres, ressorts et possessions en la Comté
de Clermont, étaient placés sous la garde du Comte, et rele-
(1) Doladreue et Pihan, Géographie historique du déparlemeni de
rOiae.
(2) Notre-Dame de Saint-Arnoul de Clermont, Notre-Dame de Melio,
Saint-Evromont de Creil, Monlalaire.
(3) Breull-le-Vert, ordre de Saint-Benoit, hommes, dépendant de
Saint-Germer ; Saint-Léonard de Montatairo, hommes, ordre de Saint-
Benoit, dépendant de Jumi^ges ; Saintes-Maure-et-Brigitte de Nogent-
les-Vierges, hommes, ordre de Saint-Bcnott, dépendant de l'abbaye de
Fécamp ; Sainl-Arnoul, près Clermont, hommes, ordre de Saint-Benoit»
dépendant de l'abbaye de Sainl-Germor ; Saint-Christophc-en-Halatte,
hommes, ordre de Saint-Benoit, dépendant deCluny; Saint-Leud'Esse-
rent, hommes, ordre de Saint-Benoll, dépendant de Cluny ; Sainte-
Madeleine de Mello, hommes, ordre de Saint-Benoit, dépendant de Ve-
zelay ; Saint-Césaire de Bantigny, hommes, ordre de Saint-Benoit,
dépendant de Sainl-Fascien d'Amiens : Saint-ThibauU-en-Hez, ordre de
Saint-Benoit, dépendant de Saint-Symphorien de Beauvais.
(4) Les Trinitaires de Clermont les Ursulincs de Clermont, les Frères
mineurs de Saint-François de la Garde, dans la forêt de Hez, qui était
devenu une maison de détention au xviu'= siècle. A ces trois couvents,
il convient d'ajouter, à cause de leurs relations intimes avec le Comté
de Clermont, l'abbaye do Froidmont, de l'ordre de Citeaux, hommes, qui
appartenait au doyenné de Mouchy, ainsi que l'abbaye ou prieuré de
femmes de VVariville, dépendant de Fontevrault, qui appartenait au
doyenné de Breteuil.
(5) La commanderie de Saint-Georges de Laigneville ; la comman-
derie de Neuilly-sous-Clermont.
(6) Hôtel-Dieu de Clermont, maladrerie de Saint-Laurent à Clermont,
flôtelDieu et maladreries de Creil, de La Neuville-en-Hez, de Mello, de
Mouy ; maladreries de Laigneville, de Monchy-Saint-Eloi, de Nogenl-
lesVierges, de Saint-Leu-d'Essercnt, du port de Verneuil.
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TE DE GLEHMONT T,N BEAUVOISIS
i qu'en témoigne le premier chapitre du
1373 (1). Autre se trouvait la situation au
Comte n'avait conservé de pouvoir qu'à
sements sur lesquels les titres de fondation
droits spéciaux, tels que ceux de collation,
ir les conflus des deux paroisses de Breuil-
z, n'eut pendant plusieurs siècles d'autre
giale édifiée dans l'enceinte du château,
me, cette collégiale avait pour second pa-
(2). Elle se prétendait de fondation royale,
antérieure à la seconde moitié du xi* siècle,
1 dire de Louvct (Histoire et Antiquités du
i, II, 200). Détruite, d'abord en 1359, par le
it de nouveau pendant les troubles de la
té reconstruite en 1714, ainsi que je l'ai dit,
la princesse d'Harcourt. Les prébendes
3 de treize ; elles étaient à la collation du
l'une à l'abbé de Saint-Quentin de Beau-
bé de Froidmont, lesquels étaient tenus,
IX fruits, de venir oflicier à la collégiale à
L'année, et la prébende préceptoriale insti-
mce d'Orléans et affectée au collège. Le
aire depuis la suppression de la Trésorerie,
réséance aux chœur et chapitre et droit
solennelles. Il y avait, en outre, cinq cha-
ition du chapitre et desservies chacune par
)rmont en Beauvoisis. Le Dénombrement de 1373,
donation faite, vers le milieu du xi" siècle, au cha-
saint par le prieuré de Crépy. En reconnaissance
îuleuse obtenue par l'attouchement de cette re-
}uibcrt de Nogent avait institué, à perpétuité, un
it des clercs qui assisteraient à roffice de saint
fête. Le repas ne tarda pas à dégénérer en abus
e de Bourbon mit un terme par lettres d'août 1347
festin une rente de 20 livres parisis. — Le bras de
Lé perdu dans l'incendie de 1359, le chapitre obtint
au xvii« siècle, l'envoi d'une nouvelle relique.
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CLERMONT EN 1789 85
un prêtre particulier sous les titres de Saint-Sébastien, Saint-
Lucien, Saint- Jean l'Evangéliste et du Grand Autel. Le mi-
nistre ou supérieur du couvent de la Trinité et le curé de
Saint-Samson devaient et étaient tenus de porter la fierté ou
châsse contenant une partie de la vraie croix, ainsi que les
reliques de saint Arnoul, à la procession le jour de l'Ascen-
sion.
Les revenus du chapitre, considérables à l'origine (1).
avaient subi des réductions sensibles au cours des siècles et
n'étaient plus évalués, en 1730, qu'à 6,000 livres. L'église collé-
giale a été démolie, en 1794, sans laisser de traces (2). On
trouve à l'Assemblée générale des trois ordres, en 1789,
deux chanoines comme députés du chapitre, François Babille,
licencié es lois, et Lucien Waré, principal du collège, cha-
pelain de Saint-Louis de Canectancourt.
— G'esten 1825 que par les soins des chanoines et de Louis V\
duc de Bourbon, fut construite, à l'entrée du bourg, au-
dessous du château, l'église paroissiale que Jean de Marigny,
évèque de Beauvais, consacra deux ans après sous le vocable
de saint Samson, évoque de Dol, auquel saint Nicolas fut
adjoint dans le siècle suivant comme deuxième patron.
Le chapitre avait conservé la desserte de l'église et cha-
cun des chanoines faisait le service, à tour de rôle, pen-
dant une semaine. Une bulle d'Innocent VIII, en 1489
(1) Dénombrement de /373, p. 126. Les biens du chapitre étaient
situés à Clermont, Airion, BreuilleSec, Senocourt, Saint-Remy-en-
l'Eau, Nôurard-le- Franc, Warly. Il percevait les dîmes à Breuil-le-Verl,
Epineuse, Catenoy, Erquinvilliers, Ars et Godenvillers. Le département
fait par le clergé de France, en 11)80, imposait au chapitre 200 livres de
taxe papîile et 128 livres 2 sols 6 deniers pour taxe royale. A la suite
de deux cents ans de procès, un arrêt du 19 mai 1745 statua qu'il serait
fait une masse totale de tous les revenus du chapitre, qu'un tiers
serait employé aux dépenses communes, un tiers réparti également
entre tous les chanoines et un tiers distribué comme droits de pré-
sence. De Beauminy, Anecdotes.
(1) Cette église n'avait pas de bas-côtés. On accédait par un escalier
superbe qui comptait environ soixante marches, avec plusieurs repos,
et on arrivait sur une plateformeoù se trouvaient le clocher et le portail.
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"'^wpi
86 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
unit la cure à la mense capitulaire. Un curé fut inslllué
en litre et le chapitre en eut la nomination après des
difficultés qui ne furent aplanies qu'en 1540 (1). En 1789,
l'abbé Hauduroy était à la fois chanoine de la collégiale
et curé de Saint-Samson. Des fondations nombreuses et
des donations avaient enrichi la cure, qui ne comprenait pas
dans sa circonscription toute l'étendue des faubourgs : une
partie de ces faubourgs continuait à dépendre des paroisses
de Breuil-le-Vert et d'Agnetz (2). L'église avait été, à la suite
de réparations et augmentations, consacrée à nouveau, en 1506,
par Louis de Villiers, évêque de Beauvais. Un incendie, causé
par la foudre, détruisit le clocher, le 4 août 1785, et fondit les
cloches (3).
La ville de Clermont renfermait deux couvents, l'un de
Trinitaires, l'autre d'Ursulines ; elle possédait un Hôtel-Dieu
ou hospice.
— Primitivement établis au bois Saint- Jean, paroisse de
Warty, aujourd'hui Fitz-James, les Trinitaires ou Mathurins
avaient été transférés, en juillet 1244, par Alphonse de Por-
tugal et Mahaut. comtesse de Clermont, sa femme, à l'ancien
Hôtel-Dieu de Clermont, situé dan« la basse ville, sur le fief
(1) Los chanoines continuèrent à Mre considérés, jusqu'en 1789,
comme curés primitifs.
(2) Cet étal de choses n'a cessé qu'en vertu d'une ordonnance royale
de février 1835.
(3) La description de l'église de Sainl-Samson a été faite par M. le
curé Boufïîet, dans le t. I de VInventaire général des Richesses d'art
de la France. Voici ce qu'en écrivait D. Grenier, au xvni* siècle :
« L'église de Sainl-Samson a été bâtie en quatre temps dilîérenls. Le
grand portail et la tour, où est l'esculier pour monter au clocher, pa-
raissent de 500 ans. L'aile gauche, où sont les fonts et les chapelles, parait
avoir été ajoutée au grand portail sous Charles VII, à cause de trois
fleurs de Us qui sont à la voûte. Le clocher parait avoir été construit
du temps de Pierre de Bourbon et d'Anne de France, sa femme, ce qui
se reconnaît par leurs écussom?, mi-partie de Bourbon et de France,
placés k l'entrée et en dehors du clocher. Le reste de l'église a été bâti
en 1540 avec le portail du Sépulcre. C'est un édilice considérable tant
par son élévation que par sa délicatesse. » (Collection T 217, p. 20,)
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CLERMONT EN 1789
Saint-André, sous la condition de continuer Thospitalité
s'y pratiquait. Ils remplissaient encore exactement cette o
galion en 1469. Un titre de ladite année porte que l'ég
Saint-André, de l'ordre de la Sainte-Trinité, est une ég
dévote et bien servie, et que ciiacune heure du jour les
nistres et frères de ladite église y re<;oivent et logent
pauvres. Les guerres du xV siècle, pendant lesquelle
monastère fut deux fois incendié, la décroissance de le
revenus ne tardèrent pas à mettre les Trinitaires hors d i
de remplir les conditions de leur fondation. En 1789, le l
de leurs charges montait à 2,765 livres ; leurs revenus
argent s'élevaient à 3,030 livres et ceux en nature comi
naient 272 mines de blé, 72 mines d'avoine et 12 mi
d'orge (1). Il n'y avait alors que trois religieux et le minis
définiteur général de l'ordre, qui s'appelait Pierre de Laii
et comparut à l'assemblée générale du 9 mars.
L'église construite vers 1392 était, dit-on, un monum
d'architecture remarquable : elle était située sur le carref
Saint-André. Vendue le 10 juillet 1793 au prix de 1 i,050 liv
elle fut détruite presque aussitôt. La maison conventue
relevée en 1549, est devenue la Sous-Préfecture.
— L'abandon forcé de l'hospitalité par les Trinitaires dé
mina les habitants de Clermonl à créer un nouvel asile p
le soulagement des pauvres et des malades. Sur l'initiai
d'un bourgeois delà ville, Raoul Le Caron, sieur du Jonc,
hospice fut construit en 1492, et sa chapelle consacré
3 août 1493 sous l'invocation de sainte Marie-Madelei
L'administration en était confiée aux maire et pairs d
ville qui y mirent des religieuses bénédictines. L'élablij
ment se maintint sans grands développements jusc
l'union prononcée par lettres patentes d'avril 1664 du Rur
(l) Les religieux qui avaient possédé jusqu'à 23 maisons de Clerm
n'en avaient plus que 3. Ils possédaient en outre le fief de la Bon
à Giencourt, celui de Bois Saint Jean à Fitz James, un fief à Ca
tancourt, le fief de GhameroUe à Balagny, et un fief à La Rue Si
Pierre, des terres à Cambronne, Agnotz, BIzanrourt, Breuille
Bailleval et Sacy-le-Grand.
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88 LE COMTE DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
des Pauvres, institué par Roger du Plessis, seigneur de
Liancourt, bailli de Clermont, lors de la disette de 1649. Le
nouvel Hôtel-Dieu reçut de nombreuses libéralités. Ses prin-
cipaux bienfaiteurs furent Daniel de Rebergues, seigneur de
Rousseloy, qui donna, en 1697, 200 livres pour entretenir un
chapelain ; Paul deLaltre, conseiller au Parlement de Besan-
çon, fils d'un lieutenant général au bailliage, qui lit
construire vers 1711 le bâtiment principal ; la princesse
d'Harcourl, qui institua en 1715 une rente de 300 livres pour
l'entretien de trois sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve ; le
maréchal de Berwick, qui légua le 8 juillet 1730 un capital de
8,000 livres.
Des lettres patentes de février 1696 unirent à l'Hôtel-Dieu
les maladreries d'Angy, de La Xeuville-Hoy et de Saint-
Laurent de Clermont. Cette dernière, qui était une léproserie
et portail aussi le nom de Saint-Ladre, datait du xiii' siècle.
Elle avait reçu de nombreuses libéralités des comtes de
Clermont de la première race. La chapelle fut démolie en
1794 pour Talignement de la route de Rouen à Reims. La
chapelle de Saint-Arnoult de Crépiu, paroisse de Breuil-
le-Sec, avait été également unie quelques années aupara-
vant. Le budget de l'Hôlel-Dieu s'établissait ainsi : rentes et
revenus, 250 setiers de blé mesure de Paris, 4,500 livres en
rentes et fermages, non compris les vignes, bois, jardins,
terres et prés que la maison faisait valoir directement
estimés de 400 à 500 livres ; charges : 500 livres pour le cha-
pelain, 300 livres pour le chantre et maître d'école, 150 livres
pour le médecin et chirurgien, 138 livres payées aux pauvres
de la ville, de Breuil-le-Vert et d'Agnetz, le surplus pour les
frais d'entretien. Trois religieuses de Saint-Thomas de Ville-
neuve étaient chargées, depuis 1727, du gouvernement inté-
rieur, sous la direction du bureau composée de quatorze
administrateurs. Les pauvres et malades non admis à l'hôpi-
tal recevaient des secours à domicile par les mains du curé
et des dames de charité. Les quêtes et aumônes produisaient
annuellement de 8 à 9,000 livres (1).
(l) Archives de l'Oise. Etat dressé en 1775 par le subdélégué de
l'Intendant de Soissons. D'après cet état, il existait plusieurs autres
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CLERMONT EN 1789 89
La donation faite par le conseiller de Laltre comportait
rétablissement d'une école gratuite pour les garçons pauvres
de la ville.
— La même institution charitable en faveur des filles pau-
vres avait été faite un demi-siècle auparavant par Anne de
Montaflié, comtesse de Soissons. La princesse avait obtenu
dans ce but du monastère de Pontoise renvoi d'une petite
colonie d'Ursulines et les avait établies dans les bâtiments
qui sont occupés aujourd'hui par le collège (1). Deux dona-
tions, l'une d'Antoinette Gharondas Le Caron : l'autre, de
Louis de Saint-Simon, seigneur de Sandricourt, à l'occasion
de la profession d'une de ses filles, pourvurent à leur entre-
tien. Une ordonnance de l'évoque, Choart de Buzenval, en
date du 2 mai 1673, homologuée le 5 septembre suivant par
le Parlement, unit à la nouvelle maison la chapelle Saint-
Nicolas de Giencourt avec les propriétés qui en dépendaient
sises à La Neuville-en-Hez, Lilz et La Rue-Saint-Pierre. Les
revenus en 1740 atteignaient 10,000 livres (2) et elle comp-
tait alors vingt-cinq religieuses. Leur nombre était encore
de treize et celui des pensionnaires de quatre-vingts en 1793.
Ainsi, avant 1789, tous les enfants pauvres des deux sexes
recevaient, à Glermont, le bienfait de l'instruction primaire
gratuite.
établissements de bienfaisance dans l'étendue du Comté : deux hôpi-
taux, l'un à Liancourt, pour les paroisses du marijuisat, et l'autre à
Cuigniéres pour les malades de cette paroisse ainsi que de celles
d'Avrechy et Lamécourt ; des bureaux de charité k Gournay, La
Neuville-en-Hez, Bulles, Cressonsacq et Trois-Étots ; les indigents des
paroisses d'Agnetz, Breuil-le-Vert, Fltz-James, BreuilleSec, Noinlel,
de Bucamp, du Quesnel-Aubry jouissaient de fondations plus ou moins
importantes.
(1) La chapelle, aliénée en 1793, a été détruite en 1857.
(2) Vignobles de Béthencourt, Giencourt, Rotteleux, Canectancourl,
ferme du Tillet à Cires, de Follemprise à Rousseloy, de Canectancourt,
de Valescourt. Maison à Glermont, cens et biens épars. L'église des
Ursulines n'avait pas de nef ; elle était entièrement boisée. Les dames
Ursulines avaient fait venir les boiseries de Paris ; les maîtres menui-
siers leur intentèrent un procès qui ne fut apaisé que par les donations
qu'elles firent à la paroisse pour la réédification du clocher en 1785.
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90 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUV0I8IS
— Quant à V enseignement secondaire, il était donné par le
Collège. Ce collège existait d'ancienneté et, dès le xii* siècle,
M. Couard Louys, archiviste de l'Oise, en a écrit l'histoire
d'après les registres conservés aux Archives départemen-
tales (1). C'est, toutefois, seulement à la fln du xv* siècle
que l'on rencontre des textes révélant l'existence, à Clermont,
d'écoles régulièrement tenues par des maîtres ou recteurs
nommés par le chapitre de l'église collégiale, sur la présen-
tation du corps de ville. L'article 9 de l'ordonnance d'Orléans
stipulant que, dans chaque collégiale, le revenu d'une pré-
bende serait affecté à l'entretien d'un précepteur tenu d'ins-
truire gratuitement et sans salaire les enfants de la ville (2).
vint consacrer définitivement l'organisation de ces écoles.
L'autorisation d'enseigner était renouvelée annuellement (3).
Le titulaire devait se présenter au chapitre en son assemblée
de novembre, les verges en mains, pour les déposer sur le
bureau s'il en était requis. Il contractait l'engagement de
« bien et suffisamment instruire les enfants ». Il avaU l'obli-
gation de prêcher le jour des Hameaux à l'église Notre-Dame,
avec faculté de se faire remplacer par un ecclésiastique à ses
frais, de venir le jour de Saint-Arnoul, avec ses écoliers,
accompagner le chapitre à la procession, et de payer aux
chanoines un banquet. La prébende préceptoriale était à la
collation du seigneur engagiste (A. G., 23 septembre 1661). Elle
rapportait, en 1791, 1,459 livres 19 sols 6 deniers à son dernier
titulaire Lucien Waré. Les élèves riches payaient de 20 à
îlO sous par mois ; les pauvres étaient enseignés gratuitement.
On lit dans un rapport de l'abbé Terray au Parlement, sur
les collèges de province non desservis par les jésuites, à la
(1) Série G. Le travail de M. Couard Luys a paru, on 1886, dans le
tome XIÏÏ des Mémoires de la Société de Paris et de r Ile-de-France.
(2) Le précepteur devait être élu par l'évéque, appelés les chanoines
et les maires, échevins et conseillers de la ville. Il était destituable
par l'évéque, sur l'avis des mômes autorités.
(3) M. Couard Luys a constaté l'existence, au collège, d'un principal
au xv« siècle, de neuf au xvi« siècle, de quinze au xvn* et de dix au
xvm'. Il y avait, en outre, A Clermont, en 1787, trois maîtres de pen-
sion.
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CLERMONT EN 1789 91
date de 1764 : « A Clermont, où le principal est à la fois profes-
seur et régent, il y a trois ou quatre élèves seulement. » De
1711 à sa suppression en 1791, le collège fut établi dans un
bâtiment attenant à la tour de Buha et aux remparts, cédé
par la princesse d'Harcourt par voie d'échange.
La ville de Clermont était le siège de quatre juridictions
distinctes ; un Bailliafje, une Maîtrise particulière des eaux
et forêts, un Grenier à sel, une Élection. Je parlerai d'abord de
ces dernières.
— La Maîtrise des eaux etjbrèts existait d'ancienneté. Il eu
est fait mention dans un titre de 1243. C'était une des plus
importantes du royaume. 357 paroisses et fiefs, ainsi que les
abbayes de Saint-Paul, Marcheroux, Saint-Lucien, Saint-
Quentin, Saint-Symphorien, Gomerfonlaine, Saint-Germer,
Beaupré, Launoy, Froidmont, Ressens, Breleuil, Saint-
Martin-au-Bois, Saint-Jusl-eu-Chaussée, Moreuil, étaient
placés sous sa juridiction (1) qui s'étendait ainsi aux quatre
bailliages de Clermont, Beauvais, Montdldier et Chaumont-
en-Vexin, ce dernier réuni par édit d'août 1669 (2). Les prin-
cipaux massifs qui en dé'pendalent étaient la forôt de Thelle
et la forêt de Hez.
Celle-ci avait été l'objet de plusieurs réformations. La pre-
mière fut opérée, en 1377, par Pierre de Saint-Jean, chevalier
du roi, et Jean de Crépy, commissaires à ce établis parle duc
de Bourbon ; la seconde, en 1573, par Nicolas Dumoulin, con-
seiller au siège de la table de marbre de Paris : la troisième.
(1| Cette juridiction compronuil le martelage et la vente des bois,
l'exercice des droits de panage, de pâturage, glandées et chauflage, la
police sur la conservation des forôts, ainsi que des cours d'eau et
rivières.
(2) Suivant un rapport, fait en 1787 à l'Assemblée d'élection de Cler-
mont, il y avait dans cette élection l,6â6 arpents de bois apparte-
nant aux ex;clésiastique^ et 397 aux communautés. Les bois du roi
se composaient de 5,000 arpents de la forêt de Hez et de 800 à 900 ar-
pents de buissons épars. La forél de Thelle appartenait à l'élection de
Senlis. Une déclaration royale du 12 octobre 1699 supprima In capi-
tainerie das chasses qui existait à Clermont.
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92 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
commencée, en 1600, par Louis Charondas Le Caron, écuyer,
seigneur de Conty, subdélégué du grand-maltre surintendant
général, enquêteur et réformateur des eaux et forêts de
France, ne s'acheva pas. La quatrième, aboutit au règlement
du 16 mai 1666, qui convertit en argent la plupart des droits,
d'usage et de cliauffage dont la forêt de Hez était chargée (1).
Les taillis furent aménagés à 20 ans, par arrêt du Conseil
du mois de juillet 1779. La futaie avait été réglée en coupes
de 140 ans, par arrêt du 16 juillet 1765. On en vendait 18 ar-
pents par an, à raison de 2,400 livres l'un.
Les officiers de cette juridiction étaient un maître, un lieu-
tenant, un garde-marteau, un procureur du roi et un greffier.
C'était dans son auditoire, à Clermont, que le grand-maltre
des eaux et forêts de l'Ile-de-France procédait annuellement
à l'adjudication des baliveaux de la forêt de Hez, que le
contrat de 1569 réservait au roi (2). L'engagisle n'avait droit
qu'aux taillis. On lui en délivrait annuellement 184 arpents
dont le produit formait plus du tiers du revenu du Comté.
Tous les officiers de la maîtrise étaient à ses parties ca-
suelles et tenus de prendre sa nomination avant de demander
les provisions du roi (A. C, 9 janvier et 4 décembre 1725). Ces
officiers étaient, en 1789 : Havart de Sessevalle, maître par-
ticulier ; Huvey, lieutenant ; Boucher d'Auvergne, garde-
marteau : Provot, procureur du roi ; Bosquillon d'Amerval
fils, greffier en chef.
— Voici, d'après le manuscrit de M. de Beauminy, la liste
des maîtres particuliers des eaux et forêts de Clermont, de-
puis la fin du XV' siècle :
Jean de Barthencourt, seigneur dudit Ueudit, de Maimbe-
ville, du Fayel, de Lieuvillers, en partie, échanson du duc
(i) Les titulaires de ces droits étaient la vicomli^, de Breuille-Verl,
la baronnic de Gicourt, la seigneurie de Ronquerolles, les Hospitaliers
de Saint-Just, les Cordeliers de La Garde. La paroisse de La Neuville-
en-Hez reçut la propriété de 160 arpents de bois taillis.
(2) Ces baliveaux produisaient un revenu accidentel de 90,000 à
40,000 livr<\s. Assemblée provinciale du Soissonnats.
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CLERMONT EN 1789 93
de Bourbonnais, capitaine de La Neuville-en-Hez, mourut le
16 février 1482, investi de ces fonctions.
En 1504, mourut à Rezey, en Picardie, François de Brelo-
court, écuyer, seigneur dudit lieu et de Parville, maître
d'hôtel du duc de Bourbonnais, maître particulier des eaux
et forêts du Comté.
En 1515, d'après le compte de Guillaume Puleu, rofïice était
rempli par Lyon de Brye, écuyer.
1539, Guillaume du Plessls, seigneur de Llancourt, chevalier.
1540, Jean du Plessis, seigneur de Llancourt, chevalier.
1550, sur décès de Jean du Plessis, Vespasiende Carvoisin,
seigneur d'Achy, premier écuyer du roi (provisions du 1" oc-
tobre).
1554, Jean du Fay, seigneur de Chàteaurouge, sur résigna-
tion (provisions du 3 novembre).
1574, Hector de Mainguet, conseiller maître d'hôtel de la
reine de Navarre (provisions du 15 septembre).
157dç sur résignation et provisions du duc de Brunswick
(23 janvier), Claude de Cervaine.
1602, Philippe Creton, seigneur de Villers-lès-Catenoy et
du Plessis-Billebault.
1603, Pierre Rimbault, agent du comte de Vaudemont.
1627, Jean de Muydorge donne sa procuration et sa rési-
gnation de l'oftice de maître particulier des eaux et forêts à
Pierre Forget, écuyer, qui cède son droit à son frère, Jean
Forget, seigneur de Breuil-le-Vert, reçu en cette qualité, le
10 juillet, à la table de marbre de Paris.
En 1654, 28 mars, mort d'Annibal de Longueval, chevalier,
baron d'Haraucourt, maître ancien et alternatif des eaux et
forêts, inhumé à Notre-Dame de La Garde. Il eut pour succes-
seur Jacques de Longueval, écuyer (provisions du 13 décem-
bre).
1667, Denis Gauthier, lieutenant général au bailliage (pro-
visions du 28 novembre).
1680, Léger Gauthier.
1686, Louis Gauthier, avocat au Parlement (provisions du
9 mai).
1698, sur résignation, Louis Havart de Popincourt, avocat
au Parlement.
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94 LE COMTÉ 1)K CLERMONT KN BEAUVOISIS
1724, sur résignation, Louis Armand Havarl de Sessevelle
son fils (provisions du 8 octobre).
1758, Antoine-Louis-Armand Havart de Sessevelle (provi-
sions du 2 mars). Reçu le 11 mars à la table de marbre, il fut
le dernier conseiller-maître particulier des eaux et forêts
de Clerraont en Beauvoisis, pays de Vexin, ressorts en
dépendants et Bailliage de Montdidler.
— J'ai dit ailleurs (1) les origines du Grenier à sel de Cler-
mont, d'abord seigneurial, puis royal, mais avec attribution
des profits et émoluments au duc de Bourbon. La confisca-
tion Ue 1523 avait naturellement fait ^ tomber l'attribution.
Cette juridiction se composait d'un président, un grénetier,
un contrôleur, un procureur du roi et un greffier (2). En 1740,
la vente de ce grenier s'élevait à 120,(X)0 livres ; 71 paroisses,
parmi elles Angy, Mouy et Mouchy, étaient de son ressort.
Aux termes de l'ordonnance de mai 1680, sur les Gabelles, le
minot de sel (39 litres 36) était payé 41 livres. C'était le prix
des greniers de Beauvais, Greil et Compiègne. •
La distribution du sel et le recouvrement des droits avaient
lieu par les soins des agents de la ferme générale, sous le
contrôle des officiers du roi, juges en première instance des
contraventions.
— C'était en 1483 qu'à la demande de Pierre 11, duc de Bour-
bon, des lettres patentes du mois de juillet avaient groupé dans
une Élection distincte les paroisses du Comté qui se trou-
vaient jusqu'alors disséminées entra les Élections de Beau-
vais, Senlis et Amiens. La nouvelle Élection fit d'abord
partie de la généralité d'Outre-Seine et Yonne, dont Paris
était le chef-lieu. L'édit de 1595, qui institua la généralité de
Soissons, la comprit dans sa circonscription, à laquelle elle
demeura rattachée jusqu'en 1789.
Les élus procédaient, dans leur circonscription, à la réparti-
(1) Les Comptes d'un apanage de la Maison de France au xvi* siècle,
p. 77.
(2) En 1789, étaient : Président , Viau Duplessis ; Contrêleur , Le
Vavassftur ; Grénetier , Crotoy do Bonval ; Greffier , Levasseur ; Rece-
veur ^ DufresDoy.
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iwr^
CLEHMONT EN 1789 95
tion ainsi qu'à Fassiette de la taille, sous l'autorité de l'inten-
dant et du Bureau des Trésoriers de France de Soissons (1) :
ils procédaient également à l'adjudication delà ferme des
aides et droits de toute nature perçus sur les boissons, et
prononçaient en première instance sur les différends que
soulevait cette perception.
L'Election de Glermont comprenait 105 paroisses, hameaux
et exploitations distincts, comptant 9,946 feux, et une popu-
lation évaluée à 36,099 âmes. Le contingent assigné à ces
105 paroisses, eu 1788, s'élevait à 420,8.52 livres, savoir:
taille (2) et capitation (3), 310,376 livres, vingtièmes (4),
110,476 livres.
Il y avait un président, François Scellier, un lieutenant,
François Hainsselin ; quatre élus, Jean-Baptiste Delamarre,
(1) Les Trésoriers de France, sous l'autorité desquels agissaient les
Elus, faisaient, chaque année, dans chaque Election une chevauchée
pour se pendre compte de l'état des récoltes et de ce qu'elles permet-
traient d'imposer de taille. Il existe aux Archives de l'Oise une série
considérable de procès- verbaux de chevauchées pour l'Election de
Clermont.
(2) La taille personnelle ou mixte portait sur les seuls roturiers et
les atteignait à proportion et sur le pied de leurs biens, facultés, com-
merce et industrie. Les jugements des élus étaient portés en appel
devant les cours des aides.
(3) La capitation, qui datait de 1695, frappait tous les citoyens, sans
distinction de privilégiés ou non, à l'exception du Clergé qui s'était
racheté lors de la création. Lti capitation des nobles et privilégiés était
fixée par l'intendant auquel appartenait également le contentieux. Il
existait, en 1789, 17 nobles et 16 privilégiés dans l'étendue de l'élection.
La capitation de ces 33 contribuables (66£ 1.) représentait moins de
1 p. 0/0 du produit total de l'impôt (87.088 1.). U capitation des tailla-
bles se percevait additionnellement au rôle de la taille.
(4) Les vingtièmes, impôt de quotité établi par l'édit do 1749, étaient
acquittés par tous sur les revenus des terres, maisons, usines, rentes,
droits utiles, profits du commerce et de l'industrie. Le Clergé s'était
également racheté. On percevait, en 1789, 2 vingtièmes et 4 sols pour
livre du premier. Il existait dans chaque généralité une administration
spéciale des vingtièmes. Le directeur, établi au chef-lieu, avait sous
ses ordres des contrôleurs ambulants dans chaque élection. Le contrô-
leur de Clermont avait nom Hazard.
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TE DE GLERNfONT EN BEAUVOISIS
der Meurlne, François- Aimé- Joseph Meu-
irtin Pigeaux; un procureur du roi, N.Poil-
', N. Hévin. Deux receveurs des finances.
Le Mareschal et Pierre-Michel Fombert
ians les exercices pairs, l'autre dans les
les recouvrements eflectués par les col-
saient le montant aux mains du receveur
issons (i).
sidents de l'Election de Glermonl, depuis
(9, qui les a créés dans chaque Election
n, pourvu en 1578.
avait encore en 1614.
leigneur des Fossés, mourut au mois d'oc-
t son exercice, un deuxième oftlce de pré-
édit de décembre 1632 et fut levé par
sieur de Passy et de Parisis, secrétaire de
; il devint premier président après Charles
e 3 juillet 1676. Sa charge passa à Philippe
5ur lequel elle fut supprimée et convertie
termes d'un édit de janvier 1685.
3igneur des Fossés, fils de Charles, fut
lé le 11 décembre 1649, et mourut le
eur de Tubermonl, pourvu par lettres du
, par arrêt du Conseil du 30 août 1701, le
rang et séance, lorsque la compagnie ne
s finances n'étaient préposés qu'au recouvrement
s fermes générales avaient pour les Gabelles, à
: spécial, le sieup Dufrcsnoy ; la Régie générale,
ly, pour les droits d'aides, dont le directeur était
l'administration dos Domaines, un également, le
ut avait un Bureau de Poste qui recevait tous les
iris. Son directeur s'appelait Hévin. Les habi-
de Soissons et de l'Election de Clermonl suppor-
taxes directes et indirectes perçues dans le
îalculs de Necker (Administration des finances),
îvait à 25 livres 17 sols.
miny.
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CLEUMONT EN 1789
serait pas eu corps, après le lieulenaiil général du
]e lieutenant général de police et celui de robe (
maire de la ville, mais avant tous autres oiïiciers e
roi, aux bancs du chœur et du sennon à l'église p
et en toutes autres rencontres. Il mourut en 1709.
Jacques Bosquillon, sieur de Fontenay, avocat
ment, subdélégué de l'Intendant de Soissons et pro
roi en l'Election. Provisions du 14 juin 1711. Mouru
tembre 1727.
Charles-Jacques Bosquillon, sieur de Fontenay,
avocat au Parlement, pourvu, avec dispense d'âge
vrier 1728, mort le 25 juin 1754.
François Gamblon.
Scellier, en exercice en 1789.
— La dernière juridiction dont il me reste à
Bailliage, était la plus considéralilo et la plus anci(
datait de l'institution du Comté. Etabli pendant
siècles à titre seigneurial, — les cas royaux étant c
pétence du l^ailli de Sentis ou de son lieutenant,
d'Angy, — le Bailliage de Clermout devint royal au :
L'ordonnance de février 1531, qui lui conféra ce cai
stipula que les appellation» du bailli-gouverneur e
lieutenant seraient, désormais, portées en toutes f
Parlement de Paris (2). Le contrat d'engagement c
changea rien à cet état de choses. 11 décida qm
ments seraient rendus, à l'avenir, au nom du roi
gneur engagiste, et que les charges et offices sei
parties casuellesde ce dernier. Ces charges étaient
en 1789, par les titulaires suivants :
Bailli d'épée et gouverneur: Charles-César de
marquis de la Billarderie, seigneur de Saint-Remj
(i) Les Comptes d'un apanage de la Maison de France a\
p. 77.
(2) Sauf les cas pn^sldiaux portés en appol au Présidial d
cas étaient, au criminel: les brigandages sur les grandes
vols avec etTraciion, les attentats commis par les vagabond
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98 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Aiigivillers, Saiiil-Jusl-en-Beauvoisis, marécbaj des camps et
armées du roi :
Lieiilenaut général civil et criminel, commissaire enquê-
teur et examinateur : Jean-François Castoul, seigneur du
Plessis-Saint-Aubin, reçu le 19 août 1780;
Lieutenant général de police, Jean-Jacques Bosquillon de
Marigny., avec deux commissaires;
Lieutenant particulier civil, Louis-Charles Bosquillon de
Fontenay ;
Procureur du roi, Cotlu de Maillard.
Il y avait, en outre, un avocat du roi, quatre conseillers, de
Fourcroy, Chrestien de Beaumesnil, en même temps ^arde
des sceaux de la cliancellerie établie par édit de juin 1771
pour la purge des hypothèques, les deux autres oflices de
conseillers vacants ainsi que celui d'avocat du roi, un gref-
fier, Denis. Le lieutenant de maréchaussée avait rang, en cas
de cérémonie, parmi les oniciers du Bailliage (1). Il avait un
assesseur et un procureur du roi. Il y avait une brigade de ma-
réchaussée à Clermont et une brigade k Gournay-sur-Aronde.
Depuis plusieurs siècles, le bailli, qui réunissait, au moyen
âge, tous les pouvoirs entre ses mains, se trouvait réduit à
des fonctions purement honorifi(iues. Il n'avait, en matière
judiciaire, que la présidence d'honneur des séances aux-
quelles il assistait, ainsi que le droit de faire intituler en son
nom toutes les sentences et les contrats des notaires et tabel-
lions. En matière militaire, il convoquait et commandait le
ban et l'arrière-ban ; mais ces convocations avaient cessé
depuis la fin du xvir siècle. Il devait être appelé à pré-
sider lasssemblée des trois ordres pour les Etats Généraux.
C'était au lieutenant général qu'appartenait l'administration
de la justice. Celui-ci avait eu fort à faire pour défendre cette
administration contre les empiétements des juridictions voi-
sines. L'édit de décembre 1581, qui institua, à Beauvais, un
siège présidial, avait soumis à ce siège toutes les localités
(1) C'était, en i786, Thomas-Louis Duguey, seigneur de Faysous-Cler-
mont, capitaine de cavalerie, qui devint, en 1789, prévôt général de la
maréchaussée du Soissonnais.
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CLKRMONT EN 1789 99
sises dans un rayon de cinq lieues. Les oflioiers de Beauvais
prétendirent, en conséquence, au ressort des châlellenies de
Bulles, Milly, La Neuville-en-Hez. Ceux du bailliage de Cler-
mont firent opposition et se pourvurent au Conseil, de con-
cert avec le duc de Lorraine et la ducliesse de Brunswiclc,
seigneurs engagistes ; le célèbre Cliarondas Le Caron, lors
lieutenant général, y vint défendre leur cause. Un arrêt
interprétatif, du 9 juin 1584, ordonna que les appellations des
^sentences et jugements rendus par les prévôts de Bulles,
Milly et La Neuville-en-Hez ressortiraient devant le bailli
de Clermont ou son lieutenant, comme elles avaient accou-
tumé de faire, et qu'elles ne seraient portées au présidial de
Beauvais qu'au cas de ledit des présidlaux et par le moyen
des appellations du l^ailli de Clermont. Le Présidial de Beau-
vais ne se tint pas pour battu et, nonobstant des lettres pa-
tentes du 7 décembre 1596, un arrêt du Conseil du 17 dé-
cembre 1603, trois arrêts du Parlement, des annés 1599, 1616
et 1628, la lutte se continua avec âpreté jusqu'à celte der-
nière année. L'arrêt, en date du 14 février 1628, renouvelant
aux officiers du Présidial inhibition et défense de distraire
les justiciables du bailli de Clermont de sa juridiction, ter-
mina enfin celte longue conleslalion. Il y avait liuit avo-
cats (1), cinq procureurs au Bailliage et quatre notaires.
Il existait d'ancienneté, à Clermont, une Prénôté de ville et
une Pré oôté foraine, }uges en première instance des roturiers,
dont les appels se portaient au Bailliage, ce qui imposait aux
justiciables les frais et les longueurs de deux degrés de juri-
diction (2). Un édit, d'avril 1734, rendu à la requête du duc de
(1) Bosquillon rt'Amervallo, doyen, Lhoyor p^ro, Bosquillon de Mari-
gny. Logras de Préviile, Lhoyer de Fresne, Lhoyer de Sainl-Remy,
Hainsselin, Bouclier d'Auvergne.
(2) La prévôté de ville comprenait dans son ressort Clermont, Breuil-
le-Vert avec ses hameaux, Agnetz avec ses hameaux, Auvillers et le
hameau du Piessis-Billebault, paroisse d'Ansacq. La prévôté foraine
s'étendait sur 56 paroisses et 23 hame^jux. Le prévôt forain de Clermont,
en 1734, était Robert Geoffroy. L'office de prévôt de ville était vacant
par la mort de François Guérin. Leurs offices et ceux d'avocats et pro-
cureurs du roi, de lieutenants, huissiers et sergents furent réunis aux
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lOO l.K COMTÉ DK CLKHMONT KN lîlvVÏ VOlSIS
Bourbon, prononça leur réunion au Bailliage qui devint
ainsi juge de première instance pour les affaires précé-
demment portées devant ces deux juridictions. Il demeu-
rait, en même temps, juge d'appel des prévôtés subalternes
de Bulles, de Milly, de La Neuville-en-Hez (1) et Sacy-le-
Grand, des justices des vassaux du Comté au nombre de
plus de 200 (2).
Le contrat d'engagement de 1569 reconnaissait à l'enga-
giste le droit de recevoir par ses officiers les fois et boni-*
mages, aveux et dénombrements et de connaître des autres
affaires contentieuses du domaine dans l'étendue du Comté
et dçs cliâlellenies en dépendant. La clause fut exécutée sans
opposition jusqu'en 1674. Un arrêt du Conseil, du 3 février de
ladite année, transféra aux Trésoriers de France du Bureau
des fmances de Solssons la réception dea fols et bommages,
aveux et dénombrements, ainsi que la connaissance du
contentieux du domaine. Il était fondé sur l'attribution géné-
rale faite à ces Bureaux par les édits de leur création de
tout ce qui concernait le domaine du roi. L'usurpation ainsi
faite au préjudice des droits des officiers du Bailliage se
perpétua jusqu'à ce qu'en 1725 un arrêt du Conseil du 9 jan-
vier, rendu à la requête du duc de Bourbon, les remit en
possession, comme seuls juges compétents et naturels (3).
oflicos similaires du Bailliage. L'olïice de prévôt forain avait été liquidé
à 4,300 livres. Le duc de Bourbon reçut du sieur Chardon, lieutenant
général, une indemnité de 3,000 livres pour la réunion de la charge de
prévôt de la ville, qui était de ses parties casuellcs. Le sieur Chardon
fut autorisé à se récupérer sur les épices attribuées aux juges des pré-
vôtés supprimées. L'Edit de 1734 fut enregistré le 2 juin au Parlement.
Arch. nat., Xw8737.
(1) Une sentence, du 20 mars 1784, réunit au Bailliage la prévôté de
La Neuville.
(2) Parmi ces justices figuraient les justices subalternes des fiefs de
Peteil, Le Cocq, La Herche, La Rose, Neuilly, La Couronne, de Saint-
André et du Chapitre, toutes séant à Clermont.
(3) Les Archives do l'Oise conservent actuellement, sous la cote E 39 :
!• Un état des fiefs tenus directement du Comté de Clermont en
Beauvoisis et des châlellenies en dépendantes, avec la suite des posses*»
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pi'lSPP"'
CLERMONT KX 1789 101
m
Voici, d'après le manuscrit de M. de Beauminy, la liste
des baillis-gouverneurs de Clermont et de leurs lieutenants
généraux :
Liste des Baillis de Clermont
1280. Philippe de Beaumanoir.
1289. Bernard de Moreuil.
1363. Jean de Mouret, chevalier.
1373. Gilles de Nédonchel, chevalier.
1379. Pierre de Bournel, chevalier, sieur de Ploirch-les-
Oberts en Artois.
1400. Jean Foucault, dit le Borgne, chevalier.
1401. Philibert deDigoine, chevalier.
seurs desdits fiefs depuis l'an 1373 jus(ïu'en l'an liîOO, fait et dressé dans
l'ordre que lesdits fiefs sont déclarés audit papier terrier dudit Cler-
mont, par m'" Jean Dargillière, greflier-juré du Bailliage dudit Cler-
mont. J'en ai utilisé les indications dans le Dénombrement de A17.> ;
2* Etat des fois et hommages faites au Bailliage de Clermont par les
vassaux tenant nuement du Comté ducUl Clermont et ehâtellenies en
dépendantes, dressé sur un registre desdites foys et hommages com-
mençant en 1595 et finissant en 1607;
3* Etat des foys et hommages faites au Bailliage de Clermont
depuis 1596 jusqu'en 1627, dressé par M* François Chardon, chanoine de
Clermont, sur les liasses et pièces par lui remises à la Chamhre des
Comptes à Paris, en l'année 1673, lesquelles ont été ensuite déposées dans
la chambre d'Anjou. Armoire 47 ;
4° Etat des foys et hommages dressé sur l'extrait de plusieurs
rogislres^^desdites foys et hommages, commençant par l'année 1572 et
linissant par l'année 1633 ;
5' Etat des foys et hommages faites depuis le 15 décembre 16ÎJ3
jusqu'au 8 février 1648, dressé sur un registre desdites foys et hom-
mages, tenu par Louis Gayant, présent procureur du roi au Bailliage ;
6" Etat des foys et hommages commençant en 1648 et finissant
en 1669 ;
7* Etat des foys et hommages faites au Bailliage de Clermont par les
vassaux tenant nuement du Comté dudit Clermont et ehâtellenies en
dépendantes depuis le 19 juin 1724, en vertu des lettres patentes du
Roi, rétablissant les ofliciers du Bailliage dans les droits reconnus par
le contrat du 13 aoftt 1569. Cet état s'arrête au 19 mars 1776.
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102 LE COMTÉ DE CLERMOXT EN BEAUVOISIS
1420. Pierre d'Epineuse, clievalier, commissaire et cham-
bellan du duc de Bourbon.
1430. Jacques de Crèvecœur, chevalier, seigneur de Crève-
cœur et de Thoix.
1438. Henri de Chantelot, écuyer.
1443. Louis de Soyecourt , chevalier, seigneur de Mouy,
chambellan de M. le duc.
1489. Guy Pot, chevalier, bailli de Vermandois.
1500. Guillaume, comte de Montmorency.
1518. Philippe de BouUainvilliers, chevalier.
1519. Charles de BouUainvilliers, chevalier.
1524. Henri de BouUainvilliers, comte de Roussillon, sieur
dllémévillers.
1539. Pierre de la Bretonnière de Warty, chambellan de
Fram^ois I", grand maître des eaux et forêts de
France.
1551. Joachim-Pierre de la Bretonnière, seigneur de Warty.
1553. Pierre de Pienne.
1566. Louis d'Ongnies, comte de Chaulnes.
h'rani^ois d'Ongnies, chevalier, comte de Chaulnes, fils
du précédent.
1567. Charles d'Ongnies, chevalier de l'ordre du roi, comte de
Chaulnes, seigneur de Méry et d'Etouy, capitaine de
50 hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur
et bailli, pour S. M., des ville et Comté de Clermont,
frère du précédent.
1584. Louis Le Caron, écuyer, seigneur de Conty, conseiller
du roi, lieutenant général au Bailliage.
1600. Antoine de Longueval, chevalier, baron d'Haraucourt.
1614. Jacques de Longueval, chevalier.
1650. Aniiibal-Alexandre de Longueval, chevalier.
1660. Roger du Plessis, chevalier des ordres du roi, duc de
Liancourt.
1674. François, duc de la Rochefoucauld.
1708. Le prince d'Harcourt.
1740. Charles-César de Flahaut, comte de la Billarderie.
1743. Auguste-Charles-César de Flahault marquis de la
Billarderie,
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CLERMUNT KN 1789 103
Lieutenants généraux du Bailliage de Clermont
1414. Pierre Le Bestot, licencié es lois, commissaire de M. le
duc de Bourbon, lieutenant général de M. le gouver-
neur.
1417. Clément Vivien, lieutenant général sur le fait de la
justice de M. le gouverneur.
1427. Louis de Plé, lieutenant général sur le fait de la justice
de M. le gouverneur.
1446. Jean'de Nelle de Gange, bachelières lois, lieutenant
général sur le fait de la justice de M. le gouverneur.
1456. Jean Baillet, commissaire du duc de Bourbonnais.
1466. JeanLouvet.
1484. Jean de Frappier, dit Louvet.
1500. Louis Gayant.
1502. Pierre d'Argillière, dit Tillet.
1522. Jean d'Argillière, seigneur de Valescourt et Breuil-le-
Vert, qui épousa Louise de la Bretonnière-Warly.
1539. François d'Argillière, seigneur de Valescourt et Mon-
ceaux.
1550. Gabriel Duverger.
1584. Louis Le Garon dit Charondas.
1600. David Bosquillon, son gendre.
1620. Pierre Le Mercier.
1630. Pierre de Laistre.
1656. Denis Gauthier.
1680. Louis Bosquillon, seigneur d'Armangis et Lieuvillers.
1707. Joseph Bosquillon.
1732. Pierre-Ambroise Chardon.
1758. François-Pierre Chardon.
1769. Guillaume-Toussaint Dautel de la Baronnière.
1780. Jean-François Castoul, qui fut le dernier, après fut juge
de paix.
— D'après Tordre des gouvernements et leur dénombrement
arrêtés aux Etats Généraux de 1614 et 1615, le Bailliage
de Clermont en Beauvoisis, comme ceux de Senlis, de Beau-
vais, de Valois et de Chaumont-en-Vexin, était c'ompris dans
le gouvernement de l^aris et de l'Ile de-F'rance. Il avait autre-
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n
104 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
fois fait partie du gouvernement de Picardie, mais en avait
été démembré lors du traité d'Arras (1435) qui attribua au
duc de Bourgogne les villes de la Somme. (Voir Longnon.
L' Ile-de-France, ses or Ifjincs, ses limites, ses(jouverneurs. 1875.)
La qualité de gouverneur paraît avoir été quelquefois dis-
tincte de celle de bailli. Ainsi, en 1708, d'après YEiat de la
France, le prince d'Harcourt était gouverneur de la ville et
château de Clermont; en 1727, d'après le même document
était gouverneur de Clermont, sur la nomination du duc de
Bourbon tït les provisions du roi, M. de Belloux, comte de
Thurin, et il y avait un major, M. Didier, chevalier de
Saint-Louis.
Enfin dans la liste des gentilshommes du Bailliage, qui furent
convoqués pour les Etats Généraux de 1789, figure Louis,
marquis de Gouy, seigneur d'Arcy et Avregny, baron de Chars
et de Ressons, comme gouverneur des ville et château de
Clermont en Beauvoisis.
C'était à l'hôtel de ville de Clermont que tenaient leurs
audiences les diverses juridictions que je viens dénumé-
rer (1). Cet édifice, dont on a fait rémonter la fondation à
(Charles le Bel et qui a été récemment restauré (2), était en
même temps le siège du corps de ville.
J'ai relaté, ailleurs, dans quelles condtions Louis de Blois et
Catherine de Clermont, sa femme, avaient octroyé, en 1197,
une charte de commune aux habitants de cette ville (3). i:n
article de la charte reconilaissait aux bourgeois le droit d'élire,
(1) L'EIoclion, lo hindi : le Bailliago, le mardi et le jeudi ; la maîtrise
des eaux et forcMs, le mercredi. Mmanach historiqae de Sentis.
(2) Veacription de rhôiel de ville de Clermont, par l'abbé Boufllel.
Annuaire de l'Oise, 1887. « L'hôtel de ville de Clermont est un des spé-
cimens de celte architecture à la fois civile et militaire qui date du
xi« siècle et dont les exemples sont aujourd'hui rares en France.» Com-
mission des Monuments historiques. 1874. Rapport.
(3) le Dénombrement de 1373, p. 32 et 266. Les armes de la ville de
Clermont étaient de gueules à la tour a maisonnée de sable au chef
d'azur chargé de cinq fleurs de lis d'or. Devise : Turris lihiiis et tmtis
fidelissima Roberti.
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CLRRMONT EN 1789 105
chaque année, huit d'entre eux pour la gestion de leurs
affaires municipale». Le nombre des pairs et échevins fui
successivement réduit ; il n'était plus que de quatre en 1139,
ainsi qu'en témoigne le procès-verbal de réformation de la
Coutume, où IMerre du Val, Jean Chrestien, Jean Pinel et
Haoullin do Grouchy figurent eu ladite qualité. Le premier
échevin prenait généralement le titre de maire.
Ledit de 1689 qui, pour fournir des ressources au Trésor
épuisé, institua la vénalité des offices municipaux, créa, entre
autres à Clermont, une charge de conseiller du roi, maire
perpétuel et héréditaire à adjuger au plus ofTrant et dernier
enchérisseur. François Greylier s'en rendit acquéreur. Sup-
primée en 1714 et 1716, temporairement rétablie en 1722, 1733,
la vénalité reparut encore sous le ministère de l'abbé Terray,
qui ne reculait devant aucun expédient financier pourcombler
le déficit du Trésor. (Edit de novembre 1770.)
En 1746, les habitants de Clermont s étaient décidés à de-
mander la réunion à leur corps de ville des charges de maire
et d'échevins, el l'avaient oblenue sous condition de rem-
bourser les titulaires. (Arrêt du 27 décembre.) Le maire fut
alors, comme avant 1689, élu pour deux ans par l'Assemblée
générale des habitants sur une liste de trois candidats pré-
sentés à son choix par le maire sortant. Mais des protesta-
tions s'élevèrent contre ce mode d'élection, et un arrêt du
20 septembre 1757, rendu sur le rapport du contrôleur général
deBoullongne,quiavailavec la ville de Clermont des attaches
de famille (1), vint édicter une procédure nouvelle. Les con-
sidérants de l'arrêt signalaient l'atteinte portée à la liberté
par le droit attribué au maire sortant qui devenait ainsi le
maître du choix de son successeur et écartait les sujets qui
ne lui étaient pas favorables. Il condamnait l'usage établi
d'admettre à l'assemblée électorale les habitants de toutes
espèces, a ce qui en éloignait les officiers des juridictions el
(t) L'un de 808 parents avait été, en 17ti, maire perpétuel. Voir dans
le Semeur de l'Oise, les Finances clermontoises au milieu du
xvni* siècle, par M. Laurain. L'airAt est conservé aux Archives natio-
nales, sous la cote £ 2360.
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106 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAIVOISIS
autres principaux liabitants, d'où il arrivait que la plupart de
ceux qui s'y rendaient pour donner leur voix n'étaient con-
duits que par des cabales tumultueuses, se portaient à donner
leurs suffrages à des sujets qui, la plupart du temps, n'étaient
point propres à remplir des fonctions qui exigeaient de l'in-
telligence et de l'intégrité ». Il déclarait, en conséquence,
qu'à partir du second dimanche d'octobre 1757 et ensuite de
deux en deux ans à pareil jour, la nomination du maire, des
trois échevins, du procureur-syudii; et du greffier-secrétaire
receveur de la ville de Clermonl. serait faite par un collège
composé de vingt-quatre délégués. Douze de ces déléguée
devaient être élus par les différents corps de judicature, avo-
cats, procureurs, notaires el médecins, et les douze autres par
les bourgeois, marchands et artisans de la ville et des fau-
bourgs, payant au moins 20 livres de taille et capitation. Le
maire et le premier échevin ne pouvaient être pris que parmi
les nobles, officiers du Bailliage, de la maîtrise des eaux et
forêts, de l'élection, du grenier à sel, ou les avocats, les deu-
xième et troisième échevins, parmi les notaires, procureurs,
greffiers, bourgeois, apothicaires et chirurgiens. La qua-
trième place d'échevin était réservée à un *narchaud. L'arrêt
du Conseil attribuait au collège des vingt-quatre délégués le
droit de délibérer sur toutes les affaires de la ville, au lieu et
place de l'ancienne Assemblée générale des habitants.
La liste des maires de Glermont pendant le cours du
xviir siècle a été dressée par M. Féret. La voici, avec les
corrections indiquées par M. Laurain. Elle est incomplète :
1704, François Greylier, maire perpétuel, Denis Prudhomme,
assesseur et premier échevin, (îuillaume de Mlrville, asses-
seur et échevin.
1711, Philippe Tavernier de Roullongne, maire perpétuel.
Il était suppléé, en 1713, par Philippe de Rebergue, avocat
au i^arlement, spécialement commis à cet effet. Echevins :
Pierre de Saint-Fuscien et François Chrestien, sieur de
Sainte-Berthe.
1717, Nicolas Cuvelier, conseiller au Bailliage, premier
échevin, la charge de maire étant supprimée.
1724, Charles Le Gras, sieur de Préville, conseiller du roi,
lieutenant particulier civil au Bailliage, maire en titre d'of-
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r
CLERMONT EN 1789 107
fice; Charles de Cullembourg, lieutenant du maire ; Sylvestre
Lhoyer, premier échevin.
Î736, Pierre-Oudin Lefebvre, maître barbier et perruquier,
premier échevin ; Jean Delaage, huissier audieneier, échevin.
Décembre 1737-octobre 1754, François-Sylvestre Lhoyer,
avocat au Parlement, maire et premier échevin. On trouve,
en janvier 1743, Nicolas Fournier du Bellet, conseiller au
Bailliage, maire. Echevins, en 1743 : IMorre Honviller, mar-
chand, Charles Longuet, maître pâtissier : en 1752 : Charles
du Bois, procureur, Just Lescuyer, marchand drapier, et
Louis Roussel, marchand cloutier.
1755, François Pichereau, lieutenant assesseur criminel,
maire.
1758, Parmentier de La Motte, procureur du roi en l'Elec-
tion, maire.
1760, François-Pierre Chardon, lieulenant général au Bail-
liage, maire: Jean-Baptiste Dubois, apothicaire, Eloy Dupont-
Lévèque, marchand, echevins.
1763, Bosquillon d'Amerval, élu en l'élection, maire.
1765, Chrestien de Beaumini, procureur du roi en la maî-
trise des eaux et forêts, maire par intérim ; puis GelTroy
d'Alencourt, lieutenant général de police, maire.
1768, Havart de Sessevalle (Antoine-Louis-Armand), maître
particulier des eaux et forêts, maire. En 1770, Maximilien-
Joseph Blanchet, receveur des consignations du Bailliage, et
Jean-François Castoul, élu en l'élection, echevins.
1771, Chrestien de Sainte-Berthe (Claude-François).
En 1779, la cliarge de maire, érigée en titre d'office, était
exercée par Charles-François Levasseurd'Armanville, mestre
de camp de cavalerie, ancien exempt des gardes du corps,
chevalier de Saint-Louis ; celle de lieutenant de maire, par
Antoine-Louis-Armand Havart de Sessevalle. Etaient eche-
vins : Denis Guérin de Tubermont, contrôleur au grenier à
sel, et Louis Cottu, élu en l'élection. Le chevalier d'Arman-
vllle mourut en novembre 1782 (1), et eut pour successeur
Havart de Sessevalle, démissionnaire en 1790.
Il) Voir Férel, lo Prieuré de Saint-Àrnout, p. 2;^.
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3 LE COMTÉ DE CLÉKMONT EN BEAUN'OISIS
Le corps de ville se trouvait ainsi composé en 1789.
Maire : Havart de Sessevalle ; Lieutenant de maire : Rodri-
ez ; Assesseurs: Renard, Durieux ; Echeolns .-Morel l'àn-
m, Morel le jeune ; Procureur du roi : Remy ; Receveur :
nderl : Secrétaire-greffier : l*ayen.
Le budget de la ville de CJermont était alors des plus mo-
ques. Les recettes consistaient uniquement dans le produit
dix-huit arpents de marais et pâturages, et d'un droit de
ivers, partagé avec le seigneur engagiste, droit qui rapporta
a Caisse municipale 150 livres jusqu'en 1750 et 200 livres à
rtir de cette date. Le duc de Rourbon avait concédé un
oit de chargement et de déchargement des grains à la halle,
i dut être abandonné k la suite de contestations. La vente
s boues et immondices produisait 50 à 60 livres. In
os cens sur les maisons de la ville rapportait 102 livres
5ols. Pour les dépenses extraordinaires, on était obligé de
courir à des impositions additionnelles à la taille, qu'à
use des vices de la répartition et pour faire contribuer les
blés et privilégiés à ces dépenses on commuait parfois en
iwes d'octroi. Les maires se trouvaient presque toujours
ns la nécessité de faire des avances et l'apurement à longue
héance de leur comptabilité donnait lieu à d'innombrables
Rficultés, dont M. Laurain a tracé le curieux tableau (l), et
i) Les Fiimnces clermontoiseit au milieu du xviii' siècle. Voici
près un état conservé actiiollomenl aux Archives de l'Oise, l'état
»ssé, le 28 mai 1751, par les maire et échevins des revenus et charges
la ville : Revenus patrimoniaux : Le revenu de la ville consiste en
) livres, à cause du travers de ce qui entre dans la ville, le travers
la sortie appartenant au prince de Condé. Plus en un gros cens
prendre sur la plus grande partie des maisons de la dite ville,
►niant à lOi livres 4 sols. Et en 20 sols de rente sur une pièce de
re sise hors de la ville, 1 livre. Total, ^3 livres 4 sols. Charges ordi-
ires : La ville donne, tous les ans, à Mgr l'Intendant et au Tré^sorier
France en exercice dix-huit bouteilles de vin d'honneur, 30 livres; —
yerde la maison du sous-brigadier de la maréchaussée, 30 livres; —
" denier et 2 sols pour livre de la pAture commune, 8 livres 8 sols; —
s huit cierges que la ville est obligée de donner pour l'octave du
int -Sacrement avec les accessoires et rubans, 16 livres. Entrelien de
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CI.KHMONT KN 1789
que tribunaux et Intendants avaient grand'peine à résoud
Il y avait, à Clermont, une milice bourgeoise. Les oflicii
étaient nommés par le corps municipal et en recevaient le
commission. Elle était commandée par détachements pour
processions, et en entier pour les réjouissances publiqi
ordonnées par le roi.
— J'ai dit que l'Election de Clermont avait été compri
en 1595, dans la circonscription de la nouvelle (iénérali
alors instituée h Soissons. Malgré sa situation topograpl
que(l), elle demeura, jusqu'en 1789, sous l'autorité de l'i
tendant de cette Généralité. Celui-ci l'e-xerçait sur les 1()5 ]
roisses de l'Election par l'entremise d'un subdélégué. Agei
d'instruction, de transmission et de surveillance, les sub(
légués n'avaient pas conservé le caractère de fonctionna
qu'avait voulu, un instant, leur conférer ledit fiscal de 17
Ils dépendaient exclusivement de celui qui les avait choi
et qui restait maître de les changer et déplacer à son g
Généralement, ils étaient pris parmi les chefs et les memb;
des juridictions locales.
Ainsi paraît-il en avoir été à Clermont où, à défaut
liste officielle — il n'en existe pas dans les Archives
l'Oise non plus que de l'Aisne, — des documents mentionn<
comme subdélégués, en 1700, Henri Guérin, sieur de Tub
mont, président de l'Election; en 1727, Jacques Bosquilb
l'horloge et fontaines, ann(^e commune, 25 livres. Entretien du coll<
année commune, 45 livres. Gros cens dû au prince de Condé, 78 liv]
Total, 227 livres 8 sols. Charges extraordinaires : Le bois, la chund
et lapaillc pour le corps de garde des troupes qui passent en cette vi
et le bois des feux de joie pour les réjouissances publiques, année c<
m une, 15 livres 16 sols.
A la même date, les revenus de la ville de Bulles s'élevaien
518 livres 10 sols, les charges ordinaires à 418 livres 8 sols et les chai
extraordinaires à 105 Uvres. Le patrimoine de Bulles comprenait 300
pens de bois et 200 arpens de marais, chargés d'un cens de 81 ii^
18 s. 2 d. tournois au profit du comté de Clermont.
(1) Elle était séparée par la Généralité de Paris des autres Electi
de la Généralité de Soissons et ne se trouvait reliée à celle-ci par au
chemin direct.
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■^^•^■1
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CLEHMONT EN 1789 111
Tiers Etat : Villes : MM. Chreslien de Sainle-Rerlhe ; Le-
fèvre, raaire de la ville de Bulles : lïuvey, lieutenant parti-
culier de la maîtrise des eaux et forêts; Bosquillon de Mari-
gny, lieutenant général de police. — Campagnes : MM. Prévost,
laboureur à Gaslenoy ; Maréchal, laboureur à Mauregard ;
Meurinne de Vasline, conseiller en l'Election, propriétaire à
Léglantiers ; Chevalier, maître de la poste aux chevaux de
Gournay-sur-Aronde.
Substituée dans une large mesure au tribunal administratif
de l'Election d'une part, au subdélégué de l'autre, l'Assem-
blée d'élection avait pouvoir et mission de répartir entre les
paroisses les impositions foncières et personnelles de toute
nature. Elle était le lien de correspondance entre les Assem-
blées municipales et l'Assemblée provinciale, transmettait à
cette dernière les projets qu'elle estimait utiles pour sa cir-
conscription, et réglait tout ce qui était relatif à cette circon-
scription sous l'approbation du roi.
La session de l'Assemblée devait se tenir chaque année, en
octobre, et ne pouvait dépasser quinze jours. Deux syndics,
pris, l'un dans le clergé ou la noblesse, l'autre dans le Tiers
Etal, étaient cliargés de la suite des alTaires, concurremment
avec une Commission intermédiaire de quatre membres, deux
des premiers ordres et deux du troisième. Les syndics nommés
furent l'abbé Saunier, chanoine de la collégiale de Clermont,
et M. de Sessevalle, maître des eaux et forêts et maire de
Clermont. La commission intermédiaire fut composée, pour
le clergé, de l'abbé Hauduroy ; pour la noblesse, de M. de
Guilbon ; pour le Tiers Etat, de MM. Bosquillon de Marigny
et Hu\ ey.
Les Archives de l'Oise conservent les procès-verbaux de
l'Assemblée d'élection de Clermont ; ils constatent l'impor-
tance des travaux exécutés par cette assemblée pendant sa
trop courte durée (1), et permettent d'afïïrmer l'influence
salutaire que ce régime, s'il eût été appliqué plus tôt, aurait
pu avoir pour l'avenir de.la royauté et de la France.
(1) Voir mon Essai de Statistique rétrospective. L'Assemblée d'élection
de Clermont en Beauvolsis et le Plumitif de l'intendant de Soissons,
en 1787. Bulletin du Comité des Sciences économiques et sociales, 4885,
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1)2 LE COMTÉ DE CLEIlMONT EN BEAUVOISIS
— Ce ne fut pas, on le sait, l'organisation nouvelle des Ad-
ministrations provinciales, mais l'ancien système électoral des
siècles précédents, que le^ Gouvernement prit comme base
en 1789, pour la réunion des Etats Généraux. Des lettres
patentes, adressées à chacun des Bailliages du royaume,
prescrivirent la convocation des membres des trois ordres
« pour conférer et communiquer ensemble tant des remon-
trances, plaintes et doléances que des moyens et avis qu'ils
auraient à proposer à l'Assemblée générale des Etats, et, ce
fait, élire, choisir et nommer un du clergé, un de la noblesse
et deux du Tiers Etat, lesdits députés munis d'instructions
et pouvoirs généraux et suffisants pour proposer, remontrer,
arrêter et consentir tout ce qui pouvait concerner les besoins
de l'Etat et la réforme des abus ».
Ce fut le 9 mars 1789 que le clergé, la noblesse et le Tiers
Etat du Comté de Clermont se réunirent en l'auditoire 'du
Bailliage sis à l'hôtel de ville, sous la présidence du marquis
de Flahaut de la Billarderie, grand bailli d'épée du Bailliage
et Comté, assisté de Maître Jean-François Castoul, seigneur
du Plessier-sur-Saiut-Aubin, conseiller du roi, lieutenant
général civil et criminel dudit Bailliage. Le marquis de la
Billarderie était muni de la procuration dé Louis-Joseph de
Bourbon, prince de. Condé (1), seigneur de Clermont, Breuil-
• le-Vert et Rotheleux, et de Louis-Henri-Joseph de Bourbon-
Condé, duc de Bourbon, seigneur de Nointel.
Après l'appel des noms (2), les membres des trois ordres
se retirèrent pour procéder séparément à la rédaction de
(1) A l'assemblée générale du Bailliage de Senlis, tenue dans cette
ville le H mars, le prince de Condé comparut également par procureur
(ce procureur fut le vicomte de Pons), comme soigneur engagiste de
Creil, de la mairie royale de Cinqueux, des fiefs de Chaumontel-la-
Ville, La Morlaye, La Versines, Les Haycs et Villers-SaintPaul.
(2) Voir la liste, Annexe IL Elle est extraite de l'ouvrage de M. G.
Desjardins, Le Beauvaisis, le Valois, le Vexin français, le Noyonnais
en 1789. L'auteur reproduit le texte des Cahiers adoptés par les trois
ordres. Voir p. 240 et 492 cette intéressante publication.
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CLERMONT EN 1789 113
leurs cahiers et à l'élection de leurs députés, qui furent :
Pour le Clergé : François-Joseph de La Rochefoueauld-
Bayers, évéque-comle deBeauvais(l).
Pour la Noblesse: Alexandre-François de La Rochefou-
cauld, duc de Liancourt (2).
(1) On lui donna pour suppléant l'abbé Michel Lestuvée, curé de La
Neuville-en-Hez. Né à Angouléme en 1735, François-Joseph de La Roche-
foucauId-Bayers était prêtre, licencié en théologie, et archidiacre du
Vexin, au diocèse de Rouen, lorsque Clément XIV le préconisa au con*
sistoire de juillet 1772. Il fil son entrée solennelle k Beauvais le 29 sep-
tembre de la même année. Pasteur vigilant et dévoué, il se consacra tout
entier à l'administration de son diod»se. C'est lui qui, en 1779, prit
l'initiative de la première caisse de secours en faveur des incendiés, et
le mandement qu'il publia à celte occasion donne, pour combattre un
fléau alors assez fréquent en Beauvoisis, les plus sages et utiles in-
structions. On sait qu'il refusa de prêter serment à la Constitution civile
du clergé et périt avec son frère Pi erre- François de La Rochefoucauld,
évoque de Saintes, le 2 septembre 1792, dans l'odieux massacre du
couvent des Carmes.
(2) Né le il janvier 1747, François-Alexandre-Frédéric de La Roche-
foucauld, titré d'abord duc de Liancourt, puis duc d'Estissac (1783),
grand maître de la garde-robe, chevalier des ordres, se consacra des
sa jeunesse aux améliorations agricoles et donna, dans son domaine de
Liancourt, le premier exemple de la culture des prairies artificielles et
des racines tuberculeuses ; il y créait en même temps des filatures
ainsi qu'une école des Arts et Métiers, qui a été depuis transférée à
Chàlons. Il prit une part active aux travaux de la Constituante. Emigré
après le 10 août, il employa lo temps do son eîrti à un voyage aux
Etats-Unis. Rentré en France à l'époque du Consulat, il se retira à
Liancourt et dévoua le reste de son existence k l'agriculture, en même
temps qu'à toutes les œuvres de bienfaisance et d'utilité publique. C'est
à son initiative, à ses soins persévérants que la France doit, entre
autres, la propagation de la vaccine. 11 était inspecteur permanent et
président de ce service, membre du Conseil général de l'Oise, du Conseil
du commerce et de l'industrie, du Conseil général de l'agriculture, du
Conseil général des hospices de Paris, lorsfjue, mis en suspicion à
cause de ses opinions libérales par le gouvernement de Charles X, il
fut révoqué par ordonnances spéciales* toutes rendues le même jour, de
ces diverses fonctions qu'il remplissait à titre gratuit. 11 mourut
8
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114 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Pour le Tiers Etat : Luc- Jacques-Edouard Dauchy (l), pro-
priétaire-cullivateur à Saint-Jusl-La Rue-Prévost, et Anne-
Joseph-François Meurinne (2), conseiller du roi, élu en TElee-
lion en raème temps que laboureur àLéglantiers.
Tels sont les noms des quatre personnages que la réunion
des trois ordres, tenue au mois de mars 1789 à Clermont,
choisit pour représenter le Bailliage à l'Assemblée destinée à
substituer un régime entièrement nouveau au régime sécu-
laire dont je viens de chercher à retracer l'histoire. Ils de-
vaient, avec leurs collègues des Bailliages voisins, apposer
leurs signatures au bas de la carte, dressée, en 1790, par le
Comité de constitution et portant fixation officielle des limites
du nouveau département de l'Oise. •
Ce département fut inslilué par le décret des 20 janvier,
1" et 7 février, et l'ancien Comté et Bailliage de Clermont fut
appelé à former l'un de ses neuf districts.
27 mars 1827; 11 siégeait, depuis 1814, à la Chambre des Pairs, avec le
titre de duc de La Rochefoucauld, titre dont il avait hérité de soo cousin
Louis-Alexandre, massacré par les Jacobins, à Gisors, le 14 septem-
bre 1792.
(1) Né à Saint-Just-en-Chaussée, le 2 octobre 1757, Luc-Jacques-
Edouard Dauchy s'était adonné à la culture. Il joua un rùle assez im-
portant à la Constituante, fit partie du Conseil des Cinq-Cents ; nommé
préfet de TAisne, après le 18 Brumaire, il entra au Conseil d'Etat, fut .
ensuite intendant du Trésor public dans les départements au delà
des Alpes et en lUyrie. Le département de l'Oise l'envoya siéger au
Corps législatif pendant les Cent Jours. Il est mort célibataire, à Saint-
Just, le 27 juillet 1817. Il avait été créé comte de l'Empire par lettres
patentes du 3 mai 1810, et était, depuisj'an XII, commandeur de la
Légion d'honneur.
(2) Originaire de Léglantiers, Anne-Joseph-François Meurinne de
Vastine ou d'Esvatines y exploitait la ferme de Buzodon, qu'avait
cultivée son père avant lui, lorsqu'il fut élu député du Tiers. Il rentra,
après la Constituante, dans son pays natal, où il mourut célibataire il
l'âge de 57 ans, le 14 pluviôse an VI. Son portrait est au Musée de
Clermont.
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ANNEXES
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS 11'
ANNEXE A
Estât au vray de la recepte ordinaire de la chastel
LENiE de creil au bailliage de Senlis, fait par MMgrs le
trésoriers de France à Jehan Preudhomme receveur ordinair»
dudil Creeil, pour ung an commençant au jour St Jeliai
Baptiste mv" et cinquante en finissant à semblable jour mv e
cinquante ung.
El premièrement
Recepte de grain muable.
Et est assavoir que au muy de tout grain (1) a douze mines
h la mine quatre quartiers et au quartier trois boisseaux.
Du moulin de Creeil baillé à Jehan Cayn pour deux ans
commençant au jour saint Jehan Bap'' mv' cinquante, pou
vingt-deux muys six mines de blé froment et moulture pa
moictié par an.
Despense du dit blé
Au chappelain de l'église de S. Evremond à Creeil, di
muys.
Au chappelain de la chapelle S. Nicolas fondée au chate
de Creeil, quatre muys.
Au chappelain de la chapelle de S. Eustace de Lavercines
huit muys six mines.
Pareil à la recepte.
Autre recepte d'avoine non muable.
De cens deuz en avoine le dimanche prochain après le jou
des Morts audit Creeil et autres lieux de la présente recepte
six mines (2) deux boisseaux d'avoine, produisant en argent
76 sols, dont ne se reçoit aucune chose.
(1) Le muid était de 6 hectol. 86.
(2) La mine d'avoine était de 95 litres 39.
L
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ANNEXE A 119
Au jour de Pasques de Résurrection appelé Pasques com-
munaulx par les pêcheurs de Creeil pour la pierre au poisson
de ladite ville, 48 s.
Au jour S. Evremond, pour cinq quartiers d'eaue au dessus
de la maistresse arche du pont de Creeil, 18 d.
Au temps de fenoisons, et en Mars pour corvées deues audit
Creeil, estimées 8 s. par an.
(Déduction : ne se reçoit aucune chose.)
79 1. 19 s. 9 d. de cens pour la terre et pré de la Morlaye.
111. il d. de cens deuz à Montataire.
79 s. sur des cens à Sainqueux.
17 s. 8 d. de cens en la mairie des Aigeux et Longueaue.
Total, 301 1. 15 s. 5 d.
Autre recepte non muable à cause de terres vacantes.
6 s. pour un arpent de terre assis à l'endroit du port de
Lavercines, baillé à toujours à Martin Darcaigne.
Autre recepte de domaines et fermes muables, payable aux
jours de Toussaint^, Chandeleur et Ascension par tiers,
baillés pour deux ans.
Du scel et escriptures du tabellionnaige de Creeil, baillez à
Adam de la Haye, 67 1.
Et autant de cire.
Du greffe de la prévôté du dit Creeil, baillé audit Adam,
duquel Jehan Mestaier a le droit, 46 1.
Du greffe du baillage de Senlis audit Creeil, baillé à Robert
Cabourdel, 31 1. 10 s.
Des exploits et amendes de la prévôté de Creeil, baillés à
Robert de Malmaison, 55 1.
Du travers par eaue dudit Creeil, baillé à Pierre Cayn,
huit- vingt quatre liv.
Cire, idem.
Du travers par terre dudit Creeil, baillé à Nicolas Dupré,
171.
Cire, id.
De la chaussée dudit Creeil, baillé au même, 12 1.
Des fours banniers dudit Creeil. baillé à Michel Chaulderon,
311.
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12() LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
Du brassin à cervoice dudit Creeil, lequel n'a élé mis à
prix.
Du tonnellieu, rouaige et foraige dudil Creeil, baillé à
Jelian Cliéron. 34 s. 6 d.
de la foire audit Creeil, qui se tient au jour
é à Pierre Broulart, 25 s.
et eslalaige de la foire dudit Creeil, qui se
Croix en May, non mis à prix.
e la monnoye audit Creeil, aussi non mis
mairie des Hayes, 8 1.
lairies des Aigeux, Longueaue, des Aigeux
Veneurs, baillé à Adam de la Haye, 6 1. 4 s.
mairie de Sainqueux, baillé à Nicolas Chariot,
a mairie de Monlataire, baillé à Jehan de
10 s.
(e de Nogent-les-Vierges, baillé à Pierre
e de Villers-S'-Paul, baillé à Jasques Broust.
3 de Laigneville, Sailleville et Moncy-S'-Elol,
ielin, 4 s. 6 d.
14 s. 6d.
V. poids de eire/de laquelle recette sera faite.
fe louauje de prez, paiable auxdiiz Jours de
handeleur et Ascension, par tierSy baillez pour
mençant au Jour de S. Jehan B'" 1550.
de prés assis en la prairie de Thiverny en
écéderament louez par ung seul bail, et de-
n dix baux, 115 1. 12 s.
pour le louage des prés ci-après :
is de prez en la prairie de Verneuil-sur-Oise.
> prez en la prairie de Montataire et Creeil.
le moulin du prez.
ré qui furent au Cardinal d'Amiens.
5 pré en la prairie de Creil.
5 pré k la Tomboire.
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ANNEXE A 121
35 verges de pré au petit marais.
Demi-arpens de pré à la Voie-aux-Vaches.
Deux arpens de pré nommez le pré du Ghapperon.
Un arpent un quartier de pré sis à Thiverny.
10 arpens et demi de pré dans la prairie de Creeil.
Un arpent et demi de pré en ladite prairie.
Six arpens trois quartiers en la prairie de Vaux-les-Creeil.
Une pièce de pré'et jardin, avec les arbres estant en icelle,
le tout contenant deux arpens trois quartiers huit verges,
assiz dedans le Cloz du roy, et non compris ce qui fait sépa-
ration entre les jardins et les vignes dudlt cloz dont souloit
joïr le cappitaine et concierge du chasteau de Creeil.
Autre recepte de domaine muable baillée pour diverses années.
De l'étang de Gouvieux (1) avec les logis et travers de la
chaussée d'icelluy, la fosse aux anguilles, la rivière et leurs
appartenances, par cydevant baillez à 600 1. par an outre les
charges d'entretenir lesdits logis et de paier la fondation du
chappelain de l'hôtel du roy à la dite chaussée, et les gages
des gardes des grilles dudlt étang, à Pierre Bezaufroy par
D'" Marguerite d'Oyron, à laquelle la feue royne de Navarre
jouissant en usufruit du revenu de la présente recepte en
avolt fait don. — Néant, que le roy, par lettres patentes
données à S. Germain le 12* jour de juin 1550 a fait don de tous
les revenus, profits et émolumens au duc de Montmorency,
connestable de France, pour en jouir par ses mains durant
9 années, commençant au jour du trépas de ladite royne,
advenu le 21* jour de décembre 1549, charges ordinaires et
anciennes estant sur ledit revenu préalablement payées, et
pourveu que ledit duc de Montmorency entretienne lesditz
estang et chaussée en tel estât et réparation qu'il les trouve-
roil à son entrée en joissance.
(1) Cet étang, l'un des plus considérables du Beauvoisis, était ali-
menté par la Nonette ; il s'étendait depuis Gouvieux jusqu'au delà de
Chantilly vers Saint-Firmin. Il fut détruit, en 1658, lors d'une inonda-
tion qui emporta la digue de l'Ouest. C'est sur son emplacement qu'a
été creusé le grand canal de CbantiHy. (Graves, Canton de Creil, p. 5.)
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CLERMONT EN BEAUV0ISI8
Roy, 10 arpens et demy ou environ,
ment le capitaine de Creeil, actuelle-
5. 2d.
es de terre, 10 s.
Colombier, 102 s.
îliaussée de Gouvieux, néant, parce
stre exposée en bail.
ts Aigeux, partissant par moitié entre
>nis, pour le roy, 10 s.
Inoie et de bruyère, partissant comme
6d.
iu roy au jour de Noël par les habi-
1, qui est ung pain de quatre deniers
pain ung denier pour chacun chef
use des usages qu'ils ont en la forest
\T.
Id. par.
cause des étaux de la boucherie de
es du pont, baillez à ferme,
n'ont pas trouvé preneur, produi-
de France réclame du receveur un
ne sont pas en plus grand nombre,
récédents états ils avaient produit
piz, reliefs, quinix et requiniz, de-
sines et amendes, et autres projitz
quints et requintz, deniers prove-
e la châlellenie de Creeil, néant.
Lsines provenant de la vente d'hérl-
3 chatellenie, déduit le quart que y
1 s, 9 d.
aes provenant à cause de la terre et
arlissant comme dessus, 25 s.
3s adjugées pardevant le lieutenant
eil, 20 s.
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ANNEXE A
Des amendes arbitraires adjugées par devant le pré\
Creeil, 40 s.
Total : 16 1. 6 s. 9 d.
Autre recepte de ventes de bois et autres projitz d'ea
etforestz.
Ventes de bois ordinaires en la forest de Pomeraie,
3 s. 8 d. ob.
Menues ventes des ditz bois, 13 1. 6 s.
Bois des Aigeux, ventes ordinaires partissant comm
sus, néant. — Menues ventes, 13 s.
Paisson desdites forestz, néant.
Des amendes adjugées par devant le maître des ea
forestz ou son lieutenant à Sentis, néant.
Des amendes adjugées par devant ledit maître des
et forestz aux jours de réfTormation tenuz le 19 aoul
déduit le tiers que y prend comme dessus le sergent D
reux, 8 1. 6 s. 8 d.
Des amendes de 60 s. adjugées à cause de la forest (
meraie par devant le gruyer d'icelle, baillées à Eloi T
pour deux ans, 17 1. 10 s.
De semblables amendes adjugées par devant ledit gi
à cause des bois et buissons des Aigeux, partissant c<
dessus, baillées pour 6 livres par an.'
Amendes au dessus de 60 s. néant.
Total : 320 1. 2 s. 4 d. ob.
Et 23 livres de cire.
Autre recepte de ventes extraordinaires de bois.
De ventes extraordinaires de bois faites en la forêt de 1
raye par Jacques Lelièvre, maître particulier des eaux et
de France, et François Marotte, s' du Buisson, le 8 févriei
en vertu des lettres patentes du roi notre sire 1669
Autre recepte, à cause de la pèche de l'étang de Gouo
Néant, à cause du don fait au duc de Montmorency.
Autre recepte de vente 'de grains et cire.
Vente de deux mines d'avoine (mairie de Montala
raison de 13 s. la mine, 26 s.
\sài^.
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ï^^^î^ï
124 LE COMTÉ DE CLEKMONT EN BEAUVOISIS
Vente de 512 L 3 quarts de cire à raison de 12 d. par livre,
25 1. 12 s. 9 d.
Somme toute de la recepte du présent état quant à l'ordinaire,
1398 1. 4 s. 4 d. ,
Et les deniers provenant de vente extraordinaire de bois,
montent à 1669 1. 5 s.
Dépenses du présent état.
El premièrement.
P'ief et aumônes et renies à héritage au eliapellain de la
chapelle S. Nicolas du châtel de Creil, aux jours S. Jean-
B'' et Chandeleur, pour sa robe et luminaire, 4 1. 1 s. — Au
jour de Toussaint pour quatre muis de vinage à 40 s. le
muid, 8 1. en tout pour ce 12 1. 1 s.
Au chapitre de l'église S. Evremond audit Creeil, au jour
des Morts, sur le travers par terre, 44 s. — Le dimanche
avant Pâques llories, sur le travers par eaue. pour le lumi-
naire, 50 s. — Au lendemain de Noël, sur les vignes qui
furent à feu Porrus de la Versine et Colin Le Coq, 10 s. —
Au jour de Toussaint pour la vigne du Clos du roi, 2 muys
8 septiers de vin. — Au jour de S. Jean-B'* et de Noël, 16 s.
de rente et le jour de S. Remy 2 d. de cens sur la maison du
roy estant audit Creeil derrière l'église S. Médard, en tout
11 1. 1 s. 4 d.
Aux religieux chartreux de Vauvert-les-Paris, sur la mairie
des Haies, si tant elle peut monter, ou sur la masse de la
présente recepte, 31 1. par.
Auxdilz chartreux sur la censé de Brenouille, pour la fon-
dation de leur église par feu Louis de Bourbon, comte de
Clermont, 24 1., néant.
Au chapelain de la chapelle de S'' Catherine fondée en
l'hotel du roi à la chaussée de Gouvieux, 12 1. — Mais à cause
du don fait au duc de Montmorency, néant.
Aux doyen, chanoines et chapitre de l'église N. D. de Sentis,
au jour S. Remy pour le cens du chastel de Creeil, 100 d.
Somme, 66 1. 10 s. 8 d.
Au chapelain de la chapelle S'* Anne fondée dans l'hotel
Dieu de Creeil pour dix charrettes de bûches de quatre
mosles chacune, dans la forêt de Pomeraye, apprécié ^ 15 d.
par., le mosle, 50 s. Néant.
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fmr^
ANNEXE A 125
Gaiges d'officiers, paiables aux Jours de Toussaint,
Chanaeleur et Ascension.
Au lieutenant du baiiii de Senlis, à Creeil, 16 1.
Au prévôt en garde, 20 1.
Au procureur du roi, 10 1.
Au s' Jelian Preudliomme, recepveur, 32 1.
Au capitaine du cliâtel, 80 1.
Au concierge dudit cliâtel, 16 1.
Au portier d'icellui cliâtel, ordonné pour garder la porU
nettoyer les gouttières, 11 1. 12 s.
S. 185 1. 12 s.
Autres gaiges d'officiers d'eaues et forets.
Au gruyer de la forêt de Pomeraye, 8 1.
Aux deux sergents de ladite forêt, à chacun 41
Au garde du gril d'en haut de l'étang de Gouvieux, 41.
— à la charge du fermier, néant.
Frais de justice et d'arpentage.
Frais de justice es sièges du bailliage et prévôté, 12 1. H
Frais de mesurage et arpentage des ventes ordinaires
bois, 15 1. 14 s.
Autres frais d'arpentage T>our bail des vignes, 26 s. 6 d.
Ouvrages et réparations et autres frais.
Maçonnerie à l'étang de Gouvieux, 68 1. 2 s. 3 d.
Autre maçonnerie audit étang, 185 1.
Maçonnerie aux piles des ponts du moulin Bannier de Grell, 592 1. \
Charpenterie, maçonnerie et couverture dudit moulin, 264 1. 16 s. p
Frais des officiers et architectes, 27 1. 8 s.
Frais de visite des maîtres des œuvres et ouvriers et de
des ouvrages, au château, ponts et moulins de Creeil, 14 1.
Réparations et augmentations des ustensiles, harnais, etc. di
moulin, 12 1. p.
S. 225 1. 18 s. 6 d.
Voyages et taxations des clercs et du recepveur, 122
8 s. pai;.
Deniers payez à gens qui en doivent compter sur les
ventes de bois extraordinaires.
Au sieur Jacques Marcel, recepveur général des finance
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ANNEXE A
pour estre par luy employée aux frais exlraordluain
restent encore à faire pour les ouvraiges et répara lioi
saires estre faites à l'estang et chaussée de Gouviei
sons et lieux qui eu dépendent, que le roy a ordon
réparez et remis en bon estât, pour estre rendus tel?
du don que ledit seigneur en a fait au duc de Monti
connestable de France, dont mention est falste au
estât ; et aux chasteaux, pontz et moulins de Cre
éviter la ruine d'iceulx.
Et quant aux deniers provenant de ventes extraor
de bois de liaulte fustaye la recepte monte, 1669 1. 5
Et la despense, y comprise une partie, monte 27 1.
pour les frais de recouvrement desditz deniers c;
couchés et tenus en souffrance, 1520 1. 13 s. 8 d.
Reste que doit cedit receveur, à cause desdites
extraordinaires de bois, 148 1. 12 s. 3 d.
Fait à Paris le 18* jour de Mars l'an 1551. — Signé C
Grolier, Preudhomme
Archives de l'Aube, D. 92.
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LE COMTÉ DE CLKRMONT KN UKAUVOISIS ' I2ÎÏ
ANNEXE B
Contrat d* Engagement du 13 août 1569.
Pardevant Parque, Edme él Pierre Poutrain, notaires du
Roi, notre dit seigneur en son cliâtel de Paris,
Fut présent en personne, T. H. T. P. prince monseigneur
François d'Alençon, frère du Roi, assisté de messeigneurs
Nicole de Pellevé, arclievéque de Paris, Chrisloptie de Ttiou,
premier président en la Cour de Parlement , Nicolas Le Gendre,
seigneur de Villeroy, Jean-Jacques de Mesmes, seigneur de
Roissy, Gilles Bourdin, procureur-général du Roi, notredit
seigneur en son privé Conseil, pour au nom et comme ayant
charge de vSa Majesté et de T. H. et T. P Dame la Reine sa
mère, par lesquels ledit soigneur duc a promis faire ratifier
et avoir le contenu en ces présentes pour agréable, lequel
par advis et conseil desdits seigneurs, et pour subvenir aux
grandes et urgentes affaires du Roi et du royaume, notoires
à un chacun, a confessé avoir vendu, constitué et assigné
par la teneur de ces présentes, vend, constitue et assigne,
promis et promet garantir délivrer et deffendre de tous
troubles et empêchements quelconques,
A T. H. T. P. prince Eric duc de Brunsvick et de Lune-
bourg, elc, absent, messire Ballhazar de Vaudrelinde, capi-
taine, agent et procureur dudil seigneur de RrunsvicJv, fondé
de procuration insérée à la lin des présentes, à ce présent
stipulant et acceptant pour ledit seigneur duc de Brunsvick,
ses héritiers et ayant causes, 30,000 livres tournois de rente
annuelle et perpéluelle, et icelle avoir et prendre par ledit
seigneur duc de Brunsvick, ses héritiers et ayant causes,
par chacun an, ainsi et en la forme ci-après déclarée, c'est à
savoir que pour la somme de 16,000 tournois faisant partie
des 30,000 livres tournois de renie, mondit seigneur duc
d'Alençon audit nom cède, quitte, transporte et délaisse audit
seigneur duc de Brunsvick, absent, stipulant comme dessus,
les Comté, terres et seigneurie de Clermont en Beauvoisis,
9
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130 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
consistant en chastel, ville de Clermont, terres et seigneuries
de Bonneuil, la Warde-Mauger, la Hérelle, Remy, Gournay,
Moienneville, Mery, Cagny, Troussures, Sacy, Bulles, Bailleul
et la cliâtellenie de Creil ; ainsi que les dites châtellenie de*
Creil et seigneuries s'étendent, poursuivent et comportent
tant en villes, châteaux, places, maisons, forteresses, fruits,
profils, revenus et émoluments, honneurs, hommages, vas-
saux, vassellages et sujets, bois taillis, étangs, rivières, fours^
moulins, prez, pâturages, fiefs, arrière-lîefs, justices, jurisdic-
tlons, forfetures, confiscations et amendes, quints, requints,
lods, ventes, profits de fîefs et de tous autres droits et débltoi-
res quelconques qui appartiennent auxdits comté, châtellenie
et seigneuries à cause d'icelles, avec les droits tant de patro-
nage d'église, collations de bénéfice, dépendant desdits comté,
châlellenie et seigneuries que des otîices ordinaires d'icelui,
aux quels bénéfices ledit seigneur duc de Brunsvick pourra
pourvoir et présenter des personnes capables et comme le
comte de Clermonl et seigneur desdites terres et seigneuries
le peut faire, le cas de vacations advenant, et quant aux
offices ordinaires ledit seigneur comte, advenant vacations,
y pourvoira de plein droit si bon lui semble ou présentera à
sa Majesté personnes capables, suffisantes et de qualités
requises, auxquelles sadite Majesté, et ses successeurs rois
seront tenus bailler provisions, sans que ceux qui auront été
pourvus par ledit seigneur duc de Brunsvick, ou par le roi à
sa nomination puissent être révoquez, encore que ledit comté,
châtellenies et seigneuries soient retirés par sa Majesté, ou
rachetés par ses successeurs, par vertu delà faculté ci-après
déclarée. Ains jouiront lesdits officiers de leurs états leur
vie durant comme les officiers royaux de ce royaume.
Et généralement mondit seigneur duc d'Alençon a cédé et
transporté audit seigneur duc de Brunsvick, tous les droits
auxdits comté, châtellenies et seigneuries appartenants, sans
aucunes choses en excepter, retenir ou réserver, sinon le res-
sort et souveraineté, foy et hommage desdits comté, châtelle-
nies susdits, et aussi excepté les bois marmentaux et de haute
futaie de la forêt de liez, et autres forêts, à la charge de jouir
par ledit seigneur duc de Brunsvick, des bois taillis selon les
coupes ordinaires et accoutumées, quand le bois sera en âge
d'être coupé, ainsi que ces coupes ont été faites et divisées
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ANNEXE B 131
d'ancienneté en laissant les balivaux, suivant l'ordonnance
et comme bon père de famille, sans souffrir y être fait ou
commis aucune malversation ou abus ; et pour accomoder
ledit seigneur duc de Brunsvick de l'usage et commodité
qu'il pourrait tirer de ladite forêt, ledit seigneur duc d'Alen-
çon audit nom a accordé et accorde que ledit seigneur duc
de Brunsvick et ses héritiers tant qu'ils jouiront desdits
comté, châtellenies et seigneuries, auront et prendront par
chacun an en la forêt de Sentis ou de Gompiègne, ou celle
qui pourra le mieux porter, deux arpens de bois de haute
futaie par la marque et montre des ofliciers des forêts.
Pareillement a réservé ledit seigneur duc d'Alençon à sa
dite Majesté les confiscations, en cas de crime de lèze-majesté
divine et humaine et de fausse monnoye, les quelles confis-
cations appartiendront à Sa Majesté. A été expressément
accordé que la justice desdits comté, châtellenie et seigneu-
ries devra être exercée par les ofliciers de présent pourvus,
et qui cy après y seront établis, tant au nom et par le Roi
que dudit seigneur duc de Brunsvick, comte de Clermont,
ainsi qu'à présent ladite justice est exercée de par le Roi et
la Reine sa mère, et pourra en ce faisant ledit seigneur duc
de Brunsvick se faire nommer comte de Clermont, seigneur
et châtelain dudit Greil, et seigneur des seigneuries, auquel
les officiers rendront tous devoirs et obéissances, comme
aussi tous les hommes, sujets et vassaux desdits comté et
châtellenie et seigneuries, qui seront tenus faire renouveler
les hommages, foy et fidélité, comme à leur nouveau seigneur
et comte, ainsi que la coutume du pays le requiert, sans que
lesdits vassaux puissent ou soient contraints faire leur foi
et hommage en la Chambre des comptes ni ailleurs, que
pardevant ledit seigneur duc de Brunsvick, ou ses officiers
commis et députés audit comté ; desquels hommage et récep-
tion en foi qui sera fait à l'avenir tant et si longuement que
ledit seigneur duc, ses héritiers et ayant causes jouiront du-
dit comté, sera fait registres par les greffiers ordinaires desdits
comté, châtellenies et seigneuries susdites, les officiers pré-
sents, lesquels registres le seigneur duc de Brunsvick sera
tenu faire porter ou envoyer de trois en trois ans, avec les
comptes de la recette ordinaire d'icelui comté et châtellenies
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132 I.E COMTK DE GLEUMONT EN BEAUVOlSlS
et seigneuries en la chambre des Comptes à Paris, duement
collationnés aux originaux d'iceux qui auront été clos
et arrêtés par ledit seigneur duc de Brunsvick, ses commis
ou députés.
Pareillement a été accordé que les châteaux de Glermont et
de Creil, la Neuville-en-Hez, et autres places et maisons des
dits comté, châlellenieset seigneuries, seront vus et visités par
les oflicieris du Roi, sur les lieux appelés gens à ce connais-
sanl, qui feront rapport et procès-verbal de l'état auquel sont
de présent lesdits châteaux, places, maisons manables, seront
mis en tel état et réparations que besoin est, pour les habiter
comme devant, pour faire lesquelles réparations, le roi fera
bailler et délivrer les boismarm'enlaux et de charpente néces-
saires : sera tenu ledit seigneur duc de Brunsvick avancer
les autres frais et dépenses nécessaires desdites réparations
jusqu'à la somme toutefois de 10,000 livres tournois, pour une
fois et au-dessous, non plus : et que ledit seigneur duc de
Brunsvick sera tenu maintenir et entretenir lesdits édifices
et bâtiments après réparations faites, en bonne et due répa-
ration comme bon père de famille, et les autres places et
lieux qui lui seront baillés, laquelle somme de 10,000 livres
ou autre moindre somme, à laquelle se trouvera monter la-
dite réparation, le Roi et ses successeurs Rois seront tenus
rendre en faisant rachapt desdits comté, châtellenies et sei-
gneuries ainsi qu'il sera dit cy après.
Davantage a été accordé que ledit seigneur duc de Bruns-
vick pourra et luy sera loisible et à ses successeurs faire et
disposer tant par dons entre vifs que par mort desdits comté,
châtellenies et seigneuries et appartenances, au profit de
l'un ou plusieurs de leurs enfants, ou héritiers légitimes ou
naturels et autrement, ainsi que bon luy semblera, sans que
celui ou ceux au profit desquels seront faites lesdites dispo-
sitions soient tenus impélrer ou avoir de Sa Majesté autres
lettres de naturalité ou dispense aucune, le tout toutefois à
la charge du rachat perpétuel, et sans préjudice dlcelles
charges et conditions susdites ; encore a été accordé le cas
advenant que ledit seigneur duc de Brunsvick, ses succes-
seurs et ayant causes, leurs officiers serviteurs et domes-
tiques de quelque qualité qu'ils soient, qui seront par lui ou
ses successeurs envoyés et qui demeureront eu France pour
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ANNEXE B 133
le régime, gouvernement et administration desdits comté,
châtellenies et seigneuries et leurs appartenances, étant de la
nation dudit seigneur de Brunsvick et non sujets du Roi, ne
seront tenus contribuer à aucunes taille, aides, subsides ou
imposition ordinaire el extraordinaire, et le cas advenant,
que les susdits ou aucuns d'eux étant au service dudit sei-
gneur duc de Brunsvick décédassent en ce royaume, les
biens qu'ils délaisseront, meubles el immeubles étant en ce
royaume, seront et appartiendront à leurs héritiers ou ayant
causes, sans que l'on puisse prétendre par ledit droit d'au-
beyne, ni autrement, encore qu'ils n'eussent obtenu aucunes
lettres de naturalité, ou songé de tester, et afin qu'aucun ne
puisse abuser dudit privilège, ledit seigneur duc de Bruns-
vick baillera par chacun an au greffe de Clermont, un état
signé de sa main ou du gouverneur, qui sera par lui commis
audit comté, contenant les noms et surnoms de ceux qu'il
aura envoyés habiter en ce royaume pour le service desdits
comté, châtellenies et des terres et seigneuries.
Et le reste desdites 30,000 livres tournois de rente montant à
la somme de 14,000 livres tournois par chacun an, mondit sei-
gneur ducd'Alençon, audit nom, a icellesomme de 14,000 livres
tournois de rente assignée audit seigneur duc de Brunsvick ses
héritiers et ayant causes sur la recette générale de Paris,
payable par quart accoutumé de chacune année en année, et
quinzejoursaprèsletermeéchu,lepremierpayementcommen
çant par portion de terme au premier jour d'octobre prochai-
nement venant, laquelle assignation sera et demeurera per-
pétuelle et irrévocable, et sera distraite de ladite recette par
états qui seront faits aux receveurs présents et à venir, et
mise et employée comme charge ordinaire. Au payement de
laquelle somme de 14,000 livres tournois de rente payable ou
par chacun an ou payable par chacun quartier, ledit seigneur
duc de Brunsvick, ses héritiers et ayant causes pourront
contraindre le receveur général de Paris présent el à venir
par la vertu de ces présentes, et sans mandement et acquit,
comme pour les propres deniers et affaires du Roi. Lesquelles
sommes de 16,000 livres tournois d'une part, et 14,000 reve-
nant ensemble à ladite somme de 30,000 livres tournois de
rente ledit seigneur duc d'Alençon a promis, promet fournir
et faire valoir, et bien payables, audit seigneur duc de Bruns-
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134 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Vick, par chacun an sans diminution ès-mains du receveur
ou receveurs, qui seront par lui commis, et ce jusqu'à ce
que évaluation soit faite du revenu dudit comté de Clermont,
cliâtellenie de Greil et seigneuries susdites ; et pour faire
laquelle évaluation, ledit seigneur duc d'Alençon et ledit
Hallliazar Vaudrelinde audit nom ont nommé, savoir : ledit
seigneur duc d'Alençon, ia personne du seigneur de Chan-
tolou. Trésorier de France, en la charge d'Oullre-Seine et
Yonne, establi à Paris à ce présent ; et ledit Balthazar Vau-
drelinde, audit nom, la personne de monsieur Jean Lefebvre,
(lénéral en la généralité d'Oultre-Seine et Yonne et comté
d'Auxerre, lequel pour cet effet à sa requête aussi à ce pré-
sent a été habilité et dispensé, sous le bon plaisir du Roi :
Pour, icelle évaluation faite, jouir par ledit seigneur duc de
Brunsvick, du total revenu desdils comté, cliâtellenie et
seigneuries sur et tant moins de ladite somme de 30,000 livres
de rente ci-dessus vendue et assignée, et ce qu'il se défaudra
d'icelle sera pris et reçu par ledit seigneur duc de Brunsvick,
sur la recette générale de Paris, en la forme ci-dessus dicte.
Celte présente vendltion, constitution, cession, transport
et assignation faite pour et moyennant le prix et somme de
300,000 livres tournois revenant à 360,000 florins, 20 palars
de Brabant chacun florin, suivant ladite procuration dudit
seigneur duc de Brunsvick. Promet ledit Balthazar de Vau-
drelinde, audit nom, bailler et fournir, savoir : en la ville
d'Anvers 8-20,000 florins valant 9-50, 12,000 livres tournois
dedans la fin du présent mois d'août, ès-mains du sieur
(leFéraz, résident pour les affaires de Sa Majesté es bas pays
de Flandres, ou autre ayant charge de Sa Majesté ; à Venise,
40,000 florins valant 48,000 livres tournois dedans le huitième
jour de septembre prochainement venant, ès-mains du sieur
de P'oy, ambassadeur pour le Roi devers la Seigneurie de
Venise, ou autres ayant charge de Sa Majesté : au lieu de la
part où sera le camp ou armée de Sa Majesté, la somme de
100,000 florins, valant 6-20,000 livres tournois, en l'acquit de
Sa Majesté et payement des reistres qui sont à présent à son
service audit camp, et d'icelui payement de 100,000 florins,
fournir des quittances desdits reistres dedans le dernier jour
du présent mois d'août, et au cas que dans ledit temps, il
serait défaillant d'apporter ladite quittance, ledit Sieur Bal-
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ANNEXE B 135
Ihazar Vaudrelinde, audit nom, sera, lenu de payer ladite
somme de 100,000 florins, là par et dans le temps qu'il plaira
au Roi, et seront les quittances de payement transcrites à la
fin de la minute de l'original du présent contrat. En ce fai-
sant et payant lesdites sommes comme ci-dessus est dict,
jouira ledict seigneur duc de Brunsvick de ladite rente et
des fruits desdils comté, châlellenie et seigneuries à com-
mencer du cinquième jour du présent mois d'août, que les
articles du présent contrat ont été accordez et signés de la
main dudit seigneur duc d'Alençon ; et lequel seigneur duc
de Brunsvick à cette fin, ledit seigneur duc d'Alençon audit
nom, a subrogé et subroge aux dits lieux, droits, noms, rai-
sons, actions, prérogatives, prééminences, autorités et autres
droits quelconques de Leurs Majestés. Sera aussi tenu ledit
seigneur duc de Brunsvick, continuer et entretenir les otïi-
ciers qui y sont de présent, ès-dits comté, terres et seigneu-
ries, pourra néanmoins mettre tels capitaines es places,
châteaux et lieux dépendans desdits comté, terres et seigneu-
ries que bon lui semblera. Lesdites vendilion, cession et
transport, faites sous la faculté de rachapt perpétuel et de
pouvoir par Sa Majesté et ses successeur^ Rois, remettre en
ses mains ledit comté, terres, châtellenie et seigneuries, leurs
appartenances et dépendances, et ladite somme de 14,000 li-
vres de rente assignée sur la recette générale de Paris, tou-
tefois et quand bon lui semblera, en rendant, payant et
remboursant en un seul payement audit seigneur duc de
Brunsvick, ses héritiers et ayant causes ladite somme de
360,000 livres tournois en espèces d'or monnoyé, pour le prix
qu'elles auront cours lors du rachapt avec la somme de
10,000 livres tournois, ou ce que de celle qui aura été payée
par ledit seigneur duc de Brunsvick pour les réparations
desdits châteaux et places mentionnés ci-dessus, et ce en l'une
ou celle des villes d'Anvers en Brabant, Aix en Allemagne,
Strasbourg, Francfort, Liège et Trêves, qu'il plaira à Sa
Majesté choisir, à ses frais et dépens toutefois. Et depuis a
été davantage accordé que le cas advenant que ledit seigneur
duc de Brunsvick soit empêché par les moyens des émotions
et guerres civiles, en la jouissances desdits comté, châtel-
lenie et seigneuries, et que à cause d'iceux ne puisse jouir
des fruits, profils, revenus, émolumens y appartenant, par
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13(3 LE COMTÉ DE CLEHMONT EN BEAUVOISIS
deux ans enliers et eonséculifs, que le Roi sera tenu lui
bailler et assigner autres terres de pareille valeur, qualité et
commodilé que ledit comté de Clermont, pour en jouir par
ledit seigneur duc de Brunsvick, jusqu'à ce que sa Majesté
le fasse jouir paisiblement dudit comté de Clerraont et de
ses appartenances, promettant Monseigneur duc d'Alençon
fournir et faire bailler audit seigneur duc de Brunsviclc, de-
dans huitaine, lettres patentes de Sa Majesté en bonne et due
forme, contenant autorisation, ratification et approbation du
présent contrat avec toutes autres provisions qui seront et
pourront èlre nécessaires audit seigneur duc de Brunsvick,
pour jouir des choses susdites, avec toutes dérogations aux
édits, ordonnances et autres sûretés k ce requises et néces-
saires, et icolle faire entériner, vérifier, lire, publier et enre-
gistrer, tant en la cour du Parlement, Cliambre des dits
comptes que Cour des aides à Paris, Trésoriers de France et
généraux des Finances qu'il appartiendra. Sera aussi tenu
et a promis mondit seigneur dWleuQon, bailler et fournir
audit sieur l^altliasard de Vaudrelinde, audit nom, lettres
de ratification de la Reine sa înère, par lesquelles Elle
renonce h tous les droits qu'Elle a et qui lui appartien-
nent sur lesdits comté de Clermonl, châtellenie de Creil,
terres et seigneuries, leurs appartenances et dépendances en
chacune d'icelle ; promettant ledit seigneur duc en foi de
prince et en chacune d'icelle, et ledit seigneur Balthazard
de Vandrelinde ès-noms, chacun en droit soi, entretenir et
faire accomplir tout le contenu en ces présentes de point en
point, sous l'obligation et hypothèque de tous et un chacun
leurs biens meubles et immeubles, présen's et à venir qu'ils
ont pour ce soumis et soumettent, ès-dits noms, chacun en
droit soi, à la correction et contrainte de toutes juridictions
et justices. Renonçant à toutes choses généralement quel-
conques à ces lettres, contraires aux droits disant générale
renonciation, non valoir. En tesmoing de ce, nous, à la rela-
tion desdits notaires avons fait mettre le scel de ladite Pré-
voté de Paris à ces dites présentes qui passées furent Tan 1569,
le samedi 13"' jour d'août.
Archives nationales, Ql 8;i4-8o5.
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■r ^
LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS 137
ANNEXE G
Chambre des Comptes de Paris. Procédure d'évaluation du
Comté de Clermoni en Beauvoisis et autres domaines compris
dans le contrat d'engagement du 13 août 1569.
f Archives nationales, Q\ 854-855.:
Le contrat d'engagement portait qu'évaluation serait faite
du Comté par le sieur de Neufville de Chantelou, tréso-
rier de France en la charge d'OulIre-Scine et Yonne, et Jehan
Lefèvre de Caumartin, Général des finances on la même
généralité.
Par requête adressée au Roi et à son Conseil privé, le
mandataire du duc de Rrunswicl^ représenta que le sieur
de Chantelou avait procédé seul à l'évaluation, sans appeler
son collègue, et avait fait monter cette évaluation à la
somme de 20,916 livres 13 sols picte tournois. Il déclara
avoir à produire des observations et demanda une nouvelle
évaluation.
La requête fut renvoyée par le Conseil k la Chambre des
Comptes le 9 octobre 1570 avec lettres patentes du Roi en
mandement.
La Chambre, par arrêt du 22 novembre 1570, commit deux
maîtres des Comptes pour, avec M" Jehan de Neufville,
seigneur de Chantelou, et Jehan Lefèvre de Caumartin, revoir
l'évaluation faite par ledit sieur de Neufville, ouir les
remontrances et doléances du duc, et sur ce faire leur rap-
port.
Les deux maîtres des Comptes Paris Hesselin et Jean
d'Argillière ouvrirent leur procès verbal le 27 novembre 1571
pour revoir l'évaluation dressée en huit cahiers arrêtés à la
date du 26 décembre 1569 par le sieur de Neufville, en faire
la comparaison avec les anciens registres des revenus du
Comté, depuis 1546, et apprécier les observations présentées
par le duc de Brunswick.
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-■^^^fmfm^^
138 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Leur travail fut interrompu par le décès du mandataire du
duc, par les travaux ordinaires de la Chambre. Des lettres
patentes du 8 février 1572 enjoignirent aux commissaires de
procéder sans désemparer à l'évaluation. Fille ne put toute-
fois être reprise que le 15 avril attendu l'absence de d'Argil-
lière mandé à la Cour pour les affaires dti Roi.
Quarante-huit vacations, du 15 avril au 9 juin, furent
employées par les commissaires ; de plus amples vérifications
avaient été faites tant sur les anciens comptes que sur les
lieux par lettres des commissaires adressées aux Baillis de
Clermont et de Senlis et à leur lieutenant à Creil. Les re-
gistres des eaux et forêts de 1549 k 1559 avaient été com-
pulsés pour savoir le produit des bois taillis de la forêt de
Hez et des bois et buissons des châtellenies.
D'après le procès verbal du maître des eaux et forêts du
Comté, sur l'avis des marchands de bois dudit Comté, le
meilleur arpent de boîs de 18 à 20 ans (l'arpent de 100 verges,
la verge de 22 pieds, le pied de 12 pouces) rapportait 16 livres
environ. La coupe ordinaire était de sept vingt-quatre ar-
pents produisant 1,440 livres parisis.
La Chambre des Comptes, sur le rapport des commissaires,
évalua la coupe ordinaire de la forêt de Hez à 144 arpents de
l'âge préfixé de 18 à 20 ans. et, fixant le produit de l'arpent à
20 livres, porta la recette totale de ce chef à 2,880 livres
parisis ou 3,600 livres tournois. Elle arbitra les treize arpents
de bois qui se coupaient par chacun an aux bois Bour-
bon près RonqueroUes, à raison de 8 livres l'arpent, à
104 livres parisis, soit 130 livres tournois.
Par acte du 30 juin 1574, les mandataires du duc de
Brunswick, Joachim Goetz, docteur es lois, Louis Le Caron,
lieutenant général au Comté de Clermont, Girard Sac, rece-
veur dudit Comté, Jacques Petit, conseiller et secrétaire,
avaient déclaré accepter, en son nom, l'estimation du sieur
de Chantelou pour les bois taillis, afin d'éviter les grands
frais résultant d'une nouvelle opération.
La même estimation attribuait aux offices du Comté, tant
à gages que sans gages, une valeur annuelle de 1,817 livres.
Un arrêt du Conseil privé modéra la somme à 1,200 livres,
non compris les offices de Bailli, Lieutenants général et par-
ticulier, AdTocat et Procureur du roi, pour la provision des-
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ANNEXE C 139
quels le roi déclara qu'il voulait que ne fut prise aucune
finance.
En somme, toutes charges déduites, les commissaires
de la Chambre des Comptes évaluèrent à 18,521 livres les
derniers revenants bons du corps du Comté de Clermont,
châtellenies de Bulles et Bailleul, Milly. Caigny et Trous-
sures, Sacy-le-Grand, Remy et Gournay, Moyenneville,
Bonneuil-le-Plessier, la Warde-Mauger , seigneurie de la
Hérelle, et châtellenie de Creil.
C*était 2,400 livres au-dessous de reslimation du sieur de
Chantelou. Ses commis avaient déclaré devant les commis-
saires que des recherches qu'ils avaient faites de concert
avec un huissier des Comptes dans les livres des fermiers
généraux avec lesquels avait traité l'Intendant des finances,
maître des requêtes de la reine mère, ainsi que des dires
des ofiQciers, bons et véritables bourgeois, marchands et
gens à ce cognoissants du Comté, résultait pour eux la
conviction que l'évaluation ne pouvait être fixée au-dessous
de 20,000 livres sans préjudice pour S. M. '
L'affaire traînant en longueur, des Lettres du Roi datées
d'Avignon du 29 décembre 1574 prescrivirent à la Chambre
des Comptes de procéder sans autre délai, et de transmettre
au Conseil privé les résultats de l'évaluation sommaire faite
par ses commissaires.
Voici le texte de cette évaluation en ce qui concerne les
recettes :
[Archives Nationales, Qi 854S5, n* 44. J
Evaluation du revenu des Comté de Clermont en Beauvoisis,
chastellenie de Creil, leurs appartenances et deppendances
comprins les chasiellenies de Bonneuil le Plessis, La Warde
Mauger, terre et seigneurie de La Hérelle J'aicte par nous Paris
Hesselin et Charles d/Argillière, conseillers du Roy, maistres
ordinaires en sa Chambre des Comptes commis et depputez
par la Chambre pour faire la dicte évaluation suivant les lettres
patentes du dit sieur du jour mil r' soixante-dix.
Premièremeiit, évaluation de la chastellenie de Clermont
Domaine non muable pour les cens, rentes en deniers,
deubz à divers termes, comprins les chappons, vins, vinalges.
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140 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
selon rappréciation des Comptes, deniers de fief et héritages
demeurez en la main du Roy évalluez par évalluatlon du
sieur de Chantelou, trésorier de France à la somme de :
in" XVI l.t. un solz, v deniers petits tournois, trouvez
monter par les comptes anciens à la somme de :
iir XXVIII is. II st. par une commune année. Cy faict re-
cepte entière de la dicte somme à la charge de reprinse selon
qu'il est dict au procès verbal des sieur commissaires pour
cy : iir xLviii l.t. II s. et par foy.
Domaine non muable en grain.
Des cens et renies deubz en grains accause des terres
estant en labour, appellées nouveau domaine, évaluez en
bled à dix-sept mines deux tiers de mine par Tévalluation
susdite et en deniers à : xiii 1, ii si v d.l.
Kt en avoine à huict mines tiers de mine
Et en deniers k : un 1. ni s. m d.l.
Cy pour les causes contenues au dit procès verbal, néant.
Fermes mua blés.
Le tabelllonage de Glermont alnsy que en l'évaluation du
dit sieur de Chantelou v* l.t. cy : v t.
Le greffe de la prévosté de la ville de Clermont comme en
la dicte évalluation vn^x x 1. cy : vn»x x 1.
Les exploiclz et amendes de la prévosté de Clermont jusques
à : Lx s. pour 1. et au-dessoubz cy : lxv L
Le greffe de la prévosté foraine de Clermont, un" 1. cy :
iiip 1.
Les exploiclz et amendes de la prévosté foraine et du bail-
liage jusques à : lx s. pour 1. et au dessoubz ir iin»! 1. cy :
n'= nii" L
Les exploiclz, deffauct et amendes du Chastelller jusques
à : LX s. pour 1. et au dessoubz, évalluez à x livres en la dicte
évalluatlon : néant.
Pour les causes couchées au dit procès verbal, cy : néant.
Le greffe du bailliage de Clermont comme en Tévaluallon
dudll de Chantelou, V 1. cy : v 1.
La prévosté de Breull-le-Sec, le greffe de la dicte prévosté,
les champartz dudit Breull-le-Sec, les dites trois fermes
ensemble comme en la dite évalluatlon x 1. cy : x L
De la prévosté de Ronquerolles et du greffe de la dicte
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ANNKXE C
prévoslé pour les causes et comme il est dict en l'évaluati
dudit sieur de Ghantelou^ néant cy : néa
Les exploictz de deffaulx et amendes de la prévosté d€
Neufville-en-Hez comme en la dicte évaluation x 1. cy : :
Le greffe de la dicte prévosté de la dicte Neufville corn
en la dicte évalua lion lxx 1. cy : lx:
Du greffe dp la verderie de la dicte Neufville érigé
office comme en la dicte évallualion, néant cy : néa
La prévosté de Roisicourt, comme en la dicte évaluât
XX s. t. cy : xx s
De la prévosté de Sailleville, comme en la dicte évaluât
néant cy : néa
Le travers de Glermont avec le droit de rouaige et ve
trage, comme en la dicte évaluation viu^x i. cy : viu^
Le. foraige de Glermont compris celuy du fief d'Yper
Goudun, comme en la dicte évaluation l s. t. cy : l i
Le jaugeage de Glermonl, comme en la dicte évaluât
X s. t. cy : X s
Le tonlieu et mesuraige de grain au dict Glermont, com
en la dicte évaluation cy : vu" x 1. cy : vii^x
Le tonlieu et rente de la boucherie dudict Glermont, com
eu la dicte évaluation lx 1, cy : l
Le tonlieu et rente du sel estimé en la dicte évaluation
dit de Ghanlelou lv 1. pour les causes contenues au dit pro(
verbal lx 1. cy : l
Le tonlieu du pain comme en la dicte évaluation >
cy : >
Le tonlieu et rente de la halle au dict Glermont comme
la dicte évaluation vu 1. cy : v
Le tonlieu et rente du harenc un 1. cy : ii
Le tonlieu et renie de la laine au dict Glermont comme
la dicte évaluation x 1. cy :
Le tonlieu et rente des besles à quatre pieds comme ei
dicte évaluation xxxv s. cy : xxx
Le criaige du vin et autres criaiges au dict Glerm
comme en la dicte évaluation xl s. t. cy : xl !
Le tonlieu des aulx et potz de terre comme en la d
évaluation ii s. t. cy : n
De la bance de Glermont comme en la dicte évaluât]
néant, cy : néi
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142 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
Les ventes de la forest de Hez comme en la dicte évaluation
iiii" 1. cy : un" 1.
Les menus cens de la Neufville-en-Hez comme en la dicte
évaluation viii 1. cy : viii 1.
Le droict de fours à boullanger en la Neufville-en-Hez,
comme en la dicte évaluation xxx 1. cy : xxx 1.
Le travers de Longueaue comme en la diole évaluation
L 1. cy : L 1.
Le travers de Giencourt, Senecourl et Bailleval comme en
la dicte évaluation xxxvii s. cy : xxxvii s.
Du travers de Nointel et Castenoy baillé de tout temps et
ancienneté pour le Roy, néant, cy parce que le roy n'en jouit
de présent comme est dict en la dicte évaluation cy : néant.
Du foraige de la chaussée de Becquerel-les-Clermont,
comme en la dicte évaluation, néant, cy : néant.
Le geolage et garde des prisons à Glermont évalué en l'éva-
luation du dit sieur de Ghantelou, et par les susdits commis-
saires, modéré à xii 1. 1. x s. t. pour les causes contenues au dict
procès-verbal pendant le temps du bail y mentionné, attendu
qu'à présent le dit bail est expiré lxxv 1. comme en Téva-
luation du dit sieur de Ghantelou cy : lxxv 1.
La geôle des prisons de la Neuville-en-Hez, comme en
l'évaluation du dit de Ghantelou vi s. t. cy : vi s. t.
La petite chambre estant soubz la halle de Glermont en la
dicte évaluation viii 1. cy : viii 1.
Le droict des foires de St- André et Ghandeleur comme en
la dicte évaluation c s. t. cy : c s. t.
La rente des avoynes deubz par les habitans de Rieux au
jour de Noël qui est dune mine pour chacun feu et les avoue-
rles de Halloy comme en la dicte évaluation xxv 1. cy : xxv L
Le droict de cire non comprlns en l'évaluation du dit sieur de
Ghantelou évalué au dict procès-verbal à la somme de iiii^tx
mil. cy: ' iiiixJ^^iiiiL
Somme en m" ix' iiii 1. x st.
Revenu d'héritages :
Somme de xir lxvi 1. xvi stz.
Revenu d'Estangs :
Somme de ex 1.
Aultre domaine xx 1. x st.
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ANNEXE C
Rachaplz, reliefz, quiulz et requintz deniers, lolz, ve
saisines, amendes et autres pronfictz easuels.
Rachaptz, reliefz, quintz et requintz, deniers proven?
cause des fiefs mouvans du dit comté de Clermont et d
appartenances, comprins les fiefs mouvans de la Ghastel
de Bonneuil le Plessis, la Warde-Mauger, la terre et seign(
de la Hérelle^ évalluez par chacun an par le dit sieu
Ghantelou à la somme de mil livres pour les causes conte
au dict procès- verbal m 1. cy :
Les lolz, ventes et saisines provenant de la vente d'I
tages roturiers au dict comté de Clermont seulement
comprins les Chastellenies qui en dépendent estimés p
dit sieur de Ghantelou iir par an, modérés par les dits
missaires à ii' lxxv 1. déduit le quart que le recepveur (
naire a accouslumé d'y prendre, le tout selon qu'il est con
au dit procès-verbal, n" x
Amendes arbitraires adjugées par devant le bailif de '
mont, prévost forain de la ville et prévosté de la Neuf\
en-Hez, ou leurs lieutenans comme en l'évaluation di
sieur de Ghantelou lx 1. cy :
Espaves aubeynes, confiscations, biens vaccans et a
semblables évaluez non estimez en la dite évalua
cy : n
Somme de xii" mi»
Vente de bois taillis, aultre revenu et profïit de foresl
Somme de iiii' vu' x
Somme du revenu ix' vi' un»» ix 1. xvi s. u
Despence, charges, foretz et aumosnes iiu" un 1. \
1111 dtz comme en la dicte évaluation
cy : 1111*= un 1. viu s. un
Gaiges d'officiers ordinaires vr vu 1. x stz
cy : VI' vu 1. :
Gaiges d'officiers et gardes des eaux et forestz comme
dicte évaluation cy : * v" lxxviu 1. :
cy : V' Lxxviii 1. }
Frais de justice tant au bailliage que prévosté scelon
est contenu au dit procès verbal la somme de deux cens
quante livres tz. portée en la dicte évaluation du dit siei
Ghantelou cy : ii
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144 LE COMTÉ DE GLEIlMONT EN BEAUVOISIS
Frais de justice des eaux et forestz parce que le Roy réserve
à soy les amendes, restitutions de boys et intéretz et pour ce
soin apporté par le Roy, néant, cy : néant.
Nourriture et conduicte des prisonniers l 1. cy : l 1.
Ouvrages, réparations parce que le dit sieur Duc est tenu
d'entretenir les maisons et chasteaulx et bâtiments, néant,
cy : néant.
Réparations et entretenement des pontz et chaussées qui
sont en l'étendue du dit comté, estimés comme en l'évaluation
du dit de Gliantelou cl. cy : cl.
Taxations au lieu de gaiges tant au prévost de la ville et
forain de Clermonl qu'au prévost et garde de la Neufville
Lxv 1. cy : , Lxv 1.
Droictz de chauffages en l'évaluation dudit sieur de Chan-
telou, néant, cy : néant.
Somme de : ii" lv 1. un s. iiii dt.
Rentes deues à certains acquéreurs du domaine du dit
Sieur à présent réuny :
Somme de : xu'' xxv 1. i s. vin dt.
Autres charges :
Somme de : ii« un" vu 1.
Reprise : vi" xv 1. xvri st.
Sommes des charges : lii' vu' ni L vu stz.
Et le revenu monte :
IX' YV im" IX 1. XVI s. 1 dtz.
Revient bon : v" ix*' uu« vi 1. ix s. ii dtz.
Faict à Paris le jour de l'an mil v* soixante et dix.
Evaluation du revenu de la Chasiellenle de Bulles et Ballleul-
sur-Thérln membre dépendant du dit comté de Clermont,
Somme des charges : vi" xi 1. stz.
Et le revenu monte : xiiii' Lxxviii 1. xvu s. v dtz.
Revient bon : xiii' xlvii 1. vu s. v dtz.
Evaluation du revenu de la Chastellenie de Milly
et Troussures.
Somme des charges : ix^x xiii 1. u s. x d.
Somme de revenu monte : xiu^ lxxvii 1. vi s. v d.
Reste bon : xi' un»* nul. m s. vui d.
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ANNEXE C 145
De laqnelle somme de en convient distraire ung
tiers appartenant au sieur de Boufflers comme il a esté dit
au dit procès-verbal montant le dit tiers : m' iiux» xiiii 1. vi solz.
Revient bon au Roy par les deux autres tiers la somme
de : vir un" ix 1. ix s. i d.
Evaluation du revenu de la Chastellenie de Sactj-le-Grand
membre dépendant de Clermont.
Somme des charges : v 1. vin s. un d.
Et le revenu monte : vnr nnxx xv 1. xvni s. x dtz.
Reste de bon : xïV un" x 1. vni s. vn dtz.
Evaluation des Chastellenies et seigneuries de Motjenneville,
Gournay et Hemij, membres dépendant du comté de Cler-
mont.
Somme totale desdites Chastellenies : u" ix"- Lxvn 1.
Somme des charges : n* lxvi 1. ix s. v d.
Reste bon la somme de : n" vr nn»» xv 1. x s. vi d.
Evaluation des revenus de la Chastellenie, terre et seigneurie
de Creily ses appartenances et deppendances.
Somme des charges : m xnn 1. xvni s.
Et le revenu monte : nn" n' lxuu 1. xix s. v d.
Reste bon : ni" ir l 1. i s. iv d.
Faict à Paris l'an mil cinq cens soixante et dix.
Les officiers dudit comté, tant à gaiges que sans gaiges,
evalluez par l'evalluation dudit sieur de Chantelou à la sojnme
de dix huit cens dix sept livres par chacun an, modérez par
arrest du Conseil Privé du Roy a la somme de douze cens
livres tournois, sans y comprendre les offices des bailly, lieu-
tenant général et particulier, advocat et procureur du roy
audit comté, pour la provision desquels ledit sieur ne veult
estre prins aucune finance, cy xir livres.
Somme toute des deniers revenant bons du corps dudit
comté de Clermont, chastellenyes de Bulles et Bailleul,
Milly, etc., comprin la valeur des oflices, la somme de dix
neuf mille vingt une livides, ung sol cinq deniers obole pite
tournois.
10
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146 LK COMTÉ DE CLEHMONT EN BEAUVOISIS
Sur laquelle somme est à desduir^la somme de cinq cens
livres par chacun an, arbitrée pararresl donné par la Cham-
bre, sur la vériflication des lettres de cession dudict Conté
faicte par le Roy audit sieur Duc, pour et au lieu de deux
arpensde bols de haulte fustaye accordez audit sieur Duc
pour son chaufaige par le contrat de ladite cession, comme
est dict au procès-verbal de nous, commissaires soubsignez,
par le dernier article d'icelluy.
Partant reste bon, la somme de dU huit mil cinq cens vint/i
une livres iing sol cinq deniers obolle plcte tournois.
Faict à Paris les an et jour contenus audit procès-verbal,
par nous commissaires soubsignez.
Hesselin, Dargillière
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LE COMTÉ DE CI.EliMONT EN BEAUVOlSlS 117
ANNEXK D
Arch. nation., K. 113, n" 10.
30 octobre 1623.
Certificat des greffiers et notaires de Clermont, que tous les
papiers du trésor de la ville de Clermont avoient esté brûlez,
déchirez, etc., lorsqu'elle fut prise par Henri IV.
Du Lundi trentiesme jour d'Octobre J623, par devant nous
Jehan de Saint Leu licentiè es loix, conseiller du Roy nostre
Sire, prevost en garde et juge royal ordinaire de la ville et
comté de Clermont en Beauvoisis.
Sont comparus M' Louis Pulleu, procureur, cy-
devant greffier du domaine dudict Clermont, M" Phelippes
Guerin advocat, M* Charles Voisin procureur, M" Anthoine
Macqueron notaire et procureur etc., tous demeurans
audict Clermont lesquelz ont concordablemenl et unani-
mement dict et affermé et attesté sur ce, que l'année 1590 la
ville et chasteau de Clermont auroient esté siégez et ladicte
ville prise par force par l'armée du feu Roy, ycelle ville pillée
et du tout ruynée par les soldats et gens de guerres qui y
auroient séjournez l'espace de dix sept jours entiers, et en
ce faisant bruslez, deschirez et jettez en la rue tous les pa-
piers, tant des greffes du domaine, bailliage, eaues et forestz,
que des aultres personnes publicques et praticiens dudict
Clermont, mesmes en auroit ledit Gaultier trouvez aucuns en
la rue quy provenoyent de l'estude et greffe du domaine de
feu M" Anthoine EîHevé son beau père, qui aurait exercé le-
dict greffe l'espace de quarante ans et plus ; et pareillement
ledict Pulleu lors greffier dudict domaine quy en auroit
aussy trouvé aucuns sur le pavé dudict Clermont, et lesdictz
Labbé trouvez aussy plusieurs autres papiers provenans de
ceulx du greffe desdites eaues et forestz, que deffunct M' Geof-
froy Labbé leur père exerçoit il y avoyt plus de trente ans, et
sy ont tous les susaommez dict et attesté unanimement par
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148 ANNEXE D
serment que toutes les armoires et coffres quy esloient dans la
Chambre du trésor des Titres dudict domaine dans le chas-
teau dudict Clermont, auroyent esté rompues, et tous lesdictz
tiltres et papiers dudict domayne qui estoyent en ladicte
chambre pilliez, deschirez et gâtiez par les soldats tant de
ladicte armée que de ceulx qui seroient demeurez en garni-
son en ladicte ville, en telle sorte qu'il ne seroil demeuré
aulcuns tiltres dudict comté en ic^le chambre, tous ayant été
perduz el deschirez par lesdictz soldatz, quy auroienl venduz
plusieurs desdiclz papiers aux revendeurs de sel el merciers
dudict Clermont, quy s'en seroient servis à meclre leur sel
pour le débiter à petites mesures aux particuliers ; mesme
auroyent veuz plusieurs feuillelz en parchemin du dénom-
bremens des fîefz el seigneuries mouvantes et rellevantes
dudit comté de Clermont quy servoyent aux fallotz pour
faire les rondes la nuicl par les soldalz de la garde de ladicte
garnison, dont et de ce que dessus avons donné lettre.... pour
servir.... ce que de raison. Faict les an el jour que dessus.
La minute signée des dictz PuUeu, Guérin, Voisin, Macque-
ron,de Guernes, Gayanl, Delangle, Labbé, Labbé el dudict
Gaullhier.
Signé : De Sainct-Leu.
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LE COMTE DE CLERMONT EN BEAUVOISIS 149
ANNEXE E
BIbl. nat. Dom Grenier, T..54, V 48.
Articles et conditions de la reddition de la ville
et château de Clermont, faits ce Jourd'hui 30^* octobre
1615,
Art. I"
Les sieurs de Moulins et de Thury désirent qu'il plaise à
Monseigneur le maréchal d'Ancre que les habitants de la
dille ville ne reçoivent aucun acte d'hostilité, puissent,
comme auparavant, librement jouir de leurs biens, maisons-
el privilèges, attendu qu'ils ont été surpris et contraints par
la garnison, sans qu'ils aient fait aucun guet ni garde, par la
méfflance qu'on avoit d'eulx ; pour preuve de laquelle mef-
fiance ledit de Moulins les a désarmés depuis le siège.
(Accordé,)
II
Que lesdits sieurs de Thury et de Moulins avec tous les
gens de guerre de la* garnison des dites ville et château sorti-
ront aujourd'hui, 30 octobre 1615, et aura ledit de Moulins
six semaines de temps pour se retirer avec son régiment
jusqu'à l'armée de Monseigneur le prince : et pour cet effet
lui sera baillé le s' de Chanteloup ou son lieutenant, pour
sauf-conduit jusqu'à Soissons, à la charge que par les che-
mins ils ne feront aucun acte d'hostilité. (Accordé,)
III
Qu'il sera aussi donné passeport par mondll sieur le Maré-
chal au sieur de Thury, lieutenant au gouvernement de cette
ville et château, pour aller dans six semaines du jourd'uy
trouver mondit seigneur le prince avec sa compagnie, y de-
meurer tant qu'il lui plaira ; et, au cas qu'il veuille demeurer
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150 LK GOMTK DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
dans sa maison de Thury, qu'il le poura faire et y faire ra-
mener ses meubles, vivres et provisions nécessaires qull a
audit chasteau, auquel lieu de Thury, il ne lui sera fait ni
donné empescliement, vivant neutralejnent. (Accordé.)
IV
Qu'il sera aussi accordé pareil passeport que celui du sieur
de Moulins au sieur d'Anfrcville, capitaine de 50 chevaux
légers carabins, pour se retirer dans six semaines avec sa
troupe auprès de la personne ou en l'armée de Monseigneur
le prince : et d'autant qu'il y a plusieurs compagnons du sieur
d'Anfreville qui sont à la campagne, lesquels n'ont rentré au
moyen du siège, qu'il les poura recouvrer dans le dit temps
de six semaines, à la charge aussi qu'ils ne feront durant
iceluy aucun acte d'hostilité. (Accordé,)
V
Comme aussi, il sera permis au sieur de la Revarivise de
mener et conduire les gens de guerre de la compagnie du
sieur d'Harauoourt dans ledit temps de six semaines en l'ar-
mée de Monseigneur le prince, et à cette fin pareil passeport
que dessus, sans faire acte d'hostilité. (Accordé,)
VI
Que mondil sieur le Maréchal donnera aussi passeport au
sieur Guilemain et ses commis et commissaires de guerre et
payeurs de la garnison des ville et château de Clermont, de
six semaines de temps, A compter de la date des présens
articles pour se retirer auprès de mondit seigneur le prince
son maisire. seurement et librement, avec deffense à tous
gens de guerre et gouverneurs des villes de lui donner aucun
empeschement, tant à sa personne qu'à son équipage, et
outre que le dit sieur Guilmain ne pourra en quelque façon
que ce soit estre recherché pour la. levée ou recepte des de-
niers des aides, tailles et taillon et gabelle, dont ledit Guil-
main a payé la garnison des dittes ville et château de
Clermont, attendu que ce qu'il en a fait a esté par le comman-
dement exprès de Monseigneur le prince, en vertu des ordon-
nances, commissions et pouvoirs signés de sa main : et à
cette fin que les acquits de deniers qu'il a reçus, valideront
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ANNEXE E 151
à ceux qui les lui ont payés, sans que pour cet effet il lu>
soit besoin de plus ample décharge que l'extrait du présen
article. (Accordé,)
VII
Qu'il sera aussi donné passeport par M. le Maréchal ai
sieur Raimbaut, capitaine de Creil, pour aller trouver mondi
seigneur le prince, et se retirer ensuite, si bon luy semble
en sa maison de Clermont pour y exercer sa charge d(
maistre des eaux et forêts audit comté de Clermont, où il de
meurera libre avec sa femme et famille, sans lui ostre donne
aucun empeschement, à la charge qu'il ne fera aucune action
contraire au service du Roy. (Accordé.)
VIII
Que pareil passeport sera aussi donné au sieur Cuvelier,
sergent-major dudit Clermont, pour aller dans ledit temps de
six semaines trouver mondit seigneur le prince, si bon lui
semble, ou demeurer en sa maison dudit Clermont pour y
exercer sa charge d'Elu, sans qu'il ne lui soit donné nul em-
peschement, à la charge aussi qu'il ne fera aucune action
contraire au service du Roy. (Accordé.)
IX
Que les gens de guerre tant du régiment du sieur de
Moulins, que compagnies des sieurs d'HaraucourI, de Thury
et d'Anfreville, sortiront avec armes, bagages, poudres et
munitions ; sçavoir les compagnies des gens de pied, enseignes
déployés, tambours battant, mesches allumées et balle en
bouche; et la cavalerie avec leurs chevaux, armes et équi.
page, comme aussi le commissaire de guerre, avec tous les
papiers, acquits, armes et équipages. (Accordé.)
X
Que les trois petites pièces de campagne qui sont dans le
château demeureront, sçavoir, deux à la ville, et une qui sera
conduite par lesdits sieurs de Moulins, d'Haraucourt et de
Thury jusqu'à l'armée de mondit seigneur le prince ou
ailleurs, où ils jugeront plus à propos pour son service
(Néant.)
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152 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOIHIS
XI
Que mondit sieur le Maréchal fera fournir ausdils de
Moulins, d'Haraucourl et de Thury, charettes et chevaux
pour porter leurs armes et bagages jusqu'à Château-Thierry
ou Soissons. (Accordé.)
XII
Que les sieurs baron de Rolande, capitaine de 100 chevaux
légers en l'armée de Monseigneur le prince, de Villelongue,
capitaine de 100 hommes de pied du régiment du sieur des
Autels, et de Beauvais, gentilhomme à la suite de Monsei-
gneur de Mayenne, sortiront avec leurs chevaux, armes et
bagages, et pour cet elïet que mondit seigneur le Maréchal
leur fera donner passeport de six semaines pour se retirer en
l'armée de mondit seigneur le prince, sans faire acte d'hos-
tilité durant le dit temps. (Accordé,)
XIII
Que les soldats habitants de la ville et faubourgs dudit
Clermont et des environs, qui sont sous la charge dudit
d'Haraucourt et de Thury se retireront en leurs maisons, si
bon leur semble, sans qu'il leur soit fait aucun tort ni déplai-
sir, à la charge qu'ils ne feront aucune action contraire au
service du Roy. (Accordé,)
XIV
La dite garnison supplie très humblement mondit sieur
le Maréchal, de luy vouloir octroyer huits jours de temps
pour avertir mondit Seigneur le prince de ce siège; et adve-
nant que pendant ledit temps, il arrivât du secours de mon-
dit Seigneur, que les présens articles demeureront nuls, et
la dite garnison en pareil état qu'elle étoit auparavant.
(Refusé et rayé,)
XV
Que les dits sieurs de Moulins, d'Haraucourt et de Thury
auront trois jours de temps pour sortir eux, leurs soldats,
armes et chevaux, et munitions tant de guerre que de vivres.
(Refusé.)
Communiqué à M* BosquUlon par Af' Fournier, chanoine de
Clermont.
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LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS 153
ANNEXE F
Archives Nallonales X^ 8729.
Lettres patentes de confirmation du 19 juin 1724,
Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, à
tous présents et à venir salut :
Notre très cher et très amé cousin Louis-Henry de Bour-
bon, prince de Gondé, prince de nostre sang, pair et grand
maître de France, duc d'Anguyen, et de Guise et de Glias-
teauroux, comte de Glermont en Beauvoisis, gouverneur et
lieutenant général pour nous en nos provinces de Bourgogne
et Bresse, nous a fait remontrer que aux termes de la décla-
ration faite par Henry-Jules de Bourbon, prince de Gondé,
premier prince de nostre sang en date du 15 mars 1709 con-
firmée par son testament du 23 desdils mois et an, et dont
l'exécution a été ordonnée, par le jugement des sieurs com-
missaires du Gonseil du 31 août 1722, il est propriétaire de la
terre et chatellenie de Greil dépendante du Gomté de Glermont
en Beauvoisis, qui avait été acquise de la princesse d'Harcourt
par ledit Henry-Jules de Bourbon par contrat passé devant
Lanyer et son confrère notaires au Giiâtelet de Paris le 16 fé-
vrier 1704. comme aussi du Gomté de Glermont en Beauvoisis
et des chatellenles de La Neuville-en-Hez , Remy, Gour-
nay et Moyenneville, La Hérelle, Mory-Moncrux et Bulles
et toutes leurs appartenances et dépendances à lui cédées
et vendues et transportées par le seigneur comte d'Harcourt,
comme héritier bénéficiaire de ladite dame princesse d*Har-
court samèrepar contrat passé devant Lorimier et son confrère
notaires au Ghâtelet de Paris le 31 décembre 1719 pour en
jouir par notre dit très cher et très amé cousin le duc de
Bourbon acquéreur aux mesmes droits qui appartenaient
audit seigneur comte d'Harcourt suivant le contrat d'engage-
ment du 13 août 1569 consistant entre autres choses en fruits,
profils, cens, renies, revenus, émoluments, hommes, hom-
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a^'
154 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEACV01S15
mages, vassaux, vasselages, et sujets, bols taillis, estants,
rivières, fours, moulins, prés, pasturages, fiefs, arrière-fiefs,
justices et juridiollous, forfaitures, confiscations et amendes,
quint et requlnt, lods et ventes et profits de fiefs, les droits de
patronage d'Kglises et collations de bénéfices et des officiers
ordinaires qui dépendent dudlt Comté et desdites chatel-
lenies auxquels le seigneur engaglste, vacations advenants,
a droit de pourvoir de plein droit si bon lui semble, ou de
nous présenter personnes capables et de qualité requise et
générallement tous les droits appartenants auxdits comté et
chastellcnies sans aucune chose en excepter, retenir ou
réserver sinon le ressort de souveraineté, foy et hommage
desdits comié el cliastellenies susdites, des bois marraan-
taux de haute futa> c, confiscation en cas de crime de Lèze
Majesté divine et humaine el de fausse monnoye, lesdils
contrats d'engagement portant en outre que ledit seigneur
engagiste pourra se faire nommer el intituler comte de Cler-
mont, seigneur el châtelain deCrelletdes autres seigneuries,
et que les ofilclers luy rendront tous devoirs et obéissances,
comme aussy tous les hommes sujets et vassaux desdits
comIé el chatellenies seront lenus de luy faire el renouveller
le serment de foy hommage el fidélité comme à leur nou-
veau seigneur et comte, ainsi que la coutume du pays la
requiert, sans que lesdils vassaux puissent ou soient con-
traints de faire leurs foys et hommages que par devant ledit
seigneur ou ses officiers commis et députés audit comté
ainsi qu'il est plus amplement porté par ledit contrat d'enga-
gement fait à faculté de rachat perpétuel par les commis-
saires du roi Charles neuviesme au seigneur duc de Bruns-
wiclv le 13 août 1569 rattifié par lettres patentes du 17 des
mêmes mois et an registrées en notre Cour du Parlement
de Paris le 6 octobre de la même année 1569 et en notre
Chambre des Comptes les 18 novembre 1570 et 6 janvier 1571.
Et, pour jouir conformément audit contrat d'engagement dudit
comté de Clermont en Beauvoisis el desdiles terres et chas-
tellenles des droits et devoirs tant utiles qu'honorifiques
vendus cédés et transportés par lesdils contrats des 16 fé-
vrier 1704 et 31 décembre 1719, se faire rendre et payer les
droits et devoirs, nostre très cher et très amé cousin le duc
de Bourbon nous a supplié de luy vouloir obtenir nos lettres
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ANNEXE F 155
de confirmation el raliflication nécessaires. A ces causes,
après avoir lait voir à notre Conseil lesdits contrats de vente
faits par ladite dame princesse d'Harcourl le 16 février 1704
et par nostre dit cousin le prince de Condé, et par ledit sei-
gneur prince de Guise comte d'Harcourt le 31 décembre 1719
et nostre dit cousin le duc de Bourbon, el copie colla lionnée
du contrat d'engagement du 13 août 1569, arrest de vérifica-
tion en notre Cour du Parlement et Chambre des Comptes à
Paris, et autres lettres patentes pareillement regislrées cy
attachées sous notre contre scel et de l'avis de notre Conseil,
science, pleine puissance et autorité royale, nous avons loué
agréé et rattifié et par ces présentes signées de nostre main
louons, approuvons et rattifions lesdits contrats d'acquisition
pour jouir par nostre dit cousin le duc de Bourbon dudit
Comté de Clermont en Beauvoisis et Chaslellenies de Creil,
de la Neuville-enrHez, de Bulles, Remy, Gournay et Moyen-
ne ville, La Ilérelle, Mory-Montcrux qui consistent en
fruits, profils, cens, renies, revenus, émoluments, hommes,
hommages, vassaux, vasselages, et sujets, bois taillis, estangs,
rivières, fours, moulins, prez, pasturages. fiefs, arrière-fiefs,
justices et juridictions, forfaitures, confiscations et amendes,
quint et requint, lods et ventes et profits de fiefs, les droits
de patronage d'Eglises, el collations de bénéfices et des ofiî-
ciers ordinaires qui dépendent dudit comté et desdites chas-
lellenies, auxquelles nostre dit cousin le duc de Bourbon
pourvoira de plein droit ainsi qu'aux ofiîces de capitaines des
places et chasteaux dépendant desdits comté terres et sei-
gneuries, vacations advenantes, ou nous présenter personnes
capables ou de qualité requise, auxquels nous et nos succes-
seurs roys donnerons provisions sans que ceux qui y auront
été pourvus par notre dit cousin le duc de Bourbon ou ses
successeurs, ou par nous et nos successeurs roys à sa nomi-
nation puissent être renvoyés encore que lesdits comté el
chaslellenies soient retirés et racheplés par vertu delà faculté
de rachapt perpétuel, et jouiront lesdits ofiiciers de leur estât
leur vie durant comme font les officiers royaux de notre
royaume et générallement de tous les droits appartenants
aux dits comté et chaslellenies, sans aucune chose en excep-
ter, retenir ou réserver sinon le ressort de souveraineté, foy
et Jiommage desdits comié et chaslellenies susdites, des bois
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.^1
15f) LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
raarmentaux de haute futaye de la forest de Hez et auslres
forests, confiscation en cas de crime de lèze Majesté divine
et humaine et de fausse monnoye. Voulons en outre que
nostre dit cousin le duc de Bourbon puisse se faire nommer
et intituler comte deClermont seigneur et châtelain de Creil
et des autres seigneuries et que les officiers luy rendent tous
devoirs et. obéissances, comme aussy tous les hommes sujets
et vassaux desdits comté et chastellenies soient tenus de luy •
faire et renouveller le serment de foy hommage et fidélité
comme à leur nouveau seigneur et comte, ainsi que la cou-
tume du pays le requiert sans que lesdlts vassaux puissent
ou soient contraints de faire leurs foys et hommages que par
devant notre dit cousin le duc de Bourbon ou ses officiers
commis et députés audit comté, ainsi qu'il est plus ample-
ment porté par le contrat d'engagement du 13 août 1569
de vérification d'iceluy en nostres Cour de Parlement et
Chambre des Comptes à Paris, le tout sous ladite faculté
de rachapt perpétuel et autres charges clauses et conditions
portées par ledit contrat d'engagement que nous voulons qui
soit exécuté selon sa forme et teneur en tout son contenu et
sans difficulté pour et au profit de notre dit cousin le duc de
Bourbon ses successeurs et ayants cause tout ainsi et de la
même manière que si ledit contrat avait été expédié en son
nom. Si donnons en mandement à nos amez et féaux con-
seillers les gens tenant nôtres Cour de Parlement et Chambre
des Comptes à Paris, Baillys de Clermont en Beauvoisis et
de Senlis ou leurs lieutenants et tous austres nos justiciers
qu'il appartiendra que ces présentes ils fassent lire publier et
enregistrer. Car tel est notre plaisir.
Donné à Versailles le 19 juin V72i et de notre règne le neu-
vième. Signé Louis. Sur le reply par le Roi Phélyppeaux.
Scellées du grand sceau de cire jaune sur double queue.
Registrées à Paris le 26 juillet 1724.
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LE COMTÉ l)K CLEKMONT EN BEAUVOlSlS 157
ANNEXE a
BIOGRAPHIES OL.ERMONTOISES
Voici, d après MM. Debauve et Roussel, la liste des pi
nages de marque, auxquels Clermont a donné naissance
GuiBERT, abbé de Nogent.
Né en 1053, à Clermont, d'abord chanoine de la Gollégi
Notre-Dame, puis bénédictin à Saint-Germer, gouverna
ans l'abbaye de Nogent-sous-Goucy, diocèse de Laon,
mourut en 1124. Son œuvre capitale est l'histoire de 1ï
mière Croisade qu'il publia sous le titre de Gesta D
Francos ; son autobiographie. De vitd sud, est l'un des
ments les plus curieux du xii* siècle. On a de lui un '
sur l'art de prêcher, des Commentaires moraux sur la G
un Traité des Reliques des Saints.
Beaumanoir (Philippe de Rémi, sire de).
Quoique originaire de Remy, près Compiègne, a î
droit de cité à Clermont, dont il fut bailli (1279-1282), p
livre célèbre : Les Coutumes du Beauvoisis, terminé en
Ensuite bailli de Vermandois, de Touraine et de Sen
mourut le 7 janvier 1296 en son manoir du Moncel, près
Sainte-Maxence.
Charles IV le Bel.
Né au château de Clermont en 1294, était le Iroisièn
de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre. On sait qu
une grande prédilection pour le lieu de sa naissai
échangea le Comté de Clermont contre celui de la M
avec Louis I", duc de Bourbon. Mais après sa mort (3
vier 1328), celui-ci rentra en possession du Comté.
Fernel (Jean-François).
Médecin célèbre, né en 1506, fils de Laurent Fern
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158 LE COMTÉ DE CLEKMONT EN BEAUVOISIS
tenait hôtellerie dans le faubourg de Clermont à l'enseigne
du Cf/gne, fit ses classes à Paris et s'adonna d'abord aux
mathématiques. Il étudia ensuite la médecine, fut reçu doc-
teur en 1530, et devint premier médecin du roi Henri IL II
mourut le 26 avril 1558. Il est le premier qui ait cherché à
déterminer la grandeur de la terre par la mesure d'un degré
du méridien.
Voici la liste des principaux ouvrages de celui qu'on sur-
nommait, de son vivant, leGallien de la France : Denaturali
parie Medlclnce Ubrl, septem. 1542, in-fol : De abattis rerum
Causis Ubrl duo déc. 1548, in-fol,; Medlcina, 1554, in-fol.:
Febrium curandarum Met ho dus generalis.
Carpentier (Jacques), aliàs Charpentier.
Né à Clermont en 1524. Professeur de mathématiques au
Collège de France, philosophe, premier médecin de Charles IX,
mort à Paris le 1" février 1574. Ses principaux ouvrages sont :
Descriptio universœ naturœ ex Arlstotele ; Orationes contra
Ramum.
Grévin (Jacques).
Poète et médecin, né à Clermont en 1538, mort à Turin le 5 no-
vembre 1570. Il débuta, encore adolescent, dans la carrière poé-
tique, et fut élève et ami de Ronsard. On lui doit des comédies
et tragédies qui ne sont pas sans valeur. (Voir Gaston Varennes,
Essai sur l'Œuvre de Jacques Grévin, Beauvais, 1898.) Son
œuvre là plus intéressante est la Description du Beauvoisis,
publiée en 1558 et dédiée à sa protectrice Madeleine de La
Suze, dame de Warty.
Voici la description qu'il y a insérée de sa ville natale :
L'autre ville est en croupe de montaigne
Que pour le cler et beauté de son nom
Les anciens ont dénommé Clermont,
Voyant le lieu là où elle est assise
Tournant le dos au vent qui vient de bize
Devant Auster largissant son devant
Contre Paris regardant plus souvent
L'eau, les poissons dedans les basses plaines
Et près de soy la liqueur des fontaines
La douce vigne esparse tout autour
Des tertres hauts où ce mont fait son toup.>
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mr ■ * M
ANNEXE G
Grévin, ayant embrassé le calvinisme, di
relira en Italie, auprès de la sœur d'Hei
duchesse de Sajoie, qui le nomma son i
Grévin, indépendamment de son recuei
livres de médecine sur l'anlimoine, sur 1
sorcelleries.
Chai^ondas Le Caron (Loi:
Jurisconsulte, né à Paris en 1536, fut nom
de Médicis, lieutenant général du Baill
en 1567, et joua pendant les troubles de
considérable. Il mourut dans l'exercice d
Clermont, le 18 septembre 1613. Il a laissé j
juridiques très estimés, entre autres : Le G
France, 1593 ; La Coutume de Paris avec <
1598: Questions et réponses de Droit françc
On peut citer encore Charles -Jacque
FoNTENAY, président de l'élection de Cleri
qui a laissé des documents manuscrits s
ville et du Comté, entre autres ï Essai auj
à la Bibliothèque nationale sous le n* 25,
çais et dédié au comte de Charolais, auqii
breux emprunts.
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7-^
l.K f:OMTE DE CLKHMONT KN BEAU VOISIN
ANNEXE H
BAILLIAGE DE CLERMONT EN BEAUVOIS
» mars 1789. — Assemblée des Trois Ordres
Les Trois Ordres s'assemblèrent sous la présider
Charles-César de Flahaut, marquis de la Billardorie,
chai des camps et armées du Roi, chevalier de Saint-
Grand Bailli d'épée du bailliage et comté de Clermor
gneur de Saint-Remy-en-l'Eau, Angivillers, Saint-Ji
Beauvoisis, assisté de son Lieutenant général, maître
François Castoul, seigneur du Plessier-sous-Saint-Aub
Voici la liste des comparants d'après l'ouvrage de M
tave Desjardins (le Beauvoùnis, le Valois, le Vexin fn
le Noyonnais en 1789) :
CLERGÉ
Mgr de La Rochefoucauld, évêque comte de Beau va
gneur de Catenoy, par Charles-Louis Havart de Sessev
procureur :
Jérôme-Marie Champion de Cicé, archevêque d
deaux, abbé commendataire d'Ourscamps, seigneur d<
na ville, Logelles (paroisse de Rouvillers), Kreuse (p;
de Bailleul-le-Soc), par le curé de Liancourt ;
François-Bureau de Girec, évêque de Rennes, abb^
mendataire de l'abbaye de Froidmont, par Dom Jeai
prieur de l'abbaye ;
Nicolas de Livry, évêque de Calliniques, possessi
bénéfice de Saint-Denis, de Ladrancourt, par de Laistre,
leur général et ministre des Mathurins de Clermont ;
Le Chapitre calhédral de Beau vais, parlfavartdeSe
chanoine ;
Le Chapitre collégial de Notre-Dame de Clermo
Jean-François Babille, licencié es lois, et Lucien
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162 LE (OMTÉ DE CLEllMONT EN BEAUVOlSlS
principal du collège de Clermout, chapelain de la chapelle
Sainl-Louis de Canectancourt, chanoines ;
Le Chapitre collégial de Saint-BarUiélemy de Beauvais
pour les fiefs s'élendant jusqu'à Raquet (paroisse de Saint-
Barthélémy), absent ;
Jean-Antoine de Clernet, chanoine du Chapitre cathédral
de Beauvais, chapelain de la chapelle de Saint-Michel à
Ralagny, par le curé de Noinlel :
Ferdinand Pilon, curé de Saint-Jacques de Beauvais, cha-
pelain de la chapelle de Saint-Jean de Warly ou F'ilz-James,
par le curé de P'ouilleuse :
Les ecclésiastiques de Clerinont uon possédant bénéfice,
par Jean-Nicolas l'oitcvin, vicaire et premier liabitué de
l'église Saint-Samson ;
L'abbaye de Saint-Laurent de Beaubec, ordre de Glteaux,
par Dom Ambroise Hemy, sous-prieur de l'abbaye de Lan-
noy;
L'abbaye de Sainl-Lucien de Beauvais, par Jean-P>ançois
Babille, chanoine de la Collégiale de Clermont ;
L'abbaye de Saint-Quentin de Beauvais, par Frère Goi-
rand de la Chevrière, religieux de l'ordre de Fontevrault :
L'abbaye de Froidmont, ordre de Clteaux, par Dom Jean
Jolly, prieur de l'abbaye ;
L'abbaye >le Notre-Dame de Lannoy, ordre de Clteaux.
filiation de Beaubec, ligue de Clairvaux, à cause des fiefs de
Saint-Maur et Ecorchevache, parDom Ambroise-Remy, sous-
prieur ;
L'abbaye de Saint-Martin de Ruricourt, ordre de Saint-
Augustin, congrégation de France, par Alexandre-François
Fourquin, chanoine régulier de ladite abbaye ;
Le couvent des Mathurins de Clermont, ordre de la Sainte-
Trinité, par Jean-Pierre de Laistre, définileur général et
ministre dudit ordre ;
Le possesseur du fief du prieuré de Breuil-le-Sec, absent:
Dom Claude-Pierre Tempête, religieux de la Congrégation
de Saint-Maur, prieur de l'abbaye royale de Saint- Vincent
de Léon, prieur régulier de Saint-Martin de Breuil-le-Vert,
membre de l'abbaye de Saint-Germer, par Lucien Warré,
principal du collège de Clermont ;
Ignace-Joseph de Fourmeslraux, conseiller en la Grand
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■^T"
AMNEXK H 1H;$
Chambre du Parlement de Paris, prieur du Prieuré de Bulles,
par le curé de Liancourt ;
Charles-Philippe Desjobert, chanoine de la cathédrale
d'Amiens, prieur du Prieuré de Saint-Antoine de Conti, par
Lucien Warré ;
Charles-Marie de Bourgevin de Vialart de Moligny, con-
seiller clerc à la Grand Chambre du Parlomenl de Paris,
prieur du Prieuré de Notre-Dame de Milly, ordre de Saint-
Benoît, par le curé de Clermont ;
L'abbaye de femmes de Notre-Dame de Cbelles, par le
R. P. Tribon, religieux mineur conventuel de l'ordre de Saint-
François, gardien du couvent de Notre-Dame de la Garde ;
L'abbaye de Notre-Dame de Saint-Paul pour le fief de Cora-
postel, absent ;
Le Prieuré de femmes de Wariville, ordre de Fontevrault,
par Frère Goirand de la Chevrière, religieux dudit ordre ;
Les religieuses du couvent des Ursulines de Clermont, par
Adrien de La Marche, leur directeur et chapelain :
Les religieuses du couvent de Sainte-Marie d'Amiens,
dames de Farivillers, Peti-Poil de la Treue, absentes :
Le clergé des paroisses.
Pour la liste des curés, voir plus loin le tableau de l'ordre
du Tiers-Etat.
NOBLESSE
Le marquis de La Billarderie, Grand Bailli d'épée, pour lui
et comme chargé de la procuration :
de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, prince du
sang, duc d'Enghien, de Guise et Bourbonnais, seigneur de
Clermont, Breuil-le-Vert, Hotheleux, pair et grand maître de
France, gouverneur-lieutenant général pour le roi en ses
provinces de Bourgogne et Bresse, colonel-général de l'infan-
terie française et étrangère;
et de Louis-Henri- Joseph de Bourbon-Condé, duc de Bour-
bon, prince du sang, seigneur de Nointel, pair et grand
maître de France en survivance, lieutenant général pour le
roi en Champagne et en Brie ;
Jacques-Charles, duc de Fitz-James, pair de France
maréchal de camp, colonel propriétaire du régiment de
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IH4 l.E COMTK DK CLKKMONT EN BEAUVOISIS
Berwick-infanlerie, gouverneur et lieutenant général du Haut
et Bas Limousin, pour lui et comme fondé de procuration :
de Louis, marquis de Gouy, lieutenant général des armées
du roi et de la province de l'Ile-de-France, gouverneur des
ville et château de Clermont en Beauvoisis, baron de Chars
et de Ressens, seigneur d'Arcy, Avregny, Rlcquebourg, La
Neuville, Haut et Bas Matz, Santeull, Flrmecourt, Brignau-
court, Briançon, Le Haume, Le Ruel, Le Bremel, Grîncourt^
Liancourt ;
Alexandre-Frédéric-Frauçois de La Rochefoucauld, du(! de
Liancourt, chevalier des ordres du roi, pour lui et comme
fondé de procuration :
de Marie-Henriette Polastron, veuve d'Eléonor, comte d'An-
dlau, l'un des premiers des quatre chevaliers du Saint-
Empire, dame de Verderonne, Le Fresne, Pisseleu et le Pont:
de M. de Noailles, duc de Mouchy, maréchal de France,
grand d'Espagne de première classe, prince de Poix, marquis
d'Arpajon, comte de Monllhéry, vicomte de Lautrec, baron
d'Ambrun et des Etats de Languedoc, seigneur propriétaire
du fief Dubus et dépendances dans le Bailliage de Cler-
mont, chevalier des ordres du roi, grand-croix de l'Ordre de
Malte, gouverneur des ville, châteaux et parcs de Versailles
et Marly, lieutenant général de Guyenne;
du marquis de Grasse, comte de Sermelent, d'Antibes,
maréchal de camp, seigneur du marquisat de Sarcus et de
la châtellenie de Mollens ;
de François-Charles du Floquet, comte de Real, chevalier,
châtelain de Fontalne-Lavaganne, Haulefontalne, Mortefon-
talne, Gaudechart, Oudeuil-le-Châtel , Ribauvillé, fief de
Heilly, La Neuville, Pisseleu, Sanguin, ancien lieutenant-
colonel de cavalerie ;
de Louis-Charles-Philippe, vicomte de Sarcus, capitaine de
cavalerie, seigneur de la vicomte d'Hannaches, de Salnt-
Arnoult et fiefs en dépendant ;
de Jean-Baptiste-Christophe de Cossart, marquis d'Esplès^
chef d'escadron au régiment de Chamborant-hussards, sei-
gneur d'Omécourt, Espaux, Saint-Arnoult, Marcoquel, Mu-
reaumont, Saint-Denlscourt, Brussy, Ville-sous-Corbie, Ha-
dancourt, Lardencourl, Salnt-Clalr;
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ANNEXE H 165
de Marie-Elisabeth-Gabrielle-Eugénle d'Espiès. veuve et
douairière de Louis-Alexandre, comte d'Auger, lieutenant
général des armées du roi, seigneur de Fresnel :
de Jean-Baptiste, vicomte de Boisgelin, de Kergomar-
Kervran, commandeur de Notre-Dame du Mont-Garmel, de
Saint-Lazare de Jérusalem, ancien capitaine des vaisseaux
du roi, gentilhomme de la manche des petit-Ills de France,
premier chambellan de Monsieur, frère du roi :
et d'Aimée -Victoire Navilié de la Verteville, épouse
d'Ambroise-François-Joseph Polisset, chevalier, baron de
Beauvois, Mingoval, seigneur de Léglantier et Vienne.:
Charles-François de Flaliaut de la Billarderie, maréchal
de camp, procureur de Louis-Stanislas-Xavier, fils de
France, Monsieur, frère du roi, due d'Anjou et d'Alenc^on,
comte du Maine, de Perche, de Senonche, de Mantes et de
Meulan, de Ghaumont-en-Vexin et de Beaumonl-sur-Oise,
baron de l'Isle-Adam, seigneur-châtelain de Ponloise, mar-
quis de Mouy, seigneur de Prestes, Nogent, Nointel, Cham-
pagne, Villiers-Adam, Anvers, Mours, Ghambly, Fontenetles,
Trie-la-Ville, Villers, Ansacq, Janville, Vaux, Cambronne,
Bury, Angy, Plessier-Bilbaut, Grandviller ;
Et de Louis-Maxim in-Emmanuel Lancry, chevalier, sei-
gneur de Pronleroy, lieutenant général, propriétaire du fief
de Naucourt (paroisse de Lieuvillers) et de Le Coroy (paroisse
de Noroy) ;
Jean-Georges-Claude Baude, baron de Ponllabbé, colonel
du régiment de Royal-Comtois, pour lui et comme fondé de
procuration :
de Guillaume-Marie Cavelier, veuve de Jean-François
Ogier, chevalier, conseiller d'Etat, ci-devant ambassadeur de
P'rance, dame de Cressonsacq :
de Stanislas de Biaudos, comte de Castéja, maréchal de
camp, inspecteur d'infanterie, seigneur de Framerville, Her-
leville, Remescourt, Belleuze ;
et de François-Nicolas, vicomte de Courtais, seigneur de
la vicomte de Lamotte, Agronin, La Ville-Talle, Le Sou-
ches, Sallevert, Le Chassignol, seigneur en partie de Fleury
à cause de dame Alexandrine-Marie-Geneviève de Lozonay,
son épouse ;
Jacques-Bernard de Broé, chevalier, seigneur de Sainl-
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1
16H LK COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUV01S18
Himault, Essuiles, fief d'Holon, Fontenelles, les Donjons, Ban-
nival, la Tour do Bulles et la Motte-d'Essuiles, pour lui et
comme fondé de procuration:
de Guy-Charles^Jean de Bosthierry, chevalier, seigneur de
Biercourt et en partie deCourcelles-Rançon;
et d'Augusle-René, vicomte de Maupeou, clievalier non
profès de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, seigneur de
I^arisisfonlaine, Berthecourl, Bretel ;
Jean-Fran<;ois-Anselme de Pasquier, seigneur de Franclieu,
meslre de camp de cavalerie, seigneur de Fouilleuse, pour
lui et comme fondé de procuration :
de Marle-Marguerite-Frani^ois-Firmin des Friclies, comte
Doria, marquis do Payen, soigneur haut justicier des terres,
soigueurios cl (iofs de Cayoux, Cornois, Berthencourt;
ci de Louis-Ucnri-Camille de Pasquier, vicomte de P>anc-
lieu, capitaine de dragons, soigneur de Lieuvillors :
I.ouis-Anne do Gaudochart, garçon major, fils aîné d'Adol-
phe de Gaudochart, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem,
ci-dovant aide de camp de S. A. Mgr le prince de Clermont.
procureur dudit prince do Clermont, seigneur d'Hémévillers,
Monlmarlin et du fief do Lagny ;
Jean-Frangois de Chassopot, seigneur de Pissy, pour lui et
comme fondé de procuration:
d'Alexandre-François, comte de Mareuil, seigneur de
Contre, tant pour la partie d'Amiens que pour celle de Cler-
mont ;
et de Charles-Louis des Courtils, chevalier, seigneur de
Merlomont, Hoz :
le comte de Bornetz, chevalier, seigneur du Bout-du-Bois,
de Belloy et du Pré, ancien lieutenant des vaisseaux du roi,
pour lui et comme fondé de procuration :
de Hugues-Oudart-Isidore-François de Siry, seigneur du
marquisat et quint de Savignies en Picardie, baron de
Couches en Bourgogne;
et de Nicolas-Henri de Couquault, chevalier, marquis
d'Avelon, seigneur de Blicourt, Villembray, baron d'Hodenc-
en-Bray, maréchal de camp ;
Charles-Jean-Baptiste Bourgevin de Vialart, seigneur de
Moligny, capitaine de dragons, lieutenant des maréchaux de
France, procureur de Paul-Jean-Bapliste de Bourgevin de
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ANNEXE H
Vialart de Sainl-Moris, chevalier, seigneur d'Hondai
Carrières, conseiller au Parlement ;
et de Dominique-Joseph, marquis de Gassini, noh
nois, chevalier, maréchal des camps et armées du
gneur de Thury, Filerval, Les Blaches, Ambel ;
Louis-Adrien de Guillebon, chevalier, seigneur de
choii, ancien garde du corps du roi, pour lui elcomn
de procuration :
de Louis-Joseph de Guillebon, segneur de Bertrar
moulin:
et de Marie-Jeanne Labbé, veuve de Jean-Joseph lai
écuyer, seigneur en partie de Mory, Leuilly, ancier
nant d'infanterie au bataillon de Noyon ;
de Guillebon, seigneur de Wavignies, pour lui el
fondé de procuration :
de Jacques de Viarmes de Mauléon d'Aisegnetz (
de Brunelir, chevalier, marquis de Toussaint, comte <
ries, lieutenant pour le roi en Provence, mestre d
commandant du régiment de Condé-infanterie :
de Joseph-Plaisant, comte de Bouchiat, chevalier, !
de Corbeil-Cerf, Lormaison, el du fief des Gham]
Lardières, directeur général des haras du roi en Als
et de Louis de Goussencourt, chevalier, comte de G
seigneur de Catillon.
Charles-François Chrétien de Sainte-Berthe, écuyei
au Parlement, seigneur des fiefs et terres de Limoges
gillière, pour lui et comme fondé de procuration :
de Jacques, marquis de Dommel, marquis de
commandant particulier du Port-au-Prince à Saint-Do
colonel d'infanterie, seigneur d'Oudard-Boulay :
de François-Joseph Le Lièvre, marquis de La G
P'ourilles, ancien premier sous-lieutenant de la d
compagnie des mousquetaires de la garde ordinaire
lieutenant général, gouverneur de Brie-Comte-Rot
gneur de La Grange, Fournies, Attilly, Beaurepaire,
Châlons ;
et d'Armand-Jean-François-Charles de Lescalpiei
lier, conseiller du roi en la Grand Chambre du Pa
seigneur de Neufmartin. Quincampoix :
r:iaude-François Chrétien de Sainte-Berthe, écu
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ANNEXE H 169
Anloiae-Louis-Armand Havart de Sesseval, écuyer, maître
des Eaux et Forêts de Clermonl, pour lui et comme fondé de
procuration :
de François-Henri d'Hardivilliers. clievaller, seigneur de
Monceaux, Courroy, Fouilloy, Le Kay, Le Hornois, Henne-
quin, La Cour d'Oise, Saint-Omeren partie, ancien capitaine
de cavalerie :
et de Louis-Laurent de Rimberl de Cliâlillon, chevalier
seigneur de Heuilly, HardonceL Neufmaison, Guisencourl,
ancien brigadier des gardes du corps, capitaine de cava-
lerie :
Louis-Frangois Havart de Popincourt, chevalier, ancien
seigneur de Réthencourtil, Peteil, Arson, Agnetz en partie,
pour lui et comme fondé de procuration :
de Joseph Le Vasseur d'Armanville, ancien exempt des
gardes du corps du Roi, seigneur du fief de Laroy, sis à Cler-
mont et environs :
et de demoiselle Madeleine-Charlotte de Eresne de Cour-
celles, noble d'extraction, demeurant à Gonty:
Jean, baron de L^ Rochefoucauld duRreuil, colonel attaché
au régiment d'Artois-cavalerie, commandeur de Saint-La/are
pour lui et comme fondé de procuration :
de Marie-Emilie Verzure, veuve de Claude-Louis-Gharles
d'Esiut, marquis de Tracy, maréchal de camp ;
et de Marie de La Rochefoucauld, duchesse d'Estissac,
marquise d'Halluin et de Liancourt, veuve de Louis-Armand-
François de La Rochefoucauld, duc d'Estissac, chevalier des
ordres du Roi, gouverneur de Rapaume :
Louis-Charles-Hubert de Forceville, capitaine au régiment
d'Angoulême-Dragous, procureur d'Augustin-Louis Henne-
quin, marquis d'Ecquévilly et de Chemery, seigneur de Fume-
chon, Morenvillers, comte de Grandpré, lieutenant général
des armées du Roi et chevalier de ses ordres, lieutenant
général de S. M. pour les provinces et frontières de Champagne
et de Brie, capitaine de la vénerie des toiles de chasse,
tentes et pavillons du Roi, équipage du sanglier ;
et de Divine-Melchior de La Grené, chevalier, garde du
corps du Roi, seigneur propriétaire de Chaussay et Frin-
villé.
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s dont les noms suivent et
ir du Hamel ; le sieur Cave
u, Goquerel ;
seigneur de Cempuis; le
ux ; la duchesse de Fleury,
xle Fenyelle, seigneur de
iigneur en partie de Gannes
le Troussures, Monchy La
y:
[uise de Tiamaches. dame
icourt : le marquis de Feu-
Roy :
avocat es Conseils du Roi,
,el-Cleric, situé à Bulles,
't seul seigneur du fief Re-
ilocourt, êcuyer, conseiller
général au Parlement de
fiefs de Braquemont, Don-
partie, situés à Bulles ;
ieauvais, seigneur de Vaux :
ce ; le propriétaire du fief
eville ; le sieur d'Epineuse :
oisjelin, à cause de sa terre
Montreuil-sur-Bresche :
de la dame Le Bègue de
t, du Toquet, Bourselier et
elles, seigneur d'Auchy-eu-
apecourt et Marguerie;
3 Villers-Saint-Sépulcre ;
ir de Marseille et Bourbon ;
u Pelit-Cempuis : le sieur
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ANNEXE H
Le marquis de Sarcus, seigneur de Saint-Arnoi
Le sieur du fief de Guerbigny sis à La Hérelle
Le sieur Fouquet, propriétaire du fief de La H
Le Pelletier, seigneur du fief de Liancourt ;
Le prince Camille de Rohan, commandeur de S
Le sieur de Caulière : Madame Deuizel, dame
Cléry et Champ-de-Roses :
Le marquis de Vérac, seigneur de Bergicourt ;
Le sieur de Bussy, seigneur de I^a Verrière :
La comtesse de Vauchelles à cause des fiefs (i
et Les Massis (paroisse de Saint-Omer) :
Le marquis de MouUay, seigneur de Noroy :
Le sieur Hanolet, seigneur du fief Hazaleux i
Halloy) ;
Le sieur des Cornetz ; le sieur de Parc d'Arcq ;
Fourcroy, seigneur de La Chaussée de Kamécoi
Dumesnil, seigneur de Fresmontier;
Le sieur du Vey, seigneur du fief d'Ameline (i
Cempuis) ;
Le sieur de Laurç de La Tour, seigneur de 1
d'Arbonnières.
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172 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
TIERS ÉTAT
PAROISSES
«S
—
1-
Clermont (l)
494
Agnelz (1)
300
Airion (1)
33
Angivillers(2)
93
Ansauvill"''(8)
»
Arcy (4)
160
Auvillers(5)
24
CURÉS
Hauduroy
Magnier
Recule l
Delafraye
Daniel
TIERSETAT
Casloul, lieutenant général :
Bosquillon, lieutenant gé-
néral de police ; Bosquil-
lon de Fonlenoy, lieute-
nant particulier ; Rodri-
guez, lieutenant de maire.
Duguey, écuyer, lieutenant-
colonel de cavalerie ; Pil-
lon, fermier, Gavrel, la-
* boureur, Révelin, facteur
de bois.
Morel et de Saint-Paul, la-
boureurs.
Claude et Louis Bouclier,
fermiers et laboureurs.
»
Ledru et Boucher, labou-
reurs.
Soucanye de Landevoisin.
seigneur, et Labitte, son
fermier.
(1) Election de Clermont. Aujourd'hui canton de Clermont. — (2) Mi-
partie Election de Clermont et de Montdidier. Auj. canton de Saint-
Jusl-en-Chaussée. — (3| Mi partie Election de Clermont et de Montdi-
dier. Auj. Clinton de Breteuil. -- (4) Election de Clermont. Auj. c^inton
d'EstrcVs-Saint-Denis. — (5) Election do Clermont. Auj. cnnlon de Mouy.
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174 LE COMTÉ DK CLERMONT EN BEAUVOISIS
PAKOISSES «g CURÉS TIERS ÉTAT
Gambronne(l)
Castenoy (2),
Caslillon (3)
Gauffry (4)
Gaulières^(5)
Cempuy (6)
Cemoy (7)
Ghaussoy (8)
Golagny-le-
Bois (9)
Gonlre(lO)
Goiity (11)
Gressonsacq
(12)
Grillon (13)
Guignière'(14)
130
196
140
162
1)
180
30
26
26
60
190
102
))
86
DelaruedeLé-
pinoy
Prévost
Lecurè,dé/aut
Madault, dé
faut
Le curé, défaut
Dathy, défaut
Lesueur
LecMTé.défaut
Rohaull, dé-
faut
Le Moine, dé-
faut
Dumoulin, P.
Desplacques
Défaut
Lelièvre
Basquin, procureur au Bail-
liage, et Gautier, fermier.
Prévôt elBoucher, fermiers.
Warré et Hémé, laboureurs.
Follet et V^neron.
Dacy, receveur, et Pierret,
praticien.
Du pressoir et Gossart.
Beauvais et Descrqix, la-
boureurs.
Depeaux et Jeude.
Retourné et Deneulgermain.
Fauchon, procureur fiscal,
syndic, et Lequien, con-
trôleur du domaine du roi.
Prévost, receveur, et Des-
paux, maître en clilrurgie.
»
Bullot et Pellieux.
(1) Election de Clermont. Auj. canton de Mouy. — (2) Election de Cler-
mont. Auj. canton de Liancourt. — (3) Election de Clermont. Auj. canton
de Saint-Just-en Chaussée. — (4) Election de Clermont. Auj. canton de
Liancourt. — (5) Election d'Amiens. Auj. canton de Poix. — (6) Elec-
tion d'Amiens. Auj. canton de Grandvilliers. — (7) Election de Clermont.
Auj. canton de Saint-Just-en-Chaussée. — (8) Election de Montdidier.
Auj. canton d'Ailly (Somme). — (9) Election de Beauvais. Auj. canton
de Formerie. — (10) Election d'Amiens. Auj. canton deConty. — (il) Elec-
tion d'Amiens. Auj. chef-lieu de canton. — (12) Election de Clermont.
Auj. canton de Saint- Just-en-Chaussée. — {13} Election de Beauvais.
Auj. canton de Songeons. — (14) Election de Clermont. Auj. canton de
Saint-Just-en-Chaussée.
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PAROISSES
II
Epineuse (1)
67
Erquiiiviljiers
29
(2)
Krquery (3)
93
Kssuiles (4)
160
Elouy (5)
180
Fameclion
))
près Poix (6)
Farivillers-St-
35
André (7)
Fay-St-Quen-
110
lin(8)
Filz- James (9)
100
Meury (10)
60
Fouilleuse(ll)
27
Fournival (12)
90
Francières(l3)
96
ANNEXE 11
CURÉS-
17/
Le Rai, P.
Mignot
Fourquierel
Fasquelle
Blochet, P.
Palliu
Lefèvre , dé-
. faut
»
Beau vais
Prévost, P.
Detuiie,rie7flf7/^
Le Gay
Féron
Chevalier, dé-
■ faut
TIERS ÉTAT
Butté et Denain, fermiers.
Bailly et Fauquet, labou-
reurs.
Beauvais, fermier, Delaclia-
pelle, vigneron.
Talion et Warmé, labou-
reurs.
Mahieux et Devimeux, la-
boureurs.
D'Harclivilllers, laboureur,
Vanel, fabricant de toiles.
Dumoulin, fermier, et Du-
moulin, laboureur.
Poileux, maître de la Poste
aux chevaux de Glermont,
et Beudin, fermier.
Thorel, bailli, et Denis.
Coutellier et Lambert.
Dodé, fermier, et Genaille,
laboureur.
Thirial et Chevalier, fer-
miers.
(1) Election de Glermont. Auj. canton de Glermont. — (2) Election de
Glermont. Auj. canton de Saint-Just-en-Ghaussée. — (3) Election de Gler-
mont. Auj. canton de Glermont. — (4) Election de Beauvais. Auj. canton de
Saint-Just-en-Ghaussée.— (5) Election de Glermont. Auj. canton de Saint-
.lust-en-Gliaussée. — (6) Election d'Amiens. Auj. canton de Poix. —
(7) Election de Glermont et de Montdidier, mi-partie. Auj. canton de
Froissy. — (8) Election de Beauvais. Auj. canton de Nivillers. —
(9) Election de Glermont. .\uj. canton de Glermont. — (10) Election
d'Amiens. Auj. canton de Gonty. — (11) F^Iection de Glermont. Auj.
canton de Glermont.— (12) Election de Glermont et de Montdidier, mi-
partie. Auj. du canton de Saint-,Iust-en-Ghaussée. — (18) Election de
Gompiègne. Auj. canton d'Estrées- Saint-Denis.
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176
I.E COMTE DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
PAROISSES
Frémontiers
(1)
Fumechon (2)
Gournay-sur-
A ronde (3)
Guizaucou"(4)
Halloy (5)
Hannaches (6)
Harmancourt
(7)
Ilarmes (8)
Herchies (9)
Haudivillers
(10)
Hémévillers
(11)
Hondaiuville
(12)
Hodene-en-
Rray (18)
70
45
205
40
106
150
))
240
86
49
CURES
Boucher, dé-
faut
Le curé
Chary
Delatlre, dé-
faut
Desgabet de
Sua me, P.
Défaut
Lardennois
Lemaire , dé-
faut
Talion, P.
Gaberois,
prieur, défaut
Truberl
Louvois , dé-
faut
TIERS ÉTAT
Dagne et Lelebvre.
Waré et Lefebvre, labou-
reurs.
Chevalier, maître de Poste,
et Wattelet, laboureur.
Buquerel et Prousel, la-
boureurs.
Larcher, syndic, et Robert,
syndic de l'Intendant.
»
Ansel et Leclercq.
Bourdon et Falluel.
Beudin, tonnelier, Desma-
rels, laboureur, et Talon.
Praquin et Dorlé.
P'ortin et Mirville, clerc
laïc.
(1) Election d'Amiens. Auj. canton de Gonty. — (2) Election de Cler-
mont. Auj. canton de Saint-Just-en-Chaussée. — (3) Election de Clep-
mont. Auj. canton de Ressons. -- (4) Election d'Amiens. Auj. canton
de Poix. — (5) Election d'Amiens. Auj. canton de Grandvilliers. --
(6) Election de Beauvais. Auj. canton de Songeons. — (7) Election de
Compiègne. Auj. canton d'Estrées-Saint-Denis. - "■ — ••
vais. Auj. canton de Noailles. — (9) Eleiîtion de
de Beauvais. ~ (10) Election de C4lermont. Auj.
(11) Election de Clermont. Auj. canton d'Estrées-:
lion de Clermont. Auj. canton de Mouy. — [V^
Auj. canton du Coudray-Sainl-Germer.
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ANNEXK
H 177
PAROISSES , ï S
- 'ï'
CURÉS 1
_ 1
TIERS ÉTAT
Lamécourl(l)
40
Roussel
Coulelier, laboureur, el
Hardi, vigneron.
La Neuville-
176
Lesiuvée
Lefèvre, syndic, elMaillart,
eii-Hez (1)
laboureur.
La Neuville-
147
De La Marc lie.
Bullot et Prévôt, laboureurs.
Roy (2)
P.
La Rue -Pré-
17
Le vicaire en
Dauchy el Dcmouy.
vost (3)
chef
La Rue-Saiul-
140
))
Isoré et Blin, laboureurs.
Pierre (4)
La Verrière
27
Bulteux , dé-
Vasseur et Poissonnier, la-
(5)
faut
boureurs.
Le Bosquel
130
Revoir, prieur
Deneufgermain et Follet.
(6)
P.
Léglantiers(7)
90
Le curé
Meurinne et Legrand.
Le Hamel (8)
250
Bourdon, P.
Leroux, syndic, Lanquetin,
fermier, et de La Greuze,
laboureur.
LeMesnil-sur-
108
Hennon
Caron et Tarlay.
Bulles (9)
L e Plessier -
50
Arachequeshe
Léluvé et Descroizetles, la-
sur-Bulles (9)
P.
boureurs.
Le Quesnel-
130
Thourel
Hémet et Gouy, notaire royal.
Aubry (40)
(1) Election de Clermont. Auj. canton de Clormont. — (2) Election de
Montdidîer. Auj. canton de Saint-Jiist-cn-Chaussée. — (3) Election de
Clermont. Auj. canton de Saint-Just-en-Chauss6e. — (4) Election de
Clermont. Auj. canton de Clermont. - (5) Election d'Amiens. Auj.
canton de Grandvilliers. — (6) Election d'Amiens. Auj. canton deConty.
— (7) Election de Clermont. Auj. canton de Maignelay. — (8) Election
de Beauvais. Auj. canton de Grandvilliers. — (9) Election de Clermont.
.\uj. canton de Saint-Just-en-Chaussée. — (10) Election de Clermont.
Auj. canton de Froissy.
12
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.R COMTK IJK CLHKMONr KN nKACVOISlS
FAHOISSES
Liancourt(l)
222
Ueiivillers (2) 100
70
Lilz et Wari
ville (3)
Maimbeville
(4)
Marseille (5)
Marlineourt
(6)
Méry (7)
Milly,N. D. et
St-Hilaire (8)
Monsures (9)
Mont mar tin
(10)
Montreuil-s'-
Bresclie(ll)
Neuilly (12)
Nointel (13)
102
»
»
220
»
60
34
180
58
180
CURES
Verny
An! y
Lauviit
Défaut
Défaut
Millon
Défaut
Noviou, P.
Heiny Dubus,
défaut
Le Page, P.
Prieur, curé
Poilleux
TIERS ETAT
Guiberl, maître en chirur-
gie, Maupin, procureur,
et Demeur.
Lemaire, laboureur, etPor-
temer, clerc laïc.
Douche et Legay.
Bourée, laboureur, et Beau
fils, vigneron.
»
Roussel et Lagache.
»
De Rerny et Thierry.
Pracquin, syndic, et Vavelle.
Pain et Pillon.
Breton et Pronnier, labou-
reurs.
Moreull, laboureur, et Ar-
nault, notaire royal, syn-
dic.
(1) Election de Clermont. Auj. chef-lieu de canton. — (2) Mi-partie
Election de Clermont et de Montdidier. Auj. canton de Saint-Just-
en-Chaussée. — (3) Election de Beiiuvais. Auj. canton de Clermont. —
('k) Election de Clermont. Auj. canton de Clermont. — (5) Election
de Beau vais. Auj. chef-lieu de canton. — (6) Election de fieauvais.
Auj. canton de Songeons. — (7) Election de Clermont. Auj. canton de Mai-
^nelay. — (8) Election de Beauvais. Auj. canton de Marseille. — (9) Elec-
tion d'Amiens. Auj. canton de Conly. — (10) Election de Compiègne. Auj.
canton d'Estrées-Saint-Denis. — (11) Election de Clermont. .\uj. canton
de Froissy. — (12) Election de Clermont. Auj. canton de Mouy. — (13) Elec-
tion de Clermont. Auj. canton de Liancourt.
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PAROISSES
Noroy (l)
Ons-en-Bray
(2)
Ranligny (3)
Réraécourt (4)
Réméranffles
(4)
Reniy (5)
Rouvillers(6)
Sacy-le-
Grand (7)
Saint-Arnoult-
en-Bray (8)
Saint-Aubin-
en-Bray (9)
Saiiit-Aubins'-
ClerraoDt(lO)
Saint-Féllx(il)
48
40
25
90
209
65
190
150
liO
76
78
ANNEXE H
CURÉS ;
TIERS ETAT
Moreau
Défaut
Ponchon
Lenormand, P.
Le Gay
F'éret, défaut
Sénéchal
Nattler, dé-
.faut
DeVlllers, dé
faut
Défaut
Serpe
Jeancourl
Delaherche et Poulai
boureurs.
Martin et Morainville
Pollet et Demonchy.
Queste et Tanarl , 1
reurs.
P'oiret, laboureur et
veur, Prévost , fei
Levasseur, fermier e
die.
Budin, receveur, el 11
det, laboureur.
Boucher el Tricot, 1
reurs.
Derivière, procureur ]
el Bloquière, fermie
Roussel et Dappe.
Prévost et Lobgeois,
miers.
Feine et Pulleux.
Il) Election do CIcrmont. Aiij. canton de Saint-.hist-en-Chîn
(•?) Election do Bciiuvais. Aiij. canton d'Auneuil. - (.'>) Electii
Clormont. Auj. canton de Liancourt. — (4) Election do CIcrmont
canton do Clormont. — (5) Election do Clormont. Auj. canton
Irées-Saint-Donis. — (6) Election de Clormont. Auj. canton do :
Jusl-en-Chaussée. — (7) Election de Clormont. Auj. canton do
court. — (8) Election de Beauvais. Auj. canton de Former
('.') Election de Beauvais. Auj. canton du Coudray-Saint Gorm
(*0) Election de Clormont. Auj. canton do Clormont. -- (ii) Elecli
Clormont. Auj. c;inton do Mouy.
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ISO
LK COMTÉ DE CLEHMUNT EN BEALVOISIS
PAROISSES
Salnl-Maur(l)
S! -Orner (2)
Sainl-Hemy-
en l'Eau elVa-
lescourl (I^)
Sareus (4)
Senantes (5)
Sommereux
(<i)
Songeoiis(7)
riiieuloy-Sl-
Anloine (8)
Tliioux (9)
Thury (10)
Trois -Klols
(11)
Iroussures
(12)
rily-Sainl-
Georges (13)
»
))
188
191
»
120
120
21
25
CURÉS
Suplioe, dé-
faut
Bedel
Delarbre
Helhoimne,
défaut
Défaut
(iravet
Défaut
Davosne, P.
Pa((iiK'lHeau
vais , défaut
Boiivalel, 1*.
Le^enl
Danjou, dé-
J'aut
Défaut
TIERS ÉTAT
P'ournier el Billard, fer-
miers.
(iravet et Delamarohe.
Loiif^avesue, bourgeois, et
Heuet, laboureur.
Quesie el Pilloii.
Dubus, grenier, el Madaré,
maître de pension.
Paul, syndic, et Boucher.
Vercl el Meuriue,
(I) Eliîction il»' PoaiiVHÎs. Auj. canton do Grand viUiors. — (t?) Elec-
tion Ao Uoauvais. Auj. canton do Marsoillc. — (3) Election do Clor-
mont. Auj. canton do SaintJust-cn-Chaussoo. — (4) Election d'Amiens.
.\uj. canton do Grandvilliors. - (5) Election de Beauvais. Auj. canton
de Songeons. — (fi) Election d'Amiens. Auj. canton de Grand vil Hors. —
(7) FMection de Beauvais. Auj. chef-lieu de canton. — (8) Election de
Beauvais. Auj. canton de Orandvilliers. — (9) Election de Clermont. Auj.
canton de Froissy. — (10) Election de Clermont Auj. canton de Mouy.
(Il) Election de Clermont Auj. canton de Saint-Just-en-Chausséo. —
(1*2) Election de Beauvais. Auj canton d'Auneuil. — (13) Election de Cler-
mont. Auj. canton de Liancourt.
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^^^r|^^..-
ANNKXK H
t'AKUI>M'..>
ES U>
Villers-Sainl-
110
Sépulohre(l)
Villers-sur-
»
Honnières (2)
Vrocourl (3)
))
Wavigiiies (4)
93
CIKES
Groze de Mon-
trezière
Le Besgue, dé-
faut
Défaut
Lefranc, 1*.
TIERS ETAT
Au tin, fermier el s:
et Bourgeois, arp(
roval.
Lavisse et Guesnard.
La circonscription du Bailliage de Clerinont était cou
par les Bailliages voisins. La plupart des paroisses, inj
ci-dessus, pour lesquelles ou ne trouve pas de noms, a
envoyé leurs députés soit à Beauvais, soit à Amiens.
Les 118 paroisses du Bailliage de Clermont, qui ligure
cette liste, étaient, avant 1789, réparties, au point de vue
nistralif, entre cinq Elections, savoir : celles de Gler
qui en avait la majeure partie, de Beauvais, d'Amicj
Montdidier et de Compiègne.
105 appartiennent aujourd'hui au déparlement de l'C
font partie de dix-neuf cantons: V,\ appartiennent au (
tement de la Somme.
(l) Election de Deauvais. Auj. c«inton de Noailles. — (2) Elec
neaiivais. Auj. canton de Marseille. - (3) Election de Reauvai
canton de Songeons. — ('i) EHection de Clermont. Auj. canton de
Just-en-Cbaussée.
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TABLE
CHAPfTHE IV. — Lh princessi^ d'Harcourt, coinloss** (
mont (1702). Vente au prince de Condé de la ChAI
de Creil (1704) et du Comt*^ (1719). Confiscation prc
en 1792 contre Louis-Josepli de Bourbon, prince de
Consistance et revenus du Comté à cette époque,
pales mouvances. Restitution de 1814. La succcsslc
maison de Condé. Le duc d'Aumale
CHAPITRE V. — Clermont en 1789. Description de li
Organisation religieuse. Le chapitre Notre-Dame. ]
Saint-Samson. Les Trinitaires. Les Ursulines. L
Dieu. Enseignement primaire gratuit. Le Collège. >
des eaux et forêts. Grenier à sel. Election. Bailli
subdélégué de l'Intendant de Soissons. L'Assemblée
tion de 1787. I>»s Elerrions aux Etats (irnôniux de
ANNEXES
A. — Etat au vnii de la ChAlellenie de Creil. Corn
15.TU-51
B. — Contrat d'engagement du i:^ aoiU 15(>9
C. — Chambre des Comptes. Procès- vr-rbal d'êvaliiat
Comté
D. — Certificat constatant la destruction, en 159(), des a
du Comté
E. Articles de la capitulation du ?S octobre 1615...
F. — Lettres patentes du 19 juin 1724
(i. - Biographies clerm(mt«)ises
H. - Bailliage de Clermont en Beauvoisis. Assemblée d
ordres du 9 mars I7?<9. Liste des ctmiparants
Clergé
Noblesse
Tiers Etat et curés
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LE
COMTÉ DE CLER]
EN BEAUVOISIS
ON REFERENDUM LÉGISLATIF AU X
LA RÉFORMATION DE LA COUT
PAU
le comte DE LUÇAY
Correspondant de llnstitut, Membre du Comité des Ti
et de la Société Académique de TOia
BEAUVAIS
IMPRIMERIE DU (( MONITEUR DE l'OISE )) , RUE DE!
1898
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LE COMTE DE CLËRSK
EN BE4UV0ISIS
ÉTUDES POUR SERVIR A SON HISTOIl
Un Référendum législatif au XVI® Si
La Réformation de la Coutume
Il est une institution qui, si elle n'a pas encore ej
ment pris place dans notre législation, tend cependant
jour à s'introduire davantage dans la vie commun
Référendum, c'est-à-dire la consultation officielle de 1î
lation sur une mesure, sur une question qui enga
intérêts.
Le Référendum existe en Suisse et y rend de signa
vices.
Il a existé dans l'ancien droit français, et l'exemple
mémorable qui en ait été donné est, ce me sem
concours demandé par le Pouvoir central aux représi
des trois ordres pour la Réformation des Coutumes.
Les procès-verbaux de réformation de ces coutun
été publiés en même temps que leur texte, et offrent
toire une mine inépuisable de renseignements sur l'étî
tique, géographique et social de la France au xvr
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6 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
C'est à ce point de vue que j'ai étudié le procès-verbal des
Coutumes générales du Bailliage et Comté de Clermont en
Beauvoisis, rédigé en août 1539.
La Société académique voudra bien que j'arrête un instant
son attention sur les résultats de mon examen.
I
« Coutume, dit le Grand Coutumier général de Jacques
d'Ableiges, est un raisonnable élablissement non écrit et
pour le commun profit mis au pays et par le prince, gardé
et approuvé notoirement pendant le cours de XL ans. »
Et l'illustre jurisconsulte du Beauvoisis, Beaumanoir,
ajoute :
« Coustume si est approvée par l'une de ces deux voies,
dont l'une des voies si est, quand elle est générale par toute
le Comté et maintenue de si loue tans comme il put sovenir
a home sans nul débas... Et l'autre voie c'en doist connaître
et tenir por costumes si est quand debas en a esté et l'une
des parties se veut aidier de coustume et fut apprové par
jugement (1). »
Comment et dans quelles conditions la législation cou lu-
mière a-t-elle pris naissance? A l'époque barbare, sous la
monarchie franque, le droit était personnel; c'était l'état des
personnes qui déterminait l'état des propriétés territoriales.
Dans l'anarchie féodale, les lois personnelles firent place aux
coutumes territoriales. « En prenant la place des lois écrites
romaines et barbares, les coutumes ont substitué aux statuts
personnels, qui suivaient partout l'individu, les statuts réels
dont l'autorité s'étendit à tous les habitants de la même
contrée, quelle que fût leur nationalité (2). »
(1) « Coutumes de Beauvoisis Capitros XXIV quelo coze est coustume
et quele coze est usage et lequel valent et lequel non. » Beaumanoir
distingue en ces termes la coutume de l'usage : « Si est que toutes cous-
in mes font à tenir, mais il y a tex usages qui vanrrait pledier encontre
et mesner jusques a jugement li uzages seraient de nul valeur, o
(2) Beau ne, Droit coutumier /"mfïfat.s*. la condititm de» personnes,
p. 12.
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LA REFORMATION DE LA COUTUME
La transformation fut lente à s'opérer ; plus rapprochés (
droit romain dans le midi, plus germaniques au nord de
Loire — de là, la division de la France au point de vue du dri
en deux grandes zones (1) — les usages locaux ne prirent cori
ne revêtirent une forme certaine que dans le cours des xi*
XII* siècles. Longtemps, ils se transmirent par tradition da
les justices villageoises et les assises prévôtales ; le texte,
moins qu'il ne s*agit de chartes, de concession royale ou s(
gneuriale (2), n'en était ni rédigé ni écrit, et, lorsqu'une dif
culte d'interprétation venait à s'élever dans une aiïaire,
tribunal saisi était obligé de prescrire une enquête p
a turbes » : c'était une procédure empruntée à la législati<
carolingienne. Un jury formé de dix à douze personnes, juge
avocats, praticiens et notables du Bailliage ou de la Sén
chaussée (3), était réuni et consulté sur le point de savoir
la coutume invoquée devait être tenue ou non pour existan .
Le jury devait se prononcer à l'unanimité. Dans le demi
état du droit, l'avis d'une seule lurbe ne suffisait pas. Il faits
pour la validité de l'enquête ^ue deux turbes au moins f u
sent consultées.
Le développement progressif de la vie sociale, l'accroiss
ment des transactions qui en fut la conséquence, l'institutic
de l'appel et l'intervention du Parlement dans les litigi
(i) Le [mtois de la langue d'oc et le [mtois de la langue d'oil consi
tuaient la ligne séparative de ces zones. Il y avait les pays de droit écj
où le droit romain était considéré comme le droit commun, sauf dai
les matières féodales. C'étaient le Dauphiné, le Languedoc, la Provenc
la Guyenne, le Béarn, l'Alsace, le Lyonnais, la Bresse et le Bugey. 1
reste de la France formait les pays de droit coutumier. Guy Coquil
considérait les coutumes comme « le vrai droit civil de la France ».
(2) Voyez dans mon étude sur le Dénombrement de 1373, Paris 187
le texte des chartes de commune concédées, en H97, à Clermont et
Creil ; en ii8i, à Bulles.
(3} a Nis appartient qu'avant que coutume soit prescrite qu'elle se
telle que par 12 hommes des plus sages et anciens du lieu ait é
approuvée, tellement que jugement en soit issu et de ce jugement a
été appelé en cour souveraine de laquelle il ait été dit bien jugé et m
appelé. » Boutellier, Somme rurale.
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8 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
finirent par faire apparaître les côtés défectueux de cette
procédure, l'insuffisance d'un droit uniquement basé sur une
tradition fugitive et souvent contradictoire; une rédaction
otficlelle s'imposait; elle fut tentée dans plusieurs contrées à
partir du xir siècle, mais la mesure ne prit un caractère gé-
néral qu'à partir du xv% lorsque l'expulsion définitive des
Anglais du sol de la Patrie eut permis à Charles VII de s'oc-
cuper de la réorganisation de son royaume.
L'ordonnance de Montilz-les-Tours (avril 1454) prescrivit,
par son article 125, en vue d'abréger les procès et litiges et
de relever les plaideurs des « mises et dépens », que les cou-
tumes, usages et stiles de tous les pays fussent rédigés et
mis en écrit. Soumis à l'acceptation des Coutumiers, prati-
ciens et gens de chacun desdits pays, ces coutumes et usages
devaient être présentés à l'examen du Grand Conseil ou du
Parlement, puis recevoir l'approbation royale qui lui don-
nerait force de loi (1).
(1) Lettres de Charles VII pour la r(^formation de la Justice (125). Item.
Et que les parties en jugement, tant en nostre court de Parlement, que
par devant les autres juges de notre royaume, tant nostrcs qu'autres,
proposent et allèguent plusieurs usages stiles et coustumes, qui sont di-
vers selon la diversité des pays de nostre royaume, et les leur convient
prouver, par quoy les procez sont souventes foys moult allongez et les
parties constituées en grands fraiz et despenz ; et que, si les coustumes,
usages et stiles des pays de nostre dit royaume estoient rédigez par
escril, les procez en seroient de tout plus briefs et les parties soublc-
vées de despenses et mises, aussi les juges en jugeroyent mieux et plus
certainement : (car souventes foys advient que les parties prennent
coustumes contraires en un môme pays, et aucunes foys les coustumes
muent et varient à leur appétit dont grandz dommages et inconvénients
ad viennent à nos subjeclz). Nous voulans abréger les procès et litiges
d'entre nos subjectz et les relever de mises et despens et mettre cer-
taineté es jugemens tant que faire se pourra, et osier toutes matières
(le variations et contrariétez. Ordonnons, décernons, déclairons et sta-
tuons que les coustumes, usages et stiles de tous les pays de nostre
royaume soyent rédigez et mis en escril, accordez par les coustumiers,
praticiens et gens de chascun desdiz pays de notre royaume, lesquelz
coustumes, usages et stiles ainsi accordez seront mis et eicritz en livres,
lesquels seront apportez par devers Nous, pour les faire veoir et visiter
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LA REFORMATION DE LA COUTUME
Ainsi, remarque La Tliaumassière (Anciennes et m
Coutumes du Berrij), le Roi montrait aux comtes et sel
que les lois et coutumes n'avaient aucune force,
n'avaient été rédigées par l'autorité du Prince.
Les prescriptions de l'Ordonnance de Monlilz-les-T
reçurent, sous Charles VII, guère d'exécutipn, sauf ei
gogne où le duc J^hilippe-le-Bon n'eut garde de reco
quïl déférait à l'invilation royale, mais procéda à la r(
tion de sa propre autorité « à la requête et supplica
ses très chers et bien aimez les gens des trois états
duché » (1).
D'après Commynes, LouisXI désirait fort qu'en son r<
« l'on usast d'une coutume et d'un poiz et d'une mesure
toutes ces coustumes fussent mises en français en ui
livre pour éviter le cautelle et pillerie des avocats » (2)
intention est attribuée au monarque par Choppin, d
par les gons de nostre Grand Conseil ou de nostre Court de Pa
et par Nous les décréter et confermer ; et iceux usages cousl
stiles ainsi décrétez et confermez, seront observez et gardez
dont ilz seront, et ainsi en nostre Court de Parlement es causes (
d'iceux pays et jugeront les Juges de nostre dict Royaume tant (
Court de Parlement que nos Baillifz, Sénéchaux et autres Jug
iceux usages, coustumes et stiles, es payz dont ilz seront sans
autre preuve que ce qui sera escritpt audit livre ; et lesquelles coi
stile et usages, ainsi escritz, accordez et confermez comme dict
Ions estre gardez et observez en jugement et dehors. Toutesff
n'entendons aucune déroguer au stile de notre Court de Parlemen
hibons et défendons à tous les Advocatz de nostre dict royaur
n'allèguent, ne proposent autres coustumes, usages et stiles (
qui seront escriptz, accordez et décrétez comme dict est;
joi^ons ausdictz Juges qu'ils punissent et corrigent ceux qui
contraire et qu'ilz n'oyent ni reçoyvent aucunes personnes à
proposer ni dire le contraire.
(1)26 août 1459, à Bruxelles. Des Commissaires nommés p<
avaient préalablement procédé à une enquête et information à
furent appelés à concourir les membres du Parlement de E
officiers et praticiens des Bailliages et des représentants i
nombre des gens du tiers Etat. 11 en fut de même pour les C
de Franche-Comté promulguées en décembre 1450.
(2) Mémoire», livre VI, chapitre v.
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10 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Commentaires de la Coutume d'Anjou (1). Il apparaît aussi des
Lettres de Charles VIII, en date de janvier 1493, qu'il ordonna
les opérations préliminaires à la révision des Coutumes de
Mehun-sur-Yèvre et de Troyes, mais qu' « à l'occasion de
empeschements et autres grandes affaires qui lors survinrent
il ne pult bonnement mettre à exécution la délibération par
lui prise en cette matière ».
Ce furent les Etats-Généraux, réunis, en 1484, à Tours, par
Pierre de Beaujeu, duc de Bourbonnais et comte de Cler-
mont, qui reprirent le projet de Cliarles VII et demandèrent
qu'on « accomplit ce que par ledit Roi avait été advisé et or-
donné trente années auparavant ».
Les caliiers réclamaient non seulement la rédaction des
Coutumes et stilles du royaume, mais encore leur enregistre-
ment dans les différentes juridictions afin qu'on pût consulter
sans frais les textes des lois (2). La demande fut favorable-
ment accueillie par le Conseil du Roi, mais il fallut attendre
près de dix ans pour que satisfaction lui fût donnée.
Le 28 janvier 1493, Cliarles VIII adressa aux Baillis et Séné-
chaux des divers pays de son royaume des lettres patenter
pour la rédaction et la réformation des coutumes de leur
circonscription (3). Il rappelait les dispositions déjà formulées
par son aïeul et son père, et, de l'avis des princes et seigneurs
(1) M. Esmoio [Cours élémentaire du droit français) cite une quit-
tance, aujourd'hui conservée à la Bibliothèque nationale, et datée du
26 août 1480, par laquelle un clerc de la chancellerie reconnaît avoir
touché une indemnité « h raison d'un voyage par luy fait alant porter
certaines lettres de Mgr le Chancelier du Roi nostre dit seigneur avee
certains mandements pour envoyer par tous les bailliages et séné-
chaussées de ce royaume afin que les Baillis et Sénéchaux envoyent
au dit seigneur, signés de leurs mains les coutumes et les stilles de
leurs dits Bailliages et Sénéchaussées pour en faire une costume nou-
velle ».
(2) Georges Picot, Histoire des Etats-Généraux, II, p. 57 et suivantes.
(3) Ces lettres sont indiquées par les Ordonnances des Rois de France
comme adressées au Bailli de Montargis pour la Réformation de la Cou-
tume de Lorrls, laquelle s'étendait à presque tout l'Orléanais, mais
M. Pardessus (Lettres patentes de 1497, note) établit qu'elles avaient
un caractère général.
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME ]
de son sang ainsi que des gens de son Conseil auxquels
avait réuni des Présidents et Conseillers de la Cour du Pai
lement, exprimait l'intention irrévocable d'y donner suite.
En conséquence, il enjoignait aux Baillis et Sénéchau
« sous peine d'encourir grièvement son indignation, incont
nent et toutes choses laissées d'appeler et contraindre à con
paraître par toutes les voies de droits, les avocats, procureur
greniers et autres olTîciers de la couronne, les gens d'Eglise
nobles, bourgeois, tous coustumiers bien famez et renomme
en nombre suflisant, d'en prendre serment de bien et loyi
lement conseiller le roi en cette partie » et de s'enquér
auprès d'eux sur la vérité des Coutumes « ainsi que de toi
temps et d'ancienneté selon bonne raison et équité, ell(
avaient été accoustumées être gardées, entretenues et obse
vées et sur les articles qui, à la très grande foule du peupl
paraîtraient devoir être corrigés, amendés ou retranchés
Icelles coustumes ainsi accordées et interprétées, le Bail
devait en arrêter avec eux le texte et l'inscrire dans un cahh
attesté et signé de tous les assistants. L'assemblée devait êti
tenue avant le 4 août, jour auquel dôs commissaires, dépuU
par le roi, viendraient pour les recueillir et s'informer d(
« commodités, profit et advanlage qu'à lui et à ses sujets pou
raient en advenir ».
Le travail, ainsi rédigé, était renvoyé à l'examen dur
commission spéciale et, avant de recevoir Thomologatic
royale, encore révisé par une autre Commission sous la pn
sidence du Premier Président du Parlement de Paris, Jes
de la Vacquerie. C'était une bien longue procédure et la r
forme risquait de « cheoir en delay et rompture ». La mo
de Jean de la Vacquerie vint à point présenter l'occasion (
la simplifier. Les premiers Commissaires nommés reçureu
par lettres du 2 septembre 1497, pouvoir de se rendre dai
chaque bailliage, d'y convoquer en assemblée plénière h
olïiciers de la couronne et fi:ens des Trois Etats, de leur donm
lecture des cahiers révisés pour le tout être accordé par le
dits Etats, ou au moins la plus grande et saine partie d'iceul:
les difTicultés les plus importantes étant renvoyées à la déc
sion du Conseil, et proclamer solennellement les coutumi
acceptées.
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12 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUV0I8I8
Les Lettres royales avaient soin d'insister sur les condi-
tions essentielles de la procédure : « c'est à savoir que les
trois estais soient assemblés, que les difficultés el advis
soient luegs el ouverts en la présence desdits trois Etats, à ce
que s'ils faisaient quelques difficultés ou ils eussent quelque
discord ou différend entre eux, que lesdits différends qui ne
se pourraient terminer soient rapportés devers le roi pour en
être par lui ordonné, et que néanmoins tous el chacun des
articles qui seraient accordez par lesdits Etals ou la plus
grande et saine partie d'iceux seraient publiez par les com-
missaires et dès lors inviolablement gardés et observés ».
Attendu, ajoutent les lettres, qu'il n'est plus claire et évi-
dente preuve de coutume que celle qui est faite par commun
accord et consentement desdits Elats.
Sept coutumes furent publiées sous Charles VllL Louis XII,
son successeur, en fit réviser el promulguer plus de vingt-
cinq. On trouve dans le Nouveau Goulumier Général, de
Bourdot de Richebourg, le texte des lettres qu'il adressa, les
4 mars 1505 et 18 septembre 1509, aux Commissaires par lui
délégués pour cette importante opération. Le rôle de ces
Commissaires se bornait alors à un travail de contrôle et de
révision des articles préalablement votés par les Trois Etats
sous la présidence des Baillis. C'est du moins ce qui semble
résulter du procès-verbal des anciennes Coutumes d'Amiens,
en date de l'année 1507. On y voit le Bailli ou plutôt son lieu-
tenant convoquer à Amiens, en vertu de lettres du Roi à lui
adressées, les gens des Trois Etats, soumettre à leurs délibé-
rations les cahiers préalablement rédigés avec le concours
des justiciables par les prévois des huit prévôtés formant le
ressort du Bailliage (1), arrêter avec eux les termes des
(1) Prévôtés de Beauquci^ne, de Montreull-sur-Mor, de DouUcns, de
Saint-Riquicr, de FouUoy, d'Amiens, d^ Vimcu et de BCauvoisis. Les
coutumes particulières de cette prévôté se terminent par celte formule :
« Lues, consenties et accordées par devant nous Anthoine de S* Deliz
licencié es lois, seigneur de Hencourt, conseiller du Roi notre sire, lieu-
tenant général de M. le Bailli d'Amiens, commissaire du Roi notre dit
seigneur en celle partie, en la présence des avocats, Procureur du Roi
et autres conseillers du siège dudit Bailliage, des Prélats, gens d'Eglise,
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 13
coutumes et les promulguer, réservant les droits des Commis-
saires ordonnés par le roi de se prononcer sur les ditticultés
soulevées et les oppositions. Une formule placée à la suite
constate que sur leur rapport, sans doute, l'enregistrement
a eu lieu au Parlement (1).
Le tome III du Coutumier de Ricbebourg, que j'ai déjà
cité, contient les anciennes et nouvelles Coutumes du Bour-
bonnais, dont les procès-verbaux méritent de fixer l'atten-
tion, car les différences de leur rédaction permettent de
constater les progrès accomplis d'une date à l'autre par l'au-
torité royale, en matière de législation, dans les domaines
des grands feudataires.
Les anciennes Coutumes datent de 1493. C'est Pierre, duc
de Bourbonnais et d'Auvergne, en même temps que comte
de Clermont en Beauvoisis, qui agit seul à l'exemple de Phi-
lippe le Bon en Bourgogne, et qui, de l'avis et délibération des
gens de son conseil et à l'instance, supplication et requête
des gens de ses Etats, auxquels il désire de tout son cœur
que bonne et prompte justice soit rendue, commet son conseil-
ler et chambellan Charles, seigneur de Saint-Géran, le prieur
commandatairede Saint-Sibardin, le lieutenant général et le
procureur général de son duché, pour se transporter dans les
diverses châtellenies et s'enquérir auprès des gens d'Eglise,
nobles, praticiens et autres notables pour ce assemblez en l'auditoire dudit
Bailliage. En témoin de ce nous avons signé lesdites coutumes de notre
seing manuel et le fait signer par Jean Boytel, greflier dudit Bailliage. »
C'est la même formule pour les coutumes des sept autres Prévôtés. Les
coutumes particulières de la Prévôté de Beau vaisis furent abrogées lors
de la Réformation de 1567 sur la réquisition du prévôt de Bciiuvoisis et
du lieutenant au siège de Grand villier. Les justiciables furent dès lors
en tout et pour tout placés sous le régime de la coutume générale du
Bailliage d'Amiens .Autant en était-il pour les justiciables de la Prévôté
de Vimeu, par suite d'une circonstance qui veut être rappelée. Le ca-
hier des coutumes locales et particulières de cette prévôté n'avait point
été représenté dans l'assemblée des gens * des trois Etats parce qu'il
avait été rongé et déchiré par le lévrier du Lieutenant général.
(1) In sequendo ordinationem curiœ die 15 januarri anno Domini
miliesimo quinzcentisimo factum.
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14 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
nobles et bourgeois, bons couslumiers, en nombre suffisant
assemblé, sur la vérité et effet des coustumes, usances et stiles
de tout temps et d'ancienneté, selon bonne raison et équité y
observées.
C'est en sa présence que les articles recueillis et rédigés
par les délégués sont accordés à Moulins par les Commissaires
élus tant par lui que par les gens des Etats du pays.
Il en fut autrement en 1520. Le procès-verbal du 23 février
enregistre la requête adressée à François I" par Anne de
Beaujeu, duchesse de Bourbonnais, et la désignation par ce
prince d'un Président et d*un Conseiller au Parlement,
commis pour se transporter à Moulins, y arrêter et publier
les Coutumes du pays. C'est par leur ordonnance et en leur
présence que l'avocat de la duchesse promulgue lesdites
Coutumes, et réserve expresse est stipulée de la décision du
roi sur les oppositions.
L'annotateur de la coutume observe même que la requête
ne devait pas dépendre du duc de Bourbonnais, « qui n'était
que le premier des Etats, sans plus », mais du propre mou-
vement du roi, sur l'initiative de son Procureur général ou
des gens des trois Elats de Bourbonnais.
Ainsi, au xviii' siècle, les droits régaliens, jadis exercés par
les grands feudataires, étaient sortis de la mémoire des Lé-
gistes eux-mêmes, mais ceux-ci conservaient le souvenir du
droit des trois Etats à concourir à la rédaction des Coutumes.
Cette dernière doctrine n'avait, du reste, jamais cessé d'être
professée. Les commentateurs tenaient même toute coutume
comme valable, dès qu'elle avait été accordée dans l'assem-
blée des Etals (1), et M. de Pastoret a pu dire avec raison:
« Il n'y a guère de lois plus régulièrement faites, librement
(i) Clioppln, Commentaires sur la Coutume d* Anjou, Avant-propos.
Remarques communes sur les Coutumes de France. La coutume oblige
dès qu'elle a été corrigée par deux ou trois commissaires délégués pour
la réformer et l'assemblée des trois Etats de la Province, et non du jour
seulement qu'elle aura été homologuée. Cette opinion l'a emporté es
sièges de justice : car l'abandon ou délaissement dépend autant de
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME
consenlles, que ces simples coutumes résultant de !'(
des temps, de l'usage ; vœu des peuples revêtu de 1
royale et que tout le monde respecta parce que tou
avait concouru à l'établir » (1).
L'œuvre de la réformation des coutumes se pan
cours du xvr siècle. Plusieurs coutumes furent m(
d'une seconde révision, celles de Paris, d'Orléans,
entre autres, ainsi que celle de Bourgogne. « De
magistrats, dit M. Beaune (2), Christophe de The
de l'historien, et Achille de Harlay, qui présidèrcK
l'arbitrage du peuple que l'établissement et coutume, c'
droit nouveau comme l'ancien qui a été introduit par l'ancJ
pays et comme l'ancienne coutume a été introduite et s'e
par le consentement tacite des habitants, ainsi les nouvelh
et ordonnances des peuples sont introduites par le consente
moyennant qu'il soit recherché en général et en assemblé
de la Province. II suffit que la Réformation de la Coutume s
par lettres du Roi et la charge de ce faire donnée à de
choisies d'entre les principaux du Parlement. Pour ce que f
et par ces lettres l'on approuve tout ce que le peuple au
arrêté touchant ses affaires, comme par une ordonnance poj
rondas le Caron, lieutenant général du Bailliage de Glermon
et réponses de droit français. «Ce qui est délibéré par la plus
des Etats d'un pays sur la réformation d'une coutume doi
de coutume et loi municipale, dès lors que les commissair
ladite réformation ont prononcé ce qui a été délibéré et
coutume a effet du Jour où elle a été accordée et arrêtée en
des Etats de pays de leur consentement ou de leur plus g
par devant les commissaires qui représentent S. M., tellen
faut attendre autre confirmation du roi, et le rapport du
coutume et registrement qui s'en fait en cour de Parlemei
pour la reconnaissance de l'autorité d'icelles. »
(1) Ordonnances, t. XX, p. 434, note 3.
(2) La Condition des personnes, p. 5. Des lettres de févri<
rées au procès-verbal de la coutume de Péronne, précisent
bué à de Thou dans la réformation et la procédure qui
Henri II rappelle qu'il l'a commis avec deux autres Conseil
lement, Barthélémy Faye et Jacques Viole, pour rédiger el
écrit les coutumes qui ne l'auraient pas été, ou dont les pro
se seraient trouvés perdus ou adhirez, ou même, comme (
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16 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
ment de Paris, se vouèrent, le premier surtout, à cette tâche
immense qui absorba, pour Gliristoplie de Tliou, la meilleure
part de sa vie judiciaire.» Lors de l'avènement de Henri IV, la
rédaction des coutumes était un fait accompli ; cependant la
coutume de Chauny ne fut confirmée qu'en 1611, celles du
pays Messin ne le furent que sous Louis XIV, et celle de
Verdun en 1746 seulement. Il y avait, en 1784, 60 coutumes
générales et 300 coutumes locales.
Par le fait de leur rédaction et de leur réformation, les
coutumes changèrent profondément de caractère, comme le
remarque M. Esmein (Cours élémentaire de droit français) :
elles devinrent des lois écrites et ne purent plus être modi-
fiées que dans la même forme. Le droit romain, qui avait
jusqu'alors agi sur elles par voie d'infiltration, ne le put plus
que par voie d'interprétation.
le Maine et la Tourraine dont les procès-verbaux, déposés au greffe du
Parlement, auraient été l'objet de plusieurs renvois à raison de certaines
coutumes dures, iniques et déraisonnables. En conséquence, le Roi re-
nouvelant leur commission leur prescrit de vaquer, sans désemparer à
la réformation, soit ensemble, soit à deux, par défaut ou empêchement
du troisième, pourvu que de Thou y soit présent. Ils se rendront dans
chaque ville, convoqueront et assembleront les gens des trois Etats de
la province, contraindront à comparaître les gens d'Eglise par saisie
de leur temporel, les gens lais, par saisie de leurs biens meubles et
immeubles et, en présence et du consentements desdits Etats, rédigeront
et accorderont et si besoin est mueront, corrigeront et abrogeront les
coutumes et dresseront procès -verbaux des débats et oppositions en la
matière accoustumée, pour lesdites coutumes ainsi rédigées, accordées,
modérées ou corrigées, être publiées et enregistrées es greffes des prin-
cipaux sièges de chacune des provinces et dorénavant être gardées et
observées comme loi et état perpétuel et irrévocable. Les commissaires
avaient pouvoir détaxer les frais de rédaction des Coutumes et do faire
recouvrer ces frais sur les gens des trois Etats. Avec cette délégation
générale la sanction ultérieure du roi n'était plus nécessaire. La ques-
tion de la rédaction et éclaircissement des Constitutions locales et par-
ticulières des provinces fut soulevée aux Etats de Blois de 1579, sur
l'initiative du Clergé. Henri III, par l'article 207 de l'ordonnance par lui
rendue en réponse aux vœux de ces Etat», s'engagea à donner satisfac*
tion d ce Aésir.
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LA REFORMATION DE LA
II
J'en viens maintenant à notre cou
sa réformation, en 1539, et je dois d
était alors au point de vue de la lé
quelle fut jusqu'à la fin de l'ancien
Beauvoisis. Pierre Louvet dans un oi
Beauvais, et dédié au capitaine de ce
seiller d'Etat Desmarest (1) l'a exposé
les causes de la variété des lois civil(
divers cantons. La cause première er
dans la division du comté en 1015 et
due par les Evoques, qui se prévalu
pairs de France pour s'affranchir, (
toute juridiction royale. Jusqu'au :
Beauvais aucun agent ni représeï
tral (2).
L'occasion était favorable aux emp
voisins ne s'en firent pas faute. « (
Sentis se seurent si bien servir des o
d'une telle occurence qu'ils accreure
petite et peu congneue, de ce grand
semble des châtellenies de Creil, de
sorte que la juridicUon de Sentis s'e
de Beauvoisis ; à cause de quoy la i
qui surpassait en toute chose celle d(
et assujettie.
(i) Coustifmes de divers bailliages obser
Senlis, Amiens, Glermont et Montdidier c
celle de Paris. MDCXV, chez Godefroy V
demeurant devant le collège, tenant sa b
Barthélémy.
(2) Le Bailli de Senlis, juge de la Noblei
la commune de Beauvais, se trouvait su[
turières par le prévôt royal d'Angy. Voi
prévôt et l'histoire de sa prévôté, notre étu
histoire, ses privilèges, sa prévôté royal*
archéologique de Senlis.
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18 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
« Ceux d'Amiens ne s^endormans en sentinelle voulurent
avoir leur part du gasleau corne les autres en s'aproprians
des deux prévotez de Beauvoisis, dont ils meirent le siège de
Tune dedans Amiens, continuons le ressort d'icelle jusques à
la rivière qui passe à Saint-Romain (1) et mirent le siège
de l'autre au bourg de Granvillers, et par ce moyen esten-
dirent leur jurisdiction non seulement jusques à l'abbaye de
Saint-Lucien, fauxbourgs de Beauvais, mais passèrent par
delà jusqu'à deux lieues et depuis cette entreprise ces deux
prévostez ont retenu le nom de Beauvoisis.
(( Ceux de Montdidier, distans de dix lieues, intervenans à
ce partage semblablement s'accomodèrent de ce qui estait à
leur bienséance, allongeans leur prévosté jusques à la ville
de Beauvais, voir selon qu'ils vantent jusques au pont de
Saint-Laurent. Et, comme telles ctioses se fussent passées,
Messieurs de Bourbon, comtes de Clermont, voyant que
toutes ces juridictions royalles prenaient leur part de ce
butin, voulurent accroître comme les autres leur comté de
la dépouille du Beauvoisis, duquel ils taillèrent comme en
plein drap ce qu'ils en voulurent, en sorte que le plus bon
du comté de Clermont et ses principalles chatellenies sont
éclipsées du comté de Beauvoisis.
« Il n'y eut pas jusques au comte de Gournay qui, pour son
lot, emporta vingt-quatre paroisses appelées conquests de
Hugues de Gournay ou spéciantez de Beauvoisis.
« Telle division et partage de ce grand comté de Beauvois-
sis en tant de parcelles engendra puis après en Beauvoisis
une si grande confusion en la justice qu'il y avait inflni de
villages (2) entremêlés de trois ou quatre juridictions et
Bailliages. »
L'établissement du Bailliage royal et siège présidial de
Beauvais, en décembre 1581, vint améliorer la situation au
point de vue de la juridiction, mais non pas au point de vue
(1) Rivière des Evoissons (Somme).
(2) La répartition des communes du département de l'Oise entre les
diverses coutumes est donnée par la Géographie physique et histo-
rique du département de l'Oise, de MM. les abbés Deladreue et Pihan
chapitre vu. Voir annexe 111.
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 19
de la variété et diversité des coutumes qui persista jus-
qu*en 1789.
Il y aurait eu cependant, au dire de Louvet, une coutume
générale des pays de Beauvoisis (1), dont il attribue la rédac-
tion à Philippe de Beaumanoir, bailli de Clermont, en 1283.
Mais les officiers de Montdidier, de Sentis et d'Amiens se refu-
sèrent à la reconnaître et imposèrent à leurs justiciables
d'autres lois. « Il n'y eut, ajoute-t-il, que les officiers du comté
de Clermont qui purent résister, se maintenir et conserver es
lois et coutumes de leur pays. Ce qui fait que la vraye cous-
lume et originaire du Beauvoisis est celle de Clermont, la-
quelle, bien que non réformée pour la seconde fois, ne laisse
pas d'être aussi bien faite qu'aucune du royaume et laquelle
celle de Paris n'a dédaigné non seulement de suivre en beau-
coup d'endroits, mais aussi d'emprunter entièrement d'icelles
plusieurs articles. »
Dans le passage que je viens de citer, Louvet dit, « que dès
l'an 1283, les coustumes du pays de Beauvoisis qui étaient
conformes à celles de la France avaient été rédigées par écrit
par Philippe de Beaumanoir ». C'est là, semble-t-il, une
méprise, car 11 parait bien que jamais le livre de Beaumanoir
n'aurait eu le caractère d'un texte ou recueil officiel.
Vous connaissez le célèbre bailli de Clermont (2); sa
(1) Cette opinion se trouve confirmée par l'historien du Valois, Garller,
qui dit (T. Il, p. 230) que les points dans lesquels les coutumes de Sentis,
de Clermont et du Valois se sont trouvées opposées, n'auraient guère été
fixés que vers 1497 et 1500, vers le temp-4 où les prévôts devinrent juges
ordinaires après la retraite des prudhommes. Avant l'avènement de
Philippe de Valois, ces trois coutumes à cause de leur conformité au-
raient été réunies dans un même registre. Loisel, dans ses Mémoires des
pays, villes, comtés et comtes de Beauvais, dit qu'il y avait Jadis des
coutumes particulières et locales à Beau vais et conséquemment en
Beauvoisis et signale, d'après le procès- verbal de la coutume de Senlls,
les divergences qu'elles présentaient avec cette coutume.
(2) Philippe de Rémi, sire de Beaumanoir, né vers 1244, prévôt de
Nanteuil le-Haudouin, bailli du comté de Clermont (1279-1282). Sénéchal
duPoitou(1284-1288),deSaintonge(1288). Bailli de yermandois(1289-1293),
k sa mort, de Touraine, janvier 1296.
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20 LE COMTE DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
notice, par M. Bordier, a paru en 1868 dans les Mémoires
de notre Société. Vous connaissez le remarquable traité
qu'il a consacré aux Coutumes et Usages du Beauvoisis et
dont tous les jurisconsultes du xvi* siècle, Dumoulin, Loisel,
Chopin, Charondas le Caron ont à l'envi proclamé le mérite. "
LoLsel, son compatriote, n'hésitait pas à affirmer que c'était
« le premier, le plus grand et le plus hardy œuvre qui eût
été composé sur les Coutumes de France ». Car c'est luy,
ajoute-t-il, qui en a rompu la glace et ouvert le chemin à
Jean le BoutilUer (auteur de la Somme rurale) et à tous ceux
qui sont venus. » Incorrectement publiées au xvii* siècle, par
La Thaumassière, les Coutumes de Beauvoisis ont été éditées,
en 1842, par le comte Beugnot, dans la collection de la So-
ciété de l'Histoire de France.
L'introduction du savant éditeur présente un exposé
complet du sujet traité par Beaumanoir qui, dans son
prologue, fait connaître lui-même le but qu'il se proposait
d'atteindre. Il annonce « qu'il a eu pensée de trouver
un livre par lequel cil qui désirent vivre en paix soient
enseigné brièvement comment ils se délTendront de cix
qui a tort et par malve cause les assaudront de plet, et com-
ment ils connaislront le droit de tout uzé et accoustumé en
le Comté de Clermont en Beauvoisis. Et parce que nos
sommes d'icel païs et que noz sommes entremis de garder et
de faire garder les droits et les coustumes de ladite comté,
devons-nous avoir plus grand volonté de trouver selonc les
coustumes dudit pays que d'autres... Noz entendons à finer
grand partie de cest livre par les jugements qui ont été fet
en noz tans, en ladite Comté de Clermont et l'autre partie
par clers usages et par clères coustumes usées et accoustu-
mées de loncs tans pessivlement et l'autre partie des cas
douteux en ladite comté par le jugement des Castelleries
voisines et l'autre partie par le droit qui est commun à toz
es coustumes de France. » Ainsi, fait observer le comte Beu-
gnot, Beaumanoir, sollicité par l'amour de son pays et par
les avantages de sa position politique et judiciaire, ne se
propose pas autre chose que d'écrire sur les Coustumes du
Beauvoisis, et sa manière de s'exprimer indique que son
intention formelle est de se renfermer dans ce cercle étroit ;
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 21
mais bientôt on voit que la vigueur de son esf
sans peine cette barrière, car, par une sorte (i(
dont on ne peut assez s'applaudir, il déclare
de son livre reposera sur « le droit qui est con
tîoustumes de France ».
En soixante-dix chapitres, distribués sans gn
l'auteur traite des diverses matières de l'on
Il indique les fonctions multiples des Baill
alors administrateurs, hommes d'épée et juges
à suivre devant eux, tant au civil qu'au crimii
pation au jugement des hommes de fief et pai
dans les assises du Comté. 11 expose quel est
sonnes, celui des biens sous le droit féodal c
droit coutumier, quels sont les pouvoirs et les c
seigneurs à l'égard de leurs sujets, pouvoirs (
encore à peu près sans contrôle en ce qui conc
et mainmortables dont-ils ne sont « tenus à ré
Dieu », quelle autorité, enfin, appartient au Ro
rain. « Toute laies juridictions du roiiaume, d
du roi en fief et arrière fief... ni a nul si grant de
puist estre trais en sa cort par défaute de droi
jugemens. » C'est la théorie chère aux jur
l'époque et à l'aide de laquelle, sous l'action i
Parlements, la cognée a été portée dans le
Beaumanoir aborde aussi le droit canonique,
chapitres est consacré à distinguer les cas de
sance appartient à la juridiction ecclésistiqu<
composent le domaine de la juridiction civile ,
cate et source alors de nombreuses contestatioi
En résumé, le Bailli de Clermonl a recuei
commenté les principes appliqués dans la Fra
auxiii' siècle et, comme le proclamait en 1690
de ses éditeurs, La Thaumassière, « son cruvre (
les maximes de notre ancien droit coutumier ei
et la source de celuy qui est à présent en usage
qu'on l'a justement fait remarquer (1), les Couti
(1) M. Paul VioUet, Précig de droit coutwmier.
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22 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
voisls n'ont jamais eu le caractère d'un texte officiel. Il sem-
blerait toutefois, d'après un passage du procès-verbal de la
rédaction de la coutume de Clermont en 1496 (1), que les
règles posées par l'illustre jurisconsulte auraient été consi-
dérées comme faisant autorité dans le ressort de son ancien*
bailliage. 11 s'agissait des droits du suzerain à l'égard du
vassal qui avait omis de lui rendre hommage. Lecture faite
de l'article, « il a été dit par les assistants sur la coutume cy
dessus formée que du contenu en la dicte coutume, ilz n'ont
point veu user, ni le cas advenir. Et ce fait a esté apporté en
leur présence, l'ancien coutumier dudit comté fait jadis par
feu Messire Philipes de Beaumanoir, chevalier, lors gouver-
neur dudit Clermont, en l'an mil deux cens quatre-vingts et
trois, auquel coutumier sur le chappitre des fiefz est au long
escrite ladite coustume telle et en termes semblables que
contenu est cidessus. Si en soit fait et ordonné ce qu'on verra
bon à faire ».
La rédaction de 1496, dont je viens de parler, est, je crois,
inédite; son texte ayant été révisé en 1539 par des commis-
saires royaux, c'est le texte de cette coutume révisée qui a
été publié, annoté par Dumoulin, et qui figure dans le cou-
tumier général de Richebourg. Le texte primitif se trouve
en copie dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale à
laquelle il est venu de la bibliothèque de Colbert. Ce manus-
crit, qui porte le numéro 4515 du Fonds français et comme
intitulé les mots Codex Colbertinus, 1646, Régius 9440, compte
212 pages, dont les 71 premières sont consacrées à la coutume
do Clermont.
Viennent ensuite, pages 73-93, Coutumes du duché de Va-
lois, 1496 ; pages 94-116, Prévôtés de Crépy, Pierrefonds, Bé-
thisy et Verberie. Ensuite un traité de juridiction et procé-
- dure devant le Parlement. En suivant, pages 106 à 212, les
exploits, droits, profits et émoluments du Prévôt de Sentis.
La page 1 du manuscrit du Fonds français, 4515, débute
ainsi : « Ce sont les Coustumes de le Comté de Clermont en
Beauvoisis mises et rédigées par escript par nous Loys
il) Bibliolh^<îlle nationale. M" Fr. 4515, p. 27.
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LA REFORMATION DE LA COI
Gayant, lieutenant général de Monseign
dudit Comté et le grefïler de la dicte gou
vant l'ordonnance sur ce faicte de par 1
certain mandement sur ce envoyé à Mon
âenlis soubz le ressort duquel le Baillia
soûlait estre et à présent non, ains ressorti
tenans les grands jours de Monseigneur
nais et d'Auvergne, comte dudit Clermon
de Parlement (1). Les dictes coustumes pr€
niquées et leues. aux advocat, procureur
officiers en chef dudit Clermont et plus
nobles bourgeois, praticiens et bons ce
lesquels par serment sur ce par eux so
ont donné témoignage sur lesdites cousti
dées et interprêtées vrayes et notoires se
sur les diversités des matières et actions
parlé. »
Puis viennent 291 articles répartis enti
un article final ainsi conçu : « Item et qi
(1) La prérogative de ressort par grands joi
princes de la maison royale et aux pairs do Fra
des Rois de France, I, 292, et Loyseau, Des S
§67.
(1) Voici la nomenclature de ces rubriques : 1
ments ; des Essoines, des actions personnelles, d
pothèques, des prescriptions, des asseurements ^
retrait de lignagcr, de testament, des donations
sions, do succession es matière féodale, de gard<
champarts, de donation et succession ; de bail e
féodales, de délit ; des matières féodales, de g*
cription ; de matière féodales, des droits du haii
sions, des donations^ des chemins et mesures, d
de communauté de biens ; de matière d'appel ; d
cution ; de capacité pour obligation, sur le fait i
leurs et curateurs ; des délits, des privilèges des
que les titres de plusieurs de ces rubriques se r
plus rationnel a réduit dans la réformation de 1
briches à 22. Voir CoHlumier général de Riche
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24 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
lûmes lesquelles seraient ici obmises à coucher par inadver-
tance a este dit par les asssislants que en ceste dicte Comté
de Clermont l'on se règle communément selon l'usaige et cous-
tume du bailliage de Sentis. » A la suite est écrit : « Et pour ap-
préviaccion de ces choses avons signé ces présentes de nostre
main, et fait signer par les autres ofliciers pareillement, par
les gens d'Eglise, nobles, praticiens et marchans cy dessoulz
nommez le vingtième jour de juinz l'an mil CGCC quatre-
vingt et seize. Ainsi signé Gavant, Dargilière. »
Le reste du feuillet 71 du manuscrit est malheureusement
lacéré de telle sorte qu'il est impossible de donner les noms
des ofliciers, gens d'Eglise, nobles, praticiens et marchans
qui signèrent avec le lieutenant général Gayant et le grelTier
Dargilière.
Le texte de la Coutume de 1496 présente, avec celui de la
réformation de 1539, certaines variantes. Le procès-verbal de
cette dernière fait connaître les raisons pour lesquelles les
gens des trois Etats du Comté demandèrent ou acceptèrent
les variantes. Je n'ai ni lïntention, ni la compétence d'en
entreprendre ici l'exposé juridique (l). L'objet de mou travail
(1) Je crois devoir cependant reproduire en note les articles n^latifs
aux privilèges des Clercs qui no figurent pas dans les coutumes
de 1539:
« Clerc non mariez ne sont tenus se bon ne leur semble respondre
pardevant le juge lay en action personnelle, mais bien en action réelle.
Et où il sucumbe oudil cas, il peult eslre contraint parla prinse de son
temporel.
« Plus en délict civil ne sont aussy tenus de respondre, si ce n'est que
le délicl soit prcvillégié et tel qu'il soit tenu d'amende arbitraire, auquel
cas le juge le doit rendre au promocleur qui le requiert à la charge de le
rendre au 'uge lay pour congnoistre du cas previllégié.
« Item, en matière criminelle, clerc non marié n'est tenu de respondre
par devant le juge lay pourtant qu'il soit en habit et doict estre rendu
à l'église ; si ce n'est que le cas et délict par lui commis soit tel qu'il
ait perdu le prévillège de cléricature ou qu'il soit trouvé en habit mi
parly rayé de diverses couleurs en appert et non couvertement, tou-
tefois s'il portolt tel habit my party pourtant qu'il feusl de l'ordon-
nance du Roy ou d'autre prince il ne lui serait imputé.
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 25
est autre d'ailleurs : signaler les données que ce procès-
verbal peut fournir au point de vue historique et géogra-
phique.
De 1496 à 1539, la situation du Comté de Clermont s'était
profondément modifiée. A la première de ces dates, il
faisait partie du riche apanage de la maison de Bourbon et
appartenait à Pierre de Beaujeu, duc de Bourbonnais et d'Au-
vergne, et à sa femme Anne de France. A la mort de Pierre,
survenue le 10 octobre 1503, sa fille et héritière Suzanne le
porta dans la branche de Montpensier par mariage (février 1505)
avec Charles, chef de cette branche qui, en vertu d'une substi-
tution de mai 1400, était du reste en droit de prétendre à la tota-
« Par les drois dudit comté dont l'on a toujours usé comme encoires
l'on fait, révesquc de Beau vais pour quelque déllcl que ce soil n'a
main manuelle oudit conté et ne lui loist faire prisonnier ni prendre au
corps aucune personne bien peult requérir les ortiriers en ciief d'icelle
conté en faveur de justice prendre de ses subgectz clercs non mariez
pour cause raisonnable et les mectre entre les mains pour les pugnir
et ainsi se fait sou ventes fois quand le cas y eschet.
« Pareillement les officiers d'icellui évesque ou nom de lui ni autre-
ment ne peuent foire inventoire de biens à quelque cause que ce soit,
si ce n'est agens d'église subgectz à sa juridiction ouquel cas on le
permect.
« De plusieurs autres drois et previllèges dont peuent user lesditz clercs
non mariez pour ce que telz previllèges gisent en disposlcion de droit
plusque en coustume non plus n'en a icy esté tais par escript.
« Les clercs mariez portans habit et tonsure posé qu'ilz soient empes-
chez par juge lay pour matière criminelle se doivent rendre à l'église
pour en congnoistre et en décider et non pour malien* civile qui n'aist
de delict pour ce que le juge lay en congnoistra.
« Item, un clerc marié pour la deuxiesme femme est bigame aussy ;
aussi est-il quand pour la première femme il prend femme pescheresse
publique dont le péché est tout notoire ; pareillement quand il prend
femme qui autres fois ait este mariée à ung autre.
« Item. Aussy quand en premières nopces ung se marie k quelque
femme et telle femme avec son mary se gouverne mal de son corps,
comme il est notoire à lui et à austres, tel mary ipso facto s'il la prend
pour sa femme est repputé bigame.
« Item, pour ce que ceste matière en autres plusieurs poins gist en
droit en plus que en coutume autre ch^sc cy ne s'en est oscript. i>.
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26 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
lité de l'héritage de la maison de Bourbon. J'ai parlé ailleurs
du procès Intenté au Connétable, à la mort de sa femme (1521),
par la mère dé François I", Louise de Savoie, duchesse d'An-
goulême (1), et relaté les divers péripéties de cette latte judi-
ciaire. Louise, arguant de sa qualité de cousine germaine de
Suzanne, se portait comme son héritière. « Le double droit du
Connétable ne paraissait pas douteux, dit M. Mignet (Rivalité
de Charles-Quint et de François I") ; il était assuré par la loi
monarchique des apanages en ce qui concernait les grands
fiefs de sa maison, restés ou devenus masculins, par la loi
romaine et par l'usage en ce qui concernait les possessions
dont les femmes pouvaient être héritières ou donatrices et
que Suzanne lui avait légués. »
Cependant, un arrêt du Conseil, rendu à l'instigation du
chancelier de Prat, mit sous séquestre et provisoirement en
la main du roi tous les biens et domaines en litige. On sait
quelles tragiques conséquences cet arrêt eut tant pour le con-
nétable que pour la France elle-même.
Lorsqu'un coup d'arquebuse eut frappé celui-ci sous les
murs de Rome à la tête des soldats qu'il menait à l'assaut,
un arrêt du Parlement, du 27 juillet 1527, prononça la confis-
cation, pour crime de lèse-majesté, de tous les biens féodaux
qu'il tenait médialement ou immédiatement de la couronne.
Mais Louise de Savoie protesta contre la reversion ainsi or-
donnée, et une transaction intervenue entre elle et son fils le
25 août 1527 pardevant les notaires de la Prévôté de Chauny,
enregistrée le 23 déoembre suivant au Parlement, lui attribua
la presque totalité de l'héritage de Suzanne de Bourbon et
notamment le comté de Clermont, sous la réserve qu'après
son décès cet héritage passerait aux fils du Roi. Louise de
Savoie n'a laissé de son administration du comté de Clermont
qu'un souvenir, celui de la suppression des Grands Jours
dans l'intérêt de l'accélération des procès et de la réduction
des frais qui écrasaient les justiciables (2).
(1) La Sîtccession du Connétable de Bourbon^ notice insérée dans la
Collection des notices' publiées par la Société de l'Histoire de France à Toc-
casion du cinquantième anniversaire de sa fondation. Voir appendice I.
(2) :» juin 1528. Catalogue des actes de François /", n* 3035.
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LA REFORMATION DE LA COU
Par suite de cette. mesure, Glermonl i
pour la Juridiction ordinaire en Cour de
les cas royaux du Bailli de Senlis (1). Loi
22 septembre 1531, François I", aux term
du 25 août 1527, unit au domaine de la ce
comtés et seigneuries qui en avaient fait 1
Cette union eut pour conséquence i:
l'érection en Bailliage royal de l'ancien B
qui fut placé sous l'autorité directe du l*a
tière civile que pour les cas royaux. L(
sont du mois de février, l'enregistrement
(!) Procès- verbal de la Coutume de Senlis, lîx
eDtendait par Cas royaux les afTaircs d'ordre pi
paie.
(2) Voici le texte de ces lettres conservées ai
sous la cote X'«, 8612, folios 296-297 : « Franco^
roy de France. A tous présens et advenir, salu
Clermont en Bcauvoisis, chastellenies, membres, i
dances d'icelluy despieça donné en appanage par 1(
Loys noslre prédécesseur a Robert de France son
tenu et possédé par les feuz ducs de Bourbon et
nostre très chère et très amée dame et mère tant (
dicte maison que, au moyen de la transaction d'en
trogradé et retourné à nostre couronne et domai
que pour ces causes et autres Justes et raisonnai
nous mou vans avons dict desclairé et ordonné e
sons, déclarrons et ordonnons voulons et nous pi
science, pleine puissance et auctorité royale qu<
dudict conté et son lieutenant aient la congnoiss
cision soubz le ressort et souveraineté de nostre
Paris, de toutes causes et matières dont ilz ont ;
Juger et décider par cy-devant durant le temp
semble de tous cas royaulx afTérans audit cont^
pendences d'icelluy et de tous telz autres droictz, j
auctoritoz et prééminences généralement quelzc
bailliz, séneschaulx, ressortissans immédiatemei
du Parlement et les autres Juges inférieurs et su
gouverneur, aient la congnoissance des causes et
tenans selon leur faculté et tout aussi par la t
avalent acoustumé user durant le temps dudict i
sort dudit bidliy gouverneur et son dit lieutonai
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28 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Tel était le nouvel état de choses, lorsque le 19 août 1539,
étant à Senlis, où ils présidaient à la rédaction et réformalion
des coutumes de ce bailliage (1), André Gulllart, conseiller
du roi, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, et Nicole
Thibault, procureur général, reçurent commission du. Roi
officiers de Senlis, prévosl d'Angy ses gens ni autres soubz umbre de la
congnoissanc.e qu'ils ont eue des cas royaulx et autrement sur les vas>
saux, hommes et subjectz dudict conté durant le temps que ledict conté,
ses appartenences et dépendences a esté tenu et possède par les ducz
de Bourbon et dernièrement par noslre dicte dame et mère en puissent
plus avoir ni entreprendre court, Jurlsdiclion et congnoissance en
quelque matière que ce soit et laquelle leur avons interdicte et défendue,
interdisons et défendons par ces dictes présentes par lesquelles man-
dons à nos amez et féaulx conseilliers les gens denostre court de Parle-
ment et de noz comptes à Paris, bailliy, séne.schaulx et autres noz justi-
ciers et officiers que nostre dicte présente ordonnance et déclaration, Hz
entretiennent, gardent et observent, facent entretenir, garder et obser-
ver, lire publier et enregistrer en notre dicte court et du contenu
d'icelle les diclz bailly, gouverneur, de Clermont ses lieuxtenans, juges,
sergens et autres officiers et leurs successeurs ausdictz offices, chacun
en son regard joyr et user plainement et paisiblement sans leur mettre
ou donner ne souffrir estre faict, mis ou donné ores ni pour le temps
advenir aucun arrest, destourbicr ou empeschement lequel si faict, mis
ou donné avoist été ou estoit au contraire, avons mis et mectons du
tout au néant car tel est nostre plaisir, nonobstant quelzconques lectres,
ordonnances, édictz, restrinctions ni aultres choses à ce contraires et
affn que ce soit chose ferme et estable à tousjours mais nous avons
faict mectre nostre séel à ces présentes sauf en autres choses nostre
droict et l'aultruy en toutes. Donné à Rouen au mois de février l'an de
grâce mil cinq cens trente ung et de nostre règne le dix-huitiesme. Sic
signatum supra pluam : Par le Roy. Breton : visa. Lecta publicata et
registrata audito procuratore generali régis pro per balUivum Guber-
natorem Claromontensem et ejus locumtenentem effectu et contente
presentium litterarum gaudendo forma et modo quibus ceteri senes-
calli et bailli vi régis hujusce ressorti gaudent ad onnoquod predictus
baillivus gubernator claromontensis infra sez septimanos in curia sacra-
mentum facturus veniet Parisius in parlamenlo nona die aprilio, anno
Domini, millésime quingentissimo trigesimo secundo Post Pascha. Sic
signatum : Du Tillet. CoUatio facta est cum originali.
(I) A cette assemblée avaient été convoqués par le lieutenant généra
de Senlis les Etats de la ville et Comté de Clermont; ils s'abstinrent
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LA REFORMATION DE LA COUTU!
pour se rendre à Clermont et y procéder au
était enjoint aux commissaires de faire asseï
ville (1) les trois Etats du Bailliage ou la plu!
portion d'iceux,de reformer par leur avis et a
trouverait être à reformer es coutumes ancien
y adjouter ou diminuer par Tadvis et délibérj
blée ou de la plus grande et saine partie d'icel)
trait abusif et déraisonnable au profit et utilit(
ou contre les droits, prérogatives et autorités d
étaient en droit de recevoir les oppositions c
mées et de statuer provisoirement sur elles,
cas de désaccord persistant, de la décision d
devaient, sans préjudice de ces oppositioni
publication des coutumes réformées et faire 1
d'en alléguer d'autres désormais et d'en fa
que par l'extrait du registre où elles seraiei
lettres se terminaient en conférant aux comn
pouvoirs nécessaires à leur mission, même
l'égard de ceux qui seraient à contraindre;
adoucie des anciennes ordonnances qui stip
éventuelle du temporel des gens d'Eglise, ei
meubles qu'immeubles des laïcs, à défaut (
Ainsi la royauté reconnaissait et consacrait i
trois Etats non seulement le droit, mais Tôt
courir à la rédaction de la loi civile.
Ce fut le 31 août qu'André Guillart et :
arrivèrent à Clermont, et le lendemain ils oi
blée des Trois Etats, dont les membres ava
convoqués par les olTiciers du Bailliage.
de comparaUre et le Procureur du Roi requit que é
contre eux ; mais les commissaires du Roi s'y refus
lettres et commission spéciale qu'ils venaient de
verbal de la coutume de Senlis.
(i) La publication des lettres du roi devait être
mises es lieux publics des diverses localités et à soi
public ; et copie devait être signifiée aux personnes
les ofTiciers du Roi. Procès-verbal de la coutume de
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)E CLEHMONT EN BEAUVOISIS
ressé par le sieur Du Val, greffier, a
s comparants.
l'Etat de I'Eglise » :
linal de Châlillon, évêque et comte de
Ql-Lucien-les-Beauvais, par Honoré de
ocureur, assisté de M. I. Picquet, son
mont ;
linal de Boulongne, abbé de Corbie, et
îouvent dudit lieu, P(2);
de Sarcus, évêque du Puy, seigneur
Exouille, F ;
auvent de Saint-Germer-de-Flay, P ;
mp Anthoine Loffroy, abbé de Noire-
personne;
couvent de Notre-Dame de Fresmont,
irt et Domp Bernard de Cbaslillon,
• de ladite abbaye ;
ouvent de Notre-Dame de Lannoy, P ;
abbé commandataire de l'abbaye du
uvent deSaint-Quentin-lez-Beauvais, P,
it de Picquigny ; religieux et prieur de
ouvent de Saint- Just, P ;
3 et couvent de Chelles-Sainte-Vaul-
î et couvent de Penthemont, P;
chapitre de Saint-Pierre de Beauvais;
hanoine et sous-chantre dudit lieu, sei-
rt, P;
chanoine et curé de N-D. de Nully, P;
le et officiai de Beauvais, curé et sei-
s-en-Bray, P ;
Icien à Clermoni, fut procureur d'un grand
llergé et delà Noblesse ainsi que du Tiers Etat.
P indique les membres de l'Etat de l'Eglise
;ureur.
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 31
C. Martin, chanoine dudit lieu, chapelain de Vuarty et sei-
gneur, en partre, de Bailleville, P ;
Les prévost, chanoines et chapitre Notre-Dame-du-Chastel
de Clermont, par I. Piquet, prévôt dudit lieu et curé de Buy-
Saint-Georges; Louys de Hédouville, trésorier dudit lieu,
Simon Billouetet I. Pulleu, chanoines de la dite église;
Les chanoines et chapitre de Saint-Barthélémy de Beau-
vais, P;
Les religieux et ministres de Saint-André de Clermont, P,
et L Petit, religieux dudit lieu ;
Les religieuses, prieure et couvent de Sainte-Croix sous
Offemont, P ;
Les religieuses, prieure et couvent de Notre-Dame de Vuari-
ville, P;
G. Thibault, abbé commandataire de Saint- Vincent de Senlis
et prieur de Breuil-le-Secq, P ;
D. Aubert du Croquet, prieur de BreuiMe-Vert ;
Baptiste des Ursins, prieur de Saint-Remy-l'Abbaye, par
maître Thomas Flèche, son vicaire général;
D'Estienne de Crèvecœur, prieur de Moyenneville;
D. Pierre Gayant, prieur de Nully-sous-Clermont;
D. Jean de Bresche, prieur de Villers-Saint-Sépulchre ;
D. Jean le Coq, prieur de NuUy ;
Maître Berthin de Mennay, prieur de Conty, P;
Maître Pierre Judas, prieur de Bosquet;
M. Jacques de Mayencourt, prieur de Fresnemontier ;
Frère Rodache, chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusa-
lem, commandeur de Sommereux et Nully-sous-Clermont, P,
assisté de Henri Hanique, son bailli ;
Philippe de la Mare, archidiacre du Ponthieu et chanoine
d'Amiens, seigneur de la Motte-d'Essuiles, par leditde Vual-
licourt ;
Le curé de Saint-Samson de Clermont, par Jean Voisin et
Jean Cornuel, commissaires ordonnez par Justice au séquestre
de ladite cure;
Suivent les noms de nombreux curés qui comparurent en
personne ou par procureur (1).
(1) Voir leurs noms, Annexe 11.
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^8^^
^^^■PW^
32 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Comparurent pour « l'Etat de la Noblesse » : 146 seigneurs
de fief, parmi lesquels Jean de Humières, chevalier, seigneur
de Ronquerolles et Nolntel ; Charles de Roye, chevalier, comte
de Roussy, seigneur dudit Roye, Bertheul, Meuret et Conty ;
Anthoine de Halluin, chevalier, seigneur de Piennes, d§
Saint-Omer, Bonnières et Crèvecœur; Guillaume du Pies-
sis, seigneur de Liancourt ; Adrien de Boufflers, seigneur de
Cagny et de la châtellenie de Milly, en partie; François de
Sarcus, évoque du Puy, seigneur de Sarcus; Rocq de
Exouille; dame Louise de Villers, dame de Baillet en France
et Fraûconville-aux-Bois. Quelques-uns des appelés furent
défaillants, tels que François de Montmorency, seigneur de
la Rochepot, gouverneur derile-de-France, lieutenant général
pour le roi au pays de Picardie. On trouvera à Tannexe II les
noms de tous les comparants. Je donne cette liste d'après le
registre coté E, 39, des Archives de l'Oise et le procès-verbal
imprimé de 1539.
A remarquer que dans le procès-verbal un certain nombre
de possesseurs de fiefs figurent parmi les membres du Tiers
Etat à la suite des officiers du Roi ; c'est que ces possesseurs
n'appartenaient pas, sans doute, à la noblesse et que l'an-
cienne coutume, qui voulait que ceux qui tenaient fiefs fussent
nobles, était déjà tombée en désuétude (1). Je les ai distingués
dans la liste par un astérisque.
Si l'on rapproche cette liste de celle des feudataires du
comté de Clermont en 1373, deux faits intéressants se déga-
gent : au mouvement de morcellement, d'éparpillement des
fiefs, semblent avoir succédé un mouvement en sens contraire,
une concentration qui devra encore s'accentuer dans les
siècles suivants, ainsi qu'en témoigne la liste des comparants
à l'assemblée des trois ordres en 1789. La totalité des fiefs, à
sept ou huit exceptions près, a changé de mains, soit par alié-
nations, soit par mariages. La guerre de Cent ans a été fatale
à l'ancienne noblesse du Beauvoisis et en a fait disparaître la
plupart des représentants mâles.
{\) Ce mode d'anoblissement fut formellement interdit par l'ar-
ticle 258 de l'ordonnance de Blols. Voir Loisel, Institutes couiumiéres,
1, 14.
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 33
La liste des comparants du « Tiers-Etat » peut se diviser
en deux : olïiciers du roi, à la suite desquels sont placés,
comme je viens de l'indiquer, les roturiers tenant fiefs — re-
présentants des paroisses. Voici, d'après le procès-verbal, la
liste des officiers du Roi, avocats et praticiens :
Maître F. d'Argillières, seigneur de Valescourt et Mon-
ceaux, lieutenant général du Bailliage et Comté;
I. Gayant, advocat ;
Pierre Gayant, procureur du Roi;
Claude Billouel, receveur ordinaire du domaine;
François Vigneron, seigneur de Monceaux, lieutenant par-
ticulier;
P. Slurpe, prévôt ;
Jean Filleau, advocat et élu;
Pierre de Ravenel, grénetier ;
Jacques Petit, procureur en ladite Election,
Tous officiers du Roi audit Clermont ;
Estienne Pastour, advocat et prévost en garde pour le Roi,
à la Neuville-en-Hez ;
C. Selier, seigneur de Fay, lieutenant particulier des Eaux
et Forêts, audit Comté ;
Antoine Sturbe, avocat; Loys d'Artois; Pierre Gayant,
Honoré de Vuallicourt ; François de Blois, seigneur de Fay,
de Guchan et du fief de Parelles ; Pierre le Couslurier; Jean
le Plat ; Adrien Petit ; Nicolas Brailler ; Robert Thureau ;
Loys de Bloys, seigneur dudil P'ay; Pierre d'Argilière et
J. Voisin ; Valenlin de la Croix ; Pierre le Roy ; N. l'abbé ;
N. Billouet, sergent dudit Fay ; Nicolas Pulleu, seigneur de
Mitry et d'Elix, en partie; Laurens Regnard ; Nicolas Fa-
luel ; Nicolas Estevé, greflier du domaine ; Antboine le Seller,
greffier de la Prévôté foraine ; Jean Pulleu, greffier de la ville
dudit Clermont; Laurens Al'lou; Loys Allou; Jean Evrard
et Pierre de Romescamps, tous praticiens es sièges dudit
Comté ;
Denis de Villes, prévost en garde pour le Roi, à Milly ;
G. Desguynegatte, lieutenant, commis à l'exercice la Pré-
vosté de Bulles.
Jusqu'aux premières années du xvi" siècle, le Tiers-Etal ne
participa aux assemblées de Réformalion des Coutumes que
3
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^^^^^^
34 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
par les officiers du Roi, les liommes de loi, praticiens et procu-
reurs de chaque bailliage ; les membres du Clergé et de la
Noblesse étaient considérés comme représentant les intérêts
de leurs sujets des campagnes. Sous Louis XII, des délégués
des villes furent appelés à l'Assemblée ; à partir de Fran-
çois I", les procès-verbaux constatent la présence des procu-
reurs des manants et habitants des paroisses rurales. Celui
du Bailliage de Clermont est l'un des premiers où se mani-
feste le régime nouveau, où l'on voit figurer les diverses
paroisses de la circonscription dans la personne de leurs
marguilliers.
L'organisation municipale de la France, avant 1789, présen-
tait, on le sait, de grandes variétés, de profondes disparates.
L'histoire n'a conservé le souvenir que des localités qui, en
plus grand nombre que l'on ne l'a généralement pensé jus-
qu'ici, obtinrent de leurs sei^eurs ou leur imposèrent la
concession d'une Charte de Commune (1) ; mais il n'en est
pas moins certain que dans toute l'étendue du royaume les
autres villes et bourgs, ainsi que les villages eux-mêmes,
furent également admis aux bienfaits de l'association (2) et
formèrent des communautés dont les membres s'assemblaient
à l'effet de délibérer sur leurs affaires.
Ces communautés existaient, dès le xiii* siècle, en Beau-
(i) Ed voici la nomenclature pour te Beauvoisis : Beauvais, à une
époque indéterminée, mais au plus lard au commencement du xr siècle;
Noyon (1108 et 1140), Crépy-én-Valois (1117 et 1215), Gompiègne (1153
et 1186), Montigny (1155), Gournay-sur-Arondo (1165), Sentis (1173 et
1202), Poix (1173 et 1208), La Neuvilleroy (1177 et 1200), Chambly (1173
et 1222) et les paroisses auxquelles la charte de Chambly fut étendue,
Beauvillers(1180), Chauny (1186), Beaumont J1187), Méru (1191), Chau-
monl-en-Vexin (1182), Chevrières et Jonquières (1182), Angy (1186), La
Neuville-en-Hez (1187), Bulles (1181 et 1319), Pontoise (1185), Méry
(1191), Wacquemoulin (1196), Clermont et Creil (1197), Sainl-Jusl-
en-Chaussée (xn« siècle), Grandvilliers (1212), Boran (1215), Breteuil
(1^4), La Bruyère.
(2) Le servage dont Beau manoir c<^tate l'existence en Be^iuvoisis et
dont le dénombrement de 1373 conserve encore des traces {Ce sont les
noms des hommes, des femmes et des enfants qui sont de condi-
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LA REFORMATION DE LA COI
voisis et s'appelaient « viles baleices », î
noir, qui les déflnit ainsi en son eliapilr(
ghie : « L'autre manière de Compaignie qi
de communalté, si est des habitants es
communes l'on apele « viles bateices ». E
si ce fes es frès et es caus que leur con\
qui leur sont communes et desquelles il i
sans domace, si comme de lor mpustier réi
ramander de lor priez et de lor gué mai
cozes qui sont faites par l'accord <lu com
coz qui sont mis en pies por les droits m
coustumes garder; en lez tex cas et en au
tex manières de gens compaignie ensen
aucun part son avenant des fres selonc di
manières d'habitans ne se pot oster de co
manoir hors du lieu et renoncer as aisem
en cesle manière si convient, il fête comp
du lieu où il va manoir. »
C'était au prône de la grand'messe que
les pubWcations oiTicielles ; c'était sous 1<
que se réunissait l'assemblée des habitai
turel que ceux-ci déléguassent leurs mî
ciens comme les plus aptes à les représe
leurs intérêts sous le nom de procureurs d
même qu'ils étaient en possession de cha
lions es quelz Mgr le Comte partial et prans la i
et formariages contre l'abbé de St-Denis et pa
f" 141 et suite), semble avoir complètement d
guerre de Cent ans. Le dernier document qui ei
charte du 17 novembre 1400, par laquelle, avec l'a
duc de Bourbon, Isabelle de Ferrières, veuve du s
de Picquigny, abolirent les droits de mortema
possédaient en leur châlellenie de Milly. (Louvet
(1) Longtemps encore, en Beau voisis, les marg
présentants des communautés. Ainsi, j'ai dans n
Agnan un contrat du 1" mai 1675, portant vent<
seigneur d'Hondainville, d'un pré communal, de
notaire ù Clermont, par Pierre de Chambly, lab(
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n
36 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
La liste des paroisses dont les marguilllers furent appelés
à la réformation de 1539 est reproduite au registre E, 39, des
Archives de l'Oise ; les noms de ces marguilliers sont inscrits
tout au long dans le procès-verbal imprimé. On les trouvera à
l'annexe ill (1). Je me bornerai à anentionner les représentants
des deux localités pourvues de chartes de commune et qui
dès lors ne furent pas représentées par marguillliers : Cler-
mont et Bulles.
Pour Glermont, comparurent Pierre du Val, Jean Chres-
tien, Jean Pinel, Raoullin de Grouchy, bourgeois, pairs et
échevins de ladite ville de Glermont, e.t encore les sieurs
Silleau, d'Artois, Vuallicourt, Mathieu Lefèvre, Simon du
Fresne et Pierre de Mauliers, procureurs des manants et
habitants dudit lieu.
Pour Bulles, comparurent les maire, pairs et eschevins de
la ville, par Georges Le Màygnan, maire dudit lieu.
A l'appel des camparants, diverses protestations surgirent,
Gharles de Roye, comte de Roucy, revendiqua, comme sei-
gneur de la châlellenie de Gonti, le droit d'être appelé le
premier, à l'exclusion de l'évêque de Beauvais. MaiS^ sa pré-
tention fut écartée sur l'observation des gens du roi que
l'évêque flgurait à titre de chef de l'Etat de l'Eglise et que le
premier rang appartenait à cet Etat. Il protesta également
sur ce que François de Montmorency, lequel était défaillant,
avait été appelé le second de la Noblesse et obtint lettres de
son opposition. Enfin, il requit qu'au lieu d'être dénommé
purement et simplement seigneur de Gonti, il fut dit seigneur
châtelain de Gonti, par la raison que cette terre était des
anciennes châtellenles du Gomté en possession de tous droits
et prérogatives appartenant à seigneur châtelain. Les gens
guillier et procureur de commun de ladite paroisse tant en son nom
que comme fondé du pouvoir spécial à lui donné par les habitants dudit
Hondainville par l'acte d'assemblée, tenue le 30 avril, au son de la
cloche, en la manière accoutumée.
(I) On trouve également au procès-verbal les noms de Jean Villon,
maire d'Hondainville (la mairie d'Hondainville constituait alors un fief)
et de plusieurs habitants du Bosquet, de Boissy et de Frcsnemouticr.
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 37
du roi le dénièrent et soutinrent qu'aucun d
Comté, se disant seigneurs châtelains, ne
n'avaient jamais joui de tels droits, ressort de ji
et tabellionage.
D'autre part, Adrien de Boufflers, co-seigne
pour un tiers de la châtellenie de Milly, intervin
être inscrit en ladite qualité le premier avant le
au cas même ou celui-ci serait reconnu seign
Les Commissaires donnèrent acte des protest;
dèrent que, sans préjudice des droits de ceux (
formulées, les clioses, par provision, demeurer
Ils donnèrent également acte au sieur de B(
réserves au sujet de la qualité attribuée à Den
Prévôt en garde pour le roi, en la terre de Mil
Le procureur du curé d'Abbecourt déclara (
presbytère dudit lieu étaient du Bailliage de S
déclaration fut faite parle procureur du curée
liers de Bazincourt, qui soutinrent qu'ils ress
Bailliage d'Amiens, et que par suite ils n'elaiei
comparaître à la publication des Coutumes, i
curé d'Argueuses remontra que les habitants
étaient tous du ressort du Bailliage de Clerm
les gens du Roi de les défendre contre les e
officiers de la prévôté de Beauquesne, membr
d'Amiens.
Sur révocation de dame Femelle Perdriel, '^
sire Jean Brinon, vivant premier président du
Rouen, dame de Remy, Gournay et Moyennes
cureur exposa que ces terres étaient saisies à
gens du Roi et qu'avait été établi commissaire
tel il se présentait; que dans les lettres d'évoc
terres étaient dénommées simples seigneuries,
constituaient trois châtellenies, tenues du ch
mont.
Dame Loyse de Villers, dame de Baillet en
Franconville-au-Bois, déclina le ressort du
Clermont, affirmant que ses terres étaient enc
la prévôté et vicomte de Paris et en relevaien
Roi s'y opposèrent, disant que Baillet-en-Franc
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38 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
ville, étant de Tancien domaine du Comté, avaient été donnés
par les comtes, à charge de retour (1), et demandèrent qu'il
fût passé outre h la réclamation.
Le procureur de Jean de Mailly, seigneur de Silly et de Til-
lart, déclara que son client ne se présentait pas pour ces sei-
gneuries, dépendant du Bailliage de Beauvais, mais pour un
fief nommé Bazantam, assis auxdits lieux. Autant en fii le pro-
cureur de Pierre de Milly, N. Boileau et Martin Danse
appelés comme seigneurs d'Essuiles, dépendant du Bailliage
de Beauvais, tandis qu'ils n'avaient à comparaître que pour
un fief,- sis audit Essuile, terre de Saint-Rymault.
Ces questions préliminaires réglées, les Commissaires firent
prêter, à tous les gens des trois Etats présents, le serment de
bien et loyalement conseiller le Roi et dire vérité sur le fait
des Coutumes, remontrer et advertir ce que des choses con-
tenues es dites Coutumes en serait utile et profitable ou pré-
judiciable au bien commun et utilité du pays. Les gens du
Roi exposèrent ensuite qu'il n'existait pas de cahier arrêté
et signé des anciens officiers et praticiens de Clermont où les
Coutumes existantes eussent été mises par écrit — (ils avaient
donc perdu le souvenir du livre de Beaumanoir, ainsi que de
la réformation de 1496) ; — que chacun s'était formé, à part soi,
un coutumier ; que dans les coutumiers ainsi composés se
trouvait une grande confusion des articles en mauvais lan-
gage et trop prolixe, contraires et déçogeants à la raison
commune et^u bien et utilité du pays, que certaines bonnes
coutumes y étaient, par contre, omises ; c'est pourquoi le
lieutenant général d'Argilière avait cru devoir convoquer dans
son auditoire, conformément au mandement qui lui avait été
adressé de par le Roi, une assemblée préparatoire des gens
des trois Etats, officiers et praticiens du Bailliage, pour voir
et entendre les dits livres coutumiers, les corriger et accorder,
en éliminer ce qui semblerait mauvais et superflu, y ajouter
aucunes bonnes coutumes qui de tout temps y étaient obser-
(1) A Hutin le Baveux et k sa descendance, par Louis II, duc de Bour-
bon. Le comté de Clermont en Beauvotsis. le dénombrement en 4573,
p. 273.
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 39
vées et quelques autres que ron avait trouvé expédient d'in-
troduire.
Ce fut de cette rédaction nouvelle que le greflier du Val
donna lecture par ordre des commissaires, et sur laquelle
ceux-ci appelèrent l'assemblée à délibérer.
Chacun des 250 articles fut successivement lu, mis aux
voix et accordé du consentement et avis des gens des trois
Etals ou de leur plus saine et grande partie ; 82 avaient été
amendés, corrigés ou introduits comme coutumes nouvelles.
Je n'ai pas à les examiner au point de vue de leur valeur
Juridique, je me contenterai de signaler les plus importants.
L'âge de la majorité, en ce qui concernait les fiefs et leur
administration, fut abaissé de 20 à 18 ans pour les fils et de
15 à 14 ans pour les filles, en vue de les défendre contre les
abus de jouissance de leurs Gardiensel Baillistres (art. xci); la
garde noble à nouveau réglementée, dans l'intérêt des mi-
neurs (art. cLxx); le droit du seigneur de contraindre le reli-
gieux acquéreur d'héritages, dans l'étendue de sa seigneurie,
à en vider les mains dans l'an et jour maintenu, malgré l'op-
position de l'Etat de l'Eglise qui soutenait qu'au bout de six
mois de jouissance la possession incommulable de l'héritage
était acquise (art. cxi) ; la donation mutuelle entre époux, jus-
qu'alors interdite, autorisée (art. cxxiii et cxxiv); la légitime
des enfants réglementée et sauvegardée (art. cxxix); l'incapa-
cité du religieux profès à recueillir une succession main-
tenue, nonobstant l'opposition de l'abbé et couvent de Froid-
mont invoquant un privilège contraire qui aurait été concédé
par le Saint-Siège (art. cliv) ; la représentation admise en ligne
directe (art. clv). La Coutume de 1496 stipulait que la représen-
tation n'avait pas lieu, en ligne directe ou collatérale, en ma-
tière de fief ni autrement ; lanouvelle rédaction proposait l'éta-
blissement de la représentation en faveur des descendants.
Guy de Belloy et A. de Ravenel, seigneur de Rantigny, dé-
clarèrcAl s'opposer à la modification : par son effet, disaient-
ils, les anciennes maisons du Comté, riches et opulentes en
biens, iraient par succession de temps, en pauvreté et ruyne
tellement que les enfants puinés qui, par le trépas de leur
aîné décédé, n'ayant que filles, devaient porter les noms et
armes de leur maison, seraient pauvres et n'auraient de quoi
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n
40 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
le soutenir, et viendraienl les biens de ladite maison aux filles
de leur frère aîné, et ainsi ladite nouvelle coutume serait
cause que les aînés seraient du tout désobéissants à leur père
et mère et s'en iraient où bon leur semble prendre alliance
par amourettes ou autrement, par séduction, n'ayant regard
à la maison dont ils étaient issus, ni à l'honneur de leur pré-
décesseurs, bien connaissant que soit qu'ils mourussent ou
non devant leurs père ou mère, eux ou leurs enfants ne pour-
raient faillir au droit d'aînesse. Les Gens d'Eglise, aucuns
nobles et tous ceux du tiers Etat répondirent aux objections
ainsi formulées. Ils soutinrent que la Coutume ancienne était
injuste, déraisonnable contre le bien commun et l'utilité des
enfants, lesquels, par le moyen d'icelle, étaient pauvres et
aucunement contraints de mendier leur vie. « Sur quoi, con-
clut le procès-verbal, — auquel j'ai emprunté la double argu-
mentation qui précède, — par l'avis et délibération de tous les
assistants qui se sont trouvés d'une même opinion, excepté
les deux opposants, avons ordonné que ledit article coté clv
demeurera comme il git introduit par nouvelle coutume en
ce qu'il est répugnant à l'ancienne, laquelle pour le regard
demeurera abolie pour lad venir, w El, ajoute le procès-verbal,
ce vote intervejiu, les sieurs de Belloy et de Ravenel ont dé-
claré se désister de leur opposition.
Les matières féodales tenaient naturellement la première
place dans la Coutume réformée de Clermont. Indépendam-
ment des règles spéciales relatives à la propriété des flefs, à
leur transmission, aux relations et obligations des vassaux
entre eux, il y avait à déterminer les droits de souveraineté
encore attachés à leur possession à rencontre du suzerain et,
comme ce suzerain se trouvait être le roi, par suite de l'union
récente du Comté au domaine de la couronne, la rédaction
préparée par les omciers du Bailliage pour la Rubriche des
Justices et prééminences d'icelles (1) et par celle des Délits
avait dû naturellement aussi s'en ressentir.
(i) L'article CCI constate l'existence de trois justices seigneuriales, la
haute, la moyenne et la basse. Beau manoir n'en reconnaissait que deux,
la haute et la basse. Le haut justicier pouvait seul connaître de toute
cause civile et <le toute accusation. criminelle entraînant une peine afllic-
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LA RÉFORMATION DE LA COUTUME 41
Les articles cxcviii et cxcix étaient ainsi conçus : « Item,
aucun autre que le comte de Glermont n'a par tout icelui comte
scel authentique (1), ne pouvoir de commettre auditeurs (2)
ou notaires pour recevoir contrats par foi et serment pour
quelque chose que ce soit. Item, nul seigneur dudit comté n'a
aucune assise ou ressort, sinon le comte dudit Glermont qui
a accoustumé les faire tenir par son baillif, d'un an à autre,
et à ladite assise sont tenus de comparoir, quand ils ont suflî-
samment adjournés, tous les vassaux tenants en plein fief du
chasteau dudit Glermont. »
Gharles de Roye, seigneur de Gonti, Adrien de Boufïlers,
co-seigneurs de Milly, les dame et seigneurs de Remy, Gour-
nay et Moyenneville, avaient déclaré s'opposer à ces deux
articles pour la raison que, comme seigneurs châtelains, ils
avaient chacun respectivement droit et autorité d'avoir scel
authentique, de commettre des auditeurs et de tenir des
assises (3) dans l'étendue de leurs terres, \fais les gens du
live, à l'exception des cas royaux : « Pilory, Eschelles, Carfiuant ol
Peintures de Champions en l'auditoire sont manfucs de haute justice »>,
dit Loisel (Institutes Coutumières, H, 47). A la basse justice, dite aussi
Justice censuelle ou foncière, appartenait la connaissance, en matière
personnelle, des procès entre les sujets du seigneur pourvu que la valeur
du procès ne dépassât pas 60 sols ; en matière réelle des difficultés pro-
venant delà constitution de la propriété; au criminel de quelques délits
ruraux sansimportance. La moyenne justice, qui apparaît au xiv* siècle,
n'était pas autre chose, dit M. Esmein, que la basse justice enrichie de
quelques-uns des droits auparavant réservés à la haute. La coutume de
Clermont n'entre pas dans le détail des attributions de ces diverses
justices, mais on en trouve Ténumération dans la coutume de Senlis.
(Art. 96-125.)
(1) Ce scel devait être apposé non seulement sur toutes les sentences
Judiciaires, mais aussi sur toutes lettres portant vente, échange, con-
vention. Son apposition donnait lieu k la perception d'un droit sei-
gneurial.
(2) Ces auditeurs, dit Ragueau {Glossaire du Droit français), sont
officiers pardevant lesquels on reconnaît et passe tous contrats de ven-
ditlon ou d'assignation de rente pour la réaliser et acquérir droit d'hy-
pothèque.
(3) Sur le fonctionnement des Assises, voir l'Assise du Bailliage de
Senlis en 1340 et 1341, d'après le manuscrit du Comité archéologique de
Senlis, par M. E. de Rozière, membre de l'Institut.
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' :»^ w^
42 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
Roi avaient refusé à ces terres la qualité de châtellenie el
soutenu que le comte de Clermont était seul en possession
des droits prétendus, et les commissaires, tout en réservant
la décision définitive au Parlement, avaient, de l'avis el déli-
bération des gens des Trois Etats, ordonné que les deux
articles demeureraient, par provision, comme reconnus par
tous les assistants pour coutumes anciennes.
Même décision intervint pour l'article suivant, ainsi conçu :
« Item, les vassaux doivent à leurs périls et fortunes faire les
jugements esdites assises ensemble en tous autres cas tant
criminels que civils, dont les procès sont faits par le Bailli
gouverneur et son lieutenant. » Les assises de chevaliers, vé-
ritables tribunaux de la féodalité, étaient encore en pleine
activité en Beauvoisis du temps de Beaumanoir (1), mais
elles semblent êfre depuis lors tombées en pleine désuétude.
Du moins, tous les feudataires du comté protestèrent à
l'envi (2), renonçant ainsi volontairement à l'une des préro-
gatives les plus appréciées du moyen-âge : le jugement par
les pairs. Effrayés de l'obligation de payer, en cas de réfor-
mation de leur jugement, l'amende de mal jugé, ils décla-
rèrent qu' « oncques ladite coutume n'avait été pratiquée, que
le Roi devait faire faire justice à ses dépens par des officiers
qui ne jugeaient pas à présenta péril d'amende ». Ils furent
contredits par les gens du Roi qui soutinrent que le service
des assises était une charge inhérente d'ancienneté aux dé-
tenteurs des fiefs. Maintenu en principe, le régime des assises
ne tarda pas, du reste, à disparaître, il n'était plus, au xviii*
siècle, qu'à l'état de souvenir en Beauvoisis. Le commentateur
(1) Capitro I Do l'oftice as Bailli, d" 13 et 14 « Tout aions nous parlé
des lieus où 11 Baillis font les jugoniens il n'en est nul a la Comté de
Clermont qui les fnce, aincois doivent eslre fel tout li jugement par les
homes de le cort de fief. »
(2) La protestation fut faite au nom .de Charles de Roye, seigneur de
Conty, Adrien de BoulTlers, co-seigneur de Milly, la dame de Remy,
Gournay et Moyennevillc, les seigneurs do SaintRemy, d'Avrigny de
Beronnelle, d'Ons-en-Bray, de Rantigny et Pouilleuse, d'Etouy el de
Méry, de Rouvillers de Gicourt, Lilz el Boullencourt, de Noroy de Ro-
lelen, de RonqueroUes et Nointcl, d'Ansac,d'Ars, d'Auviller, et par les
abbés et couvent d'Ourscamps et de Froidmont.
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i ■ V^i
LA REFORMATION DE LA CO
de la Coutume de Senlls, l'avocat du
constate qu'elles furent tenues pour la
vembre 1662, dans cette ville.
De même que pour la rubrique des « J
des « Délits », la rédaction proposée tend
accroître le droit du Comte de prendre
naissance des affaires qui étaient de la
vassaux. Ce droit fut, après discussion, re
étroites limites. Les gens du Roi n'avaiei
aux vassaux dans leurs fiefs, au profit c
lice, moyenne et basse.
La Coutume réformée de 1539 ne reprod
de celle de 1496, relative aux Clercs et à ]
article ccxliv se borne à préciser les obi
meurs à l'égard des églises paroissiales.
Aux livres qu'ils étaient tenus, par l'ai
fournir à ces églises pour la célébration
grec, le missel, l'antiphonaire, le légend
ajoute, du consentement de tous les Etats
tôlier (1).
Après des réserves générales du ca
évèquede Beauvais, à cause des prérogal
lui appartenant, en sa qualité de chef de
dans la circonscription, des seigneurs
Noinlel, de Sarcus, d'Achy, de Grincouri
pitre de Saint-Barthélémy de Beauvais e
au nom de leurs droits patrimoniaux i
commissaires du Roi déclarèrent l'Asseï
dèrent à la promulgation des Coutumes (
(1) Les marguilliers des Eglises avaient droit
saisie des dtmcs pour l'exécution de celle dispo
(2) Les ^0 articles étaient répartis en 22 r
titres : des adjournements, de retrait lignagcr,
hypothèques ; de complainte en cas de saisii
simple saisine, d'arrêts d'exécution et de criée
matière féodale, de ccnsive et champars ; d
entre vifs, de testaments, de successions; de doi
de communauté de biens ; de tuteurs et curatei
minences d'icelles ; des délits, des matières (
égouts, vues et autres servitudes ; des divers
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^
44 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
tées sur un registre, au pied duquel le greffier inscrivit la
mention suivante : « Les Coustumes et articles cydessus
escrits ont été leues et publiées en l'auditoire du Bailliage et
Gouvernement du Comté de Clermonl, par Pierre Duval,
greffier ordinaire dudit Bailliage, par l'ordonnance et es pré-
sence de nous André Guillart, conseiller du Roi notre sire et
maître des requêtes ordinaires de son hôtel, et Nicolle Thi-
bault, aussi conseiller dudit seigneur et son procureur géné-
ral, commis et députés par ledit seigneur pour faire l'acte de
ladite publication et es présences de maître François d'Argi-
llère, lieutenant es lois, seigneur de Valescourt, lieutenant
général dudit Baillif, gouverneur dudit Clermont; Jean Gayant,
advocat, et Pierre Gayant, Procureur du Roi audit lieu, et de
plusieurs autres, tant prélats, gens d'Eglise, nobles, officiers
du Roy, advocats, praticiens, bourgeois, et autres du tiers état
escrits et nommés en nostre Procès verbal sur ce fait. Après
laquelle publication avons enjoint aux dessus dits et à tous
autres subjets et coulumiers audit comté de Clermont de
doresnavant garder et observer comme loys desdites Cou-
tumes publiées et arrêtées et faicl delTense de n'alléguer
austres Coutumes. Et outre avons fait deffense auxdils lieu-
tenant, juges et officiers du Roi, et autres advocats, practi-
ciens et coustumlers dudit Bailliage que dorénavant pour la
preuve des dictes coustumes publiées, ils ne facent aucunes
preuves par turbes (1) ou tesmolns particuliers, que par
sures, autres coutumes (formalités pour renoncer à héritages, vente de
l'héritage baillé à loyer, cas de répit, obligation des gros décimateurs).
Les Coutumes générales du Bailliage de Clermont en Beauvoisis et de
tout le ressort d'icoluy ont été publiées par Galiot du Pré et Jehan
André, libraires à Paris, en 1540, dans un recueil contenant également
les coutumes de Senlis et du duché de Valois. Même publication a été
faite, en 1637, par Michel Blageart, libraire à Paris, (jui y a joint les
annotations de Charles du Moulin. Les trois coutumes ont été com-
mentées par Laurent Bouchel, avocat au Parlement en 1631. Elles
figurent à la suite l'une de l'autre dans le nouveau Coutumier de Ri-
chebourg, t. II. J'ai déjà mentionné la conférence des coutumes obser-
vées en Beauvoisis (Amiens, Senlis, Clermont et Montdidier), que Pierre
Louvet a publiée, en 1615, k Beauvais, chez Godfroy Valet, imprimeur-
libraire.
(I) L'enquête par turbes a été abrogée définitivement par le litre 13
de l'ordonnance de 1667.
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45 LA RÉFORMATION DE LA COUTUME
l'exlraict d'icelles signé du grefller dudit Bailliage deument
expédié ainsi que plus amplement il est contenu au Procès
verbal sur ce fait. En témoin desquelles choses nous avons cy
mis nos seings manuels et fait signer par lesdits Lieutenant
général, advocat et procureur du Roy et le dit greffier, le
sixième jour de septembre l'an mil cinq cent trente-neuf,
signé : A. Guillart, N. Thibault, F. d'Argilière, J. Gayant,
P. Gayant et Duval. »
Le procès-verbal auquel il était renvoyé se terminait par la
déclaration des commissaires que la publication était faite
« sans préjudice des oppositions cy-dessus rédigées par escrit
dont n'a esté par nous discuté, pour ausquelles procéder ainsi
qu'il appartiendra par raison, avons renvoyé les parties en
ladite Cour du Parlement au lendemain de la Saint-Martin
d'hiver prochainement venant ».
Le renvoi ne paraît pas avoir été suivi d'effet. J'ai vaine-
ment cherché aux Archives nationales, dans les registres du
Parlement, trace de la présentation et du jugement de ces
oppositions ; même lacune existe en ce qui concerne l'homo-
logation de la Coutume de Glermont.
Elle n'en a pas moins été suivie et appliquée, conformé-
ment à la doctrine rappelée en ces termes par l'ancien juris-
consulte Louet : « Les Coutumes ne s'apportent pas au
Parlement pour y être homologuées et vérifiées, mais seule-
ment pour y être gardées par forme de dépôt public. »
Consultée par voie de référendum sur la législation civile
qui la devait régir et qu'avalent progressivement constituée
les usages de ses pères, la ptjpulation avait répondu et sa ré-
ponse eut force de loi pendant deux siècles et demi (1).
Comte DE LUÇAY.
(i) « Les coutumes ont droit à la reconnaissance de la postérité non
seulement parce qu'elles fixèrent le droit civil, mais parce que, seules
entre toutes les lois de leur temps, elles régirent la législation française
pendant trois siècles et qu'elles préparèrent, en fortifiant le droit coutu-
mier, le bienfait inappréciable de l'unité législative. » Gorges Picot,
Histoire des Etats Généraux, t. II.
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46 LE COMTÉ DE CLERMONT EX BE.\CVOISIS
ANNEXE I
La Succetsioii du Connétable de Boorfoon (1)
L'histoice tragique du connétable de Bourbon est trop uni-
versellement connue pour que nous puissions avoir la pensée
d'en présenter ici le résumé même le plus succinct Si quel-
que lecteur désirait s'en remettre les détails en mémoire,
nous ne saurions d'ailleurs mieux faire que de l'engager à se
reporter au récit tracé de la main de Brantôme.
Il est toutefois un côté du tableau que généralement les
contemporains, et plus encore les écrivains modernes, ne
semblent pas avoir peut-être mis autant qu'il convenait en
lumière. Nous voulons parler de la grande contestation judi-
ciaire (2) qui fut , sinon l'origine des mécontentements du
connétable, du moins l'une des causes déterminantes, pour ne
pas dire la principale, du parti désespéré qu'il embrassa
en 1523, parti qui, pour la France comme pour lui-même, eut
les fatales conséquences que l'on sait.
C'est à cette contestation que se rapporte le document qui
fait l'objet du présent mémoire. Il est inédit, nous le croyons
du moins, et se trouve actuellement conservé aux Archives
nationales. Pour sa complète intelligence, il est nécessaire
(1) Notice extraite du Recueil publié eu 1884 par la Société de
l'Histoire de France, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa
fondation.
(2) Sur cette question, cf. Pasquicr, Les Recherches de la France ;
Dupuy, Traitez concernant l'histoire de France, Ifôi, et touchant les
droits du Roy, lfô5 ; La Mure et Chantelauze, Histoire des comtes de
Forez, ducs de Bourbon ; Mignet, Rivalité de Charles-Quint et de Fraf^-
,çois I*^. Huillard-Bréholles et M. Lecoy de la Marche ont publié an
Inventaire des titres de la Maison de Bourbon, auquel nous avons
emprunté la mention de la plupart des actes cités dans le présent mé-
moire, sans croire nécessaire d'indiquer sous chacun d'eux la cote qu'ils
portent audit inventaire.
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LA SUCCESSION DU CONNETABLE
d'entrer dans certaines explications pré
rons en sorte de les étendre aussi peu (
Issue de Robert, comte de Clermont-ei
fils de saint Louis, la maison de Bourbo
dernières années du xv* siècle, en trois
celle des ducs de Bourbon, celle des coi
et celle des comtes de Vendôme.
Cette troisième branche, qui s'était
du tronc commun, avait alors pour (
Charles, comte de Vendôme, de Soissoni
versan, seigneur de Condé. Créé en fév
de Vendômois, gouverneur de l'Ile-de-F
cardle (1519), qu'il défendit avec succè
des Impériaux et des Anglais, il mou
laissant, au dire de Brantôme, la répula
et sage prince et bon capitaine. « 11 esto
écrivain, premier prince du sang, et pj
de Bourbon en tout. » Le fils aîné de (
Antoine, devint roi de Navarre par son
d'Albret. A la môme branche de Vendôi
de Bourbon, prince de la Roche-sur-Y<
21 mars 1503, d'autres disent 1504, Loui
pensier, sœur aînée du connétable.
Quant aux ducs de Bourbon et aux co]
ils avaient pour même auteur Jean I"
d'Auvergne, comte de Çlermont, de Moe
seigneur de Beaujolais, de Bombes et de
mariage avec Marie de Berry (24 juin 1^
lièrement accroître les domaines de la
en même temps qu'il avait profondémei
lions et le caractère de son apanage prin
duc de Berry, se voyant sans enfants m
de novembre 1386, disposé en faveur d(
son décès, de tous ses biens et apanages
sidération du mariage de sa fille Mari(
bon, Charles VI, par lettres patentes de
ce que les duché d'Auvergne et comté <
taisaient partie de ces biens, fussent aj
priété aux nouveaux époux, sous la seul
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48 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
retour en cas d'extinction de leur descendance masculine. La
concession royale n'avait pas eu toutefois lieu à litre pure-
ment gratuit. Louis II, duc de Bourbon, avait dû s'engager en
échange à la réversion éventuelle au domaine royal du Bour-
bonnais, du Forez et du comté de Glermont-en-Beauvoisis,
pour le cas où son fils Jean ou les enfants mâles, issus du
mariage de ce dernier avec Marie de Berry, iraient de vie à
trépas sans hoirs mâles (1).
Jean I" et sa femme confirmèrent, par déclaration du mois
de Juillet 1400, les dispositions prises par Louis II. Autant en
fit, le 13 août 1425, Charles, comte de Clermont, leur fils aîné.
Devenu en 1433 duc de Bourbon et d'Auvergne, celui-ci assi-
gna à son frère cadet Louis, comme apanage, divers bien de
la succession paternelle, entre autres le comté de Montpen-
sier. Mais le jeune prince, ne considérant pas comme suffi-
sante la part héréditaire qui lui était attribuée, protesta et
porta la question devant le Parlement. Le procès était encore
pendant àrla mort du duc Charles (décembre 1456). Une trans-
action du 22 mars 1459 le termina. Moyennant un supplé-
ment d'apanage, le comte de Montpensier renonça à tous ses
droits successoraux au profit de son neveu Jean IL Cette re-
nonciation, dans les termes où elle était conçue, eût semblé
pouvoir s'étendre même â la substitution prévue par les lettres
de mai 1400. Elle provoqua, en 1489, de la part de Gilbert, fils
et héritier de Louis, une protestation par voie judiciaire,
protestation à laquelle Pierre II, duc de Bourbon, consentit
à faire droit, par un acte récognitif du 19 mars de ladite
année. Gilbert, comte de Montpensier, mourut en novem-
bre 1496, au royaume de Naples, où Charles VII l'avait établi
vice-roi. Il laissait de Claire de Gonzague, entre autres en-
fants : Louis, comte de Montpensier, mort en 1501, sans
alliance ; Louise, mariée en 1503, comme nous l'avons dit,
au prince de la Roche-sur- Yon ; Renée, qui épousa, le 26
juin 1515, Antoine, duc de Lorraine et de Bar ; et Charles III,
(i) Les lettres de Louis II, eo date du mois de mai 1400, ont été
reproduites dans notre Etude sur le comté de Clermont-en-Beau^
voisis, 1878,
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LA SUCCESSION DU CONNKT/*"' »•' '^«'' otMivtor.^-
le connétable, né le 17 février 1489
de sa branche, en mai 1505, ceux
Bourbon par son mariage avec Si
branche, aoni il nous reste maintei
Charles, duc de Bourbonnais et «
premier comte de Montpensier, n
ayant eu d'Agnès de-Bourgogne un(
de ses filles, Isabelle, épousa Char
Bourgogne; l'autre, Catherine, A(
Gueldres; la plus jeune, Margue
Baugé et seigneur de Bresse, qui de
Cette dernière donna naissance, en
qui, le 16 février 1488, fut fiancée e
lois, comte d'Angoulôme, par les
Beaujeu, laquelle devait un jour a^
repentir. Gréée duchesse d'Ango
aussitôt son avènement à la couron:
en outre de son fils, le 15 avril 1524
d'Anjou et de Nemours, ainsi que (
Deux des fils de Charles de Boui
après l'autre, dans ses biens et apaii
Jean, l'alné, mourut le 1" avril 14:
dance légitime, bien qu'il eût été n
contraint et forcé il est vrai, il aval
son frère Pierre, sire de Beaujeu,
Beauvoisis et la baronnie de Beauj
vait alors, et depuis les premiers ir
de France, fille aînée de Louis XI,
qui, suivant la juste remarque de
dextremenl choisir ses advantages
parchemin, que ses prédécesseurs
eu garde de ne pas faire insérer da
du 3 novembre 1473 la clause aux te
biens patrimoniaux de la maison d(
1400, transformés en simples apana,
singulièrement restreindre les term
des droits de la branche de Montpe
ronne pour le cas où Pierre et sa f
d'héritiers mâles.
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50 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
La mort de Jean II et la renonciation de Charles de Bour-
bon, cardinal-archevêque de Lyon, son autre frère plus âgé,
rendirent, en 148Ç, Pierre de Beaujeu maître de tout l'héri-
tage de la branche aînée de Bourbon, dont il s'empressa de
rendre hommage, le 29 avril, à Charles VIII. Les libéralités
royales avaient du reste, à cette époque, notablement accru
ses possessions et celles de sa femme. Malheureusement leur
union n'avait pas été féconde, et le décès en bas âge de leur
fils unique, Charles, comte de Clermont, menaçait d'ouvrir
au profit du domaine royal la réversion stipulée dans leui\,
contrat de mariage. Ils se pourvurent auprès de leur frère \
et beau-frère et en obtinrent des lettres dérogatoires, datées
d'août 1488, les autorisant à disposer de leurs biens par telle
donation mutuelle et perpétuelle qu'ils jugeraient à propos.
Ce furent ces lettres qui provoquèrent la protestation de
Gilbert de Monlpensier et l'acte récognitif dont nous avons \
parlé. i
La naissance d'une fille, Suzanne (10 mai 1491), ne pouvait
que faire désirer davantage au duc et à la duchesse de Bour-
bon la reconnaissance et la confirmation par Louis XII, à
son avènement, de la faculté que leur avait concédée
Charles VIII. Disposé à prouver à la dame de Beaujeu qu'il
ne songeait pas à venger les injures du duc d'Orléans, le
nouveau roi s'empressa de déclarer que, sans égard au con-
trat du 3 novembre 1473, non plus qu'à la donation éventuelle
consentie par Louis II, Suzanne et les filles à naître du ma-
riage du duc et de la duchesse de Bourbon seraient aptes à
succéder aux duchés de Bourbonnais et d'Auvergne en même
temps qu'au comté de Clermont-en-Beauvoisis. (Mai 1498.)
La déclaration royale suscita une double opposition, l'une
du procureur général au nom de la couronne, l'autre de
Louis, comte de Montpensier, l'alné des héritiers de Gilbert.
Le Parlement donna acte à ce dernier de son Intervention
et n'enregistra, après plusieurs lettres de jussion, qu'in-
complètement, et seulement en ce qui regardait les droits
du roi.
Pierre II mourut à Moulins le 10 octobre 1503, ayant fiancé
sa fille, par traité de mars 1501, à Charles de Valois, duc
d'Alen<;on. Le 12 août 1504, le prince de la Roche-sur- Yon^
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LA SUCCESSION DU CONNÉTABLE I>E BOUHBON 51
au nom de son beau-frère, Charles de Bourbon, devenu
chef de la branche de Monlpensler par la mort du comte
Louis, obtint des lettres royaux l'autorisant à ajourner la
duchesse de Bourbon pour faire valoir les droits que la sub-
stitution de 1400 pouvait lui conférer sur la succession du feu
duc Pierre.
Louis XII résolut d'éloulïer le différend et de confondre les
droits respectifs des deux branches en unissant Charles et
Suzanne, à la main de laquelle il lit renoncer le duc d'Alen-
çon. Le contrat fut signé le 26 février 1505. Les deux futurs*
époux, de l'exprès agrément du roi, se firent donation mu-
tuelle de tous et chacun leurs biens présents et à venir, au
survivant l'un de l'autre, comme pareillement fit la duchesse
Anne de tous les biens dont elle n'aurait pas disposé à l'époque
de son décès.
Duc de Bourbonnais et d'Auvergne, comte de Clermont-
en-Beauvoisis, de Montpensier, de Forez, de la Marche et
de Clermont-en-Auvergne , dauphin d'Auvergne, vicomte
; de Châtellerault, de Cariai et de Murât, seigneur souverain
î de Bombes, seigneur de Beaujolais, de Combrailles, de Mer-
cœur, d'Annonay, de la Roche-en-Reinier et de Bourbon-
! Lancy, Charles de Montpensier se trouvait à seize ans le plus
J grand seigneur terrien du royaume. Possesseur d'un véri-
J table Etat, il y exerçait des droits quasi-régaliens, et faisait la
' figure, comme il avait la puissance, d'un des anciens grands
I vassaux de la couronne. Au moment de son mariage, Louis XII
j l'investit de l'ofTice de grand chambrier de France, hérédi-
taire depuis le quatorzième siècle dans la maison de Bour-
. bon : il lui donna encore le gouvernement du Languedoc.
I François I", en montant sur le trône, lui confla l'épée de
I connétable (12 janvier 1515). « Jamais seigneur en ceste France,
dit Pasquier, n'estant fils de Roy, n'estoit arrivé à si haut
degré de fortune que luy. » Sa valeur à la journée de Mari-
gnan, sa conduite comme vice-roi du Milanais, témoignèrent
1 qu'il n'en était pas indigne.
Mais le monarque, qui lui avait d'abord « fait merveilleu-
sement bonne chère » à son retour d'Italie, ne tarda pas à
changer de sentiment à son égard. L'existence fastueuse et
indépendante du connétable, la liberté avec laquelle il cen-
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52 LE COMTE DE CLEHMONT EN BEAUVOISIS
surait les actes du gouvernement, offusquaient et irritaient
François I", trop enclin d'ailleurs à céder aux suggestions de
sa mère, laquelle poursuivait à la fois la vengeance d'une
passion dédaignée et la revanche de l'ascendant exercé par
Anne de Beaujeu à la cour sous les règnes précédents. La
mort prématurée de Suzanne (23 avril 1521) vint fournir à la
duchesse d'Angoulême l'occasion la plus favorable qu'elle
eût pu souhaiter. La jeune duchesse de Bourbon, qui suivait
de près dans la tombe trois enfants décèdes en bas âge, avait,
par testament du 15 décembre 1519, inslitué son mari pour
héritier universel, confirmant expressément sur ce point les
conventions portées en leur contrat de mariage. Afin de mieux
assurer à son gendre la succession de la branche aînée de
Bourbon, Anne, tout en lui consentant la délivrance de son
legs, se porta héritière ab intestat de sa fille. En même
temps, par testament du 1" juillet 1521, elle instituait à son
tour Charles pour légataire universel, lui substituant, s'il
venait à mourir sans enfants, Louis de Bourbon, fils aîné
du prince de la Roche-sur- Yon et de Louise de Bourbon-
Montpensier. A la même date, le connétable fit un acte iden-
tique, en faveur tant de sa belle-mère, pour le cas où elle lui
survivrait, que de son neveu.
Nonobstant toutes ces précautions, malgré les titres incon-
testables que conféraient à Charles de Bourbon la substitu-
tion de 1400 et les clauses insérées dans son contrat de ma-
riage avec l'approbation de Louis XII, ainsi que les disposi-
tions testamentaires de sa femme (1), malgré les titres que
pouvait subsidiairement invoquer la duchesse douairière
Anne, Louise de Savoie, arguant de sa qualité de cousine
germaine de la défunte (2) et plus proche lignagère, prétendit
(i) (( Le double droit du connétable ne paraissait pas douteux ; il lui
était assuré par la loi monarchique des apanages en ce qui concernait
les grands fiefs de sa maison, restés ou devenus masculins, par la loi
romaine et par l'usage en ce qui concernait les possessions dont les
femmes pouvaient être héritières ou donatrices. » (Mignet, Rivalité de
Charles-Quint et de François /".)
(2) La qualité de cousin germain appartenait également à Charles
d'Egmont, duc de Gueldres, flls de Catherine de Bourbon. Mais ce
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. -^ J JiiMhJMiri
LA SUCCESSION DU CONNÉTABLE DE BOURBON
à sa succession, el, dans l'an et jour de son décès, se
complaignante en cas de saisine et de nouvellelé. Elle
soutenue et poussée dans cette voie par le chanceli(
Prat, lequel lui donnait à entrevoir, outre l'éventuali
faire prévaloir les droits qu'elle tenait, soit de la (;oi
générale de France, soit des coutumes particulière
pays où les biens étaient assis, la possibilité de réduii
adversaires à merci par l'intervention du roi , réch
l'exécution du contrat de 1473 en même temps que Tap
tion préalable du principe, consacré par les légistes, (
souverain ne plaidait jamais dessaisi.
Après de vaines tentatives d'accommodement, l'alTai
portée devant le Parlement, le 1i août 1522, puis b
ajournée au lendemain de la Saint-Martin, sur arrêl
cour ordonnant qu'entre temps communication des titi
faite au procureur général, lequel l'avait réclamée,
qu'il pourrait advenir que nul que le roi n'eût droit aux
contestés.
La duchesse Anne était intervenue dans cette pre
instance. Elle mourut avant que le procès n'eût été reï
14 novembre 1522, au château de Chantelle-en-Bourbo
à l'âge de soixante et un ans. Le 6 du même mois, elle
par acte entre vifs, fait de nouveau une donation univi
à son gendre de tous ses biens.
La cause, appelée le 11 décembre, fut défmiliv
plaidée le 22 février 1523. Guillaume Poyel, avocat
reine mère, depuis chancelier de France (1538), parla
la proximité de lignage : François de Montholon, q
nommé en 1542 garde des sceaux, soutint les droits (
masculinité et la substitution de 1400 donnaient à la bi
de Montpensier. Pierre Lizet, avocat du roi, expos?
que la couronne tenait des institutions contractuelles d
Il requit la réunion immédiate des comtés et seigri
prince n'intervint pas à l'instance, peut-être à cause de son ca
û'aubain. C'est du moins la fin de non-recevoir que Louise
voie, dans l'un de ses mémoires, opposa à l'éventualité de ses i
cations.
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54 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISIS '
que Louis XI avait concédés au sire de Beaujeu et à sa
femme, mais dont celle-ci, disait-il, n'avait pas eu la faculté
de disposer eu faveur de Charles de Bourbon.
François I" n'attendit pas, sur ce dernier point, la décision
des juges. Dès le 11 décembre 1522, considérant la réunion
comme acquise, il avait attribué à sa mère la jouissance du
comté de Gien. Le 26 juin 1523, il lui fit don du comlé de la
Marche, des vicomtes de Murât et de Cariai, ainsi que de
la seigneurie de Montaigu-en-Combrailles. Montholon, au
nom de son client, s'opposa à l'entérinemenl des lettres pa-
tenles de ce don ; mais il n'obtint qu'un ajournement, et,
quelques semaines après, au commencemenl du mois d'août,
un arrêt appointait les parties au Conseil pour la justifica-
tion de leurs droits, et cependant, par provision, ordonnait
que tous les biens en litige seraient placés sous séquestre.
« Ce n'estoil pas, fait observer Pasquier, saisir le Roy, mais
bien, mettant toutes ces duchez, comtez, vicomlez, baronnies
et seigneuries en main tierce, c'estoit une provision qui
sembloil réduire au petit pied deninitivement la grandeur
du connestable. Quoy faisant, combien que la mère du Roy
deust avoir la moindre part au gasteau, si obtint-elle vic-
toire de ses pensées, s'estant par ce moyan vangée de celuy
que, pour avoir desdaigné son mariage, elle avoit sur tous
les hommes du monde à contre-cdnir. Vengeance qui fut de-
puis chèrement vendue à la France. »
Nous ne saurions suivre Pasquier dans l'intéressant récit
qu'il continue des tragiques aventures du connétable de
Bourbon, lorsque, poussé h bout par l'arrêt de séquestre (1).
(I) Cet arrôt était-il justifié? Lo violl auteur que nous venons de
citer se pose la question, et la résout anirinativcment, mais par des
considérations qui veulent être indiquées : « J'estime que l'arrest esloil
juste, encores qu'un espinocheur pourroit par avanture dire qu'il n'y
avoit pas grand lieu de séquestrer, ...ny de déposséder par provision
ce prince... Et peut-être adjoustera t-il que Dieu, pour venger celte
injuro, permeïl que nous receusmes depuis le désastre de la journée de
Pavie. Jà à Dieu ne plaise «fue je sois de cesle opinion : car, quand un
arrest est passé, je seray des disciples de Pythagorns : il l'a dit, doncques
il faut y ad jouter foy. »
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LA SUCCESSION DU CONNÉTABLE DE BOURBON 55
ce prince se fut décidé à prêter l'oreille aux propositions de
l'empereur Charles-Quint, et à signer avec lui et avec
Henri VIII d'Angleterre les coupables traités que l'on con-
naît (18 juillet et 13 septembre 1523). Nous dirons seulement
qu'en même temps que ses complices étaient appréhendés
et traduits en jugement (1), il fut décrété de prise de corps,
ajourné à comparaître dans les trois jours en personne de-
vant le Parlement, sous peine de bannissement et de confis-
cation de corps et de biens, et la cour autorisée à instruire
contre lui, nonobstant sa qualité de pair de France, son procès
pour rébellion, félonie et crime de lèse-majesté au premier
chef. (Lettres patentes du 25 juin 1524.)
Le procès se poursuivait quand survint le traité de Madrid
(14 janvier 1526). Un article de ce traité stipulait la réinté-
gration du duc de Bourbon dans tous les duchés, comtés
et seigneuries qu'il possédait à son départ de France, avec
faculté de continuer à en jouir hors du royaume, même au
service de l'Empereur. Le roi et sa mère s'engageaient à sur-
seoir, sa vie durant, à toutes réclamations et actions relatives
à l'héritage de la branche aînée de Bourbon. Les procédures
entamées, les sentences prononcées contre ses amis, alliés
et serviteurs, devaient être considérées comme nulles et de
nul effet.
Les conventions qui concernaient le connétable avaient été
déclarées, par le traité de Madrid, exécutoires dans un délai
de six semaines. Elles n'étaient pas encore exécutées, lors-
qu'une arquebusade retendit mort, le 6 mail527, surle*murs
de Rome, à la tête des troupes qu'il menait à l'assaut. Aussi-
tôt qu'il en fut informé, François I" donna plus libre cours
qu'il n'eût convenu peut-être à son ressentiment. La cour du
Parlement, réunie sous sa présidence, garnie de pairs et princes
du sang, déclara Charles de Bourbon atteint et convaincu
des crimes de lèse-majesté, félonie et rébellion , « ordonna
que les armes et enseignes affixées en lieux publicques à son
(i) Sur le sort des complices du connétable, voir Georges Guiffrey :
Procès criminel de Jehan de Poy tiers, seigneur de Saint-Vallier. Voir
aussi Bibliothèque nationale, mis. coll. Dupuy, t. 484 et 485.
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56 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOISI3
honneur en ce royaume, terres el seigneuries, seraient rayées
et elTacées, el le priva de la oognominalion de ce nom de
Bourl^on, comme ayant iiotoiremenL dégénéré des mœurs et
fidélité des antécesseurs de ladicle maison de Bourbon, en
damnant et abolissant sa mémoire et renommée à perpétuité;
et déclara au surplus tous et chacuns les biens féodaux qui
appartenaient audit de Bourbon, tenuz de la coroune de
F'rance médiatement ou immédiatement, estre relouruez à
icelle, et tous et chacuns les autres biens meubles et immeu-
bles confisquez » (i).
L'arrêt, signé du roi el du chancelier de France, fui pro-
noncé par ce dernier le 27 juillet 1527, les portes de la
chambre où se tenait le lit de justice grandes ouvertes, en
présence des principaux baillis et sénéchaux du royaume,
spécialement à ce mandés, ainsi que d'un nombre infun de
gens, non seulement de diverses, mais de toutes nations (2).
Un conseiller fut spécialement commis à son exécution el y
procéda dans toutes les seigneuries qui avaient appartenu au
connétable. Toutefois la prise de possession au nom de la
couronne souleva des protestations de la part, tant de la
princesse de la Roche-sur- Yon et de la duchesse de Lorraine,
S(eurs et hérilières naturelles du duc Charles, que de Louise
de Savoie et du du(! de Vendôme. Ce dernier revendiquait,
comme devenu l'aîné de la maison de Bourbon, le comlé de
Clermonl-en-Beauvoisis ainsi que celui de la Marche, et
n'avait consenti à siéger au lit de justice que sous la condi-
tion *de lettres de non-préjudice. François I" les lui avait
octroyées, mais n'en tint ensuite aucun compte.
Il devait naturellement réserver un tout autre accueil aux
réclamations de sa mère. Tel fui l'objet d'une transaction
qu'il passa avec elle le 27 août 1527, et dont nous reproduisons
intégralement les termes, d'après le registre U 796, conservé
aux Archives nationales.
(1) Archives nationalos, registre U 796 el 81.*).
(2) Du Tillol : Recueil dea rangs dea (irands de Fr(nu:e, I60(î.
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LA SUCCESSION DU CONNETABLE DE BOURBON 57
TRANSACTION FAICTE ENTRE LE ROY ET MADAME
A tous ccus (jui CCS prcsontos lectros verront Loys Carquillault, se-
crétaire et clerc dos offices de madame Renée de France (!) et parde
du scel royal de la baillie de Vermandois estably de par le Roy npstre
sire en la ville et prevosté de Chauny (i , salut. Savoir faisons que,
pardevanl Symon du Blocq et Loys (iuybon le jeune, notaires jurez
commis et eslabliz de par le Roy nostredit seigneur en ladicte ville et
prevostê de Chauny, ont esté personnellement establiz tr^s hault, très
puissant et excellant prince l'rançoys, par la grâce de Dieu Roy de
France, d'une part, et très haulte et tn'^s illustre princesse madame
Loyse de Savoye, duchesse d'Anjou, de Nemoux et d'Angoulmois, con-
tesse du Maine et de (iyen, mi're dudit seigneur, d'autre ; lesquelles
parties et chascuno^'icelles ont rccongnou et confessé, recongnoissent
et confessent avoir fait passé et contracté, font, passent et contractent,
avec les stipulacions, acceptacions, consentemens à ce requis et néces-
saires, les traicliez, transactions, appoinctemens et conlractz cy après
declairez. C'est assavoir que, comme procès se fut meu et introduict
et soit encores pendant et indécis en la court de Parlement ii Paris,
entre ladicte dame Loyse de Savoye, demanderesse et complaignant en
cas de saisine et de nouvelleté, d'une part, et feu Charles jadis de
Bourbon, d'autre, pour raison et à cause des biens et succession dé-
laissez par feue madame Suzanne de Bourbon, femme d'icelluy Charles,
auffuel procès estoient intervenuz ledit .seigneur Roy pour l'interesl et
droictz par luy pretenduz à iceulx biens à cause de la counmne, et
aussi feue madame Anne de France, mère de ladicte Suzanne, moyen-
nant l'usulTruit par elle prétendu esdictes terres; et depuis seroit de-
cedée ladicte Anne de France, laquelle auroit donné audit Charles jadiz
de Bourbon, ainsi «lu'il pretendoit, tous les biens meubles et immeu-
bles, droitz et actions h elle appartcnans en ladicte maison de Bourbon;
sy auroient depuis les biens feudaulx et retrofeudaulx appartenans
audit Charles esté retournez A la couronne, et le demeurant de ses
biens, tant meubles et immeubles, conlisciuez par arrest et jugement
de la court de Parlement h cause du crime de leze majesté par luy
commis et perpétré ; et par ainsi ledict seigneur Roy auroit esté et est
au lieu d'icelluy Charles jadis de Bourbon es biens et drolz par lui
(\) (( Seconde fille de Louis XII et belle-sœur de François P'. Elle
épousa, le 28 juin 1528, Hercule d'Est, duc de Ferrare. Voy. Brantôme,
t. VIII, p. 108-114. »
(2) « La chîUellenle de Chauny sur-Oise se trouvait réunie au d(»maine
de la couronne par lettres patentes de 1378 et 1411. »
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:. rf>Ç
58 LE COMTÉ DE CLERMONT EN BEAUVOJSIS
prétendus en ladicte maison, et aossi à ceulx que ladicte Anne de
Franco pretendoit luy compecter en icelle maison moyennant les dona-
tions et testament par elle faitz audit feu Charles Jadis de Bourbon ; et
par conséquent tous les droitz d'icelle succession de Bourbon sont
escheuz et advenuz ausditz seigneur Roy et dame sa -mère, laquelle
dict que icelle succession luy appartient comme héritière ab intestat
fl'icelle Suzanne, sa plus proche lignaigière au temps de son décès et
saisie par la genéralle coustume de France, par laquelle le mort saisit
le vif plus proche et habille k succéder. D'autre part disoit ladicte dame
iceulx biens luy appartenir par les testamens et traictiez de mariage
faitz par les ancestres d'icelle maison et coustumes des pays où lesditz
biens sont scituez et asssis mesmemenl par le traictié d'appenage fait
par feu de bonne mémoire Charles de Bourbon à feu Loys de Bourbon
son frère, par lequel icelluy Loys rononçoil moycif^ant son appenage à
Ctids les droitz qui luy pourroicnt appartenir, ou à se^ successeurs, en
ladicte maison de Bourbon, fut par les traictiez de mariage ou autres
faitz p^ ses ancestres, esquelz renonçoit et consentoit, voulloit et accor-
doit qu'ils appartinssent et demeurassent audit Charles et à sa posté-
rité ; et si la postérité d'icelluy Loys vonoit à femelles, elles seroient
forcluses dudit appanaige en leur donnant suffisant mariage, et devoit
retourner icelluy appanaige k ladicte maison de Bourbon et successeurs
dudit premier Charles ; et par ainsi ledit feu Charles jadis de Bourbon
ne se povoit ayder desditz traictiez et convenances faictes par ses an-
cêtres, et que Loys, son ayeul, et dont il estoit héritier, avoit renoncié :
et aussi, depuis son décès, les filles descendues dudit Loys ne peuvent
prétendre aucune chose à icelluy appanaige, d'autant que, par les con-
venances d'icelluy, en sont forcluses. Ledit Charles jadictz de Bourbon
mectoit en avant, pour le fondement de son droict, le traictié de son
mariage et testament d'icelle Suzjinne, les anciens traictiez et conve-
nances faictes par les ancestres de la maison de Bourbon, par lesquelles
pretendoit que les maslcs forcluent les filles encores qu'elles feussent
plus proches. A quoy respondoit ladicte dame que les convenances
dudit mariage estoient nulles pour la mynorité d'eage où estoit lors
constituée ladicte Suzanne, et aussi par les coustumes des pays où le«
biens sont scituez et assiz, et n'y faisoit riens le testament, car en
icelluy avoit pretermis et obmis sa mère, et aussi par autres deflaulx
et solempnitez de droit non gardées. Et (fuant aux anciens traictiez de
la maison, disoit qu'il ne s'en trou voit point à son avantaige, et, là où
il s'en trouveroit, ledit Loys de Montpensier, ayeul dudit Charles Jadiz
de Bourbon, trespassé sans aucuns masles d'icelluy stoc, et n'y a qne
femelles, qui sont forcloses d'icelluy, comme dit est cy dessus. Ledit
seigneur Roy disoit que la duché d'Auvergne est appanaige auquel les
tilles ne succèdent, et que, si, par nécessité de temps ou autrement par
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LA SUCCESSION DU CONNETABLE UE BOURBON
importunité des requèrans, elle estoit demeurée à la maison
bon, cela n'empeschoit qu'elle n'apartint audit seigneur, et la
Bourbonnois estoit, par consentement des ancestres d'icellc
redduicte à appanaige comme Auvergne ; et, louchant la Ma
estoit advenue par confisracion ù fou de bonne mémoire le
unziesme, qui l'avoit donnée audit Pierre de Bourbon et à sa c
et aux enfans qui descendrolent d'eulx, et, au delTault de a
droit à la couronne. Si est le cas escheu qu'ils sont decede
postérité ; si sopoit aussi advenu depuis audit seigneur la coi
d'icelluy Charles jadis de Bourbon, et par ainsi tous les droitz
ceulx de la maison de Montpensier, de Bourbon ou de mada
de France, telz que icelluy jadiz de Bourbon y povoit avoir d<
appartenoient audit seigneur, comme aussi faict la comté de (
qui est appanaige de France. Ladicte dame disoit que Clern
ancien domaine de la maison de France, et que la plupart
estoit composé de plusieurs acquisicions partirulliéres faictes
de la maison de Bourbon (1). Et oultre disoient, d'un cAté e
(1) « Louise de Savoie ne s'était pas bornée aux plaidoiries
pour l'établissement de ses droits à l'héritage de la branche
Bourbon. Elle avait fait rédiger aussi des mémoires, dont u
nombre, ayant fait autrefois partie des papiers de Groslier, soi
lement conservés aux archives de l'Aube, s(»us les cotes B 81
y trouve, entre autres, un récolement de pièces opéré dans les
de la Chambre des comptes de Moulins, h la reipiéte de la <
rosse, par Charles Guillart, président au Parlement, et Jacq
Barde, conseiHor en ladite cour, commis par arrêt du 12 t
De ces pièces il résulte qu'en effet les ducs de Bourbon avaien
leur apanage primitif de Clermont-en-Be^uvoisis par de no
acquisitions. Voici l'indication des principales : seigneurie de
Grand (1284 et 1492); village du Vivier (i:«7); chAtellenie
(1378); terre do Courroy (1386) ; seigneurie de Remy (1392); cl
de Bulles, seigneurie de BonneulMe-Plessier et la Warde-Mau
1426) ; chAtellenie de La Hérelle et seigneurie de Moyennovil
terre de l'Epineuse de Warty (1403) ; terres d'Ons-en-Bra;
Aubin, Villers-Saint-Barthélemy, Allonne et autres (1443). L
de ces domaines avaient été cédés et transportés, ave« l'hôtel
bon k Paris et diverses terres en Bourbonnais, par le duc
Anne de France, sa femme, pour le payement et restitution
de cent mille écus qui lui avait été constituée en 1473, ainsi qi
de Jeanne de France, première femme du duc Jean II, dont la
était nièce et héritière ; ils avaient été compris par cette
dans la donation entre vifs qu'elle fit, le 1*' juillet 1521, k C
Bourbon. »
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t>0 LE COMTÉ DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
plusieurs autres raisons, ung chascun en droict soy, pour le soustene-
medl de son droit. Lesquelles clioscs considérées par ledit seigneur et
dame, et que icelluy procès, querelles et questions ne seroienl conve-
nables, u tilles ne honnestes entre eulx, et que madicte dame ne pré-
tend avoir autre lieritier que ledit seigneur son filz et mess" ses
enfans, et aussi que icelui seigneur vouldroit fere trop plus grant bien
à ladicte dame sa mère que. le prottit ([ui luy pourroit advenir dudit
procès ; pour ces causes et autres k ce les mouvans, ont transige^, pa-
ciiric et accorde, transigent, pacifient et accordent lesditz procès et
dilTerendz ainsi et par la forme et manière «jui s'ensuit. C'est assavoir
que le duché d'Auvergne dès à présent sera et demeurera audit sei-
gneur comme appanaigc de la maison de France, sans ce que ladicte
dame y «jucrelle ne demande aucune chose. Et jaçoit ce que ladicte
dame peult disposer à son plaisir et voulcntc des biens à elle escheuz
et appartenans à cause de ladicte succession, neantmoins, dès à présent
comme pour lors et dès lors comme «les à présent, elle veult et consent
(ïue, tout incontinent après son décès, à cause de la présente transaction,
iceulx biens directement viennent, compcctcnt et appartiennent en
tout droit de seigneurie et possession, et soient ditz et reputez vray
appanaige de la maison de France, uniz et incorporez inséparablement
à ioelle, c'est assavoir : Dombes, Beaujolois, Forestz et Rouannoiz, au
niz aysné dudit seigneur, tellement et en telle sorte et manière que
tous ceulx qui succéderont et viendront à la coronnc auront, et leur
compeclra et appartiendra iceulx biens uniz et incorporez à icellc. Et
le demeurant desdiz viendront, seront et demeureront à mons' le duc
d'Angoulesme, tiers filz dudit seigneur (1), et luy tiendront lieu de la
part et portion qui luy poUrroit appartenir pour son appanaige ; les-
quelz seront tenuz, reputez, et sortiront vraye nature d'«1ppnnaige, ainsi
et par la forme et manière comme l'ancien domaine de France qui sera
ou pourroit eslre baillé à luy ou à ses Itvtcs en appanaige. A quoy
s'est consenty et accordé ledit seigneur, avec la réservacion que faict
ladicte dame, de pouvoir disposer jusques à douze mil livres de rente
seulement, non obstant ce «jue dessus, en œuvres pies ou pour rému-
nérer ses serviteurs. Toutesfoiz, moyennant ladicte reserve, ne pourra
ladicte dame demanbrer les grosses pièces, chastellenies, de la duché
(1) « Charles, troisième (ils de François I" et de Claude de France,
reçut, par lettres du 12 juin 1540, pour apanage, les duchés d'Orléans
et d'Angouléme, les comtés de Clermont-cn-Beauvoisis et de la
Marche, puis, le o février 1543, le duché de Bourbonnais; mais il mou-
rut le 9 septembre 1546, sans alliance, et tous ses biens firent retour a
la couronne. »
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LA SUCCESSION Dl' CONNÉTABLE DE BOURBON 61
de Bourbonnois ou fonté do la Marche, et pareille]
et est en la conté de Clormont, do l'anoien domai
France. Et par ainsi et moyennant les choses susdi
ceddé et délaissé, cedde et délaisse à ladicte da
droicl et action, part et porcion que luy compecU
compecter et appartenir, pour quelque cause, till
soit, esditz biens, soient meubles ou immeubles, no
en quelque part qu'ilz soient scituoz et assis, c
chose et heritaige, et pour en disposer ainsi et par
que dessus, et non autrement ; parmy ce que ladi
les debtes de ladicte maison, et, là où il se trou
estre si grans qu'ilz excédassent la vallcur des m(
pour y satisfaire, oultre les douze mil livres qu'ell
disposer, et non obstant la reservaeion susdicte, p
place de la valleur et conçu rrance d'iceulx debtes
ainsi qu'elle verra estre k faire. Lesquelles choses
lesditz seigneur et dame, sur leur honneur, foy ei
de garder et observer, sans enfraindre ne aucun(
traire, et à ce s'obligent avec les stl pu lacions et
saires, avec et chacuns leurs biens, presons (
pourroit faire en tel cas ; renonçans à toutes exc(
que de fait, par lesquelles l'effect de ces présent
pesché, et mesment au droict disant la generalle r
si la specialle ne précède. Et ont promis et promei
et dame faire esmologuer ces présentes aux co
lesditz biens se trouvent scituez et assis et en la C
En tesmoing de ce, nous, à la relacion desditz n
ces présentes le scel royal de ladicte baillte. Ck
chastel de la Fore sur Oize, le dimanche vingt cin(,
d'août, l'an mil cinq cens et vingt sept. Ainsi si{
L. Gi'YBON ; et scellé de cyre vert.
La transaction de 1527, enregistrée au
décembre de la même année^ ne demeu
entière.
Dès le 10 juin 1529, pour obtenir la reno
de Bourbon-Montpensier, duchesse de Lo
qu'elle pouvait prétendre sur la successic
roi et sa mère durent lui faire abandon
Mercœur, ainsi que des terres de FromentaJ
en Auvergne.
Moins de deux mois après, le 5 août, le
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t>2 . LE COMTÉ IJ|£ CLEUMONT EN BEAUVOISIS
imposait à François I*' l'obligation de réhabiliter la mémoire
du connétable, d'annuler toutes procédures faites contre lui
et ses adhérents, enfin de rendre raison à ses héritiers dési-
gnés, Louise de Bourbon-Montpensier, princesse de la Roche-
sur-Yon, et Louis de Bourbon, fils de cette princesse, des
biens composant sa succession, à l'exception du duché d'Au-
vergne et du comté de Glermont-en-Beauvoisis, dont l'Em-
pereur admettait la réunion à la couronne d'après la loi des
apanages.
En exécution de ce traité, la princesse et son fils reçurent,
par accord du 27 mai 1530, à titre de provision et en attendant
le règlement des litiges pendants au Parlement depuis 1523,
le duché de Châtellerault, le Forez, le Beaujolais et le pays
de Bombes. Mais, Louise de Savoie étant morte le 22 sep-
tembre 1531, François I" cassa le contrat de mai 1530, comme
lui ayant été extorqué par l'Empereur, remit les choses en l'état
où elles étaient avant ce contrat, et, aux termes de la trans-
action intervenue avec sa mère, unit au domaine royal, par
lettres patentes de janvier 1532, les duchés, comtés et sei-
gneuries qui avaient fait l'objet de ladite transaction. Cepen-
dant, quelques année* après (août 1538), ayant égard à la
proximité de lignage et moyennant l'engagement pris par la
princesse de la Roche-sur- Yon et sou fils de se désister de
toutes réclamations ultérieures, il leur consentit cession du
dauphiné d'Auvergne, du comté de la Tour, ainsi que de celui
de Montpensier, que des lettres patentes de février 1539 éri-
gèrent en duché-pairie.
Cette quatrième transaction ne fut pas encore la dernière
k laquelle donna lieu la succession du connétable. Le nouveau
duc de Montpensier présenta à Henri II, lors de son avène-
ment, une requête tendant à l'itératif examen des droits qu'il
prétendait à ladite succession, et, grâce au crédit dont Jac-
queline de Longvvic, sa première femme, jouissait, tant auprès
du monarque et de ses fils que de Catherine de Médicis, il
obtint enfin que cet examen eût lieu et fût confié à une com-
mission spéciale formée de membres du Parlement. A la suite
d'une longue procédure, Charles IX, assisté de sa mère et de
son Conseil, d'une part, et la duchesse de Montpensier, pro-
curalrice de son mari, d'autre part, signèrent à Orléans, le
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LA SUCCESSION DU CONNÉTABLE DE BOUHBON 63
27 novembre 1560, une transaction définitive, liomologuée
par le Parlement le 25 juin 1561, et qui attribua à Louis de
Bourbon et à ses hoirs, en outre des biens déjà spécifiés dans
l'acte d'août 1538, le Beaujolais et la principauté de Dombes,
cette dernière principauté en toute souveraineté, « fors la
bouche et les mains », c'est-à-dire l'hommage au Bol.
La seconde branche de Bourbon-Montpensier, issue de
Louis, prince de la Boche-sur- Yon, s'éteignit en la personne
de Marie de Bourbon, première femme de Gaston, duc d'Or-
léans, et mère de la Grande Mademoiselle.
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■•"^'T?^
64
LE COMTK UK GLEHMONT EN BEAUVOSIS
ANNEXE II
Etat des Fiefs du Bailliage et Comté de Clermont
appelés à la Réformation de la Coutume
en 1539
[Archivesi de l'Oûe, E, 59. Et Procès-verbal de la Coutume. J
Auviller.
Ars.
Aiisacq.
Auchy-en-Bray.
Argenlieu.
Avrechy.
Audalnville.
Aiigivillier.
Archies.
Assv-en-Bray.
Avrigny.
Belhencourtel.
Denis d'Arquinviller.
Vuast de Hédouville, P. (1) .
Nieolle Popillon , auditeur des
comptes, P.
Pierre de Baulgis, P.
Gilles de Hangest, seigneur de Hargen-
lieu, Avrechy, Lejonc et Laraescourt
en partie.
D"' Louise de la Rrelonnière comme
ayant la garde-noble des enfanfs mi-
neurs de feu Martin de Hangest et
Françoise d'Argillière, en leur vivant
seigneur et dame d'Argenlieu, Avre-
chy, Lejonq et Lamescourt, P.
D'" Agnès Le Sieurs, P.
* Philippe le Thoillier.
* Jean Caignart, seigneur d'Archies et
de Buicourt, P.
Jean Goquery, Pierre le Garon et Jean
Hémart, seigneur d'Assy-en-Bray, en
partie.
Gharlcs de Vignacourt.
Jean de Bourges.
(1) La lettre majuscule P Indique que la comparution eut lieu par
procuration ; l'astérisque, que le seigneur du fief appartenait au Tiers
Etat.
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FIEFS APPELES A LA REFORMATION DE LA COUTUME
65
Belloy.
Beronne.
Bosquel (Le).
fielleuse.
Buisson (Le).
Brassy.
Bos- Robert à Se-
uanles.
Boulalncourt.
Bois-Liebaut.
Bairfeul-s'- Terrain.
Baillel en France.
Béthencourt-Saint-
Nieolas.
Buisancourt.
Buicourt.
Bonnlères.
Boileau.
Gui de Belloy, seigneur de Belloy et de
Rouviller.
M. Florent CoUesson, lieutenant à Roye.
Charles de Baulgis.
Jean de Soyeeourt. seigneur d'Espaux,
Contre et fielleuse, P.
Jacques de la Chaussée, seigneur du
Buisson et de Crouze.
Nicolas Gaignet, seigneur de firassy et
Frenemoutier.
Jean de Lespinay, seigneur de la Neuf-
ville, fioulay et du fios Robert séant
à Senentes, P.
François du Breuil, seigneur de Gicourl
et fioulaincourt.
Roger Raynel, seigneur du fiois-Lie-
baut, P.
Arthur d'Agombert, seigneur, en partie,
de fiailleul-sur-Terrain.
Dame Louise de Villers, damedefiaillet
en France et Franconville-au-Bois, P.
Nicole Charles, seigneur du Plessier,
Parequet et de Béthencourt-Saint-
Nicolas, P.
* G. Le Seller, seigneur de Buisan-
court, P.
Jean Caignart, seigneur de Buicourt
et d'Archies.
Antoine de Halluin,seigneur de Piennes,
Saint-Omer, Crèvecœur et Bonnlères
en partie, P.
Alix de Lignières, dame, en partie, de
Bonnlères, P.
Guillaume Bracquet, commissaire au
fief de M. Hugues-fioileau séant à
Villers et Sacy.
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LE CX)MTK DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
everd.
)uis.
leuse.
llOQ.
Lre.
ty.
ery.
ny.
mis.
isacq.
^onne.
aces,
ecourt.
ière.
elleSw
dé.
mis.
ont.
nbes.
ville.
Nicole d'Argillière, chanoine et sous-
chanlre de Saint-Pierre de Beauvais.
Charles de Paillard.
Le dit de PaiUard.
François Parent, seigneur de Cas-
tillon, P.
Jean de Soyecourt, seigneur d'Espaux,
Contre et Belleuse.
Charles de Roye, chevalier, comte
de Roucy, seigneur du dit Roye,
Bertheul, Mouret et de Conty, P.
François de Bocquaux, chevalier, sei-
gneur de Reglise et de Cauffery, P.
Marie de Hédouville, dame de Cauf-
fery, parMartindeCernoy son fils et P.
Adrien de Bouflers, seigneur dudit lieu
de Milly, en partie, et de Cagny.
Nicolas Clément, pour son lîef de Cem-
puis, P.
D"' bonne Fournier, dame dudit Cem-
puis, P.
Gille du Fay, seigneur de Château-
Rouge et Cressonsacq, P.
Loys de Piennes, seigneur de Rouseloy
et de Camberonne, P.
Jean du Breuil.
Nicolas d'Aigoudessent, seigneur de La-
laque et de Cannettecourt.
Charles de Gomer, P.
Jean du Micault, seigneur de Lépine
Henry, Fresnoy et Courcelles, P.
* M" Pierre Aubert, P.
* Henry Hainques, seigneur de Cem-
puis, en partie.
* Jean Bouchean, dit le prince, P.
Jean le Fèvre, seigneur de Coulombes,
près Laidon, P.
N. Bethicy , dame de Candeville.
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1
FIEFS APPELES A LA HKFOHMATION DE LA COUTUÎ
Crouze
Jacques de la Chaussée, seig
Buisson el de Crouze.
Estouy.
Louis d'Ongnies, seigneur de Cl
Eslouy el Méry.
Erquery.
Jean Le Clerc, seigneur en
d'Erquery.
Essuille.
* Pierre de Milly el Nicolas
seigneurs d'Essuile el d'un 1
à Saint-Rimaull, P.
Foulleuses.
Anloine de Ravenel, seigneur
ligny, de Foulleuses el de Bi
Francière.
Jean de Francière, P.
Frosnemonliers.
Nicolas Caignel, seigneur de E
de Fresnemonliers, P.
Franconville-au-
Dame Louise de Villers, dame d
Bois.
et I*>anconville.
* Charles Seller, lieutenant pa
des eaux et forêts.
"ay(prèsClermoûl),
François de Blois, seigneur du
Guéchain et du fief des Para
Louis de Blois, seigneur dudit
Fricamps.
* Jean Varlet.
Fourchault.
* Antoine Loppart, commissaii
de Fourchault, séant à Vil
Catenoy et Rotheleu.
Gournay.
Gicourl.
Jean Courtin, conseiller du
correcteur de ses comptes à 1
D'" Geneviève Dubois, dame c
nay, en partie.
François du Breuil, seigneur de
et de Boullaincourt.
Giiéohain.
François de Blois, seigneur
Chain, Fay et des Parelles.
Goincourt.
* Pierre Lebastier, seigneur (
court, P.
Grandvillier.
* Hanconnet du Coulombiers, !
de Granviller.
Hez.
Pierre de Malingre, P.
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^!^j^J80^ ifjy;i\^ Digitizedby Google
FIEFS APPELES A LA REFORMATION DE LA COUTUME
Le Quesnel-Aubry.
Le Quesnoy (à
Contres).
Lesglantler.
Lils. i
Lamotte (à Ha-
naches).
Lits.
Le QuesneL
La Trompe d'Or.
Lépinette.
Lamotte -d'Essuile.
La Mairie de Sacy-
Grand.
Milly.
Méry.
Moimont.
Mainbeville.
Marseilles.
Louis de Gouy, seigneur de Campre
et du Quesnel-Aubry.
Jacques et Gaspard d'Estrées.
Charles de Moyencourt, P.
Jean de Vuignacourt, seigneur
partie de Lils et du fief Monseign(
François du Breuil. seigneur de
court, Lits et Boullaincourt.
Georges Alexandre, seigneur du fie
Lamotte à Hanaches, P.
* Nicolas Pulleu, seigneur de Mitr
Lits, en partie.
Gui du Bois, seigneur de Saint-R<
et du QuesneL
* Jacques Aux Cousteaux, seigi
de la Trompe -d'Or, à Oudeuil
Châtel, P.
* Jean Fôsselin, commissaire au fie
Lépinette, appartenant au selgi
de Genlis.
Philippe de Lamarre, archidiacr
Ponthieu, chanoine d'Amiens,
gneur de Lamothe-d'Essuille.
D"' Geneviève du Bois, dame de
seleu, Rozoy et La Mairie de Sac;
Grand.
Adrien de Boufflers, seigneur dudit
MlUy et Caigny, P.
Louis d'Ongnles, seigneur de Chaul
Etouy et Méry.
Adrien de Moyencourt.
Galarche de Béthencourt, seigneu
Mainbeville et de Sacy, en partie
Dame Antoinette de Yaucourt cor
ayant la garde noble des enfants
neurs de feu Messire Antoine
Pisseleu et d'elle, seigneurs de î
seilles, P.
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LE COMTE DE GLERMONT EN BEAUVOISIS
)ntreuil-sur-
Bresche.
[artincourl.
VIonceaux.
Méry.
Maucourl.
lil-sur- Bulles.
Mire.
Mitry.
Monceaux.
Mouloiles.
Neuilly.
Noinlel.
Nourroy.
ille-surleVault.
)ûs-en-Bray
Jean de Gouy, seigneur de Ponceaux et
de Moulreuil-sur-Brêche.
Jean de Moncheaux, seigneur de Hou-
denc, Blacourt, Glaligny, Hanvoile et
Martincourl, P.
Jean de Milly, P.
Daraoiselle Jeanne de Hangesl, dame
de Méry.
Louis d'Ongnics, seigneur de Cliaulnes,
d'Etouy et Méry.
N. d'Abouval.
Gilles du Chemin, P.
Jean de Vignacourt, seigneur, en partie.
de Lits et du fief de Mire, P.
* Nicolas Pulleu, seigneur de Mitry et
Lits, en partie.
* M. François Vigneron, lieutenant
particulier, seigneur de Monceaux.
François d'Argillière, lieutenant gé-
néral, seigneur de Valcscourt et de
■ Monceaux.
* Jean d'Averville l'aîné, Henri Du-
rant, Charles ViUain et Jeanne de
Duin, seigneurs et dame de Monloiles
à Rochy, P.
Frère Rodache, chevalier de l'Ordre
de Saint- Jean-de- Jérusalem , com-
mandeur de Sommereux et de Neuilly
sous-Clermont.
Jean de Humières, chevalier, seigneur
dudit lieu, de Ronquerolles et de
Nointel, P.
Jean Bochard, avocat en la cour du
Parlement.
Hutin de Lespinay, P.
* Pierre Bochard, chanoine et officiai
de Beauvais, seigneur d'Ons-en-
Bray, en partie, et curé dudit lieu.
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f
FIEFS APPELES A LA REFORMATION DE LA COUTUME
71
Ons-en-Bray.
(Suite.)
Pisseleu.
Pélell.
Pisseleu.
Quièvremoiit.
Ronquerolles.
Ranllgny.
Rouviller.
Remy.
Rotheleux.
Rozoy.
Pierre de Hacqueville, conseiller du
Roi, notre sire, en sa cour du Parle-
ment à Paris, seigneur d'Ons-en-Bray .
* Jacques BouUet, seigneur, en partie,
de Pisseleu.
François du Mesnilet Adrien de Coclie-
rel, seigneurs en partie de Archies,
Vuarty et Peteil.
(Loys de), seigneur en partie desdils
lieux.
Damoiselle Geneviève du Bois, dame
de Pisseleu, Rozoy et de la Mairie
de Sacy-le-Grand, P.
Pierre Lemaire, seigneur de Parisis-
Fontaine, Quièvremont et Lon-
gueil, P. . .
Jean de Humières, chevalier et sei-
gneur dudlt lieu de Ronquerolle et
de Nointel.
Antoine de Ravenel, seigneur de Ran-
tiguy, de Foulleuses et de Bury.
Gui de Belloy, seigneur de Belloy et de
Rouviller.
DamePernellePerdriel, tant en sonnom
que comme ayant la garde-noble des
enfants mineurs de feu Messire Jean
Brinon, en son vivant chevalier, con-
seiller du roi, premier président en
sa cour du Parlement, à Rouen, et
garde des sceaux du duché d'Alençon,
et d'elle seigneur et dame de Remy,
Gournay et Moyenneville, P.
* Etienne Tourtel, seigneur de Remy,
en partie, P.
Gabriel du Vergier.
D"" Geneviève du Bois, dame de Pisse-
leu, Rozoy et de la mairie de Sacy-
le-Grand.
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ITE DE CLERMONT EN BEAUVOISIS
Antoine de Halluln, chevalier, seigneur
de Tienne, de Saint-Omer, Bon-
nières et de Crèvecœur.
Galarehe de Bélheneourt, seigneur de
Mainbeville et de Sacy, en partie.
Dame Françoise de Bourgoigne, dame
de Buqueux, de Villers-les-Catenoy
et de Sacy-le-Grand, en partie, P.
* Guillaume Bracquet, commissaire au
flef de maître Hugues Boileau, séant
à Villers-les-Cattenoy et à Sacy-le-
Grand, ledit Bacquet, commissaire
au fief appartenant à Gilles du Mes-
nage,* séant à Sacy.
* Nicolas du Change, seigneur, en par-
tie, du fief de Gilles du Mesnage.
* Jean AUard, commissaire au fief ,
séant audit Sacy, appartenant à I.ouis
de Gouy, seigneur d'Arcy-en-la-Cam-
pagne.
D'" du Bois, dame de Pisseleu, Rozoy
et de la mairie de Sacy-le-Grand.
Olivier d'Erquinviller.
Hervé de Milly.
Jean de Mailly, seigneur de Rumesnil,
Marest, Silly et Tillarl, P.
* Jean de Neulx, seigneur de Silly et
Tillart, en partie, P.
Gui Dubois, seigneur de Salnt-Remy et
Du Quesnel.
Jacques de Foulleuses, seigneur de Fia"
vacourt et de Saint-Aubin-en-Bray, P.
* Christophe Cochet, seigneur de Sall-
leville, en partie.
Charles Martin, chanoine de Beauvais,
chapelain de Vuarty, seigneur, en
partie de Sailleville.
Frère Rodache, chevalier de l'Ordre de
Saint- Jean-de-Jérusalem , comman-
dant de Sommereux et de Nully.
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FIEFS APPELES A LA REFORMATION DE LA
Sarcus.
Trouville.
Troussui^.
Thieux
Tillart.
Vuallly.
Vlllers-les-Caste-
noy.
Vlllers Saint-Bar-
thélémy.
Vuallon.
Villerabray.
V'uault (Le).
Valescourt.
Vaulx.
Wavignles.
Vuarty.
François de Sarcus, év
* Simon Bouteroye, se
ville, près Laydon, P
* Charles Richard, sei
sure, en partie, P.
* Jacques de Monchy,
et G. Marcel, selgn
sures, en partie, P.
Pierre Parent, seigneu
Louis de Liévin, seigne
partie.
Jean de Mailly, seigne
Ma'rest, SiUi et Tillai
* Jean de Neulx, seig
TiUart, en partie.
Louis de Halluin, sei
quebu et de Vuailly,
Dame Françoise de Bc
. de Buqueux, de Vill(
et Sacy-le-Grand, en
Nicolle de Hacquevilli
cour, P.
Loys Perrin, P.
Robert d'Aubourg, sei
villetle, Villembray (
Pierre de Clément.
M. François d'Argillièr
néral du bailliage, i
lescourt et de Monce
* Jean Poileux, soigne
partie, P.
* Robert Guillart, seig
gines, en partie.
François du Mesnil et
seigneurs, en partie
Vuarty et Peteil.
Louis de Sericourt, seij
desdits lieux.
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74
LE COMTE DE CLERxMONT EN BEAUVOISIS
ANNEXE III
<
Curés et Marguiiliers appelés à la Réformation de la Coutume
LISTE DES PABOISSBS
[Archives de rOise, E, 59.J
Abbecourl
(Mattancourt).
Angiviller.
Auchy-en-Bray.
Argueuse.
Airion.
Arcy-en-Campagne
Avrechy.
Avrigny.
Arquinviller.
Agnès.
Auviller.
Bulles.
BailIeul-sur-Ter-
rain.
Blacourt.
Bernier.
Bergicourt.
Brancourt.
Breuillevert.
Belloy.
^ Breuillesecq.
Bocquet.
Belleuses.
Boissy - St-Georges.
Bucamp.
Clermonl-Sainl-
Samsou.
Cempuis.
Caux.
Courcelles-Moyen-
courl.
Cernoy el Noroy.
Caguy.
Cressonsacq.
Cauffery.
Conty,
f St-Marlin.
paroisses < ^,^ . ^ .
^ I St-Antoln»
Goulres.
Qugiiières et La-
mecourl.
Caslillon.
Gamberonne.
Gaulières.
Eslouy.
Erquery.
Essuile.
Estrée.
Fournival.
Fresnemonlier.
Fouilleuses.
Francières.
Famechon.
Fariviller.
Fay-Saiul-Quenlin.
Fumechon.
Gournay.
Hamel.
Hauaches.
Hambles.
Harchies.
Hammur.
Hondainville.
Halloy.
Harmancourt.
Liancourl.
Lieuviller.
La Neuvilie-en-Hez.
La Neuville-le-Roi.
Lesglentier.
Laversine.
Lits.
Montreuil- sur-
Brèche.
Mesnil-sur- Bulles.
Marseille.
Milly.
Mathancourt.
Martincourl.
Mainbeville.
Méry.
Monsure.
Noiutel.
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LISTE NOMINATIVE DES CURES ET MAKGUILLIEHS
Neuilly.
Nourroy.
Ons-en-Bray.
Plessier-sur-Bulles.
Quesnel-Aubry.
Reuil-sur-Arré.
Rémérangle.
Remy.
Rantigny.
Rochy.
Rouvillers.
St-Remy-en-l'Ea
Sommereux.
Saulsoy.
Sacy-le-Grancl.
Saint-Félix.
Saint-Aubin.
Sl-Aubin-en-Bra
Sainl-Arnoult.
Tliory.
Trois-Elots.
Thilloy. .
Liste nominatiYe des Curés i
d'après le procès-verba]
CURÉS
Angivillers.
J. Boulanger.
Laui
dii
Aucby - en -
Jean Le Brasseur
Raoi
Bray.
P.
rei
Argueuses.
Gilles Vivant.
Pasq
Rc
Airion.
Galien de la Cui-
sine.
Fren
Arcy- en-Cam-
Blanchel - Bou-
G.H
pagne.
delle, par Pierre
Le Caron, son
vicaire.
ye
Avrecby.
Jean Coppin.
Loyî^
Mi
Avrigny.
Jean Antboine.
Jean
Arquinvilliers
»
J. G(
va]
Agnelz.
»
P. V
roi
Auvillers.
i>
Antc
Bailleul-sur-
G. de Villers, P.
Benc
Thérain.
F\i
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76
LE COMTE DE CLERMONT EN BEAUV0ISI8
Blacourl.
Bernier.
Bazicouri.
Brancourt.
Breuil-le-Verl
Belloy.
BreuiHe-Secq
Bosquet,
fielleuses.
Boissy.
Bucamp.
aermont (St-
Samson).
Cempuls.
Canly.
Courcelles-s"-
Moyencourt
Cernoy-Noroy
Cagny.
Cressonsacq.
Cauffery.
Conty :
Saint-Martin*
CURÉS
G. Paris.
Nicole Cuvelier.
Jean de Rien-
court.
P. Crochet, par
Toussaint Frère
son vicaire.
Jean Le Clère.
Jean Lermynier.
»
»
Séquestre ordon-
né par justice.
JeanDesquennes
P.
D. Nicoïe Paris,
P.
G. d'Estrées. P.
»
MARGUILLIERS
Jean de Roue, Philippot Lfe
Mire.
»
Jean de Pichi, Hypolite
Petit.
P. Vualel, Honoré Lecoas.
Colin du Chastel, Marin Cas-
tille dit Lamy.
N. Foré, Jacques Petit, I.
Hubert.
Marin, Noël de la Porte.
Pierre le Rebec, Jean Au-
bert, Jean le Berquier.
Jean Bailledier,
Michel Talion, Jean Four-
nler.
I. Plebaut, Petit Robinet,
Beaupigné.
Robinet de Crespy.
Jacques Huymes, Adrlan de
Halingues, I. Desmarquées.
Vallantin du Pont, Noël
Deroy.
Jean Goulchan, N.
Augustin Lebbasseur, P.,
de Rymery.
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LISTE NOMINATIVE DES CURES ET MA
Saint-Antoine
Contres.
Cugnières.
Castillon,
Cambronne.
Cauliëres.
Cempuy.
Estouy.
Erquery.
Essuille.
Estrées.
Fournlval.
Fresnemon-
liers.
Pouilleuse.
Francières.
Faumechon.
Farivillers.
Fay-St-Quen-
tin.
Gournay.
Hamel.
Hanaches.
Hambles.
CURÉS
Louys d'Erquin-
villlers.
Jean Lemaire.
Jean Desquenne.
Jean de la Mare
Giles de la Mare.
JeanLeMoyne,P
Hugues de Li-
gars, P.
Nicole le Clerc,
P.
JeanTousfreuille
P.
Jean Lee
F. de h
Nicolas I
Caron.
Jourdain
Boye.
Fedrix Ti
clerc.
Gilles G
de la C
P., Mahii
fèvre.
P., Tesec
Nanqu
M. Cann(
Michel
Roissel
I. Bontei
Colin Ni<
reau.
Robert de
JeanToui
Gabriel
Merle.
J. de Bh
Flichoi
P. de Lit
Michel S
P. Trass
doux d
Jacques
Baudoj
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LISTE NOMINATIVE DES CURÉS ET MARGUILLIERS
CURÉS
79
Marlhancourl
(paroisse d'Âb-
becourt).
Martincourt.
Mainbevllle.
Méry.
Moussures.
Moyenville.
Noiatel.
Nourroy.
Ons-en-Bray.
Plessler-sur-
Bulles.
Quesnel - Au -
bry.
Rueil-sur-Aré.
Rémérangles .
Remy.
Rantigny.
Rochy.
Saint- Remy -
en-l'Eau.
Sommereux.
Saulsoy.
Sacy-le-Grand
Saint-Félix.
Mathieu Ber-
thault.
Maurice Moyen t.
Anthoine Gres-
set, P.
»
»
»
Nicole Villaigne.
Jean Vuibert, P.
Thomas Fliche,
P.
»
Guillaume Canet,
Anthoine Pillan
»
Charles Caveller.
J. Gambart, P.
Commissaire Ni-
cole Lalué.
Arthur Boullet,
P.
MARGUILLIERS
P. Guide.
P. Mahiot, Jean Foullon.
»
Marquet Boures.
CoUinet Gillon, O. Boquet.
Jean Le Thailleur.
Bernard le Guillebert, P. de
Bergues, Pierre Ruelle.
P. de Villers.
A. Roùsset, P. Petit.
Hutin de Plessier.
Pierre Parmentier.
Anthoine de la Porte, J.
Peaucellier, J. Leroy.
Machu Aniet , Anthoine
Tourtel.
Pierre Piedemer, Nicolas le
Long.
N. Le Matier, N. Guyngart.
I. Faine, N.
I. de la Marche, Pierre
L'Aisne, Colin Durant.
Pierre de Paris, Nicole Pou-
lain.
N. Ménoncenne, Honoré Le-
fèvre.
»
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LES COUTUMES
Les Coutumes i
leur diversi
Le Beauvoisis étail rég
dont le ressort présentait d
ficiles, parfois impossibles
loi eux-mêmes et les supi
les justiciables.
C'étaient, indépendamn
celles de Senlis, d'Amiem
24 paroisses du pays de '.
de Gournatj, suivaient la (
I. - COUT
Le Bailliage de Senlis
xiir siècle, qu'il fut sépai
placé sous râutorité d'un U
menée ment du xvr siècle,
son ressort primitif que M;
en Bailliages. Sa coutume
en juin 1506, par les soins
lieutenant pour le Roi à S(
lieu en août 1539. Les comi
André Guillarl et Nicole "\
plix à Clermont le même t
Les neuf premiers titres
division des duchés, conii
liar/e de Senlis et anciens r
cent par constater que le c
comté de ce nom et des ci
et Verberie, et le comté d(
cien ressort de Senlis, q
Bailliages et par stipuler
toutes réserves au sujet
juridiction desdits duché (
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82 LE COMTK DE CLEHMONT EN BEAUVOISIS
Puis, vient rénuméralion des châtellenies royales du Bail-
liage (1):
— Seulis, siège capital de la juridiction et dont 'dépen-
daient, comme cliâlellenies subalternes, le comté-pairie de
Beauvais, les baronuie et châtellenie de Mello (2), les ba-
ronnie et chàtellcnie de Moucy-le-Châtel et la cbâtellenie
■ et justice de l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais, toutes quatre
avec bailli et assises particulières. Le prévôt forain de Sentis
était juge ordinaire de la châtellenie ; pour supporter le peuple,
car la châtellenie était grande, avaient été faits d'ancienneté
de la prévôté deux membres : la prévôté d'Angy, dont les
pouvoirs s'étendaient, pour les cas royaux, jusqu'à Beau-
vais (3) et la mairie de Brenouille. Ces deux prévôts
subalternes n'avaient point connaissance des gens d'Eglise,
nobles et communautés.
Les prévôts royaux et baillis subalternes ressortissant à
l'assise de Sentis étaient, outre le prévit forain de Sentis et
les prévôt d'Angy et maire de Brenouille, le prévôt de Pont-
Salnte-Maxence, devenu royal par ancienne association des
seigneurs châtelains (4) avec le roi, le prévôt de Pontpoint,
domaine appartemint aux religieuses du couvent royal du
Moncel, le prévôt de la ville de Sentis.
(1) Il résulte du procès -verbal, (juc dans chacune des chAtellenies les
gens des trois Etats furent appelés à tenir d'abord des assemblées pré-
paratoires et que plusieurs chAtellenies se bornèrent ensuite à envoyer
des délégués.à la réunion pléniére de Senlis.
(2) La Baronnie de Mello appartenait à Messire François de Mont-
morency, seigneur de la Rochepot, frt're du Connétable, conseiller
chambellan ordinaire du Roi, chevalier de son ordre, gouverneur de
Paris et Isle-de-France; il était aussi seigneur de Malsel et d'Oflfemont,
SaintCrespin, Tracy, HoUencourt dans la châtellenie de Gompiègne. La
Baronnie de Moucy-le-ChAtel appartenait à S. de Maricourt, écuyer.
(3) Voir Angy en Beauvoisis, son histoire, ses privilèges, sa prévôté
royale. Mémoires du Comité archéologique de Senlis, 1876.
(4) La châtellenie de Pont était possédée, par indivis, par Gilles de
Fay et E., seigneur de Pippcmonl, k cause de Y. et Marie de l'Orfèvre,
leurs femmes. La qualité de chAtellenie contestée par les gens du roi
fut maintenue à la seigneurie de Pont.
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LES COUTL'MIvS DL' PAYS I)K HKAUVO* "
— Compiègne, avec un lieutenant particuliei
raln et le prévôt de l'Exemption de Piorrefond
— Pontoise, avec un lieutenant particulier, ui
tal et un prévôt maire de Pontoise. Kcssortiss
le prévôt de la Villeneuve-le-Roy et la châtelle
de risle-Adam avec bailli ; celle cliâlellenie
connétable.
— Chaumont(i), avec un lieutenant parliculi(
ville et la cliâlellenie subalterne de la Hoc
bailli. La seigneurie de la Hoche-Guyon était
la duchesse d'Eslouteville et L. de Silly, déput
des Etats de Ghaumont.
— Beau mont-sur-Oise, comté appartenant pai
Anne, baron de Montmorency, connétable e
de France, avec bailli et otïiciers royaux, et r
tellenies subalternes de Persan (2) et de Méri
table était en outre seigneur de Chantilly,
Chavercy, dans la châtellenie de Senlis, et de
— Greil, à laquelle châtellenie ressortissai
royales de Montataire et de Saint-Queux. Lî
Creil unie a,u comté de Clermont en a va:
en 1394 pour être placée dans le ressort de î
en 1483, par Charles VIII, à titre viager, à s;
France, duchesse de Bourbon, elle fut cédée, (
conditions, par François I" à Louise de Sî
elle à Marguerite de Valois, reine de Navarre
réformation comme dame usufruitière de Cre
— Chambly, petite (îhâtellenie appartenant
dames religieuses du Moncel. l^hilippe de V
donnant (juillet 1333) en avait conservé la (
maine utile avait été aliéné, en 1520, par h
Charles Paillart, écuyer.
(i) Chaumont fut érigé on Bailliage, an 1543, avec
Magny (Soine-etOise).
i2) Damoisellc F. «le Ferriores, dame châtelaine d(
selle C. Olivier, dame chAlelaine de Persan, comparu
lion par procureurs.
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l.K r.OMTK HK CI.KHMONT ES HKAl VOlî?IS
jort et juridli'lion prétendus par les ofllclers du
e Seulis ne furent pas sans soulever des protesta-
serves. De ces protestations, je ne signalerai que
fvî^que de Beauvais.
inal de Cliâtillon, par l'organe de maître Jean le
)ro(ureur, et Fran(;ois Piochet, son bailli, reven-
t i)our lui que pour ses sujets, les droits et privi-
la qualilé de pairie conférait au comté de Beauvais,
ceux (|ui y résidaient de toute oljligalion de com-
l de répcmdrc en l'assise de Senlis: il déclara que
M le vidamé de (îerberoy avaient des coutumes
)arllculières, auxquelles il s'opposait qu'il fûtaucu-
rogé. Les gens du Hoi, sans contester les préroga-
•hécs à la pairie, ni la possession des coutumes
utinrentciue la ville et comté de Beauvais étaient
iipris et endos es mètes et limites de la châtellenie
en dépendaient pour la juridiction ordinaire et les
: : ils rappelèrent que c'était par-devant le bailli et
général de Senlis que lévéque de Beauvais, à son
t, était tenu de requérir la main-levée du temporel
ché saisi et mis en la main du Roi, par la mort de
•esseur. Les commissaires duTloi, sans conclure,
èrent d'enregistrer au procès-verbal les arguments
e part et d'autre et renvoyèrent au Parlement le
cider sur les oppositions.
après la Géographie du département de l'Oise, de
bbés Dcladreue et Pilian, la liste des paroisses de
■î le ressort du bailliage de Senlis :
Bailliage principal de Senlis
, en partie
Bailleul-le-Soc.
Bélhancourt-Saint-
Bailleval.
Nicolas.
Balagny-s'-Aunette.
Blaincourt.
sur- Oise
Balagny-s'-Thérain.
Blincourt.
).
Baron.
Boasme (Monté-
.
Beaurepaire.
pilloy).
Bémont.
Boissy (Saint-Leu)
Bertrand fosse
Borest.
Léonard).
(Plailly).
Brasseuse.
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Bn
Br(
Ca
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Ch
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Ch
Ch
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LES COUTUMES DU PAYS DE BEAUVOISIS
87
Margny-sur-Malz.
Marquégllse.
Méllcocq.
Meux (Le).
Monchy- Humières.
Montmacq.
NeulTonlaines (ha-
meau de Cuise-la-
Molte).
OITemont (hameau
(te Saint -Crépln-
aux-Bois).
Palesne (hameau de
Pierrefonds).
Pimprez.
Plessis-Brion.
Plessis-de-Roye.
Remy.
Ressens.
Rethondes.
Ribécourl.
Rivécourt.
Rucourt.
St-Crépin-aux-Bois.
Saint-Germain-les-
Gompiègne.
Saint Jeau-aux-Bois.
Saint - Léger - aux -
Bois.
Saint -Nicolas -de -
Courson (hameau
de Morienval).
Saint-Sauveur.
Thourolte.
Tracy-le-Mont.
Tracy-le-Val.
Trosly.
Touvent ( hameau
de Pierrefonds).
Vandelicourl.
Vaudrempont (ha-
meau de Morien-
val).
Venelle.
Vieux-Moulin.
Vignemonl.
Villers-s'-Coudun.
Ghatellenie de Greil
Agueux(Brenouille)
Bazicourt.
Beaumanoir(l\emy)
(fief à).
Blaincourt.
Boulleux (fief) (Xo-
genl).
Bouqueval(S.-"-0.).
Brenouille, en par-
lie.
Gandilly(fiefàMon-
ehy-Saint-Eloi).
Ghaumontel (S.-et-
O.).
Ginqueux.
Goulombier (fief à
Gramoisy).
Gramoisy.
Greil (mairie, Ocf s Bâ-
ton, (lo Chatillon, du
Clos Blandin, du Scr-
genl-Mairo, des Mau-
vinots, (iuidel, Pail-
lard, Veaux).
Desgranges (fief à
Damars (fief à Vil-
lers-Sainl-Paul).
Krcuis, en partie (et
fief Laurence).
Feeamps(fiefàLon-
gueau).
Houdancourt (fief à
La Morlaye).
Lassigny(fiefàMon-
chy-Saint-Eloi).
Laversine (paroisse
de Sl-Maximin).
Mesnil - Gliatelain
(prèsPont-Sainle-
Maxence).
Mogneville (fief de
Sepoix).
Monchy-Saint-Eloi.
Monlalaire, en par-
tie (mairie, fief St-
Léonard, prieuré,
fief Torcy).
Morlefontaine(fiefà
Villers-St-Paul).
Nogenl-les-Vierges
(Saulcy).
Plessier-Longueau.
iMt^z
)N'r KN BEACVOISIS
lU(riefà).
Thiverny (excepté le
iii-Lon-
fief de Saint-Oer-
maln qui était de •
imin.
Senlis).
IX (Ciii-
Torcy, paroisse de
f de Pau-
Sainl-Maximin.
line).
s Luzar-
et-0.)
1
: PONTOISE (1)
ve-*'-Roy.
Neuville-Bosc.
,commu-
Nourard-le-Frane.
avignies.
Chaumo]
S'T (2)
Fay-les-Etangs.
ainl-Ger-
Flavacourt.
Fleury.
Fresneaux.
Fresiies-Léguillon.
rt (Séri-
HadaiK*ourt-''-Haut-
Cloclier.
-Léage.
Halaincourt(ParDes).
-le-Sec.
Hardivillers.
r-Epte.
Ivry-le-Teinple.
s - Bou -
Janiéricourt
Jouy-sous-Thelle.
i tout soixante paroisses, dont
'hui au département de Seine-et-
•ut soixante-quinze paroisse^s, dont
ppartiennent aujourd'hui au dé-
Boisjeloup, Bouchcvilliers, à celui
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LES COUTUMES DU PAYS DE BEAUVOISIS
La Bosse.
La Glorielte.
Laillerie (Gliau-
monl).
La Lande-en-Sou.
Lalandelle.
Laltalnville.
La Villetertre.
Levemonl (Hadan-
courl).
Liaiicourt-S'-Pierre.
Lierville.
Loconville.
Marcheroux (Beau-
monl-les-Nonains)
Marquemoiil (Moii-
neville).
Mesiill-Théribus
(Le).
Monlagiiy.
Montherlant.
Monljavoult.
Monts.
Parnes.
Porclieux.
Pouilly.
Puiseux-en-Bray.
Heilly.
Uessons-l'Abbaye.
Saint-Brlee (Chau-
mont).
Saint -Crépin-d'I -
bouvillers.
Saint-Cyr-sur-Chars
(La Villetertre).
Senots.
Serans - le - Bouteil-
lier et Serans-le-
Gast.
Sérlfontaine.
Talmontiers.
Thibivillers.
Tourly.
Trye-Château.
Trie-la-Ville.
Valdampierrc.
Vaudeneourt.
Vaumain (Le).
Vauroux (Le).
Villers-sur-Trie.
Ghatei.lenie de Beaumont-sur-Oise (1)
de
Anserville (fief
la Landelle).
Beau mont.
Belléglise.
Boran.
Bornel.
Crouy.
Ercuis, en partie.
Esches.
Fercourt, en par
lie.
Belléglise.
Boran-Morancy.
Bornel.
Coye.
P'renel.
Fresnoy-en -Thelle.
Fosseuse.
Houdancourt, près
Pont.
Jouy-le-Comte.
Landrimont.
Mesnil- Saint -De-
nis.
Morancy-la-Ville.
Morangles.
Comté de Chambly
Crouy-en-Thelle.
Gouvleux, en partie.
Le Lys.
Méru.
Mortefontaine.
Xeuilly- en -Thelle,
en partie.
Nointel.
Plessier-Cornefroy,
près Crépy.
Précy-sur-Oise, en
partie.
Puiseux.
Villers, fief à Bellé-
glise.
Morangles.
Neuilly-en-Thelle.
Villers-sous - Saint-
Leu.
(!) La chAteMonic comprenait, on outre, vingt et une localitc^s d«^pon-
dant aujourd'hui de Selne-et-Oise.
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DNT EN BEAUVOISIS
[E D'AMIENS.
renail huit prévôtés royales :
é de Beauquesne, la prévôté
mllens, la prévôté de Saint-
la prévôté de Fouilloy et la
tnée parce que la plus grande
se composait appartenait au
deux sièges, l'un principal à
andviiliers, résidence du lieu-
objet de deux réformations (2).
sous la présidence du lieute-
ine de Sainl-Delys, en verlu
ivril. Les prévois avaient préa-
?a circonscription, les gens des
r concours à la rédaction des
ocales. Ces travaux prépara-
discutés et arrêtés dans une
liens le 25 août.
)plic do Tliou, premier prési-
rs Harlliclemy Paye et Jacques
s des 13 septembre 1560 et 29
3nde réformation dont ils pro-
lu même mois.
î 1506, en prévision des difli-
les pairs de France, à raison
mt le bailli d'Amiens, conte-
dice en faveur de ceux d'entre
>semblée pour y procéder à la
s coutumes de leurs terres et
l du bailliage. Otte comparu-
pe opposée comme reconnais-
alliage.
ofc6sc ressorlissaicnl k la prévôté
y^trg, l. I, p. 113 cl suivantes.
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LES COUTUMES DU PAYS DE BEAUVOISIS 91
Nonobstant, en 1507 comme en 1567 (1), l'évêque de Beau-
vais crut devoir protester par l'organe de ses procureurs. Il
remontra qu'il avait toutes ses causes commises au Parlement
duquel relevait nûment son bailli et revendiqua les privilèges
de la pairie pour son vidamé de Gerberoy, qu'il tenait à un
seul hommage en même temps que son comié. Il déclara que,
conformément au mandement du Roi, il avait réuni les gens
des trois Elats du vidamé pour la rédaction de la coutume
locale et requit l'homologation de cette coulume.
Les gens du Roi répondirent que le vidamé de Gerberoy,
distinct du comlé de Beauvais, avait été de tout temps subal-
terne et ressortissant au siège du bailliage, qu'un arrêt du
Conseil privé, en date, à Châlons, du 22 mai 1504, avait dé-
claré l'intention formelle du Roi que Gerberoy de la prévôté
de Monstreul et du bailliage de Hesdin ressortît à Amiens.
L'annotateur du Coutumier (jénéral dit que l'évêque ne per
sista pas dans son opposition et que les habitants du vidamé
demeurèrent sujets à la coutume générale d'Amiens; celle d(
Gerberoy était passée en non usage, ayant été reconnue sans
autorité par arrêt du Parlement.
Cependant, le Coutumier général ^\\ a reproduit le texte
ainsi que le procès- verbal (2) auquel il paraît inléressan
d'emprunter quelques indications. Ce fut le 23 août 1507 que
Guillaume Chotïlard, licencié es lois et bachelier en décret
bailli de Beauvais et Gerberoy, ajourna, en vertu de lettres
de l'évêque, les gens d'Eglise, nobles, leurs olïiciers et prati-
ciens à comparaître en l'audience tenue par lui à Gerberoy
pour arrêter la rédaction des coutumes. L'assemblée se tin
le 23. Elle comprenait les représentants des doyens, chanoineî
et chapitres de Saint-Pierre de Gerberoy, de Saint-Pierre d(
Beauvais, des religieux, abbé et couvent de Saint-Germer de
Flaix, de Notre-Dame de Beaupré, des religieuses, abbesse
(!) Le prévôt de Beauvoisis était, en 1507, Pierre Villain ; en 1567
André Danival qui avait pour lieutenant, à Grandvilliers, Adrien Heu
Le substitut du Procureur du Roi, à ce dernier siège, s'appelait Jeai
Penel.
(2) Tome II, p. 22L
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ouluiiie de Normandie: elles relevaient de la châ-
de (iournay, possédée au xvr siècle par le duc de
nlle. La liste de ces paroisses est reproduite à la
du toni<» IV, du Coutumier général.
d'après la GéofjrajJiie du déjtariement de l'Oise, la
88 paroisses de ce départemenl qui, avec 7 paroisses
iue-Inférieure et 38 de la Somme, formaient la pré-
ale de Heauvoisis :
irl.
Rouvresse.
Colagnies - le - Bas
en partie.
Briot.
(Mureaumont).
un.
Brombos.
Grillon.
luit.
L
Broquiers.
Campeaux.
Ganny.
Catheux.»
Croissy.
Damereaucourl.
Dargies.
Enencourt-Léage.
il.
Cempuis, en partie.
Escames.
es.
Choqueuse-
les-
Bé-
Es pau bourg.
nt.
nard.
Feuquières.
' Géographie du déparlement de l'Oise, pages 200-201, la liste
ssos (l(''pon(1iint do Gorboroy.
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LKS COUTLMKS DU PAYS I)K BEAUVOISIS
m
Fontaine - Bonne -
leau.
FonlainQ -Lava-
ganne.
Fontenay.
Formeycie.
Francaslel.
Gaudechart.
Gerberoy.
Grandvilliers.
Grémévillers.
Grez.
Grocourt.
Hétomesnil, en par-
lie.
IIodenc-en-Bray.
Juvignies.
La Cliapelle-sous-
Gerberoy.
La Neuville - Mo-
liens.
La Neuville -sur -
Oudeuil.
Lavacquerie.
Laverrière, en par
lie.
Le Galet.
Le Hamel.
Lihus.
Loueuse.
Maisoncelle- Saint -
Pierre.
Marseille, en partie
Marlincourt.
Moliens.
Monceaux-l'Abbaye
Morvillers.
Muidorge.
Mureaumont.
OfToy.
Ornécourl.
Prévillers.
Komescamps.
Rotangy.
Rolhois.
Roy-Boissy.
Salnt-Arnoult.
Saint-Deniscourl.
Saint-Maur.
Saint-Samson.
Saint-Thibault.
Saint-Quentin-des-
Prés.
Sarcus.
Sarnois.
Senantes, en partie.
Sommereux.
Songeons.
Sully.
Thérines.
ïhieuloy,
Verderel.
Viefvillers, en par-
lie.
Villers-sur-Auchy.
Villers - sur - Bon -
nières.
Villers-Vermont.
Wambez.
ÏII. - COUTUME DE PÉRONNE,
ET ROYE (1).
MONTDIDIER
La Réforniation de la coutume de Péronne, Monldidier et
Roye, confiée au premier président de Tbou et à ses deux
assesseurs ordinaires, les conseillers Faye et Viole, se Irouva
relardée par les prétentions rivales de Péronne et de Monl-
didier. La première de ces villes invoquait sa qualité de
capitale pour être choisie comme lieu de réunion de l'assem-
blée des trois Etats, Monldidier celle de siège principal et de
plus grande étendue. Des letlres patentes, de 1566, remirent
le choix aux commissaires. Ceux-ci se prononcèrent pour
(1) youveau Coutumier général, II, p. 627 et suivantes.
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COMni Dli CLKllMONT EN liEALVOKSlS
tinrent assemblée le 15 septembre 1567. Lassis-
ibreuse. Dans ré(al de l'Eglise, le procès verbal
►mparulion par procureur de Jean de Hangesl,
ie, évêque et comte de Noyon; du cardinal de
îque el comte de Beauvais, vidame de Gerberoy ;
î Humières, évoque de Bayeux, abbé de ^ainl-
Jeauvais et de Saint-Martin-aux-Bois ; — dans
blesse delà Reine-Mère, comparant par Romain
i bailli eu ses châtellenies, terres et seigneuries
le Plessier, le Warde-Mauger, la Hérelle, Mory-
sises en la prévôté de Montdidier : le prince de
n son nom que comme père et légitime admi-
Messieurs ses enfants pour les châtellenies de
ancastcl, Villiers le-Comte, la vicomte de Bre-
iiries des grandes el petites Tournelles de Monl-
Sourdon, Broyé et Guerbegny, prévôté de Mont-
3 Roye, terres et seigneuries de CrapeaumesniU
efs de Clermont, Estangs de Tricot, Clabaul el
et seigneuries assises en la prévôté de Roye,
ar Maître Pierre du Pré, prévôt forain du Roy,
harles de Halluin, chevalier de l'Ordre du Roi*
50 hommes d'armes, seigneur de Piennes, à
1 marquisat de Maignelets, Ferrières, Rollot,
oy, Tronquoy, Vaux, Royaucourt et Godainvil-
de Montdidier et de Roussoy, Puyart et le Tem-
•d: prévôté de Péronne, par Maîtres Laignier et
advocat et procureur.
;le des communes de l'Oise régies par la coutume
et Montdidier, d'après la Géographie de l'Oise :
Prévôté de Péronne
I Sorel (Orvillers).
Prévôté de Montdidier
linl Lu-
Auchy - la - Monta-
gne.
Angivillers.
Ansauvillers - en -
Chaussée.
Bacouel.
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LES COUTUMES DU PAYS DE BEAUVOISIS
95
Bains (Boulogne-la-
Grasse).
Beaupuits (Grand-
villers-aux-Bois).
Beauvoir.
Bierinonl.
Blaiiefossé.
Boulier.
Boniieuil (château,
le Warde-Mauger
et le Plessis).
Bouvillers.
Boulogne-la-Grasse.
Brunvillers.
Breteuil (bourg).
Broyés.
Campremy.
Gaply.
Catheux (châtelle-
iiie).
Chepoix.
Goivrel.
ContevilleetleMes-
nil.
CormelUes.
Courcelles-Epa-
yelles.
Grèvec(x*ur.
Crèvecœur-le-Pelit.
Cuvilly.
Doméliers (Royau-
court).
Doméliers.
Dompierre.
Domfronl.
Esquennoy.
Epayelles (Gour-
celles.
Evaussaux ( Beau-
voir).
Farivillers.
Ferrières.
Fonlaine-Sainl-Lu-
cien.
FouruivaU
Fléeliy.
Fraucastel.
Fresueaux (Bucamp)
Fresloy (Le).
Froissy.
Garnies et Bliii.
Godeiivillers.
Grandvillers - aux -
Bois.
llardivillers.
Harrissart (Welles-
Péreimes).
Hédencourl (Sainl-
André-Farivillers.
La Fosse-Thibault,
en partie (Plainval).
La Morlière (Wel-
les Pérennes).
Lataule.
Le Bois-d'Ecu (La
Ghaussée).
La Fraye.
Le Gallet.
Le Plessier-Saint-
Nicaise (Gonchy).
Le Ployron.
Le prieuré de Mer-
les.
Le Quesnoy.
Lieuvillers.
Luchy.
I
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96
Li: COMTK liL: CLKK.NfONT i:N BKALVOI.SIS
Reuil-sur-BrècIie.
Sains.
Sainl-Just.
Saint - Martin - de -
Ruricourt.
Sainte-Eusove.
Anny.
Anny-le-Petil.
Boulogne. '
Canny.
Goncliy.
Crapeaumesnil.
Devicourt.
Gury.
Saulchoy - sur - Do -
méliers (Gallet).
Séchelles (Cuvilly).
Sérivillers.
Sorel.
Vendeuil.
Prévôté de Roye
Hainvillers.
L'Abbaye-aux-Bois
(OgnoUes).
LaMotte-Havet(Ma-
reuil).
La Neuville - sur -
Ressons.
Le Montel.
Vlllers-Vlcomte.
Wacqucmoulin.
Warmaise (Chepoix).
Wavignies.
Welles.
Mareuil-Laraotte.
Margny-sur-Matz.
Ognolles.
Ressons (bourg).
Ricquebourg.
Roye-sur-Matz.
Solenle.
Valtleury (hameau).
— Le Beauvoisis ne fut pas le seul à former, en 1791, le
département de l'Oise; ce département reçut aussi un dis-
trict du Valois (Crépy) et un du Vermandois (Xoyon).
— Les usages et coutumes du bailliage et duché de Valois (1),
c'est-à-savoir des chûtellenies de Crespy, La Ferté-Milon,
Pierrefonds, Béthisy et Verberie, furent rédigés et réformés
par les trois Etats de ces circonscriptions, le 14 septembre 1539,
sous la présidence d'André Guillart, maître des Requêtes de
l'hôtel, et Nicolas Thibaut, procureur général, qui les pro-
mulguèrent le même jour.
— L'ancien bailliage du Vermandois ne comprenait plus,
au XVI' siècle, dans son ressort que le Laonnais, le Rémois, les
(I) Nouveau Coutumier général, II, p. 796. — Le Valois avait d'abord
forin*^ un comt<^- composé des quatre chàtellenies de Crépy, La Ferté-
Milon, Béthisy et Verberie. En juillet 1407, Ciiarles VI en fit un duché
pour son frère Louis d'Orléans. Louis XII et François I" le possédèrent
l'un et l'autre k titre d'apanage avant leur avènement à la couronne.
De 1562 à 1582, il appartint à (iilherine de Médicis. Louis XIV l'érigea
de nouveau en apanage, par lettres de mars 1662, en faveur de son
frère Philippe d'Orléans, dont les descendants en demeurèrent titulaires
jusqu'en 1789.
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pays
La r^
lasse
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ricou
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delà
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roiss
U)
ppépc
Baill
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TABLE
PA.tîKS
I. — Co qu'ôlaionl les Couluinos. — Comment elles se sont for-
mées. — Projets de codification et de révision. — Ordon-
nance de Montils-lès-Tours (avril 1454). — Ordonnance 'de
janvier 1493. — La revision des Coutumes du Bourbonnais
en 1493 et en 1520. — Mode de procédure adopté. — Com-
missaires du roi envoyés dans les provinces. — Convoca-
tion, sous leur présidence, des gens des trois Etats de
chaque Bailliage. — Concours obligatoire et pouvoirs de
cette Assemblée. — Ses délibérations ont force de loi r»-lG
H. — Diversité des (Coutumes en Beauvoisis. — Ce qu'en dit
Pierre Louvet. — Philippe de Rémi, sire de Beaumanoir,
bailli de Clermonl. — Son recueil des Coutumes de Beau-
voisis (1283). — Quelle est l'autorité de ce recueil. —
Béformation inédile de 1496. — Réunion «lu Comté de
Clermont à la couronne. — Erection du Bailliage seigneu-
rial en Bailliage royal, (février 1531). — Lettres d'août 1539
commettant André Cuillart et Nicolas Thibaut pour pro-
céder à la revision des Coutumes. — Assemblée du 1" sep-
tembre 1539. — Principaux comparants à cette Assemblée.
— Les paroisses rurales y sont ' représentées par leurs
marguilliers. — C'est un des prt^niiers exemples du droit
reconnu aux populations des campagnes de concourir k la
rovision de la Coutume. — Principaux articles discutés
et réformés. — Promulgation des nouvelles Coutumes par
les Commissaires du roi 17-V.»
ANNEXES
L — lAi succession du Connétable de Bourbon W»
IL - Etat des fiefs du Bailliage et Comté du Clerm<mt appelés
à la réformation de la Coutume f»i
IlL — Curés et Marguilliers appelés à la Réformalion de la
Coutume, en 1589 74
IV. -- Les Coutumes du pays de Beauvoisis; leur diversité, leur
réformation 81
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